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Charles Lapicque : la collection impossible

Mercredi 01 septembre 2021

par Aymeric et Philippe Rouillac, avec Jacques Farran

Charles LAPICQUE (Théizé, 1898 - Orsay, 1988)
Le 11 novembre, 1938.
Haut. 100, Larg. 73 cm.
Charles LAPICQUE (Théizé, 1898 - Orsay, 1988)
Paysage dans l'Atlas Saharien, 1951.
Toile.
Haut. 96, Larg. 130 cm.
Charles LAPICQUE (Théizé, 1898 - Orsay, 1988)
San Zaccharia, 1956.
Toile signée et datée 56.
Haut. 130,5 Larg. 81 cm.
Charles LAPICQUE (Théizé, 1898 - Orsay, 1988)
Invitation à la Sagesse, 1961.
Haut. 97, Larg. 162 cm.
Charles LAPICQUE (Théizé, 1898 - Orsay, 1988)
Force huit, 1971.
Toile.
Haut. 89 Larg. 116 cm.
Charles LAPICQUE (Théizé, 1898 - Orsay, 1988)
Lion de Carthage, 1962.
Huile sur papier marouflé sur toile.
Haut. 33, Larg. 25 cm.
Charles LAPICQUE (Théizé, 1898 - Orsay, 1988)
Rendez à César, 1958.
Toile.
Haut. 116, Larg. 89 cm.

L'impossible collection d'oeuvres de Charles Lapicque réunies par Alain Merle sera dispersée le 7 novembre à Tours dans le cadre de la vente arts+design #5 organisée par les Rouillac.
Des oeuvres historiques du peintre, mais aussi un importante sculpture espagnol Lobo, un ensemble de mobilier des années 1930 par Royère, des gouaches du vietnamien Mai Thu ou un tableau lettriste de l'iranien Zenderoudi sont au programme de la vente

La collection Alain Merle

Si notre vente en 2019 du fonds d’atelier Maublanc & Auger a permis de présenter une rétrospective inédite de l’œuvre de Charles Lapicque (1898-1988), c’est au tour d’une « impossible » collection familiale de trouver le chemin des enchères sous notre marteau.« Impossible » car elle permet de porter un regard global sur l’Œuvre de celui qu’André Breton présentait comme l’un des dix artistes les plus importants de l’Art occidental. Réunies patiemment par Alain Merle, qui a épousé en 1982 l’une des petites-filles du peintre, ces œuvres reproduites dans les ouvrages majeurs sont extrêmement bien documentées et constituent le fonds de littérature de référence sur l’artiste. Si certaines ont été acquises sur le marché de l’art, notamment auprès de Marc Métayer, d’autres sont vierges, puisque demeurées accrochées depuis l’origine aux murs de la famille de l’artiste, auprès de laquelle elles ont été directement obtenues.

Bibliothèque du geste créateur

Cet ensemble s’érige en bibliothèque du geste créateur du peintre, constitué dans une démarche muséographique afin d’offrir une vision d’ensemble de son travail. Que ce soient ses débuts avec Le 11 novembre (1938), sa période africaine avec Paysage dans l’Atlas Saharien (1951), ses somptueux souvenirs de voyages en Italie avec San Zaccharia (1956), le cycle du tigre des Ming avec Invitation à la Sagesse (1961) ou encore ses productions plus tardives avec Force huit (1971), chaque période ou presque est illustrée par une œuvre majeure. Les dessins, qui sont parfois le modello d’une lithographie, y trouvent une place particulière. Certaines œuvres sont même illustrées par des photographies prises dans l’atelier de l’artiste, de l’anecdotique Lion de Carthage (1962) au splendide Rendez à César (1958). 

L'un des cinq maîtres de la peinture française

Charles Lapicque est un artiste à part dans l’histoire de l’art. Diplômé de l’École centrale, docteur ès-sciences, croix de guerre 14-18, commandeur de la Légion d’honneur et Juste parmi les nations, Pierre Restany voyait en lui l’un des cinq maîtres de la peinture française. La considération que lui portent respectivement le pape du Surréalisme et le théoricien des Nouveaux Réalistes démontre l’influence de son œuvre sur ses contemporains. Repéré par le sculpteur Jacques Lipchitz, qui le présente à la galeriste Jeanne Bucher, il est exposé par cette dernière en 1929. Ses recherches le poussent peu à peu vers la peinture abstraite dont il aurait pu devenir un maître.

Retour à la figuration

Mais Lapicque ne veut pas « renoncer aux beautés naturelles qui s’offrent à ses yeux. » Il effectue donc un retour vers la figuration, à la grande stupéfaction de la critique. Demeurant alors en marge des grands courants de l’époque, il est aussi proche de la « Nouvelle Figuration » que d’un mouvement baroque, décoratif, exubérant et dramatique. Son traitement par renversement des couleurs chaudes et froides dans le proche et le lointain rappelle le fauvisme. Son utilisation d’une couleur pure, directement sortie du tube, parachève son caractère inclassable. Ses recherches incessantes, ses voltefaces stylistiques sont autant d’accointances avec les démarches des artistes post-modernes. 

Reconnaissance officielle

Les Institutions ne s’y trompent pas. Le Musée national d’art moderne, après une importante donation, l’expose en 1967, puis le Centre Georges Pompidou en 1978 et en 1988. C’est la reconnaissance officielle. Les rétrospectives que lui consacrent aussi la Kunsthalle de Berne, les musées de Nantes, Grenoble, Münich, Hambourg ou encore Berlin témoignent de son importance dans l’histoire de l’Art et de l’incroyable richesse de sa production.

Pedigree prestigieux

La vie d’une collection est faite de mouvements de marées montantes et descendantes. Ainsi, Alain Merle a déjà eu l’occasion de se défaire sporadiquement de certaines de ses toiles, dont le célèbre Canot-but qui fut longtemps la plus haute adjudication mondiale de l’artiste au XXIe siècle. Le temps est venu pour lui de se défaire de cet ensemble. L’opportunité pour un collectionneur de se positionner sur tant d’œuvres au pedigree prestigieux est rarissime. Présenter cinquante-huit peintures, sculptures et dessins de première qualité est un honneur lui aussi quasiment « impossible » pour un commissaire-priseur. Notre reconnaissance à Alain Merle et à sa famille pour leur confiance est grande. Peintre et musicien du vide du désert jusqu’au vacarme de la mer, ces œuvres sont les morceaux choisis d’un génie sans égal… Gageons qu’elles orneront à l’avenir les murs d’amateurs éclairés qui y reconnaîtront le talent insolent d’un artiste solaire.

Vente arts+design #5

Ces cinquante-huit œuvres par Charles Lapicque formant la collection impossible d’Alain Merle seront vendues aux enchères lors de la vente « arts+design #5 » organisée par les commissaires-priseurs Philippe et Aymeric Rouillac le dimanche 7 novembre 2021 à Tours, sous les sheds d’aluminium dessinés par Jean Prouvé dans l’imprimerie Mame. D’importantes œuvres par Royere, Lobo, Zenderoudi ou Lé Pho sont également inscrits au catalogue de cette vente.

Exposition privée

Les toiles les plus importantes de Lapicque sont exposées jusqu’à la vente dans les bureaux de la maison Rouillac, 22 bd Béranger, 37000 Tours.

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Renseignements : 02 54 80 24 24.
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