René Benjamin, le Balzacien du 20e siècle

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Lot 1
Ernest Benjamin (1854-1901), écrivain, membre de la Société des Gens de Lettre et père de René Benjamin

Lot de manuscrits, publications, coupures de presse et photographies, 1882-1900

2 brouillons manuscrits inédits, non publiés
Ses yeux d’aveugle, brouillon manuscrit, avec corrections et ratures, 31 pp. in-4 et 40 pp. in-8
Sans titre [« Léonie à son beau-frère »], brouillon manuscrit, avec corrections et ratures, env. 100 pp. in-8

2 cahiers manuscrits, recettes et dépenses
Carnet manuscrit in-8, 1882-1900, listant les dépenses et recettes des livres édités, des articles parus dans la presse et des droits de la société des gens de lettres
Cahier manuscrit in-4, 1883-1901, listant par date de parution et recettes perçues, les titres des contes en prose, en vers, romans parus dans la presse ou publiés par une maison d’édition, 47 pp.

3 cahiers de revues de presse
Cahier in-4, 1882, contenant des coupures de presse contrecollées, avec titre du journal et date écrits à la plume, revue de presse tenue lors de la sortie de son premier ouvrage de poésie, Veillées poétiques, 34 pp.
Cahier in-4, 1884, coupures de presse contrecollées des articles relatifs à Ernest Benjamin, 31 pp.
Cahier in-4, 1892-1900, coupures de presse, en majorité contrecollées, des articles relatifs à Ernest Benjamin, 85 pp.

2 portraits photographiques, maison Eugène Pirou photographe à Paris, 27 x 21 et 16 x 11 cm

+ de 100 tirages photographiques, env. 8 x 5 cm, famille (Ernest Benjamin, Berthe Hüe son épouse, René et Jean leurs fils, Ernest Hüe beau-père, etc), vues de paysages, vacances, etc

2 bulletins de la Chronique de la Société des gens de lettres
n°7, juillet 1900, contenant le discours prononcé par Ernest Benjamin lors du diner du 11 juin 1900
n°5, mai 1901, contenant le discours prononcé par Albert Cim au cimetière Montmartre le 13 avril 1901 lors des funérailles d’Ernest Benjamin, décédé le 10 avril à Paris

14 publications in-8 br. ou rel.
Veillées poétiques. Paris, Alphonse Lemerre, 1882, in-8 rel. ½ chagrin, 133 pp. (2 ex.)
La Sainte, roman. 3e édition. Paris, Paul Ollendorff, 1887, in-8 broch., 317 pp. (2 ex.)
Le poète Michel, feuilleton publié dans le journal Le Soleil du 3 septembre au 17 octobre 1889, coupures de presse contrecollées sur des pages rel. In-8 ½ chagrin
A Mademoiselle Flocon pour ses vingt ans, le 12 mai 1891, poème en vers. Paris, Alphonse Lemerre, 1891, fascicule in-8, 6 pp. (2 ex.)
Singularité. Paris, Alphonse Lemerre, 1892, in-8 rel. ½ chagrin, 279 pp. (2 ex.)
Le montreur de Marionnettes, fantaisie en un acte, en vers. Paris, Alphonse Lemerre, 1893, in-8 rel.1/2 chagrin, 32 pp. (+ 1 ex. broch.)
Les cent lettres de commerce (français, espagnol et anglais). Paris, Paul Ollendorff, 1892, in-8 à l’italienne rel. ½ chagrin, 127 pp.
Cœur malade. 2e édition. Paris, Alphonse Lemerre, 1896, in-8 broch., 272 pp.
Pour la sauver. Paris, Alphonse Lemerre, 1900, in-8 broch., 286 pp., avec envoi manuscrit signé « A l’amie des bons comme des mauvais jours, à ma chère petite femme, son mari qui l’aime »

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Adjugé : 200 €
Ernest Benjamin (1854-1901), écrivain, membre de la Société des Gens...
Lot 1
Lot 2
Octave Mirbeau (1848-1917), écrivain et dramaturge, et Sacha Guitry (1885-1951)

L’Epidémie, pièce en un acte

Manuscrit autographe original, mis au propre et écrit à l’encre brune par Octave Mirbeau lui-même

18 pp. in-4 montées sur onglets

23,5 x 19,5 cm

Reliure en plein maroquin rouge, dos à cinq nerfs sertis de filets noirs, lettrines dorées au dos, chasse intérieure en maroquin rouge, ornée d’un encadrement de quintuples filets alternant dorure et filets à froid, gardes et contreplats de papier marbré à motif peigné aux couleurs automnales (ocre, terre de Sienne, vert d’eau), signée Marius-Michel, l'un des plus talentueux et prestigieux relieurs de son époque.

Précieux exemplaire en très bel état, enrichi sur l’une des pages de garde d’un envoi autographe signé de Sacha Guitry adressé à son fidèle ami René Benjamin
Il était mon meilleur ami. Je l'aimais.
Vous êtes mon ami le meilleur. Je vous aime.
[Signature] Sacha Guitry / à René Benjamin

Joint :
Les Affaires sont les affaires, comédie en trois actes représentée pour la première fois à la Comédie-Française le 20 avril 1903
Paris, Bibliothèque-Charpentier et Fasquelle, 1905
288 pp. in-8, couverture conservée
Reliure demi-maroquin brun, dos à cinq nerfs soulignés de filets dorés, plats de papier marbré sombre, tête dorée. Gardes et contreplats de papier marbré à motif de peigné à l'éventail en couleurs vives. Travail de reliure probable de Grégoire Levitzky

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Adjugé : 2 400 €
Octave Mirbeau (1848-1917), écrivain et dramaturge, et Sacha Guitry (1885-1951)

L’Epidémie,...
Lot 2
Lot 3
Oeuvres classiques de la littérature française, 18e au 20e siècle

Réunion de 49 publications, certaines éditions originales

Jules Renard
La Bigote comédie en 2 actes
Paris, Librairie P. Ollendorff, 1910
Edition originale
Reliure ½ chagrin signée Moens relieur à Paris 20 x 15 cm

Jules Renard
Le Vigneron dans sa vigne
Paris, Mercure de France, 1901
Edition originale
Reliure ½ chagrin signée Moens relieur à Paris 19 x 12 cm

Jules Renard
Comédies
Le plaisir de rompre ; Le pain de ménage
Poil de Carotte ; Monsieur Vernet
Paris, Librairie P. Ollendorff, 1904
Edition originale
Reliure ½ chagrin signée Moens relieur à Paris 19 x 12 cm

Comte de Mirabeau
Lettres originales écrites du donjon de Vincennes, pendant les années 1777,78,79,80
Paris, Garnery, 1792
Edition originale, 4 volumes
Reliure basane marbrée (épidermures), dos lisse orné, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge
20 x 13 cm

Jules Renard
La Maîtresse
Dessins de F. Vallotton
Paris, H. Simonis Empis, 1896
Edition originale
Reliure ½ chagrin signée Moens relieur à Paris 19 x 12 cm

Frédéric Mistral
Mirèio poème provençal
Paris, Charpentier, 1903
Relié, 19 x 12,5 cm

Charles Baudelaire
Les fleurs du mal
Edition critique avec un appendice et une introduction bibliographique de Pierre Dufay
Paris, Librairie des bibliophiles parisiens, 1917
Reliure demi-maroquin à bandes verticales, dos à nerfs (défauts d’usage)
20 x 14 cm

Edmond Rostand
La Samaritaine, évangile en trois tableaux, en vers
Paris, Charpentier et Fasquelle, 1905
Reliure ½ chagrin signée Moens relieur à Paris, 20 x 14 cm

Edmond Rostand
Cyrano de Bergerac, pièce en quatre actes, en vers
Paris, Charpentier et Fasquelle, 1910
Reliure ½ chagrinsignée Moens relieur à Paris, 20 x 14 cm

Alphonse Daudet
L’Arlésienne, pièce en trois actes et cinq tableaux
Paris, Alphonse Lemerre, s.d.
Reliure plein chagrin, 18,5 x 12 cm

Alphonse Daudet
Œuvres de Alphonse Daudet
Recueil factice : Port-Tarascon ; Numa Roumestan ; Le petit chose, Promont jeune et Risler aîné
Paris, Fayard, s.d.
Reliure ½ chagrin, 23 x 14 cm

Etc...

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Adjugé : 500 €
Oeuvres classiques de la littérature française, 18e au 20e siècle

Réunion...
Lot 3
Lot 4
René Benjamin, un écrivain en herbe, ses années de formation, 1894-1907

Lot de manuscrits inédits et photographies, 1894-1907

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Collège Rollin et lycée Henri IV
Livret scolaire au collège Rollin et lycée Henri IV à Paris, 1899-1901
Billets d’admission au concours général, 1899-1903
Bulletins de notes du collège Rollin, 1896-1901, et du lycée Henri IV, 1901-1904
10 cahiers et carnets de cours d’histoire et de philosophie, de littérature et de rhétorique
Médaille décernée au 5e accessit du concours général de 1900, collège municipal Rollin
3 L.A.S., 1900-1901, dont deux de ses professeurs
Carnet manuscrit in-8 de première communion
6 tirages photographiques, classes de la 7e à la 3e (collège Rollin), 1894-1901 ; classes de rhétorique supérieure, 1902-1905 (lycée Henri IV), env. 25 x 33 cm
Carte d’immatriculation, faculté des lettres, université de Paris, 1903-1904

Ecrits de René Benjamin, collégien
3 petits manuscrits in-8, 118-87, 126 pp., 1896-1897, « Le Figaro », journal « paraissant tous les jeudis et dimanches », composé, écrit et illustrés de dessins à l’encre
9 manuscrits in-8, 1900-1901 : revues satiriques à l’encontre de certains enseignants et élèves : Guadalupe professeur d’espagnol ; Le Vieux dit Thomas ; Ignace Kont professeur de Boche ; Cuqu dit Montalant triste sire élève distingué antisémite acharné ; Missi Meyer professeur de Boche ; Une classe de Dadar (Edouard Marcourt) professeur de rhétorique ; etc.

Ecrits de René Benjamin, lycéen et étudiant
Poésie, Moi, recueil d’élucubrations versifiées, petit carnet manuscrit in-8, 113 pp., 29 novembre 1902 - 30 juin 1906, textes en vers dédicacés aux membres de sa famille et à ses amis + autre petit carnet de poèmes dédiés, 1905-1906
Théâtre, 4 cahiers manuscrits in-8 et in-4, commentaires par René Benjamin de chaque pièce de théâtre (programme joint pour une partie des représentations) représentée et vue à la Comédie française, entre 1904 et 1907, 63-124-131-274 pp.
Moi, la revue de Japout, fascicule n° I (décembre 1905-janvier 1906), II (15 février 1906) et III (mai 1906), 3 manuscrits in-8, 45-63-75 pp., composés, écrits et illustrés par René Benjamin, destinés à être lus par les membres de sa famille et ses amis (Maxime Jarry, Dago, Maurice Fourneret ) ;

11 manuscrits de récits et saynètes de théâtre signées par Japout (René Benjamin), 1904-1907, et 13 programmes/invitations manuscrits et illustrés par des dessins, joués au sein de la famille ou auprès d’amis : Une buse et une buse font deux bourgeois, 9 pp. - L’autre Dieu, saynète, 10 pp. L’Interview/Polichinellerie, 12 pp. L’Oral, drame universitaire en un acte,4 pp. - Ah ! Les femmes, comédie en deux actes en prose et prologue en vers, 20 pp. Les réservés (scène du conseil de révision), 4 pp. Gaufrette à la vanille, comédie en un acte en prose, 11 pp. Le 1er mai ! drame socialo-familial en prose en un acte et trois tableaux, 20 pp. - La revue des Folies-Augustines, féérie-bouffe à grand spectacle, fév. 1906, 17 pp. in-8 - Mouillette et Gringoche en voyage, oct.-nov. 1907, 78 pp. in-8 - Un faux, 9 pp. in-8 - Hue et Cru, saynète par Japout et Dago, 7 pp. in-8, représentée chez les Riberette dans la soirée du 2 mars 1907 - La trompette, 12 pp. in-8, matinée représentée chez les Riberette le 29 décembre 1907

6 cartes-photos représentant son ami Dago grimé en différentes tenues, jouant un rôle dans diverses saynètes, 1904-1906
Registre manuscrit in-4, 382 pp., contenant la copie des 3 fascicules Moi, la revue de Japout, des pièces théâtrales et des nouvelles écrites par René Benjamin, dont La Revue des Folies-Augustines, féérie bouffe à grand spectacle en trois tableaux (février 1906) ; Le 1er mai ! drame socialo-familial (mai 1906) ; Les caoutchoucs (nouvelle) ; Silhouettes de vieilles filles, une adoption (nouvelle, 14 juin 1906) ; et copie de la correspondance écrite à sa famille et à ses amis au cours de l’année 1906, usant d’un style satirique et humoristique, décrivant en détail ses occupations et ses émotions (université, excursions de vacances, santés et occupations de ses proches, ses représentations théâtrales, etc)

Correspondance passive, 1893-1907, + de 75 L.A.S./P.A.S. écrites par sa famille (Berthe Hüe sa mère, Henri Hüe son oncle, Ernest Hüe son grand-père artiste graveur, Jean Benjamin son frère), et ses camarades de lycée comme Jean Cazier-Charpentier, Emile Moussat
Lot de + de 100 tirages photographiques, formats divers, dont nombreux portraits de René Benjamin entre 1902 et 1907, Berthe Hüe sa mère, Henri Hüe son grand-père, Jean Benjamin son frère, excursions de vacances, etc

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Adjugé : 900 €
René Benjamin, un écrivain en herbe, ses années de formation,...
Lot 4
Lot 5
René Benjamin, ses premières publications littéraires et représentations théâtrales, 1908-1914

Lot de manuscrits, correspondances et photographies, 1908-1914

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Chroniques, nouvelles et contes
Manuscrits
« Petites villes d’eaux - Journées grises », publié dans Gil Blas, 27 août 1910
« La chambre de la cousine », paru dans Fantasio le 1er octobre 1910, avec corrections manuscrites ;
« Un père », conte dans Paris-Journal
« Un drame », 14-15 décembre 1909, 9 pages in-8 ;
« La fête des morts et la comédie des vivants », 21 pages in-8
« L’éventail », 8 pages in-8
« Le gros lot », daté 16 mai 1912, 14 pages in-8 ;
« Les joies du froid - Une course de Bobsleighs », 11 pages in-8
« Les fous et les autres », 3 pages in-8
« La crise domestique », 6 pages in-8
« Un Sauveur » (1er brouillon), 20 juin - 10 juillet 1909 ; 5 octobre - 1er février 1910 », avec ratures, corrections et ajouts, 245 pp. in-8
« Un malin, nouvelle », écrit au crayon et à la plume, avec ratures, corrections et ajouts, 127 pp. in-8

Romans

Madame Bonheur
publié chez Bernard Grasset en 1909
brouillon manuscrit, avec ratures, corrections et ajouts, 291 pp. in-8
coupures de presse
21 L.A.S./P.A.S., 1909-1910, dont
L.A.S., Paris, 20 janvier 1909, Charles Foleÿ, écrivain et critique à l’Echo de Paris
P.A.S., 25 mai 1909, Jules Bois, poète, romancier, essayiste, en charge de la revue des livres des Annales politiques et littéraires
L.A.S., mai 1909, Marylie Markovitch poétesse et femme de lettres féministe, première correspondante de guerre durant la Révolution russe, 8 pages in-8
P.A.S., 3 juin 1909, Henri Mazel, auteur dramatique et homme de lettres
L.A.S., 13 mai 1909, Caroline de Broutelles journaliste et secrétaire de La Vie Heureuse
L.A.S., Jean Rameau romancier et poète
L.A.S., 9 juin 1910, Eugène Hollande poète, 4 pages in-8
L.A.S., 10 juin 1909, Auguste Dorchain, écrivain et poète
L.A.S., 23 juin 1909, Toussaint Luca, rédacteur à la Revue des lettres et des arts, ami de Guillaume Apollinaire

Les Justices de Paix ou les vingt façons de juger dans Paris
Paris, Arthème Fayard & Cie, 1913
illustré par 38 bois originaux de Georges Bruye, et couverture de Jean Lefort
Edition originale, in-8 reliure demi-chagrin à coins et filets dorés, dos à 5 nerfs encadrés de filets à froid, lettres dorées, tête dorée
Envoi autographe signé à sa future épouse, Elisabeth Lecoy
+ brouillon manuscrit, 25 mai-25 juillet 1912 ; 3 oct.-24 oct. 1912, avec quelques ratures, corrections et ajouts, 383 pp. in-8
+ lettre tapuscrite des éditions Ollendorf, 18 décembre 1912, refusant la publication
+ lettre des éditions Fayard demandant à lire le manuscrit pour l’automne 1912
Correspondance passive reçue après parution, env. 40 L.A.S./P.A.S., 1913-1925, coupures de presse

Paris, sa faune et ses mœurs, l'Hôtel des ventes
Paris, Georges Oudin éditeur, 1914
illustrés de dessins de Jean Lefort
24 x 19 cm
Reliure demi-chagrin à coins brun et filets dorés, dos à 5 nerfs encadrés de filets à froid, lettres dorées, tête dorée
Edition originale sur papier des manufactures impériales du Japon
Exemplaire A, tête de collection
Superbe état
Tapuscrit avec corrections manuscrites et première épreuve d’imprimeur
45 L.A.S./P.A.S. reçues lors de la parution, et coupures de presse, dont :
Jean Richepin poète, Jean Martet poète et romancier, Urbain Gohier avocat, Emmanuel Bourcier romancier, Georges Docquois dramaturge et poète, Edouard Guerber vétérinaire écrivain et poète, Jean Rameau poète, Fernand Maillaud peintre, Paul Margueritte écrivain, etc

Théâtre

Comprendre ou La vache à lait, comédie en un acte
La première pièce de René Benjamin représentée au théâtre Réjane le 30 avril 1908, et publiée dans la revue Touche à Tout
Comprendre, paru dans Comoedia du 1er mai 1908
15 L.A.S./P.A.S. dont L.A.S., entête Théâtre Réjane, 13 décembre 1907, Gabriel Signoret
L.A.S., entête Théâtre Réjane, 8 décembre 1907, Gabrielle Charlotte Réju dite Réjane, l’une des comédiennes les plus populaires de son époque, propriétaire du théâtre qui porte son nom, adressée à Gabriel Signoret
L.A.S., 8 juin 1909, Marylie Markovitch, poétesse et femme de lettres féministe

As-tu vu Calomel, revue à grand spectacle en 4 tableaux, août 1908
Brouillon manuscrit avec ajouts et corrections, 15 pp. in-8

Derrière le paravent, études de mœurs théâtrales
Manuscrit, 12 pp. in-8, avec le programme imprimé, 7 mars 1908, qui annonce la représentation de la pièce de René Benjamin chez les Riberette, avec les acteurs célèbres de l’époque : Mounet-Sully, Coquelin l’aîné, Maurice de Féraudy, Paul Mounet, Firmin Gémier, etc

Il n’y a plus d’enfants !, opérette
Manuscrit, 27 pp. in-8, représentée chez les Riberette le dimanche 26 décembre 1909

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Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
René Benjamin, ses premières publications littéraires et  représentations théâtrales,...
Lot 5
Lot 6
Elémir Bourges (1852-1925), écrivain symboliste et décadent, académicien du Goncourt

3 L.A.S., 1910-1911, adressées à René Benjamin
« Cher monsieur Benjamin vous avez été tout à fait gentil de m’écrire et je ne puis dire combien votre lettre m’a touché et m’a fait plaisir. Ces témoignages de sympathie spontanée sont si rares ! La foule s’engouffre dans quelques grandes renommées, comme dans les porches d’une gare. Les toutes petites chapelles ne sont guère fréquentées. Je vous remercie de tout cœur et vous serre la main bien cordialement »

Coupures de presse
Notes manuscrites sur feuilles volantes, in-8 et in-12, de René Benjamin
« Elémir Bourges un seigneur, le contraire de Renard, son pessimisme était de Flaubert, mais son rire n’était qu’à lui. Sa pudeur aussi (silences sur les morts) Son amitié tendre »
« Il ressentit avec beaucoup de peine de Philippe. Il serra la main de Daudet, et son index sur la bouche, il lui dit : Chut ! Devant une douleur trop grande, le silence comme il avait fait pour sa fille. Il a laissé en mourant à Daudet un petit vase Tchèque »
« Il est crevant sur la guerre : On a fabriqué tous les pétoires possibles ; on a accumulé dans des vases et des marmites toutes les folies inventées par les Denys Papin, Berthelot et autres et maintenant les pauvres diables qui voient voler leurs têtes sur les champs de bataille ont l’air surpris que de Berthelot ou Berthelot toute cette poudre de perlimpinpin accumulée serve à autre chose qu’à faire éternuer les gens »
« C’est chez Bourges tout en le faisant rire (c’est très curieux ce contraste) que j’ai été saisi pour la première fois à 25 ans. Je dis bien saisi de toute la force du terme par les Michel Ange qu’il avait reproduits au-dessus de lui »

Elémir Bourges
Le crépuscule des dieux
Paris, Stock édit., 1901
2e édition
19 x 12,5 cm, reliure demi-chagrin à coins, dos à 5 nerfs, lettres dorées, tête dorée, signée Moens relieur à Paris
Envoi autographe en vers signé et daté 8 octobre 1920
Adjugé : 280 €
Elémir Bourges (1852-1925), écrivain symboliste et décadent, académicien du Goncourt

3...
Lot 6
Lot 7
René Benjamin, combattant, écrivain et conférencier, 1914-1919

Important lot de correspondances, carnets manuscrits, photographies, témoignant du parcours de vie de René Benjamin, de la mobilisation générale au début du mois d’août 1914 jusqu’à l’armistice de novembre 1918

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11 mini-carnets in-12 de notes manuscrites au crayon bois écrites par René Benjamin, numérotés I à XI, couvrant la période août 1914 à 1916
René Benjamin a noté presque quotidiennement pendant près de deux années de guerre, son vécu, ses occupations, ses ressentis, ses observations et ses rencontres
Carnet n°I - 70 pp. - 4 août au 2 septembre 1914
Sur la page de garde est inscrit « A remettre à ma mère en cas d’accident comme dit l’administration militaire » + adresse de sa mère à Paris »
Carnet n°II - 70 pp. - 2 septembre au 11 octobre 1914
Arrivée à l’hôpital de Saumur le 5 septembre à minuit rencontre avec Elisabeth Lecoy infirmière Souvenirs, rencontres à l’hôpital dont Colson poilu blessé qui l’inspire pour créer son personnage de roman : Gaspard
Carnet n°III - 86 pp. - 12 octobre au 16 novembre 1914
à l’hôpital de Saumur : réfléchit déjà au personnage de Gaspard Gribouille des anecdotes, souvenirs, scènes de vie sur le front
Carnet n°IV - 52 pp. - 17 novembre au 19 décembre 1914
Transfert à Alençon : propos entendus ou tenus dont ceux de Colson, dialogues entre poilus, usage de l’argot
Etc...

