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28ème VENTE GARDEN PARTY
Lundi 13 juin 2016

[Marine de Normandie]
Gustave LE GRAY (Paris, 1820 - Le Caire, 1884)
Effet de soleil - Océan N°23. 1856.

Épreuve d'époque sur papier albuminé, à partir d'un négatif verre au collodion, montée sur bristol.
Signature " Gustave Le Gray " à l'encre rouge apposée sur l'épreuve par un timbre à l'angle inférieur droit. Étiquette en lithographie, portant le titre, collée sur le montage en bas à droite.
Numéro de tirage de l'atelier Le Gray, manuscrit à l'encre en bas à gauche du montage " 15,971. ". Timbre sec d'Ernest Binant (ami et fournisseur des bristols de Gustave Le Gray) en haut à droite du montage.

Haut. 32,5 Larg. 41,5 cm.
Montage : 53,7 x 67,6 cm.

Gustave LE GRAY. Sun effects over the ocean n°23. Albumen print mounted on cardboard, with signature and original numbers, 1856.

Littérature :
- "The photography of Gustave Le Gray" par Eugenia Parry Janis, The Art Institute of Chicago and The University of Chicago Press, 1987 : reproduction partielle en couverture de l'ouvrage et compléte pl. 24 page 79 (épreuve de la collection du Victoria &Albert Museum, Londres).
- "The lovely sea-view. A study of the marine photographs published by Gustave Le Gray 1856-1858" par Ken Jacobson, Petches Bridge, 2001. Image reproduite pl. 8 page 40, sous le titre "Un effet de soleil. N°23 ".
- "Gustave Le Gray", sous la direction de Sylvie Aubenas, Paris, BnF, Gallimard, 2002. Catalogue 121 page 365 (collection de la BnF).

Épreuve aux belles et homogènes tonalités.

Estimation : 30 000 € ~ 35 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Lundi 13 juin 2016

[Marine de Méditerranée]
Gustave LE GRAY (Paris, 1820 - Le Caire, 1884)
Jetée de Cette [Sète] - Mer Méditerranée, 1857.

Épreuve d'époque sur papier albuminé d'après négatif verre au collodion.
Numéro manuscrit à l'encre noire, du tirage de l'atelier Le Gray, au dos, en bas à droite " 10,825. "

Haut. 30, Larg. 39,7 cm.

Provenance : Propriété du Val-de-Loire, depuis plusieurs générations.

Gustave LE GRAY. Pier of Sète. Albumen print with original numbers, 1857.

Cette photographie est une variante, au même cadrage, de celles reproduites dans les ouvrages de Sylvie Aubenas et de Ken Jacobson. Elle trouve un écho animé dans une gravure du Monde Illustré du 23 mai 1857 (pages 8-9) intitulée " La ville et le Port de Cette, d'après une photographie de Gustave Le Gray ".

Littérature :
- "The lovely sea-view. A study of the marine photographs published by Gustave Le Gray 1856-1858" par Ken Jacobson, Petches Bridge, 2001. Image reproduite pl. II page 43 (épreuve de la collection du Wilson Center for Photography).
- "Gustave Le Gray", sous la direction de Sylvie Aubenas, Paris, BnF, Gallimard, 2002. Illustration n°126 page 106 et catalogue 130 page 366 (épreuve de la collection musée des Beaux-Arts de Troyes - dépôts du musée des A.T.P. intitulée Jetée de Cette - Mer Méditerranée n°12).

Cette épreuve a conservé ses belles tonalités d'origine et ne comporte que quelques repiques d'époque. Ancienne et légère trace chimique dans le ciel.

Estimation : 4 000 € ~ 5 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Lundi 13 juin 2016

[Camp de Châlons]
Gustave LE GRAY (Paris 1820-Le Caire 1884)
Camp de Châlons : manœuvres de la cavalerie de la Garde impériale, 1857.

