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29ème VENTE GARDEN PARTY - I

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Lot 4
MONTRE À COQ dite du DUC DE CHOISEUL en or jaune 750 millièmes, le fond gravé à décor d'une gloire encadrée d'agrafes feuillagées et de fleurs, cadran émaillé blanc, chiffres romains pour les heures.
Remontage à clé par le devant (deux heures), mouvement à coq à répétition par deux marteaux, poussoir à la bélière, échappement à roues de rencontre, fusée à chaîne.
Mouvement signé Étienne LENOIR, Paris, n° 2143.

XVIIIe.

Diamètre : 46 mm.
Poids brut : 106 g.
(petites bosses, accidents au cadran).

On y joint une CLÉ de MONTRE.

Provenance :
- Selon la tradition familiale, cette montre aurait appartenu à Étienne-François, duc de Choiseul (1719-1785), ministre de Louis XV de 1758 à 1770.
- Comtesse de Choiseul Daillecourt, née Aimée Constance de Tulle de Villefranche (1798-1861).
- Par descendance.

The so called Duke of Choiseul gold POCKET WATCH from the 18th century.

En 1750, Pierre-Étienne Le Noir, reçu Maître-horloger en 1743, rejoint l'atelier de son père, Étienne II Le Noir, reçu Maître-horloger en 1717. Cette association donnera naissance à l'un des ateliers d'horlogerie les plus fameux du règne de Louis XV. Ils essaiment leurs créations dans l'Europe entière, notamment par le truchement de grands marchands-merciers. Nombre de souverains européens acquièrent des montres portant la fameuse signature. Ils imitent Versailles. Jean-Dominique Augarde, dans son ouvrage "Les Ouvriers du Temps", relate : "La liste des propriétaires de pendules ou de montres d'Étienne Le Noir à Paris témoigne du prestige atteint par cet atelier. En France, la haute noblesse, la finance, la robe et l'Église y sont représentées".
Adjugé : 2 500 €
Lot 4
Lot 5
PATEK PHILIPPE.
WORLD TIME, Ref. 5130R, Mvmt. No. 3.639.922, Bt. 4.382.350, vers 2006.
Montre-bracelet en or rose 18k (750) avec heures universelles. Boîtier de forme ronde avec fond vissé transparent, épaulement pour la couronne de remontoir, poussoir pour le disque de réglage 24h.
Cadran argenté avec motif rayons de soleil, index appliqués et aiguilles en or, disque rotatif avec l'indication des heures diurnes et nocturnes sur 24h, l'indication des principales capitales dans le monde vers l'extérieur, à noter que la ville de référence Londres est indiquée en rouge.
Mouvement automatique, cal. 240/228, micro-rotor, 33 rubis, ajusté 5 positions, décoration Côtes de Genève, estampillé du poinçon de Genève.
Boucle déployante en or rose 18k (750) signée.
Cadran, boîtier et mouvement signés.

Diamètre : 39 mm.

Un extrait des registres de la manufacture Patek Philippe portant la mention " date de fabrication en 2006 et date de vente le 9 janvier 2007 ".

A Patek Philippe pink gold WORLD TIME WATCH, 2006.

Le principe des heures universelles ont été développées par l'horloger genevois Louis Cottier dans les années 1930. Il travaillera principalement pour la manufacture Patek Philippe avec laquelle il réalisera des montres de poche ou bracelets très recherchées aujourd'hui par de nombreux collectionneurs et amateurs avertis, telles que les fameuses références 1415 ou 2523 à simple ou double couronne, qui sont parmi les chefs-d'œuvre de l'histoire de la montre-bracelet au XXe siècle.

Patek Philippe décidera après de longues années d'absence sur le secteur des montres avec heures universelles, de relancer la ligne au travers de la référence 5110 à partir du début des années 2000. La référence 5130 succèdera en 2006 à cette dernière, elle se distingue par un boîtier légèrement plus large, des aiguilles et un centre de cadran également différent. La fonction heures universelles ou World Time est très utile pour lire l'indication instantanée des différents fuseaux horaires dans les grandes villes grâce à une lecture heures diurnes et nocturnes sur cadran 24h. Une véritable montre de luxe et de précision pour le globe-trotter.
Adjugé : 19 000 €
Lot 5
Lot 51
Anne de BRETAGNE (Nantes, 1477 - Blois, 1514).
Rare DOCUMENT avec son GRAND SCEAU de DEUIL entre la mort de son premier mari Charles VIII (7 avril 1498) et son remariage avec Louis XII (8 janvier 1499).

Pièce signée : "Anne ", Blayn [Blain] novembre 1498 ; contresignée par C. NORMANT ; vélin in-plano (bords un peu rongés sans toucher le texte, quelques petits trous), GRAND SCEAU de cire noire pendant sur cordelettes vertes et rouges (fendu avec petits accidents sur les bords).

RARE DOCUMENT AVEC SON GRAND SCEAU, CONCERNANT LA SEIGNEURIE DU CHANCELIER DE BRETAGNE, PHILIPPE DE MONTAUBAN, entre la mort de son premier mari Charles VIII (7 avril 1498) et son remariage avec Louis XII (8 janvier 1499).
" Anne par la grace de Dieu Royne de France duchesse de Bretaigne, Contesse de Montfort d'Estampes et de Vertus ", reçoit la requête de son conseiller et chambellan Philippe de MONTAUBAN chevalier seigneur de Grenonville et du Bois de La Roche, concernant sa seigneurie du Bois de La Roche où " pour embellissement dicelle sa maison seureté et aisibleté de luy et ses hommes et subgets, il a faict commancer congstruire et ediffier par permission et licence de nous chasteau et maison forte pour la decoracion de laquelle il a ja commence a faire ediffier ung parc quil ne peult parachever sans y mettre & emploier partie des terres heritaiges & maisons des villaiges " ; elle lui consent par ces lettres patentes l'exemption des " villaiges de Sainct Guysnel la Geraudaye et Vaucerin de tous fouaiges tailles subsides et imposicions quelzconques "… Etc.

L'EXCEPTIONNEL GRAND SCEAU DE CIRE NOIRE (deuil de Charles VIII) est à l'effigie d'Anne de Bretagne trônant en majesté sur fond d'hermines, avec la légende courant sur le bord circulaire ANNE PAR LA GRACE DE [DIE]U ROYNE DE FRANCE DUCHES[SE DE B]RETAIGNE ETC. ; au contrescel, ses armes supportées par deux lions et sommées de la couronne, le tout entouré de la cordelière.

On y JOINT un arrêt du Conseil d'État signé par Colbert de Croissy, 21 novembre 1693, confirmant cette exemption en faveur de Joseph de Volvire de Ruffec comte du Bois de la Roche (2 pages et quart sur vélin, petits manques).

Provenance : collection tourangelle.

The Anne of Brittany great SEAL of MOURNING, 1498.
Adjugé : 4 000 €
Lot 51
Lot 52
Atelier BRUXELLOIS, dernier quart du XVe.
La Descente de Croix.

Fragment d'un retable taillé.
Chêne teinté et ciré.

Haut. 59, Larg. 45, Prof. 14,5 cm.
Marque : maillet bruxellois frappé à froid au dos.
Petits accidents et manques (la croix sculptée manquante), bras de Joseph d'Arimathie fragilisé.

Provenance : propriété du Val de Loire.

A oak group figuring the DESCENT of the CROSS by a Brussel workshop in the late 15th century.

Littérature en rapport :
- Ss dir. Antoinette Huysmans, La sculpture des Pays-Bas méridionaux et de la principauté de Liège, Musées royaux d'art et d'histoire de Bruxelles, Barcelone, 1999.
- Ss dir.Brigitte d'Hainaut-Zveny, Miroirs du sacré. Les retables sculptés à Bruxelles XVe-XVIème siècles : production, formes et usages, CFC-Editions 2005.

Ce fragment de retable en chêne illustre une scène à huit personnages de la Descente de Croix. Dans la seconde moitié du XVème siècle de nombreux retables brabançons représentent la Passion du Christ en plusieurs scènes : cette iconographie centrée sur la souffrance du Christ est destinée à encourager la compassion du fidèle et accroître sa dévotion intime et intense fondée sur l'imitation du Sauveur. Les personnages disposés en escalier rappellent le moment où le Fils de Dieu est détaché de la Croix avant sa mise au Tombeau : si la Croix est absente, l'échelle, anecdotique, sur laquelle se tient Nicodème, contextualise la scène. Le Pharisien, entouré de Marie-Madeleine reconnaissable à son pot d'onguent et d'une autre femme voilée, descend le Christ de la Croix, tandis que Joseph d'Arimathie et une femme éplorée le soutiennent tout en l'enveloppant dans son linceul.
La pleureuse, désespérée comme indique la position de sa tête jetée en arrière, pose la main sur le flanc blessé du mort, d'après un modèle iconographique assez répandu (cf. fragment de retable anversois au début du XVIe, conservé aux Musées royaux de Belgique à Bruxelles, n°inv. V. 160). Sur le côté droit du Christ, Marie et saint Jean forment un groupe, presqu'en marge de la scène : la Vierge en pâmoison, la main portée au cœur, tant la douleur de la perte de son fils est insoutenable, tourne le dos à la scène. L'attitude de la Mère - le parallélisme de son bras avec celui sans vie du Christ - et la position en diagonale du corps du Crucifié présentent une incontestable relation avec le travail de l'artiste Rogier Van der Weyden.

L'auteur de la géniale Descente de Croix réalisée vers 1436 (Musée du Prado, Madrid) fut lié à la réalisation de retables sculptés dans la ville de Bruxelles au début des années 1460 et son influence sur la production de la ville fut considérable. Outre cette influence iconographique, la présence au revers de la marque de garantie du bois mise en place en 1454 - un petit maillet frappé à froid - et la qualité de l'exécution du fragment permettent d'identifier l'œuvre comme une production d'un atelier bruxellois dans le dernier quart du XVème siècle.
La perte de la polychromie d'origine laisse apparaître l'état d'achèvement de la taille des statuettes : les vêtements sont composés de drapés profonds et les détails des gestes et des expressions, sans fioritures, soulignent avec justesse la dramatisation de la scène. Le sol est quant à lui traité en "tremolierungen", un décor exécuté par des entailles d'une gouge déplacée en zigzag, pour réaliser un sol herbeux.
Adjugé : 10 000 €
Lot 52
Lot 55
LA COLLECTION DU COMTE DE REISET (1821, Mont-Saint-Aignan - 1905, Marcilly-sur-Eure)

Diplomate dès l'âge de 20 ans, ambassadeur extraordinaire, ministre plénipotentiaire, Gustave de Reiset fut un homme politique accompli et reconnu (1). Sa passion de l'histoire de France, sa plume circonstanciée, son sens de la conservation du patrimoine et son œil averti pour les beaux objets, firent de lui un homme des Arts tout aussi exemplaire et salué par ses pairs.

Natif de Normandie, c'est dans l'Eure, à Marcilly, que ce conseiller des grands dirigeants européens décide d'installer ses quartiers qu'il retrouve entre deux missions à l'étranger. Ainsi, il rachète en 1842 l'ancienne abbaye cistercienne de Breuil-Benoît alors dans un état de délabrement avancé. Dès 1857, il la restaure selon l'esprit de " l'archéologie médiévale " que l'on reconnaît aux hommes de lettres de la seconde moitié du XIXe siècle (2). Avant de rendre l'église au culte et d'y instaurer un pèlerinage annuel voué à saint Eutrope dont il possédait les reliques, il fait reconstruire la nef en la fermant d'un mur formant un chevet droit à la hauteur des transepts. Face à l'impossibilité de rebâtir également le chœur, il préserve cette partie dans un état de ruine, en accord avec la mode romantique. Il agrémente ce lieu de sculptures médiévales, la plupart fragmentaires, selon une scénographie réfléchie.

Dès les années 1860 des coupures de presse et des rapports d'expositions locales rapportent la présence d'œuvres de toute typologies, périodes et matériaux, prêtées généreusement pour ces occasions par le comte : "C'est dans cette partie de la salle que se trouvent rassemblés les joyaux détachés du riche musée que M. le comte de Reiset a formé dans l'ancienne abbaye du Breuil-Benoît, à quelques lieues d'Évreux : triptyques, ivoires, émaux de grands prix, tableaux de vieux maîtres, manuscrits splendides". Est-ce influencé par son frère aîné, Frédéric de Reiset (1815-1891), le célèbre collectionneur et historien d'art nommé conservateur des dessins et chalcographie du musée du Louvre en 1850, puis directeur général des musées nationaux en 1874, que Gustave se met à collecter frénétiquement des œuvres (3) ?

Ce grand admirateur de Marie-Antoinette (4) rassemble rapidement suffisamment d'archives et d'objets précieux pour même aménager " un musée local " ouvert au public, présentant sur les murs et dans des vitrines spécialement aménagées une grande variété d'œuvres. Les critiques indiquent que "ses archives sont un trésor aussi précieux que les admirables collections qui font de son château du Breuil une résidence incomparable". À son décès en 1905, puis celui de son épouse dans les années 1920, une partie de la collection est dispersée en ventes publiques, tandis qu'une autre reste immuablement conservée dans les lieux par ses descendants jusqu'à un changement de propriété dans les années 1990.

Les œuvres présentées dans cette vente sont les rares témoins encore visibles de l'entreprise personnelle d'un haut personnage engagé dans les instances, tant politiques qu'artistiques les plus importantes de la seconde moitié du XIXe. Ces pièces de la collection du "musée de Breuil-Benoît" appartiennent également à une étape exceptionnelle de l'histoire d'un haut lieu du patrimoine normand.

