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Le globe du Bremen

Mardi 05 janvier 2021

Par Paul Räth pour la Norddeutscher Lloyd, c. 1929

Paul RÄTH (Leipzig, 1881-1929), pour la NORDDEUTSCHER LLOYD

Globe du « Bremen », c. 1929.

Globe terrestre mécanique et électrifié, reposant sur une base en bois doré hexagonale. Le globe en carton et papier dissimule une multitude de diodes positionnées autour de l’équateur dessinant les lettres "Norddeutscher Lloyd Bremen" avec la silhouette du paquebot transatlantique.
La sphère est entrainée par un engrenage situé au pôle Sud, maintenu par un demi-cercle incliné en métal. La base est illuminée de huit photographies figurant : le Bremen, le pétrolier Orkanger, le Woolworth Building de New York, le Pain de Sucre à Rio de Janeiro, supposément la salle à manger du Bremen, deux photographies du trophée du Ruban Bleu, un logo (partiellement effacé) de la Norddeutscher Lloyd.

Le globe est signé avec l'inscription : "Herstellung u. Verlag Paul Räth Lehrmittel u. Feinmechanik Leipzig".

Haut. totale : 110 cm.
Larg. de la base : 61,5 cm.
Diam. Du globe : environ 65 cm.
État de fonctionnement : tourne et s'allume.
(accidents, manque des diodes, bouton interrupteur à restaurer, une plaque effacée).

Provenance : château d’Île de France.

Mechanical and luminous globe celebrating the "Blue Ribbon" of the Bremen, commissioned by the Norddeutscher Llyod to Paul Räth in Leipzig around 1928, to celebrate the victory in both directions of his liner in the transatlantic race.

LE GLOBE DU « RUBAN BLEU » POUR LE BREMEN

Navire transatlantique construit à Brême pour la compagnie allemande Norddeutscher Lloyd, le Bremen entame sa première traversée vers New York à l’été 1929. Il affiche 286 mètres de long, 51.600 tonnes, et peut accueillir 2.200 passagers et 990 membres d'équipage. Il file à une vitesse de près de 28 nœuds soit 50 km/h de moyenne. En quatre jours, il décroche le « Ruban Bleu », soit le record de la traversée entre l’Europe et les États-Unis. Il conserve ce record pendant un an vers l'ouest (1929-1930, battu par son sistership l'Europa) et pendant six ans vers l'est (1929-1935, battu par le Rex sous pavillon italien). Ce fleuron de la flotte commerciale allemande croise à Baltimore, en Amérique latine, en Asie du sud, jusqu'en Australie.

La course transatlantique exacerbe alors les rivalités entre nations européennes. Les bateaux se disputent les records de vitesse tandis que leurs fastes en font de véritables palaces flottants, tels le Normandie (France, 1935) et le Queen Mary (Royaume-Uni, 1936). Le Bremen est réquisitionné pendant la guerre pour devenir un transporteur de troupes, notamment afin d’envahir l'Angleterre. Il est incendié en 1941 et son épave démantelée en 1946. Cette fin tragique est remarquablement proche de celle du Normandie incendié en 1942 et démoli en 1946.

Notre spectaculaire globe devait probablement se trouver au siège de la compagnie transatlantique allemande, ou trôner à l'intérieur de son fleuron. Il a été réalisé par Paul Räth à Leipzig. Cet auteur fonde en 1917 une maison d’édition diffusant du matériel pédagogique. Avec le berlinois Paul Oestergaard, il est l’un des plus célèbres fabricants de globes terrestres en Allemagne. Le musée ethnologique de Leipzig abrite une importante collection de globes dans laquelle Paul Räth est particulièrement mis à l'honneur.

Un autre globe terrestre du Bremen a lui aussi été réalisé par Paul Räth dans une plus petite taille et sans mouvement ni lumière (vente Christie’s, Londres, 19 novembre 2003, n°2003). Notre exemplaire, sans commune mesure avec ceux portés à notre connaissance, a vraisemblablement été commandé comme un trophée par la compagnie transatlantique du navire le plus véloce du monde. Au regard de l’histoire il est aussi l’une des premières oeuvres d’art cinétiques du XXe siècle.
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