Réunion de plus de 420 lettres échangées entre René Benjamin et Elisabeth Lecoy, sa fiancée puis son épouse
Env. 240 L.A.S./P.A.S. (env. 770 pages) écrites par René Benjamin, et 180 L.A.S. (env. 840 pages) écrites par Elisabeth Lecoy, entre le 22 octobre 1914 et le 4 novembre 1918
La conservation de ce précieux et rare échange épistolaire est inestimable pour comprendre la psyché de l’écrivain et la genèse d'une œuvre majeure. La correspondance de René Benjamin à Elisabeth Lecoy transcende son statut de simple échange privé pour devenir un acte littéraire à part entière. Elle est le réceptacle où les trois identités fondamentales de l'auteur - l'amant, l'écrivain et le témoin de guerre - sont fondues en un tout unique et indivisible. Le rôle d'Elisabeth Lecoy n'a rien de passif. En devenant sa lectrice idéale et sa "première collaboratrice", elle lui offre l'espace intellectuel et émotionnel indispensable à cet extraordinaire déferlement d'énergie et d’inspiration créatrice littéraire. Un véritable creuset où une passion amoureuse naissante est déclarée, une conception artistique est forgée, et le traumatisme du conflit est activement transformé en une vision littéraire cohérente.
Au fil des lignes écrites tout au long de la guerre, on découvre l’itinéraire de René Benjamin : son service de convoyeur, la consécration du Goncourt, sa vie privée (mariage et naissance de son fils ainé), ainsi que sa mission de conférencier au sein du comité de "L'Effort de la France" et la poursuite de son œuvre romanesque (Le Major Pipe, Sous le ciel de la France, etc)
En septembre 1914, René Benjamin, blessé sur le front, est transféré à l’hôpital auxiliaire de Saumur où exerce Elisabeth Lecoy comme infirmière bénévole. C’est immédiatement le coup de foudre amoureux. René Benjamin entreprend alors une correspondance suivie et intense, usant de sa plume d’écrivain pour séduire sa dulcinée. René Benjamin y déploie une stratégie de séduction qui écarte délibérément les clichés romantiques pour fonder la relation sur une parité intellectuelle, une sensibilité partagée et une honnêteté émotionnelle sans fard.
Dès sa première lettre, datée du 22 octobre 1914, Benjamin prend soin de se distancier des conventions de la romance juvénile. Il qualifie le genre du "billet doux" de "comique", "clandestin", "bébête ou un peu louche". Cette précaution n'est pas une simple coquetterie ; c'est une manœuvre rhétorique stratégique visant à élever d'emblée l'échange au-dessus de la banalité. Il pose un cadre de sérieux et de gravité. Pour légitimer cette démarche directe, il invoque leur maturité commune : "Nous n’avons plus vingt ans même pas vous. L’âge est une première liberté". Cette liberté lui confère, selon lui, le droit de parler franchement et à elle, celui de l'entendre sans y voir une inconvenance. Il la supplie de se souvenir de ce qu'elle connaît de lui de "plus sérieux, de plus loyal aussi", afin d'établir les fondations d'une cour non conventionnelle, basée sur la confiance et le respect mutuel. Cette approche transforme immédiatement ce qui aurait pu être une simple tentative de flirt en une rencontre entre deux esprits.
Etc...

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Estimation : 3 000 € ~ 6 000 €
René Benjamin, combattant, écrivain et conférencier, 1914-1919

Important lot de correspondances,...
Lot 7
Lot 9
Correspondances de poilus et d’écrivains mobilisés, 1914-1918

Lot de + de 105 L.A.S./P.A.S. de poilus, écrivains sur le front, amis et proches mobilisés, adressés à René Benjamin, dont

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L.A.S., Paris, 15 février 1917, Alfred Cortot, pianiste et chef d’orchestre renommé, chef du service de la Propagande artistique au sein du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts
4 L.A.S./P.A.S., Albert Willemetz parolier et librettiste, secrétaire particulier de Georges Clemenceau, ministre de l’Intérieur et président du Conseil, dont
2 L.A.S., 1915-1916, Maurice Dufrène, ébéniste, décorateur et écrivain
L.A.S., 5 janvier 1917, William Sérieyx, officier à l’état major de l’artillerie à Vannes, journaliste et écrivain
3 L.A.S., 1915-1917, Auguste Mauchey, poilu au 303e régiment
4 L.A.S./P.A.S., 1915-1917, Maurice Oscar-Roty, fils du célèbre médailleur Louis Oscar Roty le créateur de la Semeuse, dont lettre dans laquelle il s’inquiète de la "décadence" de la jeunesse, délaissée par l'absence des pères partis au front, et très critique envers l'influence du cinéma naissant et du tabac, prônant une éducation stricte et le respect de l'autorité paternelle, des thèmes très présents dans les milieux patriotes de 1916
17 L.A.S./P.A.S., 1913-1915, Henry Sazerac de Forge, homme de lettres et journaliste, rédacteur en chef du journal Fantasio de 1906 à 1914, mobilisé dans le 38e régiment d’infanterie territorial en août 1914, envoyé sur le front de Lorraine, devient l'un des collaborateurs les plus actifs de la presse des tranchées notamment dans L’Echo des Marmites, fonde en 1915 la Ligue de la Tête de Loup qui se donne pour mission de lutter contre les profiteurs de guerre + carte-photo d’Henry de Forge en tenue de soldat sur le front
6 L.A.S./P.A.S. de captivité (+ 4 L.A.S. de son épouse), 1916-1918, Emile Moussat, professeur au lycée de Bordeaux, mobilisé dès le 4 août 1914 comme sergent au 220e régiment d'infanterie, envoyé au front ; le 24 août 1914, lors des combats à Rouvres (dans la Woëvre), il est grièvement blessé, relevé sur le champ de bataille par les troupes allemandes, il est fait prisonnier, passe l'intégralité de la guerre en captivité en Allemagne notamment au camp de Limburg-an-der-Lahn ; malgré sa blessure et les conditions de détention, il devient une figure morale et intellectuelle parmi ses camarades, s'efforçant de maintenir une activité culturelle et éducative pour soutenir le moral des autres prisonniers ; après la guerre, il consacre une grande partie de son talent littéraire à témoigner de cette expérience. + 2 cartes-photos et portrait photographique d’Emile Moussat
15 L.A.S./P.A.S., 1915-1917, Gaspard Colson (?-1917), soldat dans le 10e bataillon de chasseurs, puis dans la 22e Cie du 317e régiment d’infanterie, rencontré pour la première fois à l’hôpital de Saumur en 1914, poilu parisien qui a inspiré le personnage principal de l’oeuvre littéraire primé au Goncourt Gaspard
2 cartes-photos de groupe de soldats du 10e bataillons de chasseurs, 28 janvier et 23 juin 1915, avec envois manuscrits de Colson

Etc...

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Adjugé : 700 €
Correspondances de poilus et d’écrivains mobilisés, 1914-1918

Lot de + de...
Lot 9
Lot 10
René Benjamin, Gaspard , prix Goncourt 1915

Réunion de tapuscrit, correspondances, édition originale, dont

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Gaspard et le prix Goncourt

L.A.S., 1er décembre 1915, Gustave Geffroy, romancier, signée des 7 membres de l’Académie Goncourt : Elémir Bourget, J.H. Rosny l’aîné, Léon Hennique, etc

Les soldats de la guerre : Gaspard
brouillon tapuscrit composé entre le 20 mai et le 22 juillet 1915, avec ratures et ajouts manuscrits, 305 pp. in-4

Les soldats de la guerre : Gaspard
Paris, Arthème Fayard & Cie, 1915
20 x 13 cm, reliure plein maroquin rouge, plats à encadrement froid et à l’or d’une large frise de palmettes stylisées, dos à cinq nerfs saillants soulignés par des filets à froids, titre et date en lettres dorées, tête dorée, les contreplats au papier marbré encadrés d’une large bande de maroquin ornée d’un riche décor doré (frises de palmettes, entrelacs, filets), signée de la maison de reliure Moens
Edition originale (une partie non rognée), l’un des 20 exemplaires tirés sur papier vergé de Hollande

Correspondance passive reçue par René Benjamin, env. 200 L.A.S./P.A.S., 1915-1917, félicitations pour le Prix Goncourt, remerciements pour l’envoi du livre, demandes de traductions par des éditeurs étrangers et d’adaptation au théâtre, nombreuses lettres écrites par des écrivain.es et journalistes, familles et amis, infirmières, et des anonymes de toute la France et d’Europe, dont :
P.A.S., aux armées, 29 février 1916, Pierre Loti, écrivain
L.A.S., 5 novembre 1915, Georges Sorel, philosophe et sociologue
L.A.S., 2 décembre 1915, Henry Bataille, dramaturge et poète
L.A.S., 28 avril 1915, Henry Bauër, écrivain, polémiste et critique
2 L.A.S., 1915, Gérard Bauër, essayiste et critique
L.A.S., 30 septembre 1915, Marie Rouget alias Marie-Noël, poétesse et écrivaine
L.A.S., 9 novembre 1916, Louis de Maud’huy, général
L.A.S. et P.A.S., 1915-1916, Paul Fiolle (1887-1916), médecin et écrivain combattant tombé au champ d’honneur inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains
L.A.S., 2 novembre 1915, Gabriel Signoret, acteur et metteur en scène
L.A.S., 14 décembre 1915, Edouard Guerber, vétérinaire poète et écrivain satirique
L.A.S., 26 février 1916, un poilu qui a vu la guerre , lettre critique reprochant à René Benjamin de donner une image déformée voire insultante de la réalité militaire
L.A.S., 22 juin 1916, Théophile Dronchat, compositeur et chansonnier célébrant l’argot parisien et la gouaille du soldat + Ohé Gaspard ! Veux-tu du pinard ? paroles et musique du chansonnier Cap de Zoug (Théophile Dronchat) avec envoi dédicacé
2 L.A.S., 1er novembre et 2 décembre 1915, Georges Docquois poète et romancier
L.A.S., 29 octobre 1915, Victor-Emile Michelet, poète et dramaturge

Etc...

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Adjugé : 6 000 €
René Benjamin,  Gaspard , prix Goncourt 1915

Réunion de tapuscrit,...
Lot 10
Lot 11
Jean Lefort (1875-1954) peintre et illustrateur

Lot de correspondances, dessins originaux et photographies

66 L.A.S./P.A.S., 1913-1946, en majorité écrites durant la Grande Guerre, adressée à René Benjamin
Correspondances, en majorité écrites depuis le front, offrant un témoignage saisissant et sans fard de la vie d'un artiste jeté dans la tourmente du conflit. Le peintre décrit la réalité des tranchées, livrant un témoignage poignant sur la brutalité de la guerre. Et surtout au milieu des tranchées l'art reste son seul pilier, y évoquant ses travaux et ses dessins pour les journaux et pour l’illustration du prix Goncourt Gaspard. Les échanges témoignent également d'une complicité absolue et d’une amitié fidèle entre lui et René Benjamin. Dont :

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3 petites photographies : Jean Lefort sur le front à la Faisanderie à Bouvigny (Pas-de-Calais), février 1915 ; madame Lefort, infirmière bénévole à l’hôpital de Château-Thierry, 1915

4 dessins originaux

Une jeune alsacienne
Pierre noire et aquarelle
29 juin 1920 (au dos d’une L.A.S.)
Signé
18 x 14 cm

Portrait féminin
Pierre noire
Signé
Légende « Dites donc vous de quel droit que vous me prenez en photographie ? »
16 x 9 cm

Portrait de Benjamin écrivant, rue des Batignolles, 17e
Pierre noire
22 x 15,5 cm
Envoi autographe signé « A mon ami René Benjamin dans l’exercice de ses fonctions ! »

Boches, près de la villa d’Acq, 11 mai 1917
Pierre noire, aquarelles et gouache
Signé
23 x 17 cm
Sous cadre

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Adjugé : 370 €
Jean Lefort (1875-1954) peintre et illustrateur

Lot de correspondances, dessins originaux...
Lot 11
Lot 14
Berthold Mahn (1881-1975), artiste peintre, dessinateur et illustrateur

5 L.A.S., 1915-1917, adressées à René Benjamin
28 novembre 1915 150e d’infre 2e Cie Secteur 142
Il y a bien longtemps que je dois vous écrire. Aussi suis-je impardonnable. Et puis j’ai reçu votre beau livre. Et je l’ai lu. Et je vais le relire tant c’est trop beau croyez que j’essaie de vous remercier en vous gribouillant ce petit dessin à la plume. C’est la villa Elise en pays conquis. Cela vous donne une petite idée des trous boches. Celui-ci est assez romancé, malheureusement il est mal fait. J’ai la malchance d’avoir une petite blessure à l’index de la main droite et cela me rend très malhabile, je vous ferai mieux. Je pense aussi à des illustrations pour Gaspard qui est vraiment un poteau. Je le vois assez bien s’expliquant avec le juge de paix dans le café je vois aussi le palabre au clair de lune avec la vieille petite folle et puis la cérémonie funèbre dans l’hôpital avec les ombres gigantesques aux murs et puis bien d’autres choses. Je vais tâcher de vous pondre quelque chose sans promesse. Car je suis accaparé par des galonnés de tous calibres qui m’exploitent, et je travaille vraiment beaucoup. En ce moment je fais la guerre en touriste j’en fouille les coins, les recoins. Je dessine jusqu’à des cadavres et cela m’intéresse fort. Seulement voilà le poids qui me paralyse les mains. Votre livre fait fureur au bataillon, on me l’arrache et j’ai peur de le perdre. J’ai un Gaspard aussi, un fameux que je voudrais bien que vous connaissiez. Quel numéro et quelle intelligence ! Vous ai-je écrit depuis notre offensive ? je ne crois pas. Nous avons crevé les premières lignes le 25 septembre. 2 kilomètres d’avance à l’ouest du point d’attaque. Depuis nous nous sommes cassé le nez vers le 5 octobre avec chaque fois lourdes pertes. Et maintenant nous avons installé nos quartiers d’hiver dans la craie et nous travaillons à consolider nos lignes. Je ne pense pas que nous restions encore longtemps ici. Il est même fort probable que d’ici quelques jours nous "mettions les voiles" pour le grand repos avant une nouvelle bagarre sans doute ou un secteur difficile car nous sommes de ces malheureux régiments de l’Est et de l’active, toujours de l’active qu’on met aux meilleures sauces, et à présent on fait d’active. Il reste peut-être 6 hommes des classes 11 et 12 par compagnie ! le reste est très jeune ou très fatigué, réformés rappelés, embusqués débarqués, des blessés 3 ou 4 fois, et les effectifs sont réduits passablement...

