FR
EN

34ème VENTE GARDEN PARTY - II

Consulter les détails de la vente
Consulter les actualités de la vente
Lot 301
Smyrne et Asie Mineure, IIIe siècle avant-IIe siècle après JC
Exceptionnelle collection de près de 670 fragments de figurines en terre cuite

constituée entre 1894 et 1905 par l’ingénieur et archéologue Paul Gaudin, comprenant près de 230 têtes, 150 jambes et pieds, 140 bras et mains ainsi que 150 fragments divers, certains reproduisant des types statuaires célèbres, des caricatures, des types pathologiques, etc. Signalons aussi une rare vertèbre en terre cuite à mettre en lien avec la célèbre école de médecine de Smyrne.
Cet ensemble exceptionnel comprend également quelques copies faites au début du XXe siècle dans l’entourage de Paul Gaudin, à comparer avec celles acquises par les Amis du Louvre en 2016.

Provenance : collection Paul Gaudin (1858-1921), archéologue, ingénieur et grand donateur du musée du Louvre ; par descendance familiale.

Paul Gaudin's collection of about 670 pieces of terracotta figurines ranging from the 3rd century B.C. to the 2nd century A.D.

Selon Simone Besques (1972, p. 155) : « Il n’y a guère de collections publiques ou privées qui ne contiennent de figurines de Smyrne, malheureusement pour la plupart fragmentaires. Elles n’en témoignent pas moins qu’il y eut là, du IIIème siècle av. J.-C. au IIème s. apr. J.-C., le plus important des ateliers hellénistiques et gréco-romains, tant par la qualité, l’originalité de cette production que par le fait que ces caractères se sont maintenus intacts jusqu’en pleine époque romaine. »

La collection mise en vente semble être la deuxième en importance, après celle du Louvre (1094 fragments) et devant celles du musée archéologique d’Istanbul (135 fragments) et du British Museum (108 fragments).

Bibliographie : sur les moulages de figurines effectués dans l’entourage de Paul Gaudin : https://www.amisdulouvre.fr/acquisitions/moulages-terres-cuites-collection-gaudi
Adjugé : 10 000 €
Smyrne et Asie Mineure, IIIe siècle avant-IIe siècle après JCExceptionnelle...
Lot 301
Lot 304
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles)
Aphrodisias, 1904-1905

deux albums de photos (199 et 48 tirages plus une carte postale) des fouilles de Paul Gaudin (vues des fouilles, des monuments et des statues découvertes) et, reliés à la suite du premier volume, quatre plans sur papier bleu intitulés « théâtre », « carrières » (avec la ville), « thermes », « temple d’Aphrodite converti en basilique byzantine ; état des ruines en 1904 – indication des fouilles ». Quelques annotations manuscrites au crayon papier. On croit reconnaître Paul Gaudin dirigeant le chantier sur une photo du premier album, à la page 39.

Dimensions des albums : 45,5 x 36 cm.
Différents formats pour les photos et plans.

Provenance : collection Paul Gaudin (1858-1921), archéologue, ingénieur et grand donateur du musée du Louvre ; par descendance familiale.

Two photo albums containing pictures of Paul Gaudin's 1904-1905 digs in Aphrodisias as well as four maps of the digs.

Bibliographie :
- Armelle Le Goff et Nadia Coutsinax, "Les dossiers individuels de mission conservés aux Archives nationales et leur apport à l’histoire de l’archéologie : l’exemple de la fouille d’Aphrodisias en 1905", Les Nouvelles de l’archéologie n°110, 2007, p. 40-47. En ligne : https://journals.openedition.org/nda/193
- Kenan T Erim., "De Aphrodisiade", American Journal of Archaeology, vol. 71, n°3, 1967, p. 233-243.
- Maxime Collignon, "Notes sur les fouilles exécutées à Aphrodisias par M. Paul Gaudin", CRAI 1904, p. 703-711. https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1904_num_48_6_20334
- Gustave Mendel, "Seconde note sur les fouilles exécutées à Aphrodisias par M. Paul Gaudin", CRAI 1906, p. 158-184. https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1906_num_50_2_71809
- Maxime Collignon, "Les fouilles d’Aphrodisias", Revue de l’Art ancien et moderne, 10 janvier 1906, p. 33-50. En ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5781605b/f46.item

Paul Gaudin fut le premier fouilleur de cette cité antique, au doux nom d’Aphrodite, qui a livré de riches vestiges d’architecture et de sculpture. Sa première campagne se déroula du 5 août au 15 septembre 1904 et la seconde du 19 août au 30 septembre 1905. Depuis 1961, les recherches sur le site se font sous les auspices de l’université de New York, qui y a entrepris une fouille systématique.
Adjugé : 35 000 €
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles) Aphrodisias, 1904-1905deux albums de photos...
Lot 304
Lot 305
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles)
Relevés des décors peints de sarcophages de Clazomènes (v. 500 av. J-C.)

19 dessins à l’encre sur calque et un relevé sur papier figurant des personnages combattants, cavaliers, centaures et animaux, ainsi que des motifs de palmettes, oves, grecques, etc.

Long. de 15 à 115 cm.
(Usures, accidents et manques).

On joint également trois estampages d’inscriptions grecques, deux de 45 x 55 cm et un de 62,5 x 62,5 cm.

Provenance : collection Paul Gaudin (1858-1921), archéologue, ingénieur et grand donateur du musée du Louvre ; par descendance familiale.

A set of nineteen ink on tracing paper drawings depicting scenes painted on Klazomenai sarcophagi ca. 500 B.C.

Bibliographie : Marie-Françoise Billot, "Fragments inédits de sarcophages de Clazomènes", Revue Archéologique, Nouvelle Série, Fasc. 2, 2018, p. 235-256.

Ces dessins de Paul Gaudin portaient l’indication « relevé du sarcophage de Tourla » [pour Ourla/Urla = Clazomènes]. Ils permettent de reconnaître certains fragments qui sont maintenant conservés dans des grands musées et établissent ainsi l’origine des n° CA 6231, CA 6232 conservés au Louvre dont les dates d’entrée et provenances demeuraient obscures jusqu’alors. Ils permettent aussi, semble-t-il, de restituer des parties désormais manquantes sur le sarcophage original CA 1024 du Louvre, en dépôt à Varsovie.

