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Autographes - Documents historiques

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Lot 3
Guillaume APOLLINAIRE. L.A.S. AVEC DESSIN, [Nîmes 3 janvier 1915], à sa " chère petite Mireille " HAVET ; 2 pages in-8 à l'encre violette, dessin à la mine de plomb.
BELLE LETTRE ILLUSTREE D'UN AUTOPORTRAIT EN UNIFORME D'ARTILLEUR DEVANT SA BATTERIE ET SON CHEVAL. [Apollinaire était alors à Nîmes où, après son engagement volontaire, il a été inscrit dans le peloton des élèves-brigadiers.]
Il revient de permission de trois jours à Nice où il s'est " bien amusé " (il y avait retrouvé Louise de Coligny, " Lou "). " Mes éperons et mon étui à revolver ont eu un grand succès avec mes houseaux dans une ville où il n'y a que de l'artillerie lourde. Je vous envoie mon portrait approximatif avec mon étui à revolver, mon sabre, mon fouet, mon cheval et un canon. Tout ça est épatant et s'il me tarde que ce soit fini, c'est plutôt à cause de mes amis et de la liberté qui manque un peu aux simples soldats, car sans ça c'est épatant d'être militaire et je crois que c'est un vrai métier pour un poète. J'espère être bientôt gradé. Alors la vie sera plus chic. Vous savez qu'il n'y a que les femmes et les civils qui s'occupent de la guerre, nous autres nous nous en foutons. J'espère devenir en peu de temps bon cavalier, car on ne nous ménage pas sans cela et tout le temps sans étrier, trois fois des chevaux qui ruaient m'ont fait partir en bombe, une fois sur une sale route pleine de cailloux pointus, mais me suis rien fait. Tout de même faut être solide ici. Mais à la caserne on ne s'embête pas, pas de temps pour cela. Je deviens d'une brutalité merveilleuse. L'autre jour en promenade le cheval de mon voisin a rué et cassé la jambe au jeune homme qui me suivait, ça ne m'a causé aucune émotion. Je crois qu'après la guerre, il faudra pas que des poilus m'em….ent. Ne vous souciez pas de la guerre. Elle durera longtemps, il faut en prendre son parti et arranger sa vie comme si la guerre devait durer toujours, comme ça quand la paix arrivera ce sera une bonne surprise. Vous, ma chère Mireille, travaillez. Tâchez d'écrire quelque part, il y a beaucoup de place à prendre et il y en aura encore ". Il va s'habiller " pour sortir en ville. Comme élève brigadier je ne fais pas de corvées et ne prends pas de garde, vous voyez si c'est chic "... Sur son retour de Nice, il s'est arrêté à Marseille, où il a " vu les troupes Hindoues. C'était épatant. Je vous embrasse plus que d'habitude et bonne année ". Il signe : " Guillaume Apollinaire ".
Adjugé : 6 500 €
Lot 3
Lot 4
Guillaume APOLLINAIRE. L.A.S., Nîmes 4 février 1915, à sa " chère petite Mireille " HAVET ; 4 pages in-12.
JOLIE LETTRE DE L'ELEVE ARTILLEUR A LA JEUNE POETESSE.
" Mon derrière dont vous prenez souci va bien, je vous remercie de prendre ainsi de ses nouvelles ". Il cite Molière : " Mais pour l'amour du grec souffrez qu'on vous embrasse ", et ajoute : " De tout mon cœur comme vous faites vous-même. D'ailleurs le grec est fort employé en artillerie où les lettres de l'alphabet grec servent à désigner des mesures angulaires comme le millième, par exemple, qui s'indique par µ. Moi, je manie le µ avec dextérité ainsi que l'a déclaré hier le commandant du dépôt. D'ailleurs on va faire venir huit obus et je vais commander un tir quoique simple conducteur, mais je prépare mon brevet de chef de section pour tâcher d'être sous-lieutenant dès que je serai sur le front ".
Il pense qu'" il y en a encore pour plusieurs années, peut-être deux, peut-être plus. Je souhaite moins, mais le moyen d'y croire. Intéressez-vous donc un peu à cette guerre extraordinaire. Au demeurant, j'aimerais, c'est vrai, effeuiller la marguerite auprès de vous, mais il faut se faire une raison. Et puis comme je n'ai pas de petite fiancée, autant effeuiller les jours de guerre pour qu'ils s'en aillent plus vite ". Et il prie Mireille de le recommander à son oncle le préfet du Gard [Louis Hudelo] : " comme ça il pourrait me faire avoir des permissions ". Il la charge de saluer sa mère, sa sœur, et toute la famille… " Idéogrammes [c'est-à-dire Calligrammes] sont restés sous presse. Mon secrétaire est infirmier à Amiens, il m'écrit de fort belles lettres, mais pas aussi jolie que la vôtre bien qu'un peu décousue. Ne rêvez pas trop les yeux fixes. Quand vous verrai, vous dirai ce que cela indique. Si n'écrivez pas pour les imprimeurs, écrivez pour vous ". Il espère bien la " revoir après la guerre lon laire, ma petite Mireïo. C'est ici en plein le pays de Mireille. Mais j'ai pas encore eu l'occasion d'aller à Arles. Donc vous embrasse. […] Saluez la colombe du colombier ". Il signe : " G. de Kostrowitzky 2e c.c. 38e art. camp. 70e batt. Nîmes ".
Adjugé : 2 700 €
Lot 4
Lot 5
Guillaume APOLLINAIRE. L.A.S. " Guillaume " avec POEME, Nîmes " 7 mars 1914 " [pour 1915], à sa " chère petite Mireille " HAVET, " Le Colombier, Les Mées, Menars (Loir et Cher) " ; 1 page et demie in-4 à en-tête du Café Tortoni, enveloppe autographe signée " G. de Kostrowitzky ".
BELLE LETTRE GALANTE AVEC UN POEME.
" Je tâche de comprendre, mais suis bouché, faut qu'on m'explique bien les choses. En tout cas, si vous m'embrassez et pensez que je ne vous rendrai pas de baisers encore plus passionnés vous vous mettez votre joli doigt dans l'œil. Je vous les rends donc furieusement, en artilleur comme vous dites si bien. C'est du pétrole flambant, ma vieille, mais y a pas de tache, tu sais ! Mais alors il faut m'écrire plus souvent car si vous vous amusez à me percer le cœur (car c'est bien du mien qu'il s'agit, n'est-ce pas, petite masque ? Quoiqu'il en soit, mettons que c'est le mien !) si donc vous jouez à me percer le cœur, faut panser la blessure ".
Il ne sait où on va l'envoyer, peut-être aux Dardanelles : " Et toujours pas de petite fiancée. Bien que vous ayez une très mauvaise opinion des artilleurs, c'est comme ça. Et vous, sûrement pas de petite fiancée (êtes pas à Mitylène !) mais peut-être bien un grand fiancé ? " Il ne sait plus écrire de lettre, " et cependant fais poèmes presque chaque jour. Y aura du laurier pour votre génie, petite fille dans ma prochaine lettre, le laurier c'est la fleur de Nîmes, y a pas de fleurs dans la garrigue, pas de vraie fleur du moins, mais le laurier y abonde. J'en cueillerai demain pour vous. Je voudrais bien aller colombiner [allusion à la maison du Colombier des Havet en Touraine] avant de partir, et colombiner dans le beau pays de Loire. Impossible. Si vouliez, remettrions cette colombinaison à après la victoire. Mais si trouvez déjà que c'est long, vous n'avez guère de patience. Ça durera encore longtemps, ma vieille, et quand vous reverrai, serez grande, grande, avec un corsage rebondi. Donc voilà : suis sage comme une image, ai jamais regardé un visage féminin dans les rues de Nîmes ". Et il termine par ce poème de 6 vers (dont le dernier est prémonitoire) :
" Mon cœur est transpercé comme vous dessinâtes
La flèche a même un fil à ses arrière-pattes
Et ce fil vous rejoint et par monts et par vaux
O Mireille, Avenir, Mireille, ô temps nouveaux !
Ainsi tâché-je en vain, qui sait ? de vous comprendre,
Moi, le sang à couler et la prochaine cendre ".
Adjugé : 6 200 €
Lot 5
Lot 6
Guillaume APOLLINAIRE. L.A.S. avec POEME, Nîmes 31 mars 1915, à sa " chère Mireille " HAVET ; 4 pages in-8.
LONGUE ET CHARMANTE LETTRE DU POETE A LA JEUNE POETESSE, EVOQUANT SES AMOURS.
Vous écrivez de très jolies lettres. Où a-t-il été jamais question d'embrassage ? Pas dans mes lettres bien sûr. Alors c'est vous la tour Eiffel, si grande, si grande. Et le Mont Blanc et le Gaurisankar. Illusions ? Moi, je ne sais pas où les prendrai, mais surtout pas non plus de désillusion. Si vous voulez pas m'embrasser au retour - mais non d'une pipe, est-ce que je vous ai jamais demandé cela ? - m'embrassez pas. Si suis pas un vrai Pitou, toi t'es pas une vraie muse, non plus, parce que les muses embrassent les poètes, et faudrait tout de même pas confondre ce mot avec Dufayel. Enfin, petite poyétesse, n'êtes pas ma muse, ni été un peu (rien que pour la poésie) votre Apollon, moi qui ai donné l'essor à votre Pégase. Tout de même si t'es pas une vraie muse, t'es cependant un vilain petit museau ".
Puis il évoque, à propos d'une invitation au Club des 100, Marie LAURENCIN : " D'ailleurs, l'amour est mort aussi depuis ce temps là, et nous nous écrivons elle et moi gentiment, sans rien de trouble ou de troublant "... Il doit passer le 20 avril son examen " pour Brevet chef de section.
Bien pour le coeur, si c'est le vôtre, je l'adore, ce qui ne veut pas dire non plus que je vous aime à la folie. Quant à la sagesse, elle est la vérité même. Si vous croyez qu'un poilu comme moi qui suit un peloton difficile, qui étudie Mathéru pour artillerie, fait du cheval, a 18 volumes de théorie singulière et compliquée à apprendre, a le temps de penser à l'amour autrement que par lettres ". Quant à Nice [LOU] : " C'est fini, c'était pas ça, reste amitié, très grande amitié. […] Bons copains pas plus, mais profondément copains ça c'est vrai, mais pas amants le moins du monde puisque faut vous mettre points sur les i, ma petite camarade. Pourquoi, serai-je pas sage ? Alors suis un menteur. Mon cheval, n'avons plus que des américains du nord ou argentins pas dressés. C'est gai maintenant un départ, on manque se casser gueule chaque fois. Et les argentins sont si sensibles qu'il faut prendre garde pas les toucher de l'éperon. D'ailleurs, peur du tramway, des autos. Alors, une fois qu'on a maîtrisé la bête, vous parlez si c'est épatant, mais faut d'abord soutenir les sauts de mouton, les écarts et les cabrements. Tout ça vous embête, pas si rigolo que le colombier à Colombine. Ne comprends rien à votre flèche, aux classiques dont vous parlez. Et vous prie de me faire grâce de la mitrailleuse mais de me donner tous les baisers que vous voudrez, un artilleur en souhaite beaucoup. Je vous embrasse donc aussi et à bientôt, à la revoyure "...
Il termine par un quatrain :
" Vous embrasse le front et les tempes aussi
Enverrai le laurier dans la prochaine lettre
Et la lune si puis la décrocher aussi
Vous l'enverrai peut-être ".
Adjugé : 4 800 €
Lot 6
Lot 7
Guillaume APOLLINAIRE. ÉPREUVES en partie autographes de trois poèmes de Case d'armons, [juillet ? 1915] ; 2 feuillets doubles soit 8 pages in-8 (papier froissé, marques de plis, et petite déchirure sans manque sur chaque feuillet).
TRES RARES FEUILLETS D'EPREUVES, probablement uniques, d'une maquette préparatoire avant le tirage de juin 1915 de Case d'armons, polygraphiés par gélatine à l'encre violette sur papier quadrillé, avec des VARIANTES, rassemblant les poèmes Les Saisons, Le Servant des Dakars et La Nuit d'Avril 1915, recueillis en 1918 dans Calligrammes.
Imposés recto-verso, ces feuillets ont été en partie repassés à l'encre noire par Apollinaire lui-même sur les passages peu lisibles, avec notamment tout le début de La Nuit d'Avril 1915 entièrement autographes, avec une dédicace autographe en tête du Servant des Dakars : " A Mireille G.A. ". Ils ont été envoyés à Mireille Havet, et portent la trace des plis pour être glissés dans l'enveloppe.
Les Saisons est imprimé sur 2 pages recto-verso (une seule page dans Case d'armons), avec un ornement différent sous le titre ; le texte sera en outre légèrement modifié.
Le Servant des Dakars occupe les deux autres pages du feuillet, et les deux premières pages du feuillet suivant, soit 4 pages au lieu de 2 pages dans Case d'armons, où l'ordre des strophes sera modifié, et des variantes textuelles introduites. En tête du poème, Apollinaire a inscrit à l'encre noire la dédicace : " A Mireille G.A. ", et repassé à l'encre noire une vingtaine de mots peu lisibles. Le titre deviendra Les Soupirs du servant de Dakar dans l'édition de Calligrammes.
La Nuit d'Avril 1915 occupe les deux dernières pages du feuillet (une seule page dans Case d'armons), dont la première page est entièrement autographe, Apollinaire l'ayant entièrement repassée à l'encre noire (soit 14 vers).
ON SAIT QUE LA PLAQUETTE DE CASE D'ARMONS, TIREE A 25 EXEMPLAIRES, EST D'UNE RARETE INSIGNE. CES FEUILLETS D'EPREUVES SONT UN RARISSIME TEMOIGNAGE DE SON ELABORATION.
Adjugé : 3 600 €
Lot 7
Lot 8
Guillaume APOLLINAIRE. L.A.S. " G. de Kostrowitzky ", 20 juin 1915, à Mireille HAVET ; 2 pages in-4.
BELLE LETTRE DU FRONT. [L'artilleur est alors à Beaumont-sur-Vesle, près de Mourmelon-le-Grand (Marne).]
" Jeune Colombine en retraite, J'ai reçu votre lettre épatante. Décidément vous avez un sens exquis de l'art moderne. Ça c'est merveilleux, sans le savoir, vous cherchez ce que l'art populaire (est-ce populaire qu'il faut dire) produit pour me l'envoyer. Vous êtes, Mireille, une gonzesse de 1er ordre ! Vous aurez votre bague - je la fais... - J'ai pas beaucoup de temps pour vous écrire, parce que c'est sérieux. On a changé de secteur... Ah ! mes enfants... Si j'étais pas un homme, je serais mort. Mais, je dirais, tout de même, qu'on s'est aperçu que j'étais pas un con et je vais monter de grade. On risque peut-être pas autant dans l'artille que dans les bobosses mais c'est rudement plus compliqué, ma vieille copine à qui je réserve une dent, mais une dent pour Mireille qui vaudra pour Clara, pour Léoncine, pour Havet, pour de et pour Soyecourt. Tu n'y couperas pas ma vieille et tu peux le dire à ta sœur et à ta mère. Merci du petit paquet, charmant, délicieux. Mais faut rien m'envoyer, mes petits enfants. Rien. Je suis pas mal. N'y a que les obus et ce serait bien le diable ! Mais j'en ai reçu l'autre jour une pluie d'éclats pas ordinaire. Enfin, j'espère bien qu'on va me nommer logis. […] Vous demandez ce qu'on fait des Boches. Mais on n'en voit pas. Sans doute qu'ils n'existent pas. Les Boches c'est des trucs de 105, de 305, de 80 autrichiens, de 77. Et c'est quelque chose qu'on peut pas se figurer dans le civil ou bien en se mettant dans les pattes d'une jolie femme "...
Adjugé : 2 000 €
Lot 8
Lot 16
Paul VERLAINE (1844 - 1896)
Envoi manuscrit "à mon cher ami Jules Malhan bien affecteusement Paul Verlaine" 5 x 11 cm.
. Félix VALOTTON "A Paul Verlaine" portrait, épreuve 13,5 x 11 cm.
. Maurice B... portrait de Verlaine 10 x 11 cm.

