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34ème VENTE GARDEN PARTY - II
Lundi 20 juin 2022

Paul Gaudin (Paris, 1858-1921, Versailles)
Aphrodisias, 1904-1905

deux albums de photos (199 et 48 tirages plus une carte postale) des fouilles de Paul Gaudin (vues des fouilles, des monuments et des statues découvertes) et, reliés à la suite du premier volume, quatre plans sur papier bleu intitulés « théâtre », « carrières » (avec la ville), « thermes », « temple d’Aphrodite converti en basilique byzantine ; état des ruines en 1904 – indication des fouilles ». Quelques annotations manuscrites au crayon papier. On croit reconnaître Paul Gaudin dirigeant le chantier sur une photo du premier album, à la page 39.

Dimensions des albums : 45,5 x 36 cm.
Différents formats pour les photos et plans.

Provenance : collection Paul Gaudin (1858-1921), archéologue, ingénieur et grand donateur du musée du Louvre ; par descendance familiale.

Two photo albums containing pictures of Paul Gaudin's 1904-1905 digs in Aphrodisias as well as four maps of the digs.

Bibliographie :
- Armelle Le Goff et Nadia Coutsinax, "Les dossiers individuels de mission conservés aux Archives nationales et leur apport à l’histoire de l’archéologie : l’exemple de la fouille d’Aphrodisias en 1905", Les Nouvelles de l’archéologie n°110, 2007, p. 40-47. En ligne : https://journals.openedition.org/nda/193
- Kenan T Erim., "De Aphrodisiade", American Journal of Archaeology, vol. 71, n°3, 1967, p. 233-243.
- Maxime Collignon, "Notes sur les fouilles exécutées à Aphrodisias par M. Paul Gaudin", CRAI 1904, p. 703-711. https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1904_num_48_6_20334
- Gustave Mendel, "Seconde note sur les fouilles exécutées à Aphrodisias par M. Paul Gaudin", CRAI 1906, p. 158-184. https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1906_num_50_2_71809
- Maxime Collignon, "Les fouilles d’Aphrodisias", Revue de l’Art ancien et moderne, 10 janvier 1906, p. 33-50. En ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5781605b/f46.item

Paul Gaudin fut le premier fouilleur de cette cité antique, au doux nom d’Aphrodite, qui a livré de riches vestiges d’architecture et de sculpture. Sa première campagne se déroula du 5 août au 15 septembre 1904 et la seconde du 19 août au 30 septembre 1905. Depuis 1961, les recherches sur le site se font sous les auspices de l’université de New York, qui y a entrepris une fouille systématique.

Adjugé : 35 000 €
34ème VENTE GARDEN PARTY - I
Dimanche 19 juin 2022

Albert Marquet (Bordeaux, 1875-1947, Paris)
Samois, été, 1917

Toile signée en bas à droite.

Haut. 65,3 Larg. 81,5 cm.

Provenance : collection de M. et Mme K., Touraine.

A 1917 painting by Albert Marquet entitled "Samois, Summer of 1917". Oil on canvas. Signed.

Avis d'inclusion dans le catalogue raisonné digital en préparation par Wildenstein Plattner Institute Inc.

Bibliographie :
- Collectif, "Albert Marquet, Peintre du temps suspendu", Paris Musée, 2016, œuvre à mettre en
rapport : L’Île aux Cygnes, l’été, Herblay, 1919, reproduite p. 117.
- Collectif, "Marquet, Vues de Paris et de l’Île-de-France", Paris Musée, 2004, œuvre à mettre en
rapport : Samois, l’île, 1917, reproduite p. 66.

Peintre de la marine, Marquet ne cesse de voyager au cours de sa vie, parcourant la France, les rives de la Méditerranée, l’Europe et le reste du monde. Mais c’est avant tout Paris et les rives de la Seine qui remportent son affection. Il a ici posé son chevalet en amont de la capitale française, à Samois-sur-Seine, en bordure de la forêt de Fontainebleau. Élève de Gustave Moreau et grand ami d’Henri Matisse, l’artiste développe un art unique, aux compositions élégantes et poétiques.

