Un marbre inédit de Rodin bientôt vendu aux enchères au château de Villandry, en Indre-et-Loire
Samedi 24 mai 2025
La Nouvelle République avec AFP

Un marbre du sculpteur Auguste Rodin, retrouvé par hasard, sera mis aux enchères les 8 et 9 juin dans les jardins du château de Villandry. Estimé à plus d'un demi-million d'euros, il a été retrouvé dans le Berry après avoir disparu depuis un siècle.
C'est le fruit d'une incroyable découverte et d'une minutieuse enquête qui sera mis aux enchères, les 8 et 9 juin 2025, dans les jardins du château de Villandry, en Indre-et-Loire. Ce marbre du sculpteur Auguste Rodin, retrouvé par hasard dans le Berry, a été réalisé vers 1892. Intitulé Le Désespoir, il est une variante tirée de la célèbre Porte de l'Enfer. La mise à prix sera de 500.000 €. « C'est un marbre rarissime. Sur près de 6.000 résultats de vente aux enchères concernant Rodin, dans les bases de données professionnelles du monde entier, on compte moins de 80 marbres », affirme Aymeric Rouillac, un des commissaires-priseurs à l'organisation de la vente.À l'origine de la découverte, des clients « venus pour toute autre chose » et qui « pensaient qu'il s'agissait d'un faux. La sculpture était posée depuis longtemps sur le piano à côté des photos de famille, dans une propriété » près de Vierzon (Cher), a expliqué le commissaire-priseur.
Disparu depuis 1906
Pendant plusieurs mois, avec ses équipes et des spécialistes, ils ont d'abord conduit une enquête généalogique de la famille. Forts de résultats prometteurs, Aymeric Rouillac a présenté le marbre au Comité Rodin, en mars dernier, avec une confirmation « un mois et demi plus tard ». Le comité a confirmé que ce marbre « était déjà passé dans une vente aux enchères en 1906 et qu'il avait ensuite disparu de la circulation. Nous l'avons donc retrouvé. »En 1880, Rodin avait reçu de la direction des Beaux-Arts de Paris la commande d'une « porte décorative » monumentale s'inscrivant dans le projet de la création d'un musée des arts décoratifs qui viendrait s'élever à l'emplacement de la Cour des comptes, incendiée en 1871. « Il s'agit probablement du marbre le plus recherché mis en vente depuis des années, a indiqué Jérôme Le Blay, directeur du Comité Rodin, dans un message transmis à l'Agence France-Presse. Présenté pour la dernière fois aux enchères en 1906, il s'agissait de la pièce manquante de cette importante série du Désespoir de Rodin. »
