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TABLEAUX et DESSINS ANCIENS
Dimanche 17 mars 2019

François BONVIN (Paris, 1817 - Saint-Germain-en-Laye, 1887)
L'homme qui lit, 1844.

Mine de plomb sur papier. Signée "F.xBo" et datée de "44".

Haut. 15, Larg. 9,5 cm.

Provenance : Charles-Jérôme Lecour (Paris, 1823 - Blois, 1900), Préfet en charge de la Police des moeurs de Paris, collectionneur et ami de François Bonvin ; par descendance familiale.

"1850 : Le dessin n'est pas abandonné pour autant et les croquis très achevés qu'il trace sur le papier reflètent toujours son attachement aux scènes tirées de la réalité, portraits dessinés sur le vif, femmes dans leur intérieur et dont les silhouettes subtilement ombrées par le fusain se détachent sur des fonds neutres comme l'exige l'enseignement des maîtres hollandais." Gabriel P. Weisberg, "Bonvin", Les Maîtres du XIXe siècle, éd. Geoffroy-Dechaume, 1979, p. 45.


François Bonvin et Charles-Jérôme Lecour : Le peintre et le Policier

Artiste à l'enfance modeste et malheureuse, François Bonvin est employé à partir de 1839 à la préfecture de Police de Paris. Il y devient l'ami de Charles-Jérôme Lecour, chef de la première division et spécialiste de la police des mœurs, de la prostitution et du vagabondage.
En 1849 le peintre est médaillé au Salon, il démissionne et décide alors de consacrer sa vie à la peinture. À quarante-six ans, en 1863, il participe avec son ami Gustave Courbet au premier Salon des Refusés.
Membre de la commission de la Fédération des artistes fondée en 1871 par Moulin, Courbet et Pottier, il est considéré comme l'un des maîtres de la nature morte au XIXe. Ses tableaux exposés dans les plus grandes institutions, comme les musées d'Orsay, Fabre, Kröller Müller d'Otterlo ou encore la National Gallery de Londres, témoignent de l'influence de Peter de Hooch comme de Chardin sur son œuvre. Notre Fumeur de Pipe, évoque les tabagies flamandes, la Nature morte à la brioche parée d'une fleur d'oranger, le maître français. Effets de lumières, simplicité de composition, mises en page à la Lubin Baugin, celui qui est représenté par Durand-Ruel au Salon de 1868, méritait son surnom de " nouveau Chardin ".
L'ensemble présenté dans cette vacation provient des héritiers de Charles-Jérôme Lecour, auteur de la première monographie de l'artiste. À travers le poème composé par Bonvin pour son ami, ou les copies des œuvres du peintre réalisées par le préfet, se dessine une amitié sincère entre deux récipiendaires de la Légion d'honneur, enquêteurs de la " misère parisienne " de la fin du XIXe siècle.

La proximité entre les deux hommes est accréditée par Gabriel P. Weisberg, le plus grand spécialiste de l'œuvre du peintre :
" 1839 : À la préfecture, il se lie d'amitié avec un collègue qui travaille dans le même bureau que le sien, Lecour. François lui prodigue sa bienveillance et Lecour, qui s'en souviendra, sera l'auteur de la première monographie écrite sur la carrière de son ami, monographie reposant, en majeure partie, sur les conversations que tiennent Bonvin et lui pendant qu'ils travaillent ensemble et sur la correspondance qu'ils échangeront plus tard. C'est Lecour qui trace de Bonvin, alors âgé de ving-trois ans, le portrait physique suivant : " Je le vois encore comme il m'apparut alors sa figure rasée, ses cheveux bruns, taillés courts, ses yeux noirs, largement ouverts, pleins d'énergie, de malice et de douceur. Son costume sombre ; râpé, mais très propre " ". Gabriel P. Weisberg, "Bonvin", Les Maîtres du XIXe siècle, éd. Geoffroy-Dechaume, 1979, p. 24.

Adjugé : 1 400 €
arts + design #2
Dimanche 11 novembre 2018

SOUVENIRS dits d'Oscar KOKOSCHKA (Pöchlarn 1886 - Montreux 1980) :
- DEUX BOÎTES de PASTELS en bois. L'une comporte des dessins, dont un homme à la pipe. Les deux monogrammées "KO" au crayon.
- PALETTE de voyage en métal laqué noir. L'intérieur du couvercle daté 1938 et monogrammé "OK".
- ENCRIER Art Nouveau en étain patiné.
- Divers documents retraçant le parcours de ces instruments de travail et des journaux français et étranger de la fin des années 1930 au début des années 1940.

