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22ème VENTE AUX ENCHÈRES À CHEVERNY

 
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Lot 88

François HABERT (actif en France au milieu du XVIIe siècle)Nature...
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François HABERT (actif en France au milieu du XVIIe siècle)
Nature morte au bouquet de fleurs, fruits, coquillage, gobelet de porcelaine, luth et pièces d'orfèvrerie.

Toile.
Signé et daté en bas à gauche sur l'entablement Franciscus. Habert. f. / 1652.

135 x 165 cm.

Provenance : Acquis le 15 mai 1847 à Londres, chez Mawson, par la famille des actuels propriétaires. Grande collection parisienne.

L'importance de la place occupée par François Habert au sein de la peinture de natures mortes au XVIIe siècle est démontrée par le nombre de tableaux, en grande majorité signés et datés, qui sont parvenus jusqu'à nous.

Il existe cependant très peu d'éléments sur sa vie et son nom n'apparaît qu'à deux reprises dans des documents écrits. Une première fois dans l'inventaire de Philippe de Champaigne, Une Guirlande de Fleurs du sieur Habert, une toile acquise pour la somme considérable à l'époque de 100 livres. Il apparaît une seconde fois dans l'inventaire de tableaux de Monsieur Charles Tardif, secrétaire du Maréchal de Boufflers, pour un tableau de fleurs qui aurait été acquis en 1712 auprès de Monsieur de Catinat (M. Faré, Le grand siècle de la nature
morte en France, Paris, 1974, p. 275).

Ses premières oeuvres, datées des années 1640, témoignent d'une forte immersion dans le groupe d'artistes hollandais et flamands qui travaillent alors à Paris. Formé vraisemblablement auprès du flamand Balthasar van der Ast, Habert est, dans un premier temps, sensible à l’influence de Jan Fyt, notamment dans le rendu des fruits. On relève également, dans ses premiers tableaux, l'empreinte de Jean-Michel Picart, avec qui on l'a parfois confondu. Il aurait aussi collaboré pour plusieurs oeuvres avec Jacques Hupin, notamment pour Plateau de Fruits, fleurs, orfèvreries et tapis sur une table (voir C. Salvi, D'après nature, la nature morte en France au XVIIe siècle, Tournai, 2000, p. 113, re). C'est surtout Jan Davidsz de Heem, à Anvers, qui va être son principal maître. Ce dernier est au côté de Willem Kalf et Abraham van Beyern, un des principaux propagateurs d'un courant de natures mortes qui se développe au milieu du XVIIe siècle, caractérisé par l'opulence et l'élégance. L'accumulation d'objets somptueux, dans une mise en scène théâtrale, permet aux peintres de
démontrer leur virtuosité technique. Une attention particulière est portée sur la lumière jouant sur la diversité des surfaces représentées : porcelaine, pièces d'orfèvrerie, verres de vin, riches étoffes et tapis, fleurs et fruits, disposés avec une grande ordonnance.

Ce tableau peut être considéré comme un exemple typique de la luxuriance baroque et harmonieuse qui caractérise Habert. Claudia Salvi oppose la formule de splendeur retenue selon les mots de Clauss Grimm à propos du maître d'Anvers, à l'éclat à outrance développé par Habert. Chaque objet " éclate " en lui-même, gardant son autonomie dans un chaos très étudié. Ainsi, Claudia Salvi relève l'image du citron dont on a enlevé en partie l'écorce, un détail commun à plusieurs oeuvres de Habert, pour exemple la Nature morte au jeu de cartes datée 1643 (voir C. Salvi, D'après nature, la nature morte en France au XVIIe siècle, Tournai, 2000, p. 113, reproduit). Le fruit semble se détacher du reste de la composition.

Le vase est particulièrement emblématique de la riche orfèvrerie du XVIIe siècle. Thème très prisé en tant qu'élément décoratif, nous pouvons le rapprocher de la luxueuse pièce qui figure sur une des tapisseries des Gobelins appartenant à la série Les Maisons Royales ou les Mois, tissées pour Louis XIV, d'après des cartons de Lebrun (Mois de Septembre, conservé aujourd'hui au château de Chambord). Alors que de Heem ajoute un paysage, Habert préfère généralement un fond sombre, marquant ainsi les limites de cette influence. Sans la rejeter néanmoins totalement, puisqu'on retrouve ce sens du paysage italianisant sur une oeuvre datée de 1649, Le dessert (voir M. Faré Le grand siècle de la nature morte en France, Paris, 1974, p. 277, reproduit), et dont la luxuriance est similaire à notre tableau. La disposition horizontale des objets, affectionnée par Habert, est caractéristique de l'école de nature morte française de l'époque.

On relève également une proximité avec les peintres de Bergame, dans l'emploi des instruments de musique, l'ensemble dégageant une impression d'élégance foisonnante.

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