Épreuve d'époque sur papier albuminé, à partir d'un négatif verre au collodion.
Numéro de tirage de l'atelier Le Gray manuscrit à l'encre noire en bas à droite au dos de l'épreuve " 16,376. ".

Haut. 27,3 Larg. 32,2 cm.

Provenance : Propriété du Val-de-Loire, depuis plusieurs générations.

GUSTAVE LE GRAY. Cavalry maneuvers at Châlons camp. Albumen print with original numbers, 1857.

Littérature :
- "The photography of Gustave Le Gray" par Eugenia Parry Janis, The Art Institute of Chicago and The University of Chicago Press, 1987. Image reproduite fig. 18 page 98 (collectiondu J. Paul Getty Museum, Los Angeles).
- "Une visite au camp de Châlons sous le Second Empire, photographies de Messieurs Le Gray, Prévot..." Collectif, musée de l'Armée, Paris, 1996. Image reproduite page 75 et notice page 115 avec la note suivante : " Cette photographie probablement l'une des plus belles de l'album du camp de Châlons, donne la mesure du talent de Le Gray et de la grande modernité de ses compositions. On devine à gauche la silhouette de l'Empereur et, semble-t-il, sur un cheval blanc, celle de l'Impératrice. "

Par sa composition, cette épreuve est probablement l'un des chefs-d'œuvre les plus représentatifs de la production artistique de Gustave Le Gray.Encadrée par la large bande claire du ciel et celle très foncée de la terre, une scène mystérieuse semble se dérouler, qui renforce la puissance esthétique de l'image.

Adjugé : 4 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Lundi 13 juin 2016

[Marine de Méditerranée]
Gustave LE GRAY (Paris, 1820 - Le Caire, 1884)
Port et ville de Cette - Méditerranée. N° 11. Printemps 1857.
Bateaux dans le port de Sète dont le Said. (Titre BnF).

Épreuve d'époque sur papier albuminé à partir d'un négatif verre au collodion montée sur bristol.
Signature " Gustave Le Gray " à l'encre rouge apposée sur l'épreuve par un timbre à l'encre à l'angle inférieur droit. Timbre sec ovale en relief sur le montage en dessous de l'épreuve
" GUSTAVE LE GRAY & C PARIS ".
Numéro de tirage de l'atelier Le Gray manuscrit à l'encre noire en bas à gauche du montage " N° 9.596. ". Étiquette en lithographie, portant le titre, collée sur le montage en bas à droite.

Haut. 32,1 Larg. 40,1 cm.
Montage : 53,3 x 67,7 cm.

Provenance : Propriété du Val-de-Loire, depuis plusieurs générations.

Gustave LE GRAY. The harbour and town of Sète, n°11. Albumen print, with signature and original numbers, spring 1857.

Cette épreuve est une version plus animée que celle de la collection Ezra Mack (New-York), présentée à l'exposition de la BnF en 2002. Comparativement, au premier plan, les deux barques sont visibles entièrement, sur le môle un personnage à l'arrêt regarde le navire ; sur le flanc du Saïd deux barques sont présentes au lieu d'une. Celle de l'Art Institute of Chicago est identique à celle que nous présentons.

Littérature :
- "The photography of Gustave Le Gray" par Eugenia Parry Janis, The Art Institute of Chicago and The University of Chicago Press, 1987. Image reproduite pl. 5 page 64 sous le titre The Steamer " Saïd ", Sète (épreuve de la collection de l'Art Institute of Chicago).
- "Gustave Le Gray", sous la direction de Sylvie Aubenas, Paris, BnF, Gallimard, 2002. Illustration 143 page 123 et catalogue 129 page 366.

Très belle épreuve aux chaudes et profondes tonalités.

Adjugé : 16 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Lundi 13 juin 2016

[Marine de Méditerranée]
Gustave LE GRAY (Paris, 1820 - Le Caire, 1884)
Ciel chargé. Mer Méditerranée n°16, printemps 1857.
View of Mediterranean with Mount Agde in distance.

