Artemisia resurgit à Lyon

Mercredi 03 juin 2026

Point de Vue, Arthur Frydman

Dorothée fut martyrisée à Césarée de Cappadoce, en 311. Avant de mourir, elle promit d’envoyer des fruits du paradis et tint parole. C’est cette femme-là qu’Artemisia Gentileschi choisit de peindre à Naples, entre 1630 et 1638, au sommet de sa maîtrise. Le tableau dormait dans une collection privée lyonnaise. Sa provenance remonte à Toulon : transmis de main en main via deux témoins de mariage, un acte de 1908, une lignée bourgeoise méridionale. Inédit. La sainte tient un panier de fleurs blanches et jaunes ; une palme discrète sur l’entablement dit le martyre sans l’exhiber. La lumière caravagesque, héritée du père spirituel, radicalisée par la fille, creuse l’ombre et caresse le visage. Les reflets pourpres, la chemise éclatante, les perles : une virtuosité froide et ardente à la fois. Artemisia avait survécu à tout. Ses saintes aussi.
> ESTIMATION ENTRE 200000 ET 300000 €. Rouillac, à Villandry, le 7 juin.
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