Rouillac | Pendule Louis XVI

142 - Pendule au temple de l’amour et de Diane


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en marbre blanc et bronzes ciselés et dorés.
Au sommet d’un temple circulaire, une figure de Cupidon en bronze doré repose sur un globe lui-même encerclé par deux bagues émaillées donnant en chiffres arabes l’une l’heure et l’autre les minutes. L’amour montre l’heure avec une flèche tenue dans sa main gauche, alors que la droite porte un arc.
Le globe est posé sur un dôme ajouré laissant apparaitre le mécanisme de l’horloge à travers cinq arcs en marbre blanc ornés d’une garniture de bronzes ciselés et dorés, tels que soleil rayonnant, frises d’asperges et fleurs de tournesol. Sous le dôme, un entablement circulaire en marbre blanc accueille un rais de perles et une frise en bronze doré alternant couronnes de roses feuillagées et triglyphes.
Cinq colonnes fuselées en marbre blanc soutiennent l’ensemble. Leurs chapiteaux en bronze doré sont d’ordre dorique et leurs bases quadrangulaires sont appliquées de tores de laurier et de fleurs de tournesol. Au centre de la colonnade, une statuette en bronze doré de la déesse Diane chasseresse se dresse avec son fidèle lévrier à ses côtés. Derrière la déesse, un balancier en forme de soleil en bronze ciselé et doré donne le rythme du mécanisme.
Une double terrasse circulaire à degrés reposant sur cinq pieds en boules aplaties supporte l’édifice.

Époque Louis XVI.

Haut. 64, Diam. 23 cm. (petites égrenures au marbre).

Provenance : château de la vallée de l’Indre.

Bibliographie :

  • P. Kjellberg, “Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Âge au XXe siècle”, éd. l’Amateur, 1997 : une pendule comparable avec quelques variantes ornementales reproduite p. 292.

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Rouillac | Pendule Louis XVI detailRouillac | Pendule Louis XVI detail

LE TEMPLE DE L’AMOUR

L’architecture des temples antiques redécouverte au XVIIIe siècle inspire directement le “Temple de l’Amour” de la reine Marie-Antoinette imaginé par l’architecte Richard Mique. Cette réalisation néo-classique fut édifiée en 1777-1778 dans le jardin anglais du Petit Trianon du parc du château Versailles, aux côtés d’autres constructions du même artiste comme le Belvédère, le Théâtre, la Grotte et le Hameau. Les décors sculptés du temple sont signés par Joseph Deschamps tandis qu’au centre de la colonnade d’ordre corinthien est placée une réplique de la sculpture “L’Amour se taillant un arc dans la massue d’Hercule” par Louis-Philippe Mouchy. C’est de cette sculpture et des différents attributs de l’Amour qui ornent sa coupole que le Temple tire son nom.

Les peintres comme Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) ou Hubert Robert (1733-1808) dans “La jeune fille au temple de l’Amour” (1785) en font le sujet de leurs compositions, de même que les horlogers qui s’en inspirent. L’artisan de notre pendule s’inscrit dans cette tradition en réservant à Cupidon une place privilégiée, puisqu’il trône au sommet du temple. Toutefois, il se détache du thème amoureux pour choisir une autre figure mythologique, celle de la déesse Diane, qu’il abrite sous la coupole. Ce parti pris est également adopté par Simon François Festeau le Jeune, reçu maître à Paris en 1750, lorsqu’il signe une pendule très similaire à la nôtre.

L’originalité de notre pendule réside dans son cadran tournant horizontal. Si l’on dénombre quelques rares modèles sous les règnes de Louis XIV et Louis XV, ce mécanisme est plus fréquent dans la deuxième moitié du XVIIIe. Constitué de deux cercles indépendants (pour les heures et les minutes), il s’inscrit aisément dans une urne, un globe ou brûle-parfum en bronze, en porcelaine ou en marbre. Les aiguilles ont laissé place à un flèche, une tête de serpent ou au doigt d’une nymphe indiquant délicatement l’heure. La mesure du temps devient ainsi un prétexte, en s’inscrivant dans une composition harmonieuse qui permet à l’artiste de déployer toute sa créativité.


Rouillac | Temple de venus, petit trianon

Vue du temple de l’amour gravée par Michon d’après Pierre Courvoisier reproduite dans Denise Ledoux-Lebard,
Versailles Le Petit Trianon : Le mobilier des inventaires de 1807, 1810 et 1839,
Les éditions de l’Amateur, 1989, p. 31.

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