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Les Blanchet, atelier de pressiers d’art

Mercredi 21 janvier 2026
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La Gazette Drouot, Anne Doridou-Heim

Caractères fondeurs « Augustaux » de Louis Perrin (1799-1865), en douze paquets.
Estimation : 5 000/8 000 €

La dispersion de l’ensemble du matériel de la dernière imprimerie à relief de haute qualité constitue un petit événement chez les amoureux des métiers du livre et de l’estampe.

Il ne s’agira certes pas de la vente la plus importante de l’année, et pourtant Aymeric Rouillac, avec le dynamisme qui l’anime, s’enthousiasme en évoquant cet atelier d’imprimerie, l’un des derniers encore récemment en activité près de Paris, et qui participa à l’histoire de la gravure française depuis la fin du XIXe siècle. « Jacques Beltrand, fils de Tony Beltrand, cofondateur avec Auguste Lepère de la revue L’Estampe moderne et ami de Maurice Denis, a poursuivi la tradition familiale en ouvrant un atelier à Boulogne-Billancourt, rappelle le commissaire-priseur. Il l’a ensuite cédé à Robert Blanchet (1921-2009). » Ce dernier a continué durant plusieurs décennies dans la même direction, mettant son savoir-faire de pressier sur bois au service des artistes, écrivains et éditeurs d’art, avant de laisser sa place à son fils Gérard. L’atelier a définitivement cessé son activité en 2017. Entre-temps, ce sont sur ses presses Stanhope du XIXe siècle que furent imprimés des ouvrages de luxe – chacun des deux modèles, en état de fonctionnement, est estimé entre 10 000 et 15 000 € –, tandis que la presse à platine Victoria (500/800 €) a notamment servi à l’impression des livres de Virginia Woolf. Les caractères d’imprimerie, vendus en plusieurs lots, forment des ensembles exceptionnels, en particulier les « Augustaux », créés par l’imprimeur et typographe lyonnais Louis Perrin en 1846. Insatisfait des caractères Didot, trop modernes à son goût pour imprimer un ouvrage consacré aux inscriptions antiques de Lyon, il a lui-même dessiné un nouvel alphabet, principalement en capitales, en s’inspirant des inscriptions lapidaires romaines retrouvées dans la capitale des Gaules, avant de faire appel à un fondeur pour les fabriquer en plomb. La plupart ayant été détruits, ceux conservés aujourd’hui constituent des documents d’une insigne rareté.
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