FR
EN

29ème VENTE GARDEN PARTY - II

Cliquez ici pour afficher les détails
Lot 252
IRAN - XIXe
MANUSCRIT POÉTIQUE PERSAN, GOLESTAN DE SA'ADI commandité par le prince Mirza Mohammad Ali Khan Nazim al-Mulk (d.1871), signé par le copiste Seyyed Ali et daté 1841.
Dédicacé à M. Edouard Herriot (d.1957) président de la chambre des députés français par M. Seyyed Mohammad Sadeq Tabatabi (d.1961), président du parlement iranien, en 1945 .
Reliure signé Mirza Aqa Isphahani et daté 1842.
Dédicace persane datée sur la page de garde, à l'encre noire et en nast'aliq "Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux, Offert à M. Edouard Herriot, président de la chambre des députés français, à l'occasion de sa visite officielle au parlement iranien en 22 Ordibehesht-é 1324 correspondant au 12 mai 1945" signé : "M. Seyyed Mohammad Sadeq Tabatabi président du parlement iranien".
Manuscrit complet sur papier, en sept parties de seize lignes par page à l'encre noire et rehauts rouges en écriture shekasté nasta'liq disposées sur deux colonnes et en diagonale en bordure, séparées par des bandes ou triangles à rinceaux fleuris dorés.
Le manuscrit comprend de nombreux titres à l'encre rouge et certains manquants dans des bandeaux au milieu du texte. Il est illustré de sept double frontispices richement enluminé, en unwân, texte en réserve sur fond doré, surmonté d'un important sarlowh polychrome et or à arcature dorée garnie d'une composition symétrique de rinceaux fleuris et de palmettes.
Les marges sont également richement enluminées d'une frise d'arcatures dorées et bleues agrémentées de rinceaux fleuris polychromes. Il comprend également sept colophons ; - le quatrième dans un cartouche entourés de rinceaux dorés donne la date 1255 H./ 1839, et le dernier encadré par un bandeau porte le nom du commanditaire, du copiste et une date : " Sous la commande de Mirza Mohammad Ali Khan Nazim al-Mulk*, par Seyyed Ali, le 10 du mois de Rajab al-Morajab 1257 H./ 1841 ".
Reliure en papier mâché peint et laqué en polychromie à rehauts d'or. Plats extérieurs à décor de mandorles et bandeaux fleuris sur fond noir en réserve sur fond or à fleurettes et guirlandes de rinceaux. L'ensemble est ceinturé de cartouches à compositions florales. Les plats intérieurs présentent pour l'un, une scène de visite entre des derviches dans un paysage boisé près d'une étendue d'eau. Dans le ciel signature de l'artiste à l'encre dorée : "Raqam kamtarin Mirza Aqa Isphahani" et la date de "1258 H./1842". Pour l'autre, le roi Khosrow découvre Shirin au bain. Dans son étui en cuir rouge estampé d'un filet doré.

Reliure : Haut. 25, Larg. 16,5 cm.
(manuscrit en bon état avec quelques minuscules taches, premier folio à demi détaché, éclats et manques sur les plats extérieurs de reliure).

A PERSIAN POETRY MANUSCRIPT. Binding made of painted and lacquered papier mâché. 19th century.

* Mirza Mohammad Ali Khan Nazim al-Mulk (d.1871), était le gouverneur de Djahrom, dans la province de Fars au sud-ouest de l'Iran entre 1854-1856.
Adjugé : 10 000 €
Lot 252
Lot 253
Rare ALBUM comprenant environ 200 ESTAMPES reliées,
dont neuf triptyques Meiji et 166 planches du "Tokaido meisho no uchi", dit aussi le TOKAIDO processionnaire - reliant Tokyo à Kyoto (Gyoretsu Tokaido).

La série "Tokaido meisho no uchi" dit le Tokaido processionnaire de 1863, est un travail collectif par plusieurs éditeurs et artistes, publié afin de commémorer la procession d'Edo à Kyoto du shogun Iemochi pour présenter ses respects à l'Empereur. En 1863, le shogunat Tokugawa était extrêmement faible, proche de la dissolution, et cette procession et sa représentation furent le dernier éclat d'un glorieux passé.