Lors de son passage à Neauphle-le-Château (Yvelines), Kokoschka est hébergé chez l'architecte Bernard Zehrfuss (1911-1996), grand prix de Rome en 1939 et directeur du service d'architecture et membre de l'Académie des Beaux-Arts. Artiste austro-hongrois élève de Gustave Klimt, l'oeuvre de Kokoshka est rattachée au mouvement expressionniste ou à la Sécession Viennoise. Après un séjour prolongé à Londres, il finit ses jours en Suisse.

Provenance :
- un document daté de 1990 portant le cachet de l'Emmaüs de Trappes précise que Bernard Zehrfuss a fait don à Emmaüs de divers objets dont "un nécessaire de peinture, deux boîtes de fusains de marque étrangère, l'une ayant des croquis au crayon recto verso, la seconde sans motif particulier - une palette métallique de couleur noir avec réservoir, très usagée, un chevalet en triste état (...) provenant de mon ami Oscar Kokoschka".
- Il s'agirait du lot ci-dessus décrit, acquis en 1999 chez les Compagnons de l'Abbé Pierre (facture jointe). Le chevalet, en trop mauvais état fut brulé.

Adjugé : 1 000 €
Bibliothèque du Manoir de La Roche Musset et à divers
Vendredi 09 mars 2018

BIBLE LATINE DE ROBERT ESTIENNE.
Biblia.
Lutetiae, ex officina Roberti Stephani, 1545.

2 volumes in-8. (187 X 123 mm). Volume I : (12 ff), 156 ff. 172 ff. 116 ff. Volume II : 184 ff numérotés 180 [4 ff. entre 148 et 149 ne sont pas numérotés], 128 ff. (12 ff) ; (28 ff)
Collation : Volume I : *8 **4, a-t8, u4 ; aa-xx8, yy4 ; aaa-ooo8, ppp4. Volume II : A-S8, T12, U-Y8, Z4. AA-RR8, SS4 ; TT-YY8, ZZ4.
Plein maroquin du Levant marron à gros grains, deux encadrements de filets aux pointillés, de filets droits et d'e roulettes, dans lesquels s'inscrit un médaillon ovale cerné d'un décor aux petits fers. Dos orné de 5 fers dans les entre-nerfs. Toutes tranches dorées. Reliure du début du XVIIème siècle, peut-être hollandaise. (Les corps d'ouvrage semblent avoir été réinstallés dans leur reliure d'origine : les dos sont encollés, les tranche-fils coupés. Dos, coiffes et coins légèrement frottés. Titre légèrement roussi. 1 cahier décousu ).

Edition rare de la deuxième édition de la Bible latine de Robert Estienne, après l'édition de 1534. Deux versions de la Vulgate sont imprimées en colonnes parallèles : la Vulgate "officielle", et la traduction de l'hébreu par Leo Judas et Theodor Bibliander -qui fut considérée comme une attaque contre les autorités catholiques.
Ex-libris manuscrit Ro. Gray, Hagae Comitis (La Haye] 1679.Ex-libris gravé début XIXème : The Reverend John Watson.
(Renouard, pp 62-63 ;Schreiber n°83)

Adjugé : 800 €
Bibliothèque du docteur Tardif et à divers
Jeudi 08 mars 2018

HUGO, Victor.
Notre-Dame de Paris.
Paris, Eugène Renduel, 1836.
.
In-8, faux-titre, frontispice, titre et 631 pages. 10 planches hors-texte. Plein veau fauve; décor à la cathédrale frappé à froid, avec au centre du premier plat le titre frappé à froid. Toutes tranches dorées. (Petite usure à 2 coins. Rousseurs éparses).

Premier tirage. Le frontispice et les hors-texte (par Finden, Raffet, T. et A. Johannot, etc...) sont tirés sur Chine appliqué. La planche "De l'utilité des fenêtres" ne figure pas dans cet exemplaire. Décrite comme "fort rare" par Carteret, elle existe à très peu d'exemplaires sur Chine appliqué, et a généralement été prise sur la 2ème édition (1836, 3 volumes in-8) où elle est sur blanc.
Précieux exemplaire dans la belle reliure éditeur en veau fauve frappé à froid, attribuée à Boutigny par Carteret,
"Ce livre-keepsake est le modèle du genre, il eut un vif succès et fut souvent très bien habillé à l'époque par Boutigny, avec le motif dit à la cathédrale." (Carteret, III, 300).

Provenance :
Envoi de Victor Hugo à "M. Léon Masson, son ami".
Le tout jeune Léon Masson, âgé de 21 ans, venait de publier en cette même année 1836, dans la Revue du XIXème siècle, deux "fiches de lecture", la première sur les "Critiques et portraits littéraires" de Sainte-Beuve, dont le premier volume (avec l'article sur Hugo) avait été publié en 1832, la seconde sur les "Portraits littéraires" de Gustave Planche, publiés en juillet 1836.

