38e VENTE GARDEN PARTY

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Lot 204
Jan van Bijlert (Utrecht, 1603 - 1671)
Le fils prodigue

Panneau de chêne, parqueté
Signé à droite "J.Bijlert".
Etiquette d'exposition "Le pain et le vin" au revers à la galerie Charpentier,1954

Haut. 40 Larg. 70,5 cm.
Restaurations anciennes.
Cadre en bois sculpté redoré d'époque Louis XIV.

Provenance :
- collection Porgès, Paris 1911 (selon Janssens) ;
- vente à Amsterdam, Muller, 15-18 avril 1947, n°540, marchand d'art de Katz, Dieren ;
- vente Nathan Katz, Paris, galerie Charpentier, 25 avril 1951, n° 11 ;
- collection Louis Henri Girard (1881-1973), industriel à Champagnole, Jura ;
- par descendance, collection particulière, Tours.

The Prodigal Son by Bijlert, on cradled oak panel.

Art Loss Register, 24 février 2026, n°ALRS00267698.

Numérisation en très haute définition et passeport digital sécurisé dans la blockchain par Nüme accessible sur demande depuis rouillac.com

Expositions :
- Leipzig, Musée des Beaux-Arts, 1929, cat. N° 995 ;
- Chez Katz, Deventer, Hôtel de Ville, 1948, n° 9, sans catalogue ;
- Le pain et le vin, Paris, Galerie Charpentier, juin 1954, n°154.

Bibliographie :
- Hofestede de Groot in Oud Holland 13, 1894, n°36 ;
- W. Busch, in Oud Holland, 97 1903 n° 259 ;
- W. Busch, 'Rembrandt's "Ledikant" - der Verlorenen Sohn im Bett,' Oud Holland 97 (1983), pp. 257-265, fig.2 (selon Janssens) ;
- Connaissance des arts, 15 juillet 1953, n°17, reproduit pp. 26-27 (selon Janssens) ;
- Hoogewerff, 1965, n° 16.
- Moiso-Diekamp, 1987, p. 146.
- Huys Janssen, Paul. Jan van Bijlert ?: 1597/98-1671 ?: Catalogue Raisonné. Amsterdam Philadelphia (PA): John
Benjamins B. V., 1998, p. 103, n° 22, repr. p. 308, planche 124.

Une copie de notre tableau est passée en vente à Londres, Sotheby's, le 9 décembre 1991, n° 160.
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Jan van Bijlert (Utrecht, 1603 - 1671) 
Le fils prodigue...
Lot 204
Lot 205
Ecole alsacienne du XVIIe siècle
Triptyque des cordiers de Strasbourg

Panneaux.
Inscrit dans les phylactères : 'Christian Berger von Sittawwar' ?

Haut. 66 Larg.53,5 cm.
Haut. totale : 100 cm.
Larg. totale : 110 cm.

Provenance : collection d'Aviau de Piolant, château de Ternay, depuis le début du XIXe siècle.

17th-century Alsatian School. Triptych of the Cordiers brotherhood. Panels.

En 1684, les troupes de Louis XIV entrent dans Strasbourg, imposant la religion catholique à cette ville qui était restée à l'abri de la Guerre de Trente ans dans le giron du Saint-Empire. La confrérie des cordiers, réunis au sein de "la Mauresse", est alors la septième dans l'ordre d'importance des confréries de la ville. On retrouve sur ce tryptique son emblème officiel constitué d'une pelote, d'un râteau, d'une manivelle et d'une flèche. Cette confrérie réunit cordiers, chanvriers, fripiers, fruitiers, brocanteurs, fabricants de chandelles, charretiers, marchands de sel, coltineurs, volaillers, savetiers, déchargeurs, et enfin ouvriers du tabac.

Notre tableau est organisé en plusieurs registres. Deux volets extérieurs donnent à voir deux personnages, Antoni Schrag et Conrad Wanner, vraisemblablement maitres de la corporation des cordiers ou cordeliers, avec la date de 1587. A l'intérieur, quarante-huit blasons ou écus se détachent sur des fonds de couleurs variées, certains portent la date de 1633. Ces écus associent tantôt des outils et emblèmes liés au métier de cordier (manivelle, crochet, râteau, flèche, touret et séran), tantôt des figures saintes ou allégoriques. Parmi les figures identifiables apparaissent notamment Sainte Barbe, Sainte Catherine d'Alexandrie, Saint Christophe, Saint Nicolas, Saint Sébastien ainsi qu'une allégorie de la Justice. Plusieurs inscriptions, fréquemment Strasbourg, mais aussi d'autres provenances comme Saint-Gall ou Bingen. Certaines inscriptions semblent renvoyer à des fonctions au sein de la corporation, telles que Schreiber (scribe ou greffier), Ladenmeister (responsable du coffre de la corporation), Ladengesell (compagnon attaché à la Lade, c'est à dire l'institution corporative) ou encore Obermeister (maître principal). A l'intérieur, nous retrouvons deux cordiers avec la date de 1684 et des inscriptions dans des phylactères ?Jacob? grob? Scardt Laden / Gefel (?)Ano 1684 et Christian Jacob Von Sittow / Laden Gefel (?) Ano 1684. Au centre 42 écus se retrouvent avec des inscriptions, les différents emblèmes de la corporation des cordiers, des figures de saints catholiques et des inscriptions partiellement effacées où revient fréquemment le nom de Strasbourg. En partie haute et basse des sculptures avec angelots et têtes grimaçantes ont été ajoutées.
Estimation : 10 000 € ~ 15 000 €
Ecole alsacienne du XVIIe siècle 
Triptyque des cordiers de Strasbourg...
Lot 205
Lot 206
Isaac Soreau (Allemand, 1604-1644)
Bouquet de fleurs dans un vase en verre

Huile sur cuivre.

Haut. 52,5 Larg. 40 cm.
(restauration)
Cadre en bois doré.

Provenance : collection du Marquis René de Chabrillan (1886-1938), château de Neuville-sur-Oise ; par descendance familiale.

Soreau. Bouquet of flowers in a glass vase. Oil on copper.

Art Loss Register, 27 janvier 2026, n°S00266980.

Numérisation en très haute définition et passeport digital sécurisé dans la blockchain par Nüme accessible sur demande depuis rouillac.com

Isaac appartient à une famille d'artistes. Il est le fils de Daniel Soreau, riche marchand de laine qui contrôlait le commerce en Hesse et à Wetterau, puis s'était tourné vers la peinture sur le tard. Protestant, il avait quitté Tournai pour s'installer à Francfort où travaillaient de nombreux peintres de natures mortes, autour de Georg Flegel et de Pieter Binoit (lequel se marie avec Sarah Soreau en 1632). Bien qu'aucune oeuvre sûre de Daniel ne nous soit parvenue, on peut supposer qu'il initie son fils, aux côtés de Sébastien Stoskopff, lequel reprit l'atelier de Daniel après sa mort en 1619. Les compositions d'Isaac témoignent également de l'influence des peintres anversois Jacob van Hulsdonck et Osias Beert I : certains ont même suggéré qu'il aurait fréquenté l'atelier du premier.

La nature morte de fleurs devient indépendante en Flandres et aux Pays-Bas un peu après 1600, notamment à Anvers et à Middelbourg avec des peintres tels que Roelandt Savery, Jan Brueghel l'Ancien ou la dynastie des Bosschaert. Ce genre se développe dans un contexte de prospérité économique, d'essor du commerce international, d'une passion pour la botanique et les jardins exotiques initiée à Prague autour de l'empereur Rodolphe II. Le bouquet est l'image du Paradis sur terre où tous les sens humains sont stimulés. Les fleurs incarnent également la fugacité de la vie et les plaisirs éphémères dans les Ecritures. Chaque espèce végétale joue ainsi un rôle spécifique dans cette forme de contemplation, de méditation par rapport à la mort, à la résurrection, au péché dans une grande célébration de la Nature, au sens où ces tableaux sont aussi conçus pour le plaisir esthétique qu'ils procurent à leur propriétaire.

Comme pour les autres natures mortes de cette période, ces bouquets constituent un mélange de fleurs de différentes saisons, impossibles à réunir en un seul moment, et réalisés à partir d'études de fleurs individuelles.

L'observation attentive du monde et la fidélité des détails permettent un naturalisme où chaque élément prend une valeur religieuse. Les fleurs ne sont belles que quelques instants. Elles se fanent et meurent rapidement. Emergeant d'une composition dense et savamment équilibrée, les tulipes font l'objet d'une véritable spéculation et leurs bulbes atteignent alors des prix exorbitants. Venues de Constantinople et introduites en Europe au XVIe siècle, elles témoignent de la vanité et la frivolité des comportements humains en critique de la tulipomanie, dont la bulle financière s'effondre en 1637. Les brins de muguet, par leur parfum délicat et leur mouvement incliné de dévotion, figurent l'humilité de Marie. Les bourgeons ne fleurissent qu'en mai, rappelant ainsi le cycle des saisons tandis que le myosotis, fleur du paradis, rappelle le salut de l'âme qui reste fidèle à Dieu. Les fritillaires pintades évoquent le mystère et la renaissance. L'ancolie, une de sept fleurs de Marie, évoque les sept dons du Saint-Esprit.

L'ensemble est disposé dans un verre de type « Römer », placé sur un fond neutre légèrement brun-vert. Plusieurs insectes animent l'ensemble. Le papillon, animal éphémère par excellence, et une libellule à droite, font référence à la fragilité de notre existence. Le scarabée, symbole funèbre et la mouche, souvent représentée dans les vanités flamandes du XVIIe siècle, sont de vanités, rappelant à l'homme sa condition de mortel.

Auteur de natures mortes aux corbeilles de fruits, Soreau a peint exceptionnellement quelques bouquets. Parmi eux, le nôtre est l'un des plus grands et des plus complexes. Nous pouvons le comparer à ceux vendus à Londres (Sotheby's, 07/12/1999, lot n°18) et à New York (Sotheby's, 29/01/2009, lot n°42), de dimensions plus réduites. Une reprise de notre composition, sur panneau, est passée en vente à Munich, Hampel, le 27 mars 2025, n°216 et le 26 juin 2025, n°213.

Nous remercions Fred Meijer d'avoir confirmé l'authenticité de notre tableau à Isaac Soreau, sur photographie numérique, par mail le 11 octobre 2021.
Estimation : 200 000 € ~ 300 000 €
Isaac Soreau (Allemand, 1604-1644) 
Bouquet de fleurs dans un vase...
Lot 206
Lot 210
Attribué à Claude Deruet (Français,1588-1660)
Jeanne d'Arc

Huile sur toile.
Armoiries de Jeanne d'Arc en haut à gauche.

Haut. 63 Larg. 51,5 cm.
Restaurations anciennes et soulèvements.

Provenance : famille de Haldat du Lys, Charente.

Bibliographie :
- Henri Wallon, "Jeanne d'Arc", Paris, Firmin Didot, 1876, œuvre reproduite p.472. 
- Charles Nicolas Alexandre Haldat du Lys, "Examen critique de l'histoire de Jeanne d'Arc, suivi de la relation de la fête célébrée à Dom-Remi en 1820", et de "Mémoires sur la maison de Jacques d'Arc et sur sa descendance", Nancy, Grimblot et veuve Raybois, 1850, gravure reproduite comme de Claude Deruet. p.294.

Attributed to Deruet. Joan of Arc. Canvas preserved in the family of Joan of Arc.

RARE ET UNIQUE PORTRAIT DE JEANNE D'ARC CONSERVE DANS SA FAMILLE

Ce portrait aux cheveux détachés, avec chapeau, plume et épée sur l'épaule est l'un des plus anciens qui soit connu. Il est contemporain de la gravure en sens inverse de Zacharie Heintz (1611-1669) intitulée Puella Aureliaca (Paris, musée Carnavalet, n°G.25201). Cette iconographie participe au regain johannique initié à la cour d'Henri IV par son conseiller Charles du Lys (1559-1632), qui publie en 1628 un "Recueil d’inscriptions et poésies en l’honneur de la Pucelle d’Orléans".

L’image de Jeanne d’Arc (1412-1431) n’est en effet pas connue et chacun se l’approprie. Le seul portrait réalisé de son vivant est l’œuvre d’un greffier en marge d’un registre du Conseil du Parlement de Paris le 10 mai 1429, entendant parler de ses exploits - mais qui ne la vit jamais. Conservé aux archives nationales, ce dessin représente la sainte en robe et cheveux longs (X/1a/1481 [AE/II/447], fol. 12r).

« O Jeanne sans sépulcre, et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants... Jeanne sans portrait... » proclame André Malraux à Orléans le 8 mai 1961.

La question de la généalogie de Jeanne d’Arc est tout aussi complexe que celle de sa représentation. La famille d’Arc, ou du Lys, qui est originaire de Lorraine a été anoblie en 1429 par Charles VII, lui donnant les armoiries présentes sur ce tableau : « d'azur à une épée d'argent garnie d'or mise en pal et féue dans une couronne royale du même, accostée de deux fleurs de lys aussi d'or. » La famille d’Arc s’éteint en 1493 mais certaines familles prétendent toutefois en descendre en ligne féminine. C’est le cas de Jeanne Talbert d'Arc, l’épouse de l'écrivain Georges Bernanos, mais surtout des Haldat du Lys.
Fille de Pierre d’Arc, le frère de Jeanne, Catherine d'Arc du Lys (1455-1545) épouse Georges de Haldat (1455-1544). C’est son lointain parent, le médecin et physicien Charles de Haldat (1760-1852) qui ajoute en 1816 « du Lys » à son patronyme : l’autre nom de la famille d'Arc pour relever son ascendance. C’est alors que les Haldat du Lys prennent également les armoiries de la famille d’Arc.
 
« Nous descendons tous d'un roi et d'un pendu. » rappelle avec facétie Jean de La Bruyère dans ses Caractères en 1688.

Ce rare portrait, publié dès 1850, réunit donc deux qualités rares qu’étoffent la tradition familiale :
- Il est d’une part conservé depuis l’origine par une famille revendiquant descendre par les femmes du frère de Jeanne, lui-même anobli par le Roi et fait chevalier du porc-épic par Charles d'Orléans.
- Il est d’autre part vraisemblablement réalisé d’après le modèle d’une ancêtre, partageant avec Jeanne d’Arc un capital génétique en commun, qui en ferait ainsi l’un des visages vraisemblables les plus fidèles de la Pucelle d'Orléans.

Philippe Rouillac
Estimation : 20 000 €
Attribué à Claude Deruet (Français,1588-1660) 
Jeanne d'Arc 

Huile sur toile.
Armoiries...
Lot 210
Lot 213
Nouvelle Espagne (Mexique), fin du XVIe-début du XVIIe siècle
D'après un dessin de Martin de Voos (Flamand, 1532-1603) gravé par Hieronymus Wierix (Flamand, 1553-1619)
Saint Ambroise

Mosaïque de plumes.
Sur une plaque de cuivre martelée est déposée une feuille de papier amate. Une feuille de coton la recouvre, sur laquelle les plumes et le papier doré sont fixés par une colle d'origine animale.
Plumes multicolores pouvant provenir du tzanal (étourneau), du martin-pêcheur, de l'aztatl (aigrette blanche), et des différents perroquets des forêts tropicales du Chiapas au Mexique et au Guatemala (le cochohuitl et l'ara macao).

Haut. 42,5 Larg. 29 cm.
Dégradations visibles des plumes liées à l'usage, sans restaurations particulières
Dans un cadre ancien en bois mouluré et noirci avec son verre bullé. 57,5 x 44,5 cm.

Provenance : ancienne collection d'un château auvergnat ; collection particulière, Londres-Mexico.

Late 16th-early 17th c. Mexican feather painting of St. Ambrose after a drawing in the Louvre’s collections.

Lorsqu’ils arrivent au Mexique en 1523, les frères mineurs Franciscains sont les premiers à faire dialoguer les cultures de l'Ancien et du Nouveau Monde. Ils adaptent le message chrétien à leur auditoire et rendent les rites catholiques accessibles à la mentalité indigène. Réalisée dans la technique pluriséculaire de la mosaïque de plumes employée par les artisans "amantecas", elle reprend la composition d’oeuvres européennes à des fins d'évangélisation. La plumasserie aztèque se fait le messager de la foi catholique par la translation des images sacrées. Dans l’univers précolombien qui recense cent vingt-cinq types d’oiseaux, les plumes présentent des vertus symboliques et magiques. La bordure de ce tableau reprend également l’imagerie végétale locale, dont les larges palmes semblent être celles de "Zamiaceae".