Ces trois documents sont présentés dans un encadrement en bois naturel (41,5 x 19,5 cm.) avec 3 vues.

Aurait été offert par Verlaine à J. Rais. Conservé dans la famille depuis.

En moins d’un an et trois articles, Jules Rais sublime Verlaine, le poète Lorrain, sans nier les convulsions de sa vie puis sa conversion au catholicisme ; Verlaine reçoit un véritable appui où est exposé son art. Dans Souvenirs d’un messin, ses réminiscences messines, malgré les affectations de son capitaine de père durant la période 1844/51, suggèrent une continuité, alors qu’il ne passa en tout et pour tout qu’un an à Metz.
L’Ode à Metz, un long poème de 105 vers, tout à l’honneur de sa ville natale, participe à l’édification de la « Revanche ». Paul Verlaine convoque son art et alors déplore la perte de sa ville natale, fait l’éloge de la patrie avec des mots vengeurs et prophétiques.
Ainsi, écrit-il à Jules Rais : « Cher Ami, voici l’Ode… C’est chauvin n’est-ce pas ? Peut-être un peu enfantin, mais précisément je crois la note d’un messin optant. ». Verlaine avait opté pour la nationalité française, alors qu’il était à Londres avec Arthur Rimbaud, comme le choix en était proposé aux natifs d’Alsace Moselle.
Adjugé : 500 €
Lot 16
Lot 20
[Commandement de Lyon] Esprit Victor Boniface comte de CASTELLANE (1788-1862), maréchal de France. 7 pièces
L.A., Lyon, 27 octobre 1856, 4 pages in-4, adressée à sa fille Sophie marquise de Contades : « (…) Ta sœur et toi étiez fort bien installées à Compiègne, vous vous y êtes fort amusées. L'Empereur et l'Impératrice semblaient aussi très gais ; le petit Prince est magnifique, très fort. Ces bruits des maladies de la famille impériale sont des inventions des sociétés secrètes dans le but d'inquiéter les populations. (…) J'ai vu passer ici des détachements du nouveau régiment de chasseurs de la garde impériale, je ne connais pas leur uniforme ; mais j'ai pu juger leurs petits chevaux arabes, ils sont très beaux. Du moment que l'Impératrice ne reçoit pas le jour de sa fête, je n'irai pas à Paris vers le 15 novembre. J'y allais uniquement pour lui donner cette marque de respect et de dévouement ; cet empressement au lieu d'être agréable à leurs Majestés, pouvant être considéré comme déplacé, je m'abstiendrai. (…) Il y a de singulières choses en ce monde, j'ai donné à dîner il y a quelques jours à monseigneur de Charbonnel, évêque de Toronto en Canada, ville de 60 000 âmes, il a la bague de notre grand-oncle l'évêque de Mende, massacré et mort martyr au commencement de la révolution à Orléans. (…) Depuis 4 mois nos régiments d'infanterie, par suite des mouvements nécessités par la rentrée des troupes de Crimée, avaient été renouvelés ; j'ai donc eu pas mal à faire, ils sont maintenant très bien. J'ai de nouveau une belle armée. (…) Il y a dans cette armée de Lyon un grand esprit d'union, les anciens le communiquent aux arrivants, tous les officiers généraux sont bien entr'eux. L'Empereur a ici une armée où ses ordres seront toujours exécutés à la lettre, avec autant de promptitude que de dévouement… » - Copie du testament et des trois codicilles du maréchal de Castellane, 1857-1861, 8 pages in-fol. - 6 planches photographiques (env. 20 x 15 cm) contrecollées sur carton avec légendes imprimées, le tout relié in-fol., représentant vue perspective, plan et coupes du tombeau du maréchal situé à Caluire près de Lyon; envoi dédicacé et signé « A madame la comtesse de Beaulaincourt, hommage de profonds respects, Lyon, 1895, le colonel de génie, Duval ». - « Cahier d'écriture fait par le concours de plusieurs élèves des frères des écoles chrétiennes de Lyon » « dédié à monsieur de Castellane, général en chef, commandant la 6e division militaire, grand-croix de la Légion d'honneur », 33 pages manuscrites à la plume in-fol. pleine reliure - 2 portraits en tenue de maréchal, vers 1858, une lithographie sous cadre.

Joint : Lot d'héliogravures par Fillon & Heuse : 2 ex. de la « Messe militaire au camp de Santhonay » - 3 ex. « Le colonel de Castellane et les officiers du 5e hussards (Moulins 1821) - « Le comte de Castellane, colonel-major au 1er régiment des Gardes d'honneur, 1813 » ; Lithographie extrait de la biographie des hommes du jour « Le Lieutenant général comte de Castellane ».

