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Le torse de Cécile par Janniot

Vendredi 12 octobre 2018

Rare fonte d'époque par Rudier



Alfred-Auguste JANNIOT (Paris, 1889 - Neuilly-sur-Seine, 1969)

Torse de Cécile.


Bronze patine médaille, signé A. JANNIOT et A. Rudier Fondeur PARIS.
Fonte des années 1930, du modèle créé vers 1927-1929.

Haut. 76,5 cm.
Haut. avec le socle en marbre noir : 90 cm.

Provenance : collection Paul Gellos, dirigeant de la SAGEM ; par descendance, Toulouse.

Alfred-Auguste JANNIOT. Torso of Cecile. Patinated bronze signed "A. JANNIOT". Rudier founder. Black marble base

Le grand torse de Cécile par Janniot

Cécile Garny qui deviendra l’épouse de Janniot est l’un des modèles favoris du sculpteur dans les années 1920. Une photo ancienne montre ce torse dans un intérieur de Ruhlmann dans les années 1927/1929, pour Monsieur Duby. Janniot avait créé pour Rulhman en 1925 "l'Hommage à Jean Gougeon" accueillant les visiteur du pavillon du collectionneur lors de l'exposition de l'Union des arts décoratifs. Le Torse de Cécile irrigue tout l’art de Janniot, lui inspirant le monumental groupe des Trois Grâces que nous avons présenté à Cheverny en 2013, également fondu par Rudier, avec l'ensemble des œuvres crées par Janniot pour "la Thébaïde".

Ce torse est traité sous l'influence de l'Aphrodite de Cnide et connait un succès considérable. Il est exposé à la Biennale de Venise en 1938, puis au pavillon de la France lors de l'Exposition Universelle de New York en 1939. Le critique Léandre Vaillat note alors : "Le talent de cet artiste avait été spécialisé depuis plus de dix ans dans la décoration en bas-reliefs de murailles considérables… Monsieur Janniot avait à cœur de prouver qu'il pouvait entreprendre "un de ces morceaux" où le sculpteur s'applique à montrer plus qu'une composition générale et soumise à un thème déterminé, l'engagement subtil des plans et des volumes, la modulation des valeurs sur un corps humain. Le torse qu'il expose au Pavillon de France à New York en sera une des œuvres les plus marquantes".

De rares épreuves anciennes de ce torse sont conservés, notamment dans les musées d'Alger et de Cambrai. Une épreuve plus lisse, en bronze, par la "Fonderie des artistes Paris" a été présenté aux enchères (Christies, 2014) ainsi qu’une en marbre grec (Christies, 2014). Il existe aussi des versions en terre cuite réalisées du vivant de l'artiste et des fontes posthumes par la fonderie de Coubertin.

Notre épreuve a été fondue par Eugène Rudier, qui signe invariablement du nom de son père Alexis décédé en 1897. Rudier est le plus grand fondeur de la première moitié du XXe siècle, de Rodin à Maillol en passant par Claudel et le fondeur historique de Janniot. C'est à lui que l'on doit notamment la fonte des Trois Grâces pour "la Thébaïde". Il sait ici conserver avec talent le modelé de Janniot, faisant de ce torse, avec sa peau et sa patine, une des plus belles épreuves connues à ce jour.

Nous remercions Madame Anne Demeurisse, légataire universelle de l'Alfred Auguste Janniot et présidente de l’Association des amis de Janniot pour ses précisions. Elle se tient à la disposition des amateurs pour établir un certificat d’authenticité.

Présentation sur TV Tours par Aymeric Rouillac

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