Utagawa Kunisada /Toyokuni III (1786-1864) : 39 oban tate-e
Toyohara Kunichika (1835-1900) : 9 oban tate-e
Utagawa Hiroshige II (1829-1869) : 32 oban tate-e
Utagawa Kunifuku (actif 1854-1864) :4 oban tate-e
Utagawa Kunitsuna (1805-1868) : 9 oban tate-e
Kawanabe Kyosai (1831-1889) : 22 oban tate-e
Utagawa Sadahide (1807-1973) : 3 oban tate-e
Utagawa Tsuyanaga (étudiant de Yoshitsuya) : 1 oban tate-e
Utagawa Yoshiiku (1833-1904) : 1 oban tate-e
Utagawa Yoshikata (actif 1841-1864) : 1 oban tate-e
Taguchi Yoshimori (1830-1884) : 17 oban tate-e
Utagawa Yoshimune (1817-1880) : 3 oban tate-e
Utagawa Yoshitora (actif ca. 1840-1880) : 20 oban tate-e
Taiso Yoshitoshi (1839-1892) : 9 oban tate-e
Koko Yoshitsuya (1822-1866) : 16 oban tate-e

Rare album intact, aux estampes montées se déroulant comme une route.
Très bel état de fraîcheur.

Provenance :
- acquis par Victor SEGALEN vers 1900
- offert à son ami Georges-Daniel de MONFREID
- offert en 1952 à Pierre TOUBERT, membre de l'Institut, professeur émérite au Collège de France (attestation jointe).

A rare ALBUM containing 200 binded PRINTS including nine Meiji triptychs and 166 prints of the "Tokaido meisho no uchi". Great freshness.
Adjugé : 28 000 €
Lot 253
Lot 304
Pièce d'hommage de HUIT LOUIS d'or de Jean Warin 1640 A = Paris. (53,68 g).
D'une grande rareté et d'une qualité remarquable. Très légère trace de nettoyage à l'avers.
Superbe spécimen de cette monnaie.

LOUIS XIII 16 mai 1610 - 14 mai 1643
LVD(OVICVS) XIII D(EI) G(RACIA) FR(ANCIAE) ET NAV(ARRAE) REX
Louis XIII, roi de France et de Navarre par la Grâce de Dieu.
Large tête laurée du roi à droite. Dessous, millésime entre deux points.
R/. Titulature complète : CHRISTVS·REGNAT·VINCIT·ET·IMPERAT
Le Christ règne, triomphe et commande.
Croix formée de huit L couronnés et cantonnée de quatre lis. Lettre d'atelier en cœur. Tranche cannelée.

Fr 407; Dy 1295; Ci 1608; Dr 14 B ; Gad 61

Provenance :
- Ventes Bourgey : " Une Grande Collection " 17 novembre 2015 n° 141 ; 7 décembre 1988 n°111 ; 1-2 juin 1967 n°184.
- Succession Jacques Nabon, en présence de Me Ève Champion, notaire à Blois, au profit de l'association diocésaine de Blois.

A Louis XIII gold 8 LOUIS TRIBUTE COIN by Jean Warin. Paris, 1640.


UN DES FLEURONS DE LA NUMISMATIQUE FRANÇAISE

En 1640, Louis XIII, sous l'impulsion du Cardinal de Richelieu, procède à une réforme monétaire afin de placer le pays sur un pied d'égalité avec les autres puissances. Jean Warin, graveur général des Monnaies, propose au Roi le nouveau monnayage sous forme de louis d'or frappé " au balancier " en remplacement de l'écu d'or frappé " au marteau " afin de rivaliser avec la " pistole " espagnole qui envahissait la circulation monétaire en France. Cette nouvelle méthode permettait de lutter contre la fraude en produisant des monnaies de diamètre et de poids réguliers, difficiles à rogner et à imiter. Différents dispositifs furent également utilisés pour marquer la tranche.

Avec les Dix Louis et les Quatre Louis, ces spectaculaires Huit Louis comptent parmi les plus beaux fleurons de la Numismatique des " Rois Louis ".
Ces merveilleuses monnaies dites «pièces d'Hommage» ou «pièces de plaisir» à l'effigie de Louis XIII furent frappées pour être présentées au Roi par le célèbre graveur Jean Warin en vue de l'adoption d'un nouveau système monétaire et de nouvelles techniques de frappe.