Le général de Castellane, qui a repris du service, arrive à Lyon le 8 mai 1850, nouvellement nommé commandant supérieur des divisions de Lyon et Besançon par Louis-Napoléon Bonaparte. Au moment du coup d'état du 2 décembre 1851, il maintient l'ordre sans effusion de sang. Il est alors promu commandant en chef de l'armée de Lyon et de la 8ème division militaire. L'année suivante en 1852, il devient sénateur et reçoit la récompense suprême de maréchal de France.
« C'est alors un personnage de premier plan. L'Empereur prend souvent l'avis de Castellane, qui vient le voir plusieurs fois par an. Il forme à Lyon avec le préfet Vaïsse et le Cardinal de Bonald comme un triumvirat, qui va se consacrer à la rénovation et à la modernisation de Lyon (percement des rues de la presqu'île). Sur le plan militaire, il impose une discipline stricte et améliore l'entraînement des troupes par des exercices et manœuvres continuels. Sa résidence se situe rue Boissac, près de la place Bellecour, où il multiplie les prises d'armes et les défilés. Castellane crée le camp de Sathonay sur le plateau au nord de la ville qui est inauguré en juin 1853. Il fait aussi percer et aménager par le 2° Génie les voies d'accès au camp : la montée des Soldats côté Rhône et la montée Saint-Boniface, aujourd'hui montée Castellane, côté Saône, inaugurées en août 1856. Fin mai 1856 une inondation catastrophique du Rhône provoque de gros dégâts sur la rive gauche. Castellane envoie ses hommes participer aux secours. Le 2 juin Napoléon III vient lui-même à Lyon parcourir les quartiers sinistrés et Castellane l'emmène visiter le camp de Sathonay. Selon son vœu, Castellane est enterré à Caluire dans la chapelle Saint-Boniface, construite de son vivant [par ses soldats du camp de Santhonay], à mi-pente de la montée qui porte maintenant son nom. Dans le monument un grenadier et un dragon veillent sur une simple dalle sur laquelle est gravé : "Ci gît un soldat".» (Extraits du musée d'histoire militaire de Lyon)
Lot 20
Lot 21
[Correspondance passive] Esprit Victor Boniface comte de CASTELLANE (1788-1862), maréchal de France. 66 pièces.
66 L.A.S. et L.A., correspondances reçues, sujets familiaux, militaires et politiques, 1813-1852, dont : 2 L.A. de Boniface Louis André de CASTELLANE, marquis (1758-1837), son père, du 26 septembre 1824 et du 20 août 1830, évoquant la fuite du roi Charles X et des conséquences désastreuses pour la France - 9 L.A. d'Alexandrine Charlotte Rosalie de ROHAN-CHABOT, duchesse de la Rochefoucauld (1763-1839), seconde épouse du marquis de Castellane, sa belle-mère, 1813-1835 - 9 L.A. d'Esprit de CASTELLANE, vicomte (1763-1838), oncle du maréchal, de Marseille, 1829-1832 - 11 L.A. de Jeanne Pauline RANDON de PULLY (1776-1859), épouse en secondes noces de Pierre Raymond d'AUBUSSON, mère de Cordélia GREFFUHLE, 1826-1834 : " Paris 28 août 1830 (…) la physionomie de Paris devient chaque jour meilleure. Nous finirons j'espère par reprendre tout à fait notre assiette mais il ne faut pas se flatter que les salons soient agréables. Dans la plupart il faut subir la lamentation obligée, puis l'éloge des malheureux princes dont la bonté toutefois ne ménagerait pas les coups de fusil et de canon à ce que l'on ne peut s'empêcher d'observer parfois. Ensuite vient la résignation au gouvernement établi. On est tenté de parler à la Benjamin Constant, mais cependant on a la délicatesse de se retenir… ", " Paris 21 octobre 1831 (…) voilà que ne se contentant plus de la guerre et du choléra, les journaux ajoutent la menace de la peste. Les gens qui s'y connaissent font l'itinéraire du choléra et le promettent pour le mois de mars. J'ai moins peur de lui que de l'anarchie… " - L.A.S. d'Henri Jean Victor de ROUVROY de SAINT SIMON (1782-1865), général, de Rennes, 1818 - L.A.S. de Léonard-Sylvain de LA CELLE, vicomte de Châteauclos, officier aux gardes françaises, 1821, avec réponse du comte de Castellane, " colonel du régiment des housards du Bas-Rhin " - 2 L.A.S. de Antoine Charles comte de GONTAUT-BIRON (1776-1840), et son épouse Adéläide de ROHAN-CHABOT, dame d'honneur de la duchesse de Berry, 1822 et 1823 - L.A. d'Anne Louise Elisabeth de MONTMORENCY (1771-1828), duchesse de Rohan, 1826 - 3 L.A.S. d'HITIER, précepteur d'Henri de Castellane, son fils aîné, de Marcenat [château d'Aubijoux], 1829, lui rapportant l'attitude de son élève durant les cours dispensés - L.A.S. de François BAUSSET (1764-1841), député légitimiste, 1830, évoquant la préparation de l'expédition militaire en Algérie : " (…) je ne suis pas fâché de ne pas te voir au nombre des chevaliers de la nouvelle croisade. Cette espèce de campagne commence d'une façon aussi brillante que celle de Russie. Gare de retour ! Mes souvenirs historiques me disent que jamais nos campagnes d'Outre-mer n'ont été heureuses. Nous verrons si Godefroi de Bourmont s'en tirera mieux que nos anciens paladins… " - 2 L.A.S. de Marie Gérard Louis Félix Rodrigue Des Balbes de BERTON (1782-1870), duc de CRILLON, 1827, et de son épouse Françoise Victurnienne Zoé de ROCHECHOUART de MORTEMART (1787-1849), duchesse de Crillon, 1831, s'inquiétant des troubles intérieurs et des bruits de guerre - L.A.S. d'Antoine LEFEBVRE de VATIMESNIL (1789-1860), député, 3 août 1830, relatif à une candidature du comte de Castellane aux élections législatives. - 2 L.A.S. d'Emmanuel DESPINOY (1795-1843), officier d'état major lors de l'expédition de Constantine : " Bône, 27 avril 1837 (…) Vous ne paraissez pas croire beaucoup à l'expédition de Constantine (…) Les Arabes ont repris leurs habitudes aventureuses et le cours de leurs cruautés, momentanément suspendus par la mauvaise saison. Ils viennent exprès de Constantine, c'est-à-dire de 40 lieues, à travers des tribus qui leur sont hostiles, pour enlever des chevaux du génie au milieu des parcs. Dernièrement ils se sont glissés dans une forêt comme des bêtes sauvages à la suite d'une cordée pour le bois, et ont décapité un malheureux soldat des tirailleurs d'Afrique qui s'était un peu écarté de ses camarades. (…) La peste continue ses ravages dans la région de Tripoli. Le Bey de Tunis a fait doubler les cordons sanitaires… ", " Medjez Hammar, 28 août 1837 mon général, les négociations qui avaient été rompues, ont été reprises et poursuivies activement (…) Il est facheux seulement que les malades nous déciment. Nos hôpitaux regorgent sur tous les points de nos possessions. Alger lui-même n'est pas épargné. … " - L.A.S. Edmond JURIEN de la GRAVIERE (1812-1892), vice-amiral, Paris 2 décembre 1846 comparant la marine française et anglaise. - etc.
Adjugé : 700 €
Lot 21
Lot 25
Sophie de CASTELLANE (1818-1904), marquise de Contades, puis comtesse de Beaulaincourt, fille du maréchal de Castellane.
Bel ensemble de + de 1330 L.A.S., L.A. ou P.A.S., 1879 à 1892, adressées en majorité à sa sœur Pauline de CASTELLANE duchesse de Talleyrand-Périgord, et une dizaine à son fils " adultérin " Alain de MERIONNEC. Importante correspondance écrite de Paris et des lieux de villégiature (Nice, Londres, Bagnières de Luchon, Biarritz, La Bourboule, Madrid, Lisbonne, Berlin, etc) dans laquelle elle relate abondamment les " cancans " mondains parisiens et ceux du ghota européen, et commente avec passion les affaires politiques de l'époque, dont lors du décès et des obsèques du prince impérial en 1879 à Londres auxquels elle a participé, des périodes d'élections en France : " 23 janvier 1883 (…) La République ne tient qu'à un fil. Mais le fil est maintenu et le sera longtemps par la division des conservateurs. Les Bonapartistes très réchauffés considèrent la dernière affaire comme bonne. Le Prince Napoléon est le seul qui ait osé quelque chose ce qui est singulier ! Les Orléanistes sont mécontents de la timide action de leurs princes. Le fait est qu'ils n'ont envie de rien risquer. En outre ils sont au moins aussi révolutionnaires que le Prince Napoléon et plus plats envers la canaille. Quant au comte de Chambord n'ayant pas eu le courage d'agir en 48, ni après la dernière révolution, il n'est pas probable qu'il s'y mette. M. de Charette qui se croit si fort ne pourrait soulever un régiment. En outre on est loin de s'entendre dans le parti royaliste. En outre le peuple n'aime pas les d'Orléans, il le trouve intéressés. M. le comte de Paris me paraît d'une nullité avérée… " ; " 14 mars 1883 Ma chère Pauline, je crois que l'agence Havas a présenté les choses plus agréablement qu'elles ne se sont passées. Il n'y a pas à se dissimuler la gravité de la situation et le grand fait dernièrement. Je te félicite d'être à l'étranger. Les conversations sont ici de l'espèce la plus pénible. Les donneurs de mauvaises nouvelles, les faiseurs d'effets, les sonneurs de tocsin s'évertuent et hélas ils sont d'autant plus à supporter qu'ils disent la vérité. Ce qui rend la situation douloureusement pénible. C'est que les anarchistes ont à exploiter les maux véritables. La misère est grande pour beaucoup (…) En outre la frayeur d'en mêlant, les étrangers s'en vont ou ne viennent pas. On envoie ses collections ou ses diamants à l'étranger. Les magasins sont vides. Le commerce grand et petit traverse une grosse crise. On ne commande rien. (…) l'autre jour on ne croyait de sérieux la manifestation des Invalides. Pendant ce temps l'Elysée a failli être enlevé. Il s'est trouvé heureusement un chef de police qui a fait mettre en travers des omnibus sur la voie ce qui a donné le temps à du renfort d'arriver. Les gens de police disent que si un coup de feu était tiré, les conséquences seraient plus que graves… " ; " 26 janvier 1885 (…) Les élections sont déplorables. Pendant que l'on se dispute entre les conservateurs, une puante marée va toujours montant et nous asphyxiera un de ces jours et le gouvernement actuel sera soufflé pour un plus radical. Parmi beaucoup de ces députés marqués seulement républicains sur les listes, il y a des radicaux et des socialistes. Le sénateur de Paris Martin est de la pire espèce… " ; etc.

Grande amie de Mérimée et de l'impératrice Eugénie, Sophie de Castellane tenait un salon littéraire et diplomatique réputé à Paris. Femme d'esprit, Proust s'en inspira pour créer Madame de Villeparisis dans son roman " A la recherche du temps perdu ".
Adjugé : 2 100 €
Lot 25
Lot 26
Pauline de TALLEYRAND-PERIGORD (1820-1890), 6 pièces
L.A.S., de Florence, 26 juin 1839, 8 pages in-12 et 1 page in-4, adressée à sa belle-sœur Sophie de CASTELLANE : " (…) Les fêtes de la Saint Jean sont fort gaies ; mais sont interrompues par la maladie d'un des fils du Gd Duc ; nous avons été présentés à ce dernier, ainsi qu'à sa famille. Nous avons diné hier chez les Fox ministre d'Angleterre. Ils sont fort aimables et habitent une superbe maison et arrangée le mieux du monde. Il y a quelques jours Jérôme Bonaparte (le Prince de Montfort) nous a donné à diner dans sa villa près de Florence ; la maison est grande, belle et la vue surtout en est ravissante. Jérôme est poli, aimable et il a même un certain air noble ; sa fille la princesse Mathilde est belle et agréable et fait très bien les honneurs chez son père. Vous savez que Florence est la ville des fleurs… " - L.A.S., d'Aubijoux (Cantal), 12 juin 1842, 3 pages in-4, adressée à l'abbé Dupanloup, supérieur du petit séminaire à Paris, son confesseur. Elle le prie de bien vouloir venir jusqu'à son château d'Aubijoux afin de la soutenir dans l'épreuve qu'elle endure depuis plusieurs jours, son mari Henri de Castellane, étant gravement malade : " (…) Vous savez que mon affection pour lui est sans borne, que sa vie fait ma vie. Enfin que je l'aime de toutes les forces de mon être… " - Partie de L.A.S., 2 pages in-8 et 1 page ¼ in-4 datée de 1848 adressée à l'abbé Dupanloup. - Cahier de 97 pages manuscrites in-4 de confessions, de pénitences et de prières écrites par Pauline de TALLEYRAND-PERIGORD : " (…) Lorsque je regarde au fond de moi même oh mon Dieu, je trouve ce jugement de ma triste nature juste et équitable. Lorsque je me rappelle les nombreuses fautes de mon enfance et de ma jeunesse ; les abominables colères qui m'étaient si habituelles ; ma presse, mes trahisons, ma cruauté, ma vanité, mes tendances vers la frivolité et vers la coquetterie (…) Le seul moyen de venir à bout de moi dans mon enfance, était de me dire que mes colères ou telle autre faute feraient de la peine à mon bon oncle. [le prince de Talleyrand] Je ne sais ce que j'en aurais mieux aimé que de le peiner. Sa présence me calmait aussitôt ; si bien que jamais il n'est parvenu à me voir dans aucune des cruelles scènes que je faisais à mes bonnes, à peine apparaissait-il que je redevenais douce et tranquille (…) Ma 1ère communion s'est faite lorsque j'avais 13 ans, ma 1ère confession avait eu lieu 4 mois avant environ (…) Puis le mariage : le démon pendant ces 8 années a fait pour s'emparer de cette âme et à jamais des efforts inouïs dont nous ne saurons le mystère que dans l'éternité. Je ne puis y penser sans horreur (…) 4 mois après ma 1ère communion je revins en France (…) ma pieuse amie, véritablement sœur de choix Marie Suchet m'amena à M. l'abbé Dupanloup et tout de suite je trouvai une autorité, une charité et une sainteté qui prirent sur mon âme un ascendant… " - Testament manuscrit de Pauline de Talleyrand-Périgord, marquise de Castellane fait à Rochecotte et daté du 12 février 1890, 15 pages in-fol. avec paragraphe et signatures de sa main : " Devenue trop souffrante, trop infirme pour pouvoir écrire avec ma propre main plus de quelques lignes, et me fiant d'ailleurs à la délicatesse de mes enfants pour accomplir ce qu'ils sauront parfaitement être mes désirs bien que pas légalement exprimés, je vais énumérer en les dictant les souvenirs que je tiens qui soient remis en mon nom aux diverses personnes que je vais indiquer… " Elle lègue entre autres à la chapelle de Rochecotte tous les ornements qui en dépendent, divers objets et meuble provenant du prince de Talleyrand (montres, bonbonnière bijoux, portefeuille, bureau…), les décorations du maréchal de Castellane, etc.

Joint : L.A.S., 29 juillet 1868, Félix DUPANLOUP (1802-1878), évêque et confesseur de Pauline de Talleyrand-Périgord, 3 pages petit in-4.
Adjugé : 600 €
Lot 26
Lot 28
[Etats-Unis] Marie Thérèse de SOLMS BLANC (1840-1907), mieux connu sous le nom de plume de Thérèse BENTZON, romancière. Env. 40 pièces.
Env. 40 L.A.S. ou L.A., 1897-1902, adressées à Sophie de CASTELLANE. Intéressante correspondance dont plusieurs lettres envoyées lors de son second voyage aux Etats-Unis en 1897 ou de son voyage en Russie en 1901, extraits : " Baltimore Chère madame je vois que la légende commence à se mêler à l'histoire pour ce qui me concerne (…) Je n'ai et ne parlerai jamais en public de ma vie. Le fait est qu'on m'a demandé plusieurs fois de dire un mot dans ces innombrables clubs auxquels appartiennent toutes les dames américaines et que j'ai toujours refusé sauf pour remercier brièvement de ma place du bon accueil qu'on me faisait, une seule fois à Harvard j'ai consenti pour être agréable à la veuve du grand naturaliste (…) à lire aux étudiants du club français quelques lettres de George Sand, les lettres qu'elles m'avait adressées autrefois sont très belles et renferment beaucoup de conseils intéressants pour les filles résolues à prendre une carrière (…) A New-York la vie mondaine m'avait un peu trop prise : dîners, théâtres, etc mais à Philadelphie j'ai retrouvé l'Amérique quakeresse et puritaine avec tous ses grands commencements historiques (…) je suis allée rendre mes devoirs à ce grand prélat libéral Mgr Gibbons qui, avec le pape, me paraît la plus remarquable figure de ce temps-ci. Il m'a reçue d'une façon charmante, s'intéresse aux femmes qui travaillent, ne craint pas la science et ne peut comprendre qu'en France l'église se croit obligée de bouder la république. elle ne serait pas catholique, elle ne serait pas universelle a-t-il dit si elle ne savait s'adapter à toutes les institutions humaines (…) L'église de couleur prospère en ce moment très encouragée. Il y a des prêtres et des religieuses noires tout à fait intéressants… " - " Saint Pétersbourg 30 octobre (…) De fait rien ne m'a intéressée que Moscou ; c'est la plus bizarre de toutes les villes, une espèce de village immense où les palais côtoient les cabanes, où tous les costumes et tous les types se donnent rendez-vous, où une espèce de muraille chinoise, crénelée, fortifiée, entoure et garde toutes les curiosités historiques de l'Empire. Un pays qui n'a jamais eu de révolution possède intacts les souvenirs du passé ; rien ne s'est jamais perdu les trésors du Kremlin, toute l'histoire de Russie se déroule dans ces appartements sous air enluminés comme les potiches (…) Ce n'est qu'une grande belle capitale à l'instar de Paris ou de Londres et cependant quelles matinées je passe à l'Ermitage dans ces galeries, assez peu nombreuses en somme, mais où tout est de premier ordre. Il ya une Vierge du Connétable de Raphaël et une Madone Lita de Léonard de Vinci que je voudrais vous porter et les Velasquez qui vous rappelleraient Madrid et les plus beaux Rembrandt du monde… " - etc.

