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Saint Georges et le dragon

Dimanche 04 octobre 2020

Par l'atelier de Rubens d'après le tableau de Buckingham

Rubens

École FLAMANDE du XVIIe siècle
atelier de Pierre Paul RUBENS (Siegen, 1577 - Anvers, 1640)

Allégorie avec Saint Georges et le dragon dans un paysage.

Toile

Haut. 168, Larg. 248 cm.
(restaurations anciennes).

Provenance :
- vente à Paris, collection Aguado, marquis de Las Marismas, 20-28 mars 1843, lot 375,
- collection particulière,
- vente à Paris, Me Rheims, achat par Mme Adèle Reyman, 1951,
- vente à Paris, hôtel Meurice, 1er décembre 1976,
- acquis auprès de la galerie Alexander, c. 1980,
- par descendance, collection particulière du Val de Loire.

Allegory with Saint George and the dragon in a landscape. A canvas painted by the workshop of Peter-Paul Rubens after the work in the Windsor's collection.

Saint George et le dragon, par Stéphane Pinta

Notre toile reprend la composition de Rubens, Paysage avec saint Georges et le dragon, appartenant aux collections royales anglaises, conservée au château de Windsor (152 x 257 cm). Rubens commença la partie centrale à Londres vers 1630, lorsqu'il était diplomate auprès du roi Charles Ier, et compléta le paysage sur des lès de toiles rajoutés une fois rentré à Anvers. Conçu comme un « Hommage à l'Angleterre », Saint Georges aurait les traits du roi Charles Ier et le fleuve au second plan serait la Tamise. La peinture fut achetée directement, ou donnée au roi Charles Ier, par l'intermédiaire de son ambassadeur Endymion Porter en 1634 ou 1635. Elle a été ensuite vendue au moment du Commonwealth et de la dictature Cromwell et rachetée par George IV en 1814.

La variante majeure consiste à la présence sur notre toile d'une bande d'une vingtaine de centimètres sur la droite, alors que le tableau anglais est plus resserré. Traditionnellement, il été généralement admis que la rivière au second plan évoque les méandres de la Tamise (montrant peut-être la vue de York House où l'artiste logeait à Londres) tandis que saint Georges serait un portrait ou une allusion à Charles I. Connu pour ses portraits et ses scènes d'histoire, Rubens développa un talent de paysagiste dans les quinze dernières années de sa vie et renouvela complétement ce genre par des vues panoramiques où la lumières vibrante zèbre l'espace et les nuages.

Essai de provenance, par Aymeric Rouillac

Improprement intitulée « Gozon, vainqueur du dragon de l’Île de Rhode », notre toile est en revanche parfaitement décrite en 1843, dans le catalogue de la vente de la collection d’Alexandre Aguado, marquis de Las Marismas (1784-1842). Inscrite parmi quatre autres « Rubens », au milieu des cinq cent toiles du marquis, on ne sait comment elle est entrée dans sa collection. Est-ce une prise de guerre par celui qui, rallié à Joseph Bonaparte finit aide de camps du maréchal Soult ? À moins qu’elle n’ait été achetée en Espagne, en France ou ailleurs par ce brillant banquier qui négocie les emprunts espagnols, finance station balnéaires, mines et forges, tout en étant associé commanditaire de l’Opéra de Paris, propriétaire de château Margaux et mécène de Rossini ?

Notre toile réapparait de manière fracassante sur le marché parisien cent vingt-cinq ans plus tard. Le Figaro titre ainsi le 1er février 1968 « Un Rubens inconnu découvert à Paris ». Le destin chaotique de la toile dans les collections royales anglaises jusqu’en 1814 laisse envisager que celle provenant de la collection Aguado serait l’originale. Au terme d’un travail titanesque, le corpus de l’œuvre de Rubens est finalement arrêté par le Rubenanium. Notre toile y figure dès l’édition de 1982 comme la première des quatre répliques par l’atelier de Rubens du tableau conservé, sous le numéro 35, à Buckingham Palace dans la galerie de la Reine. Quant à son historique avant la collection Aguado… il reste à découvrir !

Bibliographie :
- Wolfgang ADLER, Corpus Rubenianium Ludgwig Burchard Part XVIII, Landscapes and hunting scenes, Oxford University Press, New York, 1982. La toile est référencée p.119, n°35, comme appartenant à la galerie Alexander et provenant anciennement de la collection Aguado.
- "Un "Rubens" inconnu, découvert à Paris", Le Figaro, 1er février 1968.
- Cinzia PASQUALI, Etude de " Paysage avec St Georges et le Dragon ", rapport d'étude, Paris, Arcanes, 2015.
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