Marquet s’affranchit de toute convention théorique, livrant des paysages qui synthétisent la nature. Le peintre se démarque des grands courants artistiques, bien qu'il leur doive tout. En 1875, date de sa naissance, la peinture de paysage jouit d’un engouement sans précédent. Comme pour tant d’autres à cette époque, l’eau est un sujet obsessionnel. Le reflet des arbres, comme pour Monet, inspire à Marquet de puissantes compositions doublement inversées.

Suivant une sensibilité différente des impressionnistes, il ne s’intéresse pas à la diffraction de la lumière sous l’effet du clapotis de l’eau et préfère atténuer les altérations de la lumière pour que la couleur envahisse la toile, créant ainsi une vision énigmatique, parfois à la limite de l’abstraction.

Estimation : 120 000 € ~ 150 000 €
34ème VENTE GARDEN PARTY - I
Dimanche 19 juin 2022

Auguste Rodin (Paris, 1840-1917, Meudon)
L'Ecclésiaste, modèle créé en 1898

Bronze à patine médaille, signé et numéroté : "N°3/8" de l'édition originale.
Marqué : "E. Godard Fondr" et "@ By musée Rodin 1996".

Haut. 24,9 Long. 25,8 Prof. 28 cm.

Provenance : collection parisienne, depuis l'origine.

A bronze sculpture by Auguste Rodin entitled "Ecclesiastes". Designed in 1898, signed and numbered N°3/8.

Certificat d'origine du musée Rodin à Paris, par Jacques Vilain, directeur du musée, conservateur général du patrimoine, en date du 9 janvier 1997.

Bibliographie :
- Anne-Marie Bonnet, "Rodin Aquarelles érotiques", éditions Albin Michel, Paris, 1998.
- Catalogue d’exposition, "Rodin en 1900 : l'exposition de l'Alma", éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 2001, p. 90.
- Antoinette Le Normand-Romain, "Rodin et le bronze", (2 tomes), Paris, éditions du musée Rodin et RMN, Paris, 2007, t. 1, p. 315.
- John L. Tancok, "The sculpture of Auguste Rodin, The collection of the Rodin Museum Philadelphia", éditions David R. Goudine, Philadephie, 1976, p. 310.

Illustration : Auguste Rodin, Figure assise, début des années 1890, plâtre patiné, 19,1 x 24,8 x 19,1 cm, Rodin Museum Philadephia, n° F1929-7-105.

« J'AI UN VÉRITABLE CULTE POUR LE NU » - RODIN

L'Ecclésiaste prend sa source au début des années 1890, quand Rodin, qui travaille à la Porte de l’Enfer, modèle la Femme assise du musée de Philadelphie (n°F1929-7-105). Le maître initie alors un fascinant travail de démembrement et d'assemblage de ses sculptures, en usant et abusant de leurs changements d'échelle. D'autres études de ce modèle favori de l’atelier sont d'ailleurs conservées à l'état fragmentaire, telles le Torse Morhardt (c. 1895), Le Nu de grosse femme (avant 1900) ou La Coquille et la Perle (c. 1899-1900). C'est en 1898 que Rodin a l'idée de l'associer à un livre tout droit sorti de sa bibliothèque : L'Ecclésiaste. Le choix de ce support, unique dans toute son oeuvre, affranchit ce Nu de l'esthétisme langoureux des modèles allongés sur des coussins capiteux, tels que les avaient imaginés Boucher ou Fragonard avec La Gimblette, par exemple. Ce texte biblique, qu'on a longtemps pensé avoir été écrit par le roi Salomon, est marqué par une vision fataliste du sens de la vie, laissant à la postérité des expressions comme « Rien de neuf sous le soleil » ou encore « Vanitas vanitatum ». De façon très subversive, la Femme assise est donc retournée sur cet écrit hébraïque, exhibant son intimité dans une vanité renouvelée. Robert de Montesquiou la décrit en 1903 « opprimant et étoilant de sa nudité un livre de sciences ». De même que pour Iris messagère des Dieux (vers 1894), le sculpteur se sert ici du corps reposé de son modèle pour le présenter dans un équilibre impossible, qui lui confère une tension explosive.

