Un squelette d’élamosaure, « monstre du Loch Ness », vendu aux enchères au ZooParc de Beauval : mise à prix 200 000 euros

Dimanche 14 juin 2026

Le Parisien, Christian Panvert

Cet impressionnant reptile marin disparu, reconstitué et complété à l’imprimante 3D, est exposé à Beauval jusqu’au 21 juin.

Les visiteurs du ZooParc de Beauval (Loir-et-Cher) n’en reviennent pas. Près de la réserve des hippopotames est exposé un impressionnant squelette. Celui d’un reptile marin de 9 mètres de long pour 2,5 mètres de haut. Son nom : l’élasmosaure, le maître des océans disparu il y a 66 millions d’années. L’animal était doté d’un cou immense, composé de 72 vertèbres, qui occupait plus de la moitié de sa longueur totale, jusqu’à 15 mètres.

Celui de Beauval doit être vendu aux enchères le 21 juin dans l’enceinte du ZooParc (17h). Comme il a inspiré, depuis les années 1930, le mythe du monstre du Loch Ness en Écosse, il a naturellement été baptisé… Nessie. Une partie de ses ossements ont été découverts en 2021 dans les gisements de phosphate du bassin de Khouribga, au Maroc. Le squelette a été vendu à un collectionneur en Alsace qui a décidé de s’en séparer.

Une galerie new-yorkaise est intéressée !

« J’ai fait appel au Dr Frédéric Lacombat, paléontologue. Il nous a confirmé que 75 % des os sont d’origine. Nous avons imprimé en 3D les os manquants », précise le commissaire-priseur Aymeric Rouillac qui dirigera cette vente hors norme. Il l’assume, « on ne peut pas nous reprocher d’appauvrir la recherche. L’intérêt scientifique de notre fossile est assez limité, 25 % des os ne sont pas des originaux, et il s’agit d’un squelette composite reconstitué à partir des os de plusieurs individus », précise-t-il.

Pour le directeur du ZooParc de Beauval Rodolphe Delord, « admirer un squelette de cette époque, c’est aussi prendre conscience de la fragilité de la vie et de l’importance des efforts de conservation actuels ». Mais Nessie trouvera-t-il preneur ? « Ces fossiles exercent une fascination sur les enfants devenus des adultes fortunés. Un retraité, voisin du Zoo, rêve de l’acquérir. Une galerie new-yorkaise a aussi fait part de son intérêt en vue de l’installer au dernier étage de son immeuble », confie Aymeric Rouillac. L’heureux acquéreur devra débourser au moins 200 000 euros, montant de la mise à prix.
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