Lors du Concile de Trente en 1563, l’affirmation de la portée didactique des images en fait des outils d’évangélisation privilégiés. Les Saints et leurs hagiographies deviennent des sources d’enseignement pour les peuples de la Nouvelle-Espagne. Coiffé de sa mitre, lisant les Saintes Ecritures et plongé dans un environnement architecturé, ce saint Ambroise rappelle la représentation gravée par Hieronymus Wierix, tirée de la suite des Quatre Pères de l’Eglise publiée en 1586. Cette gravure est réalisée d'après un dessin de Martin de Vos conservé au musée du Louvre à Paris (INV 20568). Aux côtés des saints Augustin, Jérôme et Grégoire le Grand, l’évêque de Milan se présente comme l’un des quatre Pères latins de l’Eglise occidentale. Un essaim d'abeilles qui l'a envelopé dans son enfance, lui ayant laissé le visage recouvert de miel annonçant son éloquence à venir, est évoqué par une ruche à ses pieds. L'influence d'Ambroise est exceptionnelle dans le développement de la foi catholique durant les premiers temps de l'Eglise. S’il renonce à tous ses biens matériels, il s’illustre particulièrement par ses prédications, ses études des textes sacrés et l’introduction de la Lecture sainte.

Cette image s’inscrit dans la production datée entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle. A cette période, les mosaïques sont collées sur une plaque de cuivre et non plus sur bois, tandis que des cernes dorés viennent souligner les contours des éléments de la composition. Il faudra attendre le XVIIIe siècle, pour que la peinture se mêle aux plumes afin de retranscrire les détails anatomiques.
Issue des anciennes collections d’un château auvergnat, cette grande mosaïque inédite complète le corpus estimé entre 160 et 180 oeuvres. Sa provenance démontre que les transferts culturels se sont aussi appliqués de l’Amérique vers l’Europe, où les amateurs comme Charles Quint et le pape Sixte V les ont collectionnés.
Estimation : 40 000 € ~ 60 000 €
Nouvelle Espagne (Mexique), fin du XVIe-début du XVIIe siècle 
D'après...
Lot 213
Lot 215
Charles-Antoine Coypel (Français, 1694-1752)
Corpus inédit de l’œuvre théâtrale, c. 1719-1752

Sept volumes in-4 reliés couverts marbré bleuté d’époque et quatre cahiers in-4 ainsi que la copie manuscrite d’une lettre.

Trente-neuf manuscrits, mis au propre à plusieurs mains, réunissant notamment trente-deux pièces (trente comédies et deux tragédies), dont sept pièces inédites à ce jour : Le Portrait, Ariste, L'Ecueil de la Jeunesse, L'Ecole des Petits-Maîtres, Le Satyrique, L'Enfant Gâté et La Curiosi-Manie.

Provenance : bibliothèque de l’auteur ; conservé depuis l’origine dans la famille de son frère et unique héritier Philippe Coypel (1703-1777) ; par descendance et par alliance ; collection particulière, Tours.

Previously unseen corpus of the theatrical work of Charles-Antoine Coypel, First Painter to the King, comprising 39 manuscripts including 32 plays gathered in seven bound volumes, four notebooks and one letter.

Description complète sur le site rouillac.com.

CORPUS INEDIT DE L’ŒUVRE DRAMATIQUE DE CHARLES-ANTOINE COYPEL, PREMIER PEINTRE DU ROI ET DIRECTEUR DE L’ACADEMIE ROYALE DE PEINTURE ET DE SCULPTURE

Charles-Antoine Coypel appartient à l'une des dynasties artistiques les plus influentes de la France du XVIIIe siècle. Son grand-père Noël dirigea l'Académie de France à Rome et son père Antoine fut Premier peintre du roi. Charles-Antoine leur succéda naturellement, atteignant en 1747 le double sommet de la hiérarchie des arts : Premier peintre du roi et directeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Portraitiste, pastelliste et concepteur des cartons de la célèbre série Don Quichotte pour la Manufacture des Gobelins, il travailla pour Louis XV, Marie Leszczynska et Madame de Pompadour. Ses tableaux les plus célèbres, La Colère d'Achille (musée de l'Ermitage) et Athalie interrogeant Joas (musée des Beaux-Arts de Brest), témoignent d'une esthétique où la peinture devient scène de théâtre.

Car Coypel nourrissait une seconde passion, moins connue : l'écriture dramatique. Il composait des pièces destinées non aux scènes publiques, mais aux salons de la haute société et aux appartements de la famille royale. Il les définissait lui-même comme des « réflexions morales mises en action ». Le Dauphin les tenait en permanence sur sa table et projetait de les faire imprimer à ses frais. Sa mort fit évanouir ce projet. Voltaire, lui, s'en agaça dans une épigramme restée célèbre : « Il est poète au pinceau, et peintre par hasard. »

Le fonds présenté ici constitue le corpus quasi complet de cette œuvre dramatique. Il se compose de sept volumes in-4 reliés en cartonnage marbré bleuté d'époque, quatre cahiers in-4 à cordons de soie bleus et la copie d'une lettre adressée à l'abbé de Rothelin, confident et collaborateur littéraire de l'artiste. Trente-deux titres sont réunis au total : trente comédies en prose et deux tragédies en vers. Sept pièces demeurent inédites à ce jour : Le Portrait, Ariste, L'Ecueil de la Jeunesse, L'Ecole des Petits-Maîtres, Le Satyrique, L'Enfant Gâté et La Curiosi-Manie, cette dernière constituant une vive satire du monde des collectionneurs de dessins.

Ces manuscrits étaient jalousement gardés : le duc de La Vallière, qui en possédait une copie, rapporte que Coypel était « fort jaloux de ne pas les rendre publiques » et que l'obtention d'un exemplaire constituait « une preuve de la plus grande confiance ». Plusieurs volumes portent des ratures, corrections et ajouts autographes, témoins directs du travail de l'artiste sur ses textes.
Trois copies manuscrites sont conservées dans les collections publiques bibliothèques de Valenciennes, de la BnF et de l'Arsenal mais elles ne comptent que vingt et un titres au total. Ces manuscrits, conservés dans la famille depuis plus de 250 ans par descendance directe depuis le frère et unique héritier de l'artiste, sont la source la plus complète qui existe pour l'étude de l'œuvre dramatique de Coypel et de ses liens profonds avec sa pratique picturale.

Ce corpus constitue une source de premier plan pour l'histoire du théâtre de société et l'étude des relations entre peinture et littérature au début des Lumières.
Certificat de sortie du territoire français.
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Charles-Antoine Coypel (Français, 1694-1752) 
Corpus inédit de l’œuvre théâtrale, c....
Lot 215
Lot 217
Hubert Robert (Français, 1733-1808)
La basilique Saint Pierre illuminée, effet de nuit

Toile et châssis d'origine.
Signée en bas à gauche à la hampe du pinceau : Roberti.. 12 (?)P. Inscrit au dos 'Maury'.

Haut. 49 cm Larg. 38,5 cm.
Petits soulèvements et manques.
Cadre en bois doré.

Provenance : descendance de Jacques Nicolas Joseph Célier de Bouville (1727-1789), château de Bouville, Cloyes ; collection particulière, Touraine.

St. Peter’s Basilica Lit Up on canvas, by Hubert Robert.

Numérisation en très haute définition et passeport digital sécurisé dans la blockchain par Nüme, accessible sur demande depuis rouillac.com

Peintre des ruines et d'architectures, souvent imaginaires, Hubert Robert nous livre ici une vision saisissante de la Basilique Saint-Pierre plongée dans une atmosphère nocturne. L'immensité de l'édifice est magnifiée par un jeu subtil de clair-obscur : une source lumineuse centrale éclaire partiellement les colonnes monumentales et les voûtes, laissant le reste de l'espace dans une pénombre vibrante.

Les figures humaines, réduites à de simples silhouettes, accentuent l'échelle grandiose du lieu et invitent le spectateur à une expérience presque méditative. Fidèle à son goût pour les perspectives théâtrales et les effets de lumière, Robert ne cherche pas seulement à représenter un espace réel, mais à en révéler la dimension poétique et spirituelle.

Notre tableau illustre parfaitement la fascination du XVIIIe siècle pour les grandes architectures italiennes, tout en témoignant du talent de l'artiste à transformer un monument emblématique en une scène empreinte de mystère et de contemplation. Il s'inscrit dans une tradition picturale bien établie à Rome au XVIIIe siècle, qu'Hubert Robert découvre lors de son séjour italien, et témoigne de sa proximité amicale et artistique avec Giovanni Paolo Panini (1691-1765) avec lequel il partage un intérêt marqué pour les grandes architectures romaines.

Panini s'était fait une spécialité des vues intérieures monumentales, notamment de la Basilique Saint-Pierre, qu'il représentait avec une précision quasi scénographique, animée de nombreuses figures. Chez lui, la lumière met en valeur la splendeur décorative et la rigueur de l'espace, dans une approche proche de la veduta, là ou Robert, tout en s'inspirant de ces compositions, s'en distingue par une interprétation plus libre et plus sensible. Panini privilégie la clarté descriptive et l'ordonnancement, Robert introduit une atmosphère plus poétique, presque onirique. Les effets nocturnes, les contrastes lumineux et la dissolution partielle des formes confèrent à ses vues une dimension émotionnelle et pittoresque qui dépasse la simple représentation topographique.

Ce dialogue entre les deux artistes témoigne d'une évolution du regard porté sur l'architecture : de la
célébration précise et brillante du monument chez Panini à une vision plus intériorisée et suggestive chez Robert, où l'espace devient le théâtre d'une expérience esthétique et sensible. De nombreuses études dessinées ou peintes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur (Colonnade, péristyle, façade) témoignent de l'intérêt qu'Hubert Robert portait à ce lieu. L'une d'entre elles est en relation directe avec notre tableau. Elle provient de l'ancienne collection de Martine comtesse de Béhague, présentée lors de la vente du 1er décembre 1989, chez Sotheby's à Monaco, "Tableaux et dessins anciens - Chef d'oeuvres de la collection de Martine - Comtesse de Béhague provenant de la succession du Marquis de Ganay", lot n°23, puis vendu le 17 mars 2010, chez Blanchet & Associés à Paris, n°10.
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Hubert Robert (Français, 1733-1808) 
La basilique Saint Pierre illuminée, effet...
Lot 217
Lot 223
Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778)
"Seconde vue de Marseille"

Médaillon en étain estampé, polychromé à la gouache, doré et vernis sur fond d'écaille.
Mention sur le bord "Seconde vue de Marseille... St Jean exécuté sur le tour par Compigné tourneur du Roi à Paris d'après le tableau original de Mr Vernet peintre de Sa Majesté".

Diam. 7,5 cm.
Sans cadre.
Petits manques

Provenance : collection particulière, Thouars.

Second View of Marseille after Vernet, polychrome tin on tortoiseshell ground by Thomas Compigné.

Thomas Compigné fait partie de ces personnalités artistiques à la biographie antagonique. D’une part, il se révèle être l’un des plus fameux tabletiers de la seconde moitié du XVIIIe siècle, célébré pour ses tableautins et tondi ornés de miniatures aux marines, vues de châteaux et d’Italie. D’autre part, il s’avère difficile de retracer son histoire, au regard d’une bibliographie relativement muette. Jusqu’alors présenté comme arrivé d’Italie vers 1750, il acquiert en réalité en qualité de "bourgeois de Paris" le fonds d'André Regnard Dandre, "peigner et tabletier privilégié suivant la Cour en conseil de sa Majesté" le 7 novembre 1748, comme nous l’apprennent les archives du notaire Nicolas Michel Leroux (AN ET LXV-306). La somme de 1.800 livres est payée à sa veuve, Madeleine Combe. Il établit son activité à l'enseigne du Roi David, rue Grenata.

Le Mercure de France ne tarde pas à remarquer en 1756, l’ingéniosité de son travail : "[Compigné] va incessamment mettre au jour différents dessins de sa composition, qu’il exécute sur l’écaille & sur le carton ; l’effet de ce travail est d’autant plus frappant qu’il représente le naturel. Ceux qui désireront les avoir sur or & sur argent, ou autres métaux, pourront les lui commander : il les rendra avec autant de précision que tells desseins Chinois, de fleurs, d’architecture, de païsage, & autres qu’on voudroit se procurer. Il double en écaille les tabatieres de carton: il raccommode les unes & les autres, & vend des deux expeces à tres-juste prix, en grous & en detail. On trouvera encore chez lui des assortimens de toutes expeces, en ce qui concerne la Tabletterie."

Sa technique reste mystérieuse, sinon des plus complexes. Il utilise effet un morceau d’étain estampé en relief, qu’il applique sur une feuille de composition amalgamée ou d’écaille, à l’instar des cinq médaillons présentés dans cette vente. Les compositions sont ensuite rehaussées à la gouache, au vernis et à l’or. Aujourd’hui, le nom du créateur est donné pour qualifier sa technique et ses objets.

Les compositions des « Compignés » sont inspirés de dessins qui « lui sont remis pour modèle », comme le précise l’Almanach du Dauphin en 1777. Parmi les cinq médaillons de cette collection, deux vues de Marseille sont réalisées "d’après le tableau original de Mr Vernet peintre de sa Majesté". Joseph Vernet se voit confier en 1753, la commande d’une série de 24 tableaux représentant les ports de France. Si seulement 15 sont finalement réalisés, deux sont consacrés au port de Marseille : L'entrée du port de Marseilles (1754, musée du Louvre, n°inv 8293) et L'intérieur du port de Marseille (1754, dépôt du musée du Louvre au musée National de la Marine, n°5OA3D). Compigné s’inscrit alors dans cette mode pour les vues d'après Vernet qu'encensent Diderot et toute la critique.

S’il profite d’un certain succès, remettant notamment un tableau d’écaille figurant "Les Malheurs réparés par la Bienfaisance", à la Dauphine Marie-Antoinette pour la fête de Noël 1773, son activité cesse en novembre 1778, par suite de la déclaration de sa faillite.

Brice Langlois
Estimation : 1 000 € ~ 1 500 €
Thomas Compigné (actif à Paris entre 1748 et 1778) 
"Seconde...
Lot 223
Lot 225
Giacomo Raffaelli (Italien, 1753-1836) et son atelier
Vue du Colisée, 1784.

Micro-mosaïque sur cuivre.
Signée, située et datée au revers.

Rome, San Sebastianello.

Montée sur une boite circulaire en écaille, or et vermeil. L'intérieur en or et fond en fer.
Poinçon tête de vanneau utilisé à Paris pour la décharge des menus ouvrages en or ou argent sous la régie d'Henri Clavel et de Jean-François Kalendrin entre 1782 et 1789.

Haut. 25,5 Diam. 80,4 mm.
Poids brut : 117,1 g.
Accidents.

Provenance : succession Pierre de Barrigue de Montvallon (1923-2020), dit Piem, Notre Dame d'Oé.

View of the Colosseum, micromosaic on a tortoiseshell, gold and vermeil box by Raffaelli and his studio, 1784.

Bibliographie : Anna Maria Massinelli, "Giacomo Raffaelli (1753-1836) : maestro di stile e di mosaico", Florence, Aska, 2018, une composition très proche reproduite page 240.

Micromosaic representing The Colosseum in Rome, by Giacomo Raffaeli in 1784, on a gold, enamel, tortoiseshell and vermeil box in Paris.

Descendant d'une famille de mosaïstes qui a notamment oeuvré à la cour pontificale, Raffaelli est l'inventeur vers 1775 de la technique de la "mosaico in piccolo", c'est à dire la micro-mosaïque. Sa première exposition connait un important succès et il produit alors une très grande variété d'objets : plateaux de table, médaillons pour décor de boites ou encore tableaux en micro-mosaïque. Il réalise de nombreuses pièces pour les souverains comme le roi de Pologne mais aussi le pape Pie VII pour lequel il réalise une horloge offerte à Napoléon, aujourd'hui conservée au Victoria and Albert Museum à Londres (Loan Gilbert.4:1 to 4-2008). A la demande de Napoléon, il est envoyé à Milan pour diriger un atelier de mosaïstes chargé de reproduire la Cène de Léonard de Vinci (aujourd'hui dans l'église des Frères mineurs à Vienne) afin de remplacer la fresque que l'Empereur souhaitait envoyer à Paris.