Certains dessins renvoient à des fragments non identifiés qui pourraient avoir été donnés à la Sorbonne, selon une lettre du 21 avril 1901 d’Antoine Héron de Villefosse, directeur des musées nationaux :

« Conformément aux instructions de M. Gaudin […] Le Louvre retiendra les morceaux les plus intéressants ; les autres reviendront à M. Collignon pour la chaire de la Sorbonne ». Les fragments de Clazomènes je les ai remis à M. Heuzey (département de la céramique) : Vous voudrez bien vous entendre avec lui pour entrer en possession des fragments qui pourront vous être attribués »
d’après Duplouy et Bruschini-Chaumet 2019, p. 427.

Bibliographie :
BILLOT Marie-Françoise, 1978, « Fragments inédits de sarcophages de Clazomènes », Revue Archéologique, Nouvelle Série, Fasc. 2, p. 235-256.
Adjugé : 1 000 €
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles) Relevés des décors peints de...
Lot 305
Lot 307
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles)
Yortan, 1898-1901

42 plaques de verre photographiques présentant quelques vues des fouilles et, surtout, des vases et des objets exhumés. Il s’agit de négatifs au format 13x18 cm ou inférieur contenu dans quatre boites. Quelques plaques cassées ou abimées.

Le site de Yortan est situé à une centaine de kilomètres à l’est de Pergame. Les fouilles menées par Paul Gaudin entre 1898 et 1901 dans cette nécropole de l’Age du Bronze ancien (IIIème millénaire av. J.-C.) ont permis d’exhumer un grand nombre de céramiques caractéristiques qui ont donné leur nom à la « culture de Yortan ». De nombreux vases issus de cette fouille sont désormais conservés aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Ils présentent certaines analogies avec les vases mis au jour lors des célèbres fouilles de Troie par Heinrich Schliemann.

Provenance : collection Paul Gaudin (1858-1921), archéologue, ingénieur et grand donateur du musée du Louvre ; par descendance familiale.

A 1898-1901 set of 42 photographic glass plates by Paul Gaudin representing the archaeological digs of Yortan.

Bibliographie :
- Turhan Kamil, "Yortan Cemetery in the Early Bronze Age of Western Anatolia", BAR International Series n°145, 1982.
- Maxime Collignon, "Note sur les fouilles de M. Paul Gaudin dans la nécropole de Yortan, en Mysie", CRAI, 1901, p. 810-817. En ligne : https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1901_num_45_6_16997

Adjugé : 3 500 €
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles) Yortan, 1898-190142 plaques de verre...
Lot 307
Lot 309
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles)
Arabie Saoudite : Al-‘Ula et Hégra/Madâin Sâlih, 1907

Les toutes premières photographies d’Al-‘Ula et parmi les plus anciennes du site archéologique d’Hégra.

Une boite au format 9x12 cm contenant huit plaques de qualité médiocre, sans doute en raison des difficultés de prise de vue sur le terrain, dont :
- cinq plaques d’inscriptions dadanites remployées dans les maisons d’Al-‘Ula.
- trois plaques d’un tombeau nabatéen de Hégra/Madâin Sâlih (façade et deux vues intérieures).

On joint une carte dessinée sur calque par Paul Gaudin du « Chemin de fer Hamidié du Hedjaz » au 1 : 3,000,000 figurant la situation d’avancement alors que la ligne a dépassé Hédié et presque atteint Médine. 66 x 41 cm (Manques, mauvais état et restaurations au scotch).

Provenance : collection Paul Gaudin (1858-1921), archéologue, ingénieur et grand donateur du musée du Louvre ; par descendance familiale.

A 1907 set of photographic glass plates by Paul Gaudin representing Al-‘Ula and the archaeological digs of Hégra. Sold with a map of the Hamidié railroad drawn by Paul Gaudin on tracing paper.

Bibliographie :
- "Alula, merveille d’Arabie", catalogue d’exposition à l'Institut du Monde Arabe, éditions Gallimard, 2019.
- A. Jaussen et R. Savignac, "Mission archéologique en Arabie, II", Paris, Geuthner 1914, Rééd. Le Caire, Ifao, 1997.

Les clichés furent pris par Paul Gaudin probablement à l’occasion de l’inauguration de la gare d’Al-’Ula, le 1er septembre 1907 ou peu avant, pendant l’installation de la ligne de chemin de fer du Hedjaz. Les vues d’Al-’Ula A sont antérieures à celles des pères Jaussen et Savignac de l’Ecole biblique de Jérusalem, qui n’ont atteint cette ville que lors de leur deuxième mission archéologique en Arabie, en février 1909, alors que Paul Gaudin avait quitté ses fonctions sur place.

Les habitants de la région étaient opposés à l’implantation du chemin de fer et manifestaient une hostilité assez vive vis-à-vis des Ottomans et des Occidentaux. C’est sans doute ce qui explique que Paul Gaudin n’a pas eu tout le temps souhaité pour prendre des photographies de grande qualité.
Adjugé : 55 000 €
Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles) Arabie Saoudite : Al-‘Ula et...
Lot 309
Lot 313
Georges Perrot (Villeneuve-Saint-Georges, 1832-1914, Paris), Jean Baptiste Edmond Guillaume (Valenciennes, 1826-1894, Paris) et Jules Delbet (Barbonne-Fayel,1836-1910)
Exploration archéologique de la Galatie et de la Bithynie : d'une partie de la Mysie, de la Phrygie, de la Cappadoce et du Pont

exécutée en 1861 et publiée sous les auspices du Ministère d’Etat par Georges Perrot, ancien membre de l’Ecole Française d’Athènes, Edmond Guillaume, Architecte pensionnaire de l’Académie de France à Rome et Jules Delbet, Docteur en médecine.

Paris, 1862, librairie de Firmin Didot frères, fils et Cie. Imprimeurs de l’Institut, rue Jacob, 56.

A rare 1862 book by Georges Perrot, Jean Baptiste Edmond Guillaume, and Jules Delbet on the archaelogical excavations of Galatia and Bithynia. First edition.

Très bel exemplaire de la première édition de cette œuvre magistrale, en deux volumes in-folio (vol. 1, texte, 392 p. et vol. 2, planches, 80 pl. dont superbes photolithographies selon le procédé Poitevin, 7 cartes en demi-chagrin rouge à coins, dos à 5 nerfs et caissons à froid avec titre et tête dorés.
(Reliure de l’époque, frottée par endroit et ponctuellement recolorée au feutre rouge).

