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La ville de Dieppe de Monet, 1882

Mardi 05 janvier 2021
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par Géraldine Lefèbvre

<i>La ville de Dieppe</i> par Claude Monet, 1882
La ville de Dieppe par Claude Monet, 1882

En 1882, à Dieppe, Pourville et Varengeville, Claude Monet passe plusieurs semaines très productives au cours desquelles il exécute une centaine de toiles dont quatre-vingt-dix marines. Lors de son unique séjour à Dieppe, entre le 5 et le 15 février 1882, l’artiste peint seulement deux tableaux dont La Ville de Dieppe, proposé à la vente aujourd’hui. Monet est alors un homme de quarante-deux ans, veuf depuis la mort de sa femme Camille en 1879 et père de deux jeunes garçons. Les difficultés financières sont nombreuses et l’artiste dépend pour beaucoup des ventes effectuées par son marchand Paul Durand-Ruel. A Dieppe, Monet sillonne la ville et ses alentours jusqu’à l’épuisement ; il peine à trouver son motif et cherche à fuir tout vestige de vie citadine. Il s’arrête enfin sur un replat en hauteur situé derrière le vieux château ; le point de vue est grandiose et embrasse l’ensemble de la ville, de la mer à l’ouest à la vallée d’Arques à l’est. Le lieu est fréquenté par les peintres et lithographes qui fournissent des illustrations pour les guides de voyage. D’autres publications comme La Normandie pittoresque et monumentale de Taylor et Nodier (1) ou La Normandie illustrée éditée par Charpentier à Nantes, proposent des panoramas depuis lesquels le promeneur peut jouir en solitaire des beautés de la nature. Tout en s’appuyant sur cet héritage, Monet s’en libère pour construire un paysage baigné de variations lumineuses des plus subtiles, une œuvre forte, aux raccourcis topographiques saisissants.

Fig.1- D’après Charles François Daubigny et Morel-Fatio, Vue du
quai Henri IV et de l’Hôtel Victoria, gravure sur bois, reproduite
dans Jules Janin, Itinéraire du chemin de fer de Paris à Dieppe,
Paris, Librairie L. Hachette et Cie, 1847, p. 101.

Fig.2- J. Yzard, Hôtel de la Reine Victoria (ancien Hôtel du Roi
d’Angleterre), gravure reproduite dans Itinéraire de Paris à la mer
par le chemin de fer de Dieppe. Paris, Rouen, Dieppe, Dieppe,
E. Delevoye, 1849, p. 83.

Fig.3- Georges Marchand, Quai Henri IV, prise de la poissonnerie
de détail, photographie, 10 x 9,5 cm. Médiathèque Jean Renoir -
Fonds photographique Georges Marchand (1877-1964) Cote
GM1229. A gauche, l’Hôtel de Londres reconnaissable avec ses
deux niches sculptées et à côté, les bâtiments de l’Hôtel Victoria.

Monet et Dieppe

Le 5 février 1882, parti de Poissy « le matin à la première heure », Claude Monet manque sa correspondance à Mantes et rejoint Dieppe en train omnibus via Rouen. De 1880 à 1882, la ville de Dieppe s’est embellie et a dépensé près de trois millions de francs pour s'assainir et renouveler son pavage, proposant aux visiteurs des rues propres et bordées de trottoirs en asphalte. Dès son arrivée, en début d’après-midi(2), l’artiste s’installe au Grand Hôtel du Nord et Victoria(3), qui occupe quatre bâtiments - n°s 9, 11, 13 et 15- sur le quai Henri-IV. Précédemment connu sous le nom d’Hôtel du Roi d’Angleterre (fig.1 et 1bis), l’hôtel propose une pension au prix de 20 francs par jour, somme que Monet juge très élevée pour une installation qui lui convient assez moyennement(4). Mais la position de l’hôtel est centrale ; il est situé à proximité de la gare, en face du quai des paquebots faisant la liaison avec le port anglais de Newhaven, non loin de la jetée de l’ouest, de la plage et du vieux château. L’hôtel Victoria voisine avec l’hôtel de Londres, dans un quartier très animé par de nombreux cafés et restaurants installés sur les quais Henri IV et Duquesne (fig.2 et fig. 3)(5). Mais Monet est insatisfait et confie à sa compagne Alice Hoschedé : « Quand la nuit vient, où il faut me retirer dans mon affreuse chambre d’hôtel ou bien aller dans un café au milieu d’un tas de types de province, cela est crevant et j’aime mieux rester dans ma solitude »(6) (fig.4). Le soir le trouve donc partagé entre l’angoisse de la chambre d’hôtel solitaire et la salle de café provinciale.

Fig.4- Lettre de Claude Monet à Alice Hoschedé, Dieppe, mercredi
8 février 1882. Paris, Archives Durand-Ruel.