Auteur de nombreux romans et de traductions, Thérèse Bentzon fut la principale interprète de l'activité littéraire américaine en France à la fin du XIXe siècle. En 1893, le directeur de la " Revue des deux mondes " la chargea d'aller mener une enquête sur place aux Etats-Unis sur les conditions de vie de la femme américaine, non plus seulement les mondaines, mais de toutes les classes de la société. Elle fit un second voyage en 1897 avec le directeur de la Revue. Amie de Mrs Field de Boston et de Sarah Orne Jewett, femmes de lettres les plus célèbres à l'époque, elle les reçut en 1898 dans sa belle propriété de la Ferté-sous-Jouarre, voisine de celle de Sophie de Castellane à qui elles rendirent visites.
Adjugé : 600 €
Lot 28
Lot 36
[Photographies de famille - Souvenirs] Lot de + de 300 photographies, seconde moitié du XIXe - début XXe siècles.
Réunion de tirages photographiques ayant appartenu à la famille de Castellane, divers formats et diverses époques. Une grande partie à identifier. En l'état.
Chapelle de Rochecotte - château d'Aubijoux - Maison de Famille des Talleyrand à Périgueux - Château de Valençay sous la neige - Jardin du château du Lude - Calèches dans le parc de Chenonceau - environ une vingtaine de clichés représentant des tableaux et œuvres d'art conservés au château de Villandry - 11 tirages format carte de visite de portraits de la famille impériale et personnages du Second Empire - " Figaro Album " (album en mauvais état, dérelié) regroupant environ 100 portraits photographiques, format carte de visite, représentant diverses personnalités de la Troisième République : Mac-Mahon, Général Uhrich, Gambetta, Génaral Trochu, Monseigneur Dupanloup, Arago, Emile de Girardin, George Sand, Alexandre Dumas, Dennery, Victorien Sardou, Gaboriau, Thiers, Rosa Bonheur, Gustave Courbet, Gustave Doré, Charles Garnier, André Gill, Listz, Gounod, Michelet, Princesse Metternich, Comtesse Pourtales, Ferdinand de Lesseps, Baron Haussmann, La Patti, Sarah Bernhardt, Marie-Laurent, Frédéric Lemaitre, Got, Delaunay, Faure, etc. Vers 1875. - petit album (en l'état) contenant 22 portraits photographiques, format carte de visite, 1860-1880. A identifier. - petit album de 12 clichés photographiques d'une cérémonie de mariage d'un officier Saint-Cyrien, années 1920-1930. - Album de 96 clichés photographiques de paysages et monuments pris par Emilio Terry lors de son voyage en Italie et en Suisse, vers 1900. - Env. 65 clichés photographiques de monuments et de paysages : Paris, Touraine, montagnes, etc. - Env. 70 tirages photographiques, 1880-1900, contrecollés sur carton, en mauvais état (pliures, déchirures), représentant des personnages (Pauline de Castellane, duchesse de Luynes, duc d'Ayen, comte de Puységur, roi de Naples, Abbé Seignan, duchesse de Bisaccia, etc) ainsi que des vues de monuments et de paysages en France et en Suisse. - etc.
Adjugé : 600 €
Lot 36
Lot 54
PLACIDE POUSSIELGUE-RUSAND. ENSEMBLE d'ACCESSOIRES LITURGIQUES en vermeil ciselé et filigrané comprenant un CIBOIRE, un CALICE et sa PATÈNE dans leur écrin. Le calice et le ciboire au décor similaire reposent sur un pied circulaire en forme de lys épanoui, chaque pétale séparé par une pierre fine montée en cabochon. Le fût godronné orné de deux noeuds, l'un figurant des fleurs stylisées, une pierre de couleur pour le pistil. Le décor du pied est repris par les coupes et le couvercle du ciboire . Ce dernier sommé d'un orbe, porte sous son pied la mention "Hommage posthume de Henriette Larcher 1860". La patène en vermeil de deux tons blanc et jaune porte le monogramme christique "IHS" ceint d'une arcade gothique.
Poinçon Minerve, style troubadour, époque Napoléon III.
Haut du ciboire. 22,5, Haut du calice. 24,5, Diam de la patène. 14 cm, Poids brut total : 1035 g.
Dans un écrin gainé de cuir.

Provenance : chapelle du château de Rochecotte (souvenirs relatifs aux familles de Talleyrand et Castellane)

Placide POUSSIELGUE-RUSAND (1824-1889) étudia dans sa jeunesse les ouvrages des pères Martin et Cahier archéologues médiévistes. Une fois orfèvre, il s'en inspirera pour créer de fabuleux services liturgiques lorsqu'il reprendra en 1849 la maison Choiselat-Gallien. Son travail sera récompensé à chaque Exposition iInternationale de 1851 à 1878. Il sera même nommé orfèvre Papal. Ses créations se retrouvent dans de nombreux musées, comme le musée d'Orsay.
Adjugé : 950 €
Lot 54
Lot 70
Laurent CEILLIER (1887-1925), ses travaux de recherche et d'apprentissage
Lot de documents musicaux contenant divers travaux de recherches et d'érudition, notes manuscrites, articles et publications, 1er quart du XXe siècle, dont : programmes et annonces de concerts, début XXe - Notes sur Bach - Extraits d'articles écrits par L. Ceillier dans la revue Le Guide du Concert (11 n° et + de trente feuillets) 1920-1924 - Le Guide du Concert, numéro hors-série consacré à Camille SAINT SAËNS contenant un article de L. Ceillier : " Personnalité et évolution de Saint Saëns " - Ouvrage de Laurent Ceillier : " Roger-Ducasse, le musicien, l'œuvre " Paris, éd. Durand, 1924, en l'état - Cahier de notes manuscrites, tableau chronologique détaillé de la vie et l'œuvre de Robert Schumann - Cahier de notes manuscrites extraites de l'ouvrage d'André Piro : " L'orgue de J. S. Bach ", avec dédicace de l'auteur : " Hommage reconnaissant de l'auteur à Monsieur Ceillier - André Piro 12 février 1914 " - Coupures de presse, invitations et programmes de concert en 1921 - + d'une centaine de notes manuscrites et articles imprimés, fragments de partitions musicales - 3 petits carnets de compilation de notes manuscrites sur divers thèmes (harmonie, curiosités musicales, vieux Paris musical, J. S. Bach, etc), écrits en 1916 et 1917 - Cahier ayant pour titre " Harmonie " de 21 pp manuscrites à l'encre bleue - 4 cahiers in-fol. contenant des extraits d'articles de revues écrits par L. Ceillier entre 1912 et 1923 - Env. 70 fiches manuscrites (au verso de faire-parts) sur divers thèmes d'études relatifs à la musicologie, histoire de la musique, analyse du langage musical. - Programme dédicacé par Tatiana de Sanzewitch et affiche du concert donné le 1er mars 1924 à l'École Normale de Musique de Paris - Programme du cycle des concerts " des chefs-d'œuvre du piano au XIXe siècle " donnés et organisés par Alfred Cortot en mai 1924. - 2 cahiers de notes manuscrites titrés " Révision des principes de l'harmonie " (1907) - Cahier avec notes manuscrites titré " Notes sans valeurs " (1909) - Cahier de " Cours d'analyse harmonique ", École Normale de Musique de Paris, 1919 - etc.

Joint : 8 tirages photographiques dont 4 photos de groupe à l'École Normale de Musique de Paris.
Adjugé : 300 €
Lot 70
Lot 70
Laurent CEILLIER (1887-1925), ses travaux de recherche et d'apprentissage
Lot de documents musicaux contenant divers travaux de recherches et d'érudition, notes manuscrites, articles et publications, 1er quart du XXe siècle, dont : programmes et annonces de concerts, début XXe - Notes sur Bach - Extraits d'articles écrits par L. Ceillier dans la revue Le Guide du Concert (11 n° et + de trente feuillets) 1920-1924 - Le Guide du Concert, numéro hors-série consacré à Camille SAINT SAËNS contenant un article de L. Ceillier : " Personnalité et évolution de Saint Saëns " - Ouvrage de Laurent Ceillier : " Roger-Ducasse, le musicien, l'œuvre " Paris, éd. Durand, 1924, en l'état - Cahier de notes manuscrites, tableau chronologique détaillé de la vie et l'œuvre de Robert Schumann - Cahier de notes manuscrites extraites de l'ouvrage d'André Piro : " L'orgue de J. S. Bach ", avec dédicace de l'auteur : " Hommage reconnaissant de l'auteur à Monsieur Ceillier - André Piro 12 février 1914 " - Coupures de presse, invitations et programmes de concert en 1921 - + d'une centaine de notes manuscrites et articles imprimés, fragments de partitions musicales - 3 petits carnets de compilation de notes manuscrites sur divers thèmes (harmonie, curiosités musicales, vieux Paris musical, J. S. Bach, etc), écrits en 1916 et 1917 - Cahier ayant pour titre " Harmonie " de 21 pp manuscrites à l'encre bleue - 4 cahiers in-fol. contenant des extraits d'articles de revues écrits par L. Ceillier entre 1912 et 1923 - Env. 70 fiches manuscrites (au verso de faire-parts) sur divers thèmes d'études relatifs à la musicologie, histoire de la musique, analyse du langage musical. - Programme dédicacé par Tatiana de Sanzewitch et affiche du concert donné le 1er mars 1924 à l'École Normale de Musique de Paris - Programme du cycle des concerts " des chefs-d'œuvre du piano au XIXe siècle " donnés et organisés par Alfred Cortot en mai 1924. - 2 cahiers de notes manuscrites titrés " Révision des principes de l'harmonie " (1907) - Cahier avec notes manuscrites titré " Notes sans valeurs " (1909) - Cahier de " Cours d'analyse harmonique ", École Normale de Musique de Paris, 1919 - etc.

