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MONNAIE, OR, ARGENTERIE ET ARTS DE LA TABLE
Lundi 15 janvier 2018

ODIOT Charles Nicolas (1789-1868) et Gustave (1823-1913).
SERVICE À THÉ en argent, QUATRE PIÈCES dit "au Chinois". Décor gravé en rongé de plants de pavot et marguerite dans des panneaux, arabesques et frises sinisantes. Il se compose d'une bouilloire sur support de réchaud, d'une thiéière, d'un sucrier et d'un pot-à-lait. Le support de la bouilloire à décor naturaliste de tiges entrelacées, fleurs et boutons floraux. Les pièces monogrammées "FS" au-dessous. Monogramme que l'on retrouve au centre du PLATEAU DE SERVICE de forme rectangulaire qui vient compléter l'ensemble. En argent, portant également la signature d'Odiot, il présente un riche décor de style Régence tel que croisillons, enroulements feuillagés, grenades et feuillages stylisés.
Poinçon Minerve, circa 1860-1870.
Bouilloire et son support : Haut. 41 cm. Plateau : Long. 62, Larg. 45 cm.
Bouilloire et son support : 3 020 g. Théière : 775 g. Sucrier : 505 g. Pot-à-lait : 205 g. Plateau : 3 765 g.
Poids total : 8 270 g. (rayures et petits chocs d'usage, manque le réchaud)

Ce modèle est reproduit dans l'ouvrage de Jean-Marie Pinçon et Olivier Gaube du Gers, "Odiot, l'Orfèvre, 3 siècles d'Histoire, d'Art et de Créations", éditions Sous le Vent, 1990. p. 182.
"La technique du rongé très employée dans le troisième tiers du XIXe siècle fait appel à l'acide pour graver le métal qui présente alors un aspect amati large. Sous le Second Empire, s'inspirant de l'Extrême Orient, l'orfèvrerie adapte les formes chinoises et japonaises."

Charles Nicolas Odiot est le fils du célèbre orfèvre de l'empereur Napoléon Jean Baptiste Claude Odiot (1763-1850). Il travaille avec son fils Jean Baptiste Gustave dit Gustave Odiot qui lui succède.

Provenance : famille Singer.

JOINT : PINCE-À-SUCRE en métal argenté de la maison Christofle, à griffes de lion, style Louis XVI.

Adjugé : 5 600 €
29ème VENTE GARDEN PARTY - II
Lundi 12 juin 2017

René MAGRITTE (Lessines, 1898 - Schaerbeek, 1967),
anciennement présenté comme de
L'Origine du monde.

Toile.
Copie non datée mais antérieure à 1966 de l'Origine du monde par Gustave Courbet (1866).

Haut. 23, Larg. 30 cm.

Provenance : Joseph-Marie Lo Duca (1910-2004), puis collection privée.

Formerly presented as a by René MAGRITTE. "The Origin of the World". Canvas. Before 1966.

Exposition : "Cet Obscur objet de désirs, Autour de L'Origine du monde", musée Gustave Courbet, Ornans, 2014, n°1, reproduit p. 20.

Bibliographie :
- Gérard Zwang, "Le Sexe de la femme", 1967.
- Pierre Cabanne, "Psychologie de l'art érotique", 1971.
- Bradley Smith, "L'Art érotique des maîtres", 1978.
- Art Press, couverture du n°59, mai 1982.

Vidéo :
- Philippe Sollers et Jean-Paul Fargier, "Le Trou de la Vierge", 1982.
- Piero Lorenzoni, "L'Erotisme français, 1984.
- Thierry Savatier, "L'Origine du monde, histoire d'un tableau de Gustave Courbet", 2006-2015.

En 1967, fut publiée la première photographie en couleur de L'Origine du monde, célèbre toile de Gustave Courbet, dans l'essai très illustré du docteur Gérard Zwang, Le Sexe de la femme. Historiens et amateurs pensèrent, jusqu'en 1988 (1), qu'il s'agissait de la photo du tableau original. Or, à cette époque, celui-ci appartenait au psychanalyste Jacques Lacan, puis à ses ayants droit qui n'avaient jamais accepté de l'exposer ni d'en faire circuler des reproductions. En réalité, la photographie de 1967 représentait le tableau de Courbet ici proposé ; elle provenait de Joseph­ Marie Lo Duca, fondateur des Cahiers du cinéma et spécialiste de l'art érotique, qui avait réuni une partie de l'iconographie du Sexe de la femme. Ce dernier l'avait obtenue du photographe américain Bradley Smith (1910-1997), fondateur de l'American Society of Magazine Photographers et historien de l'art érotique, qui lui avait confié que la toile circulait «sous le manteau» depuis plusieurs années. Selon Lo Duca dont le témoignage fut rapporté par Gérard Zwang (2) cette copie de Courbet aurait été réalisée par René Magritte. Elle lui aurait été présentée comme telle par l'artiste-peintre Jane Graverol (1905-1984), membre du groupe surréaliste belge et amie de Magritte depuis la fin des années 1940, lorsqu'ils devinrent proches, en 1967, et qu'il commença à écrire sur son œuvre (3).

S'agissant du présent tableau (et dans l'hypothèse où Magritte en aurait été l'auteur), nous ne pouvons en aucun cas évoquer l'éventualité d'un «faux», en dépit de ce qui fut parfois avancé, qui s'appuyait sur les assertions que Marcel Mariën publia dans son livre de souvenirs Le Radeau de la mémoire (4) concernant des faux que l'artiste aurait réalisés pour des raisons alimentaires pendant la Seconde guerre mondiale. En effet, la facture ne rappelle en rien celle de Courbet, ce qui exclut toute tentative de supercherie. Par ailleurs, sa taille est nettement inférieure à celles de l'original.Il s'agit donc d'une copie, d'un exercice de style que l'on peut rapprocher de l'un des fragments de L'Evidence éternelle, notamment dans sa version de 1948, dont les dimensions se révèlent assez proches.