Littérature en rapport :
- Annuaire des cinq départements de la Normandie, Association normande, 1865, p.532
- Marquis de Fayolle, "Le Breuil Benoit et les collections du comte de Reiset, ancien ministre plénipotentiaire", in Extraits des comptes rendus du congrès tenu à Evreux en 1889 par la société française d'archéologie, Bulletin monumental, 1890.
- Abbé J. Fossey, "L'abbaye de Breuil-Benoît", in La Normandie monumentale et pittoresque, vol. 3 : Eure, Le Havre, Lemâle éd., 1896, héliogravure, coll. Pôle image Haute Normandie de Rouen, pp. 99-102,
- Paul Robert, "Église du Breuil-Benoît - Ruine du chœur", in La Normandie monumentale et pittoresque, vol. 3 : Eure, Le Havre, Lemâle éd., 1896, héliogravure, coll. Pôle image Haute Normandie de Rouen, pl. n°19
- Visite à l'abbaye de Breuil-Benoît au diocèse d'Évreux, Marcilly sur Eure, 30 mai 1898, École libre Saint-François de Sales, Évreux
- Henry Lehr, Excursion au Breuil -Benoist, 27 octobre 1897, Société archéologique d'Eure-et-Loir Chartres, 1898
- M le vicomte de Reiset, Notice sur M. le Comte de Reiset, Société libre d'agriculture, sciences , arts et belles-lettres, de l'Eure, Évreux, 1906,
- Collection de feu le Comte de Reiset, Objets d'art et d'ameublement principalement du XVIIIe siècle. Tapisseries, tableaux anciens, aquarelles, dessins, gouaches, pastels, Vente à Paris, Hôtel Drouot, les 30 janvier et 1er février 1922, Lair-Dubreuil, 1922.

(1) Sa carrière diplomatique est racontée dans son ouvrage en 3 volumes : Mes Souvenirs, Paris, Plon, 1901-1903
(2) Cette méthode de restauration ne correspond plus aux politiques et usages actuels
(3) voir la notice de Laure Starcky sur https://www.inha.fr/ressources/publications/publications-numeriques/dictionnaire-critique-des-historiens-de-l-art/reiset-frederic.html
(4) Il publie un ouvrage sur la reine illustré en grande partie avec l'aide de sa collection : Modes et usages au temps de Marie-Antoinette. Le journal de Madame Eloffe, marchande de modes, couturière lingère ordinaire de la reine et des dames de sa cour, Paris, Firmin-Didot, 1885.
Lot 55
Lot 55
Entourage de Michel LOURDEL (1577 - 1676), milieu du XVIIe.
Ensemble de quatre COLONNES salomoniques.

Bois sculpté et peint.

Haut. 230 cm.
Petits éclats et accidents.

Provenance : Collection de Reiset, abbaye du Breuil-Benoît ; par descendance, propriété de Touraine.

Four wood SOLOMONIC COLUMNS by the surrounding of Michel Lourdes during the mid 17th century from the progeny of the Reiset estate at the Breuil Benoit Abbey.

" L'église du Breuil contient une foule d'objets curieux, meubles, sculptures, objets de cultes, etc. L'autel accosté de quatre colonnes en spirale, est surmonté de beaux anges en bois ".
Marquis de Fayolles, " Le Breuil-Benoît et les collections de M. le comte de Reiset " in Congrès Archéologique de France, LVI session, 1890, p. 140-146.


LES COLONNES SALOMONIQUES DU BREUIL-BENOIT

Ces éléments d'architecture témoignent de l'importante transformation qui s'opère après le Concile de Trente dans la mise en forme des retables. Ne se contentant plus d'être un ensemble de panneaux articulés à la verticale de l'autel, il se dote de nombreux éléments architecturaux supplémentaires. L'entablement surmonté d'un fronton et flanqué de colonnes valorise la place centrale du tabernacle et exacerbe la célébration de l'Eucharistie.
Ces quatre colonnes proviennent probablement du même décor et manifestent de l'influence indiscutable des nouveaux décors baroques italiens : c'est en effet en s'inspirant des colonnes torsadées provenant, selon la tradition, du Temple de Salomon (conservées dans la crypte de la tombe de saint Pierre à Rome) que Gian Lorenzo Bernini (1598-1680) construisit le baldaquin surmontant l'autel de la basilique dans le premier tiers du XVIIème siècle. Ce type de colonne, dit " salomonique ", connut un vaste succès en Italie et en Espagne, mais également, en Normandie. C'est probablement localement que le Comte de Reiset trouva ces éléments d'architecture, dont le rapprochement stylistique avec les créations de l'artiste rouennais Michel Lourdel est évident. Bien qu'ayant perdu une bonne part de leur polychromie, ces colonnes ornées de rinceaux, grappes et feuilles de vigne habités d'oiseaux et autres charmants animaux sont à comparer aux colonnes des maîtres-autels de Caorches-saint-Nicolas ou de l'église d'Emanville attribués à Michel Lourdel. Ces quatre colonnes sont attestées encadrant l'autel de l'église restaurée de Breuil-Benoît dès 1891.

Littérature en rapport :
-Denis Lepla, Michel Lourdel (1577-1676), Sculpteur normand, sculpteur du sacré. Essai de catalogue raisonné sur l'œuvre matérielle et spirituelle, Edition des Falaises, 2011.
Estimation : 5 000 € ~ 6 000 €
Lot 55
Lot 56
Attribué à Michel LOURDEL (1577 - 1676), première moitié du XVIIe.
Vierge à l'Enfant.

Bois sculpté et anciennement polychromé.

Haut. 100 cm.
Manques et accidents.

Provenance : Collection de Reiset, abbaye du Breuil-Benoît. Par descendance, propriété de Touraine.

A wood group of VIRGIN and CHILD attributed to Michel Lourde from the progeny of the Reiset estate at the Breuil-Benoit Abbey. First half of 17th century.

Bien que cette Vierge à l'Enfant soit désormais très fragmentaire, sa grande qualité d'exécution est visible sur une photographie ancienne datant des années 1900 (base Photo du ministère de la Culture et de la Communication : cliché numéro MH0033624). Son séjour en extérieur, en tant que décor du trumeau du portail de l'église de Breuil-Benoît, en contrebas du vitrail contemporain en l'honneur de Jeanne d'Arc exécuté à la fin du XIXème siècle par un maître-verrier d'Évreux, est certainement en grande partie responsable de ce niveau de dégradation. Cet emplacement privilégié témoigne cependant de l'importance qu'a pu représenter cette œuvre dans la collection du Comte de Reiset. Ce dernier a su sans doute y reconnaître une œuvre d'un des plus fameux exécutants baroques normands, Michel Lourdel : il est en effet encore possible de discerner la pose théâtrale de la Vierge, prononcée par une attitude en contrapposto appuyé et des drapés véhéments, notamment le retour virevoltant du manteau sur son bras droit, comme il est aussi visible sur la Vierge à l'enfant du retable de Bacqueville, l'un des fleurons bien connu du sculpteur rouennais. La Mère du Christ présente un certain nombre de détails vestimentaires que l'on rencontre chez ce maître : larges bordures du voile surmonté d'une haute couronne, robe ceinte par une ceinture haute ornée d'un nœud central à deux boucles, coiffure de boucles entourant le visage. Elle porte haut un petit Jésus bien agité au visage particulier : ovale et fin, doté d'une expression charmante et mutine. Ces cheveux sont répartis en trois masses dont une houppette frisée centrale, véritable signature de l'artiste qui coiffe ainsi la plupart de ses anges et enfants Jésus.

Littérature en rapport :
- Denis Lepla, Michel Lourdel (1577-1676), Sculpteur normand, sculpteur du sacré. Essai de catalogue raisonné sur l'œuvre matérielle et spirituelle, Edition des Falaises, 2011.
- Claude Degas-Lemerle, Marcel Baudot, " Michel Lourdel, sculpteur rouennais ", in Cahiers Léopold Delisle, 1959, p.3-19.
Adjugé : 5 500 €
Lot 56
Lot 57
École CHAMPENOISE, premier tiers du XVIe
et restitutions du XIXe.
Vierge à l'Enfant.

Sculpture d'applique en pierre calcaire, avec traces de polychromie et de dorure.

Haut. 154 cm.
dont base de 12 cm.
(restaurations anciennes, éléments restitués, fissures en partie inférieure de la robe et de la base, petits accidents).

Provenance : Collection de Reiset, abbaye du Breuil-Benoît ; par descendance, propriété de Touraine.

Une étude technique réalisée en mars 2017 par Madame Juliette Lévy, restauratrice, et sur la base comparative du rapport de restauration de la Vierge au raisin de Saint-Urbain de Troyes aimablement fourni par Madame Florence Godinot est disponible sur demande.

A stone group of VIRGIN and CHILD from the progeny of the Reiset estate at the Breuil Benoit Abbey. Champagne school, early 16th century.

LA VIERGE dite "AUX RAISINS" DU BREUIL-BENOÎT

Debout sur un croissant de lune, la Vierge couronnée porte l'Enfant Jésus bénissant de sa main droite tout en tenant un cep de vigne dans la main gauche. Sa mère lui tient délicatement le pied gauche de sa main droite, sur laquelle est posé un oiseau. Dotée de ces caractéristiques si spécifiques - allongement significatif des jambes, visage ovale régulier au haut front bombé et yeux en amande encadré d'une chevelure longue et dénattée tombant en longues mèches torsadées sur les épaules, le petit Jésus remuant, vêtu d'une longue tunique et coiffé de mèches bouclées - cette charmante composition appartient au répertoire traditionnel champenois du premier tiers du XVIème siècle. Dès les époques antérieures, comme en témoignent les groupes de Villeloup (XIVème siècle) ou de saint André des Vergers (fin du XIVème siècle), les représentations mariales portant les attributs du raisin et d'un oiseau ont été fréquentes. Cette référence dogmatique à la célébration de l'Eucharistie est cependant ici accompagnée d'un thème beaucoup plus rare pour l'époque et la région, celui de l'Immaculée Conception, par la présence du Croissant de lune. Inspirée du livre de l'Apocalypse (ch. 12, v. 1), cette iconographie si originale reprend celle de l'un des joyaux de la sculpture champenoise du XVIème siècle : La Vierge dite "aux raisins" de l'église Saint-Urbain de Troyes.

Après étude comparative des deux œuvres, il apparaît évident que la sculpture de la collection de Reiset dérive de cette dernière. Elles partagent la composition générale, l'expression de grâce soulignée par le petit sourire énigmatique de la Vierge, la complexité des drapés et des plis des vêtements richement ornés. Certains détails de la sculpture - non pas ceux des éléments restitués lors de campagnes de restaurations postérieures, comme la colombe qui ne grappille pas ici la grappe de raisin - permettent d'attester de la créativité de l'artiste. Cette inventivité se manifeste dans le traitement des orfrois qui ornent les bordures des vêtements, comme il est également possible de l'observer sur les habits de la Vierge à l'Enfant de l'église de L'Isle-Aumont ou encore sur ceux de sainte Agnès de Saint-Nicolas-de-Troyes. Les vêtements de la Vierge de Saint-Urbain comportent trois décors différents, comme l'a découvert la restauratrice Florence Godinot (1) : le surcot présente des bordures décorées de volutes, entrelacs et motifs floraux sur une frise, traités en bas-relief, tandis que le manteau offre à voir deux motifs différents à dextre et senestre. Chaque côté comporte un motif unique répété (volutes et entrelacs) sur une frise, prouvant que l'artiste a changé de sujet en cours de réalisation. Les vêtements de la Vierge du Breuil-Benoît présentent quant à eux trois décors d'orfrois très soigneusement exécutés. Le premier, situé sur la bordure du manteau, atteste de l'influence italianisante qui s'installe progressivement en Champagne à cette période : il est composé d'une alternance de calices et de têtes de putto aux joues gonflées, desquels sourdent des tiges feuillues d'acanthes. La bordure du surcot comprend un autre motif unique et répété de volutes et entrelacs. Un dernier motif, situé sous un pli de la bordure gauche du manteau, présente une tige sur laquelle se croisent deux lignes en diagonale pour former un motif en croix. À cette grande richesse du détail s'associait un grand soin dans la polychromie originale. À l'instar de son prototype, la Vierge du Breuil-Benoît a malheureusement subi des restaurations, surpeints et décapages successifs. Cependant les rares traces de polychromie encore présentes permettent, d'une part, d'établir la grande qualité de sa polychromie originale et d'autre part de la rapprocher de celle de la Vierge aux raisins de Troyes : toutes deux présentent des traces de dorure sur mixtion ocre dans les chevelures de la Vierge et du Christ et sur la partie extérieure du manteau (2).

Comme le rappelle Véronique Boucherat, l'expression du style champenois se fonde sur une unité qui s'est manifestée par la pratique courante au début du XVIème siècle de la copie. Ainsi, sept dérivations de la Vierge à l'Enfant de Saint-Urbain de Troyes sont aujourd'hui attestées (3) : celles de la chapelle de Saint-Aventin (à Verrières), de Périgny-la-Rose, Pougy, d'Avon-la-Pèze, de Romilly-sur-Seine, de Chavanges et de Saint-Just en Seine-et-Marne. En étudiant ces autres versions, l'on constate que les restaurations postérieures de la Vierge aux raisins de Saint-Urbain et du Breuil-Benoît n'ont pas restitué un élément important à la compréhension de la scène : le Christ n'esquisse pas seulement un geste de bénédiction de la main droite. Il tient un long ruban qui passe entre les deux mèches tombant sur l'épaule dextre de la Vierge et est noué à la patte de l'oiseau posé sur la main de la Vierge. L'oiseau ainsi captif renvoie à l'image du Diable qui cherche à attirer les pécheurs dans ses rets. Le geste de bénédiction ne s'adresse plus seulement au fidèle, mais à l'oiseau prisonnier du Mal, rappelant ainsi la libération future issue de son sang versé (4).

Entrée dans la collection du Comte qui lui fit réaliser un socle de pierre portant l'inscription suivante : " BEACTE VIRGINI/ AQUARUM BORVONIS/MEMOR/SANITATIS FILII SUI/ ACCEPTAE/ COMES DE REISET/ANNO DOMINI 1891 ", l'œuvre trouva une place privilégiée dans la travée de chœur de l'église du Breuil-Benoît (base Image, ministère de la Culture et de la Communication, clichés n° cliché n° MH0033625 ).Fruit d'un travail de sculpture de grande qualité dont la beauté était à l'origine soulignée par un riche décor polychrome, cette Vierge à l'Enfant dérivant de la magnifique Vierge aux raisins de Saint-Urbain de Troyes, témoigne de l'excellence de l'école champenoise du premier tiers du XVIème siècle.