Mais Monet rebondit avec énergie car il y a « beaucoup à faire » et il compte « rapporter beaucoup de choses »(7). Il constate que, si la mer est superbe, les falaises paraissent moins belles qu’à Fécamp. Désireux de sortir de Dieppe où il se sent trop « en ville », il parcourt « tout le pays, tous les chemins... dessous et dessus les falaises », à la recherche de motifs inédits(8). A Dieppe, Monet exécute deux dessins et deux peintures. Son intérêt ne se porte pas sur un édifice en particulier comme le fera Camille Pissarro en 1901 mais il préfère des vues d’ensemble de la cité. Dans ses deux dessins Dieppe vu du Pollet (D 228) et L’Avant-port et l’église Saint-Jacques et (D 232), conservés au musée Marmottan à Paris, Monet s’intéresse à la ville vue depuis le port et les bassins. Il saisit les verticales des mâts des bateaux, les lignes des quais et le dessin des architectures des principaux bâtiments. De ce même point de vue, il peint un grand tableau le Port de Dieppe, le soir (Dixon Gallery and Gardens, Memphis) (fig. 5). La ville est prise depuis le quartier du Pollet et apparaît dans l’ombre du soleil couchant avec ses bassins, ses quais bordés de maisons, dominées par la masse de l'église Saint-Jacques.

Fig.5- Claude Monet, Port de Dieppe, le soir, 1882, huile sur toile,
69 x 73 cm. Memphis (États-Unis), Dixon Gallery and Gardens.

Le lieu de la peinture

Dans La Ville de Dieppe, Monet s’est placé sur l’esplanade de la Citadelle située au Sud du château médiéval. Depuis ce lieu, le point de vue sur la ville est complet. Le château, bâti sur le rebord de la falaise, à environ 30 mètres au-dessus du niveau de la mer, domine de sa masse fortifiée la cité normande. Jusqu'en 1789, il est le siège du pouvoir royal et de la garnison chargée de défendre la ville. La vocation militaire du lieu transparaît dans la gravure de J.A. Lewis d’après un dessin de Clarkson F. Stanfield de 1850 (fig.6). Mais en cette fin du 19e siècle, le lieu est devenu une vaste esplanade verdoyante propice à la promenade et à la contemplation. L'artiste a emprunté le chemin qui « monte par derrière le château sur la falaise »(9) ainsi que le recommande les guides touristiques à celui qui veut jouir de la beauté du point de vue sur la ville et la mer. Un tirage de Georges Marchand (1877-1964), photographe et éditeur de cartes postales à Dieppe, montre le château avec ses remparts, le profond fossé qui l’entoure et l’esplanade qui à l’ouest mène à la falaise (fig.7). Le point le plus élevé, à gauche de la photographie, correspond exactement à l’endroit où Monet a posé son chevalet pour peindre sa toile. Son regard s’est tourné vers l’enceinte sud du château et les vestiges de la première église Saint-Rémy. Celle-ci est identifiable à sa tour carrée bâtie en forteresse au XIVe siècle et reliée ensuite à l’enceinte du château. Ses ogives aveugles témoignent de sa première fonction d’église. A gauche de la toile, un clocher pointu au toit d’ardoises émerge de la brume. Il s’agit de la nouvelle église Saint-Rémy, édifiée au 15e siècle, au cœur de la ville en remplacement de la précédente. Au centre de la composition, se dresse la silhouette de pierre de l'église Saint-Jacques avec sa haute tour des cloches au décor flamboyant caractéristique de cette époque.

Fig.6- Georges Marchand, La Tour Saint-Rémy, prise du Château,
négatif sur plaque de verre, 18 x 13 cm. Médiathèque Jean Renoir
– Fonds photographique Georges Marchand (1877-1964) – Cote
GM1452.

Monet aime la ville du Moyen-Age qu’il identifie par ces trois édifices religieux les plus anciens. Il ne s’attache absolument pas à rendre l’enchevêtrement des toitures, la densité de l’habitat et les bâtiments contemporains qui font de Dieppe une cité balnéaire à la mode. Monet est resté en retrait de la ville moderne ; il a choisi de ne pas représenter les infrastructures touristiques, telles que le casino et l’établissement des bains situés le long de la promenade. Il a peint une vue pittoresque et bucolique de la cité dieppoise. A l’arrière-plan, la ville est volontairement gommée, effacée dans un entrelacs de petites touches bleues vertes qui évoquent aussi bien le clapotis de l’océan que la campagne environnante.