Les importantes variantes chromatiques suggèrent que cette toile fut peinte, non devant celle de Courbet qui fut conservée à Budapest dans la collection du baron Ferenc Hatvany de 1913 à 1947, mais à partir d'une reproduction en noir et blanc. La première fut publiée au début des années 1930 dans l'ouvrage d'Eduard Fuchs Die Grossen Meister der Erotik . D'autres photographies, provenant du baron Hatvany, figuraient dans les archives des spécialistes du maître-peintre d'Ornans Charles Léger et Robert Fernier, ainsi que dans celles des écrivains Paul Auriant et Paul Léautaud.

Lo Duca fit l'acquisition de l'œuvre entre 1968 et 1974 (année où sa fille étant enfant témoigne l'avoir vue), probablement auprès de Jane Graverol à laquelle il acheta également quelques tableaux personnels - ce que pourrait suggérer une inscription portée sur une étiquette collée au dos de la toile. Il s'en sépara au début des années 2000. L'œuvre était conservée dans le bureau du collectionneur qui était grand fumeur, ce qui explique la mince couche de nicotine qui dut se déposer sur sa surface.

Thierry SAVATIER
Historien de l'art, chercheur-auteur, spécialiste de l'Origine du monde.

(1) Date de la première apparition publique de la toile de Courbet, dans le cadre de l'exposition Courbet reconsidered, au musée de Brooklyn, alors qu'elle était la propriété de Sylvia Bataille, veuve de Jacques Lacan.
(2) Gérard Zwang, Eloge du con, La Musardine, 2013 (p. 75 de l'édition numérique).
(3) Voir notamment Lo Duca, «Jane Graverol, l'onirisme belge» in revue Plexus n°10, 1967 et la préface qu'il rédigea pour l'exposition de l'artiste «40 ans de peinture» à la galerie lsy Brachot (1968).
(4) Marcel Mariën, Le Radeau de la mémoire, E

Adjugé : 8 000 €
29ème VENTE GARDEN PARTY - I
Dimanche 11 juin 2017

LA COLLECTION DU COMTE DE REISET (1821, Mont-Saint-Aignan - 1905, Marcilly-sur-Eure)

Diplomate dès l'âge de 20 ans, ambassadeur extraordinaire, ministre plénipotentiaire, Gustave de Reiset fut un homme politique accompli et reconnu (1). Sa passion de l'histoire de France, sa plume circonstanciée, son sens de la conservation du patrimoine et son œil averti pour les beaux objets, firent de lui un homme des Arts tout aussi exemplaire et salué par ses pairs.

Natif de Normandie, c'est dans l'Eure, à Marcilly, que ce conseiller des grands dirigeants européens décide d'installer ses quartiers qu'il retrouve entre deux missions à l'étranger. Ainsi, il rachète en 1842 l'ancienne abbaye cistercienne de Breuil-Benoît alors dans un état de délabrement avancé. Dès 1857, il la restaure selon l'esprit de " l'archéologie médiévale " que l'on reconnaît aux hommes de lettres de la seconde moitié du XIXe siècle (2). Avant de rendre l'église au culte et d'y instaurer un pèlerinage annuel voué à saint Eutrope dont il possédait les reliques, il fait reconstruire la nef en la fermant d'un mur formant un chevet droit à la hauteur des transepts. Face à l'impossibilité de rebâtir également le chœur, il préserve cette partie dans un état de ruine, en accord avec la mode romantique. Il agrémente ce lieu de sculptures médiévales, la plupart fragmentaires, selon une scénographie réfléchie.

Dès les années 1860 des coupures de presse et des rapports d'expositions locales rapportent la présence d'œuvres de toute typologies, périodes et matériaux, prêtées généreusement pour ces occasions par le comte : "C'est dans cette partie de la salle que se trouvent rassemblés les joyaux détachés du riche musée que M. le comte de Reiset a formé dans l'ancienne abbaye du Breuil-Benoît, à quelques lieues d'Évreux : triptyques, ivoires, émaux de grands prix, tableaux de vieux maîtres, manuscrits splendides". Est-ce influencé par son frère aîné, Frédéric de Reiset (1815-1891), le célèbre collectionneur et historien d'art nommé conservateur des dessins et chalcographie du musée du Louvre en 1850, puis directeur général des musées nationaux en 1874, que Gustave se met à collecter frénétiquement des œuvres (3) ?

Ce grand admirateur de Marie-Antoinette (4) rassemble rapidement suffisamment d'archives et d'objets précieux pour même aménager " un musée local " ouvert au public, présentant sur les murs et dans des vitrines spécialement aménagées une grande variété d'œuvres. Les critiques indiquent que "ses archives sont un trésor aussi précieux que les admirables collections qui font de son château du Breuil une résidence incomparable". À son décès en 1905, puis celui de son épouse dans les années 1920, une partie de la collection est dispersée en ventes publiques, tandis qu'une autre reste immuablement conservée dans les lieux par ses descendants jusqu'à un changement de propriété dans les années 1990.

Les œuvres présentées dans cette vente sont les rares témoins encore visibles de l'entreprise personnelle d'un haut personnage engagé dans les instances, tant politiques qu'artistiques les plus importantes de la seconde moitié du XIXe. Ces pièces de la collection du "musée de Breuil-Benoît" appartiennent également à une étape exceptionnelle de l'histoire d'un haut lieu du patrimoine normand.

