Un triptyque des cordiers strasbourgeois refait surface
Samedi 06 juin 2026
L'Alsace, Philippe Wendling

Peint à la fin du XVIIe siècle, ce triptyque retrace les activités de la corporation des cordiers strasbourgeois depuis les années 1580. Vue du tableau ouvert. Photo fournie
La maison de ventes Rouillac propose aux enchères, ce dimanche 7 juin, un tableau de la fin du XVIIe siècle retraçant les activités de l'une des grandes corporations de la capitale alsacienne.
Aymeric Rouillac le concède. Il n’avait aucune idée de son origine ou de sa vocation lorsqu’il a été amené à expertiser pour la première fois un triptyque présentant, notamment, une quarantaine d’écus « au caractère un peu ésotérique au premier coup d’œil ».En y regardant de plus près, le commissaire-priseur a, peu à peu, identifié une série de figures saintes et allégoriques ainsi que des outils.
« Une valeur symbolique et instructive »
Après enquête, un emblème constitué d’une pelote, d’un râteau, d’une manivelle et d’une flèche a fini de le convaincre. « Ce tableau retrace l’histoire de la confrérie des cordiers de Strasbourg entre les années 1580 et la fin du XVIIe siècle, moment où il a été réalisé par un peintre restant inconnu. »« Cette corporation était alors importante du fait de fournir des cordes pour les bateaux de commerce naviguant sur le Rhin [et l’Ill, NDLR]. Ce triptyque a ainsi une valeur symbolique, à laquelle s’ajoute une valeur instructive car il illustre des fonctions en son sein, dont celle de responsable du coffre », relève Aymeric Rouillac qui lui attribue également une autre finalité. Selon lui, il aurait été réalisé par les cordiers en signe presque d’allégeance à Louis XIV après qu’il eut obtenu le rattachement de Strasbourg à son royaume de France en 1681 et rendu sa cathédrale au culte catholique… D’où des représentations de saints, comme Nicolas.
« On ne connaît pas d’objet équivalent de cette période »
« Nous n’avons pas connaissance d’un objet équivalent de cette période », avance encore le commissaire-priseur qui va le proposer aux enchères ce dimanche 7 juin lors d’une vente (*) au château de Villandry, près de Tours.« Jusqu’à présent, il a appartenu aux propriétaires du château de Ternay [dans la Vienne, NDLR] », indique-t-il. « Cette famille n’ayant aucun lien avec l’Alsace, il a dû être acquis par un aïeul collectionneur au XIXe siècle. » Mis à prix à 10 000 euros, le triptyque mesure un mètre de haut pour un mètre et dix centimètres de large à l’ouverture de ses deux panneaux latéraux.
(*) Possibilité d’enchérir sur le site internet : rouillac.com