Dans ses articles Léon Masson plaçait Gustave Planche bien au-dessus de Sainte-Beuve, ce qui ne pouvait que plaire à Victor Hugo, dont les relations amicales avec celui-ci s'étaient éteintes dans la douleur depuis 1831, quand l'auteur de Volupté (1834) avait entamé une liaison passionnée avec Adèle Hugo.
Certes, Hugo n'était pas tendre avec Gustave Planche dont il disait :"c'est un chien, un mendiant exécrable" et celui-ci le lui rendait bien, professant une véritable hugophobie... Mais il était sans aucun doute agréable au poète que Léon Masson préférât "le critique crasseux" pour qui il n'éprouvait que mépris, à Sainte-Beuve, dont la trahison lui était insupportable.

Ces articles sont-ils à l'origine de l'amitié durable entre Léon Masson et Hugo? Léon Masson, qui dès 1832 (âgé de 17 ans) avait publié quelques nouvelles et critiques dans le Momus Normand, revue dirigée par Léon d'Aurevilly, frère de Jules Barbey d'Aurevilly, quitta peu à peu le monde littéraire, fut attaché au cabinet de Rémusat, sous-secrétaire d'état, puis préfet, tout en restant dans le cercle des proches de Victor Hugo.

Hugo cite Léon Masson dans sa Correspondance ("Notre excellent ami"..). On connait au moins un autre ouvrage de Hugo qui lui est dédicacé (Ruy Blas, 1838).
Une lettre de Juliette Drouet datée du 16 juillet 1837 (BNF, Mss, Naf 16331) indique que l'épouse de Léon Masson gardait à l'occasion les enfants de Hugo, les "goistapious", confirmant ainsi une intimité durable.

Ex-libris gravé XIXème Gusrave Nadaud. Gustave Nadaud (1820-1893), poète et chansonnier, fut président d'honneur, avec Victor Hugo, du "Caveau Stéphanois".

Adjugé : 5 700 €
TABLEAUX & DESSINS ANCIENS
Dimanche 18 février 2018

École FRANÇAISE du milieu du XIXe
L'atelier de Clésinger, c. 1849.

Toile.

Haut. 50, Larg. 61 cm.

Provenance :
Cette toile inédite, découverte l'an dernier, fut présentée par l'historien de l'art et spécialiste de Courbet Thierry Savatier lors d'une conférence au Musée Gustave Courbet en octobre 2015.

FRENCH SCHOOL of mid 19th century. The workshop of Clésinger. Canvas circa 1849.

Notre tableau représente la gravure de Henri Valentin publiée dans "Le Magasin Pittoresque de 1849" qui servit vraisemblablement de source à Gustave Courbet pour L'Atelier du peintre (1855). La scène dépeint l'atmosphère bohème qui régnait dans l'atelier du sculpteur Jean-Baptiste Auguste Clésinger (1814-1883).

Les personnages sont presque tous identifiés. Au premier plan, Alexandre Dumas joue de la guitare à côté du poète Pierre Dupont. Derrière eux, l'écrivain Maxime du Camp fait face au peintre Ferdinand Boissard. À leur droite, Apollonie Sabatier - la Présidente - regarde un peintre travailler. Celui-ci pourrait être Gustave Ricard ou Charles Jalabert. Au centre, le romancier Alphonse Karr côtoie Gérard de Nerval. Parmi les escrimeurs, on distingue Casimir d'Arpentigny. Puis, de gauche à droite, viennent Champfleury, le violoniste Alphonse Promayet, le poète Max Buchon, peut-être Camille Corot et le peintre Paul Chenavard, tous intimes de Courbet.
Une comparaison entre L'Atelier et notre tableau permet de relever de nombreuses similitudes ; plusieurs personnages figurent en outre dans les deux toiles. Des détails renvoient enfin à des œuvres de Courbet des années 1840 (notamment une reproduction de L'Ecorché de Michel-Ange).

Littérature :
- H. Toussaint, "Catalogue de l'exposition Gustave Courbet", EMN, 1977
- F. Thomas-Maurin, "Catalogue de l'exposition Courbet Clésinger", Musée Gustave Courbet, 2011
- E. Buffetaud, "Catalogue de l'exposition Gérard de Nerval", BHVP, 1996
- M. Tomkins-Lewis, "Courbet, Cézanne and the Studio as Stage", Société Cézanne, 2013

Estimation : 15 000 €
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