Dédicace à l’encre sur la page de garde : « à mon amis Léon Heuzey [nom partiellement gratté], souvenir affectueux » signée G. Perrot. Au-dessus, note au crayon « Après Léon Heuzey, Louis Robert, acquis avril 1953 », Quelques annotations marginales au crayon très probablement de la main de Louis Robert. Intérieur très frais, collationné complet.

Léon Heuzey (1831-1922) est un archéologue français, reçu en 1885 membre libre à l'Académie des beaux-arts, et membre à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il obtient dès 1851 un prix de discours français et d'histoire au Concours général et est reçu à l’École normale supérieure (1851-1854) où il devient l'ami de Georges Perrot. Il entre ensuite à l’École française d'Athènes (1854-1858). Nommé Professeur d'histoire et des antiquités à l’École nationale des beaux-arts (1862), il devient en 1870 conservateur du Musée du Louvre, poste qu'il conservera durant cinquante-deux ans. Il y fonde le département des antiquités orientales. En 1874, il est élu membre de l'Institut de France. Professeur d'archéologie orientale à l'École du Louvre (1884), il devient en 1891 directeur de la Revue d'assyriologie et d’archéologie orientale, on lui doit de nombreux ouvrages sur l'Antiquité.

Louis Robert (1904-1985) est un historien et archéologue français spécialiste de la Grèce antique et plus particulièrement d'épigraphie et de numismatique. Il enseigna au Collège de France de 1939 à 1974. Ancien membre de l’Ecole française d’Athènes, il est nommé directeur d'étude à l'École pratique des hautes études en 1932. Il reçoit ensuite la proposition d'une mission d'exploration archéologique en Asie Mineure, qui donnera matière à son premier livre, Les villes d'Asie Mineure (1935), suivi en 1937 des Études anatoliennes. Cette région occupa rapidement une place privilégiée, qu'elle ne quitta plus, dans ses recherches scientifiques.

Œuvres en rapport :
- vente Millon, Paris, 6 novembre 2018, un exemplaire incomplet sous le n°41.
- vente Christie’s, Londres, 16 novembre 2005, n°170.
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Georges Perrot (Villeneuve-Saint-Georges, 1832-1914, Paris), Jean Baptiste Edmond Guillaume (Valenciennes,...
Lot 313
Lot 314
Asie Mineure occidentale, Période chalcolithique (v. 3300-2500 av. J.-C.).
Grande idole de type « Kilia », dite aussi « contemplatrice d’étoile »

en marbre. Elle représente une femme debout, nue, aux formes schématisées et simples. Les bras sont pliés au niveau des coudes et serrés contre le corps, comme pour soutenir les seins.

Haut. 13,6 cm.
(Manques - pieds et tête - et éraflures).

Provenance : vente Sotheby’s, Antiquities, New York, 18 juin 1991, lot 55.

A ca. 3300-2500 B.C. Western Asia Minor marble idol.

Bibliographie : Catalogue d’exposition, "Les trésors de la collection Al Thani à l’hôtel de la Marine", Éditions du patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2021, p. 62-63.

Une idole de ce type est actuellement visible à l’exposition de la collection Al Thani à l’Hôtel de la Marine à Paris. Le catalogue indique que notre exemplaire fait partie des rares idoles de grandes dimensions : « Les petites statuettes de ce type sont relativement abondantes, mais, parmi les grandes versions, une douzaine seulement nous est parvenue. D’une hauteur comprise entre 14 et 24 centimètres environ, elles représentent clairement l’aboutissement d’une longue tradition. »

Ces idoles « Kilia » sont nommées d’après une figurine provenant d’un site près de Gallipoli, dans la Chersonèse, sur le rivage européen du détroit des Dardanelles. La typologie, caractérisée par une grande stabilité du schéma (contrairement par exemple aux statuettes cycladiques qui sont partiellement contemporaines et géographiquement proches) et la « longévité » de ces idoles sont surprenantes. D’après les données actuellement connues, les statuettes « Kilia » seraient apparues vers la fin du Ve millénaire av. J.-C. et n’auraient été totalement abandonnées que pendant le IIIe millénaire av. J.-C. Elles étaient répandues en Anatolie centro-occidentale (le site le plus à l’est serait Kirsehir, en Cappadoce), en Troade et peut-être aussi en Thrace. La signification de ces statuettes reste hypothétique mais, comme beaucoup d’autres figurines contemporaines, elles sont généralement mises en relation avec les croyances religieuses et magiques liées à la fertilité et à la fécondité.
Adjugé : 22 000 €
Asie Mineure occidentale, Période chalcolithique (v. 3300-2500 av. J.-C.). Grande...
Lot 314
Lot 319
Égypte, Basse époque (664-332 avant J.-C.) ou Période Ptolémaïque (332-31 avant J.-C.).
Grande amulette au nain ithyphallique

en faïence de couleur turquoise ayant conservé sa brillance.

Long. 58 mm.
(Tête recollée, sinon parfait état).

An Egyptian Late Period to Ptolemaic Period faience amulet representing an ithyphallic dwarf.

Bibliographie :
- C. Hermann & T. Staubli, "1001 Amulett, Altägyptischer Zauber, monotheisierte Talismane, säkulare Magie", Fribourg, 2010, p. 67, n° 32.
- Simon Connor & Federica Faccheti, "Amuletti dell’antico Egitto, Museo Egizio", Turin, 2016, p. 200-201.

L’amulette, pourvue d’une bélière de suspension dans le dos du personnage, représente une figure masculine de petite taille, aux proportions particulières : ses bras trop longs, ses jambes courtes et la forme du crâne sont parmi les traits physiques d’un nain qui ont impressionné les artistes égyptiens. Selon une croyance populaire dans l’Antiquité, le nain est pourvu d’un pénis surdimensionné, trois à quatre fois plus imposant que le reste de l’amulette. Les détails anatomiques sont reproduits avec une grande précision et une belle maîtrise, aussi bien pour le pénis, qui est clairement circoncis, que pour le rendu du visage, des mains, des pieds et du dos. Le personnage, qui porte un bonnet plat, est assis sur une longue base plate aux bords arrondis. De ses mains, il est en train de jouer des cymbales, un instrument à percussion représenté ici comme un cylindre. Les amulettes de ce type étaient censées améliorer la puissance sexuelle et générer le désir érotique pour favoriser la procréation. Elles sont parfois en relation avec certaines divinités très populaires, en particulier Ptah-Patèque.
Estimation : 5 000 € ~ 7 000 €
Égypte, Basse époque (664-332 avant J.-C.) ou Période Ptolémaïque (332-31...
Lot 319
Lot 320
Égypte, Basse époque (664-332 avant J.-C.) ou Période Ptolémaïque (332-31 avant J.-.C).
Grande amulette du dieu Bès

en faïence siliceuse à glaçure brun-rouge.