17 juillet 1916 ( ) je suis resté à Paris tout le mois de mai et j’avais pensé pouvoir vous porter les deux premiers croquis pour Gaspard ils sont restés rue de Seine ( ) Alors vous êtes convoyeur, ce doit être un métier sûrement pénible ( ) Eh bien moi je suis camoufleur. Est-ce que cela vous dit quelque chose ? Mais procédons par ordre. J’étais en Champagne dans ce secteur tranquille en février et je pensais sérieusement à Gaspard quand je reçus une lettre des éditeurs qui me demandait des illustrations sur la guerre. Mes faibles ressources de soldat de 2e classe et la tranquillité relative dans laquelle je vivais me firent accepter. Et je commençai bravement une belle page représentant l’attaque en Champagne qui remplaça sur ma table les gribouillis relatifs à Gaspard. ( ) brusquement on nous retira de ce coin trop calme et tout doucement nous nous acheminions sur Verdun ( ) alors il ne fut plus question d’illustration d’aucune sorte ( ) J’étais au Mort Homme parmi des blessés et des mourants dans le fracas des obus. Je parvins quand même à faire quelques croquis ( ) C’est le 2 mai au matin dans un abri situé entre la cote 304 et le Mort Homme qu’on vint m’annoncer que j’étais rappelé à l’intérieur ! ( ) regretté de tous mes camarades, regrettant moi-même mon gourbi et mes compagnons, à demi malade, fatigué et ahuri je gagnai l’arrière par les boyaux et les mornes collines peuplées de trous d’obus. J’avais bien fait ma demande pour être camoufleur mais je ne comptais pas dessus. Enfin le 13e d’artillerie de Vincennes me déguisa en artilleur et je m’en fus travailler près des Buttes Chaumont dans un atelier de décor où je brossai de vastes toiles pendant tout ces mois. ( ) début de juin je me rendis à Amiens où je demeure. C’est ici un siège principal de la section. Nous fabriquons toutes sortes de travaux intéressants tels que observatoires blindés, taupinières, canons camouflés, etc., etc et nous allons installer nos ouvrages dans les lignes. ( )

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Adjugé : 50 €
Berthold Mahn (1881-1975), artiste peintre, dessinateur et illustrateur

5 L.A.S., 1915-1917,...
Lot 14
Lot 15
René Benjamin, écrivain et observateur de la Grande Guerre

Réunion de tapuscrits, correspondances, édition originale, coupures de presse, dont

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Sous le Ciel de France, paru chez Fayard en 1916
Sous le Ciel de France, brouillon manuscrit/tapuscrit composé et écrit à partir de la version parue en feuilleton dans le Journal, ayant contrecollé les extraits parus, corrigés et modifiés, avec ratures et ajouts, 220 pp. in-4

La Guerre - Sous le Ciel de France
Paris, Arthème Fayard & Cie, 1916
20,5 x 19,5 cm, broché
Edition originale (non rognée et non coupée), exemplaire de l’auteur sur vélin, avec envoi autographe signé adressée à sa mère

Correspondance passive reçue par René Benjamin, env. 100 L.A.S./P.A.S., 1916-1919, remerciements pour l’envoi du livre, nombreuses lettres écrites par des écrivain.es et journalistes, dont :
Louis Beaufaux parolier et compositeur (L.A.S. + poème) - Léon Blanchet philosophe - Emmanuel Bourcier écrivain - Madeleine Dayot artiste peintre, décoratrice, et critique d'art (L.S. entête Le Vêtement du Prisonnier ) - Victor Eftimiu poète et écrivain roumain - Jils Garrine (?-1917), dessinateur humoriste et décorateur - Suzanne Grinberg avocate, féministe et pacifiste - Othon Guerlac linguiste à New York - Fernand Hayward écrivain - Gabriel Malleterre général gouverneur des Invalides - Louis de Maud’huy général de divison - Abbé Mugnier - Henri Polart affichiste - Marcel Rouff écrivain suisse - Marc Varenne écrivain - Albert Willemetz librettiste et scénariste - Julie Zagoulaieff traductrice russe

Le Major Pipe et son père, paru chez Fayard en 1918
Anglais en guerre - Le Major Pipe et son père, brouillon tapuscrit avec ratures et corrections manuscrites, dédicace « A Auguste Bréal qui m’a tant aidé de son amitié et de son esprit », 229 pp. in-4
Correspondance passive reçue par René Benjamin, env. 70 L.A.S./P.A.S., 1918-1919, remerciements et félicitations pour l’envoi et parution du livre, nombreuses lettres écrites par des écrivain.es et journalistes, dont :
Albert d’Amade général - Léon Blanchet philosophe - Emmanuel Bourcier écrivain, romancier, rédacteur de presse - Georges Docquois poète et romancier - Maurice de Fleury psychiatre et homme de lettres - Robert Hénart peintre et illustrateur - Eugène Hollande journaliste et écrivain - Hugh Alexander Law politicien nationaliste Irlandais - Joseph-Henri Louwyck écrivain - Sir Eric Maclagan historien et directeur de musée britannique - Jean Martet, poète et romancier - Louis Ernest de Maud’huy, général de division - Victor-Emile Michelet poète et dramaturge - Abbé Mugnier - Gabriel Nigond écrivain berrichon - Fabien Sollar dramaturge et libretissite - Benjamin Vallotton écrivain, journaliste et enseignant - Georges Wormser homme de lettres
L.A.S., 9 avril 1918, Juliette Adam, écrivaine, polémiste et salonnière féministe
L.A.S., 6 novembre 1918, Lucie Delarue-Mardrus, poétesse et romancière
L.A.S., 1918, Anatole France, écrivain
P.A.S., Paris, 18 avril 1918, Alfred Cortot, pianiste et chef d’orchestre renommé, chef du service de la Propagande artistique au sein du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts
L.A.S., Peyrehorade (Landes), 1918, Jean Rameau, romancier et poète

Les rapatriés, paru chez Berger Levrault en 1918
Correspondance passive reçue par René Benjamin, 19 L.A.S./P.A.S., 1918, remerciements et félicitations pour l’envoi et parution du livre

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Estimation : 500 € ~ 800 €
René Benjamin, écrivain et observateur de la Grande Guerre 

Réunion...
Lot 15
Lot 21
Guy Arnoux (1886-1951) imagier propagandiste

6 éditions originales offertes à René Benjamin

Le Bon Anglais
Texte de Roger Boutet de Montvel
Illustré de 12 compositions originales gravées sur bois et aquarellées au pochoir par Guy Arnoux
Paris, Devambez, [vers 1917/1918]
12,5 x 17 cm, cordon
Envoi autographe signé

Le Bon Français, 5 images de Guy Arnoux
Ill. de 5 compositions originales gravées sur bois et aquarellées au pochoir
Paris, Devambez, [vers 1916/1917]
Edition originale de luxe sur papier Ingres 1860
32,5 x 24 cm (1 pl. insolée)
Envoi autographe signé

Les Françaises, 4 images de Guy Arnoux
Ill. de 4 compositions originales gravées sur bois et aquarellées au pochoir
Paris, Devambez, [vers 1917/1918]
Edition originale de luxe sur vélin
33 x 24 cm (petites tâches à la couv.)

Au Maréchal Joffre, grand’père des soldats de France
Ill. de Guy Arnoux
Paris, Société littéraire de France, s.d.
24 x 15,5 cm (rousseurs à la couv.)
Album hagiographique comprenant généralement 16 images et illustration de la couverture en couleurs (pochoirs) retraçant la vie du Maréchal Joffre de sa naissance à Rivesaltes à l'Académie Française, en passant par ses campagnes en Afrique, au Tonkin, et de la Marne

Histoire du petit Chaperon rouge
Texte de Charles Moreau-Vauthier
Ill. de Guy Arnoux
Paris, Librairie Lutétia, 1917
21 x 17 cm (défauts à la couv., intérieur légères rousseurs et salissures)

Quatre canons françois mis en images par Guy Arnoux
Paris, Devambez, [vers 1917/1918]
Ill. de 4 compositions originales gravées sur bois et aquarellées au pochoir
28 x 36 cm
Envoi autographe signé
Estimation : 500 € ~ 800 €
Guy Arnoux (1886-1951) imagier propagandiste

6 éditions originales offertes à René...
Lot 21
Lot 25
Journaux et publications de poilus, 1914-1918

Réunion de journaux et de correspondances, dont

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On Progresse, journal du neuvième « Vacuum » J’T’Pousse/Revue du neuvième Dragon : n°4 du 1er juillet 1917 et n°5 du 1er septembre 1917

Le Cri de Guerre », le plus ancien cri du monde, journal du 23e rég. Territorial, 2 août 1916

L’Argonnaute, journal des tranchées, numéro spécial de poèmes, n°12, mai 1916

3 L.A.S., 1916-1918, Robert Layus directeur de publication de L’Echo des Marmites
+ diplôme factice Certificat de bon moral délivré par l’Echo des Marmites à René Benjamin

2 L.A.S., du front, 1916, sergent Génermont, fondateur de la Revue littéraire du front

2 L.A.S., 1916, Jean Taboureau dit Jean des Vignes Rouges, officier et écrivain, fondateur d’une revue du front Le Souvenir

L.A.S., aux armées, 19 mars 1916, Emile Paget, secrétaire de rédaction du Boum ! Voilà !

Le Vaillant poilu, chanson composée dans les tranchées de la Somme, par colonel Léon vieux volontaire pour la durée de la guerre âgé de 54 ans, 2 pp. autographiée in-8

P.A.S., Georges Le Fèvre, journaliste et écrivain avec prospectus promotionnel de la sortie de Chansons sur Trois notes, poèmes

14 fascicules pédagogiques et patriotiques illustrés publiés par la librairie Delagrave

Joint :
Affiche Emprunt National 1918. Souscrivez pour la victoire qui vient !, 1918 (Appel à souscrire au 4e emprunt national) par B. Chavannaz, 80 x 120 cm, pliée

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Adjugé : 420 €
Journaux et publications de poilus, 1914-1918

Réunion de journaux et de...
Lot 25
Lot 26
Publications sur la guerre 1914-1918

Réunion de 10 publications

Charles Fouqueray
Le front de mer
Paris, Editions de Luxe, [1918]
En feuilles, sous chemise rempliée et couverture cartonnée à rabats
30 lithographies contrecollées sur feuillet fort (plusieurs lanches sur un même feuillet), une planche supplémentaire (débarquement du général Pershing)
39,5 x 29 cm
Edition originale signée par l’artiste

René Benjamin
La Guerre - Un pauvre village de France
Paris, L’Edition de Luxe, 1918
Orné de 20 bois en noir et en couleurs de Jean Perrier, détruits après tirage
39 x 29 cm, broché (rousseurs)
Edition originale, tirage limité hors série grand format sur vélin
Envoi autographe signé

Inauguration solennelle dans la salle des séances du conseil municipal des plaques consacrées par le parlement aux artisans de la victoire - 7 juin 1920
Paris, imprimerie nationale, 1920
Broché, 34 x 25,5 cm (couv. insolée et rousseurs)

René Weiss
La ville de Paris et les fêtes de la Victoire - 13-14 juillet 1919
Paris, imprimerie nationale, 1920
Broché, 34 x 25,5 cm

Guy Arnoux
Joffre
Paris, Société littéraire de France
Broché, 24 x 15 cm (2 exemplaires)

Programme - Hôtel de Ville de Paris - réception en l'honneur de MM. les ambassadeurs et ministres des puissances alliées - 14 juillet 1918
Couverture en vélin illustrée par une gravure de Charles Fouqueray, tirage limité 26/200, signée originale au crayon de l’artiste
32,5 x 25 cm

Carlègle
C’est un oiseau qui vient de France
Paris, Société littéraire de France, 1916
19 x 28 cm

La Grande Guerre - 12 belles images dessinées par les enfants de France
Album contenant les numéros 37 à 48
Paris, Tolmer et Cie, 1914
En feuilles, 32 x 43 cm

The Western Front drawings by Muirhead Bone
Londres, War Office, 1917
Broché, 32 x 24 cm
Estimation : 150 € ~ 300 €
Publications sur la guerre 1914-1918

Réunion de 10 publications

Charles Fouqueray
Le front...
Lot 26
Lot 27
Archives personnelles, chronique intime, littéraire, théâtrale et politique de René Benjamin, grand témoin de l'entre-deux-guerres, 1919-1939

Important lot contenant correspondances, carnets et notes manuscrits, agendas, photographies et divers

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Importante réunion de + de 930 L.A.S./P.A.S., 1916-1939, correspondance croisée de l'écrivain et conférencier René Benjamin, adressée principalement à son épouse Elisabeth (Beth) Henriette Lecoy et à sa belle-mère Marie-Louise Jeanne Bodin (épouse Lecoy), formant une fresque vivante, féroce et d'une lucidité implacable sur la vie culturelle et les turbulences politiques de l’époque. D'une verve stylistique éblouissante, maniant l'ironie décapante et la charge antidémocratique avec le talent d'un pamphlétaire d'élite, René Benjamin livre ici un document de premier ordre pour comprendre les coulisses intellectuelles, artistiques et les fractures idéologiques de la France de l'entre-deux-guerres.

Au cœur de ces échanges se dévoile le travail quotidien d'un auteur passionné. Benjamin y détaille la genèse et la réception de ses grands livres (dont Valentine, Clemenceau, Molière, Mussolini ou ses écrits sur Barrès et Sacha Guitry), ses corrections d'épreuves et ses accords de long terme avec de grandes maisons d'édition comme Fayard ou Plon. Mais c'est son immersion dans l'univers théâtral qui confère à ce lot un grand intérêt. Les lettres éclairent les coulisses de la création, des répétitions et des premières de ses pièces phares : Les Plaisirs du hasard (représentée au Vieux-Colombier) , Paris (jouée à la Porte Saint-Martin) et M. Fritz Franz Neumann (créée à Bruxelles). L'auteur y évoque ses collaborations régulières avec des figures légendaires du spectacle telles que Jacques Copeau, Albert Willemetz, l'acteur Dorville ou le metteur en scène Jean Choux. Il y relate avec verve les cabales de la critique parisienne et le courage de son épouse Beth, qu'il décrit en véritable archange combattant le glaive à la main pour défendre ses pièces lors de générales mémorables .
Témoignage capital sur les luttes idéologiques de l'entre-deux-guerres, cette correspondance suit pas à pas les innombrables tournées de conférences de René Benjamin à travers la France, l’Afrique du Nord et l'Europe (Belgique, Pays-Bas, Suisse, Allemagne, Italie, Roumanie). Ses interventions publiques se révèlent être de véritables combats. Il décrit de sa plume satirique la rage des instituteurs laïques et des militants communistes qui tentent régulièrement de saboter ses causeries, ainsi que les interdictions décrétées par certains maires de gauche. Les récits de conférences épiques sauvées par l'intervention massive de la gendarmerie ou de partisans royalistes (comme à Loches, Perpignan ou Grenoble, où l'écrivain fut physiquement agressé et échappa de peu à l'étouffement) se lisent comme de véritables morceaux d'anthologie. Ces tournées font directement écho à son engagement indéfectible auprès de l'Action Française. Il consigne ainsi ses conversations intimes et ses déjeuners réguliers avec Charles Maurras, Léon Daudet et Jacques Bainville, dont il pèse et affine les portraits littéraires.
Le grand attrait de cet ensemble réside dans le défilé de personnalités de premier plan que Benjamin fréquente lors de dîners d'élite et de réceptions mondaines. La correspondance offre des témoignages directs et inédits sur :
le monde littéraire et artistique : une dévotion absolue et poignante y est exprimée pour la poétesse Anna de Noailles, « reine de la Poésie », qu'il visite régulièrement. L'auteur évoque l'admiration réciproque qui les lie, la douloureuse agonie de la poétesse et livre des pages sur l'émotion de ses obsèques en 1933. On y croise également Paul Valéry, Sacha Guitry, Maurice Barrès ou Abel Bonnard.
Les géants de l'Histoire et chefs militaires : Benjamin consigne ses face-à-face avec Georges Clemenceau, ses dîners intimes avec le Maréchal Pétain, ses échanges réguliers avec le Général Weygand, le Maréchal Joffre ou le Général Gouraud. On y trouve aussi des portraits acérés de figures politiques telles que Léon Blum, Louis Marin, Mandel ou Jacques Doriot.

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Estimation : 3 000 € ~ 6 000 €
Archives personnelles, chronique intime, littéraire, théâtrale et politique de René...
Lot 27
Lot 28
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1919 et 1929

Lot de manuscrits, épreuves d’imprimeur, correspondances et éditions originales

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Le Palais et ses gens de justice
Brouillon tapuscrit, avec ratures, corrections et ajouts, 1919, 491 pp. in-4

Le Palais et ses gens de justice
Paris, Arthème Fayard, 1919
Edition originale sur papier de Hollande
Exemplaire n°2
Reliure ½ basane moucheté à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées, 19 x 13 cm
Envoi autographe signé de l’auteur à son épouse

Grandgoujon
Brouillon tapuscrit, avec ratures, corrections et ajouts, 1919, 356 pp. in-4

Amadou bolcheviste
Brouillon manuscrit, avec ratures, corrections et ajouts, 115 pp. in-4

Amadou bolcheviste
Paris, Arthème Fayard, 1920
Edition originale sur papier de Hollande Van Gelder
Exemplaire n°1 tête de série
Reliure ½ chagrin, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
19 x 13 cm
Envoi autographe signé de l’auteur à son épouse

La farce de la Sorbonne
Brouillon manuscrit au crayon et à l’encre, avec ratures et corrections, 90 pp. in-8
Tapuscrit, avril-mai 1921, avec ratures, corrections et ajouts manuscrits

La farce de la Sorbonne
Paris, Arthème Fayard, 1921
Edition originale sur papier pur fil Lafuma
Exemplaire n°89
Broché, 20,5 x 14 cm (non coupé et non rogné)

Valentine ou la folie démocratique
Brouillon manuscrit à l’encre, avec ratures et corrections, 304 pp. in-8
Epreuves d’imprimeur

Valentine ou la folie démocratique
Paris, Arthème Fayard, 1924
Edition originale sur papier de Hollande Van Gelder
Exemplaire n°1 tête de série
Reliure ½ basane moucheté à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
19 x 13,5 cm

Etc...

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Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1919 et 1929

Lot...
Lot 28
Lot 29
Correspondances passives et notes de René Benjamin, 1919-1929

Lot de correspondances, notes manuscrites, coupures de presse et divers

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Importante réunion de + de 1250 L.A.S./P.A.S./L.S. reçues par René Benjamin entre 1919 et 1929, relatives à des remerciements et félicitations, demandes de prise de parole et rédactions d’articles, réactions à des parutions d’articles et de livres, et à des conférences, etc, dont :
Juliette Adam écrivaine polémiste et salonnière - Julia Bartet comédienne (3) - Ernest Beauguitte écrivain Camille Bellaigue, critique musical et musicographe - Léon Bérard chirurgien (5) - Henri Béraud journaliste et romancier prix Goncourt 1922 (2) -Marcel Berger écrivain et journaliste sportif, co-directeur de l’Agence Littéraire Française (8) - Louis Bertrand romancier, essayiste et académicien (11) - Pierre Beydts, alias Marcel Lesvignes, auteur de Rita championne d’Italie - Alfred Blanchet écrivain (2) - Gustavo de Blanck y Menocal ministre plénipotentiaire de Cuba, délégué permanent auprès de la SDN - Léon Blum, député - Emmanuel Bourcier romancier et journaliste - Marcel Bouteron historien de la littérature (7) - Auguste Bréal critique d’art et peintre (2) - Eugène Brieux dramaturge et académicien (7) - Georges Bruyer graveur - Louis Cadars journaliste et historien - Boni de Castellane, mondain et mémorialiste (10) - Henriette Célarié historienne et romancière (4) - Claire de Charnacé comtesse de Saint Priest écrivain et journaliste (15) - Georges Clarétie avocat et homme de lettres (2) - Henri Clouard journaliste et critique littéraire - Pierre Comert journaliste, diplomate, directeur de la section Information de la SDN - Lucien Corpechot écrivain et journaliste (3) -Tristan Derème poète - Lucien Descaves écrivain et membre de l’Académie Goncourt (3) - Fernand Divoire écrivain belge - Georges Docquois poète et romancier (3) - Maurice Donnay auteur dramatique et poète (3) - Léo Errera botaniste belge - Paul Fiolle médecin et romancier - Maurice de Fleury psychiatre - Ernest Fornairon écrivain et poète -Louis Gastine, journaliste et romancier - Albert Gavy-Bélédin rédacteur de La Gerbe - Victor Glachant auteur - Fernand Gouyou, journaliste et écrivain, fondateur de la revue Nous d’Afrique créée à Alger - Pierre Grasset acteur et scénariste - Pascal Greppe homme de lettres - René Groos écrivain et journaliste - Etienne Grosclaude journaliste et humoriste - André Hallays, journaliste, écrivain et critique - Robert Havard de la Montagne journaliste et écrivain royaliste - Edouard Helsey journaliste - Léon Hennique romancier et scénariste, membre de l’Académie Goncourt - Marguerite Henry-Rosier romancière, poétesse et critique littéraire (5), relatif à la tentative d’annulation de la conférence à Dôle - Albert Paul Herrenschmidt écrivain - Eugène Hollande écrivain (3) - Georges Imann écrivain et journaliste - Henry de Jouvenel journaliste et sénateur - Paul Hymans ministre belge (2) - Dom Albert Jamet bénédictin (12) - Paul Labbé ethnologue - Philippe Lamour avocat et homme de lettres (3) - André Lang journaliste et dramaturge - Jacques Victor Richard de Laprade journaliste (3) - Raoul Laparra compositeur et pianiste - Evan de Lapeyrière artiste peintre - Louis Latzarius journaliste et romancier (2) - Henri Lavedan romancier et journaliste - Jacques Lemarchand Camelot du roi et écrivain - Pierre Loewel critique littéraire et journaliste - Joseph-Henri Louwyck écrivain (5) - Alexandre Macédonski homme de lettres et peintre, plaquette invitation exposition 1927 signée - André Mabille de Poncheville, écrivain et poète - Marie Anne Isabelle de Mac Mahon comtesse de Lur-Saluces, ligue d’Action française (3) - André Maginot ministre des Colonies - vicomte Henri de Marsay (4) - Jean Martet, poète et romancier, secrétaire de Georges Clemenceau (10) - Eugène Mathon industriel lainier - général Louis de Maud’huy (2) - Christian Melchior-Bonnet écrivain - Pierre Mercier, haut magistrat engagé dans la lutte contre l’exploitation humaine - Achille Mestre juriste - Victor-Emile Michelet poète ésotérique et dramaturge - Marcel Millet écrivain et poète libertaire - Henri comte de Miramon Fitzjames - Abel Moreau poète et romancier - Etienne Moussat écrivain (2) - Abbé Arthur Mugnier (11) - Bertrand de Mun homme d’affaires et homme politique (6) - Thérèse Bianchi comtesse Murat, salonnière et femme de lettres (10) - Pol Neveux écrivain et membre de l’Académie Goncourt - Gabriel Nigond écrivain (3) - Andes Osterling écrivain et poète suédois - Alys Martha Philpot traductrice et l’une des premières femmes éditrices à Londres (2) - René de Planhol journaliste et critique littéraire (3) - Henry Poidenot journaliste - Jeanne Marie Pouquet écrivaine et salonnière (6) - Albert Prouvost industriel roi de la laine à Roubaix (2) - Jean Rameau, romancier et poète
Estimation : 1 500 € ~ 2 500 €
Correspondances passives et notes de René Benjamin, 1919-1929

Lot de correspondances,...
Lot 29
Lot 30
Archives du château et domaine de Saché
46 L.A.S., 1908-1912, Auguste Lasseur, notaire à Azay-le-Rideau, adressées à Henri Lecoy, avoué à Saumur, et futur beau-père de René Benjamin, concernant l’achat du domaine de Saché
Petit registre manuscrit des recettes et dépenses, 1909-1924
Env. 85 documents manuscrits (correspondances, comptes, actes sousseings-privés et divers), 1920-1921, concernant la vente du domaine de Saché par Henri Lecoy et docteur André Gibotteau à Maurice Louis Suzor
Env. 90 documents manuscrits (correspondances, comptes, jugements et divers), 1922-1924, concernant la revente du domaine de Saché après décision judiciaire par MM. Lecoy et Gibotteau à Maurice Louis Suzor
Env. 20 clichés photograhiques anciens, formats divers, dont vues du château, mobilier et parc de Saché

La constellation balzacienne et tourangelle de René Benjamin : admiration, influence et dévotion matérielle

Lot de manuscrits, correspondances, éditions originales et divers

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La main de Balzac, une relique mémorielle
Moulage en plâtre de la main d’Honoré de Balzac, d’après le moulage en bronze exécuté le jour de la mort de Balzac par le sculpteur David d’Angers (le 18 août 1850), 21 x 14 cm.
Le tirage en bronze, qui a longtemps appartenu à l'écrivain George Bonnamour, a été offert par ce dernier en 1937 à la Société des Gens de Lettres. Il est aujourd'hui conservé au sein de l'Hôtel de Massa à Paris, siège de l'association dont Balzac fut le président.
Seulement 3 épreuves en plâtre tirées de ce même moulage original ont été exécutées et sont conservées au musée Rodin et musée de Saché, et la dernière dans la collection privée de René Benjamin au Manoir du Plessis.