Littérature en rapport :
- Raymond Koechlin et J de Vasselot, La sculpture à Troyes et dans la champagne méridionale au seizième siècle, Paris, 1900, p.138 et suiv.
- Lucien Morel-Payen, Troyes et l'Aube, Troyes, 1929.
- Le Beau XVIème siècle. Chefs-d'œuvre de la sculpture en champagne, catalogue de l'exposition tenue à Troyes, église Saint-Jean-au-Marché, 18 avril -25 octobre 2009, Hazan, 2009.

(1) Madame Florence Godinot, restauratrice d'œuvres sculptées est vivement remercié pour les informations fournies (Nancy 2005) concernant la restauration de la Vierge aux raisins de Saint-Urbain de Troyes et qui ont permis l'étude comparative des deux œuvres.
(2) Une étude technique a été réalisée par la restauratrice d'œuvres sculptées, Juliette Levy. Le rapport daté de mars 2017 sera remis à l'acquéreur.
(3) Véronique Boucherat, "La sculpture en Champagne méridionale vers 1500-1530 : des styles et un esprit ?", in Le Beau XVIème siècle. Chefs-d'œuvre de la sculpture en Champagne, pp.117-122, pp.120-121.
(4) Véronique Boucherat, "Les traductions de la dévotion mariale", pp.66-67, in Le Beau XVIème siècle. Chefs-d'œuvre de la sculpture en Champagne, 65-74, p.66-67.

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Adjugé : 25 000 €
Lot 57
Lot 82
Attribué à Rosalba CARRIERA (Chioggia, 1675 - Venise, 1757)
Portrait présumé de Watteau de trois-quarts.

Pastel.

Haut. 34, Larg. 26 cm.
(bande de papier rajoutée dans le bas).

Provenance :
- Peut être vente La Live de Jully, Paris, 5 - 16 mars 1770, n° 129 (Portrait de Watteau en buste, on voit le haut d'une chaise sur laquelle il est supposé assis, pastel de 12 pouces sur 10) Acquis 113 livres à cette vente par Rémy.
- Collection tourangelle de Luynes
- Vente Rouillac, Cheverny 10 juin 2007 n°80, puis Vendôme 24 février 2008, n°12.
- Succession Nabon, vente au profit de l'Association diocésaine de Blois.

Attributed to Rosalba CARRIERA. The presumed portrait of Watteau. Pastel. From the former Lalive de Jully estate.

LE PORTRAIT DE WATTEAU PAR ROSALBA CARRIERA DANS LA COLLECTION LA LIVE DE JUILLY

À Paris depuis mai 1720, Rosalba Carriera rencontre Watteau pour la première fois le 21 août de la même année, alors que celui-ci vient de rentrer d'Angleterre. L'admiration de Watteau pour la Vénitienne ne fait aucun doute. On sait en effet qu'il avait manifesté le désir de la rencontrer comme en témoigne la correspondance entre Vleughels et Rosalba, le 20 septembre 1719, il écrivait : " Il y a ici un excellent homme nome Mr Vatteau dont peut être vous avez entendu parler, il souhaitteroit bien vous connoitre […] et voudroit avoir un petit morceau de vous, il vous envoiroit un de sa main ".

Rosalba mentionne dans son journal qu'elle entreprend le 11 février 1721, pour Crozat, le portrait de Watteau. Elle quitte définitivement la France le 15 mars. Watteau, quant à lui, quitte Paris pour Nogent-sur-Marne où il meurt le 18 juillet à la suite d'une maladie contractée à son retour de Londres.

Notre pastel n'est pas celui que Rosalba Carriera effectue pour Crozat, puisqu'il s'agit de celui conservé à Trieste (Museo di Santa Caterina, inv. P.190) et identifié par Cailleux en 1966. La feuille peut être néanmoins rapprochée d'une étude préparatoire conservée à Francfort (Städelsches Kunstinstitut). Bernadina Sani note que la pose et l'expression ne sont pas caractéristiques du travail de Rosalba Carriera, ce qui pourrait amener à penser qu'il ne s'agit pas d'une étude d'après nature mais d'après des dessins de Watteau lui-même. Notre pastel pourrait donc être un témoignage rare du travail de la pastelliste où elle s'intéresse particulièrement à la physionomie du personnage. Pour Sani, ce pastel et son étude préparatoire sont une réflexion sur les techniques stylistiques de Watteau. Ce dernier rendait en effet compte des sentiments dans son œuvre, et Rosalba ici se fait l'interprète de cette nouvelle sensibilité. Nul doute que la Vénitienne fut séduite par Watteau, elle exprime toute sa reconnaissance dans une lettre à Jean de Julienne où elle parle de " l'inimitable Vato ".

La comparaison stylistique avec d'autres portraits de Rosalba daterait ce pastel vers 1720-1721, même s'il ne peut pas être identifié avec certitude comme le portrait de Watteau mentionné par Crozat.

La provenance de ce pastel est prestigieuse puisqu'il apparaît peut-être dans la vente de La Live de Jully en 1770, un des grands amateurs du siècle des Lumières. Il est alors acquis par le marchand Rémy et le portrait disparaît jusque dans les années 1950, où Jacques Wilhelm le redécouvre dans une collection particulière et lui consacre un article dans la Gazette des beaux-arts.

Bibliographie :
- J. Wilhelm, "Le portrait de Watteau par Rosalba Carriera", Gazette des Beaux - Arts n° XLII, Paris, 1953, pp 235 à 246, reproduit fig. 3 ;
- J. Cailleux, "Un portrait de Watteau par Rosalba Carriera", in Miscellanea J. Q. van Regteren, Amsterdam, 1969, pp. 174 à 177 ;
- B. Sani, " Rosalba Carriera ", Turin, 1988, cité sous le n° 143.
- B. Sani, " Rosalba Carriera 1673-1757 : Maestra del pastello nell'Europa ancien régime ", Turin, 2007, p. 166-167, n°161, repr.
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Lot 82
Lot 83
Atelier de Jean-Baptiste OUDRY (Paris, 1686 - Beauvais, 1755)
Le Loup plaidant contre le Renard par devant le Singe.

Pinceau et lavis d'encre noire, lavis brun, crayon noir et traces de sanguine, rehauts de gouache blanche sur de nombreuses feuilles assemblées et marouflées sur toile.

Haut. 260, Larg. 196 cm.

Bordure d'encadrement dessinée moderne et feuille accolée en bas au centre moderne.
(accidents et restaurations, taches).
Annotations de dimensions : "7 pieds 10 p 6 lignes" ; "premier de 3p 7p" ; "3me de 3p 7p".

Workshop of Jean-Baptiste OUDRY. The Wolf pleading against the Fox before the Monkey. Brush and black ink, brown ink, black pencil, sanguine traces and white gouache highlights on numerous sheets assembled and mounted on canvas.

Bibliographie : Jean Locquin, Catalogue raisonné de l'œuvre de Jean-Baptiste Oudry Peintre du Roi (1686-1755), Archives de l'Art Français, réimpression de 1968, ed. de Nobele, Paris, p.100, n°534.

En 1736, la Manufacture de Beauvais demande à Oudry six sujets pour une tenture en quatre pièces dont voici les intitulés : La Lice et sa compagne, Les deux Chèvres, Le Renard et le buste, Le Renard et les raisins, Les Poissons et le Cormoran, Le Loup et le Renard. Locquin précise n'avoir pu identifier les cartons, n'ayant pas retrouvé les tapisseries.
Entre 1729 et 1734, Oudry dessine 277 dessins pour illustrer les Fables, dont l'édition par Jombert se fera de 1755 à 1759. La gravure pour " Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe ", exécutée par Sornique, est en sens inverse de notre sujet central (opus cité supra, n°961). Elle fut à nouveau gravée par Huquier avec quelques différences dans le fond (opus cité supra, n°1221).

Un Loup disait que l'on l'avait volé :
Un Renard, son voisin, d'assez mauvaise vie,
Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.
Devant le Singe il fut plaidé,
Non point par des avocats, mais par chaque partie.
(…)
Le juge, instruit de leur malice,
Leur dit : "Je vous connais de longtemps, mes amis,
Et tous deux vous paierez l'amende ;
Car toi, Loup, tu te plains, quoiqu'on ne t'ait rien pris ;
Et toi Renard, as pris ce que l'on te demande. "
La Fontaine se moque ici principalement du juge qui condamne sur des a priori.
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Lot 83
Lot 84
TRAÎNEAU au DRAGON
Terrifiant et fantastique, caracolant, un dragon accroupi aux pattes griffues relève celle antérieure droite, retenant un écu. Il dresse fièrement sa tête aux longues oreilles, crachant une langue de feu fourchue, de sa gueule largement ouverte faisant apparaître de grandes dents. A l'exubérance décorative, son corps entièrement doré, potelé recouvert d'écailles, à petites ailes - se termine par une queue à enroulement gracieux finissant par une pique.
La caisse est gainée de cuir aux clous dorés pour recevoir son participant ; le meneur est assis sur un siège-sellette à l'arrière-train, ses chaussures fixées dans des supports adéquats. Patins, monture et socle en bois rouge, renforcés de pièces métalliques. L'extrémité avant des patins - courbés à l'avant, porte un support de fer destiné au passage des rênes.

Bois sculpté, peint, doré, redoré, polychromie, cuir, métal.

Travail ancien de l'Europe du Nord.

Haut. 1,71, Long. hors tout 2,64, Larg. 0,94 m.
(éclats et accidents, anciennes restaurations).

Provenance : ancienne collection du château de Tronchiennes en Belgique, ancienne propriété de la famille des marquis et prince de Mérode. De la nombreuse famille de Mérode, Maximilien - dont le fils Joachim et le lieutenant colonel Charles Florent, ayant porté également le titre de marquis de Deinze.
D'ou la probabilité des initiales Charles Florent de Deinze : C.F.D. relevé sur le cartouche en écu.

A carved, painted and gilded wood DRAGON SLEDGE. Antique work from northern Europe.

L'ART ARISTOCRATIQUE DES TRAÎNEAUX DE GLACE

Notre exceptionnel et rarissime traîneau d'apparat pour aller sur la glace, conçu pour les promenades sur les pièces d'eau gelées et les allées enneigées des parcs. Grande fantaisie décorative de ces traîneaux, allant jusqu'à adopter le corps de certains animaux faisant ainsi glisser dragon comme le nôtre, et pour d'autres chimères, léopards, hippocampes, aigles, biches et même tortues...

Cette esthétique est bien sûr à rapprocher de la mythologie du char antique et présente de grandes analogies avec les projets connus d'embarcation pour naviguer sur le Grand Canal à Versailles.
Le Mercure de France de février 1729 (1) et différents mémorialistes se firent l'écho de courses effrénées dès que les hivers rigoureux autorisaient un déplacement en traîneau. Splendeur de ces évènements ! Le Marquis de Beringhen, premier Ecuyer du Roi, marchait à la tête sur un grand traîneau tiré par quatre chevaux pour frayer le chemin… Sa Majesté suivait immédiatement sur un magnifique traîneau dont le cheval avait un riche caparaçon bordé de grelots d'argent…La beauté des chevaux qui vont au grand galop, la richesse des harnais et des caparaçons, le bruit des grelots, les étendards de diverses couleurs flottant dans les airs, la magnificence des traîneaux peints et dorés avec beaucoup de goût, de formes agréables et toutes différentes…tout cela joint au son des fanfares.

Le marquis de Dangeau dans ses mémoires, évoque ces moments d'évasion qui faisaient déjà fureur sous Louis XIV. Le mémorialiste raconte qu'un jour où la glace du Grand Canal était trop fine,
le Dauphin fut dans l'eau jusqu'au cou et les princesses renversées. Madame Campan, première femme de chambre de la reine Marie-Antoinette, évoque dans ses mémoires le "bruit des sonnettes
et des grelots dont les harnais des chevaux étaient garnis, l‘élégance de leurs panaches, la variété des formes de ces espèces de voitures, l'or dont elles étaient toutes rehaussées". Louis XV écrivait ainsi en janvier 1774: "Madame la Dauphine a été une fois seulement en traîneau; vendredi, la neige fondit à son grand regret".

La collection du musée de Compiègne - une des plus importantes d'Europe - recense plus de 25 traîneaux au merveilleux bestiaire. Ceux originaires des Provinces-Unies forment un ensemble important, présentant des formes spécifiques. On distingue ceux avec un aaretikker doté d'une caisse octogonale, ou les traîneaux de type amstellodamois caractérisés par une caisse fortement
galbée. (2)

On répertorie très peu d'iconographie à ce sujet. Il convient cependant de citer Claude Deruet, "l'Eau" - conservé au musée des Beaux-Arts d'Orléans - montrant au XVIIe un paysage de neige sur lequel circulent des traîneaux tirés par un cheval.
Sans oublier l'ouvrage de Georg Engelhard Löhneysen "Della Cavalleria", de 1609 véritable traité encyclopédique d'hippiatrie, comportant notamment de splendides gravures de traîneaux de
glace. (3)

(1) Cité par Saule, 1997, p14-17; Croÿ, 1906-1907, t.1, p.154-155.
(2) Traîneaux palais de Compiègne, http:/palaisdecompiegne.fr/collections/les-traineaux
(3) Paris, Bibliothèque Mazarine.
Estimation : 35 000 € ~ 40 000 €
Lot 84
Lot 85
MARTINET ET BUFFON
François Nicolas MARTINET (1731 - 1800)
Georges-Louis Leclerc de BUFFON (Montbard, 1707 - Paris, 1788)
1 008 planches enluminées de l'histoire naturelle des oiseaux, 1765-1783.