Littérature en rapport :
- Annuaire des cinq départements de la Normandie, Association normande, 1865, p.532
- Marquis de Fayolle, "Le Breuil Benoit et les collections du comte de Reiset, ancien ministre plénipotentiaire", in Extraits des comptes rendus du congrès tenu à Evreux en 1889 par la société française d'archéologie, Bulletin monumental, 1890.
- Abbé J. Fossey, "L'abbaye de Breuil-Benoît", in La Normandie monumentale et pittoresque, vol. 3 : Eure, Le Havre, Lemâle éd., 1896, héliogravure, coll. Pôle image Haute Normandie de Rouen, pp. 99-102,
- Paul Robert, "Église du Breuil-Benoît - Ruine du chœur", in La Normandie monumentale et pittoresque, vol. 3 : Eure, Le Havre, Lemâle éd., 1896, héliogravure, coll. Pôle image Haute Normandie de Rouen, pl. n°19
- Visite à l'abbaye de Breuil-Benoît au diocèse d'Évreux, Marcilly sur Eure, 30 mai 1898, École libre Saint-François de Sales, Évreux
- Henry Lehr, Excursion au Breuil -Benoist, 27 octobre 1897, Société archéologique d'Eure-et-Loir Chartres, 1898
- M le vicomte de Reiset, Notice sur M. le Comte de Reiset, Société libre d'agriculture, sciences , arts et belles-lettres, de l'Eure, Évreux, 1906,
- Collection de feu le Comte de Reiset, Objets d'art et d'ameublement principalement du XVIIIe siècle. Tapisseries, tableaux anciens, aquarelles, dessins, gouaches, pastels, Vente à Paris, Hôtel Drouot, les 30 janvier et 1er février 1922, Lair-Dubreuil, 1922.

(1) Sa carrière diplomatique est racontée dans son ouvrage en 3 volumes : Mes Souvenirs, Paris, Plon, 1901-1903
(2) Cette méthode de restauration ne correspond plus aux politiques et usages actuels
(3) voir la notice de Laure Starcky sur https://www.inha.fr/ressources/publications/publications-numeriques/dictionnaire-critique-des-historiens-de-l-art/reiset-frederic.html
(4) Il publie un ouvrage sur la reine illustré en grande partie avec l'aide de sa collection : Modes et usages au temps de Marie-Antoinette. Le journal de Madame Eloffe, marchande de modes, couturière lingère ordinaire de la reine et des dames de sa cour, Paris, Firmin-Didot, 1885.

29ème VENTE GARDEN PARTY - I
Dimanche 11 juin 2017

ÉRARD FRÈRES. PIANO-FORTE, 1788.
5 octaves Fa à Fa en acajou blond et filet de sycomore. Il repose sur quatre pieds cannelés, et offre deux pupitres dépliants. Deux pédales. Clavier complet, frontons à marches. Cheville sans trou de style clavecin et mécanique à poussoir.

Inscriptions sur la planche d'adresse : "Érard Frères à Paris 1788 - rue du Mail n°37" ; sur la table d'harmonie : "Érard Frères à Paris 1788" à l'encre et présence de deux marques sous la caisse "LR 13", les lettres "AG".

Haut. 21, Long. 148, Prof. 55 cm.
Haut. des pieds 56 cm.
Haut totale 77 cm.
(piano vendu en l'état, avec ses accidents, manques et restauration, la mécanique n'ayant pas été revue depuis la seconde moitié du XIXe siècle).

Provenance :
- suivant la tradition familiale, ce piano aurait été l'un de ceux de la Reine Marie-Antoinette à Versailles.
- collection Gustave comte de Reiset (1821-1905), château du Breuil-Benoit, Eure-et-Loir.
- par descendance, Touraine.

Exposition : Château de Versailles, "Marie-Antoinette, Archiduchesse, Dauphine et Reine", 1955, hors catalogue.

Bibliographie : Marquis de Fayolles, Congrès archéologique de France les collections du château du Breuil-Benoit, 1890.

A mahogany PIANO-FORTE by ÉRARD FRÈRES, 1788. After the family tradition, it was owned by the queen Marie-Antoinette in Versailles.

"Tandis que nous examinons les tableaux et les gravures qui tapissent les murs, M. le comte de Reiset conduit l'une des dames, qui avaient bien voulu se joindre aux excursionnistes du Congrès, devant un charmant clavecin, précieux souvenir de l'infortunée Marie-Antoinette, et pendant quelques instants, accompagnant sa belle voix sur ces touches jaunies, Mme la générale W. de F. nous tient sous le charme des simples mélodies que la reine affectionnait."

Nos remerciements vont au collectionneur Jean Jude et au restaurateur Alain Moysan qui y voit l'un des plus anciens piano Érard conservé avec notament ceux des musées de Melun (1785), de Bourges (1788) et de La Vilette (1789).

LE 13e PIANO-FORTE DE MARIE-ANTOINETTE ?

Daté de 1788, ce piano-forte à été livré par les frères Érard. Il est réputé avoir appartenu à la Reine Marie-Antoinette. C'est ainsi qu'il a été exposé lors de l'exposition "Marie-Antoinette, Archiduchesse, Dauphine et Reine" au château de Versailles en 1955. Cependant, l'absence de numéro de série ne permet pas d'en retrouver la trace dans les registres d'Erard. De même, les mystérieuses marques au fer LR13 et AG sous la caisse laissent perplexes les meilleurs connaisseurs. S'agit-il d'une marque tronquée des fêtes et cérémonies (MLR) ou du treizième piano de la Reine ?