Notre mosaïque, signée et datée, se situe relativement tôt dans la carrière de l'artiste. Cette vue du Colisée est typique de l'engouement des élites européenne pour l'étude des vestiges romains lors du Grand Tour. La représentation favorite reste l'Arc de Janus et du Temple de Sybile (Victoria and Albert Museum, Londres). Les dimensions et la technique de notre boite la rapproche d'une autre, également signée, figurant le temple de Vesta à Tivoli réalisée vers 1800 (vente Sotheby's, Londres, An Italian Collecting Journey, 26 mars 2026, n°432) et d'une broche figurant le Colisée (vente Christie's, Londres, 5 décembre 2019, n°148).

N.C.
Estimation : 2 000 € ~ 4 000 €
Giacomo Raffaelli (Italien, 1753-1836) et son atelier 
Vue du Colisée,...
Lot 225
Lot 239
Marie-Aimée Lucas-Robiquet (Française, 1858-1959)
Scène dans une palmeraie

Toile.
Signée en bas à droite.

Haut. 38,5 Larg. 55 cm.
Toile reclouée sur châssis, restaurations, petits accidents.
Sans cadre.

Bibliographie : Kelly Mary, "French women Orientalist artists, 1861-1956 : cross-cultural contacts and western depictions of difference", London, New-York, Routledge, 2021, des précisions biographiques p. 29-58.

Robiquet. Scene in a palm grove. Canvas.

Marie-Aimée Lucas-Robiquet fait partie de ces femmes qui ont dû lutter pour s'imposer sur la scène artistique française. L'école des Beaux-Arts lui étant interdite, elle entre dans l'atelier du peintre Félix Barrias, dont elle retient le goût pour l'orientalisme. Après son mariage avec Maurice-Edouard-Louis-Henri Lucas, soldat français basé en Algérie, elle s'installe à Constantine, où elle se consacre pleinement à la peinture. Son orientalisme témoigne de couleurs vibrantes et d'une touche impressionniste sous-jacente.

Notre tableau qui est un brillant hommage au travail et à la vie des femmes en Algérie, au-delà de la simple représentation de la vie quotidienne dans ces villages, au tournant des XIXe et XXe siècles. Le thème n'est pas sans rappeler une oeuvre de l'artiste intitulée "La Cueillette des dattes dans un jardin de Négrine", présentée à l'Exposition de l'Union artistique de Toulouse en 1898. Les oeuvres qu'elle présente en France sont louées par la critique à commencer par Louis Gonse et le peintre Luc-Olivier Merson, qui ne tarit pas d'éloge à son propos.

B.L. et N.C.
Estimation : 3 000 € ~ 5 000 €
Marie-Aimée Lucas-Robiquet (Française, 1858-1959) 
Scène dans une palmeraie 

Toile. 
Signée...
Lot 239
Lot 240
Pierre-Auguste Renoir (Français, 1841-1919)
Andrée au chignon, 1919

Toile.
Cachet d'atelier en bas à gauche.

Haut. 30,4 Larg. 28 cm.

Provenance : succession de l'artiste ; ancienne collection de la galerie Bernheim-Jeune, Paris, 1919.

The last portrait on canvas painted by Pierre-Auguste Renoir in 1919 entitled Andrée au chignon (Andrée with a hair bun).

Avis d'inclusion dans le catalogue critique du peintre par le Wildenstein Institute, 27 mars 2015.
Art Loss Register, 19 avril 2024, n°S00242360.

Bibliographie :
- "L'atelier de Renoir, tome II", Bernheim Jeune, Paris, 1931, pl 227, n°719 ;
- Guy-Patrice et Michel Dauberville, "Catalogue raisonné des tableaux pastel, dessins et aquarelles 1911-1919", Berheim-Jeune, 2014, reproduit p 359, n°4248.

LE DERNIER PORTRAIT PEINT PAR RENOIR

Dernier portrait publié dans le catalogue rétrospectif « L’atelier de Renoir » en 1931 par Bernheim Jeune sous le n°719, cette toile n’est suivie que par l’ultime œuvre du maître, les « Pommes », réalisée deux jours avant sa mort. La jeune femme représentée est une rousse de 19 ans qui a illuminé les dernières années d’un homme perclus par l’arthrite, immobilisé dans sa chaise roulante et aux doigts duquel il fallait attacher un pinceau pour qu’il puisse peindre. Madeleine Heuschling (1900-1979), dite Andrée, entre en 1915 dans la vie de Renoir, auprès duquel Matisse l’a envoyé. Il a rencontré ce modèle à la beauté singulière à l'Ecole d'art décoratif de Nice, troublé de constater sa ressemblance avec « un Renoir ». Après Gabrielle, Andrée devient la muse du peintre qui confie : "Qu’elle est belle ! J’ai usé mes vieux yeux sur sa jeune peau et j’ai vu que je n’étais pas un maître mais un enfant."

Un prodigieux cri d'amour

Avec Dédée, Renoir poursuit sa quête inlassable de la sensualité féminine : la moindre rose dans ses cheveux devient une allégorie de la beauté, et la nature au milieu de laquelle elle pose nue, une évocation de l’Antiquité rêvée. En 1916, après la mort de son épouse, Renoir rentre à Paris où son fils Jean, blessé sur le front, est en convalescence. Le jeune homme tombe à son tour sous le charme d’Andrée, à propos de laquelle il écrit dans ses mémoires : "Sa peau repoussait encore moins la lumière que celle de tous les modèles que Renoir avait eus dans sa vie. Elle chantait d'une voix un peu fausse des refrains à la mode était gaie et dispensait à mon père les effluves vivifiantes de sa jeunesse épanouie. Andrée est l'un des éléments vivants qui aidèrent Renoir à fixer sur la toile le prodigieux cri d'amour de la fin de sa vie."

La muse du père... puis du fils !

De retour au domaine des Collettes, à Cagnes-sur-Mer, les séances de pose s’enchaînent. Andrée inspire à Renoir sa dernière grande toile testament, aux formes diluées et aux couleurs vibrantes : Les baigneuses, que ses fils offriront à la France (1918-1919, Musée d’Orsay, Paris, RF 2795). L’artiste meurt chez lui le 3 décembre 1919, non sans avoir immortalisé Dédée dans cet ultime portrait, les cheveux relevés sur la tête, le regard bleu tourné vers la droite, le sourire attentif, se détachant sur un fond de verdure. Renoir soigne particulièrement le visage, laissant le fond de la toile par endroit nu ou esquissé à larges coups de brosse, comme un testament intime à l’intention de son dernier modèle. Moins de deux mois plus tard, Andrée devient madame Jean Renoir, qui l'épouse en janvier 1920 avec pour projet d’en faire une vedette de cinéma, sous le nom de Catherine Hessling. Après avoir inspiré les dernières années du maître impressionniste, la jeune niçoise devient ainsi la muse d’un flamboyant pionnier du cinéma français !
Estimation : 200 000 € ~ 250 000 €
Pierre-Auguste Renoir (Français, 1841-1919) 
Andrée au chignon, 1919 

Toile.
Cachet d'atelier...
Lot 240
Lot 242
Jules Desbois (Français, 1851–1935)
Masque de la mort, c. 1903-1904

Grès émaillé.
Réalisé par Paul Jeanneney (1861-1920).

Haut. 26,5 Larg. 20 Prof. 12 cm.

Provenance : ancienne collection du Docteur Paul Henri Clergeau (1877-1941) à Varennes-Changy dans le Loiret.

Stoneware mask of death by Jules Desbois, circa 1903-1904.

Œuvres en rapport : Montréal, Musée des Beaux-Arts, inv. 2011.202 ; New Jersey, Zimmerli Art Museum, inv. 2001.0970 ; Parçay-Les-Pins, Musée Jules Desbois, inv. P.R. D. 001.2.3 ; Nevers, Musée de la faïence et des Beaux-arts, NF 1296 ; Paris, Galerie Nicolas Bourriaud, avril 2026 ; Auxerre, vente Me. Lefranc, 9 janv. 2026, n°334.

Bibliographie :
- Pierre Maillot, Raymond Huard, Jules Desbois, sculpteur (1851-1935), Paris, 2001 ;
- Charles Saunier, La sculpture aux Salons de 1893, in La Plume n°100, p. 278-279 ;
- Catalogue de l’exposition Masques de Carpeaux à Picasso, Paris, 2008, n° 148 et 149, pages 37 et 241.

Collectionneur et médecin des pauvres, le docteur Paul Clergeau est l'un des dirigeants du rayon communiste de Montargis en 1932, combattant infatigable pour repousser les limites de la Vie. Ce Masque de la mort est dû au talent de Jules Desbois, qui l'expose pour la première fois, en étain, au Salon de 1893. Il a parfois été attribué à tort à Rodin qui travaille au même moment à son Balzac et avec lequel Dubois qui travaille à partir de 1878 au Palais du Trocadéro. Ce masque est en réalité un fragment de l'oeuvre "La mort et le bucheron" qui avait frappé la critique par son réalisme en 1890.

Notre version en grès est réalisée par Paul Jeanneney (1861-1920), un ami du sculpteur Jean-Joseph Carriès. Il a installé son atelier au château de Saint-Amand en Puisaye dans la Nièvre. Certains de ces masques portent en effet parfois la signature des deux artistes, Desbois et Jeanneney et sont datés de 1903 ou 1904, avec la mention de St Amand. Cette même année 1903, Rodin écrit à l'administration des Beaux-arts : "Desbois est l'un des plus grands sculpteurs de l'époque", ajoutant à ses amis : "Quand je serai mort, Desbois sera le plus grand sculpteur". Ce Masque de la mort avec ses traits déformés et son engobe brune en est un saisissant témoignage
Estimation : 5 000 € ~ 8 000 €
Jules Desbois (Français, 1851–1935) 
Masque de la mort, c. 1903-1904...
Lot 242
Lot 243
Camille Claudel (Française, 1864-1943)
La vérité sortant du puits, c. 1900-1905

Bronze.
Fonte posthume à la cire perdue.
Signé « C. Claudel ».
Cachet du fondeur Chapon, numéroté 7/8.

Haut. 43 Larg. 31 Prof. 20 cm.

Provenance :
- le plâtre offert en cadeau de mariage par Eugène Blot à son cousin Léon Cahen, 1907 ;
- par descendance, famille de Boissieu, Paris ;
- le bronze, collection particulière, Hong Kong.

Camille Claudel. An 1900 bronze sculpture entitled La vérité sortant du puits (The Truth Emerges from the Well). Signed and numbered.

Certificat d’authenticité de Reine-Marie Paris.

Bibliographie :
- Reine-Marie Paris, Philippe Cressent, Camille Claudel, catalogue raisonné, cinquième édition revue et augmentée, Paris, Economica Culture, 2019, n°68, pp 484-488.
- Anne Rivière et Bruno Gaudichon, Camille Claudel, l'expression farouche de l'intime, Paris, éditions Hazan, 2025, p. 143.

DREYFUS EST INNOCENT !

Cette Vérité sortant du puits est un véritable manifeste dreyfusard de Camille Claudel, là où Auguste Rodin avait confortablement préféré le silence, "s’accommodant de l’antisémitisme ambiant pour préserver ses intérêts auprès d’éventuels commanditaires", comme le relève le musée Rodin. Camille Claudel réinterprète brillamment la toile d’Edouard Debat-Ponsan (Amboise, musée de l’Hôtel de Ville) présentée au Salon de 1898. Elle avait été offerte à Emile Zola par souscription publique lors de l’Exposition universelle de 1900, afin de célébrer l’engagement de l’auteur de "J’accuse", qui mena le combat pour la libération et la réhabilitation du capitaine juif Alfred Dreyfus. La Vérité, triomphante, émerge nue du puits où elle était enfermée, tandis que deux hommes, allégories de l’Armée et de l’Eglise, cherchent à l’y replonger pour la cacher. Cette image trouve son origine dans la philosophie présocratique ainsi que dans une fable de Jean-Pierre Claris de Florian, qui permit à de nombreux artistes de personnifier leurs combats.

Il faut réfuter la théorie suivant laquelle cette Vérité serait un simple "marcottage", c’est-à-dire la réutilisation d’une œuvre préexistante pour en créer une nouvelle. Cette pratique poussée avec génie à son paroxysme par Rodin se justifierait ici pour certains par les grandes similitudes de La Vérité (1900-1905) avec La Valse (1889-1893) et avec La Fortune (1900), dont les figures féminines sont semblables. Camille Claudel réalisait fréquemment différentes variantes d’une même œuvre, avec des différences de détails entre celles-ci. Le meilleur exemple pourrait être La Valse, qui compte, à elle seule, douze versions. Toutefois, l’absence de traces d’assemblage permet d’attester la thèse d’une variation autour d’un motif commun et non d’une simple reprise, tout comme la construction de la margelle du puits est inédite dans l’œuvre de l’artiste. Le voile de cette Vérité est un véritable exercice de style, bien plus ample et marqué que celui de La Fortune. Son visage, proche de celui La Valse, est sublimé par ses bras brisés, comme ceux la Vénus de Milo, qui donne à cette sculpture la puissance d’une allégorie antique.

Cette œuvre peu documentée met un terme aux interprétations de ses déclarations tardives, marquées par des crises de paranoïa délirante qui participeront à son internement en 1913. Le plâtre a été découvert par Reine-Marie Paris chez les descendants de Léon Cahen, qui l’avait reçu de son cousin Eugène Blot en cadeau pour son mariage en 1907. Réalisée avant la disculpation officielle de Dreyfus, il constitue un témoignage de soutien de la sculptrice à Eugène Blot, son fondeur, marchand et mécène le plus fidèle. Un seul autre bronze, également posthume dans les collections du musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine, est à ce jour public.
Estimation : 30 000 € ~ 40 000 €
Camille Claudel (Française, 1864-1943) 
La vérité sortant du puits, c....
Lot 243
Lot 244
James Ensor (Belge, 1860-1949)
Vierge et mondaine (avec Alexandra Daveluy), c. 1933

Toile.
Signée en bas à gauche.
Au dos, sur le châssis : étiquette de Guillaume Campo à Anvers, numéro olographe « 5272 » entouré, les dimensions écrites plusieurs fois, inscription : « Ensor 27 rue de Flandres Ostende ».

Haut. 60 Larg. 74 cm.

Provenance :
- vente Mak van Waay, Amsterdam, 8 mars 1960, n°118 ;
- vente Campo, Anvers, 3 avril 1963, n°50 ;
- collection Léon Blavier, Liège ;
- par descendance, collection particulière, Touraine.

James Ensor. Virgin and Woman of the World (with Alexandra Daveluy). Canvas, circa 1933.

Art Loss Register, 19 janvier 2026, n°S00266979.

Bibliographie : Xavier Tricot, James Ensor : Catalogue raisonné des peintures, Bruxelles, fondsmercator éditions, 2009, n°630.

Exposition : Bruxelles, Galerie Robert Finck, novembre 1960, n°41.

Peinte dans les dernières années de la vie de James Ensor, Vierge et mondaine s’inscrit dans une période de synthèse où l’artiste, désormais consacré, revisite ses thèmes fondamentaux avec une palette plus claire et une matière plus fluide.

La composition s’organise autour d’une opposition structurante : à droite, la Vierge à l’Enfant, figure du sacré ; à gauche, la « mondaine », incarnation du profane. Entre ces deux pôles se déploie l’univers familier du peintre masques, coquillages, marionnettes, crâne autant de motifs issus de la boutique maternelle d’Ostende, transposés ici en signes ambigus, à la fois ludiques et méditatifs. Ensor y poursuit sa réflexion sur l’illusion, la vanité et le théâtre social.

Héritier de la grande tradition flamande, de Frans Snijders à Adriaen van Utrecht, il renouvelle la nature morte en la chargeant d’une dimension symbolique et personnelle. Les bouquets aux associations botaniques imaginaires, les porcelaines et objets hétéroclites composent un langage visuel codé, où chaque élément participe d’un équilibre à la fois décoratif et intellectuel.

Au cœur de cette mise en scène apparaît Alexandra Daveluy, nièce et proche confidente du peintre, qui n’apparait pas sur l’autre version du tableau au musée de Bilbao (n°01/16 2001). Sa présence introduit une dimension intime essentielle. Ensor illumine en effet le haut de la toile d’un arc-en-ciel, un motif exceptionnel qu’il réserve habituellement aux scènes religieuses. C’est pour mieux souligner le rôle de celle qu’il surnomme « La Chinoise ». Elle devient alors figure de passage, presque médiatrice, entre le monde sensible et une forme d’élévation spirituelle.