Haut. 7,8 cm.
(Complet et en bon état malgré quelques fissures et usures superficielles).

Provenance : Schuler Auktion, Zurich, 2006.

An Egyptian Late Period to Ptolemaic Period faience amulet representing god Bes.

Bien campé sur ses jambes musclées et courtes de nain, Bès est habillé d'une peau de félin qu’il porte sur les épaules (on en voit la tête, le centre de la poitrine, les pattes et la queue). Sur la tête, il porte l'un de ses attributs les plus connus, la couronne de plumes soutenue par un chapiteau rectangulaire. Comme de coutume, Bès arbore un faciès grimaçant et grotesque, ce qui le rend presque hilare et en fait donc une figure positive et bienveillante : son visage est aplati et vu de face, avec le front ridé et traversé par d’épais sourcils, les yeux grands ouverts, le nez large et aplati, les oreilles rappelant celles d’un félin, la barbe se terminant par d’amples boucles spiralées. Ce génie, connu déjà durant l’Ancien Empire, est devenu l'une des figures les plus populaires du panthéon égyptien à partir de la IIIe Période Intermédiaire et ensuite pendant tout le Ier millénaire av. J.-C. Il se montrait particulièrement bienveillant envers les femmes et les enfants. Grâce à sa laideur et à son aspect redoutable, il éloignait d’eux le mauvais sort et les maladies et s’érigeait comme garant de la santé de la future mère ainsi que de la destinée fragile du nouveau-né. Bès était également le protecteur des musiciennes et des danseuses.

Bibliographie :
- J. Bulte, "Talismans Egyptiens d’heureuse maternité, "Faïences" bleu-vert à pois foncés", Paris, 1991, p. 17-33.
- F. Dunn Friedman (éd), "Gift of the Nile, Ancient Egyptian Faience", Rhode Island, 1998, p. 243, no. 55.
- C. Hermann & T. Staubli, "1001 Amulett, Altägyptischer Zauber, monotheisierte Talismane, säkulare Magie, Fribourg, 2010, p. 69 sq.
Estimation : 2 000 € ~ 3 000 €
Égypte, Basse époque (664-332 avant J.-C.) ou Période Ptolémaïque (332-31...
Lot 320
Lot 323
Extrême fin de l'Age du Bronze, c. 900-800 avant J.-C.
Superbe épée dite « à antennes »

en bronze, découverte dans le lit de la Loire à Amboise.

Long. 65,9 cm.
(État presque parfait).

Provenance :
- épée découverte en aval du pont sur la Loire à Amboise (Indre et Loire), présentée fin 1984 au conservateur du musée de la Société Archéologique de Touraine et apportée au Centre National d'Archéologie Urbaine, où elle a été photographiée.
- collection particulière, Amboise.

A splendid ca. 900-800 B.C. Tarquinia type antenna-hilted bronze sword found in the Loire river near Amboise, France.

Bibliographie : Gérard Cordier, "Nouveaux objets de l'Age du Bronze tirés de la Loire / Recent Bronze Age discoveries from the river Loire", in : Revue archéologique du Centre de la France, tome 24, fascicule 1, 1985, pp. 65-66.

Cette pièce attribuable au type de Tarquinia a fait l'objet d'une description et d'une étude très précises par Gérard Cordier dans l'article qu'il a publié en 1985. D'après lui, seulement "quatre des rares épées à antennes découvertes en France sont rattachables à ce type". Notre exemplaire est exceptionnel par son état de conservation presque parfait et le développement de ses volutes.

Pour comparaison :
- Léonard Dumont & Sylvie Boulud-Gazo, "L'épée à antennes du Bronze final de Baix ", Ardèche archéologie, 2002, 39, p.46-54 (provient du lit du Rhône).
- Sylviane Campolo & Dominique Garcia, "Bronze protohistoriques du Musée Calvet d'Avignon", 2004, p. 47-48, n°58 (provient du Lac Trasième en Italie).
Adjugé : 105 000 €
Extrême fin de l'Age du Bronze, c. 900-800 avant J.-C.Superbe...
Lot 323
Lot 330
Peuple Tsimshian ou Haida, fin du XVIIIe-début du XIXe siècle
Bol cérémoniel à l'ours marin

en bois d'aulne (?) plié sur les quatre côtés, bois de cèdre pour le fond, cousu avec une corde en racine de cèdre battue. Les parois extérieures ornées d’animaux totémiques et figures zoomorphes.
Polychromie d’origine et fait rare, la boite conserve une petite couche d’ocre rouge à l’intérieur, notamment dans les coins gravés.
Incrustations de sections d'ormeau (Haliotis) et d’opercules de coquilles d’escargots marins (Pomaulax gibberosus) sur les deux rebords supérieurs des côtés courts.
Patine d’usage (aujourd’hui sèche) avec traces notables d’une longue utilisation traditionnelle datant d’avant la collecte.

Amérique du Nord, Canada, Colombie Britannique, collecté en 1889.

Haut. 22 Long. 55 Larg. 41 cm.
Poids 3 208 g.

Ayant longtemps servi comme cache-pot, caisse à plantes, dans le château familial, cette boite est vendue avec son insert de protection étanche en zinc européen du début du XXe siècle.

Provenance :
- collecté en Colombie Britannique par les comtes Abel et Georges de Massol de Rebetz pendant l’été 1889, lors de la deuxième expédition privée dirigée par leur cousin Xavier de Monteil, accompagné par le photographe Georges de la Sablière.
- collection Georges de Massol de Rebetz ; par descendance familiale.

An exceptional late 18th-early 19th century Tsimshian or Haida painted wood feast bowl. Collected by Abel and Georges de Massol de Rebetz in British Columbia, Canada, in 1889.