Jean Warin ou Varin (6 février 1607- 22 août 1672), graveur liégeois, institua l'usage de la frappe au balancier à la Monnaie du Moulin de Paris établie au Louvre. Artiste de renommée universelle, il effectua ces remarquables gravures sur les multiples du louis (10 louis, 8 louis, 4 louis). Ce type fut adopté pour tous les modules (double-louis, louis et le demi-louis).

Cette réforme monétaire s'imposa afin d'éliminer la «pistole» espagnole si chère à Molière notamment dans les Fourberies de Scapin.

Suite à l'édit du 31 mars 1640, registré le 18 novembre par la Cour des Monnaies, le louis d'or fut instauré au poids de deux écus de l'ancien système et au titre de 22 carats d'or fin soit 0,917°/°° au lieu de 0,958°/°° pour les écus d'or du système précédent.
Le pouvoir d'achat des multiples était considérable. La pièce de Huit louis, par exemple, représentait 3 ans de salaire d'un valet au service d'un prince. Toutefois, n'étant pas destinée à la circulation, ces monnaies de prestige étaient offertes aux seigneurs de la Cour qui les utilisaient à la Table de Jeux du Roi.

LE JEU DU ROI (projet pour un écran à main). Paris, musée du Louvre, collection Edmond de Rothschild. Exposition château de Versailles : Fêtes et divertissements à la Cour, 2016-2017, catalogue n°225.
Adjugé : 170 000 €
Lot 304
Lot 354
BLOIS. ÉCUELLE à OREILLES
en argent uni. Les oreilles fondues finement ornées de motifs rocaille tels que coquille, acanthes stylisées, agrafes, enroulement et roseau.
Le corps gravé (postérieurement ?) d'armoiries timbrées d'une couronne de marquis.

Poinçons aux Fermiers Généraux de Blois.
Jurande : E, 1769-1771.
Maître-orfèvre : Esaïe II Baignoux, reçu maître en 1733.

Larg. 30,5, Diam. 17,5 cm. Poids : 448 g.

Il existe exactement le même modèle d'écuelle à Orléans, datée de 1764-1765 par l'orfèvre Martial Louis Lescot.

Remerciements à Vincent Martin, spécialiste en orfèvrerie française, et ayant travaillé entre autres sur les orfèvres de Blois, pour ses précisions et pour l'authentification de l'orfèvre.

Et DRAGUIGNAN. COUVERCLE d'ÉCUELLE
à doucine en argent. La bordure ornée d'une frise de godrons, la partie centrale gravée de guirlandes fleuries et d'armes d'alliances timbrées d'une couronne comtale. Les armoiries à senestre sont celles de la famille de Forbin. L'amortissement reçoit un décor rayonnant de feuilles lancéolées, agrafes affrontées et fleurons. Le fretel adopte la forme d'une fleur épanouie.

Poinçons aux Fermiers Généraux de Draguignan.
Charge et décharge : 1756-1762. Jurande : 1758-1759.
Maître-orfèvre : Melchior Latil, reçu en 1748.

Haut. 10, Diam. 18 cm. Poids : 320 g.

Provenance :
- vente Boisgirard, Paris, le 26 mai 1998, lot 184, adjugé 29.931 francs.
- succession Nabon, vente au profit de l'Association diocésaine de Blois.

On y JOINT un arrest du Conseil d'Estat du Roi qui déboute les orfèvres de Blois (...). 8 pages in-4. Paris, Imprimerie Royale, 1771.

A Louis 15 silver BOWL. Blois, 1769-71. And a Louis 15 silver LID. Draguignan, 1758-59.
Adjugé : 2 850 €
Lot 354
Lot 372
Jean-Baptiste TIERCE (Rouen, 1737 - Florence ?, vers 1790)
Ariccia, pour le voyage d'Italie du marquis de Sade.

Pinceau et lavis brun sur esquisse au graphite.

Haut. 46 Larg. 62 cm.

Provenance :
- Marquis de Sade, conservé par ses descendants.
- Vente Cheverny 31 mai 1997, n°8. Cachet au verso " Collection marquis de Sade - Cheverny, 1997 " ; dédicace de Xavier, marquis de Sade.
- succession Nabon, vente au profit de l'Association diocésaine de Blois.

