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Ornements liturgiques du règne de Louis XIV

Dimanche 04 octobre 2020

Un luxe éblouissant symbole de la Monarchie absolue et de l'Église triomphante

Somptueux ORNEMENTS LITURGIQUES du règne de LOUIS XIV

brodés de soie, fils d'or, d'argent, et rehaussés de perles. Fond de lames d'argent ondées en couchure, broderie en relief de filé, cannetille, frisé et lampes or et argent, de fils de soie polychrome au passé empiétant et point fendu. Encadrement d'une riche polychromie de fils de soie.

VOILE de CALICE sur fond brodé en couchure de filé d'argent travaillé en spirale ou gironné, et au riche décor brodé d'entrelacs et d'arabesques filé or, ponctué de cannetilles or en couchure et en guipure, paillettes or et perles. Le tout parsemé de fleurs (roses, renoncules, œillets, lys, ancolies, anémones…), feuillages et pampres de raisins traités au naturel en fils de soie polychrome au passé empiétant et point fendu. Au centre, un médaillon rayonnant orné du portrait du Christ adolescent revêtu d'une tunique bleue. Le contour orné d'une ligne de frison or.
Larg. 64, Long. 75 cm.

BOURSE de CORPORAL au même décor, parsemé de roses, œillets, feuillages et pampres de raisins. Au centre, une croix de Malte rayonnante et ondulante à huit pointes, filé et paillettes or en guipure et en couchure, décorée d'un groupe de cinq perles. Bordure galonnée.
Haut. 27,5 Larg. 22,5 cm.

Le décor floral et végétal, véritable jardin "spirituel", invite les fidèles ou les moniales à pratiquer la Charité (la rose), la Foi et l'Espérance (l'œillet), la Chasteté (le lis), et à méditer sur l'Amour du Christ (anémone), la Passion (le raisin), les grâces du Saint Esprit (l'ancolie), etc. Les cinq perles au centre de la croix rappellent les cinq mystères médités dans la prière du Rosaire.

France, XVIIe siècle, époque Louis XIV.

Sumptuous liturgical ornaments edged with silk, gold, silver and pearls, from the reign of Louis XIV.

"Un luxe éblouissant pour symboliser la Monarchie absolue et l'Église triomphante, ou le modèle français pour l'Europe".

Par Philippe Rouillac

Ce travail de moniale pourrait être rapproché des collections du musée des Tissus à Lyon, comme des broderies des costumes de Cour, ou encore du travail des Carmélites de Blois. Le musée d'art diocésain de Blois conserve en effet voile de calice et bourse au même décor floral, et aux mêmes broderies filé argent et or.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, à l'instar des Ursulines d'Amiens, les Carmélites de Blois furent connues pour leur précieux travail de broderies de soies aux fils d'or et d'argent, qu'elles commercialisaient à l'extérieur de leur couvent. Et ce notamment grâce à la mère supérieure Marguerite de la Croix, dite Marguerite Thamary, ancienne brodeuse de la reine Marie de Médicis.

Marie de Médicis aimait beaucoup les broderies et affectionnait particulièrement les broderies orientales. Elle faisait venir d'Orient des brodeuses pour confectionner ses robes. Originaire de Géorgie, Marguerite Thamary "fut prise par des pirates et vendue à un boulanger portant le pain chez Monsieur le comte de Brèves, ambassadeur à Constantinople ; elle plut à sa fille qui voulut la racheter et la prit chez elle." (Chroniques de l'Ordre des Carmélites). Peu de temps après, l'ambassadeur l'offrit à la "reine marie de Médicis qui l'occupa à des ouvrages de broderie, pour lesquels son adresse et son habileté étaient remarquables." Dans le premier tiers du XVIIe siècle, Marguerite prononça les vœux et rejoignit l'ordre des Carmélites. Entre 1641 et 1647, elle dirigea le carmel de Blois et forma ainsi de nombreuses professes blésoises à l'art de la broderie fine.
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