La vie prodigieuse d’Honoré de Balzac
Brouillon manuscrit, 23 juin - 8 août 1925, avec ratures, corrections et ajouts, 454 pp. in-4
Brouillon manuscrit avec ratures et corrections de la préface pour Echantillon de causerie française publié en 1928 par Plon, 29 pp. in-4 + épreuves d’imprimeur
Parution dans la Revue Universelle, 6 numéros, du 15 juillet au 1er octobre 1925, avec ajouts de notes manuscrites sur feuillets volants in-12

La vie prodigieuse d’Honoré de Balzac
Paris, Librairie Plon, 1925
Edition originale sur papier du Japon
Exemplaire n°21
Reliure ½ basane moucheté à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées, signée Grégoire Levitzky
19 x 13 cm

La vie prodigieuse d’Honoré de Balzac
Paris, Librairie Plon, 1928
Edition originale de luxe
Broché, 28,5 x 23 cm
+ L.A.S., Lyon, 20 décembre 1928, Léon Schulz, peintre, graveur, illustrateur, aquarelliste et sculpteur

env. 185 L.A.S./P.A.S. reçues par René Benjamin, 1925-1927, remerciements et félicitations pour la parution et l’envoi du livre
Coupures de presse

Balzac, pièce en sept actes
Brouillon manuscrit, écrit en juillet et août 1934, avec ratures, corrections et ajouts, 140 pp. in-4
Manuscrit mis au propre avec ratures, 312 pp. in-4
Tapuscrit mis au propre par la maison Compère, avec ratures et ajouts manuscrits, 191 pp. in-4
+ dialogues tapuscrits répartis par personnages

Etc...

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Estimation : 5 000 € ~ 6 000 €
Archives du château et domaine de Saché
46 L.A.S., 1908-1912, Auguste...
Lot 30
Lot 31
Georges Courteline (1858-1929), romancier et dramaturge

Lot de 6 L.A.S./P.A.S. et 1 publication, dont :

P.A.S., Paris, s.d.
Mon cher Benjamin Je n’ai pu lire votre bouquin qu’avec beaucoup de retard, mais je tiens à vous dire, sans perdre une minute, tout le plaisir qu’il m’a donné. Votre Amadou est bien de vous car il ressemble à Gaspard comme un frère et les figures qui l’entourent sont de bien plaisants échantillons de la ridicule humanité ! C’est excellent..."

L.A.S., Paris, 27 janvier 1922
Vous êtes fou, mon cher Benjamin, d'écrire sur moi des choses pareilles, et plus encore, de ne pas me les donner à lire !... Si M. Guy de Pourtalès, de la Société Littéraire, ne m'eût demandé hier, par hasard, ce que je pensais de votre étude de la Revue Hebdomadaire, il est probable que, jamais, je n'aurais eu lieu d’en penser quelque chose et que vous auriez attendu pendant des jours et des semaines le plus petit mot de remerciement. Ca aurait été du joli !... Enfin, quitte pour la peur, je puis vous dire combien je vous suis reconnaissant d'une amitié si obstinément libérale, visiblement poursuivie de l'idée fixe de se rappeler toutes les cinq minutes à la mienne ! En vérité, si, comme vous le dites et comme je ne suis pas loin de le croire, je porte en moi un vague fond de misanthropie, je ne le dois pas à la sévérité que les bons hommes m'auront montrée ! Que d’écrivains, en effet, auront, comme moi, bénéficié de leur extraordinaire indulgence : votre article le prouve une fois de plus. Je vous remercie, pour commencer, autant de fois que pour finir : cela fait bien deux mille fois en tout. Ce n'est pas trop. (...)P.S. Il était écrit que nous devions entendre parler l'un de l'autre. J'ai rencontré Guy de Pourtalès en sortant de chez Flammarion où j'étais allé signer, à l'intention de quelques amis dont vous, bien entendu, des exemplaires d'un bouquin paru il y a quelques années et dont je publie une édition nouvelle, soigneusement revue et assez augmentée.

Le train de 8h47
Paris, Société littéraire de France, 1917
orné de bois gravés par Carlègle
23 x 15 cm
Edition originale sur vélin Lafuma, n°710/1200
Reliure demi-chagrin à coins, dos à 5 nerfs, lettres dorées, tête dorée
Envoi autographe signé
Bel exemplaire
Adjugé : 120 €
Georges Courteline (1858-1929), romancier et dramaturge

Lot de 6 L.A.S./P.A.S. et...
Lot 31
Lot 32
Bernard Grasset (1881-1955), l’éditeur-écrivain

Lot de 22 L.S./L.A.S., 1923-1942, adressées à René Benjamin, dont

L.S., Paris, 7 juin 1923 ; souhaite inclure l’auteur dans sa nouvelle collection littéraire créée en 1921 Les Cahiers verts
L.S., Paris, 29 août 1923 ; affaire contre le journal l’Intransigeant
L.S., Paris, 10 septembre 1923 ; le caractère pugnace et stratège de Bernard Grasset
L.S., Paris, 10 novembre 1923 ; longue lettre de Bernard Grasset détaillant son projet de créer Dimanche médical , un journal culturel et de divertissement conçu exclusivement pour les médecins. Le journal est pensé pour guider les praticiens, le dimanche (leur seul jour de repos potentiel), à travers les dernières nouveautés de la littérature, de la poésie et des arts. Dans les années 1920, Grasset, qui cherche de nouveaux débouchés pour stabiliser le modèle économique de sa maison d'édition, comprend que la haute littérature, notamment ses prestigieux Cahiers verts lancés en 1921, a besoin d'un public fidèle, cultivé et disposant d'un fort pouvoir d'achat. Ce nouveau journal sort en 1924.

6 L.S., Paris, 11 au 28 août 1928 ; Grasset souhaite lancer un projet éditorial populaire proposé à François Coty propriétaire du journal l’Ami du Peuple, l'idée de l'éditeur étant de détourner un fleuron de la culture populaire française, l'Image d'Epinal, pour en faire un outil de communication politique de masse à parution bimensuelle au sein du journal L'Ami du Peuple. Il ferait appel aux illustrateurs reconnus de l’époque : Hermann-Paul, Delaw, Guy Arnoux, Maxime Dethomas, Roger Chancel, associés à des textes de chansonniers montmartrois. L'éditeur comprend que pour toucher le public ouvrier et populaire ciblé par Coty, il faut utiliser la culture orale et l'humour satirique. Sa démarche est quasi-industrielle : il envoie ses collaborateurs au Théâtre de Dix Heures pour cartographier les forces en présence, acheter les répertoires et lier immédiatement l'illustration graphique à la chansonnette. C'est une vision pionnière de la communication multimédia (presse, image, musique).

L.S., Paris, 3 juillet 1941 ; témoignage sur la vie littéraire et intellectuelle française durant les "années noires"
L.S., Paris, 6 février 1942 ; témoignage plus intime de l’éditeur-écrivain

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Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
Bernard Grasset (1881-1955), l’éditeur-écrivain

Lot de 22 L.S./L.A.S., 1923-1942, adressées à...
Lot 32
Lot 34
Maurice Barrès (1862-1923), écrivain, figure de proue du nationalisme français

Réunion de correspondances, manuscrit, photographies, notes manuscrites, coupures de presse et divers

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6 L.A.S./P.A.S., 1921-1923, adressées à René Benjamin, dont :
L.A.S., Paris, 5 août 1923 ; longue lettre relative à la relecture du brouillon de la biographie de René Benjamin
Mon cher René Benjamin je pense que vous avez une seconde copie de ces feuillets. De là mon audace à y crayonner deux, trois annotations. Dans quelle gêne vous me mettez, dans quelle gêne je risque de vous placer ! Le tout pourtant aisé à concilier, si vous m’autorisez à parler sans détours, en paisible et amicale franchise. Et d’abord merci de toute la sympathie qu’avec votre extraordinaire verve et ce génie du mouvement vous me témoignez. Je comprends bien ce que vous avez voulu faire. Avec la liberté d’un Aristophane, vous étant composé d’une certaine idée d’un certain personnage, vous le mettez librement en verve et vous placez l’accent à votre convenance, car l’art est une caricature. Votre liberté apparait avec évidence, quand vous me montrez seul chez moi, et même chez moi la nuit, ou quand vous peignez un congrès de Versailles, une séance de la Chambre dont les traits sont évidemment simplifiés, ramassés, synthétisés. Là il saute aux yeux que vous créez un schéma, où vous usez les outrances dont il est admis qu’un libre écrivain fait son ordinaire avec les hommes publics. Le premier épisode pose une question plus délicate. Là on peut croire que c’est une interview. Vous mettez dans ma bouche des propos qu’il faut que je vous demande de supprimer. Je m’excuse de cet ennui, et je réduis autant que je peux mes demandes. Mais en voici l’esprit A/ j’aime Millerand et je suis fier de la part que j’ai eue auprès de lui à l’œuvre de réconciliation nationale qu’il préside et dont notre liste (aux dernières élections) a été le premier type ( ) Quant à Albert de Mun, qui est mort ( ) je l’aimais, j’admirais et respectais cette sorte de sureté et de noblesse qu’il y avait dans son attitude et dans sa pensée, cet élan et cette grâce joyeuse. J’ai analysé tout cela jadis par écrit et je vous le commenterai de vive voix.
B/ il est absolument impossible que je me donne l’apparence de bafouer les électeurs et mes compagnons de liste. A quoi cela rime-t-il ? Nous nous entendons parfaitement les uns et les autres. Et cette entente est une des satisfactions les plus claires de ma vie. Je suis fort reconnaissant à mes électeurs, qui après vingt années de mandat de ce qu’ils me permettent de servir selon mes forces mon pays et d’exprimer mes idées. ( ) Je vous demande, mon cher Benjamin, de modifier les plus graves de ces malentendus et de supprimer ce que je marque d’un déléatur. Je suis contrarié, mais si vous me communiquez ce papier, c’est bien que j’en aie un avis, et je réduis au minimum ma réclamation parce que j’ai le respect de votre temps, de votre travail, de votre talent, de votre amitié que je redoute de froisser...

2 vues de Maurice Barrès au cimetière militaire à Mesnil dans les Vosges le 28 août 1917, 12 x 9 cm
3 clichés photographiques du masque mortuaire de Maurice Barrès, 16,5 x 12 cm

Le Soliloque de Maurice Barrès, paru chez Fayard en 1924
Second manuscrit corrigé pour la publication en volume, décembre 1923, avec un lecteur ajouté , brouillon manuscrit avec ratures et ajouts, 82 pp. in-8
Epreuves d’imprimeur avec corrections manuscrites, 113 pp. in-8

Le Soliloque de Maurice Barrès
Paris, Arthème Fayard & Cie, 1924
Edition originale sur papier pur Lin Outhenin-Chalandre
Broché, 20,5 x 13 cm (rousseurs)
Ex. H.C. n°VIII/XXV
Envoi autographe signé de René Benjamin à sa mère

Etc...

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Adjugé : 500 €
Maurice Barrès (1862-1923), écrivain, figure de proue du nationalisme français

Réunion...
Lot 34
Lot 36
Maurice Barrès (1862-1923), écrivain

Réunion de 9 publications, en majorité avec envois autographes signés

Scènes et doctrines du nationalisme
Paris, Librairie Félix Juven, 1902
19 x 13 cm, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
Envoi autographe signé

Le roman de l’énergie nationale Leurs figures
Paris, Emile-Paul éditeurs, 1903
19 x 13 cm, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées, signée Grégoire Lévitzky
Envoi autographe signé

Le bi-centenaire de Jean-Jacques Rousseau
Paris, Editions de l’Indépendance, 1912
Edition originale sur vélin blanc du Marais
Broché, 16,5 x 13 cm
Ex. n°288

Dans le cloaque
Paris, Emile-Paul éditeurs, 1914
Edition originale, ex. tirée spécialement pour l’auteur
19 x 13 cm, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
Envoi autographe signé

Les amitiés françaises, notes sur l’acquisition par un petit Lorrain des sentiments qui donnent un prix à la vie
Ill. de bois gravés par Achille Ouvré
Paris, Société littéraire de France, 1919
Edition originale sur vélin de Lafuma
22,5 x 15 cm, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
Ex. n°142
Envoi autographe signé

Colette Baudoche
Paris, Georges Crès et Cie, 1918
Edition originale sur Arches
19,5 x 13 cm, reliure demi-chagrin rouge à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
Ex. n°504
Envoi autographe signé

Une enquête aux pays du Levant
Paris, Librairie Plon, 1923
2 tomes en deux volumes
Edition originale
19 x 13,5 cm, relure demi-chagrin rouge à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées, signée Grégoire Levitzky
Envoi autographe signé de Philippe Barrès

Dante, Pascal et Renan
Paris, Librairie Plon, 1923
Edition originale
Broché, 15,5 x 11 cm
Envoi autographe signé

Etc...

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Adjugé : 1 200 €
Maurice Barrès (1862-1923), écrivain 

Réunion de 9 publications, en majorité...
Lot 36
Lot 37
Georges Goursat dit Sem (1863-1934), illustrateur, affichiste et caricaturiste

Lot de 3 P.A.S. (pneumatiques), 1923, adressées à René Benjamin

Remerciements adressés à René Benjamin pour son article paru dans Le Journal le 7 juillet 1923 titré La Ronde de Nuit au sujet de la publication de l’album intitulé La Ronde de nuit, qui regroupe les planches caricaturales de Sem sur la vie nocturne parisienne et les mondanités de l'époque (notamment à Deauville et dans les grands restaurants comme Maxim's). Benjamin décrit Sem non comme un simple humoriste, mais comme un témoin implacable et explique comment Sem « déshabille » les êtres sous le faste de leurs habits de soirée. Un véritable soutien précieux que Sem apprécie, à un moment où il n’est pas épargné par la critique qui le blesse.

P.A.S., Paris, 7 juillet 1923
Mon cher Benjamin l’article a paru ce matin. Enfin, mais réduit avec ces procès et ces crimes en vogue et les événements j’ai craint qu’il ne soit encore retardé, la place manquant. Alors avec Descaves nous avons décidé de sacrifier le prélude et un peu de la fin (...) J’ai fait aussi une petite modification car j’ai déjà publié en 1918 ou 19 un premier livre : Un Pékin sur le pont dont j’ai oublié de vous parler et qui fut tiré à 18 mille exemplaires. La ronde de la Nuit n’est donc pas mon premier bouquin, mais le second. Nous avons beaucoup hésité Descaves et moi à faire le sacrifice de ce texte du début qui me vengeait par avance du mépris de la plupart des critiques. Un, ce matin, accorde que je suis un reporter amusant et il a l’intention d’être très aimable. Mais votre chaude sympathie me console. J’espère cher ami que vous jugerez convenable comme moi la liberté prise de tronquer votre texte (...) Je serais si désolé de vous avoir déplu. Nous avons une chaleur accablante. Je suis souffrant avec ce gros furoncle au bras et un abcès à l’oeil, une grave inflammation qui m’afflige et m’inquiète beaucoup. J’ai de la peine à écrire...

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Estimation : 150 € ~ 300 €
Georges Goursat dit Sem (1863-1934), illustrateur, affichiste et caricaturiste

Lot de...
Lot 37
Lot 38
Paul Bourget (1852-1935) écrivain et essayiste, académicien

Lot de correspondances, médaille et 2 publications

9 L.A.S./P.A.S., 1915-1926, adressées à René Benjamin, dont :

L.A.S., Royat, 21 juillet 1917 ; belle lettre de rapport de filiation littéraire

L.A.S., Le Plantier de Costebelle, Hyères, 10 janvier 1920 ; autre lettre du mentor, inquiet, demandant à Benjamin de ne pas faire de la satire politique au jour le jour, mais de transformer ses cibles en types sociologiques, comme Balzac l'a fait avec la Comédie Humaine.
Au moment même où je recevais votre lettre, mon cher confrère, je lisais dans l’Action française une page de vous extrait de l’Eclair sur la campagne sénatoriale d’un de nos pires politiciens et je pensais : voilà en effet un don de peinture à la St Simon mais St Simon avait devant lui comme modèle le Roi et les grands seigneurs, tout un groupe social qui représentait la haute ère française et donc par conséquent les personnalités si médiocres fussent-elles, avaient une signification importante. Au lieu que des modèles comme l’ignoble individu montré là sont des avortements intéressants uniquement pour les causes. Voilà ce qu’a compris Balzac. Il a vu que le cloporte humain n’a de valeur d’art que rattaché à des séries dont il résume les tares, elles-mêmes manifestes par quelque grande loi sociale. Vouloir peindre la vie directement, quand elle est par trop médiocre, c’est préparer des donjons pour un futur historien des moeurs. Ce n’est pas faire oeuvre d’artiste pleinement. Voilà l’objection que je vous soumets inquiet, pourquoi vous le cacher ! de la direction que vous donnez à votre rare talent (...) Excusez mes observations. La voie de chacun lui est indiquée par un génie intérieur qui n’a pas besoin de conseils. Ne voyez dans les miens que l’intérêt intellectuel que vous porte votre aîné devoir.

