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33ème VENTE GARDEN PARTY - I

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Lot 11
ATELIER DE PIERRE PAUL RUBENS (Siegen, 1577 - Anvers, 1640)
Allégorie avec Saint Georges et le dragon dans un paysage

Toile.

Haut. 168 Larg. 248 cm.
(Restaurations anciennes).

Certificat de libre circulation.

Provenance, par Élisabeth Royer :
- Collection Aguado, marquis de Las Marismas
- Hôtel Aguado, Paris, 6, rue Grange-Batelière, Vente après décès de la collection Aguado, en son hôtel, du 20 au 28 mars 1843, par Bonnefons de Lavialle et Benou, commissaires-priseurs, lot n°375, comme « Gozon, vainqueur du dragon de l’Île de Rhodes » (168 x 235 cm), adjugé 1.520 francs
- GAP
- Offert en hommage à Germain Sée (1818-1896), médecin de l’Empereur Napoléon III, du Sultan Mourad à Constantinople et de Victor Hugo, 45 bd Malesherbes, Paris
- Par descendance familiale, collection Pierre Sée (1880-1937), 8, bd Emile Augier, Paris,
- Spolié le 8 mai 1944 à madame Pierre Sée, née Hélène Cécile Alexine Anspach (1887-1976)
- Saisi par la Möbel-Aktion, sous le n° MA-B 1304. Entré au Jeu de Paume en mai 1944, Kiste Nr. MA-B 92 (vu le format de la toile, la caisse du Saint-Georges, « Kiste Nr. MA-B 92 » contenait probablement cette seule œuvre, entrée au Jeu de Paume entre avril et mai 1944.)
- Transféré à Nikolsburg (pièce 56)
- Transféré à Kogl (n°635) et photographié le 19 février 1945
- Entré au CCP de Munich sous le n° 22303 sous le titre « King Charles 1st, St Georg and St. Agnes in landscape » (169 x 249 cm), rapatrié en France le 7 janvier 1947
- Restitué le 23 mai 1950 à Madame Pierre Sée, domiciliée chez son frère Robert Anspach (1893-1971) 3, bd Emile Augier, Paris,
- Collection Maurice Jose Y Vieira, 3, bd Emile Augier Paris 16e, puis 12 place Vendôme, Paris Ier.
- Hôtel Drouot, Paris, 20 avril 1951, « Tableaux anciens et modernes », Me Maurice Rheims commissaire-priseur, M. Haro expert, lot n°55 titré « La Présentation » (169 x 249 cm)
- Mme Adèle Reyman, réfugiée hongroise, acquis à la vente précédente pour 21.000 frs
- Volé à Adèle Reyman qui porte plainte en novembre 1967
- Le tableau réapparait en février 1968 (Le Figaro du 1er février 1968, « Un Rubens inconnu découvert à Paris » ; Hans Wendland consulté en 1968 sur l’authentification du tableau)
- Hôtel Meurice, expert Alexandre Ananoff, Paris, 1er décembre 1976, lot titré « Saint Georges » et adjugé 240.000 frs (archives du Louvre)
- Galerie Alexander, c. 1980
- Collection particulière, acquis auprès du précédent,
- Par descendance, Philippe Méaille.

An allegory of Saint George and the dragon by the workshop of Peter-Paul Rubens. Oil on canvas.

Bibliographie : Wolfgang Adler, Corpus Rubenianium Ludgwig Burchard Part XVIII, Landscapes and hunting scenes, Oxford University Press, New York, 1982. La toile est référencée p.119, n°35.

Prolongement : texte de présentation par Aymeric Rouillac, "Offert par Napoléon III, volé par les nazis, le "Rubens anglais" échappe à l'incendie de l'Armée Rouge" à consulter sur www.rouillac.com.
Estimation : 60 000 € ~ 80 000 €
ATELIER DE PIERRE PAUL RUBENS (Siegen, 1577 - Anvers, 1640)...
Lot 11
Lot 20
FAUSTINO BOCCHI (Brescia, 1659-1742)
Les nains dépouillant un dindon

Toile.

Haut. 86 Larg. 180 cm.
(Manques).

Provenance : Famille Drake del Castillo, château de Véretz, par descendance.

A painting by Faustino Bocchi depicting dwarves skinning a gobbler. Canvas.

Selon Maria Adelaïde Baroncelli, dans la monographie de 1965 et dans "L'arte di figurar pigmei de Mariolina Olivari", la représentation des nains chez Bocchi et chez Albrici n'a rien à voir avec la caricature politique. Ces images tiennent davantage leur inspiration du théâtre comique ("La conessione con il teatro comico è invece indiscutabile", p. 16). Grâce aux bouffons, ils arrivent à parler de l'absurdité du monde, mais restent loin des critiques sociologiques et des polémiques idéologiques et philosophiques.
Dans toutes les représentations d'oiseaux dépecés on parle seulement de "fête des nains" : dans les monographies, comme dans les notices des catalogues de vente.

On peut comparer l'œuvre à celle de la "Festa in piazza con alberi della cucagna" et à "la macellazione dei porcellini d'India" (C19 et A65 dans le catalogue de Mariolina Olivari). Par ailleurs, il ne semble pas s'agir d'une autruche. D'abord parce que les autres représentations sont semblables. Ensuite parce qu'en italien, "autruche" et "Autriche" ne sont pas aussi similaires qu'en français. On parle d' "ostrica"/"ostrich" et d' "Austria". On pourra comparer notre tableau au tableau de sujet similaire « Nains vidant un poulet » toile, 43 x 114cm, conservé dans une collection privée de Brescia, Mariolina Olivari Op.cit., cat A 32, p.65.
Estimation : 6 000 € ~ 8 000 €
FAUSTINO BOCCHI (Brescia, 1659-1742) 
Les nains dépouillant un dindon 

Toile.

Haut....
Lot 20
Lot 24
JEAN MOSNIER (Blois, 1600-1656)
Tancrède baptisant Clorinde (La Jérusalem délivrée)

Toile.

Haut. 171 Larg. 122 cm.
(Bande repliée à droite et à gauche d'environ 7 cm, petits accidents et manques).
Sans cadre.

Provenance : Château de Cheverny.

A painting by Mosnier depicting Tancredi baptizing Clorinda (The Liberation of Jerusalem). Canvas.

Bibliographie : Émeline Chassine et Jürgen Poirier, "Trois peintures de Jean Mosnier découvertes au château de Cheverny", maison de ventes Rouillac, Tours, 2021. Texte de présentation à consulter sur www.rouillac.com.

L’iconographie de l’épopée amoureuse de Tancrède et Clorinde est issue de la "Jérusalem délivrée" du Tasse (1544-1595). Dans ce poème, l’auteur retrace la première croisade menée par Godefroy de Bouillon contre les musulmans qui aboutit à la conquête de Jérusalem en 1099. Tancrède, le croisé, rencontre de manière fortuite Clorinde, l’héroïne sarrasine, et en tombe amoureux. Notre tableau représente la scène extraite du chant XII, strophes 64-69, du poème. Après avoir blessé mortellement son amante qu’il n’avait pas reconnu sur le champ de bataille, Tancrède, genoux au sol, lui administre les gestes du baptême à l’aide de son propre casque. Clorinde, blessée et mourante, est vêtue à l’antique, la poitrine dénudée. Elle est assise et adossée à un arbre. Son visage penché empli d’un regard à la fois doux et dramatique constitue la reprise d’une figure inspirée de Simon Vouet (1590-1649). Cette iconographie de La Jérusalem délivrée est reprise dans des tentures conservées au château de Châteaudun (342 x 294 cm) et au Musée des arts décoratifs à Paris (284 x 350 cm). La composition de notre Baptême ressemble en tout point à celle de La Mort d’Adonis exposée dans la salle des gardes du château de Cheverny. Si dans la première une femme accourt vers son amant mourant, dans la seconde un homme se précipite vers son amante aux abois. Cette habilité à dépeindre les sujets littéraires, et notamment romantiques, participe à la réputation de l’artiste. À Chenailles, il représente l’histoire de Renaud et Armide du même auteur dans l'un des salons du château.
Estimation : 12 000 € ~ 18 000 €
JEAN MOSNIER (Blois, 1600-1656) 
Tancrède baptisant Clorinde (La Jérusalem délivrée)

Toile.

Haut....
Lot 24
Lot 41
COSIMO COMIDAS DE CARBOGNANO (Dessinateur arménien, actif au XVIIIe SIÈCLE)
et TEODORO VIERO (Graveur italien, 1740 - 1819)
Vue panoramique du nouveau Sérail, Constantinople, c. 1778

Gravure. Quatre feuilles illustrées et trois demi-feuilles de légende.
Titrée et dédicacée : « Veduta del nuovo Serraglio tutta lésattezza da Galata presso dedicata a S.E. il Sig D Guglielmo delle due Sicilie e suo Inviato del Signore presa con L’Ospizio de R.R.P.P. Cappuccini de Ludolf Segretario di S.M il Rè Straordinario alla Porta Ottomana ».

Haut. 67 Larg. 196 cm (à vue).
(Mouillures, pliures et petits déchirements).

Provenance : propriété de Touraine.

A large panoramic view of Constantinople showing the New Seraglio ca. 1778. By Carbognagno and Viero. Engraving on four illustrated sheets and legend on three half sheets.

Œuvres en rapport :
- Carbognano, Paire de vues panoramiques de Constantinople à la fin du XVIIIe siècle, l'une depuis Galata, l'autre depuis la mer de Marmara, plume et encre noire (Haut. 52,5, Larg. 210,5 et Haut. 51,5, Larg. 214,5 cm.), Vente Artcurial, Paris, 31 mars 2016, n° 77 puis Shapero Rare Books, Londres.
- Carbognano, Vue panoramique du nouveau sérail, Constantinople, gravure rehaussée en couleur (Haut. 32, Long. 183 cm.), Musée Bénaki, Athènes, n° 25724.
- Carbognano, Vue panoramique du palais du Sultan, Constantinople, gravure rehaussée en couleur (dimensions inconnues), ancienne collection von Celsing, Orientalist Museum, Doha (d’après MacKenzie).
- Gudenus, Vue panoramique de la ville de Constantinople depuis Seraglio, Paris, c. 1760, gravure rehaussée en couleur (Haut. 46, Larg. 165 cm.), Musée Bénaki, Athènes, n° 29061.

Bibliographie : Julian MacKenzie, « Looking East, Looking West, The Ottoman World observed by European Travelers », Shapero Rare Books, Londres, n.d.

Par ses belles dimensions et sa transcription topographique précise, notre gravure se présente comme un rare témoignage de la Sublime Porte à la fin du XVIIIe siècle. Quatre-vingt points d’intérêts du palais de Topkapi sont numérotés dans le dessin et légendés en bas, des appartements les plus intimes jusqu’à Sainte Sophie en passant par le mausolée du sultan Selim. Si cette gravure dérive de la partie gauche d’un grand dessin à l’encre dédicacé après 1794 au premier ministre espagnol Godoy, son commerce est attesté à Venise dès 1778. Toutefois, un seul exemplaire était jusqu’à présent référencé au musée Benaki d'Athènes. Une suite gravée de ce panorama, provenant de l’ancienne collection Von Celsing, serait conservée au Musée Orientaliste de Doha.

Prolongement : texte de présentation "La vue du nouveau Sérail et la Sublime Porte", à consulter sur www.rouillac.com.
Estimation : 3 000 € ~ 5 000 €
COSIMO COMIDAS DE CARBOGNANO (Dessinateur arménien, actif au XVIIIe SIÈCLE)...
Lot 41
Lot 45
PIERRE SUBLEYRAS (Saint-Gilles-du-Gard, 1699 - Rome, 1749)
Portrait présumé de François Jacquier (1717-1788)

Toile.
Inscription au dos, sur le châssis (probablement une retranscription d'après une inscription sur la toile d'origine) : "P. Subleyras . pinx. Romae . an . 1738".

Haut. 45 Larg. 35 cm.
(Soulèvements et petits manques, rentoilé).
Cadre : d'époque Louis XVI

Provenance : château de l'Allier.

A 1738 presumed portrait of François Jacquier by Pierre Subleyras. Canvas marked "P. Subleyras pinx. Rome en 1738" on the back.

Parmi les grands peintres français nés autour de 1700 (Boucher, Chardin, Natoire, Van Loo ?), Subleyras est celui qui a eu le parcours le plus atypique puisqu'il n'a passé que deux ans de sa vie à Paris. Provençal d'origine, formé à Toulouse, il gagne Rome à la suite de sa victoire au Grand Prix de 1727, ville qu'il ne quittera plus, et où il mènera sa carrière à l'exemple de Nicolas Poussin ou de Claude Lorrain, un siècle avant lui.

Pour obtenir des commandes de retables ou autres grands formats destinés à des couvents, Subleyras a entretenu une grande sociabilité avec les gens d'église. C'est pourquoi son corpus comprend de nombreux portraits d'ecclésiastiques :
- Portrait du cardinal Silvio Valenti-Gonzaga, vers 1740, Rome, pinacothèque du Capitole,
- Portrait de l'abbé Giovanni Felice Ramelli, Turin, Galleria Sabauda,
- Portrait de l'abbé Tacchetti, idem,
- Portrait du cardinal Benedetto Odescalchi, Ponce, Museo de arte,
- Dom Cesare Benvenuti, Paris, musée du Louvre,

jusqu'à fixer les trait du plus élevé d'entre eux, le pape Benoit XIV (Chantilly, musée Condé, Versailles, musée du château et New York, Metropolitan museum). Comme le nôtre, ils se caractérisent par une description réaliste du visage, une analyse psychologique de son caractère et une grande empathie envers le modèle. Rapprochons aussi notre tableau du "portrait de Joseph Vernet" de Subleyras (musée d'Amiens), d'une date proche, vers 1739.

Nous remercions Monsieur Nicolas Lesur, qui prépare le catalogue raisonné de l'artiste, d'avoir confirmé l'attribution de ce tableau après examen de visu en avril 2021. Il nous a suggéré que le modèle pourrait être le père minime François Jacquier (1717-1788), mathématicien et linguiste réputé, auteur de commentaires sur la physique newtonienne, dans la tradition de recherches scientifique propre à l'ordre des minimes et plus particulièrement de l'institution romaine de la Trinité-des-Monts.