Le contexte de 1933 éclaire cette œuvre d’un jour particulier. Ensor, âgé de 73 ans, est au sommet de sa reconnaissance. Le 2 août, il rencontre Albert Einstein à Coq-sur-Mer. Le peintre de la lumière et le théoricien de la lumière se font face. Cette coïncidence, au-delà de l’anecdote, résonne avec la tonalité même du tableau, traversé d’une clarté nouvelle, presque apaisée.

Car cette toile n’est pas seulement une nature morte, ni même une composition symbolique.
C’est une œuvre de bilan. Tout y est : le carnaval et le sacré, la dérision et la gravité, l’objet et le souvenir. Ensor ne juxtapose plus, il synthétise. Il simplifie sans appauvrir, il éclaire sans dissoudre. La peinture devient espace intérieur.

Restée dans l’atelier jusqu’à la mort de l’artiste, révélée seulement en 1960 avant d’être acquise en 1963, cette œuvre conserve le caractère d’un tableau à clé, longtemps gardé, presque retenu. Elle annonce les ultimes autoportraits, où Ensor se met lui-même en scène dans une lumière transfigurée. Ici, rien n’est démonstratif. Tout est suggéré. Et c’est précisément ce qui fait la force de ce peintre accompli dont la devise est :

Pro luce nobilis sum.
Je suis noble de lumière.
Estimation : 200 000 € ~ 300 000 €
James Ensor (Belge, 1860-1949) 
Vierge et mondaine (avec Alexandra Daveluy),...
Lot 244
Lot 246
Archives d'Albert Corquez (Français, 1886-1949)
sur James Ensor, 1888-1960

Comprenant 1 eau-forte, 5 tirages photographiques et 9 publications souvent dédicacées :
- James Ensor, "Lisière du petit bois", 1888, eau forte signée, 7,5 x 11,8 cm.
- Portrait d'Ensor, 1921, tirage argentique dédicacé, 10 x 8 cm.
- Croquez au Mont Saint-Michel, 1926, tirage argentique, 10 x 8 cm.
- Portrait d'Ensor, 1933, tirage argentique, 13 x 8 cm.
- Ensor sur un balcon, 1930, tirage argentique, 13 x 8 cm.
- Firmin Cuypers, "James Ensor l’homme et l’œuvre", Les écrivains réunis, 1925 n°22/1000.
- Paul Desmeth, "James Ensor", Artistes de Belgique, Editeur L.J.Kryn, 1926.
- Catalogue "James Ensor", Maîtres de l’art Moderne, Editions Rieder, 1930.
- Jean Teugels, "Variations sur James Ensor", Editions l’aquarium, Ostende, 1933.
- Les écrits de James Ensor, 1934, dédicace de Vandeputte et Ensor.
- Lucien Schwob, "Ensor", Les cahiers du journal des poètes, 1936, n°301/500.
- "James Ensor", Catalogue de l’exposition organisée par la Gazette des beaux-arts, 1945, dédicace sur la couverture par l’artiste.
- "James Ensor centenary exhibition", Marlborough Fine Art, 1960.
- "James Ensor, peintre et graveur", Librairie de la société anonyme La Plume.

Provenance : ancienne collection Albert Croquez (1886-1949), avocat, ami, mécène et auteur du catalogue raisonné de l'oeuvre gravé de l'artiste.

Archives of Albert Croquez on James Ensor comprising 1 etching, 5 photographic prints and 9 publications, often signed.
Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
Archives d'Albert Corquez (Français, 1886-1949)
sur James Ensor, 1888-1960 

Comprenant 1...
Lot 246
Lot 247
Félix Ziem (Français, 1821-1911)
Promenade en gondole sous les arbres, Venise

Panneau.
Signé en bas à droite, avec envoi "A Monsieur de Selves".

Haut. 53 Larg. 65 cm.
Cadre en stuc doré. 77 x 88 cm. Accidents, manques et restaurations.

Bibliographie :
- Anne Burdin-Hellebranth, "Félix Ziem. Catalogue raisonné", t. 1, Paris, 1998, des oeuvres en rapport aux numéros 787, 809, 827 et 851.
- "Félix Ziem, Saisir la lumière", cat. exp. Paris, Petit Palais, Milan, Silvana Editoriale, 2023, une oeuvre proche p. 60.

Provenance :
- vraisemblablement offert par l'artiste à Monsieur Justin de Selves (1848-1934), préfet du département de la Seine ;
- collection particulière, Berry.

Ziem. Gondola in the Venetian Lagoon. Panel given by the artist to the Prefect of Paris.

L’association Félix Ziem représentée par David Pluskwa, Mathias Ary Jan et Gérard Fabre a confirmé l’authenticité de cette œuvre et établi un certificat qui sera communiqué à l'acquéreur.

Le 13 décembre 1905, le jeune musée des Beaux-Arts de Paris, installé au Petit Palais inaugure la salle Ziem à la suite de la donation consentie par le peintre en juin de la même année. A cette occasion, le président de la République Emile Loubet est présent, à l'instar du préfet de la Seine, Justin de Selves qui prononce ses mots élogieux à destination du peintre : "Quelle inauguration pourrait davantage inspirer les sentiments [...]. Ziem, le héros du jour, y est avec ses aquarelles, ses albums de dessin, ses études, ses esquisses et ses tableaux. Ziem, qui sur sa palette miraculeuse, a su retrouver les couleurs de l'Orient, et avec un art prestigieux, traduire la splendeur des atmosphères enflammées et des eaux incendiées de soleil [...] la magie des ombres et de la lumière sur les eaux de Venise..." (in Pierre Miquel, Félix Ziem, Maurs-la-Jolie, Ed. de la Martinelle, 1978, p. 195).

Notre tableau avec son envoi à Monsieur de Selves a vraisemblablement été offert par Ziem à ce moment. Il illustre parfaitement de travail de l'artiste en s'attachant à représenter la navigation la plus emblématique de la Sérénissime : une gondole. S'abstenant de toute représentation architecturée, Ziem s'échappe ici de l'art des védutistes, pour transcrire la poésie du soleil se couchant sur la lagune vénitienne.

B.L.
Estimation : 8 000 € ~ 12 000 €
Félix Ziem (Français, 1821-1911) 
Promenade en gondole sous les arbres,...
Lot 247
Lot 249
Christof Fidelis Kimmel (Autrichien, 1792 1869)
etelica, 1852
dite aussi : La Glaneuse

Zinc cuivré.
Signé et daté.

Haut. 171 cm.

Kimmel. etelica, Copper-plated zinc. 1852.

Christof Fidelis Kimmel est un sculpteur autrichien né en 1792 à Bruxelles, mort le 23 août 1869 à Ljubljana. Il se forme puis travaille à Vienne. En 1834, il participe avec le sculpteur autrichien Josef Klieber à la réalisation du relief en marbre de Carrare pour le monument dédié à Andreas Hofer dans l’église impériale d’Innsbruck. A l’occasion de la rénovation de l’église viennoise Notre-Dame-du-Rivage en 1846, il exécute le groupe de la Sainte Trinité du maître-autel. En septembre 1858 à l’exposition mensuelle de l’association artistique de Vienne, il expose une statuette de l’Immaculée Conception en grès. Pour la même organisation, il expose en février 1859 une statue en gypse H. Elisabeth dont il existe 12 copies. A la demande de la famille de Rothschild, il réalise un groupe statuaire en pierre pour la fontaine de Neptune de l’ancien parc Rothschild de Schillersdorf, encore visible in situ dans le Schlosspark de Schillersdorf en République Tchèque. En 1867, il s’installe à Ljubljana chez son gendre, le peintre F. Fröhlich.

Une version de cette Glaneuse est érigée dans le parc Topcider à Belgrade dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle constitue le premier exemple de sculpture décorative urbaine à Belgrade. Certainement fondue à Vienne, comme la version serbe, notre glaneuse en zinc a été cuivrée grâce au procédé de cuivrage électrolytique inventé au milieu du siècle. Cette paysanne idéalisée aux cheveux pudiquement voilés tient dans ses bras une gerbe de blé, évoquant l’abondance et les figures allégoriques liées à la moisson telles Cérès ou Déméter. Son pied gauche est posé sur une gerbe de blé dans un contrapposto classicisant, attitude typique de la sculpture académique. Son visage possède les traits des Vénus grecques : nez droit, yeux en amande, commissure des lèvres légèrement marquée, petite bouche Le menton ovale remonte légèrement vers le haut et le modelé des joues est doux. Avec son habit à l’Antique et son épaule nue, ces éléments confèrent à notre figure une intemporalité mythologique.
Estimation : 3 800 € ~ 4 500 €
Christof Fidelis Kimmel (Autrichien, 1792 1869) 
 etelica, 1852 
dite...
Lot 249
Lot 253
Frank-Will (Français, 1900-1951)
Saint-Pierre des Marins dans le port de Fécamp, c. 1922

Toile.
Signée en bas à droite.

Haut. 150 Larg. 170 cm.
Restauration.
Cadre mouluré en bois teinté noir. 170 x 189 cm.

Provenance : collection particulière, Neuilly-sur-Seine.

Frank Will. Saint-Pierre-des-Marins ceremony in the port of Fécamp. Canvas, circa 1922.

Cette grande toile est l'acte d'émancipation d'un jeune artiste d'à peine 22 ans, Frank William Boggs, qui vient tout juste de prendre le nom de Frank Will pour se distinguer de celui de son père également peintre. Cette année 1922, il arpente la Normandie et pose son chevalet dans le port de Fécamp, où le premier dimanche du mois de février est célébré la Saint-Pierre des Marins, aussi appelée « Le Grand Pardon des Terre-Neuvas ». Pour l'occasion, les trois-mâts terre-neuvier, qui partent en mer pour de longs mois de pêche à la morue, arborent tous leurs pavillons. Ils reposent fièrement dans ce bassin où les chalutiers à vapeur commencent à les remplacer. La veille, la conférence des capitaines s'est tenue au syndicat des armateurs. Le matin même, les couleurs ont été hissées devant l'hôtel de ville et la fanfare de la Lyre maritime a conduit le défilé à travers la ville. Le tableau est peint pendant la messe à l'église Saint-Etienne, qui ferme le point de fuite de la composition. Elle est notamment célébrée pour les marins disparus en mer ; une quête est organisée pour leurs familles. Bientôt les cloches vont sonner, la procession gagnera les quais et le bateau pilote conduira l'évêque bénir chacun des Terres-Neuves et leurs équipages. De dimensions monumentales et parfaitement restaurée, cette toile est l'acte de bravoure d'un jeune peintre qui rend hommage à sa façon à la bravoure de jeunes marins fendant la mer et les flots.
Estimation : 3 000 € ~ 6 000 €
Frank-Will (Français, 1900-1951) 
Saint-Pierre des Marins dans le port de...
Lot 253
Lot 254
Francis Picabia (Français, 1879-1953)
Transparence, c. 1932-1933
Sans-titre

Crayon, fusain et encre sur papier.
Signé au crayon.

Haut. 35,6 Larg. 30,5 cm.

Provenance : collection Bénédicte Joannon (1908-1999), Rhone, par descendance familiale.

Picabia. Transparence. Pencil, charcoal and ink on paper. c. 1932-1933.

Certificat du comité Picabia.

LES TRANSPARENCES DE PICABIA

Les Transparences sont certaines des œuvres les plus emblématiques d’un artiste qui se présentait comme « peintre en tous genres » et qui mit un point d’honneur tout au long de sa vie à ne jamais se laisser enfermer dans un style, dans un genre, par un groupe ou par un marchand. Réalisées entre 1927 et 1932, les Transparences illustrent la rupture de Picabia avec le mouvement Dada qu’il avait porté. Le terme apparait pour la première fois lors d’une exposition à la galerie de Théophile Briant en octobre 1928. La superposition de plusieurs images prenant comme point de départ des figures classiques de Botticelli ou de Piero della Francesca, s’inspirant de la Bible ou de la mythologie, associant l’Antiquité et l’époque moderne, dans un univers onirique fait dire à Marcel Duchamp qu’elles « expriment la sensation de la troisième dimension sans l’aide de la perspective ». Léonce Rosenberge lui écrit : "Les transparences sont l’association entre le visible et l’invisible. C’est cette notion du temps, ajoutée à celle de l’espace, qui constitue précisément la doctrine de votre art. Au-delà de l’instantanéité, vers l’infini, tel est votre idéal."

A la fin de l’année 1929, alors qu’il débute son travail sur Judith, Picabia change de source d’inspiration et se plonge dans le recueil de photographies de Peter Landow, Natur und Kultur : Das Weib, 120 Aufnahmen, publié à Berlin en 1925. Ces photos, qui reprennent dans leurs légendes l’origine des femmes représentées ainsi que les indications du photographe, fascinent l’artiste "qui cherche à restituer les poses et les mises en lumière théâtrales de ces modèles dans nombre de ses œuvres" (Francis Picabia catalogue raisonné, t. III, Fonds Mercator, p. 59). Picabia ne se contente naturellement pas d’une reproduction servile de la photographie mais la détourne au service de son oeuvre. Jouant avec l’androgynie des modèles, une femme suédoise au corps athlétique devient alors un homme. Ici, la pose du modèle à droite de la composition rappelle celle d’une australienne sur la planche 21 de Landow. Découvert caché derrière une toile du prix de Rome 1907, Marcel Féguide, ce dessin était conservé dans la succession de Bénédicte Joannon (1908-1999), mélomane et fille d’un industriel et homme politique de la Loire. Elle a été datée très précisément des années 1932-1933 par le comité Picabia. C’est une nouvelle fois une période de rupture pour Picabia : rupture amoureuse d’abord puisque débute sa relation avec Olga qui sera son ultime épouse, rupture artistique enfin avec la mise en place d’une peinture figurative, qui ouvrira plus tard les portes du Pop Art.

Aymeric Rouillac et Brice Langlois
Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
Francis Picabia (Français, 1879-1953) 
Transparence, c. 1932-1933 
Sans-titre

Crayon, fusain et...
Lot 254
Lot 255
Georges Rouault (Français, 1871-1958)
Arlequin (harmonie rose), c.1948-1952

Toile.
Cachet de l'atelier au dos de la toile.

Haut. 40,7 Larg. 31,8 cm.
Cadre rose.

Provenance : collection particulière, Arcachon.

Georges Rouault. A painting of Harlequin. Canvas, ca.1948-1952.

Avis d'inclusion au catalogue complet des oeuvres de Georges Rouault, par Jean-Yves Rouault, président de la Fondation Rouault en date du 5 décembre 2013.
Art Loss Register, Londres, 8 avril 2024, n°S00243384.

Bibliographie : Olivier Nouaille et Olivier Rouault, Rouault l'oeuvre peint, Paris, Fondation Georges Rouault, 2021, reproduit p. 299 au n°4427-3185.

Réalisé par Georges Rouault à l’aune de la dernière partie de son œuvre, entre 1948 et 1952, Arlequin (harmonie rose) est à envisager comme une synthèse des réflexions de l'artiste, qui poursuit un thème qui lui est cher en adoucissant son vocabulaire esthétique.

LES DERNIERS ARLEQUINS DE ROUAULT

Peintre inclassable, n’appartenant à aucun mouvement, Rouault propose sa réalité, sans retranscrire la vérité, préférant « tourner le dos à la nature », comme le rappelle André Suarès. Il se distingue en ce sens de ses prédécesseurs du XIXe siècle, tels qu’Honoré Daumier, Edgar Degas ou Henri de Toulouse-Lautrec, qui se sont illustrés dans les représentations circassiennes. Avec son cadrage serré, ne laissant apercevoir que la partie supérieure du buste d’Arlequin, cette œuvre s’inscrit dans le corpus des toiles réalisées à la charnière des décennies 1940 et 1950 (voir Olivier Nouaille et Olivier Rouault, op.cit., p. 299). L’artiste joue de variations dans la figuration des émotions. Ici méditatif avec un sourire à peine esquissé, Arlequin peut être aussi profondément joyeux, comme dans le tableau de 1947 (reproduit in Pierre Courthion, Georges Rouault, Paris, Flammarion, 1962, p. 281). Il ne transmet pas une « tristesse infinie », à l’inverse des toiles du début du XXe siècle, mais partage l’apaisement de son auteur. Arlequin (harmonie rose) trahit un adoucissement des tonalités du peintre et prône une matière épaisse. Il préfigure les tableaux du crépuscule de la carrière de Rouault, dans lesquels la frontière entre peinture et sculpture tend à s’amenuiser.