L'analyse approfondie des comptes des maisons royales, comme des inventaires des principaux palais montrent qu'une centaine d'instruments de musique étaient conservés à Versailles en 1788, dont 17 piano-fortes. Cet instrument popularisé par Érard à partir de 1777 présente l'avantage d'être facilement transportable et de pouvoir jouer doux ou fort, tirant ainsi son nom : piano-forte. Son coût de 600 à 800 livres auprès du fabricant Sébastien Érard et sa grande mobilité expliquent peut-être qu'aucun exemplaire ne soit formellement identifié dans les inventaires, ni même directement livré à Versailles. Ainsi, alors qu'en cette même année 1788 le maître de piano de la Reine, Johann David Hermann, achète lui-même un piano directement à Erard, 5.000 livres de gages sont versées par la maison de la Reine à cinq musiciens dont 2.000 livres pour deux instruments....assurant un bénéfice confortable aux musiciens sur le prix de revente de leur instrument à la Couronne.

Rien n'interdit de penser que ce piano-forte est l'un de ceux de la Reine. Princesse mélomane, Marie-Antoinette place en effet la musique au cœur de la vie de Cour, depuis la messe matinale jusqu'aux fêtes et bals nocturnes, sans oublier les concerts intimes auxquels le Roi assiste parfois. Elle raconte dans ses correspondances qu'elle organise "un concert tous les lundis qui est charmant […] J'y chante avec une société de dames". Si la harpe est son instrument favori, la Reine s'intéresse de près au piano-forte. Aux compositions d'Hermann se succèdent en 1782 celles que le Chevalier Saint-Georges ou Gasseau composent pour elle. La collection Cobbe en Angleterre conserve d'ailleurs un luxueux exemplaire qui aurait été lui aussi livré à la Reine.

Adjugé : 10 000 €
29ème VENTE GARDEN PARTY - I
Dimanche 11 juin 2017

Auguste RODIN (Paris, 1840 - Meudon, 1917)
Minotaure, version aux cornes courtes, vers 1885.

Plâtre patiné, vers 1886.
Signé et dédicacé (sur la base à droite) : "A Ben(jamin) Constant / Rodin".

Haut. 33,3, Larg. 21,8, Prof. 28,6 cm.
(restauration et restitution de la queue).

Provenance :
- Jean-Joseph Constant, dit Benjamin Constant, Paris (acquis de l'artiste)
- Collection Welles Bostworth, Vaucresson, Hauts-de-Seine (vers 1925-1930)
- Par descendance, collection particulière, Espagne.

Cette œuvre fait l'objet d'un avis d'inclusion dans les archives du Comité Rodin en vue de la publication du Catalogue Critique de l'œuvre sculpté d'Auguste Rodin en préparation à la galerie Brame & Lorenceau sous la direction de Jérôme Le Blay sous le numéro 2011-3421B.

Littérature en rapport :
Antoinette Le Normand Romain, Rodin et le bronze, catalogue des œuvres conservées au musée Rodin, Éditions de la Réunion des musées nationaux / Musée Rodin, 2007, t. 2, pp. 523-525.

Exposition :
Rodin en Touraine, Azay-le-Rideau, château de l'Islette, 1er juillet - 31 août 2013.


Auguste RODIN. Faun and Nymph, circa 1886. Patinated plaster signed and dedicated : "A Ben(jamin)
Constant / Rodin".

Une lettre conservée dans les archives du musée Rodin permet de préciser la date de réalisation de ce plâtre. Datée du 18 août 1886, elle est signée du peintre orientaliste Jean-Joseph Benjamin Constant (1845-1902), et adressée au Maître. Elle témoigne d’une relation cordiale entre les deux hommes, et surtout du don que Rodin a prodigué au peintre. Il y exprime ses remerciements et son enthousiasme pour cet «étonnant petit groupe. Quelle hardiesse d’arrangement, quelle envieuse trouvaille !».

Cette œuvre met en scène un satyre et une nymphe, groupe mythologique omniprésent dans la sculpture française de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, que Rodin connaît remarquablement bien. Afin de proposer sa vision de ce sujet, Rodin, comme les artistes des générations antérieures, puise dans les ouvrages d’Ovide, et en particulier dans les Métamorphoses. En 1899, le groupe se voit attribuer pour la première fois l’appellation de Minotaure, alors que sa figure ne ressemble pas au monstre crétois affublé d’une tête de taureau. Pourtant, son groupe évoque la violence et la sensualité attachées à cette figure effrayante de la mythologie, et c’est bien l’appellation qui va prédominer par la suite pour cette œuvre de Rodin.

La violence habite la lutte entre le satyre qui retient fermement la nymphe, celle-ci tente de se soustraire à son emprise laissant libre cours à son effroi et à sa colère. Quant à la sensualité, si elle provient du modelé des personnages, elle est à l’origine du succès de l’œuvre, l’une des créations de Rodin les plus appréciées de ses contemporains.

Le Minotaure suscite de nombreux commentaires des critiques : il est décrit par Jules Renard à la date du 8 mars 1891 dans son Journal ; par Gustave Geffroy en 1918 dans la préface du catalogue de l’exposition Monet-Rodin, où pourtant il ne figure pas. Ou encore dans un article sur Rodin écrit par Thaddée Natanson et publié en 1946 : il y présente ce «Faune, terrible, arc-bouté, saisissant une nymphe dont l’on a toujours vu le plâtre se patiner de poussière chez les meilleurs amis de Rodin. C’était, plutôt qu’un objet offert aux amateurs, comme une sorte de confidence à des intimes».
Selon Antoinette Lenormand-Romain, parmi la demi-douzaine de plâtres dédicacés connus de ce modèle, « le plus prestigieux est sans doute celui qui se trouve aujourd’hui à Philadelphie : ce serait la «première» épreuve selon Lawton (1906), et elle fut donnée par Rodin à Edmond de Goncourt vers 1885-1886 sans doute, puis rachetée par Robert de Montesquiou…».