Jean Baptiste TIERCE. A study for the trip in Italy of the Marquis de Sade. Paintbrush. Wash drawing on a graphite sketch. Conserved by the descendants of the Marquis de Sade until 1997.

Notre œuvre de Tierce est reproduite dans l'ouvrage le Voyage d'Italie de Sade sous le n°39. Particularité et rareté, Tierce s'est représenté dessinant en compagnie du Marquis de Sade, en bas à gauche.

Découvrez le voyage en Italie du marquis de Sade lors de sa présentation par Me Rouillac lors de la vente au château de Cheverny en 1997 sur le site rouillac.com.

" À un mille de ce tombeau est Ariccia, que quelques auteurs croient bâtie cinq siècles avant la guerre de Troie par Archilous, Sicilien. Quelque temps après, on y porta une statue de Diane Erycine et de là lui vint le nom d'Aricie. "

Expositions :
- Paris, Art Center, 1989.
- Paris, Musée Nissim de Camondo, 1995.
- Avignon, Musée Calvet, printemps 1996.
- Lac de Côme, Villa d'Oste, été 1996.
- Tours, Bibliothèque municipale, automne 1996.
- Rome, Palais Farnèse, hiver 1996.

Bibliographie :
- Petits et grands théâtres du marquis de Sade, Paris, Art Center, 1989, 9 " vues italiennes" de Tierce.
- Voyages d'Italie, D.-A.-F. marquis de Sade, chez Librairie Arthème Fayard, 1995. 2 volumes sous emboîtage spécial :
tome 1 : 525 pages "... dissertations critiques, historiques, philosophiques sur les villes de Florence, Rome, Naples, Lorette et les routes adjacentes à ces quatre villes. Ouvrage dans lequel on s'est attaché à développer les usages, les mœurs, la forme de législation, etc., tant à l'égard de l'antique que du moderne, d'une manière plus particulière et plus étendue qu'elle ne paraît l'avoir été jusqu'à présent ".
tome 2 : 125 pages d'illustrations, avec toutes les reproductions couleurs des œuvres de J.-B. Tierce.
- Viaggio in Italia, Marchese di Sade, chez Bollati Boringhieri, Turin, 1996 : 420 pages, avec 38 reproductions couleurs des œuvres de J.-B. Tierce.
Adjugé : 2 000 €
Lot 372
Lot 394
Ulysse BESNARD, dit ULYSSE (1826 - 1899)
GARNITURE de CHEMINÉE au chiffre de François Ier et armes d'alliance,
en faïence polychrome sur fond bleu à motifs de rinceaux feuillagés. Elle se compose d'une vasque et d'une paire de lampes à pétrole.

La VASQUE dite de "FRANÇOIS Ier"
de forme pansue sur piédouche est ornée de huit cartouches polylobés dont deux à la Salamandre couronnée et au chiffre "F". Les anses en forme de serpents enroulés.
Signature olographe sous la base "ULYSSE à BLOIS", 1877.
Haut. 28,5, Diam.51 cm. (restaurations).

La PAIRE de LAMPES à PÉTROLE en forme de bouteille avec un cartouche à enroulements de cuir. Elles sont ornées d'armes d'alliance timbrées d'une couronne comtale. Les armes de dextre (d'azur à deux fasces d'or) sont celles de la famille de Beaucorps. Monture métallique et récipient en verre taillé à facettes.
Blois, Ulysse Besnard, vers 1877.
Haut. totale 64 cm.

Provenance : château de la vallée du Loir.

ULYSSE. A ceramic BASIN and a pair of GAZ LAMPS adorned with the monogram of the King Francis the 1rst and coat of arms. Circa 1877.

Ulysse BESNARD, dit ULYSSE (1826-1899) fut l'élève à Paris de Victor Chavet, peintre de genre et de portrait. Il expose aux Salons de 1857 à 1861. De retour dans sa ville natale de Blois, dès 1858, il se met progressivement à la faïence pour fonder sa propre maison, en octobre 1862. L'influence des céramiques françaises et italiennes de La Renaissance ainsi que du style hispano-mauresque est très présente dans son oeuvre. La période 1872-1884 marque l'apogée de ses céramiques. À sa mort en 1899, les décorateurs Émile Balon (1859-1929) puis Gaston Bruneau (1881-1965) lui succèdent jusqu'à la fermeture de la fabrique en 1953.
Estimation : 1 000 € ~ 1 500 €
Lot 394
Lot 401
Émile GALLÉ (Nancy, 1846 - 1904)
PAIRE de PICHETS AQUAMANILE à la CHIMÈRE
en faïence bleue et blanche. Le dragon assis sur ses quatre pattes recrache l'eau par sa gueule. Un collier pectoral est orné de fruits. La queue retournée forme l'anse.
Signature nouille sur la patte avant gauche.