4 volumes grand in-4°.
Plein veau raciné du temps, triple filet doré d'encadrement, dos orné, avec pièces de titre de maroquin rouge, pièces de tomaison de maroquin vert.
En queue, tondo de maroquin vert sur lequel a été frappée une tour dorée. Roulettes intérieures.

Haut. 316, Larg. 230 mm.
(coiffes supérieures endommagées ; coins écrasés ; nerfs frottés ; quelques épidermures. Une petite tache d'encre sur la planche 980).

Provenance :
- cet exemplaire aurait appartenu à Henri Jacques Marie Goüin (1758-1823) élu maire de Tours en 1795, dont la tour sur un tondo de maroquin vert symbolise la ville dont il est le premier édile.
- par descendance jusqu'à Henri Morel de Foucaucourt (1905-1996), époux de Charlotte Goüin qui l'a offert aux parents des actuels propriétaires.

LES OISEAUX DE BUFFON

Notre exemplaire est complet de ses 1 008 planches remarquablement enluminées dans les ateliers royaux, aux coloris demeurés de toute fraîcheur, cernées d'un encadrement au lavis, à savoir 973 planches d'oiseaux et 35 planches diverses (insectes, coraux etc…), classées dans l'ordre de la numérotation. Il ne possède pas de titre, ayant été constitué à partir des 42 livraisons de 24 planches publiées de 1765 à 1783, sous la direction de Daubenton. Sont glissées dans trois des volumes des tables manuscrites, d'une écriture du XVIIIe siècle.

À l'origine, ces planches avaient été commandées par Buffon à François-Nicolas Martinet, peintre, dessinateur et graveur au Cabinet du Roi, réputé pour le réalisme de ses compositions, pour illustrer la partie ornithologique de son " Histoire Générale et Particulière avec la Description du Cabinet du Roi ". Grâce à son commanditaire, Martinet eut accès aux richissimes collections royales d'oiseaux naturalisés, à qui il sut redonner vie.
Le résultat est saisissant de réalisme et de beauté. Martinet fit le choix d'une composition simple et vivante : généralement un seul oiseau est représenté par feuillet, au sol, ou perché sur une branche. Les coloris sont traités à la gouache, au lavis et à l'aquarelle, avec une grande précision.

Etant donnés le coût de la production, et la lenteur de la mise en couleurs (l'entreprise mobilisa pourtant 80 coloristes des ateliers royaux), on estime qu'environ 450 suites seulement furent enluminées.

Buffon fut donc contraint de renoncer à son projet, et décida de publier séparément une Histoire Naturelle des Oiseaux, différente de la partie Ornithologie de son Histoire Naturelle Générale et Particulière, qui ne renferme que 262 gravures en noir.
Certaines des suites enluminées furent parfois réunies à un texte explicatif à partir de 1770 (10 volumes in-folio, ou grand in-4°). Ces exemplaires avec le texte ne comprennent presque jamais les 35 planches enluminées qui ne concernent pas les oiseaux.

D'autres séries de livraisons, comme celles de cet exemplaire, furent établies à l'époque, sans le texte, mais avec ces 35 planches. Du fait de leur rareté et de leur beauté, les collections complètes des Planches Enluminées de Martinet, sont considérées comme un des monuments les plus précieux de l'illustration ornithologique.

Paul Veyssière

Buffon was appointed by Louis XV keeper of the "Jardin du Roi", and the collection connected with it, the "Cabinet du Roi" in 1739. He augmented the collection of birds exponentially, increasing it to more than 800 species gathered from all four corners of the globe. In 1765 at Buffon's direction, Martinet began drawing and painting the collection, and engraved the plates under the supervision of Edme Daubenton. In the course of production, over 80 colorists and artists were engaged, ultimately producing 973 ornithological plate and 35 plates depicting various animals and corals. The plates were originally intended to illustrate the ornithological section of Buffon's "Histoire naturelle générale et particulière" but this idea was abandoned owing to the limited number of impressions the plates would yield.
"One of the most important of all birds books from the collector's point of view" (Stilwell, "Fine Bird Books. 1700-1900", 63).
(Cohen, 194 ; Nissen, IVB, 158 ; Brunet, I, 1379-1380 ; Stilwell, 63).
Adjugé : 50 000 €
Lot 85
Lot 89
BOURSE de JEU du comte de MAUREPAS SECRÉTAIRE d'ÉTAT à la MARINE.
En peau, elle est ornée d'une riche broderie de fils d'argent figurant des fleurs de lys et des étoiles bordées de fil de soie jaune sur fond de velours rouge. Cordon de serrage à deux glands. Le dessous en brodé des armes de la Maison Phélypeaux timbrées d'une couronne ducale et accompagnées des colliers des Ordres du Roi (de Saint-Michel et du Saint-Esprit).

Époque Louis XV.

Haut. 5, Diam. 15 cm.
(usures, quelques petits manques de fils d'argent).

A leather and red velvet embroidered with silver thread PURSE owned by the Count of Maurepas. Louis XV period.

On y JOINT une BOURSE en velours noir et passementerie rouge à décor de broderies polychromes figurant des personnages en costumes régionaux et d'un monogramme "AM" timbré d'une couronne de vicomte. Fin XVIIIe, début XIXe. Haut. 15, Diam. 7 cm.

Le Château de Versailles conserve huit bourses de jeu en divers points comparables à la nôtre. Citons notamment celle du chancelier de France Henri François d'Aguesseau, seigneur de Fresnes (1668-1751) qui présente la même composition que celle de Maurepas. Notons d'ailleurs que ses armes sont également timbrées d'une couronne ducale.
L'Histoire retient le nom de Jean-Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, comme secrétaire d'État à la Marine de Louis XV (de 1723 à 1749). Sa petite taille et son visage ingrat l'ont poussé à adopter une toilette flamboyante. C'est donc sans surprise qu'un homme de son rang, si raffiné, se dote d'une bourse de cette qualité pour receler les précieux jetons d'or nécessaires pour jouer à la table du Roi. Il est d'ailleurs possible que Louis XV l'ait lui-même offerte à Maurepas en signe de gratitude, ou pour une occasion particulière, comme il était souvent d'usage à la Cour. Cette hypothèse nous permet de dater cette bourse avant 1749, année de la disgrâce du secrétaire d'État à la Marine.
Adjugé : 1 500 €
Lot 89
Lot 91
BUREAU de PENTE par MIGEON
en placage d'amarante toutes faces, à décor de frisage en ailes de papillon. Il ouvre en façade par trois tiroirs et un abattant découvrant un intérieur compartimenté de casiers, de six tiroirs et d'un coffre à coulisse secret. Entrées de serrure en bronze doré. Il repose sur quatre pieds cambrés terminés par des sabots d'ongulé feuillagés en bronze ciselé et doré.

Estampillé MIGEON à l'intérieur de chaque petit tiroir de façade.
Pierre IV MIGEON, reçu maître vers 1725.

Époque Louis XV.

Haut. 99,5, Larg. 78, Prof. 47 cm.
(restaurations d'usage, serrures rapportées).

Provenance : succession Nabon, vendue au profit de l'Association diocésaine de Blois.

A Louis 15 amaranth wood marquetry BUREAU DE PENTE by Pierre IV Migeon. 18th century.

Pierre IV Migeon (1696-1758) est issu d'une famille d'ébénistes parisiens. Le travail de ses aïeux est méconnu mais le sien se caractérise par une production abondante. Son atelier fait appel à de nombreux autres ébénistes prestigieux tels Canabas, Criaerd, Jacques Dubois, Lacroix ou encore Topino. Qu'il soit directement l'auteur d'un meuble en vente dans sa boutique ou non, l'estampille qu'il y appose est à l'époque, comme aujourd'hui, signe de grande qualité. La marquise de Pompadour, qui lui accorde sa protection, en avait d'ailleurs bien conscience. Pierre Kjellberg estime à juste titre que sa production se caractérise par une "robuste élégance". Les bronzes sont peu abondants, laissant aux vastes panneaux plaqués de bois précieux tout loisir d'exprimer le chatoiement de leurs veinages. Quel meilleur exemple que notre bureau ?
Adjugé : 3 000 €
Lot 91
Lot 93
COFFRE en DÉJEUNER

COFFRET de forme rectangulaire en LAQUE à la façon du Japon à décor or et brun, le couvercle à décor de grues déambulant autour d'un important vase fleuri à anses de chimères, les côtés ornés de branches fleuries. L'intérieur garni de soie rose présente 26 éléments d'argent et de porcelaine.

DÉJEUNER en PORCELAINE TENDRE de SÈVRES à décor de bouquets de fleurs et filets dentelés or, les prises des couvercles en forme de fleurs. Il est composé de deux gobelets litron et leur soucoupe, d'une théière couverte nommée "théière Calabre", d'un pot à lait à trois pieds, d'un pot à sucre couvert nommé "pot à sucre Hébert" et deux pots à pommade couverts.

Les porcelaines marquées: LL entrelacés, lettre-date L pour 1764 et lettre-date M pour 1765. Marque des peintres : Jean Baptiste Noualhier sur la théière, Claude-Antoine Tardy sur le pot à lait, Louis-François Prisette sur un pot à pommade et marque non répertoriée sous le second.
XVIIIe siècle, années 1764 et 1765.

ACCESSOIRES en VERMEIL et CRISTAL. Quatre accessoires en VERMEIL dont deux cuillers, une timbale, et une soucoupe. Il est accompagné d'un nécessaire de couture composé d'une paire de ciseaux en acier à décor doré, un dé en or (poids : 5,4 g) et une aiguille en vermeil, six flacons en cristal et montures argentées anciennement dorées et divers ustensiles en vermeil tels que coupe papier, cure oreille, entonnoir, pilulier qui viennent compléter le nécessaire.

Les pièces en vermeil présentent le poinçon de décharge aux Fermiers Généraux de la juridiction de Paris : 1762-1768.
Le dé à coudre et l'aiguille rapportés au XIXe.

Fin de l'époque Louis XV, vers 1765.

Coffret : Haut. 17,5, Larg. 36, Prof. 32 cm.
Poids net des pièces en vermeil : 115 g.
(manques et fentes à la laque, des éclats aux flacons).

Provenance : collection parisienne.

A PORCELAIN, CRISTAL and VERMEIL CASKET in a laquered BOX. End of the Louis 15 period, circa 1765.

Nous remercions Monsieur Cyrille Froissart pour ses précisions quant à l'identification des trois peintres en porcelaine.
Adjugé : 4 400 €
Lot 93
Lot 94
Paire d'APPLIQUES à deux bras de lumière
en bronze ciselé et doré. Le fût asymétrique adopte la forme d'une feuille d'acanthe ajourée agrémentée de fleurs en partie inférieure. Les bras sinueux ornés de feuillages et de godrons supportent chacun un binet et une bobèche différents, dont un à pans.

Époque Régence.

Haut. 44, Larg. 29 cm.

Provenance : collection parisienne.

A pair of gilt-bronze WALL-LIGHTS adorned with foliage. Regency period.

Notre paire d'appliques est un témoin de l'évolution de l'éclairage au début du XVIIIe siècle. Dès le XVIIe siècle, la plaque de lumière remplace la torchère ; Louis XIV l'intègre ainsi à son mobilier d'argent. L'évolution voit le jour dans les années 1690, les manteaux des cheminées s'abaissent et se garnissent de splendides glaces qui jouent dorénavant le rôle des plaques réfléchissantes. Visible sur le tableau de "La Lecture de Molière" peint en 1710 par Jean-François de Troy (1679-1752) cette disposition de part et d'autre du miroir permet d'inonder la pièce d'une lumière chaude, rythmée par les jeux des reflets des flammes dans la glace. Le bras de lumière est né.

Débarrassés de ces plaques réfléchissantes, les bras de lumières se font plus aériens. Ils deviennent le terrain d'expérimentation d'un nouvel esprit dans les arts décoratifs, la dissymétrie. Même si sous la Régence le vocabulaire ornemental reste assez classique, la rigueur du style Louis XIV laisse place à la légèreté, la courbe et la surprise d'une nature revisitée. Ce goût pour la courbe trouve dans le bronze doré un terrain de prédilection. Les grands bronziers comme Thomas Germain (1673-1748) ou Jacques Caffieri (1678-1755) livreront de spectaculaires luminaires.

Cette sagesse du mouvement typique de l'époque Régence annonce la fougue Rocaille. Celle-ci atteindra son paroxysme avec le candélabre en argent fondu par Claude Duvivier (1688-1747) d'après le dessin de Juste-Aurèle Meissonnier (1695-1750).

Bibliographie :
- Daniel Alcouffe, Anne-Dion Tenenbaum, Gérard Mabille, " Les bronzes d'ameublement du Louvre ", édition Faton.
- Pierre Verlet, " Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle ", édition Picard.
Estimation : 5 000 € ~ 8 000 €
Lot 94
Lot 96
École FRANÇAISE, dernier tiers du XVIIIe siècle,
suiveur de Jacques-Nicolas ROËTTIERS dit ROËTTIERS de la TOUR (Paris, 1736 - Madrid, 1788)
Portraits de Louis XV et Louis XVI.

Paire de médaillons en marbre blanc.

Diam. 95 cm.
(empoussièrement et salissures, éclats à la couronne de lauriers).

A white marble PAIR of ROYAL MEDALLIONS figuring kings Louis 15 and Louis 16. 18th century.

Littérature en rapport :
-Yves Carlier, "Sculpture et orfèvrerie à Paris au XVIIIème siècle : Jacques et Jacques-Nicolas Roëttiers", in Revue de l'Art, 1994, vol.105, n°1, pp.61-69.
-Daniel Rabreau , "Du laurier à l'olivier. La gloire de Louis XV touchée par les Lumières", in Société et représentation, 2008, n°26, p.312.