Tout aussi prestigieuse est l’origine du plâtre présenté ici : après avoir quitté son premier collectionneur, il est acquis au milieu des années 1920 à Paris par William Welles Bosworth, aïeul de l’actuel propriétaire. William Welles Bosworth, architecte des Rockfeller, a conseillé le couple dans de nombreuses acquisitions d’œuvres d’art, et les a guidé dans la construction du Cloister Museum de New York. Installé dès son acquisition dans la propriété nommée «Marietta», située à Saint-Cloud du côté de Garches, Le Minotaure y est resté jusque dans les années 1970.

Remarques techniques :
Étant donné le réseau de coutures lisibles à sa surface, ce plâtre a été réalisé à partir d’un moule à bon creux.
La queue a été restituée, c’est-à-dire refaite complètement avec pour modèle un autre exemplaire de l’œuvre.
Enfin, cette épreuve en plâtre a été gomme laquée et moulée.
Pour les possibilités d’édition de ce plâtre, voir les recommandations données par le Comité Rodin dans l’avis d’inclusion au catalogue raisonné qui accompagne l’œuvre.

RODIN et CLAUDEL en TOURAINE

Rodin réalise cette sculpture en 1886, trois ans après sa rencontre avec Camille Claudel, devenue rapidement collaboratrice, muse et maîtresse de l'artiste. Sur un rocher, le minotaure, reconnaissable à ses cornes et ses sabots, enserre dans ses bras une jeune femme nue. Le corps crispé et le visage froissé de cette dernière expriment parfaitement la répugnance qu'elle éprouve face à l'emprise que le monstre exerce sur elle. La posture des deux personnages révèle ainsi une tension érotique certaine tout en faisant allusion au mythe du Minotaure, prisonnier du labyrinthe de Dédale, qui se voit offrir, tous les neuf ans, quatorze adolescents en sacrifice (épisode mythologique rapporté par Ovide dans ses Métamorphoses).

La carrure de la bête ainsi que la puissance du modelé de son dos rapprochent le sculpteur français de l'italien Michel-Ange et de ses ignudi que le maître a peint sur les murs de la Chapelle Sixtine. Avant de mourir, Auguste Rodin laisse à ses élèves, et ceux qui lui succèdent, un Testament dans lequel il déclare : "inclinez-vous devant Phidias et devant Michel-Ange". Pour l'artiste, l'antique n'est pas seulement une source d'inspiration mais un chemin que tout artiste se doit d'emprunter afin de réussir à saisir le vrai de la nature. Rodin se confronte à l'Antiquité tout au long de sa carrière en parcourant les galeries du Louvre, carnet en main, pour y copier les œuvres des anciens, ou en collectionnant des antiques dans sa Villa des Brillants.

"A BEN CONSTANT / RODIN". Cette inscription qui figure sur la terrasse témoigne du don par Rodin de cette œuvre à son ami, le graveur et peintre français Benjamin Constant (1845-1902). Ce présent répond vraisemblablement à la critique de Constant qui paraît dans Le Figaro, concernant l'une des œuvres les plus fameuses de Rodin, réalisée en 1882 et exposée au Salon en 1887 : " Le Baiser ! Quelle merveilleuse œuvre d'art ! Jamais un marbre n'avait renfermé une si grande source de vie. Jamais le baiser de deux personnes n'avait été aussi beau, d'une si grande caresse sculpturale. C'est l'expression secrète du cœur de l'artiste. Un véritable chef- d'œuvre ! ".

La violence de l'enlacement que Rodin choisit de montrer avec ce groupe peut s'appréhender comme la représentation métaphorique de sa relation passionnelle avec Camille Claudel.

Cette œuvre a été étudiée avec Emeline Bagnarosa, Harmonie Dufraisse, Claire Moura et Cyndie Riou-Tuillier étudiantes en 2013 du Master d'Histoire de l'Art de l'Université François Rabelais de Tours.

Estimation : 80 000 € ~ 120 000 €
BIBLIOTHÈQUES et BANDES DESSINÉES
Lundi 03 avril 2017

HISTOIRE.
12 volumes XVIII et XIXème, à savoir :
-Mirabeau : Lettres originales écrites du Donjon de Vincennes pendant les années 1777, 78, 79 et 80. Paris, 1792. 4 volumes in-8, 1/2 basane du temps. (Le faux-titre et le titre des tome I et II manquent.)
- La Rochejaquelein. Mémoires écrits par elle-même. Bordeaux, 1815. In-8, 1/2 basane maroquinée verte du temps (Coiffe supérieure arrachée). Bien complet de la grande carte et de l'itinéraire de l'armée des Vendéens.
-Duclos : Mémoires secrets sur les règnes de Louis XIV et Louis XV. Lausanne, 1791. 2 vol. in-12, veau du temps. (Epidermures et coiffes du tome II arrachées).
- Pitre-Chevalier. La Bretagne ancienne. La Bretagne moderne.Paris, Didier, 1859.1860. 2 vol. gd in-8, 1/2 chagrin du temps. Nombreuses illustrations in et hors-texte, en noir et en couleurs. (Quelques rousseurs. Coins frottés).
-Perrot, Achin et Tardieu : Atlas géographique, statistique et progressif de la France et de ses colonies. Paris, au Dépôt. Vers 1830. In-folio oblong, 102 cartes avec rehauts de gouache. 1/2 veau rouge du temps. (Reliure frottée).
-Album pittoresque. Paris, Magasin Illustré (Vers 1860). In-folio, percaline éditeur. (Corps d'ouvrage déboîté).
- Manuel : Histoire aussi intéressante qu'invraisemblable de l'intrépide Capitaine Castagnette. Illustré de 43 vignettes sur bois par Gustave Doré. Paris, Hachette, 1862.
Petit in-folio, percaline bleue illustrée de l'éditeurs. (Mors décolorés ; rousseurs éparses.)