Les portraits connus de ce dernier, beaucoup plus tardifs, présentent une certaine ressemblance (par Laurent Pécheux, collection particulière, vers 1765 ; par le même, de profil, Rome Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette ; Louis-Gabriel Blanchet, musée de Nantes, 1772 ; Angelica Kaufmann, Bregenz, 1786).
Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
PIERRE SUBLEYRAS (Saint-Gilles-du-Gard, 1699 - Rome, 1749)
Portrait présumé de François...
Lot 45
Lot 48
FRANÇOIS BOUCHER (Paris, 1703-1770)
La petite laitière, 1769

Toile.

Signée et datée en bas à droite : « FBoucher 1769 ».

Haut. 64 Larg. 52.5 cm.
Cadre d'époque en bois sculpté et doré.

Provenance : collection Waldberg Farner à Paris, avec un certificat de Robert Lebel datant de 1951 ; par descendance, Touraine.

The little milkmaid. Canvas by Boucher inspired by the fable of La Fontaine Perrette et le Pot au Lait.

Bibliographie : Alexandre Ananoff, L'opera completa di Boucher, Milano, 1980, classici dell'arte, l'opera completa di Boucher, page, n°717 (version Champelinaud).

L'air rêveur de la laitière, et surtout les pierres bien en vue au premier plan, sur lesquelles elle va trébucher, ne laissent guère de doute qu'il s'agit d'une illustration de la fable de La Fontaine, Perrette et le pot au lait, de 1678 (Livre 7, fable 10).

Nous remercions Monsieur Alastair Laing pour son aide dans la description de ce tableau qu'il considère comme étant probablement la première version de ce thème que l'on connaissait à travers celle de l’ancienne collection Champalimaud, vente Londres, Christie's, 6-7 juillet 2005, lot 38, (Ananoff, 1976, p.304-306, n°679, fig. 1772, avec erreur de date lue 1769 et non 1760).

Cette composition est tissée par la manufacture de tapisserie des Gobelins dès 1773. Le Mercure de France indique en juillet 1777, que Cozette père et fils présentent plusieurs tapisseries à Louis XVI et Marie-Antoinette, parmi lesquelles deux petits tissages « l'un représentant la petite Laitière, d'après Boucher; & l'autre, le petit Boudeur, de Greuze ».

Notre tableau date de la dernière année d'activité du grand François Boucher, année où il réalise les décorations pour l'hôtel Bergeret de Frouville, un ensemble de six grandes toiles aujourd'hui réparties entre le Getty Museum de Los Angeles (Vénus sur les eaux, Aurore et Céphale), et quatre autres au Kimbel Museum de Fort Worth (Borée enlevant Or, Junon demandant à Eole de libérer les vents, Vénus dans la forge de Vulcain, Mercure confiant Bacchus enfant aux nymphes).
Estimation : 80 000 € ~ 120 000 €
FRANÇOIS BOUCHER (Paris, 1703-1770) 
La petite laitière, 1769

Toile.

Signée et datée...
Lot 48
Lot 49
JEAN-MARC NATTIER (Paris, 1685-1766)
Portrait de Marie-Geneviève Gaudart de Laverdine, 1734

Toile.
Signée à droite "Nattier Pinxit/1734"
Étiquette ancienne au dos sur le châssis.

Haut. 81 Larg. 65 cm.
Cadre en bois sculpté et doré, travail français d'époque Louis XV.

Provenance : conservé dans la famille du modèle depuis l'origine, qui a transmis par tradition cette identification.

A portrait of Marie Geneviève de Guillebon, wife of Gaudard de Laverdine, by Jean Marc Nattier. Canvas. Signed and dated 1734.

Inédit, ce beau portrait féminin s'inscrit aisément dans la carrière de Nattier aux côtés de ceux de Marie-Elisabeth de Rouvray de Saint-Simon (1739, collection particulière) ou de la marquise Emilie du Châtelet (1743, localisation inconnue). La pose est proche. Il invente une composition pyramidale de losanges imbriqués, le premier autour du visage, puis un autre dessiné par le décolleté et les pans du voile qui tombent sur les épaules. Ce subtil mouvement de la coiffe donne toute son originalité à notre toile. Jean Raoux avait mis à la mode le portrait féminin "en vestale" au cours des années 1720, qui par un contre-sens un peu paradoxal assimilait les prêtresses romaines du feu sacré aux jeunes femmes mariées gardiennes du foyer conjugal. Nattier reprend ici le concept. Il peint le modèle de façon réaliste, sans utiliser un travestissement mythologique ou, comme souvent, une draperie "bleu-Nattier", mais un contraste coloré dynamique surprenant. La gamme très douce autour du visage, probablement révélatrice du caractère serein du modèle, rendue un blanc nacré rompu d'un ton tilleul, des tons de roses différents, est dynamité en bas par un manteau rouge vif, gansé de broderies dorées.

Les mentions de l'étiquette sur le châssis nous entrainent dans l'aristocratie berrichonne du 18e siècle. Le modèle était la fille de Pierrre de Guillebon, sieur de Boissy lieutenant général des chasses du duché d’Orléans, et de Madeleine Guinebaud. Née à Bourges vers 1713, Marie-Geneviève épousa le 14 juillet 1729 à Orléans Pierre Gaudart de Laverdine (1701-1765), dont elle eut sept enfants : Marie-Anne en 1733, Françoise en 1734, Anne-Geneviève en 1735, Pierre en 1736, Etienne en 1737, Catherine en 1740, Benjamin en 1742 et Prosper (Gaudart de Verteuil) en 1743 (selon l'arbre généalogique de la famille Gaudart réalisé par Antoine Gaudart sur le site Geneanet).

La notoriété de la famille de son mari remontait au début du 15e siècle, lorsque le négociant Pierre Godart devint un compagnon de Jacques Coeur. Plus tard, Étienne Gaudart, marchand, échevin de Bourges, acquit en 1678 la seigneurie des Verdines, et fut anobli en 1689 grâce à l'office de trésorier de France. Son fils et son petit-fils, l'époux de Marie-Geneviève, héritèrent de cette charge de trésorier. Ce dernier était aussi commissaire des Ponts et Chaussées de la généralité du Berry et demeurait à la paroisse Saint-Ursin à Bourges. Le peintre néoclassique Alphonse Gaudar de Laverdine (1780- 1804), Grand Prix de Rome 1799, était le petit-fils de notre modèle (une exposition lui a été consacré à Châteauroux en 1999).

Nattier est le plus grand portraitiste de l'époque Louis XV. Même s'il s'était déjà fait remarquer dès le début du siècle par Louis XIV et le tsar Pierre le Grand, c'est dans le second tiers du 18e siècle qu'il donne la pleine mesure de son talent. Fils de peintre, il est agréé à l'Académie royale en 1713 et élu membre cinq ans plus tard. Dans les années 1730, il peint de nombreuses effigies à mi-corps, comme cette toile, en variant à chaque fois la pose ou le cadrage. Ses carnations d'une grande douceur et le rendu des textures, des tissus lui assurent une importante clientèle. Il est alors le portraitiste officiel de la famille d'Orléans. C'est dans les décennies suivantes, 1740 et 1750, qu'il réalise les célèbres portraits de la famille royale à Versailles.
Estimation : 100 000 € ~ 150 000 €
JEAN-MARC NATTIER (Paris, 1685-1766) 
Portrait de Marie-Geneviève Gaudart de Laverdine,...
Lot 49
Lot 50
TRAVAIL INDO-PORTUGAIS DU XVIIIe SIÈCLE
Cabinet Contador et son piètement

en teck, ébène, ivoire, laiton et palissandre ouvrant par treize tiroirs en façade.
Décor sur les trois faces et le dessus d'une marqueterie géométrique en bois d'essences diverses et en ivoire. Poignées de tirage et de portage, clous et écoinçons en bronze découpé et doré.
Son piètement ouvrant par trois grands tiroirs repose sur quatre pieds sculptés à décor d'indigènes en espagnolette.

Haut. 120 Long. 88 Prof. 47 cm.
(Restaurations d'usage).

Provenance : succession Mme G., avenue de la Tranchée à Tours.

An Indo-Portuguese 18th century teak, ebony, ivory, brass and rosewood "Contador" chest of drawers. Four-legged base decorated with carvings of Indigenous people.

Œuvres à rapprocher dans les collections suivantes :
- Museo Abade de Baçal à Branganca, Portugal.
- Museo Nacional de Arte Antiga à Lisbonne, Portugal.
- Victoria and Albert Museum à Londres, Grande-Bretagne (inv. 777-1865) . Reproduit dans A. Jaffer, "Luxury Goods from India", Victoria and Albert Museum, Londres, 2002, p.58-59.
- Musée Jacquemart André, Paris (dans le fumoir).

Parti en quête d’épices, Vasco de Gama établit en 1498 un premier comptoir commercial portugais sur la côte de Malabar aux Indes. La présence portugaise est accompagnée des Jésuites, afin de développer la foi chrétienne et la culture occidentale auprès des élites du sous-continent. Elle dure près d’un demi-millénaire et culmine au XVIIe siècle alors qu’elle englobe les riches territoires de Bombay et de Goa. Fabriqué dans la riche province du Gujarat, notre cabinet est dit « Contador », ou comptoir. C’est un meuble hybride, à cheval entre deux continents et deux mythologies. Il reprend l’architecture en vogue à la cour de la maison de Bragance à la fin du XVIIe siècle et offre une démonstration de l’ingéniosité des ébénistes indiens. Ses incrustations de teck, palissandre, ébène, ivoire, os et cuivre doré subliment les motifs floraux inspirés des albums moghols. Sa composition générale, son décor marqueté de cercles étoilés ainsi que son piètement formé de figures anthropomorphes sont typiques de l’excellence de l'art indo-portugais destiné à une clientèle européenne cultivée et fortunée aux goûts exotiques.
Estimation : 10 000 € ~ 15 000 €
TRAVAIL INDO-PORTUGAIS DU XVIIIe SIÈCLE 
Cabinet Contador et son piètement...
Lot 50
Lot 51
ANGLETERRE, FIN DU XIXe SIÈCLE
Buffet aux amours des Dieux

à décor de scènes peintes sur trois côtés d'après les Métamorphoses d'Ovide, il ouvre en façade à deux portes cintrées, aux miroirs gravés d’étoiles. La partie basse ouvre à quatre tiroirs. Les portes peintes aux revers découvrent quinze tiroirs également à décor de scènes mythologiques. Le dessus en chapeau de gendarme est surmonté d’un chinois assis tenant une conque, encadré de deux putti tenant également une conque.

Haut. 247 Larg. 121,4 cm
(Restaurations d’usage)

Provenance : collection personnelle Doré, hôtel de l’Europe, Tours.

An English 19th century cabinet with painted panels depicting Ovid's metamorphoses. Two mirrored doors, nineteen drawers.

Ce meuble décoré de panneaux peints est à l’image d’une bibliothèque anglaise dessiné par William Bruges qui a figuré à l’Exposition universelle de Londres en 1862. La composition des personnages des Métamorphoses d'Ovide est parfois reprise du plafond par Annibal Carrache pour le Palais Farnese. On y reconnaît notamment certains amours mythologiques.

Sur la partie supérieure :
- Dieu fleuve et deux déesses.
- La mort de Hyacinthe.
- Deux déesses dans un paysage ?
- Messager et femme dans un paysage ?
- Zeus et Héra.
- Le combat entre Amour et Pan.
- Hercule et Omphale.
- Le sommeil d'Endymion.
- Narcisse se mirant dans l'eau.
- Byblis poursuivant Caunos.
- Apollon berger gardant le troupeau d'Admète.
- Apollon et Daphnée.
- Vénus et Anchise.
- Narcisse se mirant dans l'eau.
- Salmacisse et Hermaphrodite ?

A l'intérieur des portes :
- Apollon et nymphes ?
- Circée.

Sur le côté gauche :
- Vénus, Adonis et Cupidon ?
- Diane et Callisto ?

Sur le côté droit :
- Pan enlevant Syrinx.
- Mercure et bergers ?

Sur la partie inférieure :
- Les amours du Dieu Fleuve.
- Vénus pleurant la mort d'Adonis.
- Jason et Médée ?
- Mercure et Argus ou Apollon et Daphnis ?

Nous remercions Stéphane Pinta qui a confirmé l'attribution anglaise de ces peintures.
Estimation : 10 000 € ~ 15 000 €
ANGLETERRE, FIN DU XIXe SIÈCLE 
Buffet aux amours des Dieux...
Lot 51
Lot 55
ÉPOQUE RÉGENCE
Régulateur aux dragons

en placage de bois de violette de forme mouvementée et galbée, ouvrant par une porte en façade. Il repose sur une base en plinthe. Le mouvement d’horloge est au centre de la tête de poupée.
Ornementation de bronzes ciselés et dorés : agrafes, lunette rocaille, moulures. Certains bronzes sont marqués au « C » couronné.

Mouvement d’horloge postérieur signé Mangeant N° 297 A Paris (maîtrise en 1734) en bronze composé de 25 cartouches en émail bleu Roi, aux chiffres romains pour les heures et arabes pour les minutes.

Haut. : 202,5 Larg. 49 Prof. 24,5 cm.
(Restauration d’usage pour la caisse ; suspension du mouvement modifiée).

Provenance : collection orléanaise.

A Regency period dragon floor clock. Violet veneer case with a bronze clock movement signed "Mangeant N° 297 A Paris" (master clockmaker in 1734).

Le « C » couronné correspond à une taxe en vigueur entre 1745 et 1749. Il s’agit d’un impôt au moment de la guerre de succession d’Autriche où les besoins financiers de l’État sont importants. Cet impôt concerne "tout ouvrage vieux ou neuf de bronze, de cuivre pur, de fonte, de cuivre mélangé, forgé, moulu, battu, plané, gravé, doré, argenté et mis en couleurs, sans aucune exception" exécuté ou vendu pendant cette période de quatre ans. Ceci explique que certaines œuvres datant d’avant 1745, d’époque Louis XIV et Régence comme ce régulateur, peuvent avoir été contrôlées et marquées du « C » couronné.
Estimation : 4 000 € ~ 6 000 €
ÉPOQUE RÉGENCE 
Régulateur aux dragons 

en placage de bois de...
Lot 55
Lot 57
PAULI ou PAOLI (Malines, 1625-1690), ROMBOUTS PAUWELS dit
Vénus caressant l'Amour

Groupe en terre cuite.
Sur le dessus de la terrasse, une signature Lemoine rapportée.

Haut. 42 Long. 58 cm.
(Petits accidents et restaurations).

Provenance : collection André et Monelle Vogt à Bussang (Vosges), avant 1920 ; par descendance.

Venus touching love in terracotta by Paoli from the former Vogt collection.