Georges Rouault travaille inlassablement sur la figuration des personnages du cirque et de la Commedia dell’arte, depuis les années 1902-1903. Ce tableau est l’un des derniers maillons de ses recherches menées sur Arlequin, après ses nombreuses représentations, notamment dans Divertissement, paru en 1943. « J’ai vu clairement que le « Pitre » c’était moi, c’était nous presque nous tous » écrit Georges Rouault à l’écrivain et philosophe Edouard Schuré en 1905. Ces personnages burlesques fournissent à l’artiste un support de méditation sur ses contemporains, sur le monde qui l’entoure et sur sa propre existence. « Il ne cherche pas simplement un moyen de traduire des préoccupations plastiques ou formelles sur la couleur et le mouvement, mais bien plus la possibilité d’exprimer tout ce qu’il peut y avoir de vie cachée derrière le maquillage, la poudre, les paillettes » (Danielle Molinari, Georges Rouault catalogue raisonné, Paris, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, 1983, p. 31). Arlequin est ainsi le support d’une introspection.

Brice Langlois
Estimation : 50 000 € ~ 60 000 €
Georges Rouault (Français, 1871-1958) 
Arlequin (harmonie rose), c.1948-1952 

Toile. 
Cachet...
Lot 255
Lot 270
Jean-Jacques Flatters (Français, 1786-1845)
Le général Claparède, 1827

Bronze.
Signé et daté.
Titré : "Le Comte Michel Claparède Lieutenant Général Pair de France."
Inscrit : "Fondu par Fs Charnod et son fils 1857 à Montrouge près Paris."

Haut. 83 Larg. 60 cm.

Joint : socle vitrine de présentation en placage d'acajou et dessus de marbre. Haut. 138,5, Larg. 45 Prof.45 cm. Accidents et manques.

Bronze bust of General Claparède by Flatters in 1827 and cast in 1857, preserved in the family.

Provenance : descendance directe du comte Michel Claparède (1770-1842), général français de la Révolution et de l’Empire, comte d'Empire en 1808 puis pair de France en 1819 ; collection particulière, Charente.

Oeuvre en rapport : une étude en plâtre à l'antique pour ce buste, signée et datée "Flatters fait a vivo en 1817", vendue le 9 décembre 2018 à Fontainebleau, Me Osenat, n°274.

Né le 28 août 1770, à Gignac, Michel Marie Claparède (1770-1842) est élu capitaine aux volontaires de l'Hérault en 1793. Il participe à la répression dans l'Ouest. En novembre 1798, il est à l'armée d'Italie, commandant des places de Milan, Plaisance, Gênes. Moreau le fait chef de bataillon, et l'emmène à l'armée du Rhin, où il est responsable des services de renseignements. Il participe à l'expédition de Saint-Domingue avec Leclerc, en revient en 1804 avec le grade de général de brigade. Il repart en 1805 pour conquérir la Dominique. Puis il est dans la Grande Armée, notamment à Austerlitz, où il défend la position du Santon, mais aussi à Iéna l'année d'après. Il est créé comte de l'Empire et nommé général de division en 1808. Gouverneur de Valladolid en Espagne, il rejoint la Grande Armée sur le Danube. Il est blessé à Ebersberg, où il conduit un combat héroïque. 1810 le renvoit en Espagne, pour en repartir en 1812 pour la Russie, où il participe à toutes les batailles, notamment à la Berezina, où il est à nouveau blessé. Fait prisonnier à la capitulation de Dresde en novembre 1813, il ne participe pas aux Cent-Jours. Il sera inspecteur général de l'infanterie de Louis XVIII et pair de France en 1819. Il meurt à Montpellier le 23 octobre 1842.

Arnaud de Gouvion Saint-Cyr
Estimation : 3 000 € ~ 4 000 €
Jean-Jacques Flatters (Français, 1786-1845) 
Le général Claparède, 1827 

Bronze.
Signé et...
Lot 270
Lot 272
Glaive de dignitaire ou de Pair de France du général Claparède.

Fusée à deux plaquettes de nacre unie, ornée sur l’avant d’un motif en vermeil à motif de rinceaux palmettes et sphinge.
Côtés de la fusée orné d’une plaque d’entrelacs en laiton doré (manque une).
Monture en laiton ciselé et doré. Pommeau au casque à grille empanaché. Croisière à deux quillons à décor feuillagés finissant par un profil d’homme à corne de bouc et profil de divinité. Nœud de corps au visage d’une divinité dans une couronne de palme.
Lame à méplat médian gravée, dorée et bleuie au tiers, signée au talon "K&S à Solingen.
Fourreau recouvert de galuchat blanc (usures) à chappe en laiton doré à décor amati, de frises de feuillages et toile d’araignée.

Bouterole à décor en suite et feuilles d’eau. Dard symétrique arrondi.
Avec la dragonne de général de division en fil d’argent doré, cordon en résille, gland orné de trois étoiles en paillettes d’argent sur deux faces à grosses franges.

Epoque Restauration.

Long. 93,4 cm.
A.B.E. Un quillon réparé par soudure, l’autre fêlé.

Provenance : descendance directe du comte Michel Claparède (1770-1842), général français de la Révolution et de l’Empire, comte d'Empire en 1808 puis pair de France en 1819 ; collection particulière, Charente.

Dignitary sword of General Claparède, Bourbon Restoration period. Bluish blade, mother-of-pearl and brass grip, shagreen scabbard.
Estimation : 3 000 € ~ 4 000 €
Glaive de dignitaire ou de Pair de France du général...
Lot 272
Lot 273
Le duc de Bordeaux au général Claparède

Cadre contenant trois souvenirs :
- Lettre autographe du Duc de Bordeaux, âgé de 7 ans, adressée au général Claparède : « mon général, Lavilatte desiroit savoir le résultat des démarches que vous avez bien voulu faire pour lui, je souhaite qu’elles soyent favorables. Henry ce 30 Xbre 1827 » 17 x. 15 cm.
- Lettre autographe signée du comte de Maupas : « Monseigneur me charge, mon Général, de vous envoyer le dessin qu’il a fait hier soir pour vous et qu’il vous donne avec plaisir. Je saisis cette occasion pour vous renouveler tous mes remerciements de toutes vos bontés pour moi et vous assurer, mon bon Général, de mon entier dévouement et de mon respectueux attachement. Cte de Maupas. Pavillon de Marsan ce 12 janvier 1828. » 13,5 x 11 cm.
- Enveloppe adressée à Madame Lafontan Paris, avec inscription « Lettre du duc de Bordeaux et de Mr le comte de Maupas février 1828, écrite au général Claparède Pair de France ». 8 x 14 cm.

Cadre : Haut. 40 Larg. 45 cm.
B.E.

Provenance : descendance directe du comte Michel Claparède (1770-1842), général français de la Révolution et de l’Empire, comte d'Empire en 1808 puis pair de France en 1819 ; collection particulière, Charente.

Three handwritten recollections linking the Duke of Bordeaux to General Claparède, preserved in the family.

Joseph de Lavilatte (1780-1858), officier de la garde royale, devint le précepteur militaire de Henri Charles Ferdinand Marie Dieudonné d'Artois, duc de Bordeaux (1820-1883). Auguste Marie de Maupas (1786-1862), seconda le Marquis de Rivière dans son rôle de gouverneur du duc de Bordeaux. Une solide amitié se noua entre l’officier, vétéran des guerres napoléoniennes, et l’enfant royal, plus connu sous son titre de courtoisie de comte de Chambord
Estimation : 400 € ~ 600 €
Le duc de Bordeaux au général Claparède 

Cadre contenant trois...
Lot 273
Lot 276
Jean-Henri Riesener (Franco-Allemand, 1734-1806)
Console desserte à trois niveaux, c.1785

Acajou, bronze doré et placage d'acajou sur bâti de chêne.
Le plateau supérieur en marbre bleu turquin à ressaut est mouluré.
La ceinture ouvre par trois tiroirs, dont deux en aile de papillon sur les côtés. Elle repose sur quatre montants en pilastres cannelés à décor de pointes d'asperges.
Ils sont réunis par deux tablettes d'entretoise. La première, plaquée d'acajou, est ceinte d'une lingotière. La seconde, recouverte d'un marbre bleu turquin, est ceinte d'une galerie ajourée.
Quatre pieds en gaines terminés par des sabots la supportent.
Ornementations en bronze doré pour les poignées de tirage, dés de raccordement, lingotières, encadrements de tiroirs, galeries, pointes d'asperges et pour les sabots.

Estampillée trois fois "J. H. Riesener" sur les montants.
Epoque Louis XVI.

Haut. 97 Long. 134 Prof. 53 cm.
Petits accidents et restaurations.

Provenance : collection de René Guigues de Moreton Marquis de Chabrillan (1886-1938), château de Neuville-sur-Oise ; par descendance familiale, Touraine.

Mahogany, marble and gilt bronze 3-tier dessert console table by Riesener, similar to one supplied for the Queen at the Petit Trianon in 1785.

Oeuvre en rapport : une console proche livrée en 1785 pour la salle à manger de Marie-Antoinette au Hameau du Petit-Trianon est conservée au château de Versailles (n°V4783).

Avec Boulle, Riesener est le seul ébéniste de l'Ancien Régime dont le nom n'a jamais cessé d'être prononcé. Né en Westphalie en 1734, il émigre à Paris, s'installe au faubourg Saint-Antoine et intègre l'atelier de Jean-François Oeben, dont il prend la direction à sa mort avant d'accéder à la maîtrise en 1768. En 1769, l'achèvement du bureau du roi lui ouvre les portes de la Couronne. Nommé ébéniste du roi entre 1774 et 1784, son atelier pouvait livrer plus de 70 meubles par an, tant pour la Couronne que pour des cours étrangères ou des collectionneurs privés : la commode de Louis XVI en 1775 (musée Condé, Chantilly, OA246), l'armoire à bijoux de la comtesse de Provence en 1780 (The Royal Collection, Windsor Castle), des dizaines de pièces dont la qualité d'exécution et la somptuosité des bronzes restent sans équivalent. En 1784, le nouvel intendant Thierry de Villes d'Avray juge ses prix prohibitifs et met fin à sa mission officielle.

Toutefois, il continue de travailler pour la famille royale, notamment en tant qu’ébéniste favori de la Reine Marie-Antoinette, qui le paye sur sa cassette personnelle. C'est dans ce contexte que s'inscrit notre console. Sa sœur la plus proche est livrée vers 1785 pour la salle à manger du Hameau du Petit-Trianon. Elle est aujourd'hui conservée au château de Versailles (Versailles, V4783). Même époque, même commande privée, même registre : celui des meubles dits « de service » que Riesener produit à partir des années 1780 en réponse à une demande vers plus de sobriété. Le décor de marqueterie cède la place à de grands panneaux en acajou de Saint-Domingue, soulignés de baguettes de bronze doré, dans un goût dit « à l'étrusque » que l'on retrouve notamment sur le secrétaire conservé au Getty Museum (Miami, 71.DA.104). Les bronzes dorés se concentrent aux points essentiels, mais leur qualité d'exécution reste celle des grands ouvrages de commande royale, laissant apparaitre la "qualité Riesener".

Car Riesener est moins un artisan qu'un chef d'orchestre. Son portrait par Antoine Vestier est éloquent (Versailles, MV8136) : plutôt que de se faire représenter muni d'outils, il tient une plume devant des documents. Il conçoit, dessine, coordonne, confiant l'exécution aux meilleurs spécialistes de sa génération : RVLC, Delosse ou Weisweiler pour les boiseries, les frères Damerat et François Rémond pour les bronzes. Il conserve la maîtrise de ses modèles, qu'il réutilise avec une cohérence rigoureuse d'une composition à l'autre. La galerie ajourée et les poignées de tirage de cette console se retrouvent sur la console-desserte de Versailles et sur un secrétaire à cylindre de la Wallace Collection (Londres, F 277) ; les appliques font écho au secrétaire en armoire de la Frick Collection vers 1780 (New York, 1915.5.75), dont les premières formes apparaissent sur la commode de Fontanieu au musée Condé (Chantilly, OA245).

Notre console se distingue pourtant de celle de Versailles par son étage intermédiaire et par l'importance accordée aux bronzes dorés qui en constituent le principal ornement. Cette organisation à trois niveaux, que nous n'avons retrouvé sur aucune autre console comparable, y compris dans les livraisons royales, en fait une pièce singulière. Elle fut conservée dans la collection du marquis de Chabrillan au château de Neuville-sur-Oise, avant de passer par descendance en Touraine. Estampillées trois fois sur les montants : la Reine l'aurait reconu et aimé même sans !

Nicolas Clery
Estimation : 60 000 € ~ 80 000 €
Jean-Henri Riesener (Franco-Allemand, 1734-1806) 
Console desserte à trois niveaux, c.1785...
Lot 276
Lot 279
Ecole française du début du XIXe siècle
Portrait du Général Mouton-Duvernet en uniforme de général de division, portant les ordres de la Légion d’honneur et de la Couronne de Fer

Miniature ronde sur ivoire.
Diam : 55 mm.

Sur une tabatière ronde en placage de loupe d'orme doublée d’écaille.
Haut. 27 Diam. 84,4 mm.
A.B.E. Petits accidents.

Provenance : collection d'un château du Limousin.

Ivory miniature of General Mouton Duvernet, early 19th century.

Œuvre en rapport : cette miniature sera reprise en gravure par Forestier et par Giraud. Les tableaux représentant le général sont d'exécution postérieure à l’Empire, bien identifiables par le port en sautoir de l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur, contrairement à notre représentation.

Régis Barthélemy, baron Mouton-Duvernet (1769-1816) servit en Espagne (1808-1812), en Allemagne (1809) et fut fait prisonnier à Dresde (1813). Rallié à Napoléon aux Cent-Jours, il proposa, après Waterloo, la reconnaissance du roi de Rome et s’opposa au retour des Bourbons. Proscrit à la seconde Restauration, il se constitua prisonnier et fut fusillé.

CITES - Objet composé d'ivoire d'elephantidae spp.
Conformément aux dispositions de la réglementation en vigueur sur le territoire de l'Union (Règlement (UE) n° 2021/2280 du 16/12/21), l'objet sera délivré à l'acquéreur avec son Certificat Intracommunautaire n° FR2602801333-K en date du 04/03/2026.
En cas de sortie du territoire européen, un certificat de réexportation, à la charge de l'acquéreur, sera nécessaire. Ce dernier doit également se renseigner au préalable sur la législation en vigueur dans le pays de destination.
Estimation : 500 € ~ 800 €
Ecole française du début du XIXe siècle 
Portrait du Général...
Lot 279
Lot 281
Table-lit de voyage ou d'officier

Acajou et placage d'acajou.
Bâti de chêne, boutons poussoirs et charnières en laiton.
Le plateau dévoile un sommier escamotable en acier avec tête et pied de lit déployant. Il repose sur quatre pieds fuselés et bagués terminés par des roulettes.

Travail du XIXe siècle dans l'esprit victorien.

Repliée : Haut. 77 Long.118 Prof. 88,5 cm.
Dépliée : Haut. 93,5 Long. 205 Prof. 102 cm.
Oxydations, taches et petits accidents.

Provenance : château du Vendômois.

Mahogany veneer travel or officer’s bed tray table. 19th century.

Cette table intrigante par sa double destination s'inscrit dans la tradition des meubles à transformation, dont l'un des plus illustres exemples est la "table à la Bourgogne" destinée au petit fils handicapé de Louis XV. Ce meuble combinait alors différentes fonctions afin de faciliter la vie du jeune malade. Il s'agit probablement ici d'un meuble de voyage, destiné à un client relativement fortuné compte tenu de son placage d'acajou et de ses ferrures de laiton. La fonction combinée de table et de lit permettait de réduire le nombre de bagages pour les transports. Ce type de meubles est très en vogue pendant la période Victorienne, notamment en Amérique du Nord, où ils sont portés par des fabricants tels que "A.H. Andrews & Co". Un lit escamotable pouvant se transformer en bureaux ou en piano est même surnommé "Lit Murphy" du nom de son inventeur. Fonction de repos et utilitaire sont astucieusement combinées pour s'adapter aux intérieurs de la Révolution Industrielle, avec des meubles mécaniques palliant les besoins des différents usages d'une même pièce au cours de la journée.