Joint : 8 tirages photographiques dont 4 photos de groupe à l'École Normale de Musique de Paris.
Adjugé : 300 €
Lot 70
Lot 71
Laurent CEILLIER (1887-1925), ses compositions
- Album à l'italienne contenant + de 100 feuillets in-fol . sur papier de 26 lignes, manuscrit musical autographe intitulé " Cahier d'esquisses - 1899-1911 (1er cahier) (n°1 à 500) " avec signature du compositeur à " Saint Lô, 1er janvier - 1er feuillet 1910 ". Laurent Ceillier a recopié et réuni dans ce recueil tous les incipits de ses propres compositions depuis l'âge de 12 ans jusqu'au mois d'octobre 1910.
On y joint un cahier de 92 pages contenant des notes manuscrites chronologiques et portant le titre " Notes complémentaires au cahier d'esquisses musicales - (Notes personnelles) " avec signature du compositeur daté " à Saint Lô 10 juillet 1910 ". Chaque note renvoie aux morceaux composés numérotés précisant le lieu, la date et le contexte de l'exercice ou de l'œuvre. On y découvre chronologiquement les lieux de vie de Laurent Ceillier entre 1899 et 1910 : les domiciles successifs de ses parents (Evreux, Paris rue de Pigalle, puis rue Hautefeuille), les lieux de ses vacances (Vannes, Rothéneuf), son affectation durant le service militaire (Saint Lô). Ses annotations nous précisent qu'il a eu comme professeur en cours privé Roger-Ducasse, sous l'œil vigilant de Gabriel Fauré : " n°18, 14 mai 1900 : Montré à Fauré avec plusieurs autres dans l'orgue de la Madeleine quelques mois après les premières leçons de Ducasse, et noté sur la feuille par maman : Fauré trouve très drôle cette idée de basse continue. "
- 3 ex. imprimés de " Prélude, Lude, Interlude et Postlude pour le piano ", Paris, Durand, 27 pp. in-fol. dont un avec dédicace signée : " A celle à laquelle je sois tout ce que je fais. Tendrement/Laurent Cellier/10 décembre 1913 "
- " Barcarolle en La mineur pour piano ", 4 manuscrits musicaux autographes signés (1912) et un ex. imprimé, Paris, Durand, 1921.
- " Pièces pour Anne-Marie ", manuscrit musical autographe signé et 3 ex. imprimés, Paris, Durand, 1912
- " Choral Obstinato pour voix d'enfants et voix d'hommes avec accompagnement d'orgue " : deux manuscrits musicaux autographes, 1906 et 1911, et un ex. imprimé, Paris, Durand, 1912
- Plusieurs manuscrits musicaux autographes signés : " La chanson des Marionnettes " (1910) - " Le Toqué " (1910) ; " Il est venu le petit oisillon " (1911), " Pastorale de Noël pour orgue " 2 ex. (1913), " Sérénade pour une enfant brune - Piano et violoncelle " 2 ex. (1912 et 1921) - " Choral Puer natus in Bethléem " (1906-1907) - " Une histoire qui ne finit jamais "
- Petit album à l'italienne 39 feuillets, manuscrit musical autographe signé et titré " Etude de la Fugue (classe Gédalge 1910) "
- diverses partitions composées ou transcrites, dictées, brevets. A découvrir.
Adjugé : 500 €
Lot 71
Lot 72
Sont présentés aux enchères plusieurs partitions manuscrites que Fauré composa lors de son séjour en Bretagne. Après avoir suivi de longues années d'études à l'École Niedermeyer à Paris, le jeune Fauré est nommé organiste de la Basilique Saint-Sauveur de Rennes en octobre 1865. Jean-Michel Nectoux, auteur de la biographie " Gabriel Fauré, les voix du clair-obscur " rappelle que : " Gabriel Fauré se fit également connaître de la bourgeoisie rennaise en donnant des leçons de piano et d'harmonie, complément indispensable à son modeste salaire d'organiste. Il y eut bien des difficultés dans les premiers temps, dues à la jeunesse et à l'aspect séduisant du professeur, mais très vite il se fit des amis, en particulier les Leyritz dont les deux filles, Valentine et Laure, conservèrent, en même temps que des souvenirs émus, quelques œuvres de leur jeune professeur, parfois même écrites de sa main : une Gavotte en ut dièse, à deux mains, un intermède symphonique en fa, transcrit à quatre mains, une Fugue en la mineur, un Prélude et fugue en mi mineur, œuvres écrites durant ses années d'étude (les fugues en particulier). Laure de Leyritz reçut la dédicace de la Deuxième des trois Romances sans paroles, quant à sa sœur, Valentine, Fauré lui destina une brève cadence pour le concerto en ut mineur de Beethoven qui lui fera travailler les trilles. "


Gabriel FAURÉ (1845-1924), 1 pièce
Manuscrit musical autographe signé intitulé " Gavotte " (mi M) pour piano, datée en tête " 16 mai 1869 ", [1] + 3 pages ½ in-fol., à l'encre brune, sur papier à 18 lignes.
La Gavotte pour piano sera insérée dans la " Suite d'orchestre " op. 20 en 1872-1873, et en 1918 dans " Masques et bergamasques " op. 112.
Adjugé : 1 200 €
Lot 72
Lot 77
Gabriel FAURÉ (1845-1924), 9 pièces
L.A.S., s.d., 1 page in-8, adressée à Laurent Ceillier : " Mon cher ami je suis souffrant ; rien de grave, mais la nécessité d'observer un repos absolu (…) Je vous charge de mes bien affectueux souvenirs pour votre mère et votre tante. J'étais plus brillant de santé au temps où elles arboraient de beaux chapeaux à plumes blanches pour écouter les musiciens du colonel de Vassoigne !... " - L.A.S., 10 novembre 1922, avec enveloppe timbrée et cachetée, 1 page in-8, adressée à Laurent Ceillier, suite au décès de sa mère Valentine de Leyritz épouse de Georges Ceillier [Gabriel Fauré était un ami proche de la famille de Leyritz lorsqu'il était organiste de la basilique Saint Sauveur de Rennes entre 1865 et 1870] : " Mon cher ami j'adresse de tout à cœur à votre tante Leroy des Closages, à votre frère et à vous-même mes biens profondes, bien sincères condoléances. Vous savez quels souvenirs affectueux et reconnaissants j'ai gardé et je garde toujours de cette chère maison de Rennes… " - Carte postale écrite de Lugano, 30 septembre 1911, avec texte et signature au verso, adressée au couple Ceillier - Lettre imprimée à en-tête du " Conservatoire national de musique et de déclamation ", datée du 30 novembre 1906, annonçant l'admission de Laurent Ceillier comme élève de contrepoint dans la classe de M. Gédalge. - Portrait photographique, par Nadar Paris, 23,5 x 16,5 cm, avec dédicace signée manuscrite : " à Laurent Ceillier, au fils d'anciens et très chers amis, très affectueux souvenirs, 1922 " - Carte de visite avec mention manuscrite - Carte imprimée de remerciement de condoléances - Carte postale à l'effigie de Fauré avec au verso envoi manuscrit signé " à Laurent Ceillier " - Photo, 6,5 x 11 cm, représentant G. Fauré et le compositeur suisse Arthur Honegger (1892-1955), assis sur un banc ; [à Annecy-le-Vieux le 25 août 1923].
Adjugé : 600 €
Lot 77
Lot 78
Gabriel FAURÉ (1845-1924), 3 pièces
P.A.S., s.d. [entre 1891-1898], 1 page ¼ in-12 : " Mon cher ami, Mme Bardac (30 rue de Berri) me télégraphie qu'elle voudrait vous avoir à dîner ce soir. Vous avez jusqu'à 8h ¼ pour arriver. Vous me trouverez M. et Mme Maddison aussi, donc en pays de connaissance… ". Dans cette invitation sont réunis les noms des deux maîtresses de Gabriel Fauré : Emma Bardac, demeurant en son hôtel particulier 30 rue de Berri à Paris, cantatrice et épouse à dix sept ans de Sigismond Bardac, banquier, et en 1908 du compositeur Claude Debussy ; Adela, compositrice et épouse de Frederik Maddison, lequel couple anglais joua un rôle majeur pour la carrière de Gabriel Fauré sur la scène londonienne. - L.A.S., s.d., 1 page in-8 : " Merci de ne pas nous oublier nous, les négligents, mais les très occupés aussi ! Il faudrait pouvoir vivre le double ! Mes fils sont des " amours " tout simplement : au moral, au physique, ils sont exquis. Je ne sais pas s'ils sont musiciens : je ne leur ai pas jamais demandé !... " Gabriel Fauré se marie en 1883 à Marie Frémiet, fille du sculpteur, avec qui il a deux fils : Emmanuel né en 1883 et Philippe né en 1889. - Branche végétale séchée enveloppée dans une feuille de papier avec mention manuscrite " Cueilli sur le tombeau de Robert Schumann, (rapporté par notre professeur Gabriel Fauré, organiste à St Sulpice) " accompagné d'un billet manuscrit signé de Gabriel Fauré : " Cueilli sur la tombe de Robert Schumann " ; présent offert à la famille de Leyritz entre 1865 et 1870.
Adjugé : 200 €
Lot 78
Lot 79
Jean ROGER-DUCASSE (1873-1954), correspondance avec la famille Ceillier, 14 pièces
Réunion de 13 L.A.S. et P.A.S, adressées à Valentine de Leyritz et à son fils Laurent Ceillier, entre 1900 et 1913, dont : " [15 mai 1900] Chère madame me voici de retour de Compiègne, refusé à l'examen de Rome : ce sera donc pour 1901… " - " [février 1901] Mon cher enfant, je vous ai attendu hier samedi, convenu avec Mme Leroy des Closages. J'attends donc un mot de vous, constatant avec effroi que depuis octobre, vous avez pris 4 leçons soit une leçon par mois… Je compte sur une régularité plus heureuse dorénavant. " - " [septembre 1903] Chère madame (…) Vous savez que je n'ai jamais eu aucun doute sur l'orientation de Laurent : il me paraît très capable de faire une carrière musicale sérieuse et en vrai artiste. Il a sucé de bonne heure près de vous les principes sérieux du véritable art que j'ai simplement continués. Je vous ai dit aussi combien l'harmonie, telle qu'on la désapprend au conservatoire, était un jeu dangereux conduisant au jeu plus dangereux encore des concours de Rome ; l'empreinte de cette classe est simplement terrible : Laurent n'aurait pas près de lui quelqu'un d'entièrement dévoué à la correction de cet enseignement néfaste, que je n'aurais pas hésité à vous conseiller une prudente abstention. Mais, puisque les architectes, les peintres, sculpteurs et graveurs ont décidé que je n'étais pas digne d'entrer à la Villa Médicis et m'ont ainsi conservé à mes élèves, qu'il soit donc comme vous le voulez ; j'y consens pleinement… " - " [28 décembre 1906] Chère madame, je vous attendrai demain samedi vers 3 heures, sauf controverse de votre part, pour parler de Laurent dont je suis très satisfait. Je suis du jury de la classe de contrepoint : vous pensez si je vais appuyer sa candidature… " - " [août 1909] Taillan Mon cher ami (…) Je vous annonce que je suis nommé inspecteur de chant dans les écoles de la ville de Paris, à 6000 frs d'appointement pour ne presque rien faire qu'inspecter ces messieurs et dames de l'enseignement primaire (…) je suis nommé pour 30 ans et la moitié de ma retraite. Me voilà sale fonctionnaire, sale budgétivore, vendu au gouvernement, etc mais me voilà au moins avec un pain assuré sur une planche assurée aussi. C'est quelque chose ! Et nous en sommes très heureux. La pastorale (épatante !) est sous presse ; ne vous donnez pas la peine d'économiser votre prêt pour l'avoir. Je vous l'enverrai. Le quatuor à cordes (épatant !) va paraître et probablement être lancé par Isaye ! Quelle veine (…) Chez Durand, car Lemoine m'a marchandé honteusement, et je l'ai plaqué… " - etc.

Joint une partition musicale manuscrite sur douze lignes à l'encre violette, intitulée " Fugue 2 " par Bach, avec corrections au crayon rouge, 3 pages in-fol. Il s'agit d'un exercice réalisé par Laurent Ceillier, corrigé par son maître Roger-Ducasse, lequel note en fin de page " Chère madame, je trouve la fugue très bien et je l'ai marquée du crayon rouge : aussi n'insisterai-je pas sur l'horreur de ces contrepoints où il n'a pas l'air d'apporter grand soin : j'y tiens cependant plus qu'à tout, puisque c'est la base de toute éducation solide… "
Adjugé : 300 €
Lot 79
Lot 84
Alfred CORTOT (1877-1962), 10 pièces
Réunion de 8 documents adressés à Laurent Ceillier et à son épouse, 1922-1928 :
Longue L.A.S., 2 pages in-4, s.d., Cortot remercie chaleureusement Laurent Ceillier pour son travail et sa collaboration à l'édition de l'ouvrage " Les chefs-d'œuvre du piano au 19e siècle : 10 concerts par A. Cortot ", paru en mai 1924 ; les notices documentaires, initialement projetées par Cortot, furent rédigées par Laurent Ceillier : " J'avais formé le projet de rédiger ces notices. Je sais gré maintenant aux multiples obligations qui ont tenu mon désir en défaut, puisque je leur dois mon recours et à la clairvoyance artistique de Laurent Ceillier. Recours de la dernière minute pourtant, ce dont on ne songerait guère à s'aviser en lisant ces commentaires pénétrants, exacts, riches de faits et de documents. Un concert n'est point une leçon et je redoute fort que l'on veuille à la fois m'émouvoir et m'enseigner les raisons de mon admiration (…) Et il m'a semblé maintes fois au cours des soirées de musiques qui furent la cause de ce travail, que la simple évocation des circonstances souvent pathétiques qui inspirèrent les chefs d'œuvre que je jouais, que le sobre exposé de leurs origines touchantes, pittoresques ou passionnées, créaient entre le public et l'interprète une communication plus directe et plus sensible qu'à l'habitude… " - L.A.S. et 2 P.A.S. (cartes pneumatiques), à Laurent Ceillier, 1924 - 2 L.A.S. dont une avec enveloppe à la veuve Ceillier - Carte de visite avec mention manuscrite - Ex-libris de Cortot - Portrait photographique, 14,5 x 9,5 cm, avec envoi manuscrit dédicacé et daté 1922 : " Pour Laurent Ceillier, ce souvenir reconnaissant et amical " - Portrait photographique, 22,5 x 17 cm, avec envoi manuscrit dédicacé et daté 1924 : " A Laurent Ceillier, à l'ami, à l'artiste, au précieux collaborateur ".