Œuvres en rapport :
- Rombouts Pauwels, Vénus caressant l’Amour, bronze, 30,6 x 42 x 17,7 cm, Munich, au Bayerisches Nationalmuseum, n°inv. 63/11.
- Rombouts Pauwels, Vénus caressant l’Amour et Vénus enseigne l’art du tir à l’arc à l’amour, paire de terre cuites, 35 x 49 x 28,5 cm et 35 x 51 x 28,5 cm, l’une signée, conservée au palais des Beaux-Arts de Lille, n°inv. 987.8.1.

Littérature en rapport :
-« La sculpture au siècle de Rubens dans les Pays bas méridionaux et la principauté de Liège », cat exp. tenue au musée d’art ancien, Bruxelles, 15 juillet – 2 octobre 1977.
-Alain Jacobs, « Fascination baroque, la sculpture flamande dans les collections françaises », cat. exp. tenue au musée de Flandre, Cassel du 15 octobre 2011 au 29 janvier 2012, Coédition musée de Flandre / Somogy, 2011, pp.118 -221.

Natif de Malines, Rombouts Pauwels prend le pseudonyme de Pauli vers 1643 à son retour de Rome où il aurait fréquenté Nicolas Poussin et François Duquesnoy. Il est inscrit dès l’âge de onze ans comme apprenti à la Guilde de Saint-Luc à Malines et, à son retour d’Italie au tournant du XVIIème siècle, il obtient sa maîtrise dans cette ville, puis à Gand. Si son œuvre est rare et peu documentée, Pauwels s’inscrit pourtant parmi les plus grands noms de la sculpture flamande du siècle de Rubens, avec François et Jérôme Duquesnoy, Lucas Faydherbe ou encore Artus Quellin. Sa réalisation la plus connue et admirée est le mausolée de l’évêque de Gand, Carolus Maes, en la cathédrale de Saint-Bavon à Gand. Outre sa production sacrée on lui doit aussi différents groupes autour des thèmes de l’Enfance, de l’Amour ou de la Maternité, tous imprégnés d’humanisme, de morale et d’érudition, marqueurs forts du grand art baroque développé aux Pays-Bas au milieu du « Grand siècle ».

De notre important groupe « Vénus caressant l’Amour », on connaît une version en bronze (30,6 x 42 x 17,7 cm, conservée à Munich, au Bayerisches Nationalmuseum, n°inv. 63/11) et une version en terre cuite avec des variantes (35 x 49 x 28,5 cm, signée, conservée au palais des Beaux-Arts de Lille, n°inv. 987.8.1). D’autre part, un groupe en bronze doré, anonyme (37,5 x 50 x 22 cm), du même modèle, assurément attribuable à Pauli, est passé en vente publique chez Thierry de Maigret à Paris le 22 septembre 2018. Notre ample et belle terre cuite est inédite et s’ajoute à ce corpus. Sans conteste de la main de Pauwels, le groupe est modelé dans une terre ocre rouge que l’on retrouve dans les ateliers malinois ou anversois. Il porte une curieuse signature « Lemoine » incisée sans doute au XIXe siècle par une main aussi peu scrupuleuse que compétente quant à la connaissance du style du portraitiste français du XVIIIe siècle.

Cette Vénus et cet Amour sont les héritiers directs des « Vierges à l’Enfant » flamandes de la période baroque, comme l’attestent les attitudes pleines de tendresse des deux protagonistes. La main aux doigts effilés de Vénus qui vient pétrir avec une affection toute maternelle la hanche de l’Amour ainsi que son regard plongé dans les yeux grands ouverts d’un Cupidon se laissant bercer et caresser renvoient à l’opposition entre l’amour sacré et l’amour profane, sujet cher dans les Flandres, au XVIIe siècle. L’iconographie de ce groupe a, par ailleurs, longtemps été discutée. Si le musée des Beaux-Arts de Lille présente (en paire avec une « Vénus enseignant l’art du tir à l’arc à l’Amour », du même artiste) sa version sous le titre de « Vénus caressant l’Amour », la version en bronze de Munich était, quant à elle, autrefois attribuée à Artus Quellin et titrée « La Charité ». On note la maîtrise, l’ampleur et le goût de Pauli dans le traitement spécifique des drapés et son application dans le rendu de la couverture et de la riche tête de lit, absents de la version lilloise mais présents dans le bronze de Munich. Pauli renouvelle ici le thème de l’amour maternel de la déesse pour son fils Cupidon et annonce, sans renoncer au classicisme et à l’élégance du XVIIe siècle, l’art plus mondain et plus esthétisant du XVIIIe siècle qui s’annonce.
Estimation : 30 000 € ~ 50 000 €
PAULI ou PAOLI (Malines, 1625-1690), ROMBOUTS PAUWELS dit
Vénus caressant l'Amour

Groupe...
Lot 57
Lot 59
ATTRIBUÉ À PHILIPPE CAFFIERI (1714 - 1774)
Paire de grandes appliques

en bronze ciselé et doré. Les fûts en enroulements d'acanthe superposés sont prolongés en leur centre par deux bras de lumière aux courbes croisées, à décor de feuilles d'acanthe aux fruits. Les bobèches aux feuilles déchiquetées soutiennent les binets de forme hélicoïdale à décor de graines. Dorure au mercure.

Époque Louis XV.

Haut. 58,2 Larg. 37,5 cm.
(Anciennement montée à l'électricité).

Provenance :
- Vente à Lille, étude Mercier, Velliet et Thullier, du 24 avril 1983.
- Collection orléanaise.

A pair of large Louis XV period chiseled and gilded bronze sconces attibuted to Philippe Caffieri. To be compared with chandeliers found in the Hôtel d'Evreux, the current Élysée Palace.

Bibliographie : Pierre Verlet, "Les bronzes français du XVIIIe siècle", éditions Picard, Paris, 1987, note 3274, p. 288.

La famille Caffieri est une dynastie de sculpteurs, fondeurs et dessinateurs. Jacques Caffieri (1678-1755) a le titre de « fondeur, sculpteur et ciseleur du Roi ». Le premier Fillipo Caffieri est appelé en France par Mazarin en 1660, où il est installé aux Gobelins pour travailler sous la direction de Charles Le Brun aux sculptures des meubles et boiseries du château de Versailles. Cette lignée de bronziers fournit tout au long du XVIIIe siècle les commandes royales.

Dans la composition et le modelé de notre paire d'appliques un rapprochement est à faire avec le lustre aux armes de Madame de Pompadour attribué à Caffieri par Pierre Verlet. Ce lustre, daté vers 1750, est conservé à la bibliothèque Mazarine à Paris. Caffieri travaillait en effet pour la Marquise de Pompadour. Deux lustres, dont celui-ci, se trouvaient au moment de sa mort dans son hôtel du faubourg Saint Honoré, actuel palais de l'Élysée.
Estimation : 12 000 € ~ 18 000 €
ATTRIBUÉ À PHILIPPE CAFFIERI (1714 - 1774) 
Paire de grandes...
Lot 59
Lot 60
GEORGES JACOB (Cheny, 1739 - Paris, 1814)
Suite de quatre sièges du comte d'Artois, estampille I. Jacob

Composée d'une paire de fauteuils et de deux chaises en bois relaqué. Les fauteuils à assises rondes reposent sur des pieds cambrés en console. Les accotoirs à manchettes reposent sur des consoles à enroulement. Les chaises présentent une assise dite « fer à cheval ».
Marques au fer chaud "GM" et "AT" pour le Garde meuble du comte d'Artois.
Estampille partielle « I. Jacob » pour Georges Jacob (1739-1814), reçu maître en 1765.

Époque Louis XVI.

Fauteuils : 90,5 Larg. 61,4 Prof. 53 cm.
Chaises : Haut. 91,4 Larg. 48 Prof. 45 cm.
(Équerres sur l'une des chaises, laque postérieure, ceintures décapées, garniture postérieure).

A Louis XVI set of four seats (two armchairs and two chairs) having belonged to the count of Artois, by Georges Jacob. Branded GM and AT and stamped "I. Jacob".

Il n'existe pas d'inventaire du comte d'Artois, mais nos quatre sièges sont identiques à la suite de douze chaises livrées en 1777 et conservées dans la salle à manger du château de Maison. Le château de Maison est le premier nom donné au Château de Maisons-Laffitte, dans les Yvelines. Le comte Charles Philippe d’Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X reçoit par le Roi le château de Maison en 1777. Il s'agit de l'une de ses résidences.

Le comte d'Artois est un amoureux des Arts au point d'engager un pari, qu'il gagne, avec sa belle-soeur Marie-Antoinette. En moins de deux mois, en 1777, il réussit à faire construire « La Folie d'Artois » ou château de Bagatelle dans le bois de Boulogne, avec les plus grands faiseurs : l'architecte François Bellanger, les peintres Hubert Robert, Fragonard, Greuze et Lagrenée. L'ameublement nécessite deux années supplémentaires, à l'occasion desquelles le comte d'Artois commande à Georges Jacob et à Jean-Baptiste Boulard huit marquises en noyer sculpté et doré et à l'ébéniste Denizot une grande table pour jouer au pharaon (jeu de cartes et d'argent en vogue à Versailles sous Louis XV et Louis XVI) entouré de huit fauteuils et de seize chaises.

Tous les grands ébénistes fournissent le comte d'Artois : Riesener, Gaudreaus, Leleu et Joubert avec la remarquable encoignure de sa chambre. Son mobilier est célèbre avec quelques pièces hors normes comme le coffre de sa chambre orné de son chiffre en bronze sur un piètement en bois doré par Jacob, les célèbres sièges de sa chambre en bois également par Jacob et sculpté par Rode et doré fin 1770 à décor faisceaux d'armes et à la turque (vente Artcurial 22 juillet 2020 et vente à Dijon le 14 mai 2000). Il existe aussi des bronzes spectaculaires, comme la paire d'appliques à motifs de fût de canon et aux armes de France (Vente Sotheby's mars 2015) de la collection de l'expert Dillée.
Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
GEORGES JACOB (Cheny, 1739 - Paris, 1814) 
Suite de quatre...
Lot 60
Lot 62
PIERRE-ÉTIENNE-DANIEL CAMPAGNE (1851-1910) et FRANÇOIS LINKE (1855-1946)
Louis XVI et Marie-Antoinette sur une paire de gaines

Le couple royal à la colonne sur une terrasse circulaire entourée d’un rang de perles. Les sculptures sur des piédestaux en placage d’acajou, bronzes dorés et ciselés sur toutes les faces.

Les bronzes signés « Campagne » sur la terrasse.
Haut. Louis XVI 43,5 cm.
Haut. Marie-Antoinette 48 cm.
Haut. totale 65,5 et 69 cm.

Les gaines en acajou et placage d’acajou, à riche ornementation en bronze doré et ciselé. Elles présentent en partie supérieure une importante doucine se terminant par un rang d’oves et dards. En façade, deux appliques. La première composée d’une guirlande végétale ornée d'un carquois et un caducée, la seconde figurant une verge enrubannée et se prolongeant par des couronnes de laurier. La base à doucine encadrée de deux frises, l'une à feuilles de laurier enrubannée et l'autre à un rang de feuilles d’eau. Les côtés ornés de rangs de perles. Dessus de marbre vraisemblablement Hautacam ivoire.

Signées "Linke" sur le rang supérieur.
Style Louis XVI, fin du XIXe siècle.

Haut. 129,5 Larg. 41,5 Prof. 29,3 cm.
Haut. totale gaine et statues : 194,5 (Louis XVI) et 198,5 cm (Marie-Antoinette).
(Accidents et restaurations).

Provenance : château d'Île-de-France.

A pair of Louis XVI style bronze sculptures of King Louis XVI and Queen Marie-Antoinette on mahogany wood and veneer pedestals with bronze ornamentations and marble tops. By Campagne and Linke, late 19th century.

D'origine allemande et formé dans l'atelier de Neumann, François Linke s'installe en 1881 dans son propre atelier du faubourg Saint-Antoine à Paris, où il propose des meubles de qualité reprenant les styles du XVIIIe siècle. Il reçoit une fortune critique exceptionnelle à l'Exposition universelle de 1900, faisant de son stand "le gros événement de l’histoire du meuble d’art". Si la reproduction du bureau à cylindre de Louis XV est son chef-œuvre, notre paire de gaines de style Louis XVI, complétée par les portraits du roi et de la reine par Campagne, illustre le goût pour l'historicisme en cette fin de XIXe siècle.
Estimation : 40 000 € ~ 50 000 €
PIERRE-ÉTIENNE-DANIEL CAMPAGNE (1851-1910) et FRANÇOIS LINKE (1855-1946)
Louis XVI et Marie-Antoinette...
Lot 62
Lot 70

CLAUDE MONET (Paris, 1840 – Giverny, 1926)


La Ville de Dieppe, 1882

The city of Dieppe (titre Knoedler)

Toile.
Signature apocryphe sur la doublure de la toile « Claude Monet ».
Etiquette sur le châssis (en rouge pour le numéro) « 43200 Picture ».
Numéro au feutre bleu « CA 2382 » (n° photo. Knoedler).
Numéro au feutre noir « 9440 ».

Haut. 60 Larg. 74 cm. - 29 x 23 ½ in. (Knoedler)

Provenance
- Famille de l'artiste, Giverny.
- Galerie André Weil, Paris.
- André Weil, Hotel Langdon, 2 E., 56th, New York.
- M Knoedler & Co Inc. New York, acquis du précédent en janvier 1945 pour 2000 $.
- Mrs Charles V. Campbell (1910-1995), 4505 De Loasle Ave, Dallas, Texas, acquis du précédent en juin 1945 pour 2500$, sous le titre The City of Dieppe.
- Vente, New York, Christie’s, 30 avril 1996, n°32, repr. coul. Property from a Texas Estate.
- Vente, Paris Drouot Montaigne, 17 décembre 1998, n°10, repr. coul.
- Collection particulière, Suisse puis Japon, c. 2012.

The city of Dieppe by Claude Monet. Canvas. A canvas from the former André Weil collection in Paris, exhibited at the Moma in New York and then at Lacma in Los Angeles.February 1882.

Certificats
Certificat du Wildenstein Institute, 23 octobre 2014.
Biometrical Art Passport N° PLW1WPCZ0 sécurisé dans la blockchain via Artmyn, 8 mars 2021.
Certificat Art Loss Register, 16 mars 2021

Super Zoom et vue 5D

Estimation
nous consulter.