Le portrait royal en médaillon apparaît au début du XVIe siècle sous l'influence de la première école de Fontainebleau puis est largement diffusé sous Louis XIV, à la faveur du renouveau du goût "à l'Antique" dans les ornements d'architecture. Au-delà d'un élément d'architecture décoratif, ce type de portrait a pour vocation la glorification de l'image du souverain. Le plus souvent, la typologie est celle des médailles antiques : le roi est représenté de profil dans un encadrement rond ou ovale, le front
ceint d'une couronne de laurier à l'image des empereurs romains. Les plus grands sculpteurs des XVIIe et XVIIIe siècles sont sollicités pour réaliser ce type de portraits royaux. Ainsi Pierre Puget,
François Girardon, Edme Bouchardon ou encore Louis-Claude Vassé apportent leurs contributions à
ce corpus. Ces glorieux médaillons proposent de comparer le roi à un victorieux héros de l'Antiquité, leurs formats permettant de lestransporter aisément. Exposés dans de nombreux édifices officiels, ils peuvent se substituer à la présence du souverain dans les provinces. Il est à noter que l'engouement pour ces médaillons s'accompagne alors d'une nouvelle considération pour les médailles antiques et modernes. Sous Louis XIV est créée l'Académie royale des inscriptions
et médailles (1663). C'est sans doute dans l'entourage des Roëttiers, une dynastie de médailleurs sculpteurs membres de cette Académie, que les médaillons que nous présentons ici sont exécutés.
Le médaillon le plus connu et le plus diffusé figurant Louis XV est celui de Louis-Claude Vassé
(1717 -1772). Il orna l'une des cheminées de l'Hôtel de Ville de Paris. Cependant nos profils de marbre se rapprochent des portraits royaux de Jacques-Nicolas Roëttiers de la Tour (1736 - 1788). Cet artiste, trop souvent confondu avec son père Jacques Roëttiers (1707-1784), fait une importante carrière de médailliste et de sculpteur. Il est issu d'une dynastie réputée de graveurs en médaille d'origine flamande dont on retrouve les signatures sur différentes monnaies et médailles commémoratives à l'effigie de Louis XV. Jacques-Nicolas, qui a été apprenti chez son père, est reçu maître orfèvre en 1765, il sculpte différents bustes aujourd'hui conservés à Versailles et exécute notamment un médaillon en marbre (ancienne collection Jacques Doucet) dont les caractéristiques
techniques et stylistiques se rapprochent de notre paire de portraits. Sans doute inspirés d'une médaille, ces profils royaux sont savamment sculptés avec une amplitude et une vigueur, qui prennent tout leur sens regardés avec une certaine distance. L'habile auteur, habitué à la sculpture en tant qu'élément d'un vaste programme architectural, a su rendre vivantes et présentes ces effigies royales audelà
de leur vocation décorative. Au moyen d'une taille large et libre dans le marbre, virtuose
et inventive dans les raccourcis, l'artiste, sûr de son métier, utilise des techniques
s'approchant du trompe-l'oeil. L'ensemble de ces procédés donne à distance l'illusion d'une grande précision dans le rendu des carnations et de la chevelure.
Adjugé : 20 000 €
Lot 96
Lot 99
Étienne JEAURAT (Vermenton, 1699 - Versailles, 1789)
Les filles de Cécrops découvrant Erichthonios.

Toile.

Haut. 90, Larg. 73 cm.

Porte une signature en bas au centre: hallé

Au revers, sur le cadre, une étiquette de LEBRUN, encadreur, avec une inscription : appartient à Mr Archambault ; une inscription : F.ARCHAMBAULT ; un numéro à la craie blanche : 3057.

Étienne JEAURAT. Cecrops daughters discovering Erichtonios. Canvas. Signed "hallé" lower middle.

Bibliographie:
Nicolas Lesur et Olivier Aaron, Jean-Baptiste Marie Pierre. 1714 - 1789. Premier peintre du roi, Arthéna, Paris, 2009, p.474.

Œuvres en rapport:
Les filles de Cécrops découvrant Erichthonios, pierre noire avec rehauts de craie blanche, 419 x 323 mm, Boston, The Horvitz Collection. Il s'agit d'un dessin préparatoire à notre tableau.

Fils monstrueux d'Héphaïstos et de Gaïa, Erichthonios naît mi-homme mi-serpent. A sa naissance, Athéna l'enferme dans un coffre qu'elle confie aux trois filles de Cécrops, Pandrose, Aglaure et Hersé, leur enjoignant de ne pas l'ouvrir. Poussées par la curiosité, elles ouvrent néanmoins la corbeille et découvrent avec horreur et effroi l'enfant. Frappées de folie par Athéna en représailles de leur désobéissance, elles se jettent dans le vide du haut de l'Acropole.

On peut rapprocher notre tableau de Diane et Actéon présenté au Salon de 1737 (toile, 63,5 x 80 cm, Paris, Galerie Scala, 2007). On y retrouve le même traitement des visages aux grands yeux effilés et au nez droit, ainsi que les mêmes bras potelés.

Nous remercions madame Sylvie de Langlade qui a confirmé l'attribution de notre tableau et qui l'inclura dans le catalogue raisonné de l'artiste en préparation.
Adjugé : 20 000 €
Lot 99
Lot 100
BUREAU SECRÉTAIRE à CYLINDRE de milieu, à gradin,
en bois de placage toutes faces : bois de rose et de violette, sycomore, amarante, buis, bois teinté vert. Le gradin supérieur ouvre à neuf petits tiroirs dissimulés par un abattant encadré de deux rideaux coulissants. Il présente trois tiroirs galbés, un cylindre, rigide - découvrant tiroirs et casier - une tablette coulissante intermédiaire, deux caissons latéraux ouvrant à deux tiroirs - l'un formant coffre et tiroir central.
Décor toutes faces de marqueterie, alternant essences claires, sombres et teintées en vert : filets de grecques, frisage en point de Hongrie, motifs de quatre feuilles, losanges.
Au centre du cylindre sont représentées les armoiries et trophées de la famille DUGAS.
Pieds garnis. Ornementation de bronzes ciselés et dorés : galerie ajourée, entrées de serrure en anneaux mobiles à décor de rinceaux, guirlandes et perles, triglyphes, sabots.

Estampillé J.H. KIESLING.

Époque Louis XVI, fin XVIIIe.

Haut. 170, Long. 148, Prof. 72 cm.

Tablette coulissante postérieure avec pupitre (132 x 43 cm).

La partie supérieure des tiroirs n'est pas garantie.

Provenance :
- Meuble de famille. Jean-Baptiste DUGAS, château de Roussière dans l'Ain. Les armes de la famille Dugas de La Catonnière porte Écartelé : aux 1 et 3, de gueules à deux cimeterres d'argent passés en sautoir ; aux 2 et 4, d'azur au chêne terrassé du même. Puis descendance de ce dernier sur 5 générations.
- Vente Cheverny, Me Rouillac, 9 juin 2002, n°145.
- Collection privée parisienne.

A Louis 16 CYLINDER BUREAU with a fine marquetry by Jean Kiesling.

Né à Duledlot (Düsseldorf ?) en Allemagne, fils de Sébastien Kiesling, maître épicier; Jean Henri (ou Armand; Herman) Kiesling se marie en 1778 en l'église abbatiale d'Ainay. Ébéniste lyonnais, il travaille place Saint-Michel en 1779, puis en 1790 rue de l'Arsenal. On ne connaît aujourd'hui que trois meubles portant son estampille, deux tables tric-trac et notre bureau cylindre. Les auteurs s'accordent à dire que ce meuble est "à la fois parfaitement dans l'esprit de la production alsacienne par le contraste des jeux de bois et cependant orné des armoiries d'une famille de la région lyonnaise".

La production des bureaux à cylindre apparut dans les années 1760-1765 avec les créations des OEBEN, GARNIER ou BOUDIN. Notre rare meuble présente des analogies avec les bureaux à cylindre de François-Gaspard Teuné (reçu maître en 1766) : caractère monumental, placage de bois marqueté en feuilles, pieds gaines avec des triglyphes en bronze doré, marqueterie aux armes, trophées...

Les bureaux à cylindre de TEUNÉ sont conservés aux châteaux de Windsor, de Vaux-le-Vicomte et au musée des Beaux-Arts de Budapest. Le superbe exemplaire de Windsor fut exécuté en 1775 pour le frère de Louis XVI, le comte d'Artois futur Charles X pour son appartement de Versailles : marqueterie aux armes de France et mosaïques à carrelages.
Enfin le bureau à cylindre du musée des Arts décoratifs de Paris, détail unique pour Teuné - que l'on retrouve sur celui de Kiesling - présente un gradin dans le haut.

Bibliographie :
- B. Deloche et J.-Y. Mornand, "L'ébénisterie provinciale en France au XVIIIe siècle", éditions Faton, 2011, p. 74. Bureau cylindre reproduit en pleine page 75.
- A. Pradère, "Les ébénistes français", Chêne, 1989, p. 291, reproduction.
- F. de Salverte, "Les ébénistes du XVIIIe siècle", de Nobele, 1967, p. 314, pl. LXX, reproduction.
- "La folie d'Artois", 1989, p. 100, fig. 9.

Photo : Bureau à cylindre en marqueterie de Teuné, aux armes du comte d'Artois pour Versailles. Collection S.M. la reine Elisabeth II, Château de Windsor.
Adjugé : 25 000 €
Lot 100
Lot 104
ÉRARD FRÈRES. PIANO-FORTE, 1788.
5 octaves Fa à Fa en acajou blond et filet de sycomore. Il repose sur quatre pieds cannelés, et offre deux pupitres dépliants. Deux pédales. Clavier complet, frontons à marches. Cheville sans trou de style clavecin et mécanique à poussoir.

Inscriptions sur la planche d'adresse : "Érard Frères à Paris 1788 - rue du Mail n°37" ; sur la table d'harmonie : "Érard Frères à Paris 1788" à l'encre et présence de deux marques sous la caisse "LR 13", les lettres "AG".

Haut. 21, Long. 148, Prof. 55 cm.
Haut. des pieds 56 cm.
Haut totale 77 cm.
(piano vendu en l'état, avec ses accidents, manques et restauration, la mécanique n'ayant pas été revue depuis la seconde moitié du XIXe siècle).

Provenance :
- suivant la tradition familiale, ce piano aurait été l'un de ceux de la Reine Marie-Antoinette à Versailles.
- collection Gustave comte de Reiset (1821-1905), château du Breuil-Benoit, Eure-et-Loir.
- par descendance, Touraine.

Exposition : Château de Versailles, "Marie-Antoinette, Archiduchesse, Dauphine et Reine", 1955, hors catalogue.

Bibliographie : Marquis de Fayolles, Congrès archéologique de France les collections du château du Breuil-Benoit, 1890.

A mahogany PIANO-FORTE by ÉRARD FRÈRES, 1788. After the family tradition, it was owned by the queen Marie-Antoinette in Versailles.

"Tandis que nous examinons les tableaux et les gravures qui tapissent les murs, M. le comte de Reiset conduit l'une des dames, qui avaient bien voulu se joindre aux excursionnistes du Congrès, devant un charmant clavecin, précieux souvenir de l'infortunée Marie-Antoinette, et pendant quelques instants, accompagnant sa belle voix sur ces touches jaunies, Mme la générale W. de F. nous tient sous le charme des simples mélodies que la reine affectionnait."

Nos remerciements vont au collectionneur Jean Jude et au restaurateur Alain Moysan qui y voit l'un des plus anciens piano Érard conservé avec notament ceux des musées de Melun (1785), de Bourges (1788) et de La Vilette (1789).

LE 13e PIANO-FORTE DE MARIE-ANTOINETTE ?

Daté de 1788, ce piano-forte à été livré par les frères Érard. Il est réputé avoir appartenu à la Reine Marie-Antoinette. C'est ainsi qu'il a été exposé lors de l'exposition "Marie-Antoinette, Archiduchesse, Dauphine et Reine" au château de Versailles en 1955. Cependant, l'absence de numéro de série ne permet pas d'en retrouver la trace dans les registres d'Erard. De même, les mystérieuses marques au fer LR13 et AG sous la caisse laissent perplexes les meilleurs connaisseurs. S'agit-il d'une marque tronquée des fêtes et cérémonies (MLR) ou du treizième piano de la Reine ?

L'analyse approfondie des comptes des maisons royales, comme des inventaires des principaux palais montrent qu'une centaine d'instruments de musique étaient conservés à Versailles en 1788, dont 17 piano-fortes. Cet instrument popularisé par Érard à partir de 1777 présente l'avantage d'être facilement transportable et de pouvoir jouer doux ou fort, tirant ainsi son nom : piano-forte. Son coût de 600 à 800 livres auprès du fabricant Sébastien Érard et sa grande mobilité expliquent peut-être qu'aucun exemplaire ne soit formellement identifié dans les inventaires, ni même directement livré à Versailles. Ainsi, alors qu'en cette même année 1788 le maître de piano de la Reine, Johann David Hermann, achète lui-même un piano directement à Erard, 5.000 livres de gages sont versées par la maison de la Reine à cinq musiciens dont 2.000 livres pour deux instruments....assurant un bénéfice confortable aux musiciens sur le prix de revente de leur instrument à la Couronne.

Rien n'interdit de penser que ce piano-forte est l'un de ceux de la Reine. Princesse mélomane, Marie-Antoinette place en effet la musique au cœur de la vie de Cour, depuis la messe matinale jusqu'aux fêtes et bals nocturnes, sans oublier les concerts intimes auxquels le Roi assiste parfois. Elle raconte dans ses correspondances qu'elle organise "un concert tous les lundis qui est charmant […] J'y chante avec une société de dames". Si la harpe est son instrument favori, la Reine s'intéresse de près au piano-forte. Aux compositions d'Hermann se succèdent en 1782 celles que le Chevalier Saint-Georges ou Gasseau composent pour elle. La collection Cobbe en Angleterre conserve d'ailleurs un luxueux exemplaire qui aurait été lui aussi livré à la Reine.
Adjugé : 10 000 €
Lot 104
Lot 110
SOUVENIRS de Mademoiselle de SOMBREUIL,
L'HÉROÏNE AU VERRE DE SANG comprenant :
- Une CUILLÈRE À CAFÉ en vermeil qui aurait servi à Mlle de Sombreuil pour donner la sainte communion à la Reine Marie-Antoinette lors de sa captivité pendant la Terreur. Elle est ornée de filets, gravée d'armoiries timbrées d'une couronne comtale et monogrammée "CG". Poinçons aux Fermiers Généraux, travail provincial du XVIIIe siècle. Poids : 29,5 g.
- Une VERSEUSE piriforme en argent. La panse à riche décor repoussé d'un cartouche rocaille monogrammé "VV" (probablement Virot-Villelume) flanqué de fleurs et feuillages. Couvercle à charnière sommé d'un fretel en toupie. Anse en bois (accidentée). Elle repose sur un petit piédouche.
Travail de style anglais portant des poinçons londoniens non garantis. Poinçon d'importation au charançon. Haut. 16 cm. Poids brut : 230 g.
- Un BAS DE JUPON "brodé par Mademoiselle de Sombreuil". Haut.10, Larg. 13 cm.
- de la DOCUMENTATION.