Adjugé : 160 €
Autographes - Documents historiques
Lundi 03 avril 2017

[Photographies de famille - Souvenirs] Lot de + de 300 photographies, seconde moitié du XIXe - début XXe siècles.
Réunion de tirages photographiques ayant appartenu à la famille de Castellane, divers formats et diverses époques. Une grande partie à identifier. En l'état.
Chapelle de Rochecotte - château d'Aubijoux - Maison de Famille des Talleyrand à Périgueux - Château de Valençay sous la neige - Jardin du château du Lude - Calèches dans le parc de Chenonceau - environ une vingtaine de clichés représentant des tableaux et œuvres d'art conservés au château de Villandry - 11 tirages format carte de visite de portraits de la famille impériale et personnages du Second Empire - " Figaro Album " (album en mauvais état, dérelié) regroupant environ 100 portraits photographiques, format carte de visite, représentant diverses personnalités de la Troisième République : Mac-Mahon, Général Uhrich, Gambetta, Génaral Trochu, Monseigneur Dupanloup, Arago, Emile de Girardin, George Sand, Alexandre Dumas, Dennery, Victorien Sardou, Gaboriau, Thiers, Rosa Bonheur, Gustave Courbet, Gustave Doré, Charles Garnier, André Gill, Listz, Gounod, Michelet, Princesse Metternich, Comtesse Pourtales, Ferdinand de Lesseps, Baron Haussmann, La Patti, Sarah Bernhardt, Marie-Laurent, Frédéric Lemaitre, Got, Delaunay, Faure, etc. Vers 1875. - petit album (en l'état) contenant 22 portraits photographiques, format carte de visite, 1860-1880. A identifier. - petit album de 12 clichés photographiques d'une cérémonie de mariage d'un officier Saint-Cyrien, années 1920-1930. - Album de 96 clichés photographiques de paysages et monuments pris par Emilio Terry lors de son voyage en Italie et en Suisse, vers 1900. - Env. 65 clichés photographiques de monuments et de paysages : Paris, Touraine, montagnes, etc. - Env. 70 tirages photographiques, 1880-1900, contrecollés sur carton, en mauvais état (pliures, déchirures), représentant des personnages (Pauline de Castellane, duchesse de Luynes, duc d'Ayen, comte de Puységur, roi de Naples, Abbé Seignan, duchesse de Bisaccia, etc) ainsi que des vues de monuments et de paysages en France et en Suisse. - etc.

Adjugé : 600 €
Autographes - Documents historiques
Lundi 03 avril 2017

[Famille GRAVIER et JOURDAN - Politique -- Républicain] Lot de + de 130 pièces, XIXe siècle
Réunion de + de 130 L.A.S., L.A., L.S. et divers : correspondances actives et passives, faire-parts, factures, et divers ayant appartenu à Louise Victoire VALLET de Villeneuve (décédée en 1903 à Paris), épouse en premières noces d'Antoine Jean Baptiste GRAVIER (1784-1850), banquier et député sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, et en secondes noces de Gustave JOURDAN (1820-1866), avocat et " activiste " républicain : 2 L.A.S. François GUIZOT (1787-1874), ministre des affaires étrangères - L.A.S. Jean LACAVE-LAPLAGNE (1795-1849) ministre des finances - " Note des tableaux de M. Gravier " dont " La Sainte Famille au repos, sur panneau ayant appartenu à la galerie Cambiaso à Gênes, porte la signature de Titien " - intéressante L.A.S. d'un italien piémontais relative à l'insurrection de Milan et à la guerre d'indépendance du Piémont en 1848, 4 pages in-4 - 2 L.A.S. sur la situation en 1848 à Gréoux (Basses Alpes) - 2 longues L.A.S. écrites de Marseille en juin 1848 relatant les événements insurrectionnels - Env. 40 L.A.S. et L.A. de Gustave JOURDAN adressées à son épouse durant son emprisonnement à la maison centrale de Gaillon (Eure) entre 1856 et 1858 [Condamné au bagne en 1850 suite à sa participation d'une insurrection en 1850 dans les Basses Alpes, il s'exile en Italie. Amnistié et de retour à Paris en 1856, il est à nouveau arrêté et emprisonné, accusé d'être l'auteur d'un manifeste contre le gouvernement] " Gaillon 9 novembre 1857 (…) Je suis condamné à quatre ans de prison, à une peine purement correctionnelle, je n'ai pas encouru même la privation de mes droits civiques, on m'envoie dans une maison centrale. Les maisons centrales remplacent aujourd'hui les bagnes. Elles sont pleines d'hommes condamnés aux travaux forcés à temps et à perpétuité. Si ce n'est pas monstrueux !... " ; " 27 février 1858 (…) Non tu ne peux pas te faire une idée de la vie que je mène ; j'aimerais mieux être en Corse, en Afrique, à Cayenne, à la Nouvelle-Calédonie, à Madagascar. Au moins on meurt ! Je ne souhaite à personne, même à ceux que j'exècre, la vie que l'on me fait mener ici… " - 2 L.A.S. de Reine GARDE (1810-1887), romancière et poète - 2 L.A.S. Auguste VALLET de Viriville (1815-1868), son frère, historien et archéologue - etc.