Expositions
- « Centenaire de Claude Monet - Exposition au profit du « Colis aux Armées », Paris, Galerie André Weil, 30 janvier - 21 février 1940, s.n., n. r..
- “Claude Monet, Seasons and moments”, New-York, MOMA (Museum of Modern Art), March 9 – May 15, 1960 et Los Angeles, Los Angeles County Museum of Art, June 14 – August 7, 1960, p.61, n°30 ? (The Harbor at Dieppe (Private collection, New York)).

Bibliographie
- Daniel Wildenstein, « Claude Monet Biographie et Catalogue raisonné », Lausanne, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1979, tome II 1882-1886, n°707, p 60, repr. p. 61 (noir & blanc).
- Daniel Wildenstein, « Monet Catalogue Raisonné », Cologne, Paris, Taschen, Wildenstein Institute, 1996, vol. II, n°707, p 265, repr. p. 264 (sépia).

Prolongement
Géraldine Lefebvre, "La ville de Dieppe par Claude Monet", texte de présentation à consulter sur www.rouillac.com.
CLAUDE MONET (Paris, 1840 – Giverny, 1926)
La Ville de Dieppe,...
Lot 70
Lot 71
PIERRE-AUGUSTE RENOIR (Limoges, 1841 - Cagnes-sur-Mer, 1919)
Aline et Pierre Renoir dans un jardin, c. 1885

Toile.
Cachet de la signature en bas à droite.

Haut. 43 Larg. 43,7 cm.

Provenance :
- Succession Renoir.
- Galerie Bernheim-Jeune, Paris, 1931.
- Oscar Fischer, Anvers.
- Par descendance, collection particulière, Paris.
- Vente Sotheby's, Londres, 26 juin 1991, lot 111.
- Vente Sotheby's, Londres, 22 juin 2004, n°121.
- Collection particulière, Touraine.

A 1885 Renoir painting of his wife Aline and their son Pierre in a garden.

Bibliographie :
- "L'atelier de Renoir", Bernheim-Jeune, Paris, 1931, œuvre illustrée t. I, pl. 3, n°6.
- Guy-Patrice et Michel Dauberville, "Renoir Catalogue raisonné des tableaux, pastels, dessins et aquarelles (1882-1994)", éditions Bernheim-Jeune, Paris, 2009, n°1021, reproduit p. 213 sous le titre : "Esquisse (Aline Charigot et son fils Pierre)".

Avis d'inclusion au catalogue critique du peintre du Wildenstein Institute au nom du Comité Renoir en date du 24 mai 2012.

D'UNE "FUGACE IMPRESSION" À LA SENSATION DU BONHEUR DURABLE

Les grands artistes se réinventent. Acteur majeur de l’impressionnisme, Renoir ne se satisfait plus de sa peinture dans les années 1880 : il cherche une nouvelle voie.

À la manière des peintres, architectes et sculpteurs partis en Italie au milieu du XVIIIe siècle à la rencontre du monde antique, Renoir entreprend d’importants voyages entre 1881 et 1883. Plongé dans la misère, égratigné par la critique, il désire aller vers une peinture plus sérieuse et officielle. Pour sortir de l'impasse de la modernité, il rend visite à l’Estaque à Paul Cézanne. Ce dernier se détache déjà de l'impressionnisme pour jouer sur les volumes et "faire du Poussin sur nature". Puis, comme les Orientalistes, Renoir va à la découverte de l’Afrique du Nord.

Mais c’est en Italie, au cours de l’hiver 1881-1882, que Renoir a la révélation d’une nouvelle manière. Frappé par l’œuvre de Raphaël, particulièrement par les "Stanze" du Vatican, il se prend à dessiner le contour des formes qu’il articule de couleurs acides. Cette « manière aigre » pour son chromatisme ou « période ingresque » pour ses accointances avec cet autre raphaélesque français, se résume en un chef-d’œuvre : Les Grandes Baigneuses (1884-1887, Philadelphie).

Ce jalon dans la carrière de l’artiste est aussi le témoignage d'un bouleversement intime. Lorsqu'il peint le Déjeuner des canotiers (1880-1881, Washington, The Phillips Collection), Renoir présente déjà la même jeune femme blonde, alors jouant avec un chien : Aline Charigot (1859-1915). Séduit par son modèle, ils deviennent amants et il l'épouse en 1890. Aline accompagne Auguste en Italie. La révolution picturale accompagne pour l’artiste la découverte de l’amour durable. Aline lui donne trois enfants, Pierre (1885-1952), Jean (1894-1979) et Claude (1913-1993). À la naissance de Pierre, Renoir abandonne ses œuvres en cours et se consacre à des toiles sur la maternité. C’est ce même thème qu’il revisitera avec Guino, mais cette fois en sculpture, après la mort d’Aline en 1915.

Notre esquisse présente cette femme tout en courbes, comme sur un autre portrait d’Aline (1885, Philadelphie). Blonde et douce, le peintre l’esquisse en touches hachurées qui rappellent l’œuvre de Cézanne dans les années 1880. Deux autres études en extérieur de la même année, illustrées au catalogue raisonné (1022 A et 1022 B, p. 214 Guy-Patrice & Dauberville), figurent aussi la maternité d’Aline. Notre toile, ces deux esquisses et le portrait d’Aline de Philadelphie prouvent l’importance que l’être aimé prend dans l’œuvre et dans la vie du peintre. Les figures rouges et bleues silhouettées de notre peinture jaillissent du fond vert. Renoir ne met pas l’accent sur l’individualité des modèles mais sur la douceur du moment. Plutôt que de s’attacher à l’intérieur des figures, l’artiste travaille les nuances de l’arrière-plan végétal. Renoir dessine le contour du motif d’un mystérieux trait d’union entre Ingres et Cézanne…
Estimation : 150 000 € ~ 250 000 €
PIERRE-AUGUSTE RENOIR (Limoges, 1841 - Cagnes-sur-Mer, 1919)
Aline et Pierre Renoir...
Lot 71
Lot 72
PIERRE-AUGUSTE RENOIR (Limoges, 1841 - Cagnes-sur-Mer, 1919)
et RICHARD GUINO (Gérone, 1890 - Antony, 1973)
"Maternité", 1916

Plâtre de fonderie, patiné.

Haut. 54,5 cm.
(Sauts de patine).

Provenance :
- Ambroise Vollard.
- Lucien Vollard.
- Galerie Bignou.
- Succession de Madame Marguerite Bignou.
- 17e vente Garden Party, Me Rouillac, château de Cheverny, 5 juin 2005, n°56.

The foundry plaster by Renoir and Guino entitled "Maternity" dating from 1916.

Bibliographie :
- Paul Haessaerts, "Renoir Sculpteur", éditions Hermès. Plâtre reproduit planche XXXII, n°17 : "Madame Renoir assise allaite son fils aîné, Pierre".
- Emmanuelle Héran, "Renoir sculpteur ?", in "Renoir au XXe siècle", Paris – Galeries nationales du Grand Palais, Cat. éd. Paris RMN, 2009, pp. 70 à 81.

Certificat bien culturel de libre sortie du territoire.

Lors de la vente aux enchères de cette œuvre en 2005, le conseil de la Succession Richard Guino a confirmé son authenticité, précisant que l'éventuelle édition de ce plâtre est limitée aux ayants droit des artistes. Ainsi, cette œuvre est protégée et sa reproduction soumise à autorisations.

RENOIR SCULPTEUR

Au décès de son épouse Aline en 1915, Renoir imagine un monument funéraire destiné à sa tombe dans le cimetière de Nice. Avec le sculpteur Richard Guino, il réinterprète son chef-d'œuvre de 1885 la représentant allaitant leur fils ainé Pierre (Musée d'Orsay, RF 1998 35). Les deux hommes travaillent à deux sculptures, cette "Maternité" et son "Buste", pendant l'été 1916 à Essoyes puis à Paris. Un agrandissement du buste est finalement coulé dans le bronze, mais dérobé en 2005 du tombeau des Renoir qui avait été transféré à Essoyes.

Entre 1913 et 1918, le marchand Ambroise Vollard "trouve des mains" pour Renoir, en la personne du jeune sculpteur catalan Richard Guino, un praticien de Maillol. Un cycle d'œuvres mythologiques inspirées de dessins et tableaux de Renoir est d'abord réalisé. Les sculptures sont fondues dans le bronze en huit exemplaires numérotés par le fondeur Valsuani et ensuite commercialisées avec succès par la Galerie Vollard. Il n'existe pas de contrat entre Guino et Renoir, mais seulement entre le catalan et le marchand. Une fois approuvés par le maître, les plâtres sont apportés à Paris où Vollard dispose de l'empreinte de la signature de Renoir. Édités hors de son contrôle, cela conduit Renoir à mettre un terme à cette aventure en 1918.

Notre sculpture, réalisée entre juillet et septembre 1916, n'est pas une commande de Vollard, mais une initiative du peintre avec le jeune sculpteur, en hommage à son épouse décédée. La fonderie Valsuani a par la suite fondu un nombre indéterminé de bronzes à partir de ce plâtre dans différentes tailles. Ainsi, deux séries de huit plus quatre épreuves d'artiste sont référencées (Haut. 31 et 54 cm), de même que d'autres séries par Rudier et Susse Frères numérotées sur dix ou vingt exemplaires (Haut. 53,7 ou 54 cm). De plus, deux séries paraissent avoir été réalisées de façon posthume en terre cuite, probablement à partir de surmoulages : l'une est numérotée sur cinq (Haut. 52 cm) et l'autre non numérotée mais marquée "Terre de Saline" (Haut. 50 cm.).

Provenant du fonds de la galerie Vollard puis de celle d'Etienne Bignou qui commercialisa aussi les bronzes de Renoir, notre plâtre serait donc le chef modèle original de cette longue et prestigieuse série. Restitué par le fondeur Valsuani à la galerie Vollard avec sa patine cireuse, il serait l'une des rares œuvres originales de Renoir et Guino sur la "Maternité" dont dérivent les autres tirages, comme un pendant au tableau dont il s'inspire, conservé au musée d'Orsay,

Nous remercions Isabelle Gaétan et Nadège Horner de la documentation du musée d'Orsay pour leurs précisions.
Estimation : 30 000 € ~ 50 000 €
PIERRE-AUGUSTE RENOIR (Limoges, 1841 - Cagnes-sur-Mer, 1919) 
et RICHARD GUINO...
Lot 72
Lot 77
FÉLIX VALLOTTON (Lausanne 1865 - Paris, 1925)
Femme nue couchée sur un lit, 1911

Toile.
Signée et datée en bas à droite “F.VALLOTTON.II”.

Haut. 114 Larg. 162,5 cm.

Provenance :
- Succession Vallotton, Paris.
- Rodrigues-Henriques, Paris.
- Succession J.Rodrigues-Henriques, Paris.
- Vente Sotheby’s, Zurich, 13.11.1982, n°73, repr.
- Vente Sotheby’s, Zurich, 26.11.1983, n°67, repr.

A 1911 Vallotton painting of a naked woman on a bed, Signed “F.VALLOTTON.II”.

Bibliographie :
- Marina Ducrey, "Félix Vallotton œuvre peint", 5 continents éditions, Milan, 2005, Tome III, n°886.
- Félix Vallotton, « Livre de raison, liste des œuvres, peinture et gravures, faites dans l’ordre chronologique à partir de 1885 », in Hedy Hahnloser-Bühler, Félix Vallotton et ses amis, Paris, A. Sedrowski, 1936, Lrz 833 : “Femme nue couchée sur le coté, de face, les jambes repliées, sur un lit avec matelas rayé gris (T100)”.
- Arsène Alexandre, « Exposition F. Vallotton », Le Figaro, 30 janvier 1912, p. 5.
- N.s, L’Action Nationale, 10.03.1912.
- N.s, L’Art Décoratif, 1912.

Exposition : Galerie Eugène Druet, "Exposition de peintures de Félix Vallotton", Paris, 1912, n°2, “Femme couchée”

Le Suisse Félix Vallotton est un peintre singulier, partisan de la ligne dans un temps où les maîtres de la couleur s’imposent, tels les impressionnistes et les fauves. Des cernes fins servent ses œuvres en cloisonnant les couleurs, telle sur cette œuvre présentée en 1912 à l’exposition de la galerie Druet. Peinte l’année précédente, la toile renvoie incontestablement aux maîtres de la peinture européenne tels : Titien, Tintoret, Giorgione ou Vélasquez. Ici Vallotton rend hommage aux artistes du passé sans sacrifier à ses exigences contemporaines. Le matelas rayé, la porte laquée vert et le mur peint en brun situent la scène dans un intérieur du début du XXe siècle. L’ensemble ferme la composition sans perspective, tandis que le modèle au premier plan détourne son regard, peut-être en signe de pudeur.

La femme n’est pas idéalisée, contrairement à une partie de sa production des années 1904 à 1908 inspirée par la mythologie. Sujet majeur de son œuvre, plus de cinq cents tableaux les représentent tantôt avec réalisme tantôt idéalisées, telles des vénus antiques. Notre toile ne figure donc pas une Vénus allégorique mais une femme de son époque, que le peintre offre à notre vue comme pour jouer la guerre des anciens contre les modernes. Le Figaro en 1912 ne s’y est pas trompé, reconnaissant le « noble caractère » de sa peinture, saluant les : « nus qui atteignent, on peut dire, dans leur nudité, la ligne classique, sévère, et qui n’en sont pas moins des œuvres d’art bien de notre temps ».
Estimation : 50 000 € ~ 80 000 €
FÉLIX VALLOTTON (Lausanne 1865 - Paris, 1925)
Femme nue couchée sur...
Lot 77
Lot 78
ÉMILE GALLÉ (Nancy, 1846-1904)
Guéridon aux libellules, c. 1890-1901

Noyer mouluré et sculpté, les plateaux à décor marqueté d'une libellule et de feuillages dans un paysage lacustre. Le piètement à trois jambages galbés figure des libellules géantes aux ailes déployées, finement sculptées en relief.
Le plateau supérieur en léger retrait, à ceinture mouvementée ornée de motifs végétaux débordants, présente un décor de libellules, de flore de marais et de plan d'eau en marqueterie de bois précieux.
Le plateau d'entretoise de forme trilobée est marqueté de feuillages stylisés.
Signature nouille "Gallé" marquetée sur le plateau.

Haut. 76 Diam. 60 cm.
(Léger décollement)

Provenance : collection berrichonne depuis 1980.

A Gallé walnut teapoy with inlaid dragonflies and leaves on a lake background. Tripod base carved with giant dragonflies spreading their wings.

Bibliographie :
- Alaster Duncan et Georges de Bartha, "Gallé furniture", Antique Collectors Club, 2012, modèle reproduit p.237.
- Pierre Kjellberg "Le mobilier du XXè siècle", les éditions de l'amateur, 1994, modèle reproduit p. 246.

