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Une pendule à l’antique en bronze et marbre de couleur, Brocot lit !

Samedi 13 juillet 2019 à 07h
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Un lecteur de Chitenay présente aujourd’hui cette pendule dont il souhaite connaître l’origine. Maître Aymeric Rouillac, commissaire-priseur, nous donne son avis.



Élégamment assise sur un lit de repos, une femme drapée à l’antique semble lire ou écrire sur un livre posé avec une certaine nonchalance sur ses genoux. Aux pieds arrière de son lit à l’antique, manuscrits, parchemins et une couronne de laurier forment une pyramide. Il pourrait s’agir d’une représentation de la muse Erato, muse mythologique de la poésie. Cette beauté idéale, image puisée dans le XVIIIème siècle est le sujet de notre pendule. Sous cette épreuve en bronze, un socle en métal foncé et marbre noir et plus rare marbre rouge griotte constitue un piédestal à doucine. Le tout reposait à l’origine sur huit pieds en bronze doré dont un semble avoir disparu.

Ce genre d’horloge, nommée pendule à sujet, est tout à fait typique de la mode en vigueur sous le règne de Napoléon III. Présentée sur une cheminée ou un buffet, entourée de deux candélabres, elle devait former un élément décoratif au goût bourgeois assez exubérant. De nombreux horlogers proposaient alors des modèles variés, des plus riches pendules à l’éléphant, aux plus communes pendules en régule. Les horlogers signent leurs créations dans le cadran, comme c’est probablement le cas sur la pendule présentée par notre lecteur, mais illisible en l’état.

Néanmoins, Il faut s’intéresser à ce cadran, il est circulaire entouré de métal doré, du bronze ou du laiton, donnant les heures en chiffres romains déployées autour d’un chemin de fer. Rien de plus de commun si ce n’est… son échappement. L’échappement est un mécanisme placé entre la source d’énergie, le ressort, et le pendule permettant de compter et d’entretenir les oscillations. Celui de notre horloge est visible, avec sa roue aux dents de scie et ses goupilles il s’agit d’un Brocot !

Louis-Gabriel Brocot développe entre 1826 et 1853 de nombreux brevets qui lui apporteront richesse et gloire. En 1860, cinquante mille mouvements fonctionnant avec son système sont déjà vendus. Ce grand mathématicien a développé un système si fiable et si ingénieux qu’aujourd’hui encore les pendules fonctionnant avec le mouvement portant son nom restent appréciées des collectionneurs.
Comme vous le présentez cette œuvre d’art n’est ni très ancienne, fin XIXème début XXème, ni très rare. Pourtant la qualité du bronze et son mouvement toujours recherché en font un objet prisé. S’il s’agit bien de bronze (et non de régule), en bon état, elle pourrait être vendue autour de 300 euros aux enchères.
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