55 000 € pour le portrait de Jeanne d'Arc qui s'envole à l'étranger
Lundi 08 juin 2026
L'Est Républicain, Frédéric Plancard

Aymeric Rouillac adjuge à 55 000 euros, avec son père Philippe, le portrait de Jeanne d’Arc.
Copie d’écran du live des enchères
Copie d’écran du live des enchères
Conservé durant près 450 ans dans la famille de Jeanne d'Arc, ce portrait de « la Pucelle », héroïne lorraine par excellence est passé sous le marteau d'Aymeric et Philippe Rouillac au château de Villandry. Le tableau a été acquis par un enchérisseur européen.
« La première enchère est au Royaume-Uni ! » Me Aymeric Rouillac, commissaire-priseur, provoque un remous amusé dans le public, dimanche après-midi, lors de la 38e vente Garden Party au château de Villandry. Une vente « en hommage à Bernadette Chirac », commence Me Philippe Rouillac, père d’Aymeric. La maison étant « commissaire-priseur de la famille ».Le lot 210 n’est pas n’importe lequel. Ce portrait de Jeanne d’Arc, « c’est un bien familial, intime un témoignage. C’est une relique conservée depuis près de 450 ans dans la même famille », poursuit-il. Une œuvre qui avait une valeur symbolique pour la famille puisqu’il était le portrait de « tante Jeanne », expliquait Béatrice, une descendante de la famille de Haldat du Lys. Philippe Rouillac tient aussi à « remercier cette famille qui l’a conservé pendant près de cinq siècles et de nous l’avoir confié afin qu’il rejoigne le ou la meilleure d’entre vous ».
En effet, ce portrait de « la Pucelle », réalisé au début du XVIIe siècle et attribué au Lorrain Claude Déruet, a été commandé et conservé dans la famille de Jeanne d’Arc. En fait, les descendants de son frère Pierre d’Arc dit du Lys, militaire et compagnon d’armes de sa sœur. Le modèle n’est pas Jeanne d’Arc, mais une jeune femme, choisie, selon Philippe Rouillac, « parce que c’était celle qui lui ressemblait le plus ».
Intérêt pour Jeanne d’Arc
Juste avant d’ouvrir les enchères, Me Rouillac constate que « Jeanne d’Arc suscite toujours un intérêt ». Il explique que pour ce portrait, l’estimation a été difficile : « C’est une première et vraisemblablement la dernière. Personne d’autre en France peut dire : chez moi, j’ai un portrait de Jeanne d’Arc et je descends de Jeanne d’Arc ».Les acquéreurs potentiels sont au château de Villandry mais aussi au téléphone en France et à l’étranger. Les enchères vont-elles s’envoler comme pour le lot 206, un bouquet de fleurs d’Isaac Soreau, huile sur cuivre du XVIIe siècle mise à prix 150 000 € et partie pour 500 000 € ! L’œuvre allait-elle être préemptée par l’État comme le lot 205 qui ira rejoindre le musée de Strasbourg ?
Mis à prix 20 000 €, les enchères montent et finalement le portrait de Jeanne d’Arc est adjugé par Mes Rouillac père et fils pour 55 000 € à un acquéreur basé « dans un pays neutre », « au cœur des Alpes », « une principauté » entend-on aussi… Peut-être le Liechtenstein, en tout cas… pas le Royaume-Uni !