D’avril à septembre 1889, de jeunes explorateurs séjournent en Amérique du Nord. Dirigés par leur cousin Xavier de Monteil (1861-1939), les frères Abel (1851-1917) et Georges (1862-1948) de Massol de Rebetz sont accompagnés du photographe Georges de La Sablière (1863-1898). Les archives et photographies de l’expédition sont conservées au musée du Quai Branly-Jacques Chirac. Cette boite, ou récipient à nourriture, miraculeusement découvert dans la descendance de Georges de Massol, est un objet iconique des cultures amérindiennes en Colombie Britannique, dans un état de conservation exceptionnel et collecté à une époque précoce.

En général, les bols, boite à nourriture, cérémoniels de ce type représentent un seul personnage totémique ou héraldique. Ici, les quatre faces représentent des vues de l'ours marin, un être surnaturel avec une tête et des pattes d'ours, et une queue et une nageoire dorsale de baleine :

Face A (courte) :
Personnage principal : visage d'un ours marin (sea-bear) vu de face. La zone centrale hachurée, représentant son nez, surmonte ses narines. De chaque côté, à l’intérieur de ses yeux rectangulaires, on peut distinguer des visages dits "têtes de saumon/truite" ainsi que la nageoire dorsale d'un épaulard.
Personnage secondaire : au centre du panneau, entre les oreilles de l'ours, se trouve un être zoomorphe aux yeux exorbités et à la langue tirée.

Faces B/D (longues) :
Les deux panneaux latéraux présentent une "symétrie asymétrique" avec une articulation d'épaule située sur l'avant de chaque panneau. Le ventre de l'ours marin, représenté par une forme ovoïde centrale, surmonte des pattes à longues griffes recourbées vers l'arrière.

Face C (courte) :
Image principale : le panneau présente au premier abord un ensemble de motifs ressemblant à un visage grimaçant. Il s'agit en réalité de la vue de la partie postérieure de l'ours marin. Les deux grandes formes ovoïdes représentent les articulations de sa queue de baleine, dont les deux lobes remontent pour forme un grand "u".
Personnages secondaires : au centre de la queue de baleine se retrouve le même visage aux yeux exorbités et à la langue tirée que celui représenté sur la face A. Il représente ici, de manière très stylisée, la nageoire dorsale recourbée vers l'arrière, encadrée de deux têtes de loups ou d'ours figurés de profil.

L'intérieur du bol/récipient présente la particularité d'être orné aux quatre coins de gravures formant un décor rappelant les motifs du tissage de nattes. La technique de thermoformage du bois dont sont constituées les parois est elle aussi des plus étonnantes.

Un récipient à nourriture richement décoré tel que celui-ci est un objet de prestige et de valeur. Propriété d'une personne de haut rang, il indique son origine et sa lignée. Il sert à présenter la nourriture lors des festins cérémoniels donnés à l'occasion de cérémonies et fêtes importantes, tels que les potlatchs – grands fêtes ostentatoires.

Nous sommes ici devant la découverte ou redécouverte d’un objet d’art exceptionnel, oublié depuis plus de cent ans, cent trente-trois ans précisément. Il s’agit d’un très important et rare témoignage, remarquablement préservé ; un objet iconique d’une culture Amérindienne ancienne et florissante de la côte ouest du Canada. C’est un objet de prestige fabriqué pour un personnage de haut rang, utilisé lors d
Adjugé : 52 000 €
Peuple Tsimshian ou Haida, fin du XVIIIe-début du XIXe siècleBol...
Lot 330
Lot 338
Culture Ashanti, Ghana, fin du XIXe-début du XXe siècle
Pintade couvant ses œufs sur une base de forme oblongue

en bronze plein au décor finement incisé, fonte à la cire perdue, patine d’usage. Dans la culture Ashanti, la pintade à la réputation d’être un porte-bonheur, ses couleurs et son plumage évoquant félicité et prospérité ; une légende dit d’ailleurs que la pintade symbolise une femme affranchie.

Travail de fonte de grande qualité, probablement l’œuvre du maître-forgeron attitré de la cour royale.

Haut. 18,5 Long. 31 Prof. 16 cm.

A late 19th-early 20th century Ashanti (Ghana) bronze statue of a broody guinea hen. Presumably part of French novelist Louis Ferdinand Céline's collection.

Provenance présumée :
- collection du docteur Destouches, dit Louis Ferdinand Céline (1894-1961), probablement acquis lors de son second séjour en Afrique Occidentale en 1926.
- collection du docteur Jacques-Louis Malouvier (1885-1945), dont Céline assure un remplacement au Havre en juillet 1937.
- vente Cannes Enchères, Cannes, 6 juillet 2003, n°554.
- vente Tajan, Paris, 19 février 2008, n°121.

Référence littéraire : Herbert Cole, Doran R. Ross, “The Arts of Ghana”, édité par Museum of Cultural History, University of California, Los Angeles, 1977.

Objet de cour, cette rare figure votive pourrait être une évocation de la reine Ashanti Abla Pokou dont le fils aurait dû être roi en vertu de la loi matrilinéaire des Ashanti. Les œufs qu’elle protège seraient la partie du peuple Ashanti qui s’est enfui avec elle. La reine Abla Pokou est la nièce du roi Ossei Tutu, fondateur de la confédération Ashanti. À la suite de guerres de succession, elle a dû s’enfuir avec sa famille, ses soldats fidèles et une partie du peuple pour aller fonder le peuple Baoulé.
Adjugé : 8 500 €
Culture Ashanti, Ghana, fin du XIXe-début du XXe sièclePintade couvant...
Lot 338
Lot 349
Attribué à Charles-Guillaume Winckelsen (Düsseldorf, 1812-1871, Paris)
et, pour les bronzes, à Joseph Nicolas Langlois (marié à Paris en 1838)
Somptueux secrétaire en cabinet