"Vers 1890, Émile Gallé se lance dans des agencements complexes, à l'instar d'une table Flore lorraine. Imaginant des formes entièrement nouvelles, il veut que le décor et la structure du meuble reflètent la vie. D'une variété et d'une beauté infinie, les végétaux animent alors de superbes meubles naturalistes. Gallé trouve dans le monde animal comme pour ces libellules une source d'inspiration. Évoquant l'éphémère cet insecte délicat chargé de connotations poétiques est le motif préféré des symbolistes. La libellule comme l'hippocampe séduisent Émile Gallé pour leurs beaux effets décoratifs".
Chantal Humbert, Gazette Hôtel Drouot, 2013, n° 7, p. 93..
Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
ÉMILE GALLÉ (Nancy, 1846-1904) 
Guéridon aux libellules, c. 1890-1901 ...
Lot 78
Lot 79
EUGÈNE VALLIN (Herbévilliers, 1856 - Nancy, 1922)
Exceptionnelle paire de chevets-vitrines "Masson-Bachelard", c.1904

Bois de padouk, ou santal, mouluré et sculpté en quart de cercle. Le meuble ouvre en partie haute par une porte vitrée galbée qui dévoile une étagère en verre et trois tiroirs. En partie basse, une porte révèle un fond en marbre blanc. Son sommet est coiffé d'un fronton se terminant par des volutes à gorge formant une niche. Les deux pieds antérieurs sont subtilement mouvementés.
Poignées des tiroirs « roseaux » et boutons de portes en laiton doré.

Époque Art Nouveau.

Haut. 186 Larg. 68 Prof. 53 cm.
(Petits accidents).

Provenance :
- Commande de Renée Masson et Pierre Bachelard à Eugène Vallin pour leur chambre à coucher du 8 rue Mazagran à Nancy, janvier 1904.
- Collection Alphonse Gaudin, 97 rue Charles III à Nancy.
- Acquis par Pierre et Georgette Danchin, aux enchères à Nancy, en 1956 ou au début des années 1960.
- Par descendance, Nancy.

An exceptional pair of bespoke bedside tables or showcases in padouk (sandalwood) manufactured by Vallin for Renée Masson and Pierre Bachelard. Nancy, 1904.

Œuvres en rapport :
- Eugène Vallin, Lit Bachelard-Masson, musée d'Orsay (202 x 272 cm, OAO 710)
- Eugène Vallin, Armoire Bachelard-Masson, musée d'Orsay (280 x 213 x 65 cm, OAO 711).
- Eugène Vallin, Coiffeuse Bachelard-Masson, œuvre disparue.

Bibliographie :
- Marc Bascou, Marie-Madeleine Massé et Philippe Thiébaut, « Musée d'Orsay. Catalogue sommaire illustré des arts décoratifs », Réunion des musées nationaux, Paris, 1988.
- Françoise-Thérèse Charpentier, « Le Jardin des arts », Tallandier, Paris, 1960.
- Frédéric Descouturelle, « Eugène Vallin menuisier d'art ou artiste industriel (1856-1922) », Association des amis du Musée de l'Ecole de Nancy, Nancy, 1998. Reproduit p. 214, décrit p. 304 comme des "chevets-vitrine d'angle".

UN CHEF-D’OEUVRE ART NOUVEAU

Parmi les grands mécènes de la période Art Nouveau, Jean-Baptiste Eugène Corbin fait figure de parangon. Ayant fait fortune avec sa chaîne de grands magasins, il emploie les plus célèbres figures de l’École de Nancy parmi lesquelles Majorelle, Daum ou Prouvé. En 1903, son beau-frère et associé Charles Masson fait appel à Eugène Vallin, assisté de Victor Prouvé, pour la réalisation d’une exceptionnelle salle à manger aujourd’hui exposée au musée de l’École de Nancy, ancienne maison Corbin. Un an plus tard, en février 1904, lors du mariage de sa fille Renée Masson (Nancy, 1885 - Neuilly-sur-Seine, 1968) avec l’avocat et gérant des magasins réunis Pierre Bachelard (Sarreguemines, 1877-1970), Vallin reçoit la commande d’une salle à manger et d’une chambre à coucher pour l’appartement que le jeune couple occupe au 8, rue Mazagran à Nancy. Les dessins aquarellés de l’artiste révèlent l’importance de cette commande, dont la salle à manger est d’ailleurs présentée à l’Exposition des arts décoratifs de Nancy en octobre de la même année.

Après que le couple Masson-Bachelard ait quitté Nancy, le lit, l’armoire, la coiffeuse et cette paire de chevets seraient vendus à un certain Alphonse Gaudin, 97 rue Charles III à Nancy. Les meubles sont ensuite vendus aux enchères à l’hôtel des ventes de la rue du sergent Blandan à Nancy, en 1956 (selon Charpentier) ou au début des années 1960 (selon les acheteurs). C’est un couple d’universitaires nancéiens qui fait l’acquisition des chevets : Pierre Danchin, professeur agrégé d’anglais, futur président de l’Université de Nancy II et son épouse Georgette mère d’une famille nombreuse. Leurs enfants se souviennent avec précision de l’arrivée des chevets chez eux au début des années 1960. Le lit et l’armoire sont vendus une nouvelle fois aux enchères le 25 mars 1982. Le Musée d’Orsay ne s’y trompe pas et acquiert alors le lit Bachelard-Masson (OAO 710) et son armoire (OAO 711), exposés en salle 64 du musée.

Sans décor figuratif cette chambre doit sa beauté à l’utilisation d’un bois exotique particulièrement précieux : le padouk. Nos chevets, aux dimensions tout à fait inhabituelles, illustrent la période « expressive » d’Eugène Vallin. L’artiste simplifie ses lignes et se tourne vers la stylisation. Sur nos meubles, la « gaine de Vallin », l’une des grandes constantes de son art, fait la liaison entre le fronton et la porte vitrée. Elle est le théâtre d’un jeu de lignes où l’on imagine le motif végétal dans ses volutes moulurées (Descouturelle, image n°28, p. 97). Le lit et le reste du mobilier de cette chambre, sont bien plus que des instruments de repos. Comme l’écrit Frédéric Descouturelle dans sa monographie consacrée à l’artiste, ils sont « un formidable vaisseau voguant sur la mer des songes ».

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Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
EUGÈNE VALLIN (Herbévilliers, 1856 - Nancy, 1922) 
Exceptionnelle paire de...
Lot 79
Lot 80
PAUL RÄTH (Leipzig, 1881-1929), pour la NORDDEUTSCHER LLOYD
Globe du « Bremen », c. 1929.

Globe terrestre mécanique et électrifié, reposant sur une base en bois doré hexagonale. Le globe en carton et papier dissimule une multitude de diodes positionnées autour de l’équateur dessinant les lettres "Norddeutscher Lloyd Bremen" avec la silhouette du paquebot transatlantique.
La sphère est entrainée par un engrenage situé au pôle Sud, maintenu par un demi-cercle incliné en métal. La base est illuminée de huit photographies figurant : le Bremen, le pétrolier Orkanger, le Woolworth Building de New York, le Pain de Sucre à Rio de Janeiro, supposément la salle à manger du Bremen, deux photographies du trophée du Ruban Bleu, un logo (partiellement effacé) de la Norddeutscher Lloyd.

Le globe est signé avec l'inscription : "Herstellung u. Verlag Paul Räth Lehrmittel u. Feinmechanik Leipzig".

Haut. totale : 110 cm.
Larg. de la base : 61,5 cm.
Diam. du globe : environ 65 cm.
État de fonctionnement révisé : rotation et éclairage.
(Accidents, manque des diodes, bouton interrupteur à restaurer, une plaque effacée).

Provenance : château d’Île-de-France.

A mechanical, illuminated globe manufactured by Paul Räth for the Norddeutscher Lloyd Line in honor of the SS Bremen ocean liner's west- and eastbound transatlantic crossing speed records ("Blue Riband"). Ca. 1929.

LE GLOBE DU « RUBAN BLEU » POUR LE BREMEN

Navire transatlantique construit à Brême pour la compagnie allemande Norddeutscher Lloyd, le Bremen entame sa première traversée vers New York à l’été 1929. Il affiche 286 mètres de long, 51.600 tonnes, et peut accueillir 2.200 passagers et 990 membres d'équipage. Il file à une vitesse de près de 28 nœuds soit 50 km/h de moyenne. En quatre jours, il décroche le « Ruban Bleu », soit le record de la traversée entre l’Europe et les États-Unis. Il conserve ce record pendant un an vers l'ouest (1929-1930, battu par son sistership l'Europa) et pendant six ans vers l'est (1929-1935, battu par le Rex sous pavillon italien). Ce fleuron de la flotte commerciale allemande croise à Baltimore, en Amérique latine, en Asie du sud, jusqu'en Australie.

La course transatlantique exacerbe alors les rivalités entre nations européennes. Les bateaux se disputent les records de vitesse tandis que leurs fastes en font de véritables palaces flottants, tels le Normandie (France, 1935) et le Queen Mary (Royaume-Uni, 1936). Le Bremen est réquisitionné pendant la guerre pour devenir un transporteur de troupes, notamment afin d’envahir l'Angleterre. Il est incendié en 1941 et son épave démantelée en 1946. Cette fin tragique est remarquablement proche de celle du Normandie incendié en 1942 et démoli en 1946.

Notre spectaculaire globe devait probablement se trouver au siège de la compagnie transatlantique allemande, ou trôner à l'intérieur de son fleuron. Il a été réalisé par Paul Räth à Leipzig. Cet auteur fonde en 1917 une maison d’édition diffusant du matériel pédagogique. Avec le berlinois Paul Oestergaard, il est l’un des plus célèbres fabricants de globes terrestres en Allemagne. Le musée ethnologique de Leipzig abrite une importante collection de globes dans laquelle Paul Räth est particulièrement mis à l'honneur.

Un autre globe terrestre du Bremen a lui aussi été réalisé par Paul Räth dans une plus petite taille et sans mouvement ni lumière (vente Christie’s, Londres, 19 novembre 2003, n°2003). Notre exemplaire, sans commune mesure avec ceux portés à notre connaissance, a vraisemblablement été commandé comme un trophée par la compagnie transatlantique du navire le plus véloce du monde.
Au regard de l’histoire il est aussi l’une des premières œuvres d’art cinétiques du XXe siècle.
Estimation : 10 000 € ~ 15 000 €
PAUL RÄTH (Leipzig, 1881-1929), pour la NORDDEUTSCHER LLOYD 
Globe du...
Lot 80
Lot 90
NAPOLÉON III, EMPEREUR DES FRANÇAIS (1852-1870)
Rare ensemble de cérémonie pour l’escadron des Cent-gardes, comprenant une trompette, une flamme et sa housse dans un exceptionnel état de fraîcheur.

Magnifique trompette droite en cuivre argenté, signée sur le cornet "Adolphe Sax, breveté à Paris, 12 420, Fcant de Mson Milre de l'Empereur", et frappée du n° 3. Ornée d'un motif aux grandes armes impériales ciselées et dorées.
Avec son cordon tressé, en fils de coton vert et rouge, enrichi de parties dorées et ses deux glands à franges, brodés et en suite. Attaches formées de deux galons jonquille et deux boucles en laiton doré à deux ardillons.
Longueur de la trompette, avec son embouchoir : 90 cm.

Exceptionnelle flamme double face en satin bleu et rouge, ornée du grand manteau de l'Empire sous couronne, brodée de l'aigle et garnie du grand collier de la Légion d'honneur encadré de branches de feuilles de laurier et feuilles de chêne.
Banderole bicolore, brodée "Escadron des Cent-gardes de l'Empereur". Dans les coins supérieurs, "N" sur éclairs en fils argentés. Finition bordée de franges dorées sur le pourtour.
Dimension de la flamme hors frange : Haut. 44 Larg. 52 cm.

Rare housse de protection de la flamme, en velours rouge.
Motif central richement brodé en fort relief des grandes armes impériales en fils canetille, paillettes à couronne et attributs en laiton doré. Finition de franges dorées sur le pourtour.
Dimension de la housse hors frange : Haut. 44 Larg. 60,5 cm.

Extremely rare and exceptionally well-preserved ceremonial trumpet, banner and case having belonged to the Cent-gardes squadron, an elite cavalry squadron of the Second French Empire primarily responsible for protecting the person and family of Emperor Napoleon III.

Fournisseurs :
- La trompette est d'Antoine-Joseph Sax, mieux connu sous le nom d'Adolphe Sax (Dinant, 1814 - Paris, 1894). Ce facteur d'instrument de musique est surtout connu pour avoir inventé le saxophone et le saxhorn.
- La flamme est dessinée par un certain Couderc, dont le projet est approuvé par l'Empereur lui-même en 1854. La flamme est fournie par Michel-Ange Marion, négociant, 13 rue de Gramont.

Provenance :
- Acquis auprès du fils du dernier colonel des Cent-gardes, Barthélemy Albert Verly (1856-1940).
- Ancienne collection Joseph Laissus (1900-1969), ingénieur et président de la Société Jules Verne, Paris.
- Sa descendance, dont un éminent parlementaire honoraire de Loir et Cher.

Bibliographie : Éric Blanchegorge, Nathalie Baudouin, Michel Baudouin, "Cent-gardes pour un empereur. L'escadron d'élite de Napoléon III", Association des Amis des musées Antoine Vivenel et de la Figurine historique, Histoire et Documents, Compiègne, 2004, p. 126 et s., p. 330 et suivantes.

Œuvres en rapport :
Il semble que nous présentions le seul ensemble intact des trois pièces (trompette, flamme, housse). Seules trois trompettes et flammes sont connues :
- Musée napoléonien du Palais Princier de Monaco, vente Fontainebleau, Me Osenat, 18 janvier 2015 (n° 336 pour la trompette, n° 337 pour la flamme sans frange et sans housse).
- Château-Musée de l'Empéri à Salon-de-Provence.
- Musée de l'Armée à Paris, ancienne collection du Prince de la Moskova (Inv. gn 1-04495).

L'ESCADRON DES CENT-GARDES (1854-1870)
Un corps d'élite dans la tradition de la garde rapprochée d'apparat des souverains depuis 1192.

