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Maria Wiik

Mardi 25 février 2020
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L'enfance de la peinture scandinave

Portrait de la fratrie Wiik
Portrait de Marietta par Maria Wiik, c. 1880
Autoportrait de Maria Wiik
Enfant auprès du feu par Maria Wiik
Portrait d'enfant par Maria Wiik
Au bureau par Maria Wiik

Une artiste née en Finlande

À l’heure où les études d’histoire de l’art nous invitent à redécouvrir le parcours d’artistes femmes, la présentation en vente publique d’une collection de neuf œuvres de Maria Wiik (1853-1928) est un événement. Ces œuvres et les autres qui les accompagnent, sont restées conservées dans la famille Wiik par descendance de sa sœur Emilia Wiik. Elles permettent à la fois de présenter l’itinéraire artistique d’une pionnière de la peinture scandinave et de mieux connaître l’art finlandais de la fin du XIXe au début du XXe siècle.

Née en 1853 à Helsinki, de Gustava (n°290) et Jean Johan Erik Wiik (1804-1876), Maria grandit dans un environnement dominé par les arts, entourée de ses frères et sœurs (n°291). De son père architecte, auteur notamment du bâtiment de l’Université du grand duché de Finlande (n°292), elle tire le goût des arts graphiques. À 21 ans, elle prend des cours à l’École de dessin d’Helsinki et, en parallèle, s’exerce dans l’atelier privé d’Adolf von Becker (1831-1909).

Formation parisienne

En 1875, elle rejoint Paris afin de poursuivre son apprentissage au sein de l’Académie Julian. C’est en effet le seul lieu dispensant des cours pour les femmes, où des modèles masculins posent même en caleçon, comme l’évoque sa condisciple Marie Bashkirtseff. En 1880, alors qu’elle rentre enseigner à Helsinki, Maria Wiik expose pour la première fois au Salon des artistes français. D’abord influencée par le courant réaliste, elle s’inscrit ensuite dans la veine du mouvement symboliste de Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898), avec qui elle travaillera dans l’atelier Bouvet. En 1900, elle obtient une médaille de bronze lors de l’Exposition universelle à Paris.

Ses portraits font ressortir avec force les sentiments de ses personnages, à l’exemple du portrait de Marietta (n°293). Notre tableau référencé sous le numéro 57 du catalogue raisonné est une œuvre préparatoire à la Marietta peinte à l’été 1880. Elle l’a présente au Salon de Paris deux ans plus tard (n°3924). Ce tableau l’accompagne toute sa vie, comme aux nombreuses expositions auxquelles elle participe entre 1882 et 1924 tel qu’à Moscou et Helsinki. Couverte d’un foulard et d’un habit à carreaux rouge et noir, la jeune femme italienne au regard mélancolique dévisage le spectateur, jouant sur un très fort contraste du fond sombre.

Des tableaux de famille

Si son autoportrait (n°294) propose une composition analogue, Maria Wiik sait également capter avec tendresse le regard et les jeux des enfants des campagnes et bords de mer (n°293 à 300). Elle représente ainsi avec attention les traits de ses proches comme sa nièce Elsa Lindberg (n°296). De ses œuvres ressortent un traitement absolu de la lumière, passant d’un ciel clair et nuageux aux tonalités grises et sombres des eaux dans lesquelles il se reflète. Artiste complète, maîtrisant aussi bien l’aquarelle que la peinture à l’huile, elle représente également des natures morte et des paysages (n°301).

Si Maria Wiik est une artiste confidentielle en France, elle figure parmi les artistes finlandaises majeures. C’est elle qui introduit dans son pays les influences artistiques parisiennes, anglaises et italiennes qu’elles découvrent à l’occasion de ses voyages au fil des années 1880, et grâce à la copie des œuvres des maîtres. Les trois importantes études biographiques qui lui sont consacrées montrent tout l’intérêt de son art et permettent de mieux envisager l’évolution de la peinture scandinave au contact des avant-gardes européennes.

Bibliographies :
- Pia Katerma, Maria Wiik, Werner Söderstrom Osakeyhtiö, 1954.
- Riitta Konttinen, Maria Wiik, Otava, 2000.
- Helena Westermarck, Three artists, 1937.
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