en placage d'ébène, laque du Japon, vernis européen, avec une exceptionnelle ornementation en bronze ciselé et doré.
En partie haute, un marbre posé sur une doucine recouvre un rang de tiroirs, dont deux secrets ornés de médaillons en laque sur fond d'aventurine. Le tiroir central est ceint d'une frise en bronze doré d'arabesques et d'enfants satyres jouant du cor, d'après le modèle des meubles livrés par Weisweiller au roi de France Louis XVI (collection al Thani) et à celui d'Espagne Charles V (Metropolitan Museum, 1977.1.12).
En partie centrale, le cabinet ouvre par un abattant orné d'un large médaillon en laque figurant un coq et deux poules, semblable au secrétaire de la collection de la baronne Seillière (vente Simeoni, Paris, 2021, n° 52), dans un entourage de guirlande enrubannée en bronze doré. Séparées par des colonnes détachées, richement vernies à la façon des laques du Japon et à chapiteau ionique, deux portes sont ornées de figurines en bronze doré : philosophes, anges et allégories féminines surmontant des bas-reliefs à l'antique. Les côtés sont ornés de panneaux de laque avec des personnages du théâtre japonais dans un entourage géométrique de môns, sous des panneaux à décor de volatiles.
L'intérieur de l'abattant, foncé d'un velours turquoise, dévoile un théâtre de quatre colonnes délicatement cannelées en ivoire, surmontées d'un bas-relief aux amours à ailes de papillons en bronze ciselé et doré. Des tiroirs en parties hautes et basses enrichissent de laque ce décor avec des scènes de chasse, de temples ou bateaux en mer.
En partie basse, la ceinture comporte trois tiroirs, dont deux secrets, richement décorés en laque ou vernis. Le piétement est composé de huit pieds en toupie réunis par une entretoise à entrelacs, richement rehaussé de bronzes dorés.

Haut. 145 Larg. 122,5 Prof. 45 cm.

Provenance :
- Maison J. Galtier, "À l'étoile du Nord", facture jointe : "1 Bahut laque de Chine et bronzes dorés-7 500", Paris, 17 septembre 1919,
- collection Mory, boulevard Henri IV, Paris,
- par descendance familiale, Achicourt, Pas de Calais.

A spectacular 19th century ebony wood veneer, Japanese lacquer cabinet-secrétaire attributed to Charles-Guillaume Winckelsen, with gilded bronze ornamentations attributed to Joseph Nicolas Langlois.

L'héritier de Weisweiller et de ses laques du Japon

"Le mobilier de ce brillant ébéniste, comparativement rare, obéit toujours aux plus hauts critères du savoir-faire des ébénistes parisiens et ses bronzes sont parmi les plus beaux jamais produits à Paris au XIXe siècle." Ainsi ouvre Christopher Payne ses pages consacrées à Charles Guillaume Winckelsen dans son ouvrage "Paris, la quintessence du meuble au XIXe siècle" (éditions Monelle Hayot, Saint Rémy en l'Eau, 2018, pp. 549-554). Winckelsen est un ébéniste d'origine allemande installé à Paris au début du XIXe siècle, rue du Val Sainte Catherine, puis rue Saint-Louis et enfin au 49 rue de Turenne. Les montants des tiroirs de ce meuble sont tenus par des queues d'arondes "d'une qualité exquise", dont la technique de fixation inhabituelle est presque une signature de Winckelsen (Paynes, 2018, p. 549). Il expose en 1865 une grande armoire prêtée par le Mobilier de la Couronne au musée rétrospectif de Paris, puis en 1867 à l'Exposition Universelle. Sa clientèle appartient aux familles les plus riches et les plus illustres de France : les Radziwill, les Béhague, les Lafitte ou le marquis de Lillers.

Avec Bellangé, il est l'un des rares ébénistes parisiens à maitriser à la perfection l'usage des précieuses laques du Japon. Comme sur le secrétaire d'Adam Weisweiller (1746-1820) livré en 1784 pour le cabinet du Roi à Versailles, ou sur la commode de Weisweiller encore pour Charles V à la cour d'Espagne, avec ses panneaux de laque datés de 1640, Winckelsen a accès à certaines des plus belles laques arrivées en France depuis le règne du roi Soleil. Il les met en scène dans le style précieux et virtuose de son illustre compatriote, prédécesseur à la Cour de France. Colonnes détachées, entretoises à entrelacs et autres frises de bronzes sont des citations directes des plus beaux meubles du règne de Louis XVI. Winckelsen obtient d'ailleurs l'autorisation de copier les meubles royaux, telle la paire de commodes du Trianon par Boulle pour la chambre de Louis XIV à Versailles.

Le prédécesseur de Dasson et de ses bronzes virtuoses

Son bronzier favori, Joseph Nicolas Langlois, est quant à lui le fils d'une dynastie de ciseleurs parisiens, dont le père décède en 1826, qui se marie en 1838 et dont le propre fils né en 1841 sera lui-même ciseleur. Ensemble, ils portent à la perfection la copie et l'interprétation des plus beaux meubles d'époque Louis XVI. Langlois semble
Adjugé : 68 000 €
Attribué à Charles-Guillaume Winckelsen (Düsseldorf, 1812-1871, Paris)et, pour les bronzes,...
Lot 349
Lot 355
France, seconde moitié du XVIIIe siècle
Portrait du bienheureux Niccolò Albergati (1375-1443, béatifié en 1744)

en pierre, ronde-bosse.

Haut. 95 Larg. 36 Prof. 33 cm.
(Main gauche manquante, doigt de la main droite manquante).

Provenance : ancienne collection de la famille Navarre, monastère Saint Albergati, route saint Albergati à Althen des Paluds (Vaucluse).

A late 18th century French stone sculpture of Niccolò Albergati.

Œuvres en rapport :
-Filippo della Vale, le Bienheureux Niccolò Albergati (circa 1375-1443), circa 1740-1743, terre cuite sur une base en marbre, dim. 63.5 × 20.32 × 30.48 cm, LACMA, Los Angeles, n°inv. M.81.156.
- Filippo della Vale, Bienheureux Niccolò Albergati, 1742, sculpture en travertine, extérieur, Santa Maria Maggiore, Rome.

« L’ange de la paix », tel est le nom que reçoit Niccolò Albergati (1375-1443) pour ses actions en tant que nonce apostolique puis légat a latere. Évêque de Bologne depuis 1417, le chartreux est finalement ordonné cardinal en 1426. Malgré l’importance de sa carrière ecclésiastique, sa grande dévotion et la simplicité de son mode de vie, le cardinal n’est béatifié qu’en 1744 par Benoit XIV. Ce projet était un dessein du Pape depuis le début de son pontificat et ce vif intérêt trouve également un écho dans ses commandes. Il fait réaliser dès 1740-1743 par Filippo della Vale (1698-1768) une importante sculpture du futur Bienheureux pour la façade de Santa Maria Maggiore à Rome.