Constitué exclusivement de cavaliers expérimentés de grande taille, l'escadron des Cent-gardes escortait à cheval l'Empereur dans ses apparitions publiques et assurait sa garde et celle de sa famille dans les palais impériaux et au cours de leurs déplacements. Leur haute stature et leur brillant uniforme leurs conféraient un très grand prestige : « Les Parisiens qui ont vécu sous le Second Empire n'oublieront pas l'effet décoratif que produisaient les cent-gardes, soit lorsque, sur leurs magnifiques chevaux noirs ou bai-bruns, ils escortaient l'Empereur, soit lorsque, les soirs de grands bals aux Tuileries, ils apparaissaient, immobiles comme des statues, avec leur casque et leur cuirasse, sur chaque marche de l'escalier d'honneur. » Imbert de Saint Aignan, 1898 (p. 44).
Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
NAPOLÉON III, EMPEREUR DES FRANÇAIS (1852-1870) 
Rare ensemble de cérémonie...
Lot 90
Lot 93
NAPOLÉON III, EMPEREUR DES FRANÇAIS (1852-1870)
JEAN-AUGUSTE BARRE (Paris, 1811 - 1896) sculpteur et MARION fondeur
Aigle de drapeau du 24e bataillon de la Seine de la Garde Nationale, modèle 1852

en bronze ronde-bosse doré, ciselé et patiné. La tête tournée vers sa droite, le bec légèrement ouvert laisse apparaître sa langue, les ailes déployées. Les serres de la patte gauche retiennent un fuseau aux foudres. Le rapace est posé sur une base en cuivre rectangulaire se terminant par une douille pourvue de son anneau. La base gravée sur la face "L.N" et "SEINE 24" au revers.
Signé "M.A. Marion". Au dos deux poinçons sont partiellement lisibles.

Haut. 32,5 Larg. 25,5 cm.
(Très légers chocs sur la base, anciennement doré à l'or moulu).
Poids 2.885 g.

Sur un socle en marbre. Haut. totale 35,5 cm.

Provenance :
- Ancienne collection Joseph Laissus (1900-1969), ingénieur et président de la Société Jules Verne, Paris.
- Sa descendance, dont un éminent parlementaire honoraire de Loir-et-Cher.

A rare 1852 chiseled, gilded and distressed bronze French Imperial eagle with head turned to its right.
This eagle was affixed on a staff and carried into battle by the 24th Seine battalion of the National Guard. Base engraved with"L.N" and "SEINE 24". By Jean-Auguste BARRE and MARION.

Œuvres en rapport :
- Musée de l'Armée, Aigle de drapeau du 34e bataillon de la Seine de la Garde Nationale, 1852. Numéro d'inventaire 04495 ; Gf28 MOK ; Bd235.1.
- Galerie de Souzy, Paris, Aigle de drapeau modèle 1852, portant les mêmes poinçons mais sans sa base et sans sa douille.

Bibliographie : Pierre Charrié, "Drapeaux et étendards du XIXème siècle", Le léopard d'or, Paris, 1992, pp. 81 et 90 pour une description du modèle.

QUAND L'AIGLE DÉPLOIE À NOUVEAU SES AILES SUR LA FRANCE, 1852

Nouvel emblème de la France après la proclamation du premier Empire, l'aigle aux ailes déployées est alors placé au sommet de la hampe des drapeaux. Œuvre du sculpteur Chaudet, dont la réalisation est confiée à Thomire, l'aigle de drapeau devient le symbole victorieux de la Grande Armée. En 1852, lorsque Louis-Napoléon Bonaparte devient à son tour empereur, il reprend le symbole de son oncle et demande au romantique Jean-Auguste Barre d'imaginer ce nouvel emblème. L'artiste, à la fois portraitiste et médailleur, élève de Cortot et de David d'Angers, livre le modèle de cet aigle à la fois plus mouvementé et plus détaillé que celui de Chaudet.

Fondus par Marion puis par Vittoz, les aigles sont distribués une première fois au champ de mars le 10 mai 1852. Le Prince Président adresse alors cette allocution : "... Soldats ! Reprenez donc ces aigles non comme une menace contre les étrangers mais comme le symbole de notre indépendance, comme le souvenir d'une époque héroïque, comme le signe des emblèmes de chaque régiment. Reprenez ces aigles qui ont si souvent conduit nos pères à la victoire et jurez de mourir s'il le faut pour les défendre ! ..."

Le 15 août 1852, cent quatre-vingt-dix exemplaires sont remis à la Garde Nationale. La conscription de cette troupe est prévue par un décret du 11 janvier 1852. Elle prévoit la sélection des gardes nationaux par un conseil du recensement, alors que les officiers sont nommés par le Prince-Président. Notre aigle est adressé au 34e bataillon de la Garde Nationale de la Seine, lié en 1870 au 22e arrondissement de la capitale, qui correspond à Saint-Denis. Il s'illustre notamment lors du siège de Paris de septembre 1870 à janvier 1871, comme l'a relaté le sergent-major M.-P. Marquez : "C'est alors que le 34e regagna ses cantonnements de Clichy, décimé par la maladie, harassé de fatigue, mort de faim et de froid, fier d'avoir reçu le baptême du feu, mais non découragé et prêt à mourir pour la France et la République."

En bronze et donc très lourd au bout d'une hampe de drapeau, ce modèle est changé en 1854 pour une version en galvanoplastie plus légère. En 1860, l'aigle de drapeau est réalisé en aluminium, toujours d'après Barré, mais la tête tournée vers la gauche. Celui que nous présentons est donc parmi les plus anciens et les plus rares. À notre connaissance, il est le seul complet avec celui du Musée de l'Armée. La gravure "L.N" pour Louis-Napoléon, au lieu de "N" pour Napoléon III, distingue notre version de celle des collections nationales. C'est une évolution probable de l'iconographie d'un Prince-Président devenu Empereur.
Estimation : 3 000 € ~ 5 000 €
NAPOLÉON III, EMPEREUR DES FRANÇAIS (1852-1870) 
JEAN-AUGUSTE BARRE (Paris, 1811...
Lot 93
Lot 94
L'IMPÉRATRICE MARIE-LOUISE, DUCHESSE DE PARME (Vienne, 1791-Parme, 1847)
Clé de chambellan

en bronze ciselé et doré, l'anneau formé de deux branches de laurier surmontées d'une couronne fermée. Au centre les chiffres "ML" entrelacés. La tige circulaire terminée par une boule. Panneton chiffré "ML" à jours.

Long. 18,2 cm.

Provenance : ancienne collection Joseph Laissus (1900-1969), ingénieur et président de la Société Jules Verne, Paris. Étiquette ancienne.

A 18th century gilded and chiseled key having belonged to the chamberlain of Empress Marie Louise, Duchess of Parma and bearing "ML" monograms.

Œuvre en rapport : deux clés semblables mais accidentées, ventes Fontainebleau, Me Osenat, 15 novembre 2015, n°188 et 5 mai 2021, n°112.

Les clefs de Chambellan sont parmi les plus belles et les plus collectionnées. À l'origine, cette fonction consiste à aider le souverain dans son antichambre lors de l'habillage et du déshabillage. La proximité qui en découle et le rôle de messager qui s'y attache par la suite expliquent les convoitises que suscitent cette charge. Marque distinctive, accès symbolique à l'intimité des princes, elles sont jusqu'au XVIIIe siècle en fer forgé et fonctionnelles. Dès le milieu du XVIIIe siècle, elles sont remplacées par des modèles en bronze doré au feu, sans fonction pratique.

Objet honorifique, le panneton, ou partie qui actionne la serrure, disparaît, alors que le décor de l'anneau devient de plus en plus fastueux, comme en témoigne la fine ciselure de notre exemplaire aux chiffres de Marie-Louise. Portées à la ceinture, les clefs s'arborent comme des décorations. Un portrait de Velasquez conservé à Sao Paulo met en lumière cet attribut comme un symbole de réussite.
Répandu dans presque toutes les cours européennes, le titre de Chambellan peut être attribué à un grand nombre de courtisans à la fois, ce qui explique l'existence de plusieurs clefs d'un même dessin.
Estimation : 1 500 € ~ 2 000 €
L'IMPÉRATRICE MARIE-LOUISE, DUCHESSE DE PARME (Vienne, 1791-Parme, 1847) 
Clé de...
Lot 94
Lot 101
JACOB FRÈRES (1796-1803)
Tabouret ployant pour le palais des Tuileries, c. 1802-1803

de forme rectangulaire en bois mouluré, sculpté, doré et laqué à l'imitation du bois par-dessus la dorure ancienne. En ceinture, deux enroulements surmontent une palmette. Les quatre pieds en console présentent en façade des fleurettes épanouies inscrites dans des enroulements. Sur le côté, un motif de feuilles d'eau se prolonge par des cannelures se termine en griffes de lion.

Estampillé Jacob Frères (en partie illisible) et deux fois "Pls des Tuileries", pour Palais de Tuileries.

Haut. 50 Larg. 61 Prof. 51,5 cm.
(Petits accidents, restaurations, relaquage et garniture postérieure d’un tissu rouge à l’imitation du velours).

Provenance : gentilhommière en Touraine.

A moulded, carved, gilded and lacquered wood folding stool made for the Tuileries Palace by Jacob Frères, ca. 1802-1803.

Bibliographie :
- Ernest Dumonthier, "Les Sièges de Jacob Frères", Paris, 1921, p. 33 (modèle reproduit).
- Jean-Jacques Gauthier (dir.), Pauline Sombstay (dir.), "Sièges en société : Histoire du siège du Roi-Soleil à Marianne", Gourcuff, Paris, 2017, p. 185.
- Jean-Pierre Samoyault, "Mobilier français. Consulat et Empire", Gourcuff Gradenigo, Paris, 2009, p. 54 (fig. 70).

En 1800, le Premier Consul Napoléon Bonaparte s'installe dans les anciens appartements royaux au Palais des Tuileries. Ce lieu devient sa résidence officielle de 1802 jusqu'à la fin de l'Empire. Les architectes Charles Percier et Pierre-Léonard Fontaine fournissent les modèles de sièges à réaliser aux fils de l’ébéniste George Jacob, Georges II Jacob (1768-1803) et François-Honoré-Georges Jacob-Desmalter (1770-1841) associés rue Meslée à Paris. Ce tabouret s'inspire du piètement de table reproduit à la planche XVI de leur recueil de "Décoration intérieure », repris par la suite par Thomas Hope dans son "Household Furniture and Interior Decoration" de 1807.

Grâce au "Règlement pour la Maison du Premier Consul » du 24 septembre 1803 destiné à Duroc, devenu par la suite « Règlement pour le service du Grand maréchal du palais », l’usage des différents types de sièges dans les palais napoléoniens est connu. Les pièces « seront meublées de deux fauteuils seulement pour Leurs Majestés et d’un nombre suffisant de tabourets ployants recouverts en tapisserie ou étoffe de soie ». Afin de protéger ces précieuses garnitures : « Il y aura des housses pour tous ces meubles, on ne les ôtera que les jours des cérémonies et dans les palais où seront les souverains. » Ces tabourets, parfois décrits comme des « ponts de ployant », sont disposés tout autour des pièces, aussi bien dans les antichambres que dans les salons de réception ou les appartements privés.

Ce modèle connaît un grand succès. Une série identique de trente tabourets est livrée à Saint-Cloud pour l'ameublement de la galerie et d'autres à Compiègne. L’un d’entre eux se retrouve encore sur une vue de l'escalier d'honneur prise depuis le rez-de-chaussée à la veille de l’incendie des Tuileries par la Commune en 1871 (« Les Tuileries, grands décors d'un palais disparu », Paris, Éditions du patrimoine, 2016, p. 135).
Estimation : 5 000 € ~ 8 000 €
JACOB FRÈRES (1796-1803) 
Tabouret ployant pour le palais des Tuileries,...
Lot 101
Lot 102
PRINCIPAUTÉ DE MONACO, FAMILLE GASTALDI
Rare album amicorum ou livre d’amitié, c. 1890-1920

ayant appartenu à Madeleine Gastaldi, dame d’honneur du palais de Monaco, contenant un recueil de dédicaces et pensées autographes des membres de la famille princière monégasque et de leur entourage, ainsi que de compositeurs musicaux célèbres, débuté au milieu des années 1890 et augmenté au fil des années jusqu’en 1920.
Soixante-six pages manuscrites dédicacées, certaines illustrées de dessins, croquis et partitions musicales, notamment par Igor Stravinsky et Jules Massenet. in-8°.
Reliure de l’époque en cuir orné sur le premier plat d’un décor à froid et en relief : écusson entouré d’entrelacs végétalisés (en l’état, accidents).

Recueil de dédicaces autographes et signées, rédigées entre 1894 et 1920 à Monte-Carlo, au château du Marchais dans l’Aisne (domaine de la principauté), à bord du yacht princier « Princesse-Alice », à Ferney-Voltaire (villégiature de la famille Gastaldi), ou à Genève, par :
- la famille princière son entourage : notamment à bord du yacht « Princesse-Alice », lors d’une croisière en Méditerranée, entre le 18 et 22 avril 1901 : « Souvenir des petits requins noirs aux yeux d’opale » dédicace signée du prince Albert Ier de MONACO (1848-1922), surnommé le prince savant ; docteur Jules RICHARD, directeur du musée océanographique de Monaco ; baron et baronne Jean de GAIL, aide de camp du prince ; Georg Herbert zu MÜNSTER von Donerburg, prince de Münster ; capitaine Henry-Charlwood CARR, commandant en second du yacht… et aussi Louis II, prince héréditaire de MONACO (1870-1949) ; Olivier RITT, gouverneur général de la principauté ; Jules-René comte de LAMOTTE-d’ALLOGNY, chambellan du prince ; Léonce de VILLENEUVE, chanoine de Monaco, bibliothécaire du palais puis directeur du musée d’anthropologie ; François ACCICA, chanoine et curé de la paroisse de Saint Charles à Monaco ;
- la famille, les amis et amies de la famille GASTALDI : Alban GASTALDI aide de camp du prince de Monaco, Louise de BARTHES de MONTFORT son épouse, oncle et tante de Madeleine ; Antoine RAMBALDI son oncle ; Louise GASTALDI sa cousine ; Marie BORSSAT d’HAUTERIVE sa cousine ; Odile de RICHELIEU fille du duc et d’Alice HEINE ; Armand de RICHELIEU, 8e et dernier duc de Richelieu ; Marthe BARTHOLONI sa belle-sœur ; comte Charles CASTELLAN de MONTRY…
- des compositeurs de musique : partition musicale manuscrite et dédicacée d’Igor STRAVINSKY (1882-1971), extrait de « L’oiseau de Feu » « A Madame Jean Bartholoni témoignage de sympathie respectueuse de Igor Stravinsky, villa Bartholoni, 20 août 1918 » ; extrait de partition musicale de Jules MASSENET, tirée du « Prélude d’Hérodiade » (4e acte), signée et datée « Monte-Carlo, fév. 1903 » [Dans le cadre de la saison lyrique à l’Opéra de Monte-Carlo, les 25, 28 février et 3 mars 1903 fut représenté l’opéra Hérodiade en 4 actes et 7 tableaux, sur la musique de Jules Massenet] ; extraits de partitions musicales signées ou dédicaces de George TEMPLETON-STRONG (1856-1948), compositeur américain - Cesare GALOETTI (1872-1929), chef d’orchestre italien - Isidor PHILIPP (1863-1958), pianiste hongrois - Gabriel GROVLEZ (1879-1944) - Nino ROSSI (1895-1952), pianiste italien - Alexandre MOTTU (1883-1943), professeur au conservatoire de Genève…
- des artistes et célébrités dont Raymond baron de VOGUE (1881-1926), poète et écrivain - Georges MAUGUIÈRE (1860-1952), ténor de l’Opéra-Comique - Rose CARON (1857-1930), cantatrice soprano - Théodore ROUSTAN (1833-1906), ancien ambassadeur de France - Portrait au crayon, plume et aquarelle signé daté et dédicacé par William Albert ABLETT (1877-1936), peintre britannique - Longue dédicace de Richard READER HARRIS (1847-1909), éminent avocat anglais, ministre méthodiste, fondateur de la Pentecostal League of Prayer…

A rare friendship book having belonged to Madeleine Gastaldi, lady-in-waiting at the Palace of Monaco, containing a collection of dedications and autographed thoughts of members of the Monegasque princely family and their entourage.