Circa 1880-1890.

Haut. 28,5 cm.
(saut d'émail à l'intérieur de l'anse d'un des deux pichets).

A GALLE PAIR of white and blue ceramic PITCHERS figuring a CHIMAERA. Circa 1880-1890. Signed.

GALLÉ CÉRAMISTE

L'œuvre céramique d'Émile Gallé (1846-1904) n'est pas aussi connue que celle en verre. Elle résulte d'une tradition familiale héritée de son père Charles (1818-1902), peintre sur porcelaine de formation. Celui-ci développe son activité en s'associant notamment à partir de 1876 à la manufacture vosgienne d'Adolphe Muller.

Lorsqu'Émile reprend la tête de l'entreprise en 1885, il s'efforce à renouveler la céramique pour en faire un art à part entière, en se différenciant des multiples centres de production de l'époque. C'est à partir de ses dessins et de ses recommandations que sont conçues et élaborées les formes et les couleurs de chaque pièce. Il paraît bien difficile aujourd'hui d'attribuer à Gallé un style particulier tant son œuvre est multiple. Il s'illustre néanmoins dans la faïence stannifère, les services de table et les pièces de fantaisie.

S'il multiplie les expériences, en conjuguant à la fois la verrerie et la céramique, et propose également une suite de grès artistiques à l'Exposition universelle de 1889, il renonce à la fin de la décennie 1890 à son activité de céramiste en raison du désamour du public pour ce médium, se consacrant quasi exclusivement à l'art du verre.
Adjugé : 2 200 €
Lot 401
Lot 402
Eugène ROUSSEAU (Paris, 1827 - 1890)
PICHET en cristal,
à panse bombée et col droit à deux anneaux en cristal fumé. Le corps émaillé en léger relief d'un décor japonisant en bleu, rouge, vert et blanc cerclé d'or. Il se compose de deux figures géométriques (circulaire et ovale), de branches fleuries et d'un coléoptère. L'anse coudée en verre clair de lune appliquée. Repose sur un piédouche évasé.
Numéroté 418 au stylet, non signé.

Vers 1874-1878.

Haut. 21 cm.
(quelques griffures et infimes manques à l'émail).

A crystal JUG by Eugène ROUSSEAU. Enamelled japanese style decor. Circa 1874-1878.

Si Eugène Rousseau rime invariablement avec le service qui porte son nom réalisé en collaboration avec Félix Bracquemond dès 1866, c'est véritablement dans l'art verrier que son génie est sublimé. Pionnier du japonisme, il se distingue par son grand sens artistique qui le pousse à imaginer des décors, des couleurs et des formes inédites. Et c'est cet œil esthète qui contraindra les artisans de son atelier à innover, à imaginer des techniques nouvelles pour donner vie aux inventions de son esprit. Ainsi, non content d'impulser cette révolution esthétique qui accouchera de l'Art Nouveau, Rousseau renouvelle l'art verrier et lui lègue une kyrielle de procédés novateurs. Giuseppe Cappa dit de lui : "On l'a considéré comme un "moderne" en son temps ; il l'est encore aujourd'hui : c'est là le miracle de longévité d'un artiste qui a su s'élever au-dessus de son époque".
Quelle meilleure illustration que notre pichet ? Pureté de la ligne, sobriété du décor : une pièce élégante et intemporelle, malgré ses presque 150 années. Son décor est très similaire à celui d'une coupe et un vase en cristal jaune paille de Rousseau reproduits pages 389 et 390 dans l'ouvrage de Giuseppe Cappa : "L'Europe de l'Art Verrier - Des Précurseurs de l'Art Nouveau à l'Art Actuel". Tous deux sont datés des années 1874-1878. L'un est signé, l'autre non. L'auteur précise : "Eugène Rousseau (...) s'est fort peu soucié de signer ses créations avant 1885". C'est vraisemblablement le cas pour notre pichet.
Karl Benz
Estimation : 500 € ~ 800 €
Lot 402
Lot 406
SÈVRES. PLATEAU et POT à CAVIAR
en porcelaine du service dit "de chasse". Décor or sur fond vert : filets, rameaux de chêne et armoiries personnelles timbrées d'un heaume. Le pot à caviar orné d'un médaillon figurant un coq de bruyère.
Marques à l'or commémorative du cinquantième anniversaire du Maréchal Hermann GÖRING, le 12 janvier 1943. Marques de Sèvres 1943 pour le pot à caviar et 1944 pour le plateau.