Épreuve d'époque sur papier albuminé d'après deux négatifs verre au collodion.
Numéro de tirage de l'atelier Le Gray manuscrit à l'encre noire en bas à droite au dos de l'épreuve "12, 843. ".

Haut. 29,9 Larg. 40,9 cm.

Provenance : Propriété du Val-de-Loire, depuis plusieurs générations.

Gustave LE GRAY. Cloudy sky on the Mediterranean Sea n°16. Albumen print with original numbers, Spring 1857.

Littérature :
- "Regards sur la photographie en France au XIXe siècle. 180 chefs-d'œuvre de la Bibliothèque Nationale" par Bernard Marbot, Berger-Levrault, Paris, 1980 : illustration et notice N° 82.
- "The photography of Gustave Le Gray" par Eugenia Parry Janis, The Art Institute of Chicago and The University of Chicago Press, 1987. Image reproduite pl. 16 page 73 (épreuve de la collection du J. Paul Getty Museum, Los Angeles).
- "The Lovely Sea-View. A Study of the Marine Photographs published by Gustave Le Gray, 1856-1858", Par Ken Jacobson, Petches Bridge, 2001. Image reproduite pl. 13 page 45.
- "Gustave Le Gray (1820-1884)" sous la direction de Sylvie Aubenas, Paris, BnF, Gallimard, 2002. Illustration 147 page127 et catalogue 132 page 366.

Cette exceptionnelle épreuve aux tonalités denses et très contrastées est particulièrement impressionnante. La couleur noire de la mer, profonde et mystérieuse, renforce l'effet dramatique des cieux tourmentés. Quelques traces anciennes de pliures sans dommage pour la lecture de l'image.

Adjugé : 57 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Lundi 13 juin 2016

[Marine de Normandie]
Gustave LE GRAY (Paris, 1820 - Le Caire, 1884)
Brick - Normandie, dit "Brick au clair de lune" ou "Brig on the water", 1856.

Épreuve d'époque sur papier albuminé d'après deux négatifs verre au collodion.
Numéro de tirage de l'atelier Le Gray manuscrit à l'encre noire en bas à droite au dos de l'épreuve " 2571. ".

Haut. 31,6 Larg. 40,3 cm.

Provenance : Propriété du Val-de-Loire, depuis plusieurs générations.

Gustave LE GRAY. Brig on the water - Normandy. Albumen print with original numbers, 1856.

Cette célèbre marine de Gustave Le Gray obtint un succès considérable à Londres à l'exposition de la Photographic Society of London en décembre 1856.
Au tiers supérieur, des nuages tumultueux ; au centre, une partie claire ; au tiers inférieur, la densité de la mer. La composition donne plus de force à la partie inférieure de l'image dans laquelle se détache le brick, mis ainsi en valeur par l'intense reflet lumineux en partie droite.

Littérature :
- "Gustave Le Gray" par Gordon Baldwin, The J.Paul Getty Museum exposition Gustave Le Gray du 3 mai au 28 août 1988. "
- "The lovely sea-view. A study of the marine photographs published by Gustave Le Gray 1856-1858" par Ken Jacobson, Petches Bridge, 2001. Image reproduite fig. 2 page 8 et quatrième de couverture (reproduction de l'épreuve du Wilson Center for Photographs).
- "La photographie du XIXeà Chantilly" par Nicole Garnier Pelle, Artlys 2001. Image reproduite partiellement en page de couverture, en vignette sur la 4e de couverture et page 77 (épreuve d'Henri d'Orléans, Duc d'Aumale, conservée au musée Condé de Chantilly).
- "Gustave Le Gray", sous la direction de Sylvie Aubenas, Paris, BnF, Gallimard, 2002. Illustration 128 page 108 et catalogue 109 page 363 (épreuve conservée au musée d'Orsay, ancienne collection du Duc de Chartres).