La famille Gastaldi est la plus ancienne de celles dont les annales se confondent avec l’histoire de la principauté de Monaco. OriginaireS du rocher, grands propriétaires terriens dès le XIIIe siècle, les Gastaldi jouèrent un rôle majeur dans le complot de 1604. Madeleine Gastaldi, née à Ferney-Voltaire le 8 juillet 1880, est la fille du comte Etienne Gastaldi, secrétaire de la chancellerie de l’ordre de Saint Charles, camérier secret de cape et d’épée du Pape Léon XIII, et la petite-fille de Jacques Gastaldi qui fut maire de Monaco durant près de quarante ans et vice-consul d’Espagne et de Belgique. Elle épouse le 23 octobre 1908 à Monaco Jean Bartholoni, consul de la principauté à Genève, puis chambellan du prince Louis II de Monaco. Compositeur de musique et président du conservatoire de musique de Genève, écrivain et poète, il conçoit plusieurs œuvres musicales
Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
PRINCIPAUTÉ DE MONACO, FAMILLE GASTALDI 
Rare album amicorum ou livre...
Lot 102
Lot 103
LOUIS XVIII, ROI DE FRANCE (1755, 1815-1824)
Sabre de récompense donné par le roi au Sr Bertrand, modèle 1817

La poignée recouverte de basane et d'un double fil de métal. Monture en laiton argenté. Garde à trois branches, coquille sur faisceau de six drapeaux aux armes de France. Quillon fleurdelisé. Lame droite, le dos gravé "Manuf.re R.le du Klingenthal Novembre 1814."
Poinçons "B", "B" et "L" du contrôleur Etienne Louis Borson, lieutenant-colonel, inspecteur 1er août 1814. Lame gravée sur les deux faces "Vive le Roi".
Fourreau en cuir (accidenté) à trois garnitures en laiton. Deux pitons et deux anneaux. L'une gravée "Donné par le ROI au Sr Bertrand".

Long totale : 112 cm.
(Accidents).

Joint : Portrait miniature gouaché figurant un portrait à mi-corps d'un gentilhomme militaire qui serait selon la tradition celui du Sr Bertrand.

Provenance : ancienne collection Joseph Laissus (1900-1969), ingénieur et président de la Société Jules Verne, Paris. Étiquette ancienne.

A 1817 honorary sabre awarded by French King Louis XVIII to a Sir Bertrand, bearing two "B" and one "L" hallmarks, and engraved on both sides with the words "Vive le Roi" (Long live the King). In a leather sheath with brass ornaments, one bearing a "Given to Sir Bertrand by the King" engraving.

Au total, il aurait été offerts par Louis XVIII 150 sabres, 500 fusils et 137 épées. Le sieur Arthus Claude Bertrand (1769-1840) pourrait en avoir été le récipiendaire. Engagé à Paris en 1792, il est chef du troisième bataillon de la 11e légion de la Garde nationale en 1814, commandant de bataillon en 1815 « des volontaires royaux réunis dans la cour de la bibliothèque royale » pour permettre le retour du roi. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 16 janvier 1816 et décoré de l'ordre du Lys. Un sabre avec les mêmes marquages, dit aussi des mousquetaires noirs, donné au général Jouanoin qui a dirigé l’Arsenal de Rennes est conservé au musée de Bretagne à Rennes (inv. 2002.0026.6).
Estimation : 2 000 € ~ 3 000 €
LOUIS XVIII, ROI DE FRANCE (1755, 1815-1824) 
Sabre de récompense...
Lot 103
Lot 105
FERDINAND CLAUDIN (armurier parisien actif au XIXe siècle)
Cassette nécessaire de pistolets de duel provenant du palais de Hué, c. 1850

Cassette nécessaire de pistolets de duel plaquée d’ébène, ornée sur le couvercle d’une plaque et d’un filet en laiton, sur le côté, un onglet et une plaque d’entrée de serrure en suite, gainée à l’intérieur de velours gaufré cramoisi, marquée dans le couvercle « Fd Claudin à Paris ».

Elle contient une belle paire de pistolets de duel à percussion.
Canons à pans, rayés, gravés aux bouches aux tonnerres et aux queues de platines de feuillages.
Platines avants à corps plats et chiens à corps ronds, entièrement ciselées en suite de rinceaux feuillagés et de masques, signées dans des banderoles « Fd Claudin à Paris ».
Pontets repose doigt, contre-platines et calottes octogonales découpés, ornés en suite.
Monture en ébène. Crosses rainurées et sculptées de torsades de feuillages. Futs décorés en suite.
Toutes les parties métalliques sont ciselées sur fond amati.

Et ses accessoires : Beau moule à balles à coupe jet, entièrement ciselé dans le même décor et signé sur les branches ; un tournevis et un démonte cheminée à manche tourné en ébène ; un maillet à joues plates ; une boite ronde à capsules en bois clair ; deux boites rondes pour les bourres et une pour la graisse ; une baguette de bourrage à embout en laiton ; une baguette de nettoyage à embout griffe en laiton.
Deux des angles de la boite sont garnis de couvercle à prise en ébène pour les logements des balles.
B.E.

Issu d’une dynastie d’arquebusiers, Ferdinand Claudin expose plusieurs fois à l’Exposition universelle.
Il était l’ami de Gambetta.

Historique : Cette belle paire de pistolets, qui aurait appartenu à l’Empereur Thu Duc (1829-1883), a été prise dans le palais de Hué lors de l’expédition du Tonkin (1885). Elle pourrait avoir fait partie des cadeaux diplomatiques échangés lors de l'ambassade vietnamienne en France menée par Phan Thanh Gian conduisant au traité de Hué en 1863.

Provenance :
- Prise par Jean Boudin du 10e léger, qui participa au combat de la nuit du 4 au 5 juillet 1885 dans le palais de Hué (joint un courrier 20 juillet 1885 à son ami de Montay relatant ce combat).
- Cette paire de pistolets est ensuite envoyée par le lieutenant Louis Eugène Boudin (il s’agit surement d’un membre de la famille du premier) du 3e Zouaves (né en 1855, mort centenaire d’après sa fiche Légion d’honneur), dont la bravoure est citée à de nombreuses reprises dans l’historique du 3e Zouaves, au lieutenant Marie Louis Frédéric-Ferdinand Labbé de Montay (né en 1853) du 7e régiment de chasseurs à cheval, en poste à Batna en Algérie (joint un courrier du 10 juillet 1886 : "Il y a un peu plus d'un an, il faisaient l'ornement des salles du Palais royal à Hué (…), mais le 5 juillet 1885 après une nuit effroyable des soldats terribles habillés comme des Trucs s'emparèrent de la citadelle et du Palais royal et quelque jours après en souvenir de cet évènement le sus nommé Jean Boudin recevait les pistolets dont la crosse (était) toute tiède de l'étreinte royale").
- collection particulière, Touraine.

Beautiful cassette gathering a set of dueling pistols by Ferdinand Claudin around 1850, presumed to have belonged to the Emperor of Vietnam Thu Duc, taken during the fights at the Palace of Hué by a soldier of the French expeditionary corps in 1885.
Estimation : 10 000 € ~ 12 000 €
FERDINAND CLAUDIN (armurier parisien actif au XIXe siècle)
Cassette nécessaire de...
Lot 105
Lot 106
ANDRÉ DURAND (Amfreville-la-Mivoie, 1807 – Paris, 1867).
Voyage en Russie du Prince Anatole de Demidoff, c. 1839-1848

Quatre-vingt-treize dessins sur calque marouflé sur papier.

Haut. 28, Larg. 45,5 cm. (à vue, en moyenne).
Frontispices : Haut. 67,5, Larg. 52,5 cm. et Haut. 41, Larg. 29 cm.
Dont quatre-vingt-neuf dessins présentés dans des cadres stuqués et dorés.

Exposition : « Anatole Demidoff. Voyage en Russie au XIXe siècle. Entre art et diplomatie ». Centre spirituel et culturel orthodoxe russe, Paris, 26 septembre 2017-13 octobre 2017.

A set of ninety-three drawings on tracing paper by Durand depicting his Journey to Russia supported by Prince Anatole de Demidoff ca. 1839-1848. Eighty-nine drawings are presented in gilded stucco frames.

Bibliographie :
- "Voyage pittoresque et archéologique en Russie exécuté en 1839 sous la direction de M. Anatole de Demidoff ; dessins faits d’après nature et lithographiés par André Durand", Paris, Gihaut frères, 1842.
- "Album du voyage pittoresque et archéologique en Russie par le Havre, Hambourg, Lübeck, Saint-Pétersbourg, Moscou, Nijni-Nowgorod, Yaroslaw et Kasan exécuté sous la direction du prince Anatole de Demidoff, membre de l’académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg et de l’Institut de France (Académie des Sciences)", Paris, Ernest Bourdin à Paris, c.1848.
- Elsa Cau, «"Anatole Demidoff et ses voyages pittoresques" au Centre culturel Russe », Connaissance des arts, 6 octobre 2017 (quatre dessins reproduits : n° 23, 46, 66 et 77).

Pour prolonger sur www.rouillac.com :
-
Brice Langlois, "Le voyage à travers la Russie impériale du Prince Demidoff", Vendôme, 2021.
- Liste exhaustive des dessins réunis.
ANDRÉ DURAND (Amfreville-la-Mivoie, 1807 – Paris, 1867). 
Voyage en Russie...
Lot 106
Lot 107
ÉPOQUE NAPOLÉON III DE STYLE RÉGENCE
Vase monté aux mufles de lions et aux carpes bondissantes

composé d'une coupe en porcelaine de Chine du XIXe siècle sur fond blanc craquelé à décor de carpes bondissantes dans une monture en bronze doré, ciselé et patiné. Le col à décor d'une frise de feuilles de laurier, le corps flanqué d'une agrafe stylisée en forme de feuille de chicorée soutenue par deux enroulements prenant support sur des mufles de lion dont la crinière présente deux feuilles d'acanthe. Les anneaux sont ceints en leurs gueules et prennent la forme d'une couronne de feuilles de laurier. Un motif de lambrequin terminé par une patte de lion surmonte un rang de perles. La base est scandée par quatre pieds en forme de dés offrant un motif végétal en alternance avec des frises de guillochis.

Haut. 36 Larg. 38,5 cm.
(Col du vase coupé).

Provenance : collection orléanaise.

A Chinese 19th century porcelain vase atop a bronze base. Framed by gilded, chiseled and distressed bronze ornamentations. Napoleon III period, Regency style.

Notre vase présente une exceptionnelle monture en bronze doré reprenant les décors classiques du règne de Louis XIV et de la Régence. Les anses à mufles de lion sont effectivement un ornement récurrent pour l'enjolivement des porcelaines chinoises à ces périodes (Galerie Gismondi, in Pierre Kjelberg, "Objets montés du Moyen-Âge à nos jours", Paris, éditions de l'Amateur, p. 34). Surmontant un motif de lambrequins, notre monture s'inscrit pleinement dans le style de ces pièces (Vente Sotheby's, Paris, 2 octobre 2008, n°15 et vente Sotheby's, 9 avril 2019, n°98). Cependant, notre monture se distingue par l'agressivité des fauves et les anneaux simulant une couronne de feuilles de laurier, caractéristiques des montures en bronze de l'époque Napoléon III (Vente Fraysse et associés, Paris, 31 mai 2017, n°163).
Estimation : 2 000 € ~ 4 000 €
ÉPOQUE NAPOLÉON III DE STYLE RÉGENCE 
Vase monté aux mufles...
Lot 107
Lot 109
FRANCE, MILIEU DU XIXe SIÈCLE
Fauteuil épiscopal du Cardinal Morlot

en bois doré, mouluré, sculpté et stuqué. L'amortissement figurant une croix et une couronne d'épines dans un cartouche entouré de feuilles d'acanthe traitées en rinceaux. L'épaulement à enroulement, les accotoirs à manchettes se prolongeant par des mufles de lion inscrits sur des consoles. La ceinture offre au centre une coquille Saint-Jacques entourée de feuilles d'acanthe. Les pieds antérieurs sont surmontés à gauche de deux clés entrecroisées et à droite d'un cœur transpercé de deux épées. Les quatre pieds se terminent chacun par des griffes de lion.

Garniture aux petits points figurant sur le dossier saint François auréolé dans un cadre entouré de pampres de vigne se prolongeant sur l'assise. L'assise est armoriée d'azur, à la croix dentelée d'argent, cantonnée de quatre étoiles d'or sous une couronne entre une crosse d'évêque et une croix archiépiscopale, retenant la croix de la Légion d'honneur.

Haut. 91,5 Larg. 87,5 Prof. 62 cm.
(Accidents, manques et restaurations).

Provenance : commande pour le Cardinal Morlot, probablement alors qu'il est archevêque de Tours entre 1842 et 1853.

A French mid-19th century episcopal chair having belonged to Cardinal Morlot. Gilded, moulded, carved and stuccoed wood with needlepoint tapestry upholstery.