N.C.
Estimation : 400 € ~ 600 €
Table-lit de voyage ou d'officier 

Acajou et placage d'acajou.
Bâti de...
Lot 281
Lot 287
Attribué à Honoré Daumier (Français, 1808-1879)
Portrait-charge présumé de Portalis

Petit buste en terre crue polychromée.
Deux étiquettes à l'arrière, l'une avec l'inscription "h. Daumier".

Haut. 13,5 cm
Petits accidents et petits manques

Haut. 12,5 cm.

Provenance : collection normande.

Attributed to Daumier. Presumed caricature of Count Portalis. Polychrome clay.

Littérature en rapport : Edouard Papet, "Daumier : les célébrités du Juste milieu, 1832-1835 : étude et restauration", cat. exp., Paris, musée d'Orsay, 25 mai-28 août 2005, Paris, Réunion des musées nationaux, 2005.

Entre 1832 et 1835, à la demande de l'éditeur Charles Philipon, fondateur de La Caricature et du Charivari, Honoré Daumier modèle une série de petits bustes en terre crue peints à l'huile caricaturant les figures politiques des premières années de la monarchie de Juillet : parlementaires, ministres, magistrats, tous plus ou moins proches d'un régime que la presse satirique désignait sous l'expression méprisante de "Juste Milieu". Ces effigies servent à l'artiste de modèles pour composer ses lithographies. Leur nombre original demeure inconnu. Trente-six seulement sont parvenus jusqu'à nous, conservées depuis 1980 au musée d'Orsay à Paris, après avoir été achetés en 1927 au petit-fils de Charles Philipon par l'éditeur d'art Maurice Le Garrec, qui les fit restaurer et mouler en raison de leur extrême fragilité avant de les éditer en bronze et en plâtre.

Le présent buste s'inscrirait donc dans cette production. L'identification présumée du modèle repose sur une confrontation méthodique avec le catalogue raisonné de l'œuvre lithographié établi par Hazard et Delteil (1904) : parmi les soixante-trois caricatures consacrées aux gens de justice, un seul sujet présente la réunion des traits caractéristiques de cette effigie : chevelure noire couvrant la totalité du crâne, nez en tubercule, joues rebondies, menton tombant sous la robe de magistrat. Il s'agirait de Joseph-Marie Portalis (1778-1858), fils du père du Code civil, ancien ministre des Cultes, puis premier président de la Cour de cassation de 1829 à 1852, représenté en pied par Daumier dans La Caricature du 3 juillet 1835.

La date de cette lithographie éclaire la charge politique de ce portrait. En juillet 1835, Portalis siège parmi les assesseurs de la chambre des pairs instruisant les procès d'avril, ces poursuites engagées contre les républicains à la suite de l'insurrection de 1834, au cours de laquelle le massacre de la rue Transnonain avait coûté la vie à des civils innocents. Cette répression judiciaire, que Daumier avait stigmatisée dans sa célèbre lithographie "Rue Transnonain, le 15 avril 1834", valut aux magistrats qui s'en firent les instruments d'être à leur tour la cible de sa verve. En brocardant Portalis, Daumier n'aurait pas seulement caricaturé un visage : il aurait instruit en argile un réquisitoire contre les serviteurs d'une justice aux ordres.

Faute de liste exhaustive réalisée du vivant de Daumier de ses portrait-charges, ces réserves d'attribution et d'identification formulées, le buste n'en constitue pas moins un témoignage plastique de premier ordre : celui d'une pratique créatrice, la sculpture comme laboratoire de la caricature, qui fit de ces fragiles terres crues l'un des ensembles les plus singuliers de l'art du XIXe siècle.

Aymeric Rouillac
Estimation : 4 000 € ~ 6 000 €
Attribué à Honoré Daumier (Français, 1808-1879) 
Portrait-charge présumé de Portalis...
Lot 287
Lot 288
D'après Jean-Jacques Feuchère (Français, 1807-1852)
Pendule de Michel-Ange

Bronze patiné et doré, marbre et cuir.
Le cadran à cartouches indiquant les heures en chiffres romains est surmonté de la figure de Michel-Ange assis et accoudé à une sculpture à côté d'une plaque gravée "Michel Ange / Buonaroti / Pittore Sculptore / Architetto Fiorentino". Deux esclaves en partie inférieure tenant un masque de grotesque dans un entourage de guirlandes végétales. Elle repose sur un socle en cuir rouge.
A l'intérieur une plaque marquée "Rue des Fossés du Temple / Mudesse, Marbrier breveté / Paris".

Troisième quart du XIXe siècle.

Haut. 79 Larg. 53 Prof. 30 cm.
Restaurations, manque le verre de la lunette arrière/

Provenance : collection particulière, Tours.

Bronze, marble and leather Michelangelo clock after Feuchère.

Oeuvre en rapport : une pendule identique conservée au Musée du Louvre sous le numéro "OA11911".

Le modèle de cette pendule est présenté à l'Exposition universelle de Londres en 1851 par le bronzier Eugène Vittoz, éditeur des oeuvres de Jean-Jacques Feuchère. L'entreprise est reprise la même année par son fils qui s'associe avec E. de Labrouë en 1852.

La figure de Michel-Ange est ravivée à partir de Louis-Philippe et plus encore sous le Second Empire, en raison de la montée de la mode historiciste. Elle participe à cette remise en valeur des grands artistes de la Renaissance comme Léonard de Vinci, Bernard Palissy, Jean Goujon et Michel-Ange. La sculpture originale de Feuchère figurant le portrait de l'artiste est créée par Feuchère en 1843, mais se voit refusée par le jury du Salon. Inscrite en partie supérieure de cette pendule, elle met en valeur l'oeuvre du florentin dominant des esclaves, qui ne sont pas sans rappeler "l'Esclave rebelle", aujourd'hui conservé au musée du Louvre. Il avait été commandé avec "l'Esclave mourant" par le pape Jules II pour son tombeau dans la basilique Saint-Pierre, puis offert par Roberto Strozzi en 1546 à François Ier.
Estimation : 2 000 € ~ 4 000 €
D'après Jean-Jacques Feuchère (Français, 1807-1852) 
Pendule de Michel-Ange 

Bronze patiné...
Lot 288
Lot 297
Commande du sultan Abdülaziz (Ottoman, 1830-1876)
Selle d'amazone d'apparat rouge et or pour l'Impératrice Eugénie, 1869

Soieries, cuir, bronze, feutre, gallons et cordage.
Ensemble en excellent état comprenant :
- Selle en cuir recouverte de tissus de soieries à fond or, galonnée or à franges et décor rose et palmettes stylisées, carré et losanges en passementerie.
- Licol, harnachement en bronze et nombreux flots de glands, cordage or et soie bordeaux et or - en bouquets de pompons.
- Tapis de selle en feutre rouge galonné or avec application de ronde de roses en relief.

Etiquette sur le tapis de selle : "H. Sedefdjian & Associés, maison de qualité supérieure. Constan[tinople]" en caractères latins et ottomans avec un cheval au galop et le croissant de lune étoilé de l'Empire ottoman.

Haut. 80 Long. 100 Larg. 60 cm.
Joints photos et documents d'époque.

Conservée dans une vitrine moderne en chêne ornée d'une plaque en cuivre gravée : "Donné par S.M.M. Abdul-Hamid II Constantinople 12 février 1879". 149 x 112,5 x 79 cm.

Provenance : offert par sa Majesté Impériale Abdüll-Hamid II (Ottoman, 1842-1918), Sultan de l'Empire ottoman et calife de l'Islam, en 1879 à Mademoiselle Pauline Fournier (1855-1927), fille de l'ambassadeur de France auprès de la Sublime Porte ; par descendance familiale, collection particulière, Touraine.

Ceremonial side saddle belonging to Empress Eugénie commissioned by the Ottoman Sultan Abdulaziz, 1869.

DOUBLE SELLE IMPERIALE

Cette selle et son prestigieux harnachement sont une commande d'apparat pour la deuxième cour, dite du Diwan, au palais de Topkapi à Constantinople. C'est en effet dans la cour du Diwan que se situent les écuries du palais. Cette selle a été utilisée à deux reprises par Sa Majesté l'Impératrice Eugénie lors de son fastueux séjour à Constantinople du 11 au 19 octobre 1869, sous le règne du Sultan Abdülaziz (1830-1876), qu'elle avait accueilli à Paris deux ans plus tôt pour l'Exposition Universelle. Elle était sur le chemin de l'Egypte, en vue de l'inauguration de canal de Suez le 17 novembre, accueillie par le Khédive Ismaïl Pacha qui venait de prendre son Indépendance de la Sublime Porte.

Cette selle est réalisée dans l'atelier de Hovhannes Sedefdjian, un Arménien probablement installé dans le quartier de Galata ou de Péra. Les Arméniens de Constantinople dominaient alors de nombreuses corporations de l'artisanat de luxe, maroquinerie, sellerie, bijouterie, broderie, et fournissaient souvent la Cour impériale. Cette selle à l'amazone, pour dame montée en position latérale, annonce la période des Tanzimat et de la modernisation de la Cour, quand les femmes de la haute société et du harem impérial adopteront l'équitation européenne, à la suite de l'Impératrice des Français.

Cette selle à l'amazone est un cadeau privé, dix ans plus tard, par le nouveau Sultan Abdüll-Hamid II (1842-1918), qui accompagnait son oncle Abdülaziz en 1867 à Paris, à Pauline Fournier (1855-1927), la fille de l'ambassadeur de France à Constantinople. Grand-croix de la Légion d'honneur, conseiller général et sénateur d'Indre et Loire, Hugues Fournier (1821-1898) a été ambassadeur de France en Suède, en Italie puis dans l'Empire ottoman entre 1877 et 1880. Il a accompagné la délicate question du traité de Berlin, entérinant l'indépendance des Balkans et plaçant Constantinople en position de rempart européen face à l'Empire Russe. Aux couleurs rouges et or de l'Empire, cette selle est restée conservée par les descendants de la jeune femme, qui se mariera à son retour en France en 1887.

Philippe Rouillac
Estimation : 10 000 €
Commande du sultan Abdülaziz (Ottoman, 1830-1876) 
Selle d'amazone d'apparat rouge...
Lot 297
Lot 298
Antonio Béato (Italien, 1835-1906), Luigi Fiorillo (Italien, 1847-1898), Félix Bonfils (Français, 1831-1885), Frères Zangaki (Grecs, actifs vers 1875-1899), Andréas D. Reiser (Allemand, 1840-1898)
Egypte citadine et rurale, architectures, scènes de rues animées, métiers, marchés, ruines et monuments de l'ancienne Egypte... c. 1860-1890.

196 tirages sur papier albuminé présentés sur des feuillets cartonnés de couleur rouge, sous onglets.
Dans un fort album relié à demi-reliure verte, les plats recouverts de papier dominoté. Le dos à cinq nerfs portant la mention en doré « EGYPTE ».

Les tirages sont montés sur les feuillets par des points de colle aux angles ou bien sur les côtés. Photographies par formats : 37 x 28 cm (5), 21 x 27,5 cm (176), 23 x 12 cm (2), 17x 13 cm (4) et 10 x 13 cm (9).
Album : Haut. 32 Larg. 23,5 Prof. 9 cm.

Condition-Etat : la plupart des tirages sur papier albuminé sont en bon état de conservation mais comportent, quelquefois, des jaunissements aux pourtours.

Provenance : collection d'un ingénieur en chef de la Compagnie du Canal de Suez en poste entre 1901 et 1918 ; par descendance, collection particulière, Touraine.

Photo album of 196 images of urban and rural Egypt taken between 1860 and 1890, particularly by Beato, Fiorillo, Bonfils, the Zangaki Brothers and Reiser. Provenance: by descent, collection of the Chief Engineer of the Suez Canal Company between 1901 and 1918.

Bibliographie :
- Max Boucard et Frédéric Régamey, En Dahabieh, Paris, éditions J. Ducher, 1889.
- Jacques Jomier, Le Mahmal et la caravane égyptienne des pèlerins de la Mecque (XIIIe XXe siècles), Le Caire, Institut français d’archéologie orientale, 1953.

L’album s’ouvre par 11 vues de la cérémonie du « Tapis » et du pèlerinage à la Mecque. Il se ferme sur cliché d'Elliot et Fry représentant Lord Cromer (Evelyn Baring of Cromer), le consul général britannique en Egypte de 1883 à 1907.

Les photographies représentent divers lieux d’Egypte dont : Le Caire (Fontaine publique, tombeaux, mosquée ; Alkankah ; Ambassade de France (porte en bronze, fontaine, chambre ) ; Karnak ; Abydos ; Philae ; Kôm Omb ; Louxor ; Nazar ; Ile Eléphantine ; Assouan ; Médinet Habou ; Deir el- Bahari ; Edfou ; Dendérah ; Bab el Nasr ; Palais de Gezieh ; bas-reliefs d’Izis, Cléopâtre ; ainsi que des vues animées et métiers dont : âniers du Caire et baudets ; boutique d’objets en cuivre ; marchands ambulants ; charmeur de serpent ; groupe de femmes assises ; la récolte des dattes ; « Pharmacie Française » ; bords du Nil ; palmeraie ; marché aux ustensiles de cuisine à Boulaq Des vues remarquables dont un Transport de pierres sur le Nil ; allée menant aux Pyramides faite par Ismaïl Pacha pour recevoir l’impératrice Eugénie ; les pyramides pendant l’inondation ; statue colossale à Memphis ; le Sphinx de Gizeh en partie désensablé

Les cinq photographies en grand format, 37 x 28 cm, sont probablement toutes d’Antonio Béato. Elles ont été pliées par le milieu, à l’époque, afin de tenir dans l’album. Il s’agit de : « Colonnes du milieu » du temple de Karnak ; Zchadouf 621 ; Philae, vue est 515 A. Béato ; Philae, vue sud-est. Ainsi qu’une très belle vue d’une Dahabieh arborant le pavillon des Etats-Unis d’Amérique descendant le Nil. Cette embarcation est conduite par douze rameurs en uniforme, au repos pour la prise de vue. Douze personnages regardent en direction du photographe : trois ou quatre voyageurs, ces membres de l’équipage, employés et guide. Ce type de Dahabieh possède, sans doute, une vingtaine de cabines.

Exemples du classement des premières photographies, légendées (sic) et numérotées, avec des interruptions dans la numérotation : 2 Cérémonie du « Tapis » : retour de la caravane de la Mecque : vue des pèlerins ; 3 « Sais mosquée » ; 5 Le Caire « Tapis » Mosquée et Sultan Hassan. Arrivée Mahmal Place Méhemet Ali Caire ; 6. Départ du tapis le Caire ; 7 « Tapis » N°1 ; 8 Tapis ; 9 Le tapis accompagné : écrit au crayon de papier « tapi à la citadelle » ; 10 Ecrit au crayon de papier : « al Bab el Naz » ; 11« tapi ». ; 12 Saïs Mosquée ; 13 Kiosque de Philé (Philae) ; Non numérotée : Le kiosque à Philae. (Représentation de 6 enfants). Non numérotée : fillettes arabes vendeuses d’eau. 41 ; 20 Maison Saïd Vieux Palais Le Caire ; 21 Le Caire. Bab el Rakalil ; 22 Le Caire ; 22 Le Caire. Couronnement du décor au-delà des murailles ; 26 Le Caire. Babel Mito Ali ; 28 264. Caire. Bords du Nil. L. Fiorillo phot. 253. Caire. La récolte des dattes. L. Fiorelli phot. ; 32 Idem. 297. Caire. Environs de Boulac. Fiorillo. 278. Caire. Village arabe aux bords du Nil. 289. Caire. Le Khalig. Fiorillo ; 31 Le Caire. Rue Al Kan Kalil ; 34 La Caire. Boucherie al Kab el Maire

Yves Di Maria
Estimation : 10 000 € ~ 15 000 €
Antonio Béato (Italien, 1835-1906), Luigi Fiorillo (Italien, 1847-1898), Félix Bonfils...
Lot 298
Lot 299
Maison Christofle,
sous la direction de Paul Christofle (Français, 1838-1907)
Important trophée de prix décerné à Monsieur Chambaud au Saix, 1867

Argent.
Décerné par le Ministère de l'Agriculture, du commerce et des travaux publics pour le concours agricole de la ville de Bourg en 1867. La déesse Cérès au sommet repose sur un socle aux armes impériales avec l’inscription "CONCOURS REGIONAL AGRICOLE DE BOURG / DECERNEE A". La coupe présente un décor estampé de quatre scènes des travaux des champs légendées "PATURAGE, MOISSON, VENDANGE, LABOURAGE". Le bord est souligné de l’inscription « MINISTERE DE L'AGRICULTURE DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS MDCCCLXII ». Le fût fuselé et cannelé dans un entourage de pampres de vigne se termine par des gerbes de blé. La base circulaire est composée d’un bœuf, d'un bélier, d'une brebis, d'un soc de charrue et d'une faux en ronde-bosse. Il repose sur quatre pieds à enroulements feuillagés ajourés, richement décorés et ciselés de bouquets de feuilles.