L.A.S., Paris, 4 décembre 1924 ; René Benjamin est reconnu comme le porte-étendard de l’héritage intellectuel de la doctrine de Paul Bourget

Paul Bourget
Le Tapin
Paris, Librairie Plon, 1928
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Remise à Paul Bourget dans la maison de Balzac d’une médaille commémorative pour le cinquantenaire de ses débuts dans les lettres le 15 décembre 1923
Paris, Librairie Plon-Nourrit, 1924
Broché, 20 x 12,5 cm

Paul Roussel
PAUL BOURGET sur l’avers
A Paul Bourget qui depuis cinquante ans sert et honore les lettres françaises. Ses admirateurs et amis

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Plaque commémorative en bronze, 1923, pour célébrer son jubilé littéraire, 8 x 6,5 cm
Adjugé : 480 €
Paul Bourget (1852-1935) écrivain et essayiste, académicien

Lot de correspondances, médaille...
Lot 38
Lot 39
René Benjamin et l’art oratoire, une activité passionnée et lucrative

Lot de manuscrits, correspondances, publications et divers

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L’Université des Annales et ses conférences
Fondée en 1907 par Madeleine-Yvonne Sarcey-Brisson, l'Université des Annales (installée rue Saint-Georges à Paris) est devenue l'un des centres de la vie mondaine et intellectuelle les plus courus de la capitale, connaissant son apogée dans les années 1920 et 1930. On y parlait de littérature, de théâtre, d'histoire et de poésie devant un public composé de la société élégante parisienne et restant majoritairement féminin. Pour les femmes de l'époque (notamment la première génération à avoir eu accès aux lycées de jeunes filles), c’était un moyen privilégié de continuer à s'éduquer tout en participant à une activité sociale très en vue.
Pour faire rayonner ces conférences au-delà de Paris, la famille Brisson s'appuyait sur un empire de presse : Adolphe Brisson (le père) dirigeait la revue familiale élargie, Les Annales politiques et littéraires, jusqu’à sa mort en 1925. Madeleine-Yvonne Sarcey sa femme gérait d’une main de fer l'Université des Annales et les cycles de conférences. A la mort de son père en 1925, Pierre Brisson a épaulé sa mère en prenant la direction des Annales avant de devenir, quelques années plus tard, le grand patron du journal Le Figaro.
Ne se contentant pas des salons parisiens ou de l'Université des Annales, René Benjamin a magistralement exploité le réseau très dense des Sociétés de géographie commerciale, mieux implantés en provinces (Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, etc.), des cercles attirant la haute bourgeoisie, les grands négociants, notables et officiers.

97 L.A.S./P.A.S., 1921-1948, Adolphe Brisson, Madeleine-Yvonne Sarcey-Brisson, adressées à René Benjamin
21 numéros de Conferencia, journal de l’université des Annales, 1922-1934, chacun contenant une conférence de René Benjamin
Notes manuscrites sur feuillets volants de René Benjamin sur la tenue de ses conférences, listes de ses contacts, de ses déplacements, des sujets à traiter, etc...
Plusieurs dossiers de correspondances passives pour demandes de conférences et remerciements, tracts et programmes d’annonces, affiche, coupures de presse, etc...
Brouillons manuscrits de conférences : Aux étudiants de lettres, Allemagne-Italie-Espagne, 2 avril 1938, 4 pp. in-4 ; Des raisons poétiques que nous avons d’aimer la Grande-Bretagne, chez le marquis de Castellane, 29 mai 1923, 5 pp. in-4 ; Notre belle amitié franco-anglaise devant le monde en 1938, Anglo-French Society à Birmingham, 9 juillet 1938, 10 pp. in-8
Incidents lors de la conférence à Loches en novembre 1926, récit tapuscrit paru dans le Réveil Lochois, 15 pp. in-4
7 clichés photographiques de René Benjamin en conférence

Dossier de l’affaire de la conférence de Nevers et l’arrêt du Conseil d’Etat dit Benjamin, 1930-1936, dont :
Copie manuscrite de l’arrêt municipal du 11 mars 1930 interdisant la tenue de la conférence
Coupures de presse
Correspondances reçues et échangées notamment avec le docteur Subert, président du syndicat d’initiative de Nevers, et André Morillot avocat au Conseil d’Etat, 1930-1936
Notes manuscrites et brouillons de lettres écrits par René Benjamin
Tract de la section d’Action Française de Nevers « Périn démasqué (ou une vilaine histoire )
Interdiction de la conférence de René Benjamin organisée à Orléans le 1er décembre 1930
Copie tapuscrite de la plaidoirie de Me Morillot tenue le 19 mai 1933
L.A.S., La Charité, 13 mars 1930, Léon Riboud, membre de la section de l’Action Française de la Charité

Agression de Grenoble, 15 décembre 1933
Coupures de presse
Notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants in-8
L.S., Paris, 6 janvier 1934, Camille Chautemps, président du Conseil et ministre de l’Intérieur

+ de 26 dossiers de documentation constitués par René benjamin pour chacune de ses conférences dont
L’art de la conférence, Notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants
Aristophane (1925 et 1942), Coupures de presse, articles, plan de la conférence, notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants
Les Mémoires d’Outre-Tombe de Chateaubriand (1933), Coupures de presse, correspondances, articles, plan de la conférence, notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants

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Adjugé : 1 000 €
René Benjamin et l’art oratoire, une activité passionnée et lucrative

Lot...
Lot 39
Lot 41
L’Académie de la Robertsau et le malaise alsacien, 1926

Lot de correspondances, brouillon manuscrit, publications, coupures de presse, et divers

Programme du séjour des amis de la Robertsau, 2 au 8 juillet 1926 au château de Pourtalès, Strasbourg, 4 cartes postales semi modernes du château, invitation de la marquise de Loÿs Chandieu
4 L.A.S./P.A.S., 1926-1929, Agnès de Pourtalès marquis de Loÿs-Chandieu
Carnet de poche, 15 x 10 cm, env. 100 ff., contenant les notes manuscrites au crayon de bois de René Benjamin, les échanges et propos tenus par les intervenants et invités durant les 7 jours de conférence
Brouillon manuscrit, env. 32 pp. in-8, du plan et éléments de la conférence tenue par René Benjamin : la langue, le peuple, la religion, les écoles, etc
Compte-rendu des séances, tapuscrit in-4, 40 pp.
Coupures de presse et publications, dont : Où va l’Alsace ? par Louis Forcheron, Revue fédéraliste, juillet 1926 ; Pour une solution politique du Problème alsacien, par Raymond Postal, Revue universelle, 15 avril 1926 ; Devoirs des catholiques de France envers leurs frères des provinces recouvrées, par Mgr Charles Ruch, Revue Notre Droit, février 1926 ; La situation en Alsace et en Lorraine, par jules-Albert Jaeger, revue L’Alsace-Lorraine n°32 du 7 août 1926
2 L.A.S., 2 et 4 juillet 1936, René Benjamin adressée à son épouse
L.A.S., s.d., Constantin Photadiès écrivain grec , participant au séjour
La Robertsau, chez la marquise de Loys-Chandrin, 1-8 juillet 1926 , tirage photographique, 21 x 28 cm, cntrecollé sur carton fort, avec ajout manuscrit des noms des participants
L.A.S., 6 juillet 1926, Lucien Aaron dit Georges Delahache, homme de lettres, directeur d’archiviste à Strasbourg, au sujet de l’enseignement du français en Alsace + La réadaptation de l’Alsace, par Georges Delahache, La Revue de Paris, 1925
L.A.S., La Robertsau, Strasbourg, s.d. [juillet 1926], Jeanne Marie Pouquet veuve de Cavaillet, salonnière réputée et amie de la marquise de Loÿs-Chandelieu

Georges Roux
Divorce de l’Alsace ?
Paris, Nrf, Gallimard, 1929
Broché, 17 x 11 cm
Edition originale sur vélin pur fil Lafuma-Navarre

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Envoi autographe signé
Adjugé : 800 €
L’Académie de la Robertsau et le malaise alsacien, 1926

Lot de...
Lot 41
Lot 44
La vocation théâtrale de René Benjamin : de l'observation à la scène

Lot de manuscrits, notes, correspondances, éditions originales et divers

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Le Médecin malade, comédie en quatre actes (1920)
Brouillon manuscrit sur feuillets volants, + de 110 pp. in-12 et in-8
Notes manuscrites sur feuillets volants

L’Ecole du bobard, comédie en quatre actes (1921)
Brouillon manuscrit avec ratures, corrections et ajouts, + de 50 pp. in-4
Tapuscrits avec corrections manuscrites, + de 100 pp. in-4

Les plaisirs du hasard, comédie en quatre actes (1922)
Affiche
Coupures de presse
+ de 75 L.A.S./P.A.S., 1922-1925, adressées à René Benjamin
Programme du théâtre du Marais, saison 1924-1925

Les plaisirs du hasard, comédie en quatre actes
Paris, Editions de la nouvelle revue française, 1922
Relié ½ chagrin à coins, dos à 5 nerfs, lettres et tête dorées, 16 x 10 cm
Envoi autographe signé de l’auteur

Il faut que chacun soit à sa place, comédie en trois actes (1924)
Brouillon manuscrit, novembre 1921-décembre 1923, avec ratures et corrections de René Benjamin et Jacques copeau , 220 pp. in-4

Il faut que chacun soit à sa place, comédie en trois actes
Paris, Editions de la nouvelle revue française, 1924
Edition originale sur papier pur fil Lafuma, n°1 tête de série
Relié ½ chagrin à coins, dos à 5 nerfs, lettres et tête dorées, 16 x 10 cm

Paris, pièce en deux actes et huit tableaux (1932), et adaptation cinématographique (1937)
Pièce de théâtre (1931-1932)
Brouillon manuscrit/tapuscrit avec corrections et ratures, janvier 1930-août 1931, 280 pp. in-4
Notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants, + de 40 pp. in-8, relatant le déroulé de la préparation et des répétitions, 1931-1932
2 brochures du programme de la pièce, affichette
11 clichés photographiques signés par Henri Manuel des scènes de la représentation au théâtre de la porte Saint-Martin
Coupures de presse
+ de 110 L.A.S./P.A.S., 1931-1932, adressées à René Benjamin

Le film (1936-1937)
Tapuscrit des dialogues (en partie)
Affichette
Correspondances passives dont plusieurs lettres de l’actrice Paulette Fordyce
Cliché photographique argentique, Harry Baur et René Benjamin en répétition, 16 x 22 cm

Monsieur Fritz Franz Neumann, comédie en quatre actes (1934)
Brouillon manuscrit, juillet-septembre 1932, avec ratures et corrections, 246 pp. in-4
Affiche de la pièce
Env. 70 L.A.S./P.A.S., 1933-1934 dont plusieurs lettres de René Reding directeur du théâtre royal du Parc de Bruxelles qui souhaite faire jouer la pièce, et L.A.S. signée des deux principaux comédiens de la pièce Aimé Clariond et Délia Col
Coupures de presse

Girouette, comédie en quatre actes (1935)
Brouillon manuscrit, octobre 1933-juin 1934, avec ratures et corrections, 315 pp. in-4 ; initialement la pièce portait comme titre : Le dernier homme libre , puis Le bel âge
Tapuscrit in-4 mis au propre par la maison Compère, avec corrections manuscrites
4 tirages photographiques argentiques de la pièce, 18 x 24 cm
45 L.A.S./P.A.S./L.S., 1934-1935, dont Saturnin Fabre acteur, Paulette Fordyce actrice, Lucien Lallemand acteur, etc
Coupures de presse, notes manuscrites de René Benjamin

Etc...

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Estimation : 1 500 € ~ 2 500 €
La vocation théâtrale de René Benjamin : de l'observation à...
Lot 44
Lot 45
Jacques Copeau (1888-1949), critique, metteur en scène et directeur de théâtre

Important dossier contenant correspondances, photographies, publications et coupures de presse

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Rare échange épistolaire, 59 L.A.S./P.A.S., 1920-1946, Jacques Copeau adressées à René Benjamin, et 43 L.A.S./P.A.S., 1921-1947, de René Benjamin en réponse, dont :
L.A.S., Paris, Le Vieux-Colombier, 4 mai 1920 ; les premiers conseils inculqués à René Benjamin
L.A.S., Paris, Le Vieux-Colombier, 2 février 1921 ; lecture du manuscrit Les Plaisirs du Hasard
L.A.S., Givry (Yonne), 27 août 1923; longue et intéressante lettre qui dévoile la méthode Copeau, qui ne prend pas de gants, pour critiquer le manuscrit d’une nouvelle pièce (La Démocratie) écrite par René Benjamin, qu’il souhaiterait proposer à Jules Delacre, secrétaire général du théâtre du Marais à Bruxelles ; en véritable mentor, Copeau reproche à Benjamin de faire du dialogue purement littéraire (« Littérature de comédie ! ») au lieu de créer des situations dramatiques. Il cite Flaubert pour souligner que le théâtre doit « voir juste », c'est-à-dire être visuel et organique. Il réécrit presque la pièce pour Benjamin, suggérant de fusionner des personnages, d'unifier le lieu (la règle des trois unités n'est pas loin) et d'injecter du "muscle" dans l'intrigue. Ce précieux échange épistolaire montre comment Copeau, par son exigence parfois tyrannique mais toujours fraternelle, a poussé les auteurs de son temps à dépasser le simple divertissement pour atteindre une forme de vérité théâtrale.
L.A.S., Bruxelles, 6 décembre 1923, René Benjamin affecté par le décès de Maurice Barrès
L.A.S., 12 janvier 1924 ; Copeau, épuisé par la gestion quotidienne de son théâtre, décide de fermer le Vieux Colombier à Paris pour entamer l'aventure des "Copiaus" en Bourgogne
L.A.S., Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), 2 janvier 1926 ; longue lettre de Copeau dans laquelle il se livre à cœur ouvert sur sa rupture avec Paris, sa quête de solitude en Bourgogne (à Pernand-Vergelesses) et le sens quasi religieux qu'il donne désormais à sa vie et à son œuvre

Bataille pour la succession à la tête de la Comédie-Française
L.A.S., Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), 20 juillet 1929
L.A.S., Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), 8 novembre 1929 ; Copeau analyse l’échec de sa tentative de prendre la direction de la Comédie-Française

L.A.S., Paris, 14 octobre 1936 ; René Benjamin vient de lui soumettre une pièce sur Balzac, Copeau lui adresse une critique sans ambage, non seulement sur l'œuvre, mais sur la capacité même du théâtre à traiter la vie des grands hommes
L.A.S., Pernand-Vergelesses, 18 mars 1945 ; belle lettre qui confronte deux points de vue idéologiques divergents, Copeau cherchant à déconstruire les préjugés de Benjamin
L.A.S., clinique Saint Grégoire, Saint Symphorien, 1er avril 1945, René Benjamin interné ; lettre très émouvante de l’hommage du père à son fils disparu

Notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants in-8 et coupures de presse réunis de façon chronologique, relatant la carrière et la personnalité de Jacques Copeau, les conférences et écrits de Benjamin sur Copeau, 1921-1941

Documentations conçues par le théâtre du Vieux-Colombier, 1920-1925 :
Les Cahiers du Vieux-Colombier, n°1 novembre 1920 l’école du Vieux-Colombier , et n°2 novembre 1921 Les amis du Vieux-Colombier , 49 et 41 pp. in-12
Le Vieux-Colombier, programme n°12, 19 avril 1922, br. 56 pp. br. in-8
Le Vieux-Colombier, programme n°4, 23 octobre 1922, br. 56 pp. br. in-8
Le Vieux-Colombier, saison 1922-1923, 16 pp. et saison 1923-1924, 20 pp.
Le Vieux-Colombier, présentation, programme saison 1923-1924, 56 pp.
Théâtre du Vieux-Colombier, saison 1924-1925, sous la direction de Jean Tedesco, 12 pp.
Les Compagnons de Notre-Dame, au théâtre du Vieux-Colombier, 1924

L’affaire Emile Fabre et la direction de la Comédie Française, 1929, correspondances et coupures de presse

La Compagnie des Quinze (auparavant les Copiaus), dirigée par Michel Saint-Denis, neveu de Jean Copeau, installée au théâtre du Vieux-Colombier, dont :
La Compagnie des Quinze, saison théâtrale janvier-avril 1931, brochure in-8
Lanceurs de graines, 3 actes de Giono, joué par la Compagnie des Quinze au théâtre Montmartre, prospectus
La Compagnie des Quinze, présentation, février 1933, brochure in-8
Notes manucrites de René Benjamin sur feuillets volants in-8 et coupures de presse
L.A.S., 5 avril 1932, Michel Saint-Denis, fondateur de la Compagnie et neveu de Copeau

Etc...

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Adjugé : 3 000 €
Jacques Copeau (1888-1949), critique, metteur en scène et directeur de...
Lot 45
Lot 46
André Antoine (1858-1943), comédien, metteur en scène, directeur de théâtre, réalisateur et critique dramatique

Lot de correspondances et 4 publications

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24 L.A.S./P.A.S., 1915-1942, adressées à René Benjamin, dont :
L.S., Paris, 17 novembre 1915 ; demande d’écrire une saynète d’après Gaspard pour être jouée à Londres
L.S., Paris, 13 juillet 1922, au sujet de la réorganisation de la revue Comoedia
L.S., Camaret-sur-Mer, 5 août 1929 ; longue lettre exceptionnelle dans laquelle André Antoine détaille avec une grande amertume les dessous des cartes de son éviction de la direction du théâtre Pigalle financé par le baron Henri de Rothschild
L.S., Paris, 28 novembre 1935 ; au sujet de la pièce Balzac écrite par René Benjamin
L.A.S., Le Pouliguen, 26 décembre 1941 ; un témoignage poignant d’un artiste démuni et isolé dans la zone interdite occupée

Le Triomphe d’Antoine, Plaquette, in-4, abondamment illustrée, du Gala de bienfaisance organisé à la Comédie-Française le 10 mai 1941, avec belle dédicace autographe signée de Sacha Guitry ; Sur la couverture illustrée par André Dignimont, envoi autographe signé en haut à gauche d’André Antoine, directeur de théâtre et critique dramatique

Le Théâtre Libre
mai 1890
Broché, 20 x 15 cm
Edition originale
Envoi autographe signé

Mes souvenirs sur le Théâtre-Libre
Paris, Arthèle Fayard & Cie, 1921
Broché, 19 x 12 cm
Edition originale
Envoi autographe signé

Mes souvenirs sur le théâtre Antoine et sur l’Odéon
Paris, Bernard Grasset, 1928
Broché, 19 x 12 cm
Edition originale sur pur fil Montgolfier
n°II, envoi autographe signé

René Benjamin scrutateur et admirateur de la personnalité d’André Antoine
Antoine - Mémoires/Souvenirs, brouillon manuscrit, 15 pp. in-4, avec ratures, corrections et ajouts
+ de 100 pp. de notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants in-12 et in-8 : notes biographiques sur l’époque du théâtre libre et à l’Odéon, et sur Antoine contemporain
Dimanche 24 juin 1928 ; Antoine a 70 ans et travaille alors principalement comme critique dramatique mais le projet de prendre la direction d’un nouveau théâtre le ravive, celui du futur Théâtre Pigalle, qui sera inauguré en juin 1929 rue de La Rochefoucauld, surnommé à l'époque « le temple du théâtre », financé par la famille de Rothschild ; coulisses de la création de ce nouveau théâtre

Etc...