Inhumé dans la cathédrale Notre Dame de Paris, François Nicolas Madeleine Morlot (Langres, 1795 - Paris, 1862) est ordonné prêtre en 1820, devient évêque d'Orléans en 1839, puis archevêque de Tours en 1842. Créé cardinal prêtre en 1853, il siège au Sénat de l'Empire à partir de cette date et jusqu'à sa mort. Archevêque de Paris en 1857, il fait construire plusieurs églises. Grand aumônier de l'Empereur et primicier de Saint-Denis, il est fait commandeur de la Légion d'honneur en 1855 puis grand officier en 1861.

Probablement exécuté avant que Monseigneur Morlot reçoive le chapeau de cardinal en 1853, alors qu'il est archevêque de Tours, ce siège peut être mis en relation avec l'un des plus beaux sièges français, celui de Madame de Vermandois, conservé dans la sacristie de la cathédrale Saint-Gatien à Tours. Ce fauteuil à châssis réalisé à Paris vers 1730 pour Henriette Louise de Bourbon-Condé, abbesse de Beaumont-lès-Tours, rejoint les futures collections épiscopales après la Révolution française.

Nous remercions Jean-Christophe Palthey pour l'identification de ces armes.
Estimation : 5 000 € ~ 7 000 €
FRANCE, MILIEU DU XIXe SIÈCLE 
Fauteuil épiscopal du Cardinal Morlot...
Lot 109
Lot 110
MANUFACTURE DE SÈVRES
ALBERT ERNEST CARRIER-BELLEUSE (Anizy-le-Château, 1824 - Sèvres, 1887)
AUGUSTE RODIN (Paris, 1840 - Meudon, 1917)
Buire de Blois, 1883

Aiguière en porcelaine nouvelle de forme balustre à panse aplatie sur piédouche nommée buire de Blois, l'anse surmontée d'une sirène ailée et terminée par des feuilles d'acanthe en relief, le déversoir orné d’un mufle de lion, un amour assis sur l'épaulement entre le déversoir et le col, quatre escargots sur le piédouche, décor en brun et or sur fond vert pâle de trophées de musique et draperies sur des deux faces de la panse et de guirlandes de lierre sur l’épaulement, l'anse, le déversoir, la sirène et l'amour en biscuit rehaussés d’or mat.

Modèle créé par Albert Carrier-Belleuse, les figures sur l’anse et le déversoir par Auguste Rodin et Jules Roger.
Marques : S. 82 en vert, cachet en rouge RF décoré à Sèvres 1883, marque en or AB pour Achille Bonnuit, marque en creux E L 82 2 LV pour Gervais Legré (tourneur) et pâte Lauth-Vogt (nouvelle porcelaine)
Cachet de Sèvres à l'intérieur du déversoir.

Haut. 42,5 cm.
(L’anse recollée, petits manques aux tentacules des escargots).

Provenance :
- Achetée à la manufacture de Sèvres le 15 janvier 1884 par Mr Wilson.
- Collection privée française.

"Buire de Blois" in new porcelain, from the former Daniel Wilson collection, by Carrier-Belleuse and Rodin, 1883.

Bibliographie : Cyrille Froissart, "La buire de Blois : le renouveau à Sèvres (1879-1883)", maison Rouillac, Vendôme, 2021, essai documenté à consulter sur rouillac.com.
Estimation : 12 000 € ~ 15 000 €
MANUFACTURE DE SÈVRES 
ALBERT ERNEST CARRIER-BELLEUSE (Anizy-le-Château, 1824 - Sèvres,...
Lot 110
Lot 111
ATTRIBUÉ À LOUIS FRANÇOIS EUGÈNE CORNU (1827-1899)
pour la COMPAGNIE DES MARBRES ONYX d’ALGÉRIE (1858-1886)
Exceptionnel et rare centre de table

en marbre onyx d'Algérie et bronze doré comprenant une coupe posée sur un surtout en trois parties.
La vasque en marbre onyx, ornée d'une frise de perles en bronze doré avec deux anses dans des mufles, repose sur quatre pieds en griffe surmontés de feuilles d'acanthe.
Le surtout en trois parties est monté sur des roulettes cylindriques. La partie centrale de forme rectangulaire est encadrée par deux côtés arrondis. Les plateaux en marbre onyx sont sculptés de moulures et la partie centrale d'une corniche. Les montures sont à décor de mufles de lion au-dessus d'un rang de perles et de frises à alternance d'enroulements et palmettes.

Coupe montée : Haut. 38 Diam. 62 cm.
Plateau central : Haut. 12 Long. 74,5 Larg. 68 cm.
Plateaux latéraux : Haut. 9 Long. 55,5 Larg. 60 cm.
Long. totale : 184 cm.
(Petites ébréchures, restaurations dont recollages, manque des anneaux).

Provenance : château d'Île-de-France.

An exceptional and rare marble 19th century onyx and gilded bronze table center attributed to Cornu for the Compagnie des marbres onyx d'Algérie.

La découverte des marbres onyx est due au sculpteur Jean-Baptiste Del Monte, qui parcourt les paysages près d’Oran après la colonisation de l’Algérie en 1848. Il acquiert pour 60 francs les carrières du "pays des marbres" (Bled Rekam), qu'il revend en 1855 à un banquier pour la somme de 100.000 francs. Ce dernier les cède à son tour à la société d’Alphonse Pallu : La Compagnie des marbres onyx d’Algérie est née.

Ce nouveau matériau devient le symbole du luxe et de l'exubérance sous le Second Empire. La plus célèbre courtisane de Paris, Blanche de Pavïa, commande ainsi pour son hôtel particulier des Champs-Élysées un escalier monumental entièrement recouvert d’onyx où elle est représentée nue, couverte de bijoux. De même que le bassin dans l'appartement de Salammbô est recouvert d'un marbre d'onyx, sa salle de bain et sa légendaire baignoire en sont tout incrustées.

Dirigée par le tourangeau Gustave Viot à partir de 1858, la Compagnie des marbres et onyx d'Algérie ouvre dix ans plus tard, au 24 boulevard des Italiens à Paris, un magasin proposant des meubles alliant l’onyx au bronze doré et à l’émail. Le dessinateur François-Eugène Cornu assure la direction artistique en reprenant des motifs du XVIIIe siècle, à l’instar des mufles de lion de notre vase. Les récompenses se succèdent à l’occasion des Expositions universelles, telle la médaille d'or à celle de 1867. Passant entre les mains de divers propriétaires, la compagnie continue de produire ses propres pièces jusqu’à sa liquidation en1886, tout en livrant de l’onyx à d’autres fabricants comme Barbedienne.
Estimation : 40 000 € ~ 50 000 €
ATTRIBUÉ À LOUIS FRANÇOIS EUGÈNE CORNU (1827-1899)
pour la COMPAGNIE DES...
Lot 111
Lot 112
PAUL-CHARLES SORMANI & THIEBAULT FRÈRES (1914-1934)
Enfilade à la façon des laques de Coromandel

en bois de placage dont bois de violette et palissandre, le meuble est flanqué de deux gaines latérales ouvrant par une porte. La partie centrale en léger retrait présente un tiroir en ceinture et deux étagères. Le tiroir et les deux portes sont ornés de panneaux à la façon des laques de Coromandel. Deux dragons affrontés chassent la perle sacrée sur le tiroir, tandis que les portes présentent un vase à l'antique fleuri ou une corbeille de fruit.
Garniture de bronzes ciselés et dorés tels qu'entrée de serrure, tablier, baguettes d'encadrement et chutes d'angles.
La serrure du tiroir signée "Sormani Paris 134 Boul.d Haussmann".
Dessus de marbre brèche rouge.

Haut. 116 Larg. 223 Prof. 52 cm.
(Petits accidents).

Provenance : collection blésoise.

A Coromandel lacquer style violet and rosewood long dresser by Paul-Charles Sormani and Thiebault Bros. Red marble top and chiseled bronze ornamentations. Signed "Sormani Paris 134 Boul.d Haussmann".

Bibliographie :
- Nicolas Brugier, "Les Laques de Coromandel", La bibliothèque des Arts, Lausanne, 2015, un panneau de laque à la composition comparable reproduit p. 155.
- Christopher Payne, "Paris, la quintessence du mobilier au XIXe siècle", éditions Monelle Hayot, Saint-Rémy-en-l'Eau, 2018, une commode avec une laque française à l'imitation de la Chine reproduite p.527.

Né en Italie, l'ébéniste Paul Sormani (1817-1877) s'établit à Paris en 1847 et se spécialise dans l'imitation et la réinterprétation des ébénistes français du XVIIIe siècle. Ses œuvres n'ont rien à leur envier, tant en ce qui concerne leur luxe que la qualité de la réalisation. Ses participations remarquées aux expositions internationales de 1855, 1862 et 1867, sont couronnées de médailles, reconnaissant l'excellence de son travail. Son fils Paul-Charles (1848-1926 ou 1934) et sa mère Ursule reprennent l'activité en 1878 après son décès, sous le nom "Sormani Veuve Paul et Fils", exécutant des modèles d'Édouard Lièvre. En 1914, Paul-Charles s'associe avec les bronziers Thiebault frères, ouvrant une prestigieuse boutique au 134 boulevard Haussmann à Paris. L'association dure jusqu'en 1934, avec la mort de Sormani. Ornés de panneaux à la façon des laques chinoises dite "de Coromandel", du nom du port des Indes par lequel ils transitaient, nos meubles puisent leur inspiration dans les fabuleuses créations de l'ébéniste BVRB, auxquels ils rendent hommage. Ce travail à la façon des laques de Chine est particulièrement populaire dans les années 1920. Calouste Gulbenkian acquiert ainsi pour 29.000 francs chez Sormani en décembre 1929 une paire de commodes à l'anglaise ornées d'un tel décor, pour sa résidence de l'avenue Iéna à Paris (Musée Gulbenkian, Lisbonne, inv. n°671 A/B).
Estimation : 5 000 € ~ 8 000 €
PAUL-CHARLES SORMANI & THIEBAULT FRÈRES (1914-1934)
Enfilade à la façon des...
Lot 112
Lot 114
FÉLIX CHARPENTIER (Bollène, 1858 - Paris, 1924)
Bello Matinado, c. 1910

Marbre signé, titré et dédicacé "à Mr Fettu ses amis".

Haut. 107 cm.

Joint : "Banquet de réception de l'œuvre représentant Eugène Fettu entouré de ses amis", tirage argentique légendé "Souvenir d'une heureuse fête", signé et situé "Henri Yamiel (?) Paris" (24 x 30 cm).

Provenance : offert à Eugène Fettu par ses amis en souvenir du modèle cher à son cœur qui posa pour le sculpteur ; par descendance, Touraine.

A marble statue by Charpentier entitled "Bello matinado", signed and dedicated to Mr Fettu (20th century French politician) by his friends.

Bibliographie : Éliane Aujard-Catot et Guillaume Peigne, "Félix Charpentier", catalogue de l'exposition au Musée Louis Vouland à Avignon en 2005. Modèle référencé sous le numéro 80.

Présentée au Salon de 1907, le plâtre de "Bello Matinado" (Belle matinée en italien) est acquis par l'État. Le marbre rejoint le musée du Louvre et est aujourd'hui exposé au musée des Beaux-Arts d'Arras. Un autre marbre de même grandeur est conservé au musée des Beaux-Arts de Rio de Janeiro (Brésil). La tradition familiale rapporte que le modèle était proche d'Eugène Fettu, maire radical de Combres, conseiller-général d'Eure-et-Loir de 1910 à 1940, par ailleurs conseiller du commerce extérieur de la France. Cela explique le banquet donné en son honneur par ses amis lors de la réception de cet exemplaire et le dépôt du plâtre original à proximité de ses terres électorales, au Musée des Beaux-Arts et d'Histoire de Châteaudun. La qualité d'exécution et de conservation immaculée de cette sculpture, ainsi que sa provenance, en font l'exemplaire le plus séduisant parmi tous ceux référencés.
Estimation : 20 000 € ~ 25 000 €
FÉLIX CHARPENTIER (Bollène, 1858 - Paris, 1924) 
Bello Matinado, c....
Lot 114
Lot 115
ATTRIBUÉ À HENRI VIAN (1858-1904)
Paire de candélabres dans des vases Médicis posés sur leurs gaines

Paire de vases Médicis couverts en bronze doré et tôle à patine verte. Ils présentent trois bras de lumières ornés de larges motifs de feuilles d’acanthe mouvementées et enroulées. Les binets et bobèches sont ornés de feuillage stylisé. Le couvercle à motif de larges godrons se prolonge sur la panse. Deux anses sur les côtés rejoignent le pied à décor de cinq contours qui repose sur une base en marbre rouge du Maine. L'un marqué "VIAN" sur le prolongement d'un bras de lumière.

Paire de gaines de forme quadrangulaire en placage de satiné et bois de rose. Très riche ornementation de bronzes dorés sur toutes les faces. Sur chacune d’elles, des moulures en bronze doré entourent des appliques figurant des têtes de femmes sur fond de rayons de soleil cerclés d’une couronne de branches de laurier. Celle-ci se prolonge en dessous pour former trois couronnes successives. Le pied est formé par une plinthe surmontée d’une moulure en bronze doré avec une baguette de placage peinte en vert. Le dessus est couvert d’un marbre brèche.

Travail de qualité dans le goût de Barbedienne.
Style Louis XVI, fin XIXe.

Vases : Haut. 122 Larg. 52 cm.
(Électrifiés, deux binets différents et probablement plusieurs bobèches rapportées, petits enfoncements).
Gaines : Haut. 127,5 Larg. 42 Prof. 42,5 cm.
(Accidents et restaurations)
Haut. totale : 249,5 cm.

Provenance : château d'ÎIe-de-France.

A pair of Louis XVI style satine and rosewood veneer pedestals sporting gilded bronze Medicis vases turned into candelabras. Rich bronze ornamentation and breche marble tops on the pedestals. Attributed to Vian, late 19th century.

Grand-père de l'écrivain Boris Vian, Henri Vian figure parmi les grands bronziers de la seconde moitié du XIXe siècle. Installé dans l'hôtel Salé, actuel musée Picasso, au 5 rue de Thorigny à Paris, il participe aux Expositions universelles de 1878 et 1889 dans la classe "bronzes d'art, fontes d'art diverses, ferronneries d'art, métaux repoussés ».
Estimation : 50 000 € ~ 60 000 €
ATTRIBUÉ À HENRI VIAN (1858-1904) 
Paire de candélabres dans des...
Lot 115
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