Un culte envers Albergati se diffuse au XVIIIème siècle, comme en témoigne notre sculpture. Ce portrait en pied du Bienheureux provient du monastère Saint Albergatti, Althen des Paluds (Vaucluse). Propriété des Chartreux de Villeneuve-lès-Avignon, le monastère obtient tardivement cette appellation, certainement après la béatification de cet insigne représentant de l’ordre de saint Bruno.
Estimation : 3 000 € ~ 5 000 €
France, seconde moitié du XVIIIe siècle 
Portrait du bienheureux Niccolò...
Lot 355
Lot 364
École française du milieu du XVIIe siècle
Les châteaux de Bury et d'Onzain

Huile sur bois.
Paire de panneaux de boiserie.

Haut. 74 Larg. 69 cm et Haut. 75 Larg. 74 cm.
(Accidents, restaurations).
Avec encadrement en chêne : 102 x 96 cm.

Provenance :
- commandés pour le château d'Onzain par Charles de Rostaing (1573-1660), descendant de Florimont Robertet, secrétaire des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier, et seigneur de Bury et d'Onzain. Ses douze propriétés (Brou, Onzain, Thieux, Alluye, Aletz, Bury, Chenonceau, Champfreau, Champagneux, Le Cste, Vaux-le-Pénil, Pontd'ain) ont été représentées par Androuet du Cerceau, dont les dessins conservés au British Museum ont été gravés par Silvestre.
- les douze panneaux sont localisés au château de la Guérinière, près de Blois, en 1812, où Auguste de Maupas, après la démolition du château d'Onzain, les fit placer. Une commande photographique est passée en juin 1886 à Mieusement.
- vente et partages successifs de la Guérinière à partir de 896 ; les autres panneaux ne sont ni connus, ni localisés.
- après la destruction du château de la Guérinière, ces deux panneaux ont été conservés, depuis 1962, dans un pavillon/maison bourgeoise à proximité par Mme Le Mat, puis par sa descendance.

A pair of mid-17th century paintings depicting the castles of Bury and Onzain. Oil on wooden panels.

Bibliographie : Martine Garczynska Tissier-Mallerais, "Le château de Bury", mémoire sous la direction d’André Chastel, s.l, 1963-1964.

Nous remercions pour ses utiles précisions Madame Martine Tissier de Mallerais, conservatrice en chef (h) du patrimoine, ancienne conservatrice du château de Blois.
Adjugé : 12 000 €
École française du milieu du XVIIe siècle Les châteaux de...
Lot 364
Lot 375
Étienne Doirat (Paris, vers 1675-1732)
Commode légèrement galbée

en frisage de palissandre et bois de violette ouvrant par quatre tiroirs sur trois rangs. Les montants arrondis, sont cannelés et garnis de laiton doré. Riche ornementation en bronze ciselé et doré telle qu'entrées de serrures, mains tombantes aux rosaces, espagnolettes en mascarons en chutes d'angle. Sabots et tablier feuillagés.
Estampille E.D. DOIRAT.
Dessus de marbre Rouge de France.

Époque Régence, c. 1715-1732.

Haut. 85 Larg. 139 Prof. 70 cm.
(Légers accidents, notamment au marbre).

Provenance : prieuré de la vallée du Loir.

A Regency-period chest of drawers with violetwood and rosewood front, bronze ornamentations, and red marble top. Ca. 1715-1732. E.D. DOIRAT stamp.

"Ses meubles, d'un caractère souvent somptueux, appartiennent pour la plupart au style en honneur sous la Régence. Il s'agit en tout premier lieu de commodes qui constituent l'essentiel de sa production. [...] Doirat utilise des bronzes abondants et de belle qualité, où les éléments traditionnels, comme les mascarons du temps de Louis XIV, les bustes de femme ou "espagnolettes", typiquement Régence, un de ses décors favoris, cohabitent avec des motifs d'avant-garde, de style rocaille. [...] L'œuvre de Doirat, sans doute abondante, n'est que partiellement connue. Il est probable qu'il n'ait estampillé ses ouvrages que dans la dernière partie de sa carrière."
in Pierre Kjellberg, "Le mobilier Français du XVIIIe", éditions de l'Amateur, 1989, p. 264.
Adjugé : 6 000 €
Étienne Doirat (Paris, vers 1675-1732)Commode légèrement galbéeen frisage de palissandre...
Lot 375
Lot 381
D'après Jean-Baptiste-Claude Odiot (Paris, 1763-1850)
Douze couverts du service Demidoff et leurs couteaux, modèle créé en 1831

en argent, comprenant trente-six pièces à décor de pampres dans le style oriental.
Cinq fourchettes et quatre cuillers avec inscriptions en arabe "Amina Aga 1306", soit l’année 1888-1889 du calendrier grégorien, dans le cartouche à l'extérieur du manche et sont gravés à l'intérieur du manche d'un croissant de lune surmonté de trois étoiles à cinq branches.

Poinçons :
- Minerve (France, depuis 1838), trente-trois pièces.
- Mercure 800 millièmes (France, 1878-1973), trois cuillers.

Maîtres orfèvres :
- Odiot, douze couteaux, sept fourchettes, cinq cuillers,
- TH entre un bouton de fleur et une étoile, pièces inscrites en arabe : cinq fourchettes, quatre cuillers,
- Orfèvre inconnu, poinçon Mercure : trois cuillers.

Poids des couverts : 3 078 g.
Poids brut des couteaux avec manches en argent fourré et lame en acier : 1 487 g.
Poids total : 4 565 g.

Provenance : collection parisienne.

A thirty-six piece silverware set after Jean-Baptiste-Claude Odiot's "Vine" model for Prince Demidoff. By Odiot and two other master silversmiths.

Dessiné par Jean-Baptiste Claude Odiot en 1831 pour le Prince Paul Demidoff, ce modèle "Vigne" transfigure le naturalisme renaissant de la Restauration. Cinq couverts, dont cinq fourchettes et quatre cuillers avec des inscriptions en arabe anciennement attribuées au roi Farouk, réalisés par un autre orfèvre, ont été achetés en 1991 aux enchères à Paris. Les vingt-six autres pièces ont été réalisées à la demande du collectionneur par la maison Odiot pour compléter ces dix premières pièces.
Adjugé : 3 100 €
D'après Jean-Baptiste-Claude Odiot (Paris, 1763-1850)Douze couverts du service Demidoff et...
Lot 381
Lot 399
D'après Clodion (Nancy, 1738-1814, Paris), Claude Michel, dit
Allégorie de La Danse

en bronze doré, ronde bosse figurant deux bacchantes dansant avec un jeune satyre.
Marqué sur la base : Clodion 1762.