Provenance : descendance familiale.

Mademoiselle de SOMBREUIL MEMORABILIA : the revolutionary heroin with the blood cup.

Au deuxième jour des terribles massacres de septembre, le 3 septembre 1792, le gouverneur des Invalides, Charles-François de Virot de Sombreuil, est jugé à la prison de l'abbaye en compagnie d'environ 250 prisonniers "contre-révolutionnaires". Sa fille y est enfermée avec lui depuis le 10 août pour le soigner. Une foule enragée, massée à l'extérieur, attend quiconque passe la porte du tribunal après son jugement. Lorsque les égorgeurs aperçoivent le marquis de Sombreuil ils se jettent sur lui. Écoutons Adolphe Thiers : "[Maurille] serre son père dans ses bras, s'attache à lui avec tant de force, supplie les meurtriers avec tant de larmes et un accent si déchirant que leur fureur étonnée est suspendue. Alors, comme pour mettre à une nouvelle épreuve cette sensibilité qui les touche : Bois, disent-ils à cette fille généreuse, bois du sang des aristocrates, et ils lui présentent un vase plein de sang; elle boit, et son père est sauvé.". Cet acte d'amour filial héroïque sera aussi relaté par Jules Michelet, rimé par Victor Hugo qui surnomma Mlle de Sombreuil "la moderne Antigone" et sublimé par Puvis de Chavannes.
Adjugé : 500 €
Lot 110
Lot 111
CARNET de BAL à MÉCANISME SECRET en OR
de forme rectangulaire en or de deux tons finement ciselé de frises feuillagées et appliqué de fleurons. Les plats à fond d'émail guilloché aubergine et encadrements d'ivoire sont ornés d'un médaillon peint à l'imitation d'un camée coquille figurant une allégorie de la fidélité. En partie haute un médaillon de forme ovale porte les mentions peintes "Souvenir" d'un côté, et "D'amitié" de l'autre. Les côtés enchâssent des plaquettes de nacre. L'un des plats, en coulissant, révèle une miniature sur ivoire figurant un homme de qualité. Ouverture à charnière et bouton-poussoir découvrant un porte-mine en or et un carnet de trois feuilles d'ivoire.

Poinçons aux Fermiers Généraux de la juridiction de Paris.
Charge : 1774-1781. Jurande : 1779.
Maître-orfèvre : L (?), C. L'attribution à Louis Cousin peut être donnée en comparaison d'un carnet semblable conservé au Rijksmuseum d'Amsterdam et reproduit pp. 276 et 277 de l'ouvrage de Reinier Baarsen "Paris 1650-1900 Decorative Arts in the Rijksmuseum", 2013.

Haut. 8,5, Larg. 5,5 cm. Poids brut : 110 g.
(manque à un fleuron, accidents aux peintures, deux verres fêlés).

Provenance : château du Perche.

A gold BALL BOOK with a secret mechanism. Paris, 1779.

Spécimen en ivoire d'Elephantidae spp (I/A) pré-Convention, antérieur au 1er juillet 1947 et, de ce fait conforme au Règle CE 338/97 du 09/12/1996 art.2-Wmc, et antérieur au 1er juillet 1975 et, de ce fait, conforme à l'arrêté du 16/08/2016.

Pour une sortie de l'Union Européenne, un CITES de ré-export sera nécessaire, pour chaque spécimen, celui-ci étant à la charge du futur acquéreur. La délivrance d'un tel document n'est pas automatique. Pour une éventuelle réexportation, il appartiendra à l'adjudicataire de se renseigner - préalablement à tout achat - auprès des douanes du pays concerné, particulièrement s'il s'agit des Etats-Unis
Adjugé : 3 200 €
Lot 111
Lot 130
Henri de CASTELLANE (Paris, 1814 - Rochecotte, 1847)
Environ 74 croquis à la mine et 1 au lavis sépia, non signés, en majorité légendés et datés au dos de chaque feuillet, conservés dans un petit carnet relié, 15,5 x 10,5 cm.

Dessins par Henri de Castellane, lors d'un voyage de la Loire jusqu'à la côte d'Azur, de septembre 1833 à mai 1834. Les légendes à la plume sont aussi de la main d'Henri de Castellane.
Henri et sa sœur Sophie accompagnèrent leur grand-père Boniface marquis de Castellane lors d'un séjour sur les côtes de la riviera niçoise, à deux pas du berceau familial, Castellane (Alpes de Haute Provence).

Provenance : anciennes collections du château de Rochecotte, souvenirs relatifs aux familles de Talleyrand et Castellane.

Henri de CASTELLANE. Set of 74 pencils sketches and 1 wash drawing sepia. Non Signed, most are captioned and dated on the back. Preserved in a booklet.

À Neuvy-sur-Loire le 28 septembre 1833 - La poste de Châtel de Neuvre le 29 septembre 1833 - A Saint Pourçain [sur Sioule] 29 sept. - Sur la terrasse du château de Barante 7 octobre 1833 [commune de Dorat] - Crête de rochers sur une montagne au-dessus de Barante 8 octobre 1833 - Vue sur les montagnes d'Ambert, dans le chemin de Barante au Moutier 13 octob. - Roches de Thiers 14 octobre - Vue d'une partie de la ville de Thiers et du Mont-Dore prise du Cordon 14 oct. - La chaîne des Dômes prise plus haut sur le cordon 14 octobre - Autre partie de la chaîne des Dômes prise au point le plus élevé du Cordon 14 oct. - Petit château en face de Valence 20 octobre 1833 - En face de Montélimart 20 octobre - Viviers, vu du Rhône 20 octobre - Le Chevalier Rose [Roze] nommant aux galériens l'exemple de relever les morts pendant la peste de Marseille, d'après un tableau de Paulin Guérin à la santé de Marseille octobre 1833 - A Notre de la Garde - le brick " l'Action " mouillé devant la tour Saint Jean à Marseille 1er nov. - Notre de la Garde, vue à travers la mature du brick à Marseille 1er nov. 1833 - La rade de Toulon et le fort Lamalgue 3 novembre 1833 - Mer de Fréjus, vue de la forêt de Lestrelles [Esterel] 3 novembre 1833 - Dessiné dans une promenade à cheval, devant le monastère qui ferme la vallée du Paillon 12 nov. - Dessiné sur la terrasse d'une maison de campagne au-dessus de Nice 16 nov. - Dans la montée qui conduit à Villefranche 22 nov. - Vue sur un coin des roches de Nice, prise d'un petit promontoire avançant dans la mer, au-dessus de la montagne des Oliviers 22 novembre 1833 - Roches au bord de la mer 22 nov. - Au château de Saint André 24 nov. 1833 - La presqu'île de Saint Auspice, vue de la route de la Turbie, dessiné dans une promenade à cheval avec Sophie - A Menton, sur le passage de l'auberge jeudi 5 décembre - Dessiné de Monaco en sortant du bateau 5 décembre 1833 - A Cimiers [Cimiez quartier de Nice], dans une promenade avec Lord Ramsay 15 janv. 1834 - La croix de marbre [Nice] lundi 3 février - La maison de M. de Sallenay 3 février - Le coin de la terrasse - Dans la rade de Saint Laurent 5 février - Nice, de la maison Audiffret 7 février - Sur la route de Gênes, Nice 5 mars - A l'entrée du vallon obscur, dans une promenade avec Mme Latouche et Mme Rochford 7 mars - Village de Saint Laurent pris de la route de la Turbie 11 mars - Vue sur la côté de Gênes depuis la Turbie, avec M. et Melle Rochford 11 mars - (…) - La baie de Nice depuis la route de Gênes 25 mars - Vue sur Nice depuis le rivage de la mer - Vue sur le pont vieux 28 mars - Aloès près de la maison Avigdor - Notre palmier - (…) - Grasse 8 mai - Serano 8 mai - Seragnole 9 mai - A Castellane 8 mai - La ville de Castellane 9 mai - (…) - A Sisteron 13 mai - (…) - L'Isère et le faubourg de Grenoble vu du cours public 13 mai - (…) - Grenoble, vu de la montée du fort 15 mai 1834.

Un autre carnet contenant 18 dessins réalisés par Henri de Castellane lors de son voyage de noces en Corse en 1842, fut vendu par la maison de ventes aux enchères Piasa le 11 décembre 1998.

Joint : L.A.S. de Pauline de CASTELLANE (1823-1895), Paris, 4 janvier 1834, adressée à son frère Henri de Castellane en villégiature à Nice ; lettre d'une fillette de 10 ans souhaitant les vœux pour la nouvelle année : "(…) Voilà un jour de l'an bien triste vous êtes si loin de nous (…) nous avons eu de belles étrennes, mais les votres nous manquent beaucoup, tu penses bien mon cher Henri par quelle raison elles nous manquent et que ce n'est pas du tout pour les joujoux, nous serions si heureux d'être ensemble, tu mènerais tes petits cadets faire des visites et tu aurais l'air d'un père car tu te rappelles surement que quelquefois on t'a pris pour notre père…"
Adjugé : 1 800 €
Lot 130
Lot 134
Pauline de TALLEYRAND-PÉRIGORD (Paris, 1820 - Rochecotte, 1889)
Ensemble de cinq lavis d'encre, signés et datés 1829 (mouillures).
- vue d'une villa 19,5 x 25,5 cm,
- vue d'une colline boisée 17,5 x 27,5 cm,
- vue de village 16,5 x 31 cm,
- la maison au puit 13 x 19 cm,
- l'escarmouche 24,5 x 15,5 cm.

Provenance : château de Rochecotte, souvenirs relatifs aux familles de Talleyrand et Castellane.

Pauline de TALLEYRAND-PÉRIGORD. Set of five landscapes. Ink wash drawing. Signed and dated 1829.

Troisième enfant légitime de Dorothée de Courlande, duchesse de Dino, et d'Edmond de Talleyrand-Périgord, duc de Dino, Pauline est souvent donnée comme la fille naturelle de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent, qu'il surnomme « l'ange de la maison » ou « ma chère Minette ». Toute sa vie, il lui voue une très grande affection. Elle grandit dans l'hôtel de Saint-Florentin, rue Saint-Florentin dans le 1er arrondissement de Paris.

En 1839, elle épouse Henri de Castellane, fils du maréchal de Castellane dont elle a deux enfants Marie (1840-1915), qui épouse en 1857 le prince Antoine Radziwill (1833-1904), et Antoine (1844-1917), père du fameux dandy Boni de Castellane.

Veuve en 1847, elle vit la plupart du temps au château de Rochecotte en Indre-et-Loire, qui lui a été donné par sa mère. Très liée aux catholiques libéraux en particulier à Alfred de Falloux qui effectua de très nombreux séjours à Rochecotte et avec qui elle entretint une importante correspondance et à Monseigneur Dupanloup, évêque d'Orléans (qu'elle introduit auprès de Talleyrand pour lui faire signer sa rétractation), elle mène une vie simple et dévote. Elle y meurt en 1889 âgée de 70 ans.
Estimation : 6 000 € ~ 8 000 €
Lot 134
Lot 139
NÉCESSAIRE de VOYAGE par CEO PALMER'S vers 1840,
dans un coffret à anses de forme rectangulaire en palissandre et riche marqueterie de laiton, le couvercle orné d'un cartouche fleuri monogrammé "JMT", entouré de filets et motifs floraux aux angles, l'entrée de serrure flanquée de motifs floraux et coquille. L'intérieur est gainé de velours et cuir vert. Il accueille sur deux plateaux un ensemble de quarante-et-un accessoires en argent à l'intérieur vermeillé, cristal, os et métal, tels que boîtes, flacons, réchaud, ustensiles de toilette, brosses, miroir (manque quelques éléments) certains ornés de motifs floraux et monogrammés. La serrure signée "J.BRAMAH, 124 Piccadilly", une étiquette collée dans le porte document "CEO. PALMER".

Travail Londonien du deuxième quart du XIXe.
Poinçons d'importation français.
Certaines pièces portant le poinçon de Jules COQUELIN.

Haut. 18, Larg. 38,5, Prof. 27 cm, Poids net total : 960 g, Poids brut total : 2 700 g.

Joint : FACTURE d'achat du magasin CEO. PALMER'S à Paris, tenu par G. Bouveret "premier dépot de toutes espèces de marchandises anglaises", datée du 25 juin 184, à l'attention de M. Martinez, pour la somme de 1.400 F.

Jules Coquelin est un orfèvre-garnisseur travaillant à Paris de 1830 à 1845.

Joseph Bramah est ingénieur anglais spécialisé dans les serrures. En 1790 il crée le "challenge lock" pour prouver l'inviolabilité de son travail, le défi ne sera relevé qu'en 1851. Lorsqu'il meurt en 1814, ses fils reprennent le flambeau et développe l'entreprise pour équiper les objets luxueux des riches anglais comme notre nécessaire.

A rosewood with brass inlay TRAVEL SET by CEO PALMER'S. Forty-one elements in silver, cristal and steel.
Adjugé : 3 000 €
Lot 139
Lot 140
Rare BIDET de VOYAGE d'officier, démontable, par BIENNAIS, en acajou, garnitures et écu; le couvercle est démontable et se retourne pour certaines utilisations, il est muni d'un coussinet en maroquin entouré d'un cloutage de laiton et se ferme à l'aide d'une clef. Les quatre pieds ronds en acajou, cannelés, ornés de sabots et de viroles en laiton guilloché et doré, sont dévissables pour le transport.
Le bassin intérieur en métal argenté est signé: "Biennais au Singe Violet".