Collection : Une épreuve acquise par le Prince Albert, époux de la Reine Victoria, fut exposée à la Manchester Art Treasures en avril 1857.

Léger voile d'époque au centre de l'image du à un défaut du négatif. Cette épreuve présente des tonalités exceptionnelles.

Adjugé : 32 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Lundi 13 juin 2016

Antoine-François CALLET (Paris, 1741 - 1823)
Portrait de Charles Gravier, Comte de Vergennes (1719-1787)

Toile signée en bas à droite : Callet.ft.

Haut. 159, Larg. 129 cm.

Au revers, sur la toile, inscription: Charles Gravier / Comte de Vergennes / Ambassadeur et Ministre / du roy Louis XVI.
Sur le châssis, une étiquette manuscrite: (...)te de V(...)nnes 10 / des affaires étrangères / 17 (...) mort le / 17 (...) Versailles

Provenance : resté par descendance dans la famille Vergennes jusqu'à aujourd'hui.

Antoine-François CALLET. Portrait of Charles Gravier, Count of Vergennes. Signed canvas. 1781.

CERTIFICAT DE SORTIE DU TERRITOIRE FRANÇAIS.

Exposition : probablement Paris, salon de 1781, n°150

Bibliographie : Marc SANDOZ, Antoine-François Callet 1741-1823, Paris, Editart les quatre chemins, 1985, p. 105, n°24.

Ministre plénipotentiaire en Turquie dès 1755, puis ambassadeur, Vergennes joue un rôle important dans la neutralité de la Sublime Porte. Il quitte son poste à Constantinople en 1768. Dès mars 1771, il est nommé ambassadeur à Stockholm, afin de contribuer à y relever l'autorité royale. Il semble avoir joué un rôle important dans le coup d'Etat qu'opéra Gustave III, en août 1772. Dès son avènement au trône de France, Louis XVI le nomma Secrétaire des Affaires Etrangères, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort en 1787. Acquis à la cause américaine, il négocie avec Benjamin Franklin le premier "Traité franco-américain d'amitié et de commerce" qu'il signe le 6 février 1778, marquant l'entrée en guerre de la France contre l'Angleterre. Ambassadeur habile et ministre avisé, Vergennes est aussi un protecteur des arts. Il commanda à chacun de ces trois peintres, Callet, Lundberg et Favray, son propre portrait, en plus de nombreuses autres œuvres.

Remportant dès son premier essai le Prix de Rome en 1764, Antoine-François Callet est formé à l'Ecole royale des élèves protégés puis en Italie de 1767 à 1772. A la fin de son séjour, il peint le Portrait de l'ambassadeur de France, le cardinal de Bernis et un plafond au palais Spinola à Gênes, le faisant remarquer dans les deux genres où il va s'illustrer : le portrait et la grande décoration. Il devient à Paris le peintre le plus en vue de la société aristocratique, recevant des commandes du duc de Bourbon (la coupole pour un pavillon disparu, remontée et visible au Louvre depuis 2014); puis du comte d'Artois pour le château de Bagatelle, du marquis de Laborde pour son château de La Ferté, ou encore Madame de Thélusson pour son hôtel particulier. Il est reçu à l'Académie en 1780, avec pour morceau de réception Le printemps destiné à l'un des compartiments du plafond de la galerie d'Apollon au Louvre, où il est toujours en place. Sous le Consulat et l'Empire, son style devient plus néoclassique.

Nous remercions madame Brigitte Gallini qui a examiné notre tableau et en a confirmé le caractère autographe.

Expert cabinet Turquin, 69 rue Sainte Anne 75002 Paris. Tél. 01 47 03 48 78.

Adjugé : 100 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Dimanche 12 juin 2016

École FRANÇAISE du milieu du XIXe
L'atelier de Clésinger, c. 1849.

Toile.

Haut. 50, Larg. 61 cm.

