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Rarissime aiguière et son bassin en vermeil

Dimanche 04 octobre 2020

réalisés par Gilles Claude Gouël en 1742

AIGUIÈRE et son BASSIN en argent doré par Gilles Claude GOUËL, 1742

L’AIGUIÈRE de forme balustre sur piédouche à contours de filets et rubans en rappel. Anse gracieusement contournée, seule demeure rectiligne la bague qui cerne en son milieu le corps de la pièce, et le feuillage appliqué alternant avec le typhus-roseaux en partie inférieure. Les autres moulures s’incurvent gracieusement, épousant le contour du bec et du couvercle. Le décor de canaux, de coquilles et de feuillages offre la même liberté aimablement retenue tant sur l’aiguière que le bassin. Bec verseur à cartouche rocaille et frise de cuirs, bordé. Anse en crosse surmonté d’une coquille. Couvercle à coquille.
Le BASSIN de forme oblongue aux côtes trilobées, à frise de cuir et réserve à quatre coquilles, flanqués de thyphas.

Orfèvre Gilles Claude GOUEL, reçu maître à Paris en 1727.
Paris, 1742.

Longueur du bassin: 34 cm.
Hauteur de l’aiguière: 23 cm.
Poids total: 2.144 g.
(revermeillé.)

Provenance : descendance de Jean Marie-Pie Michel Claret (1805-1886), architecte-décorateur de Napoléon III et protégé du baron James de Rotschild.

Ewer and its rocaille silver basin gilded by Gilles Claude Gouël in 1742.

Référence :
À rapprocher de l’aiguière et son bassin par Jean Fauché 1739-1742, aux armes de la famille de Cottereau - conservés au Metropolitan Muséum de New York.
Reproduction in « les grands orfèvres de Louis XIII à Charles X », Connaissance des arts,
Hachette, 1965, p.134-135.

D’une dynastie d’orfèvres parisiens, Gilles Claude Gouël est le fils du maître Gilles Gouël (reçu en 1694), le frère du maître Pierre-Aimé (1749), et le père du maître Antoine (1758). Il est établi à Paris demeurant quai des Orfèvres, puis en 1748 au Pont Saint-Michel, paroisse Saint-Barthélémy.
Son poinçon est une fleur de lys couronnée surmontant des initiales G.C.G., deux grains et un raisin. En 1751 il devient garde de la corporation et en 1764 grand-garde. En 1767 l’assemblée des orfèvres le propose comme consul, il meurt en 1767 et est enterré à Saint Barthélémy.
in « Le poinçon de Paris, répertoire des maîtres-orfèvres de la juridiction de Paris depuis le moyenâge jusqu’à la fin du XVIIIe siècle ». Fleury, 1927, p. 268.

Rare sont les aiguières et leurs bassins en vermeil sous Louis XV conservés de nos jours.
Celle de Charlotte-Aglaé d’Orléans, fille du Régent Philippe II d’Orléans et de Mademoiselle de Blois (fille de Louis XIV et de Madame de Montespan) duchesse de Modène est reproduite en couverture de l’ouvrage de Paul Micio « Les collections de Monsieur frère de Louis XIV ». Œuvre de Besnier, elle est datée de 1719.

Avant le XVIIIe siècle, la coutume exigeait le lavage des mains à table dans une grande maison. Souvent, un serviteur tenait une bassine pour les convives tandis qu'un autre versait l'eau d'une aiguière. Cette pratique était particulièrement importante avant que l'utilisation des fourchettes ne se répande, mais au début du XVIIIe siècle, les ensembles de fourchettes, de couteaux et de cuillères assortis étaient d'usage courant. Ainsi, après environ 1700, les aiguières et ses bassins de grande taille ont été produits principalement à des fins d'exposition et auraient été logés sur un buffet ou un buffet à étages. En revanche, les plus petits modèles comme celui-ci étaient destinés à être utilisés pour la toilette, le rituel quotidien de bain et de toilette qui avait lieu dans la chambre à coucher.

« En dehors des orfèvreries royales ou princières, les maîtres parisiens créent des pièces d’une élégance plus simple mais tout aussi raffinée. »
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