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Maternité

Mardi 05 janvier 2021

par Pierre-Auguste Renoir, 1916

RENOIR SCULPTEUR

Au décès de son épouse Aline en 1915, Renoir imagine un monument funéraire destiné à sa tombe dans le cimetière de Nice. Avec le sculpteur Richard Guino, il réinterprète son chef-d'œuvre de 1885 la représentant allaitant leur fils ainé Pierre (Musée d'Orsay, RF 1998 35). Les deux hommes travaillent à deux sculptures, cette "Maternité" et son "Buste", pendant l'été 1916 à Essoyes puis à Paris. Un agrandissement du buste est finalement coulé dans le bronze, mais dérobé en 2005 du tombeau des Renoir qui avait été transféré à Essoyes.

Renoir, Pierre Bonnard et Missia Natanson, 1898


Entre 1913 et 1918, le marchand Ambroise Vollard "trouve des mains" pour Renoir, en la personne du jeune sculpteur catalan Richard Guino, un praticien de Maillol. Un cycle d'œuvres mythologiques inspirées de dessins et tableaux de Renoir est d'abord réalisé. Les sculptures sont fondues dans le bronze en huit exemplaires numérotés par le fondeur Valsuani et ensuite commercialisées avec succès par la Galerie Vollard. Il n'existe pas de contrat entre Guino et Renoir, mais seulement entre le catalan et le marchand. Une fois approuvés par le maître, les plâtres sont apportés à Paris où Vollard dispose de l'empreinte de la signature de Renoir. Édités hors de son contrôle, cela conduit Renoir à mettre un terme à cette aventure en 1918.

Notre sculpture, réalisée entre juillet et septembre 1916, n'est pas une commande de Vollard, mais une initiative du peintre avec le jeune sculpteur, en hommage à son épouse décédée. La fonderie Valsuani a par la suite fondu un nombre indéterminé de bronzes à partir de ce plâtre dans différentes tailles. Ainsi, deux séries de huit plus quatre épreuves d'artiste sont référencées (Haut. 31 et 54 cm), de même que d'autres séries par Rudier et Susse Frères numérotées sur dix ou vingt exemplaires (Haut. 53,7 ou 54 cm). De plus, deux séries paraissent avoir été réalisées de façon posthume en terre cuite, probablement à partir de surmoulages : l'une est numérotée sur cinq (Haut. 52 cm) et l'autre non numérotée mais marquée "Terre de Saline" (Haut. 50 cm.).

Renoir, Maternité, 1885, musée d’Orsay, Paris.


Provenant du fonds de la galerie Vollard puis de celle d'Etienne Bignou qui commercialisa aussi les bronzes de Renoir, notre plâtre serait donc le chef modèle original de cette longue et prestigieuse série. Restitué par le fondeur Valsuani à la galerie Vollard avec sa patine cireuse, il serait l'une des rares œuvres originales de Renoir et Guino sur la "Maternité" dont dérivent les autres tirages, comme un pendant au tableau dont il s'inspire, conservé au musée d'Orsay,

Nous remercions Isabelle Gaétan et Nadège Horner de la documentation du musée d'Orsay pour leurs précisions.

PIERRE-AUGUSTE RENOIR (Limoges, 1841 - Cagnes-sur-Mer, 1919)
et RICHARD GUINO (Gérone, 1890 - Antony, 1973)

"Maternité", 1916

Plâtre de fonderie, patiné.

Haut. 54,5 cm.
(Sauts de patine).

Provenance :
- Ambroise Vollard.
- Lucien Vollard.
- Galerie Bignou.
- Succession de Madame Marguerite Bignou.
- 17e vente Garden Party, Me Rouillac, château de Cheverny, 5 juin 2005, n°56.

The foundry plaster by Renoir and Guino entitled "Maternity" dating from 1916.

Bibliographie :
- Paul Haessaerts, "Renoir Sculpteur", éditions Hermès. Plâtre reproduit planche XXXII, n°17 : "Madame Renoir assise allaite son fils aîné, Pierre".
- Emmanuelle Héran, "Renoir sculpteur ", in "Renoir au XXe siècle", Paris – Galeries nationales du Grand Palais, Cat. éd. Paris RMN, 2009, pp. 70 à 81.

Certificat bien culturel de libre sortie du territoire.

Lors de la vente aux enchères de cette œuvre en 2005, le conseil de la Succession Richard Guino a confirmé son authenticité, précisant que l'éventuelle édition de ce plâtre est limitée aux ayants droit des artistes. Ainsi, cette œuvre est protégée et sa reproduction soumise à autorisations.
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