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Adjugé : 2 000 €
André Antoine (1858-1943), comédien, metteur en scène, directeur de théâtre,...
Lot 46
Lot 47
René Benjamin, le monde du théâtre et du cinéma

Réunion de correspondances, programmes, photographies et publictions

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Lot de + de 200 L.A.S./P.A.S. et L.S. d’artistes et de directeurs de théâtre, 1919-1950, dont :
P.A.S., avec enveloppe, Paris, 14 novembre 1940, Maurice Chevalier, chanteur, acteur et parolier
L.A.S. Yvette Guilbert chanteuse de café-concert, parolière, actrice
2 L.A.S. et 4 cartes-photos avec envois autographes signés Mary Marquet actrice, sociétaire à la Comédie-Française ; initialement prévue pour jouer le rôle de Mme Hanska dans la pièce de Balzac (1936), qu’elle va finalement refuser, et longue lettre expliquant le vote du comité des sociétaires pour jouer soit la pièce de Luc Durtain « Le mari Singulier » qui remporte la majorité des votes, soit Balzac la pièce de René Benjamin
5 L.A.S./P.A.S., 1927-1932, Henry Bernstein, dramaturge du théâtre de boulevard
34 L.A.S./P.A.S., 1924-1950, René Fauchois, écrivain, dramaturge et acteur de théâtre
2 L.A.S., Pontoise, avril 1944, Jacques Reynaud poète, dramaturge et directeur de troupe de théâtre, figure clé du renouveau du théâtre chrétien et spirituel, au tournant de la Libération (1944 1945), fonde et dirige l'Association des Spectacles de l'Arbre (souvent appelée la Compagnie de l'Arbre) + Note sur un projet de théâtre, tapuscrit 4 pp. in-4
12 L.A.S./P.A.S., 1940-1942, Max Maurey auteur dramatique et directeur de théâtre, d’origine juive, concernant sa déchéance de nationalité par le régime de Vichy à l’été 1940
+ lettres de ses avocats
7 L.A.S./P.A.S., 1916-1934, Léon Bernard acteur et société de la Comédie française
+ faire-part de décès, coupures de presse, 3 clichés photographiques dont 2 avec envois autographes signés, 1917-1918
P.A.S., 5 décembre 1925, Tristan Derème poète qui a écrit et signé un texte en vers sur un menu, rendant hommage à Léon Bernard
10 L.A.S./P.A.S., 1922-1941, Léon Chancerel, auteur, acteur et metteur en scène, élève de Jacques Copeau au Théâtre du Vieux Colombier à Paris puis au sein des Copiaus en Bourgogne
2 L.A.S. Béatrix Dussane actrice, sociétaire à la Comédie-Française
7 L.A.S., P.A.S. et L.S. Emile Fabre auteur dramatique et administrateur de la Comédie-Française de 1915 à 1936, concernant notamment le refus par le comité des sociétaires de jouer la pièce écrite par René Benjamin « Balzac » en raison non pas de la pièce elle-même mais de son auteur perçu comme un auteur polémique, dont les engagements politiques à droite et les critiques acerbes contre les institutions (comme la Sorbonne ou la magistrature) lui avaient attiré de nombreuses inimitiés dans le milieu intellectuel parisien
5 L.A.S./P.A.S., 1925-1942, Lucien Callamand, acteur
4 L.A.S. et L.S. Matei Roussou directeur de la revue Choses de Théâtre ; Dont longue lettre défendant la sortie du premier numéro de sa revue contenant une critique de la pièce de René Benjamin ; et L.A.S. dans laquelle il le sollicite
16 L.A.S., 1924-1936, Georges Chaperot, scénariste, coauteur du scénario du film la Cage aux Rossignols (1945) nommé aux Oscars de 1948, et repris en 2004 par Christophe Baratier sous le titre Les Choristes
Brouillon manuscrit au sujet de la direction et gestion de la Comédie Française, et la nomination d’Emile Fabre et 7 L.A.S./P.A.S., 1922-1934, Lugné-Poe, acteur, metteur en scène et fondateur du théâtre de l’Oeuvre
12 plaquettes-programmes de théâtres parisiens : porte Saint-Martin 1931-1932 et 1932-1933 ; du Châtelet 1931-1932 ; théâtre Michel ; théâtre de Paris 1931-1932 ; des Bouffes-Parisiens 1933-1934 ; Comédie des Champs-Elysées 1924-1925 et 1936-1937 ; Comédie Française : L’école des maris, 1936 L’Avare et Poil de carotte, 1929 ; La petite Scène 1931-1932 ; théâtre de l’œuvre (couverture par Kees Van Dongen)
Dossier titré Le théâtre à Paris - Sa misère et ses espoirs , contenant notes manuscrites sur feuillets volants in-12 et in-8 de René benjamin, coupures de presse, sur Lugné-Poé, Herbétot, Dullin

Etc...

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Adjugé : 2 500 €
René Benjamin, le monde du théâtre et du cinéma

Réunion de...
Lot 47
Lot 50
Georges Clemenceau (1841-1929), le crépuscule d’un Tigre , 1925-1936

Lot de manuscrits, correspondances, notes manuscrites, coupures de presse, photographies

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2 carnets de poche, 15 x 10 cm, 132 ff., contenant les notes manuscrites au crayon bois de René Benjamin, y restituant les paroles et confidences de Georges Clemenceau au cours de ses deux visites en 1925
Clemenceau, brouillon manuscrit de la conférence rédigée par René Benjamin, avec ratures et corrections, + de 35 pp. in-4
Notes manuscrites sur feuillets volants, + de 20 pp. in-8 et in-12, écrites par René Benjamin lors de ses entretiens avec le vieux Tigre , 1927-1929, témoignages émouvants des derniers instants, dont
21 avril 1929, 5 pp. in-8 ; on découvre un Clemenceau toujours aussi combatif, particulièrement virulent à l'égard du Maréchal Foch (décédé un mois plus tôt, en mars 1929) son obsession de la fin de vie, son humour provocateur sur le peuple Juif
Octobre 1929, 1 page in-8 ; décrit l'agonie imminente de Clemenceau (il mourra le 24 novembre) avec un mélange de précision médicale brutale et d'humour noir décapant, fidèle à son personnage jusqu'au bout

4 L.A.S./P.A.S., 1929, Charles Pons secrétaire de rédaction au quotidien l’Eclair, concernant l’organisation d’une visite avec René Benjamin en Vendée en la maison de campagne de Clemenceau
L.A.S., Lyon, 7 avril, 1930, Jean-Baptiste Tournassoud, photographe et ami intime de Clemenceau, ancien directeur du Service Photographique des Armées (SPA), qui a suivi le "Tigre" sur le front pendant la Grande Guerre
5 clichés héliogravures signés et datés à la main par Jean-Baptiste Tournassoud, 23 x 19 cm : le calot de la victoire ; Clothilde sa cuisinière à Bel-Esbat (Vendée) ; portrait de Clothilde sa cuisinière ; et 3 portraits de Clemenceau, 49 x 39 cm (roulés)
2 vues de la maison à de Bel-Esbat à Saint Vincent-sur-Jard (Vendée)

Clemenceau dans la retraite, paru chez Plon en 1930
Brouillon tapuscrit, 1927, avec corrections, ratures et ajouts manuscrits, 113 pp. in-4
Brouillon manuscrit, décembre 1929, avec corrections, ratures et ajouts , 144 pp. in-4
1ère épreuve d’imprimeur (Plon), janvier 1930, avec corrections manuscrites, 252 pp. in-8
L.A.S., 23 novembre 1929 (jour du décès de Clemenceau), Albert Pigasse, fondateur de la librairie des Champs-Elysées, qui devait être initialement la maison d’édition à publier le manuscrit, remplacée par la librairie Plon
L.A.S., 11 décembre 1929, Nantes, Georges Fiedler délégué régional de l’Action française pour la Loire-Inférieure ; anecdotes d’enfance de Clemenceau et sur sa famille recueillies oralement à Nantes

Correspondance passive reçue après l’envoi du livre, + de 135 L.A.S./P.A.S., dont :
Camille Bellaigue critique musical Jean Héritier journaliste et écrivain Francis Jammes écrivain (télégramme) - Louis Latzarus journaliste et romancier Maurice de Fleury psychiatre René Groos écrivain et journaliste Jules Ernest Gros dirigeant de la Nouvelle Revue Romande - Jean Martet romancier et poète William Morton Fullerton journaliste américain - Emile Moussat écrivain - Guy de Pourtalès écrivain Jean Rameau poète - Jean des Vallières écrivain - Auguste Wilden diplomate

8 L.A.S./P.A.S., 1930-1939, Madeleine Clemenceau-Jacquemaire, fille de Georges Clemenceau, romancière et biographe

Notes manuscrites de René Benjamin sur feuilles volantes : plan et brouillon d’une conférence, + de 35 pp. in-8 ; visite de la maison natale à Mouilleron (1933) ; Dîner des Amis de M. Clemenceau (1933) ; son musée (1936) ; Clemenceau et Claude Monet ; etc

Etc...

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Adjugé : 1 600 €
Georges Clemenceau (1841-1929), le crépuscule d’un  Tigre , 1925-1936

Lot...
Lot 50
Lot 51
Joseph Van Oost (1877-1939), missionnaire, ethnomusicologue et ethnographe de la frontière sino-mongole

Lot de 10 L.A.S., 1926-1930, adressées à René Benjamin

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Intéressante et riche correspondance, un témoignage historique précieux et inédit d’un missionnaire qui fournit des analyses géopolitiques éclairantes sur la déliquescence de la jeune République de Chine en Mongolie, éclatée en domaines militaires autonomes. Kweihwating (la "Ville Bleue", aujourd'hui Hohhot), où s'établit Van Oost à partir de juillet 1926 en qualité de procureur de la mission, est au cœur d'une lutte acharnée entre factions du Nord et du Sud. Le prêtre assiste à la progression de l'armée du général nationaliste Feng Yuxiang, surnommé ironiquement le "général chrétien" par la presse occidentale mais décrit par Van Oost comme un "fourbe" vendu aux Soviétiques.

La présence rouge russe et la xénophobie étudiante
Van Oost documente avec précision l'aide technique et militaire massive fournie par les Russes rouges à l'armée populaire de Feng Yuxiang. Il décrit l'arrivée de milliers de soldats bolcheviks slaves manœuvrant des canons lourds, des aéroplanes et des trains blindés dans la région de la passe de Nan-K'eou. Cette pénétration communiste s'accompagne d'un mouvement d'agitation xénophobe sans précédent au sein des écoles publiques de la région. Les comités d'étudiants révolutionnaires et d'instituteurs syndiqués locaux, s'inspirant des doctrines des "Trois Principes du Peuple" (San Min) de Sun Yat-sen, réclament l'abrogation immédiate des traités inégaux, confisquent les propriétés de la Sainte-Enfance et organisent des représentations théâtrales de plein air visant à livrer le clergé au ridicule public.
Les missions protestantes de la région, principalement composées de pasteurs suédois soutenus financièrement par des fonds américains, font les frais de cette politisation. Ayant eux-mêmes enseigné des théories démocratiques et modernisatrices dans leurs écoles privées, les missionnaires réformés se retrouvent évincés par leurs propres fidèles chinois convertis qui, sous l'influence de la propagande étudiante, leur déclarent n'avoir plus besoin des étrangers avant de confisquer les biens de la mission pour les dilapider.

La symbiose avec le général-brigand Weng Dechen
Face à la trahison des autorités républicaines, le clergé catholique de Kweihwating doit sa survie à des alliances féodales directes avec les chefs de guerre locaux. La relation liant le père Van Oost au général Eou'eng te chen (Weng Dechen) est à cet égard emblématique des ambiguïtés de l'action missionnaire en temps d'anarchie. Weng Dechen, qui commande alors la première brigade montée du 31e corps d'armée, est un ancien repris de justice. Huit ans auparavant, alors qu'il était un simple charretier misérable traqué par les forces de l'ordre pour banditisme, il avait trouvé refuge chez Van Oost à la mission d'Ou Kin nicou yao tse. Ce geste lui sauva la vie tandis que ses compagnons étaient décapités.
Devenu général après avoir enrôlé sa propre armée de bandits et loué successivement ses services à Feng Yuxiang, Yen Xishan puis Tchang Tso-lin, Weng Dechen conserve une reconnaissance indéfectible envers son ancien protecteur.
Grâce à cette alliance de circonstance, le prêtre obtient des détachements de soldats pour protéger les chrétientés exposées et parvient à faire libérer son confrère, le père Eugène Jamart, capturé par une bande rivale dans les montagnes du Nord-Shanxi. Cependant, les lettres décrivent le dégoût physique du missionnaire lorsqu'il doit se rendre chez son "ami", un homme qui accumule les concubines de seize ans armées de pistolets Mauser, dilapide les fonds des soldats au jeu et vit dans la terreur permanente d'être égorgé par ses propres lieutenants.

La famine de 1928-1930
La famine qui frappe la province du Suiyuan à partir de 1928 rivalise en intensité avec les pires désastres de l'histoire chinoise moderne. Le rapport épistolaire de Van Oost en démonte les rouages avec une rigueur implacable. Si la sécheresse extrême est le facteur climatique déclencheur, la cause profonde est politique : les armées régionales ont pillé systématiquement les réserves de céréales, réquisitionné le bétail de labour et contraint de force les paysans à cultiver le pavot à opium au détriment des cultures nourricières pour financer les campagnes de guerre des généraux.

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Adjugé : 380 €
Joseph Van Oost (1877-1939), missionnaire, ethnomusicologue et ethnographe de la...
Lot 51
Lot 52
René Benjamin et l’affaire archéologique de Glozel, 1928

Lot de correspondances, manuscrits, épreuves d’imprimeur, publications, coupures de presse

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Le Glozel vallon des morts et des savants, paru chez Fayard en 1928
Brouillon manuscrit, 79 pp. in-4, avec corrections ratures et ajouts et + 50 pp. de brouillons manuscrits in-4
3 épreuves d’imprimeurs avec corrections et ajouts manuscrits

Le Glozel vallon des morts et des savants
Paris, Arthème Fayard & Cie, 1928
Broché, 19 x 12 cm
Edition originale

Lot d’env. 60 L.A.S./P.A.S. reçues par René Benjamin, 1928, dont :
Camille Bellaigue, critique musical et musicographe - Boni de Castellane, le célèbre dandy - Henri de Castellane - Léon Chancerel, auteur, acteur et metteur en scène - marquise de Chasseloup Laubat - Henriette Célarié romancière - René Dussaud, orientaliste - Ernest Fornairon écrivain et poète - Agnès de Pourtalès marquise de Loys-Chandieu - Marguerite Reneufve de Palaminy - Marthe Schÿler-Schröder épouse Boutelleau Fabien Sollar écrivain - Benjamin Vallotton écrivain - Georges Virrès écrivain belge
L.A.S., Dijon, 11 juillet 1928, Georges Bouchard, chimiste et historien
L.A.S., 18 juillet 1928, André Vayson de Pradenne, préhistorien, connu également pour sa prise de position ferme contre l'authenticité des vestiges mis au jour à Glozel
L.A.S., 13 juillet 1928, comte Napoléon-Henri Bégouën, préhistorien
P.A.S., 22 juillet 1928, André Hallays journaliste et écrivain
L.S., [juillet 1928], Edmond Aman-Jean, peintre et graveur

Diverses publications
Glozel ou les nouvelles galeries farfouillettes, impromptu en deux actes en vers de vase, par Marcel Miguet, Glozel, Imprimerie paléolithique, 1928
Paul Roque dit Arqueloup, Rallie Glozel. Achevé de graver au silex, au Grand Pressigny, le 1er janvier 1928. In-4 oblong broch. Bel album satirique illustré de dessins en noir, inspiré par l'affaire des fouilles archéologiques à Glozel dans lequel l'auteur représente les différentes phases d'une chasse à courre fantaisiste aux temps préhistoriques
Sur la contregarde, envoi autographe signé de l’auteur orné d’un dessin original à la plume et à l’aquarelle
A. de Vayson de Pradenne, Visites et fouilles à Glozel. La chronologie de Glozel. Le Mans, Monnoyer, 1927
Dr Ad. Bayet, La controverse de Glozel. Etude critique sur la valeur scientifique des arguments pour ou contre l’authenticité du gisement. Bruxelles, Lucifer, 1928
A. de Vayson de Pradenne, L’affaire de Glozel, historique de l’affaire. La controverse de Glozel n°1. Paris, Paul Catin, 1928
René Dussaud, Glozel à l’institut. La controverse de Glozel n°2. Paris, Paul Catin, 1928. Envoi autographe signé
René Dussaud, Autour des inscriptions de Glozel. Paris, Armand Colin, 1928. Envoi autographe signé

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Adjugé : 500 €
René Benjamin et l’affaire archéologique de Glozel, 1928

Lot de correspondances,...
Lot 52
Lot 60
Anna de Brancovan comtesse de Noailles (1876-1933), pastelliste

Bouquet de fleurs
Pastel sur papier
Signé au monogramme en bas à gauche
62,5 x 48,5 cm à vue
Sous cadre, 70 x 56 cm

Ses pastels fleuris
Derrière son omniprésence de la voix et du verbe, s'est développée à partir des années 1926-1927 une pratique artistique parallèle et silencieuse : le pastel de fleurs.
Ce glissement vers le dessin s'inscrit dans un contexte de déclin physique et d'isolement progressif dû à la maladie. Le pastel n'apparaît pas comme un simple passe-temps de salon, mais comme un véritable projet esthétique de substitution. Alors que l'écrivaine, hantée par la mort et le néant, dépouillait son écriture poétique jusqu'à l'austérité dans son recueil L'Honneur de souffrir (1927), sa production graphique compensait cette perte par une explosion de clarté, de couleurs vives et de lumière. Ses natures mortes florales, composées de bouquets d'hortensias, de coquelicots, de dahlias, de roses et de marguerites, s'imposent ainsi comme le prolongement matériel d'un panthéisme sensoriel qui ne parvenait plus à s'exprimer par les seuls moyens de l'alexandrin classique.
La pratique graphique d'Anna de Noailles se caractérise par un rapport charnel et technique très précis à la matière, largement documenté par l'historien de l'art François Maillet dans ses recherches de référence sous la direction de Claire Barbillon à l'Université de Poitiers. Pour donner corps à ses visions florales, la comtesse s'est tournée vers les meilleurs artisans de son temps, nouant un lien privilégié avec la prestigieuse Maison du Pastel. Noailles manifestait une admiration sans bornes pour la vibration lumineuse de ces pigments purs, dédiant à Henri Roché des mots qui soulignent la parenté intime entre peinture et poésie : A Mr. Henri Roché, qui pour le bonheur des peintres et des poètes, a groupé, avec le talent le plus certain, toutes les nuances de l'univers en ses radieux pastels.
Sur le plan technique, la comtesse n'utilisait pas le pastel pour obtenir les effets d'estompe vaporeux typiques du XVIIIe siècle, mais travaillait par superposition de touches hachurées et par écrasement direct du pigment sec sur des papiers à fort grain. Ce geste vigoureux permettait d'accrocher la lumière et de donner une présence physique, presque tridimensionnelle, à la corolle des fleurs.
Cette frénésie créatrice s'est déployée dans un espace physique contraint : sa célèbre « chambre aux cretonnes » de son appartement de la rue Scheffer, où elle vécut de 1906 à 1933. A l'instar de son ami Marcel Proust, qui rédigeait son œuvre couché dans sa chambre isolée de liège, Anna de Noailles travaillait allongée dans son lit de cuivre. C'est depuis ce lit, devenu son atelier ultime, qu'elle manipulait ses boîtes de pastels achetées principalement chez le revendeur Dupré & Cie au 141, Faubourg Saint-Honoré, ou auprès de la maison Blanchet, couvrant ses draps de poussière de couleur pour conjurer l'obscurité de la maladie.
L'année 1927 marque un moment de bascule critique et de visibilité publique pour les pastels d'Anna de Noailles. En juin de cette année, alors qu'elle commence à éprouver les premiers symptômes d'une affection cérébrale grave, elle prend le risque d'exposer ses peintures à Paris. Le succès est retentissant. L'inauguration officielle, qui se déroule le 22 juin 1927, fait l'objet d'une large couverture médiatique, notamment par le quotidien Le Soir, et est présidée par l'homme d'Etat Edouard Herriot, alors ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, qui pose aux côtés de la poétesse devant ses natures mortes de fleurs.
Estimation : 1 000 € ~ 1 500 €
Anna de Brancovan comtesse de Noailles (1876-1933), pastelliste

Bouquet de fleurs
Pastel...
Lot 60
Lot 61
René Benjamin, admirateur, confident et mémorialiste de la poétesse Anna de Noailles

Lot de manuscrits, notes manuscrites, correspondances et coupures de presse, 1922-1933

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+ de 150 pages de notes manuscrites sur feuilles volantes écrites par René Benjamin, formats divers, et coupures de presse
Rare ensemble de notes manuscrites recueillies et compilées pendant près d’une décennie : anecdotes, conversations téléphoniques, témoignages, confidences recueillis lors de diners et entretiens accordés, tentant de cerner la personnalité complexe, exubérante, intime et attachante de la poétesse. Une matière brute, sans ambages et inédite. Dont
Au téléphone (29 janvier 1922), 1 page in-12
Visite à son domicile (17 déc. 1922), se confie sur le prix Lasserre, 4 pp. in-8
Conférence de Tristan Derème au salon de Mme de Noailles (27 février 1923), 5 pp. in-8
Visite à son domicile (7 mars 1923), 5 pp. in-8
Confidences de Maurice Barrès son amant (février 1923), 4 pp. in-8 évoque la santé fragile de la poétesse, à son processus créatif né de la souffrance, et à ses rapports parfois distordus dans ses relations
« La première fois que je la vois depuis la mort de Barrès » (18 janvier 1924), 4 pp. in-8 ; a poétesse se livre partagée entre désespoir, souvenirs intimes et réflexions sur sa relation passionnée avec Maurice Barrès disparu le 23 décembre 1923

Au Soleil de la Poésie - Sous l’Oeil en fleur de Madame de Noailles
Brouillons, manuscrit et épreuves, env. 70 pages de notes manuscrites sur feuilles volantes in-8 écrites par René Benjamin ; réflexions du plan, chemins de fer, brouillons
Manuscrit autographe, octobre-novembre 1927, avec ratures, corrections et ajouts, 176 pp. in-4
env. 100 pages, 45 x 26 cm, épreuves d’imprimeurs avec ratures et corrections manuscrites