Fonte d'édition ancienne de la fin du XIXe siècle.

Haut. 77 cm.

Provenance : collection d'un ancien commissaire-priseur.

A 19th century gilt bronze depicting an Allegory of dance. After a 1762 sculpture by Clodion.

Issu de la famille Adam, prestigieuse dynastie de sculpteurs lorrains, Clodion est un temps l'élève de Jean-Baptiste Pigalle. Notre sujet, daté de 1762, correspond à une période précoce dans la carrière de Clodion, puisque c'est l'année de l'obtention de son brevet pour l'Académie de France à Rome. Dès les années 1770, et jusqu'à la fin de sa vie, de nombreuses allégories et diverses figures de Bacchantes ou de satyres peuplent ses compositions. Le sujet de cette composition traverse les siècles. Si les œuvres originales de Clodion sont rares sur le marché, les reproductions du XIXe siècle sont plus nombreuses. Elisabeth Lebon, dans son "Dictionnaire des fondeurs d'art" (Marjon éditions, 2003), relève que Thiebault Frères (La danse) et Rudier ont inscrit le sculpteur à leur catalogue, de même que les frères Raingo dont on retrouve d'autres Allégories de la danse. Les œuvres de Clodion annoncent déjà celles de ses suiveurs du siècle suivant, notamment Carrier-Belleuse, qui reprendra bien souvent les thématiques des allégories de la danse ou de la musique et chez qui l'on retrouve la même science du mouvement.

Adjugé : 5 000 €
D'après Clodion (Nancy, 1738-1814, Paris), Claude Michel, ditAllégorie de La...
Lot 399
Lot 401
Jules Dalou (Paris, 1838-1902)
Tonnelier et Terrassier, modèles créés entre 1889 et 1902

Deux bronzes patinés et signés.
Cachet de fondeur "Susse Frères Éditeurs Paris" et marqués "Cire perdue".

Haut. 16,5 et 19,5 cm.

Bibliographie :
- Amélie Simier, "Jules Dalou, le sculpteur de la République", cat. exp. Paris, Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, 18 avril-13 juillet 2013, Paris, Réunion des musées nationaux, 2013, modèles répertoriés sous les planches X et 180, p. 202 à 180.
- Maurice Dreyfous, "Dalou, sa vie et son œuvre", éditions Henri Laurens, Paris, 1903, p. 241 à 263.

Bronze sculptures by Jules Dalou depicting a cooper and a digger. Signed. "Susse Frères Éditeurs Paris" foundry mark and "lost wax" mark. Designed between 1889 and 1902.

Illustration : Études pour les Monument aux ouvriers de Dalou, fonds photographique Adolphe & Georges Giraudon.

Ces figurines représentant des paysans et ouvriers sont le précieux témoignage de la volonté de Dalou de créer, dans les douze dernières années de sa vie, un Monument aux ouvriers, milieu dont il était issu. Ce projet n'aboutit pas, faute de commanditaire, mais les figurines conservées au musée du Petit Palais à Paris ont été éditées à partir de 1910.

« Aussi, au jour de sa mort, les amis auxquels (Dalou) avait confié le soin de ses affaires et de son œuvre, eurent-ils une surprise sans pareille en découvrant une foule d'œuvres dont ils ne soupçonnaient pas l’existence. (…) Nul ne put contenir un cri d’admiration, lorsque s’ouvrit un énorme placard, tout rempli de petites figures et de petites figurines en terre cuite ou en glaise séchée. (…) Ce qui les frappa le plus vivement, c’était tout un monde de petits êtres, hommes, femmes, animaux (…) placés un peu partout sur les larges planches du placard. »
Maurice Dreyfous, L’Art les Artistes, t. II, 1905-1906, p. 71.
Adjugé : 2 400 €
Jules Dalou (Paris, 1838-1902)Tonnelier et Terrassier, modèles créés entre 1889...
Lot 401
Lot 403
Jules Dalou (Paris, 1838-1902)
Glaneuse aux épis et Arracheuse de pommes de terre

Deux bronzes patinés et signés.
Cachet de fondeur "Susse Frères Éditeurs Paris" et marqués "Susse Fres Edtrs".

Haut. 9 et 8,5 cm.

Bronze sculptures by Jules Dalou representing a gleaner and a potato digger. Signed. "Susse Frères Éditeurs Paris" foundry mark and "Susse Fres Edtrs" hallmark.

Bibliographie :
- Amélie Simier, "Jules Dalou, le sculpteur de la République", cat. exp. Paris, Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, 18 avril-13 juillet 2013, Paris, Réunion des musées nationaux, 2013, modèles répertoriés sous les planches 212 et 214, p. 202 à 180.
- Maurice Dreyfous, "Dalou, sa vie et son œuvre", éditions Henri Laurens, Paris, 1903, p. 241 à 263.

Illustration : Études pour les Monument aux ouvriers de Dalou, fonds photographique Adolphe & Georges Giraudon.

Ces figurines représentant des paysans et ouvriers sont le précieux témoignage de la volonté de Dalou de créer, dans les douze dernières années de sa vie, un Monument aux ouvriers, milieu dont il était issu. Ce projet n'aboutit pas, faute de commanditaire, mais les figurines conservées au musée du Petit Palais à Paris ont été éditées à partir de 1910.

« Aussi, au jour de sa mort, les amis auxquels (Dalou) avait confié le soin de ses affaires et de son œuvre, eurent-ils une surprise sans pareille en découvrant une foule d'œuvres dont ils ne soupçonnaient pas l’existence. (…) Nul ne put contenir un cri d’admiration, lorsque s’ouvrit un énorme placard, tout rempli de petites figures et de petites figurines en terre cuite ou en glaise séchée. (…) Ce qui les frappa le plus vivement, c’était tout un monde de petits êtres, hommes, femmes, animaux (…) placés un peu partout sur les larges planches du placard. »
Maurice Dreyfous, L’Art les Artistes, t. II, 1905-1906, p. 71.
Adjugé : 2 200 €
Jules Dalou (Paris, 1838-1902)Glaneuse aux épis et Arracheuse de pommes...
Lot 403
Inscrivez-vous à notre newsletter :
Suivez-nous :