Plateau : Long.39, Larg. 22,5 cm.
Pot à caviar : Haut. 13,5 Diam. 13 cm.

Provenance :
- achat en ventes publiques avant 1965.
- collection particulière, Tours.

SÈVRES. TRAY and CAVIAR POT. Green-ground porcelain and gilded, ornamented with wreath of oak leaves and acorns, coat of arms surmounted of a helm. The caviar pot decorated with a capercaillie in a medallion. Commemorative's golden marks for the fiftieth anniversary of marshal Hermann GÖRING, 12th of january 1943. Sèvres's marks 1943 for the caviar pot and 1944 for the tray.

SÈVRES. TAFEL und KAVIAR TOPF aus vergoldetem Porzellan auf grünem Hintergrund : Fäden, Eichenlaub und Eicheln, Wappen vom Helm überragen. Der Kaviar Topf ist miteinem Auerhahn Medaillon verziert. Die Goldmarken gedenken den 50. Geburtstag vom Feldmarschall Hermann Göring, am 12. Januar 19743. Sèvres Marken : Kaviar topf 1943 und Tafel 1944.

Bibliographie : Marlen Topp, "Sèvres sous l'occupation allemande (1940-1944)", mémoire de Doctorat de l'Université technique de Berlin. Et M. Brunet, T. Préaud, Sèvres, 1978, p. 328.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Sèvres continue de travailler. Outre les fournitures demandées par les services du maréchal Pétain, la Manufacture doit également accepter les commandes des troupes d'occupation. Ainsi le maréchal Goering commande-t-il en juillet 1942 un service de table complet pour 120 personnes dont les formes sont conçues par son conseiller Nicola Moufang, et les décors à sujets de chasse par Renz Waller. La Manufacture de Sèvres ne livre ces pièces qu'avec la plus extrême lenteur. La dernière livraison de ce service ne quitte la Manufacture qu'en août 1944 mais le convoi étant accidenté les pièces retournent à leur point de départ et seront mis aux enchères par la commune de Sèvres après la guerre sans jamais avoir été livrées à leur commanditaire.
Adjugé : 2 000 €
Lot 406
Lot 409
René MAGRITTE (Lessines, 1898 - Schaerbeek, 1967),
anciennement présenté comme de
L'Origine du monde.

Toile.
Copie non datée mais antérieure à 1966 de l'Origine du monde par Gustave Courbet (1866).

Haut. 23, Larg. 30 cm.

Provenance : Joseph-Marie Lo Duca (1910-2004), puis collection privée.

Formerly presented as a by René MAGRITTE. "The Origin of the World". Canvas. Before 1966.

Exposition : "Cet Obscur objet de désirs, Autour de L'Origine du monde", musée Gustave Courbet, Ornans, 2014, n°1, reproduit p. 20.

Bibliographie :
- Gérard Zwang, "Le Sexe de la femme", 1967.
- Pierre Cabanne, "Psychologie de l'art érotique", 1971.
- Bradley Smith, "L'Art érotique des maîtres", 1978.
- Art Press, couverture du n°59, mai 1982.

Vidéo :
- Philippe Sollers et Jean-Paul Fargier, "Le Trou de la Vierge", 1982.
- Piero Lorenzoni, "L'Erotisme français, 1984.
- Thierry Savatier, "L'Origine du monde, histoire d'un tableau de Gustave Courbet", 2006-2015.