Sortie du livre en 1928 édité par la librairie des Champs-Elysées
100 L.A.S./P.A.S. reçues lors de la parution du livre, 1928-1929, dont
L.A.S. Léon Daudet, 29 avril 1928, 1 page in-4
3 L.A.S./L.S., juillet 1928, Albert Pigasse, dirigeant de la Librairie des Champs-Elysées, concernant le nombre de tirages, droits de l’auteur, etc

Brouillons et notes manuscrites sur feuilles volantes écrites par René Benjamin, formats divers, et coupures de presse, pour la préparation de ses conférences, 1933-1937

Correspondance passive reçue au lendemain de la mort d’Anna de Noailles, 1933

10 L.A.S./P.A.S. dont Bertrand de Mun, Hélène Lagneau amie de la poétesse, Paul Morel homme d’état ; Emile Buré journaliste, Henry Poidenot, architecte, André Hallays critique et écrivain ; Stanislas de Castellane député, etc

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Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
René Benjamin, admirateur, confident et mémorialiste de la poétesse Anna...
Lot 61
Lot 69
Henri Duvernois (1875-1937), écrivain, scénariste et dramaturge

Lot de correspondances

11 L.A.S., années 1920-1930, adressées à René Benjamin, dont :
L.A.S., Paris, s.d. ; lettre ironique sur la réussite littéraire
Mon cher Ami, Comme vous avez raison ! Et comme je vous remercie ! Il n'y a qu'un ami qui me parle ainsi de loin en loin, c'est l'obscur ami que nous portons en nous-même et que l'on se hâte de faire taire quand il s'agit de vous donner un bon conseil ! Pour vous, c'est bien autre chose. Ce que vous me dites vient à point nommé. Et il s'agit de vous. Et vous savez que j'admire en vous non seulement votre force, votre talent mais aussi votre haute conscience littéraire... La vérité la voici : je suis un vieux bohème, un vieux badaud. Tout m'amuse et je me laisse distraire par tout. Je fais partie de comités, je n'arrive pas à me décoller du journalisme. Je passe des matinées, dans mon bureau transformé par le téléphone, le courrier, les visites inutiles en je ne sais quelle officine saugrenue. Au milieu de tout cela une méconnaissance grotesque, je vous l’affirme de tous mes intérêts, matériels et moraux. Alors ce qui m'a peiné dans votre boutade - je ne dis pas fâché ; fâché je serais allé vous trouver tout de suite et j’aurais vidé mon coeur - c'est qu'elle me présentait cette boutade, comme à l'affût d'une bonne collaboration, d'une excellente affaire de théâtre. Et peiné, non pas à cause des lecteurs de Candide, mais parce que je pensais : « Voilà donc l'idée que Benjamin se fait de moi ! ». J'ai pu verser dans le théâtre, d’abord pour m'amuser et ensuite : mes livres ne dépassent jamais le dixième mille. Or il s'agit de vivre et mieux vaut encore pondre quelques comédies, que d'essayer de décrocher le succès avec des bouquins pensums ! Seulement j'ai trouvé un remède : j'ai acheté une petite maison à Antibes. Je vivrai là-bas cinq mois de l'année. Je pourrai, enfin, me concentrer, méditer, ne plus être harponné par les mille riens de la vie littéraire, protéger les quelques années fraîches que j'ai encore devant moi, avant de donner ma mesure. Votre lettre me confirme dans ma décision. Et elle me donne une bien plus pure joie que si elle était lestée de ces compliments que l'on m'adressait déjà il y a vingt-cinq ans !...

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Estimation : 300 € ~ 600 €
Henri Duvernois (1875-1937), écrivain, scénariste et dramaturge

Lot de correspondances 

11...
Lot 69
Lot 72
Antoine de Lévis-Mirepoix (1884-1981), romancier, historien et essayiste, académicien

Lot de correspondances et 1 publication

4 L.A.S., 1927-1939, adressées à René Benjamin, dont :
L.A.S., Neuilly, 11 mars 1939 ; au sujet de la conférence sur Marie-Antoinette
Mon cher ami, il ne me suffit pas de vous avoir vu. Il me faut vous écrire. Réjouissez-vous d’avoir éprouvé la plus belle impression que puisse ressentir un artiste : tenir ce qu’il voulait atteindre ! Et moi j’ai eu la plus belle impression que puisse éprouver un auditeur : ne pouvoir souhaiter mieux que ce qu’il entend ! Cette conférence demeure chef-d’oeuvre ainsi que le demeurerait un livre. Une fois la parole évanouie, elle reste comme suspendue dans le souvenir avec toute son harmonie vivante ! Elle a certes enchanté tout l’auditoire. Mais pour quiconque a un peu mis a main à la pâte, c’est une joie merveilleuse que d’en découvrir les ressorts, si solides, si pures, l’agencement, à la fois si naturel et si habile, l’esprit et le pathétique ne se faisant jamais tort, et, comme une sorte de souffle, sur les hauteurs qui n’a jamais faibli ! Par exemple ne me dites pas que vous n’êtes pas historien, du moins à mon humble avis. Qu’est-ce en définitive l’historien si ce n’est celui qui applique au passé les mêmes facultés d’observations, la même sensibilité, la même imagination créatrice, pour le retrouver qu’il appliquerait au présent. Les autres peuvent être de grands érudits, pas des historiens ! Il me semble que vous servez trop bien l’histoire pour qu’elle ne vous réclame pas un peu ! Le portrait de Louis XVI m’a bouleversé. Celui de Mirabeau, transporté ! Heure pathétique, éblouissante offerte à la mémoire d’une reine héroïque ! En somme vous avez fait pour elle ce que Mirabeau avait rêvé de faire. Vous avez sauvé sa grandeur !...

Montségur
Paris, Albim Michel, 1924
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

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Estimation : 80 € ~ 120 €
Antoine de Lévis-Mirepoix (1884-1981), romancier, historien et essayiste, académicien

Lot de...
Lot 72
Lot 75
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1930 et 1939

Lot de manuscrits, correspondances et éditions originales

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Taureaux et méridionaux
Paris, Editions du Capitole, 1930
Edition originale sur Madagascar
Broché, 19,5 x 14 cm
Autographe signé de l’auteur

La dernière nuit
Notes manuscrites sur feuillets volants in-8
Brouillon manuscrit, avec ratures, corrections et ajouts, janvier 1928, 66 pp. in-4
Deux épreuves d’imprimeur avec corrections manuscrites
Coupures de presse

La dernière nuit
Paris, Ernest Flammarion, 1930
Edition originale de luxe
Tirage limité
Broché, 24 x 19 cm

Molière
Brouillon manuscrit, 26 décembre 1935-1er avril 1936, avec ratures, corrections et ajouts, 215 pp. in-4
100 L.A.S./P.A.S. reçues par René Benjamin, 1936-1937, remerciements et félicitations pour la parution et l’envoi du livre, dont Jacques Arnavon spécialiste de l’oeuvre de Molière
Coupures de presse

Molière
Paris, La Palatine, Plon, 1936
Edition originale sur papier de Hollande Van Gelder
Exemplaire H.1/15
Reliure ½ maroquin, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
20 x 14 cm
Envoi autographe signé de l’auteur

Chronique d’un temps troublé
Brouillon manuscrit, à l’encre, avec ratures, corrections et ajouts, écrit une première fois du 21 juillet au 2 sept. 1937 sous le titre : Ah ! qu’il est difficile d’être français ! C’était un récit sous forme souvent romanesque qui avait près de 400 pages. IL a été refait sous cette forme, après lecture et avis de Serruys en février 1938 , 217 pp. in-4
80 L.A.S./P.A.S. reçues par René Benjamin, 1938-1939, remerciements et félicitations pour la parution et l’envoi du livre,
Coupures de presse

Chronique d’un temps troublé
Paris, La Palatine, Plon, 1938
Edition originale sur papier des manufactures impériales du Japon
Exemplaire H.C.
Reliure ½ maroquin à coins, dos à 4 nerfs, lettres et têtes dorées, signée Grégoire Levitzky

Marie-Antoinette
Brouillon manuscrit, 4 avril-14 juin 1939, avec ratures, corrections et ajouts, 261 pp. in-4
83 L.A.S./P.A.S. reçues par René Benjamin, 1939-1940, remerciements et félicitations pour la parution et l’envoi du livre
Coupures de presse

Marie-Antoinette
Paris, Les Editions de France, 1940
Edition originale sur papier vélin pur fil Lafuma
Tête de série n°1
Reliure ½ maroquin, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées, signée Grégoire Levitzky
20 x 14 cm

Etc...

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Adjugé : 650 €
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1930 et 1939

Lot...
Lot 75
Lot 76
Correspondances passives et notes de René Benjamin, 1930-1939

Lot de correspondances, notes manuscrites, coupures de presse et divers

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Importante réunion de + de 600 L.A.S./P.A.S./L.S. reçues par René Benjamin entre 1930 et 1939, relatives à des remerciements et félicitations, demandes de prise de parole et rédactions d’articles, réactions à des parutions d’articles et de livres, et à des conférences, etc, dont :

L.A.S., Rome, 3 septembre 1937, Vojtech Vladimír Klecanda (1888-1947), général tchèque, attaché militaire et aéronautique de la république tchécoslovaque à Rome
Exposition Eugène Delacroix et ses amis, organisée dans l’atelier d’Eugène Delacroix, 6 rue de Furstenberg, catalogue, juin-juillet 1932
+ carton d’invitation de la présidence de la République, coupures de presse et Inauguration de l’atelier de Delacroix, 24 juin 1932 , 6 pp. in-8 de notes manuscrites par René Benjamin
2 L.S., Sannois, 3 et 19 mai 1939, Louis-Charles-Jean-Philippe de Bourbon (1865 1940), dit le « prince de Sannois » ou le « dauphin de France » au sein de la mouvance naundorffiste, petit-fils de Karl-Wilhelm Naundorff, l'horloger prussien qui prétendait être le dauphin Louis XVII ayant réchappé à la prison du Temple. Passionné par la mémoire royale, la métaphysique et l'ésotérisme (ce qui explique les références spiritiques et symboliques de sa correspondance), il s'implique activement dans la défense des thèses sur la survivance de Louis XVII.
3 L.A.S., Sainte-Adèle, Canada, 1937-1939, Claude Grignon (1894 1976), nom de plume Valdombre, journaliste, écrivain et pamphlétaire québécois + Les pamphlets de Valdombre, n°9, 1er août 1937, périodique publié par Claude-Henri Grignon dans lequel il promeut la sortie de l’ouvrage de Benjamin « Mussolini et son peuple »

Louis Artus écrivain (4) - Louise d’Aussy-Pintaud peintre et sculptrice - Aurel pseudonyme d’Aurélie Octavie Gabrielle Antoinette de Faucamberge, écrivaine (2) - Aimée Barancy journaliste, poétesse et musicienne (2) - Charles de Beaupoil comte de Saint Aulaire diplomate - René Béhaine écrivain (3) - Pierre Benoit écrivain (3) Jacques Boulenger écrivain et critique littéraire - Henri Cangardel pdg de la Compagnie maritime Transatlantique - Stanislas de Castellane homme politique - Henriette Célarié romancière (4) - Jean Chiappe préfet de police de Paris (8) - Maurice Clavière écrivain - Lucien Corpechot journaliste et écrivain - Jean Dorsenne écrivain - Albert Dubeux écrivain (7) - Pierre Goemaere écrivain et académicien belge - Jules Ernest Gross, rédacteur de la Nouvelle Revue Romande (3) - Berthe Eva Gueydan épouse de Joseph Caillaux président du Conseil des ministres (3) - Arthur Hérisson Laroche écrivain et poète - Edouard Herriot académicien et maire de Lyon (5) - Bertrand de Jouvenel écrivain et journaliste (2) - Roger Joseph journaliste - Maurice Larrouy écrivain - Pierre Lecomte du Noüy mathématicien et biophysicien - Joseph-Henri Louwyck écrivain - Marie Thérèse Mairot Dromard femme de lettres et poétesse (5) - Raymond de Marsillac directeur du quotidien Le Journal - Anatole de Monzi ministre des Travaux Publics - Alfred Mortier journaliste et écrivain (3) - Charles Mauban écrivain - Hélène Mendiaux Coremans mécène belge - Emile Moussat écrivain - Irina Obolensky princesse russe - Wladimir d’Ormesson écrivain et journaliste - comtesse Jacqueline de Polignac de Boisrouvray (7) Georges de Porto-Riche dramaturge et romancier - Jeanne Marie Pouquet écrivaine et salonnière - Gaston Rageot romancier et critique littéraire (6) - Jean Rameau poète (3) - Louis Salomon Koechlin alsacien écrivain antisémite - Gabriel Signoret comédien - Carles Soldevila i Zubiburu journaliste espagnol - Fabien Sollar écrivain (3) - Jean Albert Sorel avocat et journaliste - Maurice Storez architecte - André Tardieu ancien président du Conseil - Gabriel Trarieux écrivain et astrologue (2) - Eugène Trotabas écrivain (4) - Jean Albert Val journaliste - Jean-Louis Vallas poète et journaliste (7) - Jean des Vallières écrivain - Fernand Vandérem romancier et critique littéraire - Tancrède de Visan écrivain - etc
Estimation : 500 € ~ 800 €
Correspondances passives et notes de René Benjamin, 1930-1939

Lot de correspondances,...
Lot 76
Lot 80
Famille d’Orléans, Maison de France

Lot de correspondances et divers, adressés à René Benjamin

2 P.A.S., en exil (manoir d’Anjou près Bruxelles), 29 juin et 24 décembre 1932, Jean d’Orléans duc de Guise (1874-1940)
Hier soir arrivée au Manoir, retour du Maroc, votre remarquable étude sur Maurras, que nous connaissions déjà par la Revue Universelle. La Duchesse de Guise se joint à moi pour vous remercier de tout coeur de cet envoi qui nous fait grand plaisir...
+ invitation à déjeuner au manoir d’Anjou, 14 décembre 1928

3 L.A.S., Bruxelles et Naples, 1929-1930, Isabelle d’Orléans duchesse de Guise (1878-1961) ; excuses de ne pouvoir assister à une conférence et remerciement
2 L.A.S., Paris, 1929-1930, Isabelle de France comtesse Bruno d’Harcourt (1900-1983) ; excuses de ne pouvoir assister à une conférence et remerciement
L.A.S., Manoir d’Anjou près Bruxelles, 18 janvier 1929, Henri d’Orléans comte de Paris (1908-1999), avec enveloppe affranchie
Cher monsieur je vous prie de bien vouloir m’excuser, je voulais vous remercier tout de suite de votre lettre et du petit livre que vous avez eu la bonté de m’envoyer, mais j’ai eu ces temps-ci, pas mal de courrier et je n’ai pas voulu vous répondre sans avoir lu le recueil des poésies de Madame de Noailles. Je suis parti... et arrivé ! Je n’avais jamais rien lu de cet auteur et ces quelques poèmes m’ont enchanté. Ils sont réellement très beaux. Vous vous trompez, cher Monsieur, c’était pour moi une grande joie, un véritable régal, que de suivre vos conférences et je souhaite avoir de nouveau et sans trop tarder ce plaisir. Lorsque vos occupations vous ramèneront en Belgique, j’espère vous revoir car les instants que nous avons passés ensemble ont été trop courts...

2 cartes postales, portrait de la princesse d’Isabelle d’Orléans Bragance et d’Henri comte de Paris, dont une cosignée et datée du 19 janvier 1931
Menu du déjeuner du 9 décembre 1931 cosigné par Jean d’Orléans, Isabelle comtesse de Paris et Henri comte de Paris

Alain Mellet
Mariage de Son Altesse Royale le prince Henri de France comte de Paris avec son Altesse impériale la princesse Isabelle d’Orléans-Bragance
Paris, Librairie de France, 1931
In-4 br.
Envoi autographe signé

Simon Arbellot
Le Comte de Paris prince révolutionnaire
Célébrités d’hier et d’aujourd’hui, n°12
Paris, Denoël et Steele, 1936
In-4 br.

Aux amis du Comte de Paris, lettre n°2, Le Comte de Paris dit aux Français , interview par Bernard Simiot, septembre 1940, avec cliché photographique du comte de Paris en tenue militaire, 11 x 8 cm
Estimation : 200 € ~ 400 €
Famille d’Orléans, Maison de France

Lot de correspondances et divers, adressés...
Lot 80
Lot 81
Maxime Weygand (1867-1965), général et ministre, et Hubert Lyautey (1854-1934), maréchal de France et ministre

Lot de correspondances, documents et 8 publications

14 L.A.S./P.A.S., 1925-1946, général Weygand, adressées à René Benjamin, dont

Paris 16 décembre 1927 Cher maître quel fou dimanche vous m’avez fait passer et comme vous fustigez bien ces idiots, malfaisants par notre seule faute. Merci dieu de tout coeur pour le livre et la dédicace. Je ne puis vous sans reporter une pensée vers ce noble Ducrocq chez qui je vous ai vu la dernière fois, que je vous ai rencontré. Sa mort nous a atteints et profondément peinés. Il était lui aussi un Français de bonne espèce qui parle clair comme il pense...
Paris 10 janvier 1946 Mon cher ami avant de vous écrire j’ai voulu prendre le temps de bien lire votre livre. L’Enfant tué c’était votre fils. Il me faillait pour le lire être délivré d’un travail urgent et des correspondances de Noël. Je termine sa lecture ne voulant pas retarder le moment de vous dire combien elle m’a remué, mais bien incapable aussi de vous en bien dire les raisons.. Il y a tant de choses dans ce livre. Votre fils d’abord, avant tout, dont la vie, les lettres, les paroles permettent d’affirmer une fois de plus que ce sont les meilleurs que Dieu rappelle à lui, jeunes et purs. Son père, sa mère aussi, il n’est pas juste tout au moins pas accessible à notre raison que nos enfants prennent notre tour . Il y a enfin la cruauté de l’époque,, sa monumentale escroquerie bâtie sur l’impudence de ceux qui ont la parole et la sottise ou la veulerie de ceux qui écoutent. Lorsque je vous ai vu à la chapelle du Val-de-Grâce, j’ignorais votre épreuve doublement cruelle. J’ai du vous paraître indifférent. Je ne savais rien...

Faire-part de mariage du fils du général Weygand

Notes manuscrites sur feuillets volants in-8 de René Benjamin sur la personnalité de Weygand et leur rencontre
Weygand a de grandes qualités d’esprit pour devenir écrivain : c’est un grand esprit
30 janvier 1930 (...) Il nous a dit à Bonnard et à moi : c’est bon au moment où on prend un pareil commandement d’être aimé mais ça donne de l’appréhension, car on veut mériter de l’être. On veut répondre à l’attente. (...) Il laisse entendre qu’il faut accepter ce qui est, ne pas s’effrayer, travailler. On a du retard dans nos fortifications ? Travaillons. (...) Mais me dit-il j’aurai voulu continuer d’écrire. J’avais un livre à faire sur l’armée de la IIIe République. Et puis je tiens à laisser mes souvenirs sur le maréchal Foch. Je les dois. Or si je succède à Pétain comme tout l’indique, j’aurai une telle présence nécessaire que je ne pourrai pas travailler. Et je ne serai mis à la retraite qu’à 68 ans au lieu de 65 ; j’en ai 63. Ca fait encore cinq ans !

4 P.A.S., 1927-1932, maréchal Lyautey, adressées à René Benjamin, dont
Mon cher Benjamin je ne veux pas rester sur une vivacité de l’autre soir. Ce n’était pas le lieu. Ces choses doivent être réservées pour le tête à tête, et surtout nous sommes trop d’accord sur l’essentiel pour ne pas admettre des divergences de vues sur un cas particulier. Si vous voulez bien, il faudra nous revoir. la grande estime

Général Weygand
Le Maréchal Foch
Paris, Firmin-Didot, 1929
Edition originale
Broché, 19,5 x 14 cm
envoi autographe signé

Général Weygand
Foch
Paris, Flammarion, 1947
Edition originale
Broché, 21,5 x 15 cm
envoi autographe signé

Lyautey
vers le Maroc lettres du sud-oranais 1903-1906
Paris, Armand Colin, 1937
Broché, 23 x 14 cm

Etc...