Fig.7- D’après un dessin de Clarkson F. Stanfield (1793-1867),
Château et tour Saint-Rémy, vers 1850, gravé sur bois par J.A.
Lewis. Médiathèque Jean Renoir - Fonds ancien – Cote 03_02_11.
Fig. 6

Un point de vue inédit sur Dieppe

Au premier plan, Monet a placé un marcheur solitaire qui s’apparente à une projection de l’artiste lui-même contemplant le paysage. Ce dispositif est très répandu dans la gravure et la littérature des guides touristiques. Dans Dieppe, vue générale de la Ville et du Château (fig.8), le peintre et lithographe Isidore Deroy (1797-1886), propose une vue d’ensemble de la ville d’un point de vue assez proche de celui de Monet. Au premier plan, il campe quelques personnages contemplant la ville depuis un coteau verdoyant. Mais Deroy s’attache à rendre précisément les moindres détails de l’architecture et la densité urbaine, ce que Monet occulte délibérément. Si ce dernier ne supprime pas l’identité de la Ville qui est reconnaissable à travers ses trois principaux édifices religieux, il gomme toutefois les toits des habitations. La vision de l’artiste ne se veut pas descriptive, encore moins réaliste mais cherche à transmettre une impression d'un certain aspect de la nature à un instant donné. En cela elle s’oppose également aux guides touristiques tels que ceux d’Adolphe-Laurent Joanne (1813-1881), qui illustrés de petites vignettes lithographiées, proposait un point de vue bien défini que le voyageur pouvait reconnaître assez facilement en atteignant les hauteurs des falaises.

Le petit personnage au premier plan – promeneur anonyme ou représentation de l’artiste - accentue la monumentalité de l’architecture et conduit progressivement le regard du spectateur vers le lointain. Cette figure tout comme l’arbre à droite sont utilisés comme « repoussoirs », afin de marquer à la fois l’échelle et la distance entre le premier et l’arrière-plan. Comme beaucoup de peintures exécutées sur la côte normande en 1882, Monet réduit son champ de vision et créé un effet vertigineux en plaçant son personnage au bord du vide – ceci devient évident quand on se place exactement à l’endroit où se trouvait le peintre, que ce soit à Dieppe ici ou sur les falaises de Pourville. Ce procédé permet à la fois une sensation de distance et de suspension aérienne du spectateur. Par ailleurs, la grande diagonale de la pelouse du premier plan annonce la construction des peintures exécutées à Pourville ensuite (W709 et W710).

Histoire de collectionneurs

Fig.8- Deroy, Dieppe, vue générale de la Ville et du Château, vers 1845, dessiné et lithographié par Deroy, n°39 de la collection
« La France ». Médiathèque Jean Renoir - Fonds ancien – Cote 01_01_39.

Claude Monet conserva le tableau jusqu’à sa mort. C’est son fils Michel Monet qui s’en sépare en janvier 1940 au profit de la galerie André Weil. A l’occasion du centenaire de la naissance de Monet, la galerie parisienne organise une exposition au bénéfice du « Colis aux Armées »(10). Les membres de la famille Monet sont sollicités par André Weil et prêtent des œuvres de leurs propres collections(11). Michel se montre très généreux, honorant ainsi la mémoire de son père qui de son vivant n’hésitait pas à donner des œuvres au profit des victimes de la guerre. La Ville de Dieppe n’est pas inscrite au catalogue mais c’est à cette occasion que l’œuvre entre dans la collection personnelle d’André Weil. Le régime nazi oblige bientôt la galerie à fermer et André Weil à fuir la France, en emportant notamment ce tableau de Monet. En août 1941, Weil trouve refuge aux États-Unis et ouvre une galerie. Le tableau est vendu à la galerie new yorkaise Knoedler & Co en janvier 1945 pour la somme de 2000 $ qui le cède cinq mois plus tard à Mrs Charles V. Campbell (1910-1995). Née Isabel Cranfill, elle devient l’épouse du financier texan Charles V. Campbell(12), en 1933. Très impliquée dans de nombreuses associations caritatives, Isabel Campbell était présidente de la Dallas Junior League de 1944 à 1945, de la Fondation Saint Matthieu pour les enfants de 1954 à 1955 et de la Dallas Day Care Association. Après son décès, la maison de vente Christie’s fut chargée de la vente du tableau de Monet. Depuis, l’œuvre est restée en mains privées.

Géraldine Lefebvre

Docteur en histoire de l’art, commissaire d’exposition
En charge du catalogue raisonné des dessins de Claude Monet au WPI.