Alfred Cortot est le fondateur, avec Auguste Mangeot, de l'École normale de musique de Paris, école de musique supérieure privée, créée en 1919. Au lendemain de la première guerre mondiale, l'objectif est de concurrencer l'école allemande en accueillant les étudiants français ou étrangers non admis par le Conservatoire, dans le but de promouvoir le répertoire français. Laurent Ceillier en fut l'un des enseignants les plus constants et les plus écoutés, en charge de ce qu'on appelait alors " les disciplines d'érudition ", point de passage recommandé à tous les étudiants, y compris à ceux s'orientant vers une carrière de pur instrumentiste.
Adjugé : 500 €
Lot 84
Lot 87
Camille SAINT-SAËNS (1835-1921), 4 pièces
L.A.S., de Marseille, 16 avril 1914, 1 page in-8, avec enveloppe timbrée et cachetée, et L.A.S. du 83bis rue de Courcelles [Paris], s.d. [18 avril 1914], 3 pages in-8 sur un double feuillet, avec notes de musique, adressée à Laurent Ceillier lequel lui a envoyé en relecture un article, Saint-Saëns lui faisant part de ses remarques : " Cher monsieur, je viens de relire votre article auquel je ne reprocherai guère que d'être bienveillant ! Je m'étonne seulement que dans une seconde sonate pour piano et violoncelle on puisse trouver l'abandon de ma logique en matière de successions harmoniques et tonales, bien au contraire, en employant la gamme en tout entier (…) je suis parvenu à la rendre logique et à lui donner une terminaison harmonieuse voyez le passage (…) Je m'étonne aussi (et cela ne me concerne plus) de voir attribuer une telle importance et une telle influence à Grieg ! Pourquoi, c'est un surfait, qui a écrit quelques jolies choses sans grande portée et d'autres en grand nombre fort insignifiantes ; sa musique s'est beaucoup répandue, mais je ne crois pas qu'elle ait pu avoir une influence quelconque (…) il a bénéficié de la protection allemande, obtenue je ne sais comment… " - 2 P.A.S. dont une avec enveloppe timbrée et cachetée, datée du 19 février 1914, adressées à Laurent Ceillier.

En 1922, Laurent Ceillier fut l'auteur d'un article intitulé " Personnalité et évolution de Saint-Saëns " paru dans un numéro spécial de l'hebdomadaire Le Guide du concert, en 1922.
Adjugé : 600 €
Lot 87
Lot 88
Camille SAINT-SAËNS (1835-1921), 3 pièces
L.A.S., du Caire du 25 janvier 1914, 3 pages in-8 sur un double feuillet, adressée à Laurent Ceillier ; Saint-Saëns, symbole du classicisme musical, en pleine critique de la nouveauté et du progrès : " Cher monsieur c'est la raison qui parle avec vous ; on ne saurait mieux dire. Vous auriez pu ajouter que c'est une erreur fondamentale de prendre pour un progrès esthétique le progrès des moyens matériels. (…) Je vais peut-être vous affliger, mais il m'est impossible de voir en MM. Tels et Tels des raffinés, des délicats, de profonds musiciens, ainsi qu'ils sont arrivés à le faire croire ; j'y vois tout simplement des gens qui persécutés par cette idée fausse qu'il faut faire du nouveau à tout prix, font naturellement de la mauvaise musique, et parfois même fabriquent avec des sons quelque chose qui n'a de nom dans aucune langue, comme disait Bossuet ; et je crois fort que dans un temps plus ou moins court ils soient oubliés, comme le sont tant d'autres qui prenaient grand tapage de leur vivant. Quant au " Beethoven français ", il est encore à naître croyez-moi ! On " éreinte " Beethoven on " éreinte " Berlioz, au profit des auteurs futuristes. On a donc pas lu " Le Serpent et la lime " ! Cette fable prouve que les éreinteurs en question ont des ancêtres : la sottise est éternelle… " - Carte de visite avec mention manuscrite : " Je l'ai lue en entier et elle m'a fait grand plaisir " - Carte postale à l'effigie de Saint-Saëns au recto et bref texte manuscrit et signature du compositeur à l'adresse de Roger-Ducasse : " La répétition a lieu seulement à 3h ½ ".
Adjugé : 500 €
Lot 88
Lot 93
Clara SCHUMANN, née WIECK (1819-1896), 1 pièce
L.A.S., Paris, 7 mars 1839, adressée à " Monsieur Habeneck ", 1 page in-8. Lettre référencée par la base de données " Schumann-Briefdatenbank " n°7600. Rare.
" Monsieur, je regrette beaucoup de n'avoir pas eu l'avantage de vous rencontrer chez vous, quand je m'y suis présentée. M. Erard m'a rendu compte de la conversation qu'il a eue avec vous à l'égard de mon début au conservatoire, et je prends en conséquence la liberté de vous envoyer la lettre ci-jointe, en vous priant d'avoir l'extrême obligeance de la mettre sous les yeux de messieurs les membres du comité des concerts… " Signée " Clara Wieck, pianiste de S.M. l'Empereur d'Autriche ".

En 1835, Clara Wieck, âgée seulement de 15 ans, débute sa relation amoureuse avec Robert Schumann. En 1838, elle obtient un grand succès à Vienne où elle est nommée virtuose de la chambre impériale d'Autriche. Alors que son père s'oppose farouchement à son mariage avec Schumann, Clara revient, seule, pour la seconde fois à Paris au début de l'année 1839. Pour la première fois dans sa vie, elle va prouver qu'elle peut être autonome sans l'aide de son père pour organiser ses propres concerts. La lettre proposée à la vente illustre bien cette émancipation. Elle séjourne à Paris durant 7 mois, devant regagner l'Allemagne en raison du recours en justice qu'elle a intenté avec son fiancé contre son père pour se marier.
François-Antoine HABENECK (1781-1849) occupe le poste de premier chef d'orchestre au sein de la Société des concerts du Conservatoire de Paris de 1831 à 1846. La maison Erard, facteur de pianos, occupe une place centrale dans la vie musicale parisienne et française.
Estimation : 600 € ~ 800 €
Lot 93
Lot 95
CASALS, OLLONE, DESPORTES et LA MARSEILLAISE, 4 pièces
Pablo CASALS (1876-1973), manuscrit musical autographe " Violoncelle ", 1907, à l'encre noire et crayon, avec mention en haut de page au crayon bleu " 1907 concours violoncelle ", 4 pages in-fol., et en fin de page " Villa Molitor, Paris, 16e ", texte manuscrit et signé du compositeur : " Cher ami, les mesures barrées ne comptent pas, le morceau était un peu long et j'ai dû le rétrécir autant qu'il était possible. Le morceau lui même est serré - mais le nombre de mesures m'était limité par le comité du conservatoire - malgré tout vous y trouverez un premier motif, développement, deuxième motif, ralliement au premier motif et coda. Le tout me rappelle un parc japonais que j'ai vu dans le temps en Californie qui contenait grand nombre d'arbres, de sentiers, des lacs, des ponts le tout en un emplacement de quelques mètres. Vôtre Pablo Casals " - Max d'OLLONE (1875-1959), morceau de manuscrit musical autographe, sur papier oblong, à l'encre, fragment de mélodie en sol b M " O nuit, ô douce nuit d'été ", avec mention " Nuit d'été, 1899 ", signature du compositeur et daté août 1909. - Emile DESPORTES (1878-1944), manuscrit musical autographe " Suite de danses anciennes " pour orchestre, 7 morceaux, à l'encre, 26 pages in-fol. dans une chemise verte cartonnée sur laquelle est inscrite un envoi signé : " Aux bons soins de mon ami Rémi Ceillier auquel je la recommande et la dédie/ mai 1909 ". - Reproduction gravée de l'édition primitive de La Marseillaise, vers 1865-1870, avec envoi signé du petit neveu de Rouget de l'Isle, 4 pages in-4.
Adjugé : 550 €
Lot 95
Lot 96
Musiciens, compositeurs, professeurs et interprètes, 1899-1925, env. 80 pièces
G. ALLIX (L.A.S.) - Paul BAZELAIRE, violoncelliste (carte de visite) - Joseph BONNET, organiste (2 L.A.S.) - Adolphe BORCHARD, pianiste (L.A.S.) - Charles BORDES (L.A.S.) - Théodore BOTREL (P.S.), compositeur - Louis Albert BOURGAULT-DUCOUDRAY, chef d'orchestre (4 L.A.S.) - Gustave BRET, organiste (2 L.A.S. et P.A.S.) - Alfred BRUNEAU, violoncelliste (P.A.S.) - Lucien CAPET, violoniste (L.A.S) - André CAPLET, chef d'orchestre (L.A.S) - Alfredo CASELLA, chef d'orchestre et pianiste (L.A.S.) - Édouard COLONNE, chef d'orchestre (L.A.S.) - Emmanuel CHABRIER (P.A.S.) - Camille CHEVILLARD, chef d'orchestre (L.A.S. et P.A.S.) - Henri de CURZON, musicologue (L.A.S.) - E. Clément DELAET (2 L.S. et P.A.S.) - Paul DELMET (L.A.S.) - Émile DESPORTES (Photo avec dédicace signée et datée), compositeur - Théodore DUBOIS, organiste (2 L.A.S., P.A.S. et carte de visite) - Paul DUKAS (L.A.S.) - Jacques DURAND éditeur (L.A.S.) - Alfred FRANÇAIX (L.A.S.) - Philippe GAUBERT, chef d'orchestre et flûtiste (L.A.S.) - André GÉDALGE (P.A.S.) - Alexandre GEORGES (Partition autographe signée), organiste et compositeur - Alexandre GUILMANT, organiste (L.A.S. et P.A.S.) - Reynaldo HAHN (2 P.S.) - Vincent d'INDY (L.A.S. et 2 cartes de visite) - Paul LADMIRAULT (L.A.S.) - Albert LAVIGNAC (carte de visite) - LAZARE-LÉVY, organiste (2 L.A.S.) - Pierre LEROI, violoniste (L.A.S.) - Marguerite LONG, pianiste (carte de visite) - Georges MIGOT (L.A.S.) - Joachim NIN, pianiste (carte de visite) - Gabriel PIERNÉ, chef d'orchestre et organiste (2 L.A.S. et P.A.S.) - Francis PLANTÉ, pianiste (P.A.S.) - Amédée REUCHSEL, organiste (L.A.S.) - Aimée Marie ROGER-MICLOS, pianiste (L.A.S.) - Germaine TAILLEFERRE (L.A.S.) - Jacques THIBAULD, violoniste (L.A.S.) - Louis VIERNE, organiste (L.S.) - Ricardo VINES, pianiste (L.A.S.) - Alexander VOORMOLEN (P.A.S. avec partition), compositeur - Charles Marie WIDOR (L.A.S.) - etc

Joint : Cartes de visite avec envois du général TROCHU, maréchal JOFFRE, la Maréchale LIAUTEY, Paul FORT - L.A.S. Louis Jules TROCHU général - P.A.S. Marc SANGNIER (discours)
Adjugé : 500 €
Lot 96
Lot 105
[Louis XIV - Anoblissement - Fermier général] 1 pièce, 1677
P.S. " Louis ", Saint Germain en Laye, février 1677, et contresignée au verso par PHELYPEAUX secrétaire d'état, vélin obl. in-plano, avec armoiries peintes à l'encre et gouache ; lettre d'anoblissement accordée à Jacques LAUGEOIS d'IMBERCOURT et de LAUNAY, en récompense de ses services rendus au sein de l'armée puis dans l'administration royale, armoiries : d'azur à la tour d'argent et au chef herminé. (rest. anciennes, pliures)

Issu d'une famille bourgeoise de marchand parisien, Jacques Laugeois débute sa carrière dans l'armée. En 1638, il intègre le régiment des gardes françaises dans la compagnie du sieur du Borde et participe au siège du Catelet en Picardie : " aurait fait la campagne du siège de Catelet pour monter à l'assaut avec les enfants perdus, il aurait monté du premier sur la brèche et aurait arrêté de sa main le gouverneur de la place, en laquelle action il aurait reçu une blessure dont il serait demeuré estropié ". En 1649, il reçoit le commandement d'une compagnie d'infanterie au sein du régiment de Noaillac et fait campagne en Italie. Au lendemain du licenciement de son régiment, il se retire de la vie militaire et se tourne vers les affaires du roi. En 1656, il acquiert un office de secrétaire du roi au sein du grand collège pour se lancer dans le milieu de la finance. Débutant comme commis à la recette des tailles de diverses élections, il réussit une ascension sociale fulgurante devenant fermier général des aides et des gabelles de 1674 à 1693, et actionnaire de la compagnie des Indes orientales.
Estimation : 150 € ~ 300 €
Lot 105
Lot 106
[Louis XIV - Conseil d'Etat privé - Etats-généraux] 5 pièces, 1652 à 1714
P.S. " Louis ", Pontoise, 26 juillet 1652, et contresignée par Louis PHELYPEAUX secrétaire d'état, vélin obl. in-fol. (pliures), nommant Charles Bénigne de THESUT, conseiller au parlement de Bourgogne à Dijon, à la charge de conseiller d'état au Conseil d'état privé du roi (ou Conseil des parties). [Ce conseil, présidé par le Chancelier de France ou par le Garde des Sceaux, est composé à l'origine de 24 conseillers d'état de robe, 3 conseillers d'état d'église et 3 conseillers d'état d'épée. Il intervient essentiellement pour juger des procès civils opposant des particuliers, ainsi que, en tant que de besoin, pour régler l'ordre des juridictions.] - P.S. " Louis ", Thionville, 25 juillet 1673, et contresignée par PHELYPEAUX secrétaire d'état, 1 page vélin obl. in-fol. ; Commission sur arrêt du Conseil d'état privé accordant la clôture des comptes de recettes à Nicolas DORSON, receveur général des finances de la généralité de Riom. Y est attachée l'extrait de l'arrêt du Conseil d'état privé, 2 pages ½ vélin in-4 - P.S. " Louis ", Fontainebleau, 4 septembre 1714, et contresignée par Jérôme PHELYPEAUX de PONTCHARTRAIN, secrétaire d'état de la maison du roi, adresse " A notre amé et feal le sieur Baron de Rouairoux " [famille de CAYLUS], 1 page sur vélin obl. in-4 ; lettre de convocation aux Etats-généraux de la province du Languedoc qui doit se réunir en la ville de Nîmes le 25 octobre 1714.