Le critique Gustave Geoffroy reconnaît dans cette démarche les traits du génie : « Rodin, s'avisant de comparer les formes existantes avec les formes reproduites, est resté stupéfait devant les innombrables positions possibles. Non seulement, pour lui, les attitudes ne peuvent être réduites à quelques types, mais encore elles lui apparaissent infinies, s'engendrant les unes les autres par les décompositions et les recompositions de mouvements, se multipliant en fugitifs aspects à chaque fois que le corps bouge. »

De la Diane chasseresse de Houdon au Vagin de la Reine d’Anish Kapoor, la représentation du sexe féminin ne cesse jamais de provoquer le scandale. Diane est interdite de Salon en 1775 puis en 1777 et son bronze n’entre au Louvre en 1829 qu'à condition de combler et de marteler sa fente vulvaire. Cet acte symbolique, dérivant tout droit de l'excision, est toujours visible dans le plus grand musée du monde (n°NBC 204). De même que L'origine du monde par Courbet est longtemps restée voilée chez le psychanalyste Jacques Lacan derrière un paysage surréaliste d'André Masson, l'Ecclésiaste n'a pas été fondu en bronze du vivant de l'artiste. Rodin en avait pourtant exposé le plâtre à Bruxelles, La Haye ou Düsseldorf et même au pavillon de l'Alma en 1900 (n°24) et un marbre avait été taillé. Le musée Rodin n'entreprend ainsi la fonte de son plâtre qu'à la fin du XXe siècle. Notre bronze original, numéroté 3/8, est depuis resté dans la même famille. C'est l'Allemand Anselm Kieffer qui saisit peut-être le mieux l'incroyable puissance de cette petite sculpture, en en faisant l'un des points d'appui de sa confrontation avec Rodin en 2017, à Paris puis à la Barnes Foundation. Loin d'un érotisme voyeur, les nus de Rodin sont un véritable culte à la nature, aux corps des femmes et tout simplement à la vie !

Nous remercions Monsieur François Blanchetière, conservateur au musée d'Orsay pour son inspirant rapprochement avec la Diane de Houdon.

Adjugé : 40 000 €
AFFICHES d'ARTISTES
Mardi 15 mars 2022

[Exposition coloniale - Théâtre]
Imprimerie Camis à Paris
Lot de 2 affiches, épreuves originales imprimées en couleurs, non entoilées :

Henri Boulanger dit Henri Gray (1858-1924)
[Exposition d’ethnographie coloniale, Champ de Mars, palais des arts libéraux, 150 dahoméens]. [1893]. Affiche avant la lettre. Signée. Env. 128 x 100 cm (plis, déchirures, manque en marge, rousseurs/salissures) ;
Rarissime affiche.
À Paris, après le succès du "village nègre" (28 millions de visiteurs) édifié au pied de la Tour Eiffel lors de l'exposition universelle de 1889, est organisée en mars 1893 une "exposition d'ethnographie coloniale", présentée comme résolument scientifique, et destinée à justifier la colonisation du Dahomey, un royaume africain situé dans l'actuel Bénin. Pas moins de 150 Dahoméens sont exhibés avec en vedette "le roi Jonaï, chef d'Agoué, le prince Kosoko, deux ministres du Roi Toffa. Chefs, amazones, guerriers, féticheurs. Mœurs, costumes, habitations, combats, etc.". Un petit livret a été réalisé à l'occasion qui, sous prétexte d'éclairer sur les mœurs de ces populations, conforte le discours sur la "mission civilisatrice" de la colonisation et, de fait, sur l’inégalité des races. Il y est dit que "le peuple dahoméen avec ses coutumes barbares, ses sacrifices humains, était une honte pour la civilisation européenne. La France, en mettant un terme à ces atrocités, aura accompli une mission humanitaire […]".

Henri Boulanger dit Henri Gray (1858-1924)
« Tous les soirs / RIVOLI / aux FOLIES DRAMATIQUES ». [1896]. Signée. Env. 200 x 124 cm (plis, déchirures, petits manques, rousseurs/salissures).

Adjugé : 2 000 €
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