Fin XVIII-début XIXe.
(manque la garniture intérieure du bassin).

Dimensions pour le transport : Haut: 12, Long. 54, Prof. 25 cm. Avec les pieds montés : Haut 45 cm.

L'adresse gravée sur le bassin semble être utilisée par Biennais (1764-1843), avant 1790.
Ce type de bidet fait par Biennais n'a pu appartenir qu'à un militaire de haut rang.

A rare mahogany officer TRAVEL BIDET by BIENNAIS. End of the 18th, beginning of the 19th century.

Reçu maître-tabletier à Paris en 1788, il s'installe rue Saint-Honoré, à l'enseigne du Singe violet, où il fera toute sa carrière, bénéficiant de la proximité du Palais des Tuileries pour ses commandes. Il étend ses activités à l'ébénisterie, puis sous le Consulat, à l'orfèvrerie.
Il devient l'orfèvre attitré de Napoléon Bonaparte, obtient dès 1802 l'exclusivité des fournitures pour la table de l'Empereur.

Un petit meuble de toilette «au nom équestre, incivil à prononcer» ! Les origines du bidet sont confuses. On ne connaît ni le nom de son inventeur, ni la date précise de son apparition, si ce n'est qu'il est l'oeuvre des «meubliers» parisiens du règne de Louis XV.
En 1739, le maître tourneur Rémy Pèverie mentionne des bidets sur sa carte de visite sans préciser à quel sexe il les destine. Au temps du libertinage, cet instrument que l'on enfourche comme un petit cheval devient vite «le confident des dames». Cet «indicible violon» a aussi les faveurs des messieurs. Le Duc de Choiseul commande un bidet à Oeben, ébéniste du roi, pour son château de Chanteloup.
En 1808, Napoléon, maniaque de la propreté se fait livrer un «bidet en argent vermeil avec seringue et ses canons, boîte à éponge, le tout en argent doré» dans un coffre d'acajou.
Napoléon Ier a utilisé un bidet identique à celui-ci; il est présenté au "Musée Napoléon" du château de Fontainebleau.
Adjugé : 1 000 €
Lot 140
Lot 141
Importante PENDULE dite d'ATHÉNA
en bronze doré et patiné. La déesse debout, coiffée d'un casque à crête lauré, vêtue d'une courte tunique et d'un long manteau retenu par une agrafe. Armée d'une lance ornée d'un caducée, d'un rameau de laurier et d'un épi de blé. Elle porte un bouclier formant cadran, orné des quatre Saisons entourées de médaillons émaillés blancs indiquant les heures en chiffres arabes, alternés des
signes du zodiaque en bronze. Athéna repose sur sa base en marbre griotte à décor d'appliques de bronze doré figurant en façade un trophée d'armes ceint d'une couronne de laurier flanquée de deux palmettes, les côtés ornés de couronnes de lauriers entourant des motifs allégoriques. Socle en bronze doré à décor de feuilles d'eau. Mouvement avec suspension à fil.

Attribuée à Gérard-Jean GALLE (1788-1846).

Époque Empire - Restauration.

Haut. totale : 85 cm.
(un motif de bronze sur la base et le balancier manquants, petite perforation au niveau de la porte du mécanisme).

Provenance : familles Parent du Châtelet et Roland de Rengervé, par descendance depuis quatre générations, Nantes.

An important patinated and gilt-bronze CLOCK figuring ATHENA attributed to Gérard-Jean GALLE. First quarter of the 19th century.

Des pendules semblables sont visibles dans les collections publiques françaises :
- à La Malmaison sur la cheminée de la "salle du Conseil",
- au Ministère des Affaires Étrangères (Tardy, Les Plus
Belles Pendules Françaises, 1994, p. 278).
À l'étranger, des modèles similaires sont exposés :
- dans les collections royales espagnoles (J. Ramon
Colon de Caravajal, Catalogo de Relojes Del Patrimonio
Nacional, Madrid, 1987, p.185, sous le numéro 165),
- au palais royal de Stockholm,
- comme au château d'Ehrenburg, à Cobourg, en Allemagne.

Un modèle similaire a été vendu chez Christie's Londres le 9 décembre 2010 sous le numéro 317.
Adjugé : 37 000 €
Lot 141
Lot 147
Antoine-Louis BARYE (Paris, 1796-1875)
Thésée combattant le centaure Biénor.

Bronze à patine verte et noire, Signé : "Barye" sur le rocher à deux reprises; cachet "F. Barbedienne Fondeur Paris".

Haut. 54 cm.

Provenance :
- "Cette œuvre primée à l'exposition du travail en 1925 (hors concours - officier de l'académie) a été offerte en 1938 par M. Leblanc Barbedienne à M. Chaucheyras Jean pour 50 années de travail dans sa maison en 1945 ".
Joints: photo et attestation au verso, photo groupe atelier Barbedienne et carte d'identité titulaire légion d'honneur de Chaucheyras, photo collection Chaucheyras, meilleur ouvrier de France. Plaque de reconnaissance par maison F Barbedienne "loyale et fidèle collaboration 1888-1938".
- Conservée à Orléans dans sa famille depuis l'origine.

Antoine-Louis BARYE. Theseus slaying the Centaur Bienor. Bronze with green and black patina. Signed twice. Stamped with the Barbedienne foundry mark.

Bibliographie : Ballu 1890, Benge 1984 ill. 30, Pivar 1974 F221, Saunier 1925 pl.13, Poletti Richarme 2000 p. 109-111.

Conçu en 1849, et exposé au Salon de 1850, ce modèle très célèbre a été produit par F. Barbedienne entre 1875 et 1925. À Paris, à la pointe de l'Île Saint-Louis, un agrandissement de Thésée et Biénor de trois mètres de hauteur est réalisé par Barbedienne, mais enlevé en 1942 par les Allemands. Sa réplique est fondue par Perrault en 2011 grâce au mécénat de la Chi Mei Museum Foundation de Taïwan, fondée par M. Wen-Long Shi.
Estimation : 10 000 € ~ 20 000 €
Lot 147
Lot 150
VASE d'APPARAT aux PUTTI
de forme balustre sur piédouche à col godronné, en marbre Levanto rouge et riche ornementation de bronzes ciselés et dorés tel que rangs de perles, joncs rubanés et palmettes. La panse du vase ornée de lourdes guirlandes de fleurs pendantes retenues par deux putti ailés en ronde-bosse et des boutons de fleurs. Les anses formées par des masques de satyres. La base de forme carrée repose sur quatre pieds en sabots de bouc à palmettes.

Frères Robert, c. 1870.

Haut. 70, Larg. 50 cm.

An important marble and gilt-bronzePOMP VASE adorned with putti, garlands of flowers and heads of satyr. Work of the Frères Robert, circa 1870.

LES FRÈRES ROBERT, BRONZIERS PARISIENS

Jean, Eugène et Alphonse Robert participent séparément au concours de la Réunion des fabricants de bronze en 1865 puis 1866, et enfin communément sous la dénomination Robert Frères en 1868 et 1869. Ils exposent lors de la 9ème Exposition de l'Union centrale des arts décoratifs, dont le compte rendu note : "L'exposition de MM. Robert frères comprend des compositions intéressantes dans tous les genres. C'est l'œuvre d'artistes sincèrement épris de leur art, et leurs modèles pour l'enseignement révèlent des connaissances générales sur la décoration dont nous sommes heureux de pouvoir faire l'éloge". Les Frères Robert dirigent en effet l'école de la réunion des fabricants de bronzes de la rue Saint-Claude, dont ils finissent par démissionner.

Notre vase balustre en marbre rouge monté sur piédouche est de style rocaille. Son iconographie évoquant les bacchanales est à rapprocher de commandes passées sous le règne de Louis XV, à l'exemple des panneaux de Bouchardon pour la fontaine de Grenelles. Ce type de vase au décor iconographique très riche est typique de la production des Frères Robert. Un modèle similaire donné à la manière des Robert s'est vendu à New-York (Christie's, New-York, 2008, n° 26). Ses anses rappellent celles d'un autre vase présenté en vente à Paris (Marc-Arthur Kohn, 10 septembre 2014, n° 94).
Adjugé : 5 000 €
Lot 150
Lot 170
Camille CLAUDEL (Fère-en-Tardenois, 1864 - Montdevergues, 1943)
La Valse, 1889-1905.

Épreuve en bronze à patine brun-noir.
Fonte au sable réalisée du vivant de l’artiste, vers 1900.
Signée (sur la terrasse) : « Camille Claudel ».

Haut. 46,7 ; Larg. 25,5 ; Prof. 16,8 cm.

L’oeuvre est vendue avec une lettre autographe signée Camille Claudel, adressée à Monsieur Allioli, premier propriétaire de la sculpture :
"Monsieur,
Je ne rentrerai probablement à Paris que le samedi 10 Novembre ; vous serez bien aimable, si vous voulez bien me faire l'honneur de venir me voir, de retarder votre visite jusqu'à cette époque.
Agréez, Monsieur pour vous et Madame (...) l'assurance de ma haute considération.
Mlle Camille Claudel
Villeneuve sur Fère Aisne".

L’épreuve de La Valse présentée ici figurera dans le prochain catalogue raisonné de Reine-Marie Paris et Philippe Cressent à paraître chez Culture Economica en 2017.

Provenance :
Acquis auprès de l’artiste (don ou achat) par Joseph Honoré Allioli (1854-1911).
France, collection particulière.


Camille CLAUDEL.
La Valse, 1889-1905.

Bronze proof with brown-black patina.
Sand cast executed during the artist’s lifetime, circa 1900.
Signed on the base: “Camille Claudel”.

Heigth. 46,7 ; Width 25,5 ; Deepness 16,8 cm.

The work is sold with an autographed letter signed by Camille Claudel, addressed to Mr Allioli, first owner of the sculpture.

This work will appear in the next the Catalogue raisonné of Reine-Marie Paris and Philippe Cressent to appear at Culture Economica in 2017.

Provenance : Acquired from the artist (gift or sale) by Joseph Honoré Allioli (1854-1911).
France, private collection.
Adjugé : 1 180 000 €
Lot 170
Lot 171
Auguste RODIN (Paris, 1840 - Meudon, 1917)
Minotaure, version aux cornes courtes, vers 1885.

Plâtre patiné, vers 1886.
Signé et dédicacé (sur la base à droite) : "A Ben(jamin) Constant / Rodin".

Haut. 33,3, Larg. 21,8, Prof. 28,6 cm.
(restauration et restitution de la queue).

Provenance :
- Jean-Joseph Constant, dit Benjamin Constant, Paris (acquis de l'artiste)
- Collection Welles Bostworth, Vaucresson, Hauts-de-Seine (vers 1925-1930)
- Par descendance, collection particulière, Espagne.

Cette œuvre fait l'objet d'un avis d'inclusion dans les archives du Comité Rodin en vue de la publication du Catalogue Critique de l'œuvre sculpté d'Auguste Rodin en préparation à la galerie Brame & Lorenceau sous la direction de Jérôme Le Blay sous le numéro 2011-3421B.

Littérature en rapport :
Antoinette Le Normand Romain, Rodin et le bronze, catalogue des œuvres conservées au musée Rodin, Éditions de la Réunion des musées nationaux / Musée Rodin, 2007, t. 2, pp. 523-525.

Exposition :
Rodin en Touraine, Azay-le-Rideau, château de l'Islette, 1er juillet - 31 août 2013.


Auguste RODIN. Faun and Nymph, circa 1886. Patinated plaster signed and dedicated : "A Ben(jamin)
Constant / Rodin".

Une lettre conservée dans les archives du musée Rodin permet de préciser la date de réalisation de ce plâtre. Datée du 18 août 1886, elle est signée du peintre orientaliste Jean-Joseph Benjamin Constant (1845-1902), et adressée au Maître. Elle témoigne d’une relation cordiale entre les deux hommes, et surtout du don que Rodin a prodigué au peintre. Il y exprime ses remerciements et son enthousiasme pour cet «étonnant petit groupe. Quelle hardiesse d’arrangement, quelle envieuse trouvaille !».

Cette œuvre met en scène un satyre et une nymphe, groupe mythologique omniprésent dans la sculpture française de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, que Rodin connaît remarquablement bien. Afin de proposer sa vision de ce sujet, Rodin, comme les artistes des générations antérieures, puise dans les ouvrages d’Ovide, et en particulier dans les Métamorphoses. En 1899, le groupe se voit attribuer pour la première fois l’appellation de Minotaure, alors que sa figure ne ressemble pas au monstre crétois affublé d’une tête de taureau. Pourtant, son groupe évoque la violence et la sensualité attachées à cette figure effrayante de la mythologie, et c’est bien l’appellation qui va prédominer par la suite pour cette œuvre de Rodin.

La violence habite la lutte entre le satyre qui retient fermement la nymphe, celle-ci tente de se soustraire à son emprise laissant libre cours à son effroi et à sa colère. Quant à la sensualité, si elle provient du modelé des personnages, elle est à l’origine du succès de l’œuvre, l’une des créations de Rodin les plus appréciées de ses contemporains.

Le Minotaure suscite de nombreux commentaires des critiques : il est décrit par Jules Renard à la date du 8 mars 1891 dans son Journal ; par Gustave Geffroy en 1918 dans la préface du catalogue de l’exposition Monet-Rodin, où pourtant il ne figure pas. Ou encore dans un article sur Rodin écrit par Thaddée Natanson et publié en 1946 : il y présente ce «Faune, terrible, arc-bouté, saisissant une nymphe dont l’on a toujours vu le plâtre se patiner de poussière chez les meilleurs amis de Rodin. C’était, plutôt qu’un objet offert aux amateurs, comme une sorte de confidence à des intimes».
Selon Antoinette Lenormand-Romain, parmi la demi-douzaine de plâtres dédicacés connus de ce modèle, « le plus prestigieux est sans doute celui qui se trouve aujourd’hui à Philadelphie : ce serait la «première» épreuve selon Lawton (1906), et elle fut donnée par Rodin à Edmond de Goncourt vers 1885-1886 sans doute, puis rachetée par Robert de Montesquiou…».