Joint : P.S. par Adrien de VALOIS, Paris, 15 décembre 1670, vélin obl. in-8 ; quittance de l'hôtel de ville de Paris accordée à Adrien de VALOIS historien, poète et historiographe du roi.
Estimation : 300 € ~ 600 €
Lot 106
Lot 107
[Louis XIV - Militaria] 3 pièces
P.S. " Louis ", Versailles, 24 octobre 1683, et contresignée par François Michel LE TELLIER, marquis de Louvois, secrétaire d'état de la Guerre, 1 page obl. vélin in-fol. ; commission de capitaine d'une compagnie dans le régiment de Champagne accordée au chevalier de Villeneuve. (en l'état) - Lettre de service signée " Louis ", Luxembourg, 21 mai 1687, et contresignée par François Michel LE TELLIER, marquis de Louvois, secrétaire d'état de la Guerre, 1 page grand in-fol., en faveur de Jean Chrysostome de GREZILLEMONT, écuyer, seigneur d'Artilly, commissaire ordonnateur des guerres, ancien lieutenant des gardes Suisses : " Sa Majesté voulant pourvoir à ce que ses trouppes d'infanterye qui doivent camper à Traben près Trarback y vivent en bonne discipline et commettre pour en avoir soin soubz les ordres du sieur de la Goupillière intendant de la province de la Sarre, une personne intelligente et fidèle, Sa Majesté se confiant particulièrement au commissaire Grezillemont ordinaire de ses guerres, la choisy et ordonné pour aller prendre la police desdites trouppes, en faire les monstres (…) tenir la main à ce qu'elles y vivent en bon ordre, et généralement s'employer à toutes les choses qui concerneront le campement… " . (qqs tâches, pliures, légers manques) [Au lendemain du traité de Nimègue en 1678, Louis XIV annexe à la couronne plusieurs fiefs de la région de la Sarre et de la Blies qui relevaient auparavant des Trois-Evêchés. Louis XIV fit fortifier par Vauban toute cette région frontalière. Traben-Trarbach est une ville qui se situe sur la rive droite de la Moselle.] - L.S. signée " Louis ", Versailles, 14 juin 1710, et contresignée par Daniel François VOYSIN de La NOIRAYE secrétaire d'état de la Guerre, 1 page in-fol., confirmant la charge de sous-lieutenant accordée à Desbordes, en la compagnie de Montaut dans le régiment d'infanterie du colonel du Fort Lenormant, appelé également le régiment de Beaujolais (pliures, traces de collage, petits manques).
Adjugé : 250 €
Lot 107
Lot 108
[Louis XV - Administration - Etats généraux] 5 pièces, 1738 à 1771
P.S. " Louis ", Marly, 30 août 1738, et contresignée par Jean-Frédéric PHELYPEAUX, comte de Maurepas, secrétaire d'Etat de la Maison du roi, 1 page obl. vélin in-plano ; lettres patentes du roi accordées à Henri Hyacinthe DALBERT pour l'office de président honoraire en la cour des comptes et aydes à Aix-en-Provence. (pliures, manques au coin droit) - L.S. par Louis-Auguste Achille de HARLAY (1679-1739), intendant de la généralité de Paris, Paris, 22 mai 1739, adressée à Louis-Auguste de Bourbon, prince de Dombes, 2 pages in-fol. ; au sujet de l'arrestation du maître du bac de Choisy - P.S. " Louis ", Versailles, 19 janvier 1742, et contresignée par Jean-Frédéric PHELYPEAUX, comte de Maurepas, secrétaire d'Etat de la Maison du roi, 1 page obl. vélin in-fol. ; dispense d'âge accordée à Robert Elie Davy, avocat en parlement, pour remplir les fonctions de magistrat en la sénéchaussée et siège présidial d'Angers [poursuivra sa carrière à Saint Domingue]. (pliures, manques qui n'altèrent pas le texte) - L.S. par Louis Auguste de BOURBON (1700-1755), petit-fils de Louis XIV et gouverneur de la province du Languedoc, Versailles, 5 décembre 1745, 1 page in-fol. ; convocation adressée à la communauté des habitants d'Uzès pour la réunion des Etats généraux du Languedoc prévue le 20 janvier 1746 à Montpellier. - P.S. " Louis ", Versailles, 25 septembre 1771, et contresignée par Louis PHELYPEAUX de Saint Florentin, secrétaire d'Etat de la Maison du roi, 1 page obl. vélin in-fol. ; dispense d'âge accordée à Michel Dumes pour obtenir la charge de procureur du roi en la ville d'Avesnes en Hainault et Cambraisis [Pas de Calais]. (pliures, manques qui n'altèrent pas le texte)
Adjugé : 250 €
Lot 108
Lot 109
[Louis XV - Militaria - Marine] 7 pièces, 1734 à 1772
P.S. " Louis ", Versailles, 1er janvier 1737, et contresignée par Nicolas-Prosper BAUYN d'Angervilliers, secrétaire d'Etat de la Guerre, 1 page in-fol. ; commission du commandement d'une compagnie dans le bataillon de milice de Gineston en la province de Bourbonnais, accordée au sieur de Rousillon. (pliures, rousseurs, petits trous) - P.S. " Louis ", Versailles 20 septembre 1747, et contresignée par Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson, secrétaire d'Etat de la Guerre et ministre d'Etat, 1 page in-fol. ; Commission de premier lieutenant de la compagnie du chevalier d'Esquilles accordée au chevalier de Sainte Marie [Allard de Sainte Marie, originaire de Louisbourg au Canada] premier lieutenant de la compagnie de Saint Martin dans le régiment de Cantabres volontaires de Bela. (pliures, rest. ancienne) - P.S. " Louis ", Versailles, 27 mai 1749, et contresignée par Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson, secrétaire d'Etat de la Guerre et ministre d'Etat, 1 page obl. vélin ; commission de mestre de camp de cavalerie accordée à Charles Louis DARET de Champsoing, maréchal des logis en la compagnie des 200 chevau-légers de la garde du roi (pliures) - P.S. " Louis ", Versailles, 1er janvier 1751, et contresignée Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson, secrétaire d'Etat de la Guerre et ministre d'Etat, 1 page in-fol. ; Commission de capitaine commandant le bataillon du régiment de la Marine à Charles de JOUGLEINS de Monconseil. [originaire du Bordelais] (pliures, petite déchirure, manques dans les coins, rest. anciennes) - P.S. " Louis ", Versailles, 13 décembre 1761, et contresignée par le duc de CHOISEUL (tampon), secrétaire d'Etat de la Guerre et de la Marine, 1 page vélin obl. in-fol. ; brevet de cornette de la compagnie de Servière dans le régiment de dragons de Chapt accordé à Pierre de GRIPIERE-MONCROC [originaire de Laval]. (pliures, tâches) - P.S. " Louis ", Versailles, 15 janvier 1762, et contresignée par le duc de CHOISEUL (tampon), secrétaire d'Etat de la Guerre et de la Marine, 1 page in-fol., cachet à sec ; brevet de pension accordé Beaumont Lemaître capitaine de vaisseau [Jean-François Lemaître de Beaumont, maire de Marseille de 1770 à 1772]. (pliures) - P.S. " Louis ", Versailles 15 décembre 1772, et contresignée par Louis François de MONTEYNARD, secrétaire d'Etat de la Guerre, 1 page in-fol. ; commission du commandement de place forte de Rodemack [près de Metz en Moselle] accordée à Marie Philippe Hubert chevalier de Bertrandy, capitaine au régiment de Lyonnais. (pliures)
Adjugé : 400 €
Lot 109
Lot 114
XIXe siècle] 13 pièces, 1814 à 1877
P.S. " Louis ", Paris, 30 août 1814, et contresignée par Pierre Antoine comte DUPONT de l'Etang, ministre de la Guerre, 1 page vélin obl. in-fol. avec cachet à sec; lettre de chevalier de l'ordre militaire de Saint Louis accordée à Louis du Garreau. - L.A.S. du secrétaire du marquis de Montgrand, maire de Marseille, Marseille, 30 octobre 1815, adresse " Madame la Marquise de Trans à sa campagne ", 1 page in-4, au sujet de la visite du duc d'Angoulême - Pièce imprimée, 20 septembre 1816, 1 page in-4, convocation adressée au marquis de Maleteste pour présider le collège électoral de la côte d'Or - L.A.S. par Edouard duc de FITZ-JAMES (1776-1838), député et pair de France, Paris, Les Tuileries, 6 mars 1817, au comte de Vaublanc, ministre de l'Intérieur, 1 page in-8. - L.S. par Louis François Sosthène vicomte de la ROCHEFOUCAULD (1785-1864), aide de camp de Charles X et colonel de la 5e légion de la garde nationale de Paris, Paris, 16 avril 1821, au duc de Choiseul, 1 page in-4 à entête - Copie et extrait du registre d'état civil du 1er arrondissement de la ville de Paris concernant le décès de Dorothée Louise Pauline Charlotte princesse de SAXE-GOTHA - L.A.S. par Louis d'Orléans (1814-1896), duc de Nemours, Lisbonne, 28 avril 1855, 2 pages in-8 - L.A.S. par Louis Philippe Albert d'ORLEANS (1838-1894), comte de Paris, Richmond, 22 novembre 1857, adressée à son cousin Ferdinand d'ORLEANS (1844-1910), duc d'Alençon, 4 pages in-8 (traces, rest. anc.) ; ayant appris que son cousin était de passage à Windsor, le comte de Paris le sollicite pour le rencontrer. [Après le décès du roi Louis-Philippe en 1850 en exil, le comte de Paris son fils devient le chef de la maison d'Orléans, prétendant au trône. En 1857, il s'installe en Angleterre avec son frère le duc de Chartres et sa mère la reine Marie-Adélaïde] - L.A.S., carte de visite et enveloppe par le marquis de Respaldiza, chambellan de Charles de BOURBON (1848-1909), duc de Madrid, prétendant au trône d'Espagne et de France, Constantinople, 21 janvier 1877. - L.A.S. par Camille ROQUEPLAN (1803-1855), peintre, s.d., 1 page in-8 : " Madame la duchesse de Fitz-James a acheté mon tableau de L'Antiquaire. Elle voudrait l'avoir demain matin… " - Invitation à dîner par le duc de Nemours au palais de Compiègne, 1 page in-8 - 2 pièces imprimées relatives au prince Alexandre Ier de GONZAGA-CASTIGLIONE.
Adjugé : 500 €
Lot 114
Lot 116
[Marine - XVIIIe siècle] Mathieu François PIDANSAT DE MAIROBERT (1707-1779).

