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27th GARDEN PARTY AUCTION

 
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Lot 51

Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...
Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.Statue équestre de Louis XIV...

Étienne LE HONGRE (Paris, 1628-1690), d'après.
Statue équestre de Louis XIV en empereur romain.

Bronze patiné sur son socle en marbre blanc.
Réduction du groupe équestre dessiné par Mansart et commandé par les États de Bourgogne en 1686 pour la place royale de Dijon.

Fin du XVIIe, début du XVIIIe.

Bronze: Haut. 34,5, Long. 32, Larg. 15 cm.
Socle: Haut. 10,5, Long. 28, Larg. 15,5 cm.
Haut. totale: 45 cm.
(Queue et guide droite restaurées, altération de la patine).

Provenance:
- Martin Durey comte de Noinville (Paris, c. 1658 - Dijon, 1728), architecte de la place royale, Dijon.
- Par descendance, Alix Durey de Noinville, épouse Octave Raguenet de Saint-Albin, 17 rue d'Illiers, Orléans, 1882.
- Par descendance, collection particulière, Orléans.

CERTIFICAT DE SORTIE DU TERRITOIRE FRANÇAIS


Rouillac.com, le plus:

- "Une statue équestre de Louis XIV par Le Hongre".

- Vue à 360°.

- Texte en anglais.

- Vu à la télévision: "Tout sur un plateau", TV Tours, mardi 17 mars 2015.




After Etienne LE HONGRE. Equestrian portrait of King Louis the XIV as a Roman emperor. Patinated bronze on its white marble base. Reduction of the equestrian statue commanded by the States of Bourgogne for the Royal Square of Dijon. 17th - 18th centuries. Provenance: in the family of the architect of the Royal Square of Dijon until today.



LA STATUE DE LOUIS XIV POUR LA PLACE ROYALE DE DIJON

La première statue équestre de Louis XIV arrive à Versailles en novembre 1685, depuis Rome où le cavalier Bernin l'a réalisée. Le traitement mouvementé de ce groupe ne convient cependant pas au Roi, qui envisage de le faire briser avant de se raviser et de demander sa transformation. Son premier architecte, Jules Hardouin-Mansart (Paris, 1646 - Marly-le-Roi, 1708), supervisera désormais tous les projets à venir. 11 portraits équestres en bronze sont initiés entre 1685 et 1686 à travers le royaume, mais seulement six sont réalisés: à Paris (place Louis le Grand et place des Victoires), Lyon, Dijon, Rennes et Montpellier, auxquels il faut ajouter la statue en pied de l'Hôtel de ville de Paris. Si le portrait équestre de Dijon est le dernier à être commandé, il occupe une place de choix pour le Roi Soleil: sa réduction en bronze trône en effet au centre du salon ovale de ses appartements privés, là où sont réunies les plus grandes pièces des bronzes de la couronne.

Louis XIV est représenté en empereur romain, comme le Marc Aurèle antique du Capitole à Rome. Dès le début du règne personnel du Roi, en 1661, une "Petite académie" se réunit autour de Colbert pour œuvrer à la diffusion de l'image royale. Afin de magnifier la gloire personnelle du souverain deux lignes directrices ont été choisies: la personnification à l'astre solaire et l'identification aux empereurs romains. Le groupe équestre de Dijon se distingue par une grande retenue et un véritable sens de l'équilibre. Le cheval, puissant et rond, "parade au passage partant du pied droit » ; il ne repose que sur deux sabots, contrairement par exemple à celui de Desjardin pour Lyon. Le Roi le guide de sa main gauche, tandis que de sa droite il tient son bâton militaire de commandement. Il est ceint d'une cuirasse et d'un ample manteau. Les symboles royaux des fleurs de lys et les mufles de lion d'Hercule parsèment tant ses vêtements que le harnachement. Le Roi, coiffé d'une perruque, regarde vers la gauche en direction du palais des États et chevauche sans étrier. Si l'allure générale de la statue rappelle celle de Girardon à Paris, le mouvement du cheval y est plus vif et suscite dès sa création "l'admiration des plus habiles écuyers". Particularité: ce n'est pas un glaive, mais une épée comparable à celle du sacre qui bat sur le flanc gauche du roi.

Commandé en mai 1686 par les élus des États de Bourgogne, dont le gouverneur de la province est le Prince de Condé, ce portrait équestre de Louis XIV en empereur romain est destiné à orner la place royale de Dijon. Cette place, sur laquelle donne le palais des États, est alors en profonde transformation, sous la direction de Mansart. Étienne Le Hongre (Paris, 1628-1690), sculpteur ordinaire des bâtiments du roi est à son apogée et reçoit ce marché. Académicien, formé par Sarrazin, Le Hongre a déjà eu l'occasion de travailler pour Condé, et participe activement aux décors intérieurs et extérieurs de Versailles: avec notamment le marbre de l'Air (1684) et les bronzes monumentaux de « la Seine » (1689) et de « la Marne » (1690). Le modèle est achevé en 1690, année de la mort de l'artiste. Ses élèves, Roger Schabol et Francois Aubry supervisent dans la foulée sa fonte monumentale par les frères Keller: plus de huit mètres de haut et 26 tonnes au total. Cependant, le mauvais état des routes empêche son transport immédiat. Cavalier et cheval restent ainsi entreposés près de trente ans à proximité d'Auxerre ; le groupe monumental n'est finalement inauguré à Dijon qu'en... 1725 ; la décoration de son socle n'est achevée qu'en 1747! En août 1792, un décret de l'Assemblée législative prescrit "l'enlèvement et le renversement des statues élevée à la tyrannie". Celle de Dijon part donc à la fonte, à destination des fonderies de canons du Creusot et de la Monnaie de Paris.