Adjugé : 200 €
Autographes - Documents historiques
Lundi 03 avril 2017

Musiciens, compositeurs, professeurs et interprètes, 1899-1925, env. 80 pièces
G. ALLIX (L.A.S.) - Paul BAZELAIRE, violoncelliste (carte de visite) - Joseph BONNET, organiste (2 L.A.S.) - Adolphe BORCHARD, pianiste (L.A.S.) - Charles BORDES (L.A.S.) - Théodore BOTREL (P.S.), compositeur - Louis Albert BOURGAULT-DUCOUDRAY, chef d'orchestre (4 L.A.S.) - Gustave BRET, organiste (2 L.A.S. et P.A.S.) - Alfred BRUNEAU, violoncelliste (P.A.S.) - Lucien CAPET, violoniste (L.A.S) - André CAPLET, chef d'orchestre (L.A.S) - Alfredo CASELLA, chef d'orchestre et pianiste (L.A.S.) - Édouard COLONNE, chef d'orchestre (L.A.S.) - Emmanuel CHABRIER (P.A.S.) - Camille CHEVILLARD, chef d'orchestre (L.A.S. et P.A.S.) - Henri de CURZON, musicologue (L.A.S.) - E. Clément DELAET (2 L.S. et P.A.S.) - Paul DELMET (L.A.S.) - Émile DESPORTES (Photo avec dédicace signée et datée), compositeur - Théodore DUBOIS, organiste (2 L.A.S., P.A.S. et carte de visite) - Paul DUKAS (L.A.S.) - Jacques DURAND éditeur (L.A.S.) - Alfred FRANÇAIX (L.A.S.) - Philippe GAUBERT, chef d'orchestre et flûtiste (L.A.S.) - André GÉDALGE (P.A.S.) - Alexandre GEORGES (Partition autographe signée), organiste et compositeur - Alexandre GUILMANT, organiste (L.A.S. et P.A.S.) - Reynaldo HAHN (2 P.S.) - Vincent d'INDY (L.A.S. et 2 cartes de visite) - Paul LADMIRAULT (L.A.S.) - Albert LAVIGNAC (carte de visite) - LAZARE-LÉVY, organiste (2 L.A.S.) - Pierre LEROI, violoniste (L.A.S.) - Marguerite LONG, pianiste (carte de visite) - Georges MIGOT (L.A.S.) - Joachim NIN, pianiste (carte de visite) - Gabriel PIERNÉ, chef d'orchestre et organiste (2 L.A.S. et P.A.S.) - Francis PLANTÉ, pianiste (P.A.S.) - Amédée REUCHSEL, organiste (L.A.S.) - Aimée Marie ROGER-MICLOS, pianiste (L.A.S.) - Germaine TAILLEFERRE (L.A.S.) - Jacques THIBAULD, violoniste (L.A.S.) - Louis VIERNE, organiste (L.S.) - Ricardo VINES, pianiste (L.A.S.) - Alexander VOORMOLEN (P.A.S. avec partition), compositeur - Charles Marie WIDOR (L.A.S.) - etc

Joint : Cartes de visite avec envois du général TROCHU, maréchal JOFFRE, la Maréchale LIAUTEY, Paul FORT - L.A.S. Louis Jules TROCHU général - P.A.S. Marc SANGNIER (discours)

Adjugé : 500 €
TABLEAUX ET DESSINS ANCIENS
Lundi 20 février 2017

École FRANÇAISE du milieu du XIXe
L'atelier de Clésinger, c. 1849.

Toile.

Haut. 50, Larg. 61 cm.

Provenance :
Cette toile inédite, découverte l'an dernier, fut présentée par l'historien de l'art et spécialiste de Courbet Thierry Savatier lors d'une conférence au Musée Gustave Courbet en octobre 2015.

FRENCH SCHOOL of mid 19th century. The workshop of Clésinger. Canvas circa 1849.

Notre tableau représente la gravure de Henri Valentin publiée dans "Le Magasin Pittoresque de 1849" qui servit vraisemblablement de source à Gustave Courbet pour L'Atelier du peintre (1855). La scène dépeint l'atmosphère bohème qui régnait dans l'atelier du sculpteur Jean-Baptiste Auguste Clésinger (1814-1883).

Les personnages sont presque tous identifiés. Au premier plan, Alexandre Dumas joue de la guitare à côté du poète Pierre Dupont. Derrière eux, l'écrivain Maxime du Camp fait face au peintre Ferdinand Boissard. À leur droite, Apollonie Sabatier - la Présidente - regarde un peintre travailler. Celui-ci pourrait être Gustave Ricard ou Charles Jalabert. Au centre, le romancier Alphonse Karr côtoie Gérard de Nerval. Parmi les escrimeurs, on distingue Casimir d'Arpentigny. Puis, de gauche à droite, viennent Champfleury, le violoniste Alphonse Promayet, le poète Max Buchon, peut-être Camille Corot et le peintre Paul Chenavard, tous intimes de Courbet.
Une comparaison entre L'Atelier et notre tableau permet de relever de nombreuses similitudes ; plusieurs personnages figurent en outre dans les deux toiles. Des détails renvoient enfin à des œuvres de Courbet des années 1840 (notamment une reproduction de L'Ecorché de Michel-Ange).