Notes

(1) Dans cet ouvrage paru en 1820 et 1825 pour les deux tomes normands et dans bien d’autres comme La Vieille France de Robida, les premiers voyageurs, anglais, parisiens et érudits sont à la recherche de vestiges archéologiques et de pittoresque. Leurs publications sont à l’origine de la diffusion des premières images normandes
(2) D’après la lettre 233, Dieppe, 6 février 82, à Alice Hoschedé, l’arrivée à Dieppe aurait eu lieu le jour même à 14 heure. D’après la lettre 234 (cf. supra, note 7), cette arrivée remonterait à la veille. En fait, Monet a dû se tromper en datant l’un ou l’autre des deux documents. Daniel Wildenstein, Claude Monet Biographie et Catalogue raisonné, Lausanne, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1979, tome II 1882-1886, lettre 233, p. 213.
(3) D’après le guide « Itinéraire du chemin de fer de Paris à Dieppe », de Jules Janin de 1847, le Grand Hôtel Victoria, tenu par M. Crévier, fait partie des principaux établissements de Dieppe. Ancien Grand Hôtel du Roi d’Angleterre, il se trouve situé en face du quai des paquebots d’Angleterre et près de la Douane.
(4) Daniel Wildenstein, Claude Monet Biographie et Catalogue raisonné, Lausanne, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1979, tome II 1882-1886, lettre 240, p. 214.
(5) Eugène Delacroix séjourne à Dieppe à trois reprises, en 1852, 1854 et 1860. En 1852, il est à l’hôtel de Londres et en 1860 à l’hôtel Victoria. S’il aime se promener dans la ville, il est peu sensible à son spectacle. Bruno Delarue, Caroline Chaine, Pierre Ickowicz, contributions de Géraldine Lefebvre, Les Peintres à Dieppe et ses environs Varengeville, Pourville et Arques, éd.Terre En Vue, 2009, p. 68-69.
(6) Daniel Wildenstein, Claude Monet Biographie et Catalogue raisonné, Lausanne, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1979, tome II 1882-1886, lettre 236, p. 214.
(7) Daniel Wildenstein, Claude Monet Biographie et Catalogue raisonné, Lausanne, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1979, tome II 1882-1886, lettre 234, p. 213.
(8) Daniel Wildenstein, Claude Monet Biographie et Catalogue raisonné, Lausanne, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1979, tome II 1882-1886, lettre 235, p. 213.
(9) Adolphe Joanne (1813-1881), Guides Joanne. Dieppe et le Tréport, Paris, Hachette, 1892, p.11.
(10) En 1939, la poste militaire venait tout juste d’entamer une série de réformes pour améliorer ses services.
(11) Blanche Hoschedé-Monet, le commandant Saleroux et Michel Monet font partis des prêteurs
(12) Président de Campbell Henderson & Cie à Dallas, Texas.

CLAUDE MONET (Paris, 1840 – Giverny, 1926)

La Ville de Dieppe, 1882

The city of Dieppe (titre Knoedler)

Toile.
Signature apocryphe sur la doublure de la toile « Claude Monet ».

Haut. 60, Larg. 74 cm. 29 x 23 ½ in. (Knoedler)
Certificat du Wildenstein Institute, 23 octobre 2014.

Provenance :
- Famille de l'artiste, Giverny.
- Galerie André Weil, Paris.
- André Weil, Hotel Langdon, 2 E., 56th, New York.
- M Knoedler & Co Inc. New York, acquis du précédent en janvier 1945 pour 2000$.
- Mrs Charles V. Campbell (1910-1995), 4505 De Loasle Ave, Dallas, Texas, acquis du précédent en juin 1945 pour 2500$, sous le titre The City of Dieppe.
- Vente, New York, Christie’s, 30 avril 1996, n°32, repr. coul. Property from a Texas Estate.
- Vente, Paris Drouot Montaigne, 17 décembre 1998, n°10, repr. coul.
- Collection particulière, Suisse puis Japon, c. 2012.

Expositions :
- Centenaire de Claude Monet - Exposition au profit du « Colis aux Armées », Paris, Galerie André Weil, 30 janvier - 21 février 1940, s.n., n. r..
- Claude Monet, Seasons and moments, New-York, MOMA (Museum of Modern Art), March 9 – May 15, 1960 et Los Angeles, Los Angeles County Museum of Art, June 14 – August 7, 1960, p.61, n°30 ? (The Harbor at Dieppe (Private collection, New York)).

Bibliographie :
- Daniel Wildenstein, Claude Monet Biographie et Catalogue raisonné, Lausanne, Paris, La Bibliothèque des Arts, 1979, tome II 1882-1886, n°707, p 60, repr. p. 61 (noir & blanc).
- Daniel Wildenstein, Monet Catalogue Raisonné, Cologne, Paris, Taschen, Wildenstein Institute, 1996, vol. II, n°707, p 265, repr. p. 264 (sépia).

Note :
Dos du tableau :
Signature apocryphe sur la doublure de la toile « Claude Monet ».
Etiquette sur le châssis (en rouge pour le numéro) « 43200 Picture ».
Numéro au feutre bleu "CA 2382" (n° photo. Knoedler).
Numéro au feutre noir "9440".
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