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Des médailles pour la Chandeleur

Samedi 31 janvier 2026 à 07h

Cette semaine, David, l’un de nos fidèles lecteurs, soumet une importante collection de médailles unifaces à notre expertise. L’occasion pour Philippe Rouillac, notre commissaire-priseur, de nous en dire plus et de nous parler de numismatique.



Lundi prochain, nous fêterons la Chandeleur. Au-delà de sa portée religieuse, la tradition de cette période est aussi celle de faire sauter des crêpes de la main gauche en tenant une pièce en or ou en argent dans la main droite. On dit que si elle retombe du bon côté, l’année sera prospère pour la famille.

L’objet de la semaine peut se rapprocher de ces pièces porte-bonheur. Il s’agit d’un ensemble de pièces de monnaie ou de médailles sur lesquelles on distingue notamment le profil de Napoléon III, mais aussi des noms tels qu’Olivier de Serres. Certaines portent des signatures comme Barre, H. de Longueil ou encore Caqué. On note que certaines sont dorées, tandis que d’autres semblent être en métaux cuivreux.

Traditionnellement, l’étude des monnaies et des médailles est regroupée sous le terme de numismatique. Cette science remonte au moins au XVIᵉ siècle, époque à laquelle les princes se constituaient des cabinets de médailles, à l’instar du roi Charles IX qui fonde en 1560 le « Cabinet des Médailles et des Antiques du Roi ». Les princes regroupaient ainsi des médailles et des pièces, notamment antiques, issues des fouilles menées en Italie. C’est d’ailleurs à la même période que les souverains renouent avec la pratique antique consistant à se faire représenter de profil sur les monnaies à leur effigie, avec le « teston », issu de l’italien testone, signifiant « tête ». Cette coutume se poursuivra avec tous les souverains jusqu’à Napoléon III. Sous les différentes Républiques, la figure du souverain sera remplacée par des figures allégoriques telles que Marianne ou Cérès. Il est intéressant de noter que cette tradition de figurer les souverains sur les monnaies se poursuit encore dans certaines monarchies parlementaires européennes, comme la Belgique ou le Royaume-Uni. Concernant les médailles, on retrouve souvent sur une face la figure du souverain qui les a commandées ou de la personne commémorée, et sur l’autre la représentation de l’événement célébré et sa date. D’autres sont dites anépigraphes, c’est-à-dire vierges. Le but est alors de permettre de graver au revers le nom de la personne et la date à laquelle la médaille a été remise. Les noms figurant au bas des médailles sont ceux des différents graveurs qui en ont réalisé les modèles, tels que Jean-Jacques Barre ou Armand Auguste Caqué, tous deux graveurs de Napoléon III.

Concernant vos médailles, David, leur caractère anépigraphe pourrait s’expliquer par la présence de pas de vis fixés au revers. Celles-ci devaient sans doute être intégrées à l’origine à un élément de décoration, en guise d’ornement. Toutefois, il est surprenant que les faces soient inversées par rapport aux médailles ordinaires. On peut émettre l’hypothèse qu’il s’agisse de surmoulages destinés à être présentés à des clients sur des présentoirs, d’où la présence du pas de vis. Il s’agit néanmoins d’objets de faible valeur, et il serait possible d’estimer l’ensemble de la collection autour de 50 euros. De quoi s’offrir tout de même s’offrir les ingrédients pour des crêpes en famille à la Chandeleur, ou une belle pièce en argent pour attirer la bonne fortune en cette nouvelle année.
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