Littérature :
- H. Toussaint, "Catalogue de l'exposition Gustave Courbet", EMN, 1977
- F. Thomas-Maurin, "Catalogue de l'exposition Courbet Clésinger", Musée Gustave Courbet, 2011
- E. Buffetaud, "Catalogue de l'exposition Gérard de Nerval", BHVP, 1996
- M. Tomkins-Lewis, "Courbet, Cézanne and the Studio as Stage", Société Cézanne, 2013

Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
BEL AMEUBLEMENT - FONDS DE PROPRIÉTÉ
Dimanche 29 janvier 2017

Importante PENDULE DE CHEMINÉE AUX SPHINGES en bronze de deux tons, mat et brillant. La partie centrale en balustre à anses accueille le cadran à cartouches émaillés indiquant les heures en chiffres romains. Elle est ornée à l'amortissement d'un masque d'Apollon agrémenté de palmes et de guirlandes de laurier. En partie inférieure, elle est flanquée de deux sphinges accroupies, costumées et couronnées d'une palmette. Un ombilic à fleuron encadré de guirlandes de fleurs en partie centrale. Terrasse quadripode de forme oblongue à décrochement central recevant un décor de frises feuillagées et tabliers à palmette. Poinçonnée "ER" à plusieurs reprises.

Style Louis XIV, Second Empire.

Haut. 70, Larg. 55,5, Prof. 29 cm. (aiguille des heures cassée, manque au balancier).

Provenance : collection particulière, La Roche-Guyon.

Le sphinx et son pendant féminin, la sphinge, sont des créatures fantastiques présentes dans nombre de civilisations antiques. En Égypte, il symbolise l'union entre le soleil et pharaon. Dans la mythologie Grecque, c'est une créature terrifiante qu'affronte Œdipe. À Rome, ce monstre n'est plus qu'un ornement. Ornement qui se répand en Occident durant la Renaissance, l'époque baroque, la période néoclassique et en particulier de la fin du XVIIIe siècle à la chute de l'Empire. En ce temps, la mode est en effet à "l'égyptomanie". En témoigne la pendule aux sphinges livrée en 1781 par Lepaute au comte d'Artois. Les très archéologiques styles Consulat et Empire en sont le point d'orgue. Avec le romantisme ressurgissent les vieux mythes païens. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le sphinx n'est plus qu'un élément décoratif. Artistes et ornemanistes s'attèlent à lui redonner sa substance ésotérique, son pouvoir hypnotique. Il ne sera plus sagement couché, tel un chat docile, mais inspirera à nouveau angoisse et fascination. Citons les deux sculptures allégoriques de Ferdinand Faivre (1860-1937), figurant chacune une sphinge couronnée par un putto : "l'Énigme" et "le Destin". Les titres sont éloquents. Gustave Moreau (1826-1898) est probablement l'artiste le plus représentatif de cette vogue. Son œuvre "Le Sphinx victorieux" (1886, collection privée) est peut-être l'illustration la plus parfaite de notre propos.
Lot revendu sur folle enchère suite à la défaillance de M. David TA lors de la vente du 12 juin 2016.

Adjugé : 7 000 €
BEL AMEUBLEMENT - FONDS DE PROPRIÉTÉ
Dimanche 29 janvier 2017

Gabriel VIARDOT (Paris, 1830-1906). TABLE DE BIBLIOTHÈQUE en bois exotique sculpté et gravé. Le plateau de forme rectangulaire est recouvert d'une peinture japonaise à décor de pagode et d'oiseaux branchés sur un fond doré à la feuille. Il s'ouvre en partie latérale par deux tirettes ornées de façon similaire et deux tiroirs. Ceinture gravée de filets à la grecque et centrée de fleurs et bambous. Deux pieds patins ajourés d'enroulements japonisants sont réunis par une entretoise ornée d'un spectaculaire dragon sculpté en ronde bosse.
Signée Viardot.

Fin XIXe, vers 1870-1880.

Haut. 73,5, Larg. 120, Larg. avec tirettes déployées 224, Prof. 71 cm.
(petits manques à la peinture).

Provenance : collection particulière, La Roche-Guyon.
Un modèle similaire a été vendu à Paris (Vente Sotheby's, 9 avril 2008, n° 263).

Gabriel-Frédéric Viardot (1830-1906) et son frère Louis-Gustave, ébénistes et sculpteurs sur bois, ouvrent en 1835 rue Rambuteau à Paris un magasin de meubles d'art et de fantaisie sous l'enseigne "Viardot Frères et Cie". Ils exposent notamment à l'Exposition Universelle de 1855. L'année 1860 marque une césure : Gabriel-Frédéric crée son propre atelier au 5, rue du Grand-Chantier sous le nom "G. Viardot", tout en prenant la direction de la maison familiale sise rue Rambuteau jusqu'en 1872. Il travaille alors successivement au 15, rue de Chaume, au 3, rue des Archives (1878) et au 36, rue Amelot à la fin du XIXe.

Outre le magasin, il crée une véritable fabrique de meubles inspirés des pièces exportées de Chine et du Japon et adaptés au goût de la clientèle européenne. Il se libère souvent de la forme de ces modèles pour dessiner une ligne plus riche et un décor plus exotique à l'aide de panneaux de laque, d'incrustations de nacre et de bronzes. Il obtient quatre médailles à l'Exposition universelle de Paris de 1867, une médaille d'argent en 1878 et une médaille d'or en 1889. Fournisseur de l'Escalier de Cristal, Viardot est considéré comme l'un des premiers à se spécialiser dans le Japonisme. Le musée d'Orsay conserve trois belles pièces de Gabriel Viardot : une vitrine, une table à thé à double plateau et un miroir monté sur chevalet.

Littérature :
- D. Ledoux-Lebard, "Le Mobilier français du XIXe siècle", Paris, éd. l'Amateur, 2000, pp. 614-615.
- P. Thiébaut, "Contribution à une histoire du mobilier japonisant : les créations de l'Escalier de Cristal" in Revue de l'art, 1989, n°85, pp. 76-83.

Adjugé : 6 500 €
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