Poinçon Minerve 1er titre.
Signé "CHRISTOFLE Ft (fecit) 1867".
D'après un modèle des sculpteurs Eugène Capy (Français, 1829-1894) et Pierre-Louis Rouillard (Français, 1820-1881).

Haut. 65 Diam. du plateau 41 cm.
Poids 9 300 g.

Avec son rare écrin pyramidal vert, doré des armes impériales et marqué : "Concours agricole de la ville de Bourg 1867". 75 x 44,5 x 44,5 cm.

Provenance : conservé jusqu’à ce jour dans la descendance de M. Chambaud dans l’Ain.

Silver prize cup by the Christofle company, awarded by the Ministry of Agriculture in 1867 and preserved with its extremely rare case by the recipient’s heirs.

Bibliographie :
- Yves Badetz in Daniel Alcouffe (dir.), "L'Art en France sous le Second Empire", cat. exp. Paris, Grand Palais, 11 mai - 13 août 1979, Paris, Ed. RMN, Notice 79.
- Pierre Tochon, "La prime d'honneur de l'Ain en 1867", chez Albert Bottero, Chambéry, 1867, une copie jointe.
- Henri Tochon, "Rapport sur le domaine du Saix", 1867, une copie jointe.

Le modèle de cette coupe semble être développé dès 1861 par la Maison Christofle, qui présente cette année-là au Salon, une coupe en « or et argent » donnée par le Ministère de l’Agriculture au concours régionaux. Un exemplaire est ensuite inscrit à l’Exposition universelle de Londres de 1862. Charles Christofle n’est pas seul dans l’invention de ces coupes. Il est rejoint par Eugène Capy pour la figure de Cérès et Pierre-Louis Rouillard pour les représentations des animaux. Son répertoire décoratif joue ainsi entre réalisme et néo-classicisme pour ce sommet de l'orfèvrerie française du Second Empire.

Simple fermier en 1840, François Eugène Chambaud (1822-1906) devient fermier à Péronnas dans l'Ain en 1846, avant de racheter le domaine dont il est directeur aux sœurs de la Visitation de Thonon en 1857. Dès 1859, il reçoit une médaille d'or au concours agricole de l'Ain avant de recevoir en 1867 la prestigieuse prime d'honneur symbolisée par cette coupe. Au terme d'un rapport documenté où il loue tant la valeur agricole de son récipiendaire que l’activité, l’intelligence, la dévotion, la modestie et le mérite de son épouse, Pierre Tochon conclut : "Que M. Chambaud vienne donc recevoir cette coupe d'honneur, qu'il la conserve avec soin, qu'il la montre avec orgueil à ses enfants, à ses amis, et surtout aux agriculteurs praticiens de toutes les conditions, comme un témoignage de la puissance du travail pour arriver à l'aisance et même à la fortune, comme un témoignage de l'intérêt tout spécial que l'Empereur porte aux classes agricoles depuis son avènement au Trône."
Estimation : 18 000 € ~ 22 000 €
Maison Christofle, 
sous la direction de Paul Christofle (Français, 1838-1907)...
Lot 299
Lot 301
Jean-Baptiste Carpeaux (Français, 1827-1875)
L'Asie
Le Chinois n°2

Terre cuite.
Signature cursive. Cachets : "Propriété Carpeaux" à l'Aigle impériale, "Atelier & Dépôt / 74, rue Boileau /Auteuil. Paris" et numéro d'ordre d'épreuve "1788".

Haut. 33,5 Larg. 23,5 Prof. 14 cm.

Bibliographie :
- Michel Poletti, Alain Richarme, "Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur. Catalogue raisonné de l'oeuvre édité", Paris, Editions de l'Amateur, 2003, un modèle en bronze reproduit p. 123, n°BU23;
- Michel Poletti, "Jean-Baptiste Carpeaux l'homme qui faisait danser les pierres", Montreuil Seine-Saint-Denis, Gourcuff Gradenigo, 2012, précisions quant au modèle pour la fontaine de l'Observatoire p. 160-161.

Nous remercions Monsieur Alain Richarme qui a aimablement confirmé l'existence de cette épreuve en terre-cuite du "Chinois n°2", non mentionnée dans son catalogue raisonné de 2003.

Carpeaux. Asia or Chinese man no.2. Terracotta.

Haut d'une trentaine de centimètres, ce buste d'un chinois est une émanation d'une oeuvre monumentale de Jean-Baptiste Carpeaux : la "Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde". Commandée en 1867 par le baron Haussmann pour être placée face à l'Observatoire, elle convoque les personnifications de l'Amérique, de l'Afrique, de l'Europe et de l'Asie soutenant la sphère céleste.
Ce buste est le résultat des recherches de Carpeaux pour la représentation du visage de l'Asie.
Il est édité en trois modèles différents : "l'Esquisse" avec son traitement impressionniste, le Chinois n°1 en grandes dimensions et le Chinois n°2 en petites dimensions. Terre-cuite, bronze, plâtre et marbre sont employés. Non mentionnée dans le catalogue raisonné, l'épreuve en terre-cuite du "Chinois n°2" est rare. Elle aurait été éditée du vivant de l'artiste avec des cachets datés, puis à titre posthume dans son atelier d'Auteuil par sa famille à l'instar de cette épreuve.
Estimation : 9 000 € ~ 11 000 €
Jean-Baptiste Carpeaux (Français, 1827-1875) 
L'Asie
Le Chinois n°2 

Terre cuite. 
Signature...
Lot 301
Lot 302
Auguste Nicolas Caïn (Français, 1821-1894)
Pompier et Caron, Chiens bâtards français arrêtés sur le change, 1887

Bronze.
Signé, inscrit "épreuve unique", titrés, les chiens avec la marque d'équipage "B".
Fondeur A Rolland.

Haut. 205 Larg. 186 Prof. 121 cm.

Provenance : vente Sotheby’s, Londres, 1995.

Exposition : Salon de la Société des artistes français, Paris, 1887, le marbre exposé sous le n°3720.

Cain. Pompier and Caron, French Crossbred Hounds Held at the Relay Point. Unique bronze cast. 1887.

LES CHIENS DE CHASSE DE CAIN

Imposant par sa composition et la finesse de son modelé, ce groupe de deux chiens de chasse en bronze illustre le talent d’Auguste-Nicolas Caïn, l’un des grands sculpteurs animaliers du XIXe siècle. Formé chez Pierre-Jules Mêne (1810-1879), dont il partage la fonderie, épouse la fille puis reprend l’atelier à sa mort, Caïn s’oriente très tôt vers la sculpture animalière et devient une figure majeure de la sculpture monumentale. En 1880, il répond à la commande prestigieuse d’Henri d’Orléans, duc d’Aumale pour le domaine de Chantilly, dont il réalise plusieurs sculptures en bronze : cerfs, loup et sanglier. Deux groupes monumentaux de couples de Chiens de Saint-Hubert sont installés sur la terrasse du château : Fanfaraut et Brillador et Lumineau et Séduisant.

Pour cet illustre commanditaire, fidèle à sa méthode fondée sur l’observation du vivant, Caïn accepte de ne pas reproduire à l’identique ses chiens. Toutefois, une variante est finalement crée et exposée dans le marbre au Salon de 1887 (Chiens bâtards français arrêtés sur le change, Matador et Caron), achetés par le palais de l’Elysée et aujourd’hui déposée dans le parc Jean Moulin derrière la mairie du Chambon-Feugerolles dans la Loire. Une seconde variante sera fondue en 1893 par Barbedienne pour le banquier Jacques Stern (non titrés, vente Sotheby’s, Londres, 22 novembre 2024, n°49). Notre groupe de chiens nommés Pompier et Caron correspond lui aux Chiens de Saint Hubert du duc d'Aumale titrés Lumineau et Séduisant et à ceux de la première version du Salon de 1887, Matador et Caron.

Contrairement à ceux d’Aumale, les autres chiens sont attachés en arrêt à un relais, ici un tronc d’arbre au sommet duquel est un cor de chasse. Si le cor de chasse a disparu avec le temps du groupe en marbre de 1887, c'est bien le même groupe que le nôtre, avec les flancs des chiens marqués de la lettre B. Ceux du duc d’Aumale portent un triangle inversé sur le flanc droit et ceux de l’équipage de Jacques Stern sont marqués d’un S. Bien que ces chiens soient marqués d’un B et non du U, ce bronze aurait appartenu selon une tradition non établie à Anne de Rochechouart de Mortemart, duchesse d’Uzès (1847-1933), qui reprit au décès de son mari le fouet du Rallye-Bonnelles, découplant en forêt de Rambouillet.

Les quatre chiens du duc d’Aumale sont fondus, comme ceux-ci, par Rolland, tandis que ceux de Jacques Stern le sont par ses successeurs Jaboeuf et Bezout et par Barbedienne. Fondeur à Paris, successeur de Boyer, A. Rolland meurt précisément en 1887. Sa veuve vend alors la société à Jaboeuf et Bezout, qui annoncent en 1890 dans le bottin commercial « des ateliers spéciaux pour la fonte de statues, monuments et autres pièces de grandes dimensions » (E. Lebon, 2003, p. 217).

Pompier et Caron traduisent la précision anatomique et le sens de l’observation du vivant de leur auteur. La tension des attitudes et la dynamique entre les figures donnent à l’ensemble une forte expressivité, mêlant mouvement et discipline de la chasse à courre. L’un, assis, est calme, l’autre, debout, est en alerte. Le socle, traité avec réalisme, évoque un sol forestier jonché de branchages et de feuilles. S’il le pouvait, il sentirait bon la mousse et les sous-bois. Par sa qualité d’exécution, sa composition équilibrée et sa richesse historique, ce bronze constitue un témoignage exceptionnel du savoir-faire d’Auguste-Nicolas Caïn et de l’importance de la sculpture animalière dans la France du XIXe siècle.

Aymeric Rouillac et Noémie Fouché
Estimation : 250 000 € ~ 300 000 €
Auguste Nicolas Caïn (Français, 1821-1894) 
Pompier et Caron, Chiens bâtards...
Lot 302
Lot 307
Attribuée à Paul-Charles Sormani (Français, 1848-1926)
Table de milieu

Placage d'acajou et satiné, bronze et marbre.
Le plateau est souligné d'une lingotière à décor de feuilles d'acanthe et d'une ceinture à motifs en applique de paniers aux pampres de vigne, instruments de musique et outils des champs. La partie supérieure du piétement en cariatides et termes se prolongeant par des gaines et pieds toupies réunis par une entrejambe en H à la manière d'Adam Weisweiler.

Fin du XIXe siècle début du XXe siècle.

Haut. 78,5 Diam. 79 cm.
Petits accidents.

Provenance :
- collection de Madame Yvonne Dubel (1881-1958), cantatrice, Paris ;
- par succession familiale, collection particulière, blésois.

Mahogany veneer, satin, bronze and marble centre table attributed to Sormani after 1894.

Bibliographie :
- Denise Ledoux-Lebard, "Le mobilier français du XIXe siècle", Paris, Les éditions de l'Amateur, 2000, un modèle proche réalisé par Henry Dasson p. 148.
- Me Fredéric Lecocq, "Catalogue des modèles pour bronzes d'art, meubles de style et grande décoration avec droit de reproduction..., provenant de la maison H. Dasson et Cie", Vente à Paris du 9 au 12 octobre 1894, p. 65, n°445.

Sous le Second Empire, l'Impératrice Eugénie s'entiche du "style Marie-Antoinette" et réaménage le décor intérieur du château de Saint-Cloud. Dans le prolongement du goût historiciste, les ébénistes réutilisent les formes de la fin du XVIIIe siècle. Les pieds en cariatides et les piétements en H citant la production d'Adam Weisweiler sont alors abondamment employés, afin de rappeler la table à écrire de la Reine (Paris, musée du Louvre, OA5509), à l’instar du piétement de ce meuble.

Le modèle de notre table serait inventé par Guillaume Winckelsen. A sa mort en 1871, Henry Dasson acquiert son stock et reprend à dessein ce modèle, dont nous référençons au moins cinq exemplaires signés et datés entre 1878 et 1888, avec des variations dans la composition de l’entrejambe (ventes Christie's 2007, 2012, 2016 et 2018, galerie Adrian Alan et Ledoux-Lebard, op. cit).

"Les modèles pour bronzes d'art, meubles de style et grande décoration et droit de reproduction de la Maison H.Dasson et Cie" font ensuite l'objet de quatre ventes en 1894 au décès d'Henry Dasson. Une "table Louis XVI, pied tête de femme et petit faune" rappelle la composition de notre guéridon. Le modèle est acquis "210 francs" par "Sormani", d'après les indications manuscrites du catalogue conservé à la Bibliothèque nationale de France (département des Estampes et photographie, YD-1).

La maison Veuve Paul Sormani et fils, active jusqu'en 1934, réédite ensuite ce modèle en plusieurs essences de bois, afin de prolonger son "chic", remarqué par un commentateur anonyme du catalogue de la vente Dasson et Cie.
Estimation : 10 000 € ~ 15 000 €
Attribuée à Paul-Charles Sormani (Français, 1848-1926)
Table de milieu

Placage d'acajou et...
Lot 307
Lot 320
Thomas Hache (Français, 1664 1747)
Exceptionnelle armoire de mariage à scagliola bleue et ivoire, c. 1690-1695

Richement marquetée, en façade et sur les côtés, de rinceaux feuillagés et fleuris, de branches d'aubépine, rubans, couronnes comtales et monogrammes en ivoire, ornements en scagliola bleue, cartouches, fleurs et feuillages au naturel et teintés, guirlandes de fleurs, oiseaux, vases Médicis, draperies, frises de feuilles d'acanthe et fleurettes, sur fonds de noyer teinté et contre-fonds de ronce de noyer et de beau noyer veiné. Reposant sur cinq pieds boule en bois noirci.

Chambéry, vers 1690-1695.

Haut. 212 Larg. 153 Prof. 65 cm.
Très bon état général, fonds, caisson intérieur, charnières, entrées et serrures rapportés.

Provenance : collection particulière, Lyon.

Exceptional ivory and blue scagliola wedding armoire by Thomas Hache, circa 1690-1695.

Bibliographie :
- Pierre et Françoise Rouge, « Le génie des Hache », Dijon, Editions Faton 2005, voir la typologie des armoires, pp. 72-97.
- Ce modèle sera reproduit et décrit dans le second volume à paraître.

CITES - Objet composé d'ivoire d'elephantidae spp.
Conformément aux dispositions de la réglementation en vigueur sur le territoire de l'Union (Règlement (UE) n° 2021/2280 du 16/12/21), l'objet sera délivré à l'acquéreur avec son Certificat Intracommunautaire n° FR2606900209-K en date du 02/04/2026.
En cas de sortie du territoire européen, un certificat de réexportation, à la charge de l'acquéreur, sera nécessaire. Ce dernier doit également se renseigner au préalable sur la législation en vigueur dans le pays de destination.

UN DECOR INEDIT AU NATURALISME RAFFINE

Cette armoire se distingue des autres modèles connus par la présence d’ivoire sur les perles de la couronne comtale et sur les monogrammes, Thomas Hache privilégiant habituellement l’emploi de l’os dans ses décors de fleurs dites « au jasmin ». Si la couronne est celle d’un comte, les monogrammes sont « de fantaisie », comme c’est le cas le plus souvent. La présence d’ivoire indique que le commanditaire a souhaité un matériau plus noble que l’os. A ce jour, seules trois armoires sont ornées d’armoiries identifiables.

Les couronnes et les monogrammes sont entourés de deux branches d’aubépines reconnaissables à leurs feuilles vertes bien découpées et à leurs baies rouges, tandis que dans les médaillons médians apparaissent deux perroquets au plumage finement gravé, en guise de Renommées habituellement rencontrées. Le décor floral témoigne d’un naturalisme de grande qualité avec la présence inédite d’une branche de lys et d’une fleur de tournesol, rarement rencontrées, au milieu des tulipes, pivoines, œillets, jonquilles et autres ipomées en scagliola bleue.