Provenance :
Cette toile inédite, découverte l'an dernier, fut présentée par l'historien de l'art et spécialiste de Courbet Thierry Savatier lors d'une conférence au Musée Gustave Courbet en octobre 2015.

FRENCH SCHOOL of mid 19th century. The workshop of Clésinger. Canvas circa 1849.

Notre tableau représente la gravure de Henri Valentin publiée dans "Le Magasin Pittoresque de 1849" qui servit vraisemblablement de source à Gustave Courbet pour L'Atelier du peintre (1855). La scène dépeint l'atmosphère bohème qui régnait dans l'atelier du sculpteur Jean-Baptiste Auguste Clésinger (1814-1883).

Les personnages sont presque tous identifiés. Au premier plan, Alexandre Dumas joue de la guitare à côté du poète Pierre Dupont. Derrière eux, l'écrivain Maxime du Camp fait face au peintre Ferdinand Boissard. À leur droite, Apollonie Sabatier - la Présidente - regarde un peintre travailler. Celui-ci pourrait être Gustave Ricard ou Charles Jalabert. Au centre, le romancier Alphonse Karr côtoie Gérard de Nerval. Parmi les escrimeurs, on distingue Casimir d'Arpentigny. Puis, de gauche à droite, viennent Champfleury, le violoniste Alphonse Promayet, le poète Max Buchon, peut-être Camille Corot et le peintre Paul Chenavard, tous intimes de Courbet.
Une comparaison entre L'Atelier et notre tableau permet de relever de nombreuses similitudes ; plusieurs personnages figurent en outre dans les deux toiles. Des détails renvoient enfin à des œuvres de Courbet des années 1840 (notamment une reproduction de L'Ecorché de Michel-Ange).

Littérature :
- H. Toussaint, "Catalogue de l'exposition Gustave Courbet", EMN, 1977
- F. Thomas-Maurin, "Catalogue de l'exposition Courbet Clésinger", Musée Gustave Courbet, 2011
- E. Buffetaud, "Catalogue de l'exposition Gérard de Nerval", BHVP, 1996
- M. Tomkins-Lewis, "Courbet, Cézanne and the Studio as Stage", Société Cézanne, 2013

Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Dimanche 12 juin 2016

Francis PICABIA (Paris, 1879 - 1953)
"Effets de soleil sur les bords de l'Étang de Berre ", 1905.

Huile sur toile, signée en bas à gauche et datée 1905.
Étiquette sur le châssis, inscription manuscrite de légende, date et 3 numéros.

Haut. 73,5, Larg. 92 cm. (sur sa toile d'origine, petite restauration).

Francis PICABIA. "Sun effects on the banks of the Etang de Berre." Oil on canvas. Signed and dated 1905.

Bibliographie
- P. Calté, W.A. Camfield, B. Calté, C. Clements, A. Pierre, "Francis Picabia Catalogue Raisonné Vol.1 1898-1914", Mercatorfonds, Bruxelles, 2014, p. 232, n°214, reproduit en noir et blanc.

Expositions
- 1907, Paris, Galerie Haussmann, "Picabia", n°55, reproduit au catalogue ;
- 1909, Paris, Hôtel Drouot, n°22, reproduit au catalogue.

Provenance :
- Vente Gustave Danthon, directeur de la Galerie Haussmann, Hôtel Drouot, 8 mars 1909, n°22 ;
- Collection Henri et Cécile Boulard de Villeneuve, Paris, par descendance.

"On se promène dans les paysages de Picabia, on y vit, on y pense, on y rêve".
Roger-Milès, préface au catalogue de l'exposition Picabia, Galerie Haussmann, Paris, 1905.

