Le zoo accueille un squelette d’élasmosaure
Jeudi 21 mai 2026
aquitaineonline.com

Pour une fois à Beauval, on préférera voir ce nouveau pensionnaire mort plutôt que vivant
Un squelette de 9 mètres vieux de 66 millions d'années débarque dans l'un des plus grands zoos d'Europe et il est à vendre !
Du 28 mai au 26 juin 2026, le ZooParc de Beauval accueille un spécimen exceptionnel d'élasmosaure, surnommé « Nessie », dans sa réserve des hippopotames. Derrière ce surnom se cache une vraie histoire de science, de mythe et de conservation.Un élasmosaure à Beauval en 2026
Non, l'élasmosaure n'est pas un dinosaure c'est un reptile marin du groupe des plésiosaures, qui a régné sur les océans du Crétacé supérieur il y a environ 66 à 80 millions d'années. Son anatomie est pour le moins marquante :
- Longueur totale : entre 8 et 11 mètres selon les spécimens.
- Cou : pouvant atteindre jusqu'à 7 mètres à lui seul.
- Poids estimé : entre 4 et 9 tonnes pour les grands individus.
- Tête : petite, dotée de dents coniques acérées.
- Membres : quatre palettes natatoires pour se propulser dans l'eau.
Ce cou démesuré lui servait d'arme de chasse. Comme un héron qui plonge sur un poisson, l'élasmosaure pouvait approcher ses proies (poissons, céphalopodes, ammonites) hors de leur champ de vision, puis les happer en un éclair. Un prédateur furtif, mais à l'échelle d'un bus.
« Nessie », le mythe qui vient de la science
Si ce spécimen a été surnommé « Nessie », ce n'est pas un hasard : le monstre du Loch Ness ressemble trait pour trait à un plésiosaure : long cou, petite tête, corps massif, taille estimée à plus de 10 mètres. Dès le début du XXᵉ siècle, certains auteurs ont émis l'hypothèse sérieuse d'un plésiosaure rescapé des mers mésozoïques, survivant dans les profondeurs d'un lac écossais.
La science a depuis rejeté cette idée. Des expéditions par sonar, caméras sous-marines et analyses ADN environnemental n'ont jamais produit la moindre preuve. La célèbre photo de 1934 dite « du colonel Wilson » (longtemps présentée comme la preuve ultime) s'est révélée être un canular. Nessie reste une légende, mais elle continue de faire le pont entre imaginaire populaire et curiosité scientifique. Et c'est précisément ce pont que Beauval exploite avec intelligence.
Petite anecdote qui vaut son pesant d'or : lors de la description officielle de l'animal en 1868, le paléontologue Cope (en pleine rivalité acharnée avec son concurrent Marsh, dans ce qu'on appelle la « Guerre des Os ») avait reconstitué le squelette en plaçant le crâne… au bout de la queue. Marsh ne s'est pas privé de le signaler publiquement…
Un fossile marocain au cœur d'un zoo européen
Le spécimen exposé à Beauval a été découvert en 2021 dans le bassin de Khouribga, au Maroc ; une région de phosphates réputée pour ses gisements fossilifères du Crétacé. Il mesure environ 9 mètres et est présenté comme quasi intégralement conservé à l'état original, ce qui est rare pour un animal de cette taille et de cet âge.
Pour situer la rareté de la chose, voici ce qui existe en France et dans le monde :

En France, Beauval est aujourd'hui l'endroit le plus accessible pour voir un élasmosaure grandeur nature dans un contexte grand public, mais pas pour longtemps !
Le 21 juin 2026 : une vente aux enchères du squelette à Beauval
Le clou de l'événement se tient le dimanche 21 juin 2026, jour de la Fête des Pères, au ZooParc de Beauval. Sous le marteau du commissaire-priseur Aymeric Rouillac et avec l'expertise du Dr. Frédéric Lacombat, le squelette sera mis en vente publique. Un crâne de mosasaure sera également proposé à la vente.
Le programme de la journée :
- 16h30 : micro-conférence et présentation de Beauval Nature.
- 17h00 : début de la vente aux enchères.
L'accès à l'événement est ouvert dès 5 € de don, reversés intégralement à Beauval Nature pour la protection des espèces menacées. Aucun billet d'entrée au parc n'est nécessaire si vous venez uniquement pour la vente. Les inscriptions se font via HelloAsso.
Pourquoi un élasmosaure à Beauval et pas dans un musée ?
C'est la vraie question. Un élasmosaure dans un zoo, ça peut surprendre. Mais la logique de Beauval est cohérente : mettre en miroir la disparition des espèces préhistoriques (l'élasmosaure a été emporté par la 5ᵉ extinction de masse) et les menaces qui pèsent aujourd'hui sur la biodiversité vivante. Plus de 35 000 animaux, 46 hectares, un engagement fort en conservation via Beauval Nature : le cadre parle de lui-même.
Présenter un géant des mers vieux de 66 millions d'années à côté des espèces que le zoo s'efforce de protéger, c'est un rappel brutal et efficace que la disparition d'une espèce, c'est définitif.
À voir avant le 26 juin 2026 à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), réserve des hippopotames, point n°92 sur le plan du parc. Après cette date, le squelette change de mains, et peut-être même de continent.