" Principes sur la Marine, tirés des dépêches & des ordres du Roi, donnés sous les ministères de " MM. Colbert, de Seignelay, de Ponchartrain, père & fils, du Conseil de la Marine de 1715 à 1726, et du comte de Morville, depuis 1669 jusqu'en 1757. Sans lieu [Paris], ap. 1757.
Manuscrit sur papier, 2 volumes petit in-folio de (131) ff. + (136) ff. + (131) ff. ; et (175) ff. + (149) ff. : plein veau marbré, dos lisses cloisonnés et richement ornés, pièce de titre en maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, tranches dorées (reliure de l'époque), accdts aux coiffes et coins.
Chaque page est décorée d'un cadre tracé à l'encre à l'intérieur duquel se trouve le texte manuscrit, rédigé en parfaite calligraphie d'une lecture facile.
Cette " édition manuscrite " retrace un demi-siècle de l'histoire de la Marine française, tirée de la correspondance ministérielle. Elle n'a pas été imprimée mais seulement été recopiée en plusieurs exemplaires destinés aux princes du sang et à divers hauts personnages. Est inscrit à la plume au bas du 2e feuillet de chaque volume " de la bibliothèque de monsieur Le Guai premier commis de la marine ".
Cet exemplaire a donc appartenu à Charles-Cardin Le Guay, qui fit toute sa carrière dans l'administration de la Marine. Elève puis écrivain ordinaire des galères à Marseille en 1736, il devint en 1742 écrivain principal des galères à la Cour, puis commissaire de la Marine à Brest, commissaire ordinaire de la Marine à la Cour en 1747, premier commis de la Marine au bureau des consulats de 1750 à 1773 et enfin intendant de la Marine chargé de l'inspection du commerce maritime. Il décède en 1781.
Trois autres manuscrits de ces Principes sur la Marine sont conservés dans les collections publiques : un exemplaire relié en maroquin au service historique de la Marine et deux aux Archives nationales - l'un en cartonnage, l'autre en demi-reliure. Enfin, 2 exemplaires aux armes, l'un de Malesherbes et l'autre du duc d'Orléans, ont été récemment vendu.

Littérateur français, Mathieu-François Pidansat de Mairobert a été amené de bonne heure à Paris où il fut élevé dans la maison de Mme Doublet de Persan. Il ne cessa de faire partie de la société littéraire qui se réunissait chez cette dame, et fut un des auteurs du journal manuscrit qu'on y rédigeait. Amateur des nouveautés littéraires et dramatiques, il se trouva mêlé aux querelles des écrivains du temps. Il abordait aussi les questions politiques, et parait avoir tour à tour reçu les confidences de fonctionnaires importants, tels que Malesherbes, Sartines et Lenoir. Outre un emploi de censeur royal et le titre honorifique de secrétaire du roi, il fut secrétaire des commandements du duc de Chartres (depuis Philippe-Egalité). Il fut en 1779 compromis dans le procès du marquis de Brunoy, dont il se trouvait le créancier pour une somme considérable, et quoique, selon l'opinion générale, il ne fût en cette affaire que le prête-nom d'un haut personnage, le parlement lui infligea un blâme public, par arrêt du 27 mars 1779. Mairobert se crut déshonoré. Le soir même, il alla chez un baigneur, s'ouvrit dans le bain les veines avec un rasoir, et acheva de s'ôter la vie d'un coup de pistolet. Il avait soixante-douze ans. Le curé de Saint-Eustache ne consentit à l'inhumer qu'après ordre exprès du roi. On a de ce publiciste: "La querelle de M.M. de Voltaire et de Maupertuis" (1753), in-8°; "Les prophéties du grand prophète Monet" (1753), in-8°; "Lettres sur les véritables limites des possessions angloises et françoises en Amérique" (1755), in-12°; "Réponse aux écrits des anglois sur les limites de l'Amérique angloise" (1755), in-12°; "Lettre à Mme de *** sur les affaires du jour, ou réflexions sur l'usage qu'on peut faire de la conquête de Minorque" (1756), in-12°; etc.
Estimation : 2 000 € ~ 3 000 €
Lot 116
Lot 117
[Famille GRAVIER et JOURDAN - Politique -- Républicain] Lot de + de 130 pièces, XIXe siècle
Réunion de + de 130 L.A.S., L.A., L.S. et divers : correspondances actives et passives, faire-parts, factures, et divers ayant appartenu à Louise Victoire VALLET de Villeneuve (décédée en 1903 à Paris), épouse en premières noces d'Antoine Jean Baptiste GRAVIER (1784-1850), banquier et député sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, et en secondes noces de Gustave JOURDAN (1820-1866), avocat et " activiste " républicain : 2 L.A.S. François GUIZOT (1787-1874), ministre des affaires étrangères - L.A.S. Jean LACAVE-LAPLAGNE (1795-1849) ministre des finances - " Note des tableaux de M. Gravier " dont " La Sainte Famille au repos, sur panneau ayant appartenu à la galerie Cambiaso à Gênes, porte la signature de Titien " - intéressante L.A.S. d'un italien piémontais relative à l'insurrection de Milan et à la guerre d'indépendance du Piémont en 1848, 4 pages in-4 - 2 L.A.S. sur la situation en 1848 à Gréoux (Basses Alpes) - 2 longues L.A.S. écrites de Marseille en juin 1848 relatant les événements insurrectionnels - Env. 40 L.A.S. et L.A. de Gustave JOURDAN adressées à son épouse durant son emprisonnement à la maison centrale de Gaillon (Eure) entre 1856 et 1858 [Condamné au bagne en 1850 suite à sa participation d'une insurrection en 1850 dans les Basses Alpes, il s'exile en Italie. Amnistié et de retour à Paris en 1856, il est à nouveau arrêté et emprisonné, accusé d'être l'auteur d'un manifeste contre le gouvernement] " Gaillon 9 novembre 1857 (…) Je suis condamné à quatre ans de prison, à une peine purement correctionnelle, je n'ai pas encouru même la privation de mes droits civiques, on m'envoie dans une maison centrale. Les maisons centrales remplacent aujourd'hui les bagnes. Elles sont pleines d'hommes condamnés aux travaux forcés à temps et à perpétuité. Si ce n'est pas monstrueux !... " ; " 27 février 1858 (…) Non tu ne peux pas te faire une idée de la vie que je mène ; j'aimerais mieux être en Corse, en Afrique, à Cayenne, à la Nouvelle-Calédonie, à Madagascar. Au moins on meurt ! Je ne souhaite à personne, même à ceux que j'exècre, la vie que l'on me fait mener ici… " - 2 L.A.S. de Reine GARDE (1810-1887), romancière et poète - 2 L.A.S. Auguste VALLET de Viriville (1815-1868), son frère, historien et archéologue - etc.
Adjugé : 200 €
Lot 117
Lot 125
[Famille de Clermont-Tonnerre - Empire - Prise d'Alger] env. 30 pièces, XIXe et XXe siècle
Réunion de plus de 30 pièces ayant appartenu aux ducs de Clermont-Tonnerre : L.A.S. Pierre François Joseph DURUTTE (1727-1867), général de division, au quartier-général du camp de Dunkerque, 2 vendémiaire an XIII (24 septembre 1804), adressée à Gaspard de CLERMONT-TONNERRE (1779-1865), lieutenant d'artillerie, 1 pages ½ in-8 : " Vous voudrez bien mon cher Clermont vous rendre ici de suite avec vos chevaux et avec des habits propres à être présentés à des ambassadeurs. Ceux de Naples et de Portugal arrivent ce soir je vous au choisi pour les accompagner jusqu'à Calais… " - 4 L.A.S. ou L.S. adressées à Gaspard duc de CLERMONT TONNERRE (1779-1865), ministre de la guerre de 1824 à 1828 qui planifia l'expédition d'Alger : L.A.S. d'Alexis de VILLARET de JOYEUSE (1788-1873), capitaine de vaisseau et fils du célèbre amiral, au mouillage de Sidi El Gerruch, à bord de la Provence, 30 juin 1830, 2 pages in-4 : " Mon général, voici d'assez heureuses et d'assez importantes nouvelles pour que je m'empresse de vous les transmettre (…) Nous sommes maîtres des positions très près du fort de l'Empereur et nous avons pris vingt cinq pièces de siège (…) Nous commençons aujourd'hui l'investissement et les travaux d'attaque du fort de l'Empereur (…) Ils disent que le désordre est grand dans Alger… " - L.A.S. de VALLET-CHEVIGNY, ancien chef de cabinet du duc de Clermont-Tonnerre alors ministre de la Guerre entre 1824 et 1828, Paris, 9 juillet 1830, 1 page in-8 : " Monseigneur, je me hâte de envoyer la copie de la dépêche télégraphique qui vient d'arriver. Alger s'est rendu à discrétion le 5 de ce mois à midi et à 2 heures le pavillon du roi flottait sur le palais du Bey. Tous nos prisonniers naufragés ont été sauvés. Telle est la grande et heureuse nouvelle que le télégraphe vient d'apporter. Je me hâte et suis bien joyeux de vous la transmettre… ", avec copie de la dépêche télégraphique -L.S. de Louis Auguste Victor de Ghaisne comte de BOURMONT (1773-1846), général en chef du corps expéditionnaire d'Alger, Alger, 31 juillet 1830, 1 pages in-4, promu maréchal de France par Charles X le 14 juillet 1830 - L.A.S. de Charles de Ghaisne, vicomte de BOURMONT (1807-1876), fils du précédent, Alger, 9 juillet 1830, 2 pages in-4, relatant les circonstances du décès de son frère Amédée de BOURMONT (1803-1830) : " Hélas mon général il ne pourra répondre à votre lettre notre pauvre Amédée, qui s'était empressé de vous faire partager ses premières émotions sur la terre d'Afrique. Hélas ! Il ne vous reverra plus ce bon frère que nous pleurons. Dans la journée du 24 juin 1830 il a été frappé du coup fatal, qui trop souvent est réservé aux plus braves. Une balle qui lui avait traversé le corps de part en part après lui avoir pendant plusieurs jours causé de cruelles souffrance vient de mettre fin à ses jours (…) Mon pauvre père forcé de s'occuper des affaires les plus importantes et les plus difficiles montre une fermeté et un courage admirable. Ce n'est que durant la nuit pendant que chacun repose, qu'il vient pleurer avec nous, partager une douleur en raffermissant notre courage… " - L.A.S. d'Henri de BOURBON-BUSSET comte de Lignières (1826-1902), 22 novembre 1884, 1 pages ½ in-8, annonçant le mariage de son fils Louis - 2 L.A.S. de François CARVALLO, fils de Joachim CARVALLO (1869-1936), propriétaire du château de Villandry, 8 et 10 mars 1936, chacune 2 pages in-4, au sujet du décès de son père. - 2 L.A.S. du prince de Mérode, 1975 - 5 L.A.S., août à décembre 1870, adressées au duc de Clermont-Tonnerre au château d'Ancy le Franc - 4 L.A.S. du marquis de Louvois dont une datée du 6 septembre 1844 relative à l'achat du château d'Ancy le France par le duc de Clermont-Tonnerre - 3 clichés photographiques, tirage sur papier albuminé, fin du XIXe siècle, vues de Malte : La Valette et son église (en l'état) - etc.
Adjugé : 400 €
Lot 125
Lot 128
[Poésie - Guerre 1914-1918 - Dax] Thierry SANDRE (1890-1950), romancier et poète
Manuscrit à l'encre violette titrée " Apostrophe à Émile Despax, Dax, 19 septembre 1926 ", 21 pages in-4. Hommage rendu à Émile Despax, poète et écrivain " Mort pour la France ", prononcé lors de l'inauguration d'un monument au nom de l'artiste disparu, érigé en la ville de Dax en 1926. Auteur de La maison des Glycines récompensé en 1905, Emile Despax est tué au combat le 17 janvier 1915, à Moussy-sur-Aisne, d'une balle en pleine tête le jour de son arrivée aux tranchées alors qu'il observait l'ennemi à la jumelle. Son nom est inscrit, sur les plaques commémoratives des écrivains morts au champ d'honneur au Panthéon.

Joint : 2 L.A.S. à entête de l' " Association des écrivains combattants de 1914-1918 " : L.A.S. de Thierry Sandre, ½ page in-8 - L.A.S. de Pierre CHANLAINE (1885-1969), écrivain, 1926, 2 pages in-8.

Thierry Sandre (de son vrai nom Jean-Joseph Auguste Moulié né le 19 mai 1890 à Bayonne - mort le 11 octobre 1950 à Bouchemaine) est un écrivain, poète, essayiste français.
Connu également sous le pseudonyme Jean Dumoulin, Thierry Sandre était un spécialiste de la littérature française du XVIe siècle. Il fut aussi traducteur ou adaptateur de textes grecs, latins ou arabes. Il fut le secrétaire de Pierre Louÿs avant la Première guerre mondiale. Il passa une grande partie de cette guerre en captivité en Allemagne. En 1919, il fut l'un des membres fondateurs de l'Association des écrivains combattants. À partir d'octobre 1921, il participa activement à la publication d'une " Anthologie des écrivains morts à la guerre ", en cinq volumes.
En 1924 il reçoit le Prix Goncourt pour sa trilogie Le Chèvrefeuille, le Purgatoire et Chapitre XIII.
En 1936, il devint membre du Tiers-Ordre de saint Dominique chez les Dominicains à Paris. Il reprit du service en 1940 et fut à nouveau fait prisonnier, avant d'être relâché en 1941.
Il devint adepte de l'Ordre nouveau et en raison des deux livres qu'il publia, en 1942 et 1943, il fut inscrit sur la liste des écrivains interdits après la guerre. Il parvint à se réhabiliter et publia encore plusieurs livres en réédition.
Estimation : 40 € ~ 80 €
Lot 128
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