Exécutée en 1905, cette peinture aux couleurs vibrantes se situe dans la phase impressionniste de l'œuvre de Francis Picabia. Artiste éclectique il n'aura de cesse de bousculer les codes de la peinture et surprendre ses plus ardents collectionneurs en changeant régulièrement de manière. En ce début de siècle, Picabia est fortement inspiré par les grands maîtres de l'impressionnisme comme Sisley, Monet ou encore Pissarro. Sa technique renvoie moins à la nature qu'à des clichés de paysage. La composition est cadrée comme une photographie et notre tableau pourrait s'apparenter à une carte postale, tout en restituant avec virtuosité les effets de mistral et de lumières propres à la région de Martigues et de l'étang de Berre.

"L'impressionnisme fut le cordon ombilical qui me permit de développer mes poumons, d'apprendre à marcher, alors l'horizon idéal devint pour moi l'aventure de chaque œuvre entreprise... J'ai travaillé des mois et des années en me servant de la nature, en la copiant, en la transposant"
(A. Le Brun, " À tombeau ouvert ", Cat. exp Francis Picabia, Musée d'art Moderne de la Ville de Paris, 2002.)

Picabia est à ce moment-là reconnu et fêté par la critique et le public. Jeune artiste virtuose, il produit plus d'un millier de toiles entre 1899 et 1908. En 1905, le galeriste Gustave Danthon expose à la Galerie Haussmann plus de 60 œuvres de ce jeune artiste prometteur dont notre tableau.
Ses toiles plaisent à un public fortuné et Danthon lui organise deux nouvelles expositions en 1907 et en 1909. Parallèlement Picabia est exposé avec succès à Berlin, Londres, Munich et Barcelone.

C'est en 1909 que l'artiste effectue sa première rupture stylistique et se tourne peu à peu vers le synthétisme de l'art moderne en rejoignant les artistes de la Section d'Or. Danthon décide de vendre les œuvres de l'artiste qu'il possède dans son stock lors d'une vente mémorable à l'Hôtel Drouot, le 8 mars 1909, lors de laquelle tous les lots trouvent preneur.

Achetée lors de cette vente par un couple collectionneur de l'artiste, Henri et Cécile Boulard de Villeneuve, elle-même cousine germaine de Picabia, cette toile est restée dans leur descendance et trouve pour la seconde fois en plus d'un siècle le chemin des enchères.

Adjugé : 72 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Dimanche 12 juin 2016

Importante PENDULE DE CHEMINÉE AUX SPHINGES en bronze de deux tons, mat et brillant. La partie centrale en balustre à anses accueille le cadran à cartouches émaillés indiquant les heures en chiffres romains. Elle est ornée à l'amortissement d'un masque d'Apollon agrémenté de palmes et de guirlandes de laurier. En partie inférieure, elle est flanquée de deux sphinges accroupies, costumées et couronnées d'une palmette. Un ombilic à fleuron encadré de guirlandes de fleurs en partie centrale. Terrasse quadripode de forme oblongue à décrochement central recevant un décor de frises feuillagées et tabliers à palmette. Poinçonnée "ER" à plusieurs reprises.

Style Louis XIV, Second Empire.

Haut. 70, Larg. 55,5, Prof. 29 cm.

Provenance : collection particulière, La Roche-Guyon.

Important Louis 14 style bronze and patinated bronze CLOCK figuring two lying SPHINXES. Second Empire.

Le sphinx et son pendant féminin, la sphinge, sont des créatures fantastiques présentes dans nombre de civilisations antiques. En Égypte, il symbolise l'union entre le soleil et pharaon. Dans la mythologie Grecque, c'est une créature terrifiante qu'affronte Œdipe. À Rome, ce monstre n'est plus qu'un ornement. Ornement qui se répand en Occident durant la Renaissance, l'époque baroque, la période néoclassique et en particulier de la fin du XVIIIe siècle à la chute de l'Empire. En ce temps, la mode est en effet à "l'égyptomanie". En témoigne la pendule aux sphinges livrée en 1781 par Lepaute au comte d'Artois. Les très archéologiques styles Consulat et Empire en sont le point d'orgue. Avec le romantisme ressurgissent les vieux mythes païens. Durant le seconde moitié du XIXe siècle, le sphinx n'est plus qu'un élément décoratif. Artistes et ornemanistes s'attèlent à lui redonner sa substance ésotérique, son pouvoir hypnotique. Il ne sera plus sagement couché, tel un chat docile, mais inspirera à nouveau angoisse et fascination. Citons les deux sculptures allégoriques de Ferdinand Faivre (1860-1937), figurant chacune une sphinge couronnée par un putto : "l'Énigme" et "le Destin". Les titres sont éloquents. Gustave Moreau (1826-1898) est probablement l'artiste le plus représentatif de cette vogue. Son œuvre "Le Sphinx victorieux" (1886, collection privée) est peut-être l'illustration la plus parfaite de notre propos.