En façade, chaque porte est entourée d’une remarquable frise de feuilles d’acanthe et de fleurettes, et d’une frise sur la corniche qui diffère des autres modèles connus par le motif central composé d’un bouquet audacieusement asymétrique, tandis que les cartouches de part et d’autre sont inédits par la composition de rinceaux feuillagés au naturel et teintés ; sur les côtés, ils sont repris en contrepartie, selon la technique inventée par Pierre Gole (v. 1620-1685), ébéniste du roi, puis développée par André-Charles Boulle (1642-1732).

Les côtés proprement dits diffèrent aussi des modèles connus par la forme originale des trois médaillons, dont celui du haut au décor de draperies et de rubans qui fait écho à ceux des réserves inférieures de façade et qui coiffe élégamment œillets, jonquilles, fleurs d’acanthe et rinceaux feuillagés savamment agencés.

Après un séjour dans l’atelier de Pierre Gole à Paris, Thomas Hache travaille dès 1685 à Chambéry, capitale administrative du Duché de Savoie, où il utilise le principe décoratif de la scagliola, inventé en Italie au milieu du XVIIe siècle pour imiter la très coûteuse marqueterie de pierres dures.

A partir de 1695, il développe à Grenoble un atelier prospère et original par l'emploi quasi exclusif des bois des Alpes et leurs belles loupes teintées aux effets graphiques remarquables et par l'invention de formes et de techniques de montage inédits dans l'ébénisterie parisienne. Ce savoir-faire exceptionnel est récompensé en 1721 par le Brevet d'Ebéniste du Duc d'Orléans, gouverneur de la province du Dauphiné et prince du sang.

Françoise Rouge
Estimation : 80 000 € ~ 120 000 €
Thomas Hache (Français, 1664 1747) 
Exceptionnelle armoire de mariage à...
Lot 320
Lot 337
Travail vénitien du XVIIIe
Paire de porteurs d'offrandes

Laque européenne polychrome à l'or.
Ils reposent sur une terrasse mouvementée ornée de vase et de fleurs.
Inscription manuscrite à l'encre au verso : "Antonio Borghini Manoffata 1778 a signor Bu... Sempre Cena"

Haut. 22 Long. 22 Prof. 14 cm.

Provenance : collection particulière, Monaco.

Pair of polychrome lacquered Chinese figures made in Venice in the 18th century.

Bibliographie :
- Andrée Lorac-Gerbaud, "Les secrets du laque", Turin, Editions de l'Amateur, 1996, pp.100-105.
- Saul Levy, " Lacche veneziane settecentesche ", Milan, Görlich, 1999, vol. II, un modèle de ce type illustré planche 396.
- Monika Kopplin, "European Lacquer", Munich, Hirmer, 2010, pp. 26-30.

A Venise au XVIIIe siècle, l'art de vivre à la française est à la mode. De nombreux artisans collaborent pour décorer les bodoar, dérivés du boudoir français. Le "dépentore" y tient un rôle fondamental : son travail est l'imitation de la laque chinoise et japonaise. La technique est décrite par Morazzoni en 1958, depuis les étapes préparatoires, la réalisation de décor au pinceau ou à la plume jusqu'à la dorure au mordant. La laque conquiert alors tous les supports, les ornant de personnages "à la chinoise" mais aussi par la réalisation de sculptures laquées sur les mêmes thèmes. Même si les peintres se libèrent progressivement des modèles asiatiques, les décors orientaux restent en vogue avec la technique de la "lacca povera", réalisée par l'apposition d'estampes colorées recouvertes de sandaraque afin de donner l'illusion de la peinture. Cette nouveauté satisfait une demande de plus en plus importante d'objets laqués à décor de chinoiseries. Notre paire de sujets chinois, rappelant des serre-livres, illustrent l'engouement de la Sérénissime pour l'Empire du Milieu.

N.C.
Estimation : 4 000 € ~ 5 000 €
Travail vénitien du XVIIIe 
Paire de porteurs d'offrandes 

Laque européenne...
Lot 337
Lot 340
Salon aux Fables de La Fontaine et aux Enfants jardiniers
Comprenant six fauteuils et un canapé

Bois mouluré, sculpté et laqué crème.
Dossiers cabriolets terminés en chapeaux de gendarme et décor de frises de piastres aux retombées, feuilles d'acanthes aux amortissements des montants, accotoirs à manchettes terminés en volutes, dés de raccordement à motifs de fleurettes, ils reposent sur des pieds fuselés, cannelés et rudentés.
Fine tapisserie d'Aubusson en laine polychrome à décor d 'enfants jardiniers d'après François Boucher telles que des scènes galantes, pastorales, un oiseleur, un homme et son chien sur les dossiers. Les assises reprennent des Fables de La Fontaine, d'après Jean-Baptiste Oudry telles que le corbeau et le renard ou des scènes de chasse.

Epoque Louis XVI.
Modèle attribué à Martin Jullien, menuisier reçu maître le 23 juillet 1777.

Canapé : Haut. 103, Larg. 177, Prof. 72 cm.
Bergère : Haut. 96,5, Larg. 70, Prof. 69 cm.
Fauteuils : Haut. 88,5, Larg. 63, Prof. 60 cm.

Provenance :
- 12e vente Garden Party, Me Rouillac, château de Cheverny, 26 mai 1996, n°169 ;
- collection particulière, Vendôme.

Louis XVI living room suite with Aubusson tapestries of La Fontaine’s Fables and Children Gardening after Boucher and Oudry.

Bibliographie : Pierre Kjellberg, "Le mobilier du XVIIIe siècle français", éditions de l’Amateur, Paris, 1989, bergères proches de notre salon reproduites p. 459.



Les Fables de La Fontaine (1621-1695), puisant leur source chez Esope, inspirent au XVIIIe siècle un vaste programme décoratif. Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), peintre animalier de Louis XV et directeur artistique des manufactures de Beauvais puis des Gobelins, en dessine les compositions entre 1729 et 1734. Une suite de ces dessins est convertie en cartons de tapisseries pour Beauvais, tissée seulement seize fois entre 1736 et 1777. Après la mort d'Oudry, ils sont gravés en quatre volumes sous la direction de Cochin, assurant leur diffusion.


Les ateliers marchois d'Aubusson s'emparent à leur tour du thème : Oudry fournit des modèles à la manufacture dès 1731, et les Fables de La Fontaine figurent parmi les sujets les plus tissés aux côtés des verdures fines et des scènes de chasse. Manufacture royale depuis 1665, Aubusson se distingue de celles de Beauvais et des Gobelins par une production plus accessible et plus variée, déclinant les mêmes compositions en de multiples formats et coloris selon les commandes. Les lissiers aubussonnais reprennent librement les scènes d'Oudry, en adaptant bordures, fonds et palettes au goût de leurs commanditaires, produisant ainsi des garnitures de sièges dont aucune n'est tout à fait semblable à une autre. C'est à cette tradition vivante et diversifiée qu'appartiennent les assises de ce salon.


Les dossiers, quant à eux, reprennent les Enfants jardiniers de François Boucher (1703-1770), série de cartons peints vers 1751 pour la marquise de Pompadour, destinés à la manufacture des Gobelins pour garnir les sièges de son château de Crécy. Ces huit panneaux, montés par paires dans des toiles verticales par Alexis Peyrotte, passèrent de Crécy à Sceaux puis dans la famille de Trévise. Réapparus lors de la 30e vente Garden Party le 10 juin 2018, ils furent préemptés par le musée du domaine départemental de Sceaux. Les ateliers d'Aubusson, comme ceux des Gobelins, avaient eux aussi tissé ces pastorales d'enfants, diffusant le thème bien au-delà du cercle royal.


Un fauteuil Louis XV de 1765 associant les mêmes sources, fables d'Oudry en assise, enfants de Boucher en dossier, est conservé au musée des Arts Décoratifs de Bordeaux (inv. 11319).
Estimation : 2 500 € ~ 3 000 €
Salon aux Fables de La Fontaine et aux Enfants jardiniers...
Lot 340
Lot 342
Antoine Louis Barye (Français, 1796-1875)
Eléphant du Sénégal, le modèle créé vers 1874

Bronze à patine brune et verte.
Signé sur la terrasse, avec cachet or "FB" (1876-1890) et marque au revers "Barbedienne Fondeur". Marqué au revers "9".

Haut. 13,5 Long. 19,3 Prof. 7 cm.
Petites usures à la patine.

Provenance : collection particulière, Vendômois.

Barye. Elephant of Senegal, model created circa 1874. Bronze cast by Barbedienne between 1876 and 1889.

Bibliographie : Michel Poletti, Alain Richarme, "Barye catalogue raisonné", Paris, Gallimard, 2000, p. 251, n°A119.

Ce petit éléphant illustre l'évolution stylistique de Barye, au tournant des années 1870. Le sculpteur délaisse les compositions statiques pour se tourner vers une représentation plus dynamique, où l'animal semble flotter. Et pour cause, le pachyderme ne repose que sur sa patte arrière gauche. Ce modèle conçu comme un pendant de l'éléphant de Cochinchine réapparait lors de la vente Barye de 1876 où trois exemplaires sont retrouvés. Notre exemplaire fondu par Ferdinand Barbedienne entre 1876 et 1889, d'après son cachet et son revers est donc un témoin du succès posthume du modèle. En effet, près de 10 rééditions de l'éléphant du Sénégal seront fondues jusqu'au premier tiers du XXeme siècle. Devenu une référence pour la nouvelle génération, il sera réinterprété par des sculpteurs animaliers tels que le vendômois Roger Godchaux avec son "éléphant courant", cinquante ans plus tard.
Estimation : 2 000 € ~ 4 000 €
Antoine Louis Barye (Français, 1796-1875) 
Eléphant du Sénégal, le modèle...
Lot 342
Lot 346
Vincennes, Manufacture de Hyacinthe Seguin, vers 1785
Partie de service

Porcelaine dure.
Comprenant 20 assiettes, 6 assiettes à potage, deux seaux à rafraichir (accidentés), 4 compotiers coquille, 2 sucriers ovales couverts sur plateau attenant (accidenté), un plat rond.
Décor polychrome monogrammé D aux roses dans un entourage de semis de bouquets de fleurs.

Marqué : lambel plein en bleu.

Assiettes : Diam. 22,5 cm.
Assiettes à potage : Haut. 4,5 Diam.21 cm.
Seaux à rafraichir : Haut. 14,5 Diam. 19 cm.
Compotiers : Haut. 6 Larg. 22,5 Prof. 22,5 cm.
Sucriers : Haut. 12 Long. 23 Larg. 14,5 cm.
Plat : Diam. 28 cm.
Accidents et usures de l'or.

Provenance : collection d'un château du Vendômois.

Vincennes hard-paste porcelain tableware set, monogrammed with a D and featuring roses, circa 1785.

Bibliographie : Cyrille Froissart, "La porcelaine d’Orléans et l’attribution des marques au lambel", in Sèvres, Revue des Amis du Musée national de céramique, 1999, p. 7-19.

La manufacture de Hyacinthe Seguin, fondée en 1776, reçoit la protection du duc de Chartres, Louis-Philippe-Joseph, futur duc d’Orléans, dit Philippe-Egalité (1747-1793). La manufacture Séguin réalise un service pour son père le duc d’Orléans, "au chiffre de Monseigneur", mentionné dans l’inventaire après décès du duc d’Orléans en 1782. Une lettre de Séguin adressée le 8 avril 1779 au comte d’Angiviller précise qu’il est chargé, en ce moment, de la réalisation de « trois services complets, l’un pour Mgr le duc de Chartres, l’autre pour M. le comte de Maillebois et le troisième pour Mme la baronne de Neukischen ». Enfin, un grand service décoré du monogramme RS pour Rouen-Sollé est conservé au château de la Motte Tilly.
Estimation : 1 500 € ~ 2 000 €
Vincennes, Manufacture de Hyacinthe Seguin, vers 1785 
Partie de service...
Lot 346
Lot 350
Pendule au char d'Athéna

Bronze doré.
Le cadran squelette émaillé avec les heures en chiffres romains et les minutes par un chemin de fer. Signé "Signol ainé à Paris", ce cadran s'inscrit dans la roue du bige dirigé par Athéna. Le socle est orné d'un bas-relief au triomphe de la déesse. Elle repose sur quatre pieds patins.
Suspension à fil.

Epoque Restauration.
Signol Ainé est installé comme horloger boulevard Poissonnière à Paris à partir de 1820.

Haut. 51,5 Larg. 49,5 Prof. 16,5 cm.
Le fil de suspension accidenté.

Provenance : succession d'un ancien antiquaire, Orléans.

Chariot of Athena gilt bronze clock by Signol Ainé, Bourbon Restoration period.

Oeuvre en rapport : une pendule de même modèle est conservée dans les collections du Musée Pouchkine à Moscou.

Bibliographie : Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française du Moyen-Age au XXe siècle, Paris, Les éditions de l'Amateur, 1997, des oeuvres en rapport pp. 415-421.

Sous la Restauration, un grand nombre de créations du Premier Empire est réemployé pour répondre à la demande et au manque de productions nouvelles. Ainsi, lors du Sacre de Charles X, le mobilier impérial est transféré à Reims pour meubler les appartements royaux. De même, cette pendule reprend les codes de la période précédente, telle Athéna et ses chevaux qui est proche du modèle de Jean-André Reiche pour la pendule au "char de Télémaque" destinée aux Maréchaux d'Empire. La frise rappelle quant à elle celle de Thomire pour Le triomphe de Trajan. Cette pendule est donc le témoignage des derniers feux du Néoclassicisme dans la décennie 1820-1830.
Estimation : 2 000 € ~ 4 000 €
Pendule au char d'Athéna 

Bronze doré. 
Le cadran squelette émaillé...
Lot 350
Lot 355
Louis-Auguste Marquis (Français, 1811-1885)
Pendule de l'Astronomie, c.1851

Bronze doré, finement ciselé.
De forme borne, ornée des représentations assises de Ptolémée, Galilée, Copernic et Newton avec une allégorie féminine et une figure de Cronos.
Le cadran émaillé signé "Marquis" avec les heures en chiffres romains et les points "Avance Retard" à midi. Le mouvement à réserve de deux semaines porte les tampons des horlogers : "Marquis Pons" et "Pons médaille d'or1827".

Bronzier : Louis-Auguste Marquis (1811-1885), associé de 1838 à 1844 à Gilbert-Honoré Chaumont (1790-1868), installé 25 rue Chapon à Paris, puis, sous le Second Empire, 66 boulevard de Strasbourg.
Horloger fabriquant : Pierre Honoré César Pons (1773-1851), qui relance l'activité horlogère à Saint-Nicolas d’Aliermont, est actif à Paris jusqu'en 1846, date à laquelle il vend son entreprise à Delepine.

Haut. 58 Larg. 39 Prof. 21 cm.
Excellent état général ; petit accident au cadran, manque la clé et le balancier.

Provenance : collection particulière, Touraine.

Gilt bronze Astronomy clock by Marquis, circa 1851.

Associé à Gilbert-Honoré Chaumont (1790-1868) comme « Fabricant du Mobilier de la Couronne », livrant les maisons Giroux et Beurdeley mais aussi la famille royale, comme le feu du salon des Princes en 1838 au Grand Trianon, Louis-Auguste Marquis (1811-1885) travaille seul à partir de 1844. On retrouve dans son travail des références aux grands bronziers du siècle précédent, comme la dynastie Osmond, Thomire ou encore Pierre Gouthière. Il rend ici hommage aux pères de l'Astronomie, qu'ils soient Grecs avec Ptolémée, Italien avec Galilée, Polonais comme Copernic ou Anglais à la suite de Newton. C'est dans ces années 1840 que triomphe la mécanique céleste newtonienne, lorsque Le Verrier détermine par calcul la position de Neptune. En 1851, Foucault et Arago invitent les Parisiens à venir voir tourner la terre en suspendant leur célèbre pendule à la voute du Panthéon, rendant un ultime hommage à Galilée : « Et pourtant elle tourne ! ».
Estimation : 2 000 € ~ 3 000 €
Louis-Auguste Marquis (Français, 1811-1885) 
Pendule de l'Astronomie, c.1851 

Bronze doré,...
Lot 355
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