Les seuls témoignages qui nous restent de ce groupe mémorable sont donc deux dessins préparatoires de Mansart et deux vues du XVIIIe par Lallemand. Sept réductions en bronze et une en plâtre sont répertoriées en 1986 par Michel Martin dans les plus grandes collections: musée des Beaux-Arts de Dijon, collections Duveen, Straus & Meyer, David Weill... Toutefois, les dimensions, quelques détails et surtout la qualité de ciselure variant d'une réduction à l'autre, il est probable que toutes ne sont pas issues de l'atelier parisien de Le Hongre, vers 1690. Deux ou trois sources différentes sont probables et il n'existe pas un moule unique. Certaines ont probablement été réalisées lors de l'inauguration du groupe à Dijon, en 1725, ou plus tard.... Ainsi, la cuirasse du bronze acquise par le Château de Versailles à l'occasion de l'exposition "Louis XIV, l'homme et le roi" en 2009 est traitée des plus simplement, tandis que, sur le nôtre, la ciselure est parfaitement finie.



L'histoire de notre bronze est établie: il ne s'agit pas de l'exemplaire personnel du Roi, aujourd'hui non identifié, mais celui de l'architecte exécuteur de la place royale de Dijon: Martin Durey comte de Noinville (c. 1658-1728). Né à Paris, il passe pour être un fils naturel du Grand Condé, dans l'armée duquel il est ingénieur géographe. Il s'installe à Dijon en mai 1682, comme inspecteur du bâtiment des États de Bourgogne, sous la direction des architectes Gittard puis Mansart. Il fait toute sa carrière dans l'ancienne cité des ducs de Bourgogne, avec la confiance du Premier architecte du roi. Actif jusqu'à la fin de sa vie, il collabore encore en 1724 avec Jacques Gabriel à l'érection du piédestal de la statue de Louis XIV. Notre groupe arrive par alliance à Orléans en 1882, dans l'hôtel particulier des Raguenet de Saint-Albin, échevins orléanais et industriels du sucre. Il échappe miraculeusement, en 1944, à l'incendie de leur hôtel de la rue d'Illiers et de ses collections ; il avait été précautionneusement enfoui au fond du parc d'une propriété de Sologne, quelques années plus tôt. Cet enfouissement explique l'atténuation de la patine brune originale. La queue a été restaurée et le rêne droit manquant moulé d'après le gauche. En l'absence de marque d'usure sur le flanc gauche, l'épée est présumée n'avoir jamais été disposée.

Bibliographie:
- Yves Beauvalot, "À l'origine des projets de Jules Hardouin-Mansart pour le palais des États à Dijon une œuvre de Daniel Gittard: le portail du logis du roi", Association pour le renouveau du vieux Dijon, Dijon, extrait de: "Mémoires de la Commission des Antiquités du Département de la Côte d'Or", t. XXXI, 1978-1979.
- Stéphane Castellucio, "Les Bronzes de la Couronne sous l'Ancien Régime" in "Les Bronzes de la Couronne", sous la direction de Stéphane Castelluccio et Amaury Lefébure, [cat.expo, Paris, Musée du Louvre, Hall Napoléon, 12 avril-12 juillet 1999], Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1999, pp.13-23.
- Catherine Gras, "Louis XIV au cœur de Dijon: la statue équestre d'Étienne Le Hongre", Musée des Beaux-Arts, Dijon.
- Alexandre Maral, "Les Sculptures en bronze de Louis XIV" et "Un Sanctuaire du bronze" in "Louis XIV: l'homme et le roi", sous la direction de Nicolas Milovanovic et Alexandre Maral, [cat.expo, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 19 octobre 2009-7 février 2010], Paris, Skira-Flammarion ; Versailles, Château de Versailles, 2009, p. 304 et p. 310.
- Michel Martin, "Les Monuments équestres de Louis XIV: Une grande entreprise de propagande monarchique", Paris, Picard, 1986, pp. 157-164.
- Gérard Sabatier, "La gloire du roi. Iconographie de Louis XIV de 1661 à 1672". In: Histoire, économie et société. 2000, 19e année, n°4. Louis XI V et la construction de l'État royal (1661-1672) pp. 527-560.
- Thomasso Brothers Fine Art "Equestrian Portrait of King Louis XIV of France" [cat.expo Sculpture II - du 15 au 24 octobre 2009], New-York, Williams Moretti & Irving, 2009, cat. 22.



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Estimate: 40 000 € ~ 60 000 €

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