Adjugé : 6 000 €
28ème VENTE GARDEN PARTY
Dimanche 12 juin 2016

Gabriel VIARDOT (Paris, 1830-1906).
TABLE DE BIBLIOTHÈQUE en bois exotique sculpté et gravé. Le plateau de forme rectangulaire est recouvert d'une peinture japonaise à décor de pagode et d'oiseaux branchés sur un fond doré à la feuille. Il s'ouvre en partie latérale par deux tirettes ornées de façon similaire et deux tiroirs. Ceinture gravée de filets à la grecque et centrée de fleurs et bambous. Deux pieds patins ajourés d'enroulements japonisants sont réunis par une entretoise ornée d'un spectaculaire dragon sculpté en ronde bosse.
Signée Viardot.

Fin XIXe, vers 1870-1880.

Haut. 73,5, Larg. 120, Larg. avec tirettes déployées 224, Prof. 71 cm.
(petits manques à la peinture).

Provenance : collection particulière, La Roche-Guyon.

Carved and engraved exotic wood LIBRARY TABLE stamped by VIARDOT and ornamented with Japanese style gilt-painting. C. 1870-1880.

Un modèle similaire a été vendu à Paris (Vente Sotheby's, 9 avril 2008, n° 263).

Gabriel-Frédéric Viardot (1830-1906) et son frère Louis-Gustave, ébénistes et sculpteurs sur bois, ouvrent en 1835 rue Rambuteau à Paris un magasin de meubles d'art et de fantaisie sous l'enseigne "Viardot Frères et Cie". Ils exposent notamment à l'Exposition Universelle de 1855. L'année 1860 marque une césure : Gabriel-Frédéric crée son propre atelier au 5, rue du Grand-Chantier sous le nom "G. Viardot", tout en prenant la direction de la maison familiale sise rue Rambuteau jusqu'en 1872. Il travaille alors successivement au 15, rue de Chaume, au 3, rue des Archives (1878) et au 36, rue Amelot à la fin du XIXe.

Outre le magasin, il crée une véritable fabrique de meubles inspirés des pièces exportées de Chine et du Japon et adaptés au goût de la clientèle européenne. Il se libère souvent de la forme de ces modèles pour dessiner une ligne plus riche et un décor plus exotique à l'aide de panneaux de laque, d'incrustations de nacre et de bronzes. Il obtient quatre médailles à l'Exposition universelle de Paris de 1867, une médaille d'argent en 1878 et une médaille d'or en 1889. Fournisseur de l'Escalier de Cristal, Viardot est considéré comme l'un des premiers à se spécialiser dans le Japonisme. Le musée d'Orsay conserve trois belles pièces de Gabriel Viardot : une vitrine, une table à thé à double plateau et un miroir monté sur chevalet.

Littérature :
- D. Ledoux-Lebard, "Le Mobilier français du XIXe siècle", Paris, éd. l'Amateur, 2000, pp. 614-615.
- P. Thiébaut, "Contribution à une histoire du mobilier japonisant : les créations de l'Escalier de Cristal" in Revue de l'art, 1989, n°85, pp. 76-83.

Estimation : 4 000 € ~ 6 000 €
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