Tout aussi prestigieuse est l’origine du plâtre présenté ici : après avoir quitté son premier collectionneur, il est acquis au milieu des années 1920 à Paris par William Welles Bosworth, aïeul de l’actuel propriétaire. William Welles Bosworth, architecte des Rockfeller, a conseillé le couple dans de nombreuses acquisitions d’œuvres d’art, et les a guidé dans la construction du Cloister Museum de New York. Installé dès son acquisition dans la propriété nommée «Marietta», située à Saint-Cloud du côté de Garches, Le Minotaure y est resté jusque dans les années 1970.

Remarques techniques :
Étant donné le réseau de coutures lisibles à sa surface, ce plâtre a été réalisé à partir d’un moule à bon creux.
La queue a été restituée, c’est-à-dire refaite complètement avec pour modèle un autre exemplaire de l’œuvre.
Enfin, cette épreuve en plâtre a été gomme laquée et moulée.
Pour les possibilités d’édition de ce plâtre, voir les recommandations données par le Comité Rodin dans l’avis d’inclusion au catalogue raisonné qui accompagne l’œuvre.

RODIN et CLAUDEL en TOURAINE

Rodin réalise cette sculpture en 1886, trois ans après sa rencontre avec Camille Claudel, devenue rapidement collaboratrice, muse et maîtresse de l'artiste. Sur un rocher, le minotaure, reconnaissable à ses cornes et ses sabots, enserre dans ses bras une jeune femme nue. Le corps crispé et le visage froissé de cette dernière expriment parfaitement la répugnance qu'elle éprouve face à l'emprise que le monstre exerce sur elle. La posture des deux personnages révèle ainsi une tension érotique certaine tout en faisant allusion au mythe du Minotaure, prisonnier du labyrinthe de Dédale, qui se voit offrir, tous les neuf ans, quatorze adolescents en sacrifice (épisode mythologique rapporté par Ovide dans ses Métamorphoses).

La carrure de la bête ainsi que la puissance du modelé de son dos rapprochent le sculpteur français de l'italien Michel-Ange et de ses ignudi que le maître a peint sur les murs de la Chapelle Sixtine. Avant de mourir, Auguste Rodin laisse à ses élèves, et ceux qui lui succèdent, un Testament dans lequel il déclare : "inclinez-vous devant Phidias et devant Michel-Ange". Pour l'artiste, l'antique n'est pas seulement une source d'inspiration mais un chemin que tout artiste se doit d'emprunter afin de réussir à saisir le vrai de la nature. Rodin se confronte à l'Antiquité tout au long de sa carrière en parcourant les galeries du Louvre, carnet en main, pour y copier les œuvres des anciens, ou en collectionnant des antiques dans sa Villa des Brillants.

"A BEN CONSTANT / RODIN". Cette inscription qui figure sur la terrasse témoigne du don par Rodin de cette œuvre à son ami, le graveur et peintre français Benjamin Constant (1845-1902). Ce présent répond vraisemblablement à la critique de Constant qui paraît dans Le Figaro, concernant l'une des œuvres les plus fameuses de Rodin, réalisée en 1882 et exposée au Salon en 1887 : " Le Baiser ! Quelle merveilleuse œuvre d'art ! Jamais un marbre n'avait renfermé une si grande source de vie. Jamais le baiser de deux personnes n'avait été aussi beau, d'une si grande caresse sculpturale. C'est l'expression secrète du cœur de l'artiste. Un véritable chef- d'œuvre ! ".

La violence de l'enlacement que Rodin choisit de montrer avec ce groupe peut s'appréhender comme la représentation métaphorique de sa relation passionnelle avec Camille Claudel.

Cette œuvre a été étudiée avec Emeline Bagnarosa, Harmonie Dufraisse, Claire Moura et Cyndie Riou-Tuillier étudiantes en 2013 du Master d'Histoire de l'Art de l'Université François Rabelais de Tours.
Estimation : 80 000 € ~ 120 000 €
Lot 171
Lot 172
PERRET-VIBERTY pour LA MAISON DES BAMBOUS
MOBILIER de JARDIN d'HIVER
de six pièces comprenant : une banquette, deux chaises, deux fauteuils et une table basse à décor de motifs de bambou entrelacés de rotin laqués blanc et bleu. Ils sont ornés de médaillons ronds en faïence polychrome à décor de fleurs et oiseaux de Longwy.
Avec des plaques du fabricant : Perret Vibert, 33 rue du quatre septembre.

Fin du XIXe - début du XXe.

Banquette : Haut. 90, Larg. 129, Prof. 54,5 cm.
Chaises : Haut. 99, Larg. 44, Prof. 45 cm.
Fauteuils : Haut. 103, Larg. 63,5, Prof. 48 cm.
Table : Haut. 70, Diam. 71 cm.

Provenance : vente Tajan, Paris, 17 juin 2015, n°315. Collection berrichonne.

PERRET-VIBERTY for the MAISON DES BAMBOUS. Rattan FURNITURE for a WINTER GARDEN. Six pieces adorned with ceramic medallions. End of the 19th, beginning of the 20th century.

"Alfred Perret fonde en 1879 à Paris une maison spécialisée dans la réalisation de meubles en bambou et vannerie de luxe ainsi que dans l'importation d'objets authentiquement japonais à destination d'une clientèle aisée et parisienne. Située au n° 33 de la rue du Quatre-Septembre, la maison se spécialise au début des années 1880 dans la fabrication de meubles en bois sculpté d'inspiration extrême-orientale et meubles en laque.
En 1886, la société est reprise par le fils d'Alfred Perret et par Ernest Vibert. L'entreprise devient donc "Perret et Vibert" et prendra le nom de "Maison des Bambous" au début des années 1890. Perret et Vibert, en véritables créateurs de leur temps, participent à l'Exposition Universelle de 1889 ayant lieu à Paris et y remportent deux médailles d'argent. À la suite de cette première exposition, ils exposent dans diverses manifestations : en 1894 à l'Exposition Universelle, Internationale et Coloniale de Lyon et à l'Exposition d'Horticulture des Tuileries, en 1900 à nouveau à l'Exposition Universelle de Paris."
In marcmaison.fr
Estimation : 10 000 € ~ 15 000 €
Lot 172
Lot 180
Aimé-Jules DALOU (Paris, 1838-1902)
Quatre ÉTUDES pour le MONUMENT AUX OUVRIERS

1. LE RETOUR DE L'HERBE, 1894
Épreuve en bronze à patine brun clair, porte le numéro : "5"
Fonte à la cire perdue Susse : "cire perdue" et "Susse Frs Edrs Paris"
Cachet inséré à froid : "SUSSE FRERES FONDEURS PARIS"
Signé : DALOU
Cachet frappé à froid : "BRONZE"
Sous l'œuvre, cachet frappé à froid : "MADE IN FRANCE"
Hauteur, 10, 5 cm.
Littérature en rapport :
Amélie Simier, assistée de Marine Kisiel, Jules Dalou, le sculpteur de la République, Catalogue des sculptures de Jules Dalou conservées au Petit Palais, catalogue d'exposition, Paris, Petit Palais, 18 avril - 13 juillet 2013, Paris-Musées 2013, n°222, p. 290.

2. LE REBATTEUR DE FAUX, 1895
Épreuve en bronze à patine verte
Fonte à la cire perdue Susse : "cire perdue" et "Susse Frs Edrs Paris"
Cachet inséré à froid : "SUSSE FRERES FONDEURS PARIS"
Signé : DALOU
Cachet frappé à froid : "BRONZE"
Sous l'œuvre, cachet frappé à froid : "MADE IN FRANCE"
Hauteur, 12,5 cm et terrasse 15,5 x 10 cm.
Littérature en rapport :
Amélie Simier, assistée de Marine Kisiel, Jules Dalou, le sculpteur de la République, Catalogue des sculptures de Jules Dalou conservées au Petit Palais, catalogue d'exposition, Paris, Petit Palais, 18 avril - 13 juillet 2013, Paris Musées, 2013, N°227, p. 293.

3. LA FANEUSE, 1894
Épreuve en bronze à patine verte
Fonte à la cire perdue Susse : "cire perdue" et "Susse Frs Edrs Paris"
Signé : DALOU
Hauteur, 12,5 cm.
Littérature en rapport :
Amélie Simier, assistée de Marine Kisiel, Jules Dalou, le sculpteur de la République, Catalogue des sculptures de Jules Dalou conservées au Petit Palais, catalogue d'exposition, Paris, Petit Palais, 18 avril - 13 juillet 2013, Paris Musées, 2013, N°220, p. 288.

4. Une étude pour le GRAND PAYSAN : Paveur, un outil à ses pieds, entre 1889 et 1898
Épreuve en bronze à patine brun clair et reflets verts, porte le numéro : "5"
Fonte à la cire perdue Susse : "cire perdue" et "Susse Frs Edrs Paris"
Cachet inséré à froid : "SUSSE FRERES FONDEURS PARIS"
Signé : DALOU
Cachet frappé à froid : "BRONZE"
Sous l'œuvre, cachet frappé à froid : "MADE IN FRANCE"
Hauteur, 12,5 cm.
Littérature en rapport :
Amélie Simier, assistée de Marine Kisiel, Jules Dalou, le sculpteur de la République, Catalogue des sculptures de Jules Dalou conservées au Petit Palais, catalogue d'exposition, Paris, Petit Palais, 18 avril - 13 juillet 2013, Paris Musées, 2013, N°229, p. 296.

Aimé-Jules DALOU. Four STUDIES for the WORKERS MONUMENT.
1. THE RETURN OF THE GRASS, 1894. Bronze with light brown patina. Signed. Stamped with the Susse Frères foundry mark.
2. MAN REDRESSIND A SCYTHE, 1895. Bronze with green patina. Signed. Stamped with the Susse Frères foundry mark.
3. THE TEDDER WOMAN, 1894. Bronze with green patina. Signed. Stamped with the Susse Frères foundry mark.
4. A study for the GREAT PEASANT : pavement fitter, between 1889 and 1898. Bronze with light brown patina and green highlight. Signed. Stamped with the Susse Frères foundry mark.
Adjugé : 3 000 €
Lot 180
Lot 212
Jules LELEU (Boulogne-sur-Mer, 1883 - Paris, 1961) et
Katsu HAMANAKA (Hokkaido, 1895 - 1982)
SECRÉTAIRE en placage de ronce de noyer d'Amérique
ouvrant en haut par un abattant laqué d'origine rouge ambré, surmonté de deux tiroirs et en bas par deux vantaux pleins à façade légèrement galbée. Piètement d'angles excentrés à fûts facettés sur toute la hauteur à filets d'ivoire. Entrées de serrure, prises de tirage, et sabots en ivoire. Intérieur à compartiments, tiroirs et casiers en sycomore laqué sur tranche, face interne de l'abattant laqué marron foncé.

Haut. 135, Larg. 80, Prof. 34 cm.

Provenance : collection Françoise Siriex. Un certificat de Françoise Siriex est joint.

Jules LELEU and Katsu HAMANAKA. An American burled walnut veneered and red lacquered FALL FRONT WRITING DESK. Ivory handels, escutcheons and sabots.

Spécimen en ivoire d'Elephantidae spp (I/A) pré-Convention, antérieur au 1er juillet 1947 et, de ce fait conforme au Règle CE 338/97 du 09/12/1996 art.2-Wmc, et antérieur au 1er juillet 1975 et, de ce fait, conforme à l'arrêté du 16/08/2016.

Pour une sortie de l'Union Européenne, un CITES de ré-export sera nécessaire, pour chaque spécimen, celui-ci étant à la charge du futur acquéreur. La délivrance d'un tel document n'est pas automatique. Pour une éventuelle réexportation, il appartiendra à l'adjudicataire de se renseigner - préalablement à tout achat - auprès des douanes du pays concerné, particulièrement s'il s'agit des Etats-Unis
Adjugé : 15 500 €
Lot 212
Lot 218
R2E. MICRAL-N, 1974.
L'un des cinq derniers exemplaires connu du premier micro-ordinateur de l'histoire de l'informatique dans sa configuration originale complète.

Le MICRO-ORDINATEUR est présenté dans un BOITIER en acier blanc cassé et brun numéroté 1574176 doté d'un PLURIBUS à 22 connecteurs recevant 17 CARTES ÉLECTRONIQUES dont la carte processeur équipée du MICRO-PROCESSEUR INTEL 8008 et trois cartes mémoire apportant 16ko de Mémoire vive et mixte. L'ordinateur possède une fréquence d'horloge de 0,5 Mhz et 51 instructions.

Le MONITEUR est relié à son ALIMENTATION et à trois autres périphériques assemblés par la société R2E : le premier est un bloc contenant un CLAVIER universel ainsi qu'un ÉCRAN cathodique, le deuxième est un LECTEUR DOUBLE DE DISQUETTE 8 pouces et le troisième, le PERIPHERIQUE TÉLÉTYPE.

10 MANUELS de documentation s'ajoutent à l'ensemble, dont son manuel d'utilisation.

Matériel non testé présenté sans garantie quant à ses possibilités de fonctionnement.

Provenance : collection d'un ancien employé de R2E puis de Cll Honeywell Bull.

R2E. MICRAL-N, 1974. One of the last five knowed version of "the earliest commercial non-kit computer based on microprocessor", dixit Steve WOZNIAK.

LIBRE CIRCULATION ET SORTIE DU TERRITOIRE FRANÇAIS

Un dossier complet préparé avec Roma Maireau et Nadi Boucetta, historiennes de l'art du master de l'Université François Rabelais de Tours est à découvrir sur rouillac.com
Adjugé : 50 000 €
Lot 218
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