En 1967, fut publiée la première photographie en couleur de L'Origine du monde, célèbre toile de Gustave Courbet, dans l'essai très illustré du docteur Gérard Zwang, Le Sexe de la femme. Historiens et amateurs pensèrent, jusqu'en 1988 (1), qu'il s'agissait de la photo du tableau original. Or, à cette époque, celui-ci appartenait au psychanalyste Jacques Lacan, puis à ses ayants droit qui n'avaient jamais accepté de l'exposer ni d'en faire circuler des reproductions. En réalité, la photographie de 1967 représentait le tableau de Courbet ici proposé ; elle provenait de Joseph­ Marie Lo Duca, fondateur des Cahiers du cinéma et spécialiste de l'art érotique, qui avait réuni une partie de l'iconographie du Sexe de la femme. Ce dernier l'avait obtenue du photographe américain Bradley Smith (1910-1997), fondateur de l'American Society of Magazine Photographers et historien de l'art érotique, qui lui avait confié que la toile circulait «sous le manteau» depuis plusieurs années. Selon Lo Duca dont le témoignage fut rapporté par Gérard Zwang (2) cette copie de Courbet aurait été réalisée par René Magritte. Elle lui aurait été présentée comme telle par l'artiste-peintre Jane Graverol (1905-1984), membre du groupe surréaliste belge et amie de Magritte depuis la fin des années 1940, lorsqu'ils devinrent proches, en 1967, et qu'il commença à écrire sur son œuvre (3).

S'agissant du présent tableau (et dans l'hypothèse où Magritte en aurait été l'auteur), nous ne pouvons en aucun cas évoquer l'éventualité d'un «faux», en dépit de ce qui fut parfois avancé, qui s'appuyait sur les assertions que Marcel Mariën publia dans son livre de souvenirs Le Radeau de la mémoire (4) concernant des faux que l'artiste aurait réalisés pour des raisons alimentaires pendant la Seconde guerre mondiale. En effet, la facture ne rappelle en rien celle de Courbet, ce qui exclut toute tentative de supercherie. Par ailleurs, sa taille est nettement inférieure à celles de l'original.Il s'agit donc d'une copie, d'un exercice de style que l'on peut rapprocher de l'un des fragments de L'Evidence éternelle, notamment dans sa version de 1948, dont les dimensions se révèlent assez proches.

Les importantes variantes chromatiques suggèrent que cette toile fut peinte, non devant celle de Courbet qui fut conservée à Budapest dans la collection du baron Ferenc Hatvany de 1913 à 1947, mais à partir d'une reproduction en noir et blanc. La première fut publiée au début des années 1930 dans l'ouvrage d'Eduard Fuchs Die Grossen Meister der Erotik . D'autres photographies, provenant du baron Hatvany, figuraient dans les archives des spécialistes du maître-peintre d'Ornans Charles Léger et Robert Fernier, ainsi que dans celles des écrivains Paul Auriant et Paul Léautaud.

Lo Duca fit l'acquisition de l'œuvre entre 1968 et 1974 (année où sa fille étant enfant témoigne l'avoir vue), probablement auprès de Jane Graverol à laquelle il acheta également quelques tableaux personnels - ce que pourrait suggérer une inscription portée sur une étiquette collée au dos de la toile. Il s'en sépara au début des années 2000. L'œuvre était conservée dans le bureau du collectionneur qui était grand fumeur, ce qui explique la mince couche de nicotine qui dut se déposer sur sa surface.

Thierry SAVATIER
Historien de l'art, chercheur-auteur, spécialiste de l'Origine du monde.

(1) Date de la première apparition publique de la toile de Courbet, dans le cadre de l'exposition Courbet reconsidered, au musée de Brooklyn, alors qu'elle était la propriété de Sylvia Bataille, veuve de Jacques Lacan.
(2) Gérard Zwang, Eloge du con, La Musardine, 2013 (p. 75 de l'édition numérique).
(3) Voir notamment Lo Duca, «Jane Graverol, l'onirisme belge» in revue Plexus n°10, 1967 et la préface qu'il rédigea pour l'exposition de l'artiste «40 ans de peinture» à la galerie lsy Brachot (1968).
(4) Marcel Mariën, Le Radeau de la mémoire, E
Adjugé : 8 000 €
Lot 409
Inscrivez-vous à notre newsletter :
Suivez-nous :