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Estimation : 500 € ~ 800 €
Maxime Weygand (1867-1965), général et ministre, et Hubert Lyautey (1854-1934),...
Lot 81
Lot 83
André Michelin (1853-1931), ingénieur et industriel

L.S., en-tête personnel, Paris, 22 juin 1922, André Michelin, adressée à René Benjamin ; fidèle à sa réputation de promoteur de l'automobile, André Michelin agit également en mécène et protecteur du patrimoine, utilisant son réseau et ses moyens logistiques afin de mieux gérer les sites touristiques, à l’instar de l’abbaye de Châalis (Oise)
Monsieur, L’Auteur de « La Farce de la Sorbonne », d’« Antoine déchaîné » et des « Plaisirs du Hasard » se délecterait de la question de Châalis. Vous connaissez peut-être ce merveilleux domaine et son Musée légués par Mme André à l’Institut « afin qu’il soit pour tous les Français un lieu de repos et de beauté ». L’histoire de Châalis, l’usage qu’en font l’Institut et sa Commission Administrative présidée par M. Frédéric Masson, offrent à un esprit mordant et qui a perdu le respect des idoles, des thèmes inépuisables.
J’ai demandé au T.C.F. [Touring Club de France] qu’il prenne en mains l’affaire. Son Président, M. Defert, ne connaissant pas Châalis, je l’ai prié à déjeuner, dimanche 25 Juin, sur place, avec quelques hommes de lettres et journalistes s’intéressant à la question. Si vous voulez me faire l’honneur de vous joindre à nous, vous pourrez vous documenter à loisir. Une automobile vous prendrait à Paris vers 10 heures et vous ramènerait dans l’après-midi. Si vous voulez bien accepter mon invitation, je vous serais obligé de me téléphoner ou de me prévenir par retour, afin que je puisse prendre des dispositions...

L.S., en-tête Michelin & Cie , Paris, 13 février 1930, Fernand Gillet, directeur du tourisme et de la propagande, adressée à René Benjamin, accompagnée de la copie d’une communication intitulée les Assurances Sociales, 12 pp. in-4 ; l'envoi de cette intervention s'inscrivait dans une démarche d'influence : Gillet souhaitait que Benjamin, connu pour sa plume incisive, s'empare du sujet. Michelin s'opposait alors fermement au projet de loi sur les assurances sociales qu'il jugeait bureaucratique et coûteux, lui préférant un système de protection sociale géré directement par les entreprises (comme c'était déjà le cas dans les usines Michelin de Clermont-Ferrand).
Adjugé : 450 €
André Michelin (1853-1931), ingénieur et industriel

L.S., en-tête personnel, Paris, 22...
Lot 83
Lot 84
André Citroën (1878-1935), pionnier de l’industrie automobile française

Lot de 1 L.A.S., 2 L.S., 1 publication, importantes notes manuscrites et coupures de presse, 1929-1933

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L.S., Paris, 25 juin 1929
« Cher Monsieur vous avez bien voulu me faire tenir un exemplaire avec dédicace des Augures de Genève. Je vous en remercie bien sincèrement et tiens à vous assurer que j’ai été tout particulièrement touché de votre aimable pensée. C’est avec un vif intérêt que j’ai parcouru votre spirituel ouvrage, qui connaîtra, je n’en veux pas douter, tout le succès qu’il mérite »

L.A.S., Paris, 14 mars 1930
Cher Monsieur Vous croyez être un devin ! Pour le passé, vous affirmez sans le savoir, que je n’ai pas lu vos livres sur Balzac, et sur la Comtesse de Noailles. En êtes-vous bien sûr ? Pour le présent, vous affirmez que je ne lirai pas "Clemenceau dans la Retraite". Si c’est un ordre, je ne vous obéirai pas. Pour l’avenir, vous êtes plus interrogatif : "Citroën dans l’Action" verra-t-il le jour ? si oui, je l’apprendrai par cœur sera-ce oui ? That is the question.
(...) Je n’oublie pas ma promesse de visiter avec vous les usines. Voulez-vous le 1er Avril (ce n’est pas un poisson d'Avril) ? Horaire 10h. à 11 heures nous déjeunerons ensemble au cours de cette visite

Mission scientifique et artistique française à travers l’Asie - 3e mission Harrdt-Audouin-Dubreuil
Invitation à l’exposition et à l’inauguration du 18 juin 1932, 3 pp. in-4, avec signature au tampon d’André Citroën. Au dos note manuscrite de René Benjamin :

Georges Le Fèvre
Expédition Citroën Centre-Asie - La Croisière Jaune - IIIe mission Haardt-Audouin-Dubreuil
Paris, Librairie Plon, 1933
Edition originale
Broché, 20,5 x 14,5 cm (déf. à la couv.)
Envoi autographe signé

Notes manuscrites sur feuilles volantes, env. 100 pp. in-8 et in-12, relatant les rencontres et les interviews entre René Benjamin et André Citroën,
en vue d’écrire une biographie sur l’industriel, 1929-1933 :

Première rencontre le 29 avril 29 chez la Marquise de Crussol
Rencontre à Deauville, août 1930
Carnet de notes manuscrites in-12 au crayon, + de 40 pp., titrée Barcelone, 21-26 mai 1929 ; André Citroën a joué un rôle de premier plan lors de l'Exposition internationale de Barcelone qui s’est déroulé du 20 mai 1929 au 15 janvier 1930 en tant qu'organisateur de la section française. En marge de l'exposition, la marque Citroën affichait sa puissance avec une production record cette année-là (plus de 100 000 véhicules), exportant près de la moitié de ses automobiles, notamment vers l'Espagne.
René Benjamin s'est également rendu à Barcelone sur invitation d’André Citroën et il bénéficia de la recommandation personnelle du roi d'Espagne, Alphonse XIII, ce qui lui permit d'être introduit dans les cercles officiels entourant l'exposition.
Programme de l’exposition de Barcelone in-12, imprimerie des usines A. Citroën, inauguration officielle (19 et 20 mai) et semaine française, 21 au 26 mai 1929
Visites détaillées des usines Citroën, avec André Citroën et Henriet son directeur général, un document exceptionnel de + de 20 pp. in-8 dessinant le portrait de l’homme-machine, le choc de l’Américanisme, et réflexion sur la Modernité
Banquet des concessionnaires et agents, 9 avril 1930 : carton d’invitation, menu, 2 chansons tapuscrites C’est la Citroën , notes manuscrites du déroulement
La Chaine Rouge, journal des ouvriers de Citroen (groupe de Grenelle) édité par la cellule communiste, 2 pp. in-4

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Adjugé : 1 600 €
André Citroën (1878-1935), pionnier de l’industrie automobile française

Lot de 1...
Lot 84
Lot 86
Henry Bordeaux (1870-1963), avocat, romancier et essayiste, académicien

Réunion de correspondances et de 10 publications, avec envois autographes signés

8 LA.S./P.A.S., 1925-1949, adressées à René Benjamin et à son fils François, dont :
12 février 1947 Mon cher confrère j’achève l’Enfant tué (que vous ne m’avez pas envoyé quand je vous ai envoyé tous mes livres et que j’ai eu beaucoup de peine à me procurer, mais cela ne fait rien) et je veux vous dire, moi qui aime tant mes filles, que je n’ai jamais mieux senti ma paternité et que j’ai partage votre douleur. La grande souffrance de votre fils dut être la comparaison entre sa vie au combat et la votre en prison. L’iniquité est dans la jeunesse insupportable et partout il l’a dominée. Il y a tant de justice en lui qu’on en oublie presque l’injustice qui a tenté de vous anéantir et qui a grandi...

Yamilé sous les cèdres
Paris, Plon-Nourrit & Cie, 1923
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Amitiés étrangères
Paris, Librairie Plon, 1933
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Le pays sans ombre
Paris, Librairie Plon, 1935
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

L’intruse
Paris, Librairie Plon, 1936
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Joffre ou l’art de commander
Paris, Editions Bernard Grasset, 1933
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

La lumière au bout du chemin
Paris, Librairie Plon, 1948
Edition originale, ex. presse
Broché, 20,5 x 14,5 cm
Envoi autographe signé

Etc...

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Adjugé : 50 €
Henry Bordeaux (1870-1963), avocat, romancier et essayiste, académicien

Réunion de correspondances...
Lot 86
Lot 88
Haydée Magnus Level (1903-1991), femme de lettres et salonnière, muse Léon Daudet, Maurice Barrès et Charles Maurras

Réunion de correspondances

14 L.A.S./P.A.S. et 2 cartes-photos, 1926-1943, adressées à René Benjamin, dont

18 septembre 1926 Monsieur avez-vous souvenance de cette dame qui vous fit place aux assises (aff. Philippe Daudet). Eh bien c’est elle qui ne peut résister au plaisir de vous dire sa joie à lire l’extrait de votre article de l’Avenir fustigeant ce ridicule PPP. Comme c’est drôle et comme cela a du ton. Madame de Noailles qui raporte tout à son odorat et à son goût devrait trouver que, ce goût là est relevé, pimenté comme du homard à l’américaine. Vous devriez bien en écrire un du même ton à cette loque flasque qu’est Briand. Le vilain homme sournois et bas. Madame Daudet étant encore à la campagne, je ne puis lui demander votre adresse, alors je me permets de l’expédier à M. Carvallo, que je sais de vos amis...
18 février 1930 Cher Monsieur et ami, Vous nous avez imposé un examen de conscience. J'essaie de voir très clair en moi et de répondre à la question : "Pourquoi allez-vous toujours aux Conférences de René Benjamin ?" Parceque j'aime l'incidence de sa pensée. Je me sens d'accord avec lui et cet accord flatte ma manie de le bien comprendre. C'est peut-être un peu de narcissisme. Ensuite, je vais voir un saut perilleux d'une haute difficulté et je veux voir comment mon équilibriste de prédilection s'en tire, moi aussi j'aime le danger autant pour moi que pour les autres , sans pratiquer la méthode de Nietzsche vulgaire démarqueur de Stendhal. Enfin, parceque vous me faîtes l'effet d'imposer une contrainte aux bavards et que les contraintes seules sont agréables dans la vie. Dans n'importe quel salon, maintenant, personne n'écoute plus. La mauvaise éducation a eu raison de tout le monde. Si une imprudente pose une question, au moment où vous allez lui répondre, elle se penche vers un voisin, pour lui poser une nouvelle question, sans ressentir elle, la hantise des rois et des Reines. Alors, ce public, muselé qui est obligé d'écouter, de suivre une parole qui développe une idée, obligé de se taire, obligé d'être poli, malgré lui ! Quelle revanche, quelle victoire. Si je n'étais occupée du visage du conférencier où l'on devine tant de choses, où un rire à peine esquissé, vite réprimé, dévoile tant de cruauté, d'art de consciente sagacité, tant de contrôle sur soi, j'aimerais regarder le visage de vos patients. Tenez, hier au soir, au premier rang, à vos pieds, vous aviez un certain Comte de Gontaut Biron avec une tête ornée d'une réchauffante, une tête de parfait idiot suffisant, imbu d'on ne sait quelle supériorité supposée, hostile par principe, comme on est méprisant pour son voisin au restaurant, par snobisme ou par dandysme. Il n'a pas compris grand chose à ce que vous avez dit, malgré deux petits yeux de singe qui devenaient couteaux de la malice, il ne se déridait qu'à la présence de mes amis, sans déchets. Je trouve que vous parlez longuement, sans jamais rien dire de vous-même, sous votre ironie froide, il y a un mépris visible, et, au milieu de tout cela, tout-à-coup, une flèche pleine de miel est décochée pour le plus grand plaisir de l'une ou l'autre de vos auditrices attendrie. Vous avez un esprit de création et d'ordonnance prodigieuse, de temps en temps, l'on voit vos dents, cela donne une impression d'éclair dans votre visage, et puis, il y a vos mains, oui, vos mains qui ont une grande signification...
Estimation : 100 € ~ 150 €
Haydée Magnus Level (1903-1991), femme de lettres et salonnière, muse...
Lot 88
Lot 90
Charles Maurras, de son arrestation jusqu’à son décès

Réunion de notes manuscrites, correspondances, coupures de presse, 1936-1943

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Notes manuscrites de René Benjamin sur feuilles volantes, + de 50 pp. in-8 et in-12, dont
5 mars 1936, conférence de Maurras
février 1936, la perquisition
29 octobre 1936, cour de cassation
30 octobre 1936, l’arrestation
11 mai 1937, visite à la Santé
Maurras à dîner chez nous avec les Huntziger, février 1938
Le jour de l’élection à l’Académie Française, chez Madame Bainville
9 juin 1939, lendemain de sa réception à l’Académie
Juin 1939, sa première séance privée à l’Académie
6 juillet 1939, banquet cercle Bainville interallié
décembre 1941, visite à Lyon au Grand Nouvel Hôtel
17 janvier 1943, confidence du docteur Gargaud
23 février 1943, Maurras chez Saint Rapt

9 L.A.S./P.A.S., 1938-1943, Charles Maurras, adressées à René Benjamin, dont
L.A.S., Martigues, 12 juin 1938, 3 pages in-8 avec enveloppe affranchie
Mon cher ami savez-vous ce qui me hante ? C’est de vous avoir lancé à la tête une erreur bibliographique stupide, l’autre jour, en répondant à votre infamie : « l’homme couvert de femmes » Je l’attribuais à Luc Durtain. Je sentais que c’était faux. Mais je ne retrouvais pas dans ma tête la vérité : Drieu de la Rochelle. La retrouvaille ne m’a pas été signifiée par aucun catalogue, mais par la simple évolution ou résolution cérébrale, celle qui triture les images, chasse les fausses, ramène les vraies. Mais je n’ai de repos qu’à la condition de respirer. Je crois que c’est fait. Mille amitiés.
Carte postale paysage de provence cosignée Denise Varillon et Charles Maurras, 3 août 1938
Carte de visite Charles Maurras directeur de L’Action Française, avec envoi autographe
Portrait, carte postale, avec envoi autographe signé A René Benjamin au souvenir d’heures trop courtes à Martigues
L.A.S., Lyon, avril 1943, 2 pp. in-8
Cher ami j’ai honte de vous avoir fait attendre des jours càd pour ce mot que vous me demandiez si gentiment. Soyez rassuré je vais parfaitement bien et je n’ai pas cessé d’aller bien on dit de mieux en mieux. Je dis bien : bien, depuis le merveilleux moment où je me suis réveillé d’un sommeil où je ne m’étais pas senti glisser. Je suis très heureux enfin d’avoir des nouvelles de la Reine...

Rarissime plaquette titrée « L’unité française et l’enseignement de Charles Maurras » composée à l’occasion de la conférence de Charles Maurras donnée à Oloron le 2 avril 1943 et de la causerie du 3 avril 1943, au profit de la Croix-Rouge française, pour nos prisonniers ; avec envoi manuscrit dédicacé de Charles Maurras

Charles Maurras au bord de la Méditerranée, cliché photogravure, 38 x 28,5 cm, avec envoi autographe signé

La dernière entrevue, clinique Saint Grégoire de Tours, 12 mai 1952, par François Benjamin, 3 pp. in-8

Michel Jamar (1911-1997)
Charles Maurras
Burin
16 novembre 1952
17 x 22 cm

Etc...

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Adjugé : 1 000 €
Charles Maurras, de son arrestation jusqu’à son décès

Réunion de notes...
Lot 90
Lot 91
Charles Maurras, ce fils de la Mer, 1931-1932

Réunion de manuscrits, correspondances, coupures de presse et divers

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Cet ensemble documentaire unique dévoile la création d’une oeuvre littéraire et un Charles Maurras co-auteur plutôt que simple sujet d'étude. Il s'assure que René Benjamin ne fait pas que raconter une visite à Martigues, mais qu'il transmet fidèlement la méthode et le style maurrassien, mêlant poésie provençale et rigueur dialectique. Les manuscrits prouvent que Maurras intervenait dans les textes qui lui étaient consacrés. On y voit sa main (à l'encre rouge et noire) raturer, corriger et surtout réécrire ses propres dialogues pour leur donner plus de force ou de précision doctrinale, retravaillant ses propres répliques pour qu'elles paraissent plus "maurrassiennes . Il ajoute des détails géographiques et politiques pour ancrer le récit de Benjamin dans une analyse historique plus rigoureuse. Il réclame l'utilisation de "notre France" ou "notre affaire", marquant son implication totale dans le combat de l'Action française.

La genèse, les premières rencontres, notamment chez la comtesse Murat, 1927-1931
Notes manuscrites sur feuilles volantes, écrites par René Benjamin, 16 pp. in-12 et in-8, dont :
Une minute étonnante le 10 Nov 29 : chez Varillon. Déjeuner de la "Vie Littéraire" d’A.F.
Varillon au dessert dit deux mots. Il prie qu'on salue Maurras. Maurras se lève, remercie de ce qu’il n’a pas entendu (mais il voit les têtes !) et dit : « Oui, buvons aux absents ! (Et c’est d’abord Daudet) Daudet, sans qui l’A.F. ne serait qu'un parti... de... de professeurs... Sans ce jet vivant qui a été animé par son rayonnement magnifique. etc... » Il se rassied, saisit sa coupe : « Euh !... je veux vous dire encore quelque chose... » (Tendre, les pommettes enflammées, un éclair soudain dans les yeux, les lèvres vibrantes d'inspiration) : « Buvons non seulement aux absents, mais à l'absence, à l'idée essentielle de l'absence, par quoi il me semble d'ailleurs que je me définis un peu, en quoi en effet je trouve ma raison d'être, l'absence qui représente pour nous tout ce qui manque et tout ce que nous voulons combler ! » - Magninfique ! murmure Bernanos qui est près de lui, les yeux en l’air, rêvant comme il fait.
L'emploi du temps de Maurras raconté par Varillon, 17 avril 1931
Varillon l’imite vraiment comme personne. Ce soir, qu’il m’a convié à rencontrer ses enfants, comme il dit, càd les jeunes gens qui écrivent à la "Vie Littéraire" il nous le fait, il nous le joue à ravir !
Lever, dit-il à une heure. Déjeuner rue de Bourgogne, derrière Ch. des Députés, ds 1 petit bistro. Depuis qu'il ne déjeune plus au quai d’Orsay, où 2 folles d'A.F. se sont un jour publiquement battues pour lui. Il travaille ensuite ds son petit app. de la rue de Bourg. jusqu'à 6 heures. A 6 h A.F. commence l'article. De 7 h 1/2 à 9 h il reçoit. A 9 h il dîne de rien : potage, fruit. A 10 h 1/2 imprimerie, jusqu'à 6 ou 7 heures du matin : il fait son courrier. Il se couche à cette heure-là, rue de Verneuil.
Varillon est impayable quand il le montre ouvrant avec fièvre son courrier, le meilleur moment de la journée. Que va-t-il trouver ? Il ne se sert pas d’un de ces petits coupe-papiers en bois, comme Varillon lui en a proposé vingt fois. Non, il fait ça avec le pouce et si l'enveloppe ou sa doublure sollicitée d’un, deux, trois côtés, résiste encore, il la réduit alors en miettes, et en fait voler les débris ds la pièce. Ces débris il les ramassera si soudain il trouve 1 billet, et inscrira sur le débris d'enveloppe la somme trouvée en remettant le billet dedans. Il coupe les livres reçus avec son doigt. S'il déchire une page en 2 il épingle les 2 bouts. Pour prendre 1 revue sous une pile de livres, il tire et tout tombe, alors, il appelle, et avec beaucoup de politesse : « Auriez-vous l’obligeance, etc... »

La visite à Martigues, août 1931
L.A.S., Taillefer, Saint-Bonnet-le-Château, 14 juillet 1931, Pierre Varillon, 2 pp. in-8 ; Varillon enthousiaste, organisant une rencontre estivale entre Benjamin et Charles Maurras à Martigues + télégramme
La Venise provençale, la maison natale de Maurras à Martigues, carte postale
11 petits clichés photographiques de la visite à Martigues, 8 août 1931 : Pierre Varillon au volant d’une automobile ; Charles Maurras dans le jardin de sa propriété ; Charles Maurras et René Benjamin ; Geneviève Ruxton
Carnet de poche des notes manuscrites de René Benjamin, 15 x 10 cm, 90 ff., y consigne au crayon bois, au jour le jour, son déplacement et sa visite dans la propriété provençale de Charles Maurras, y capture l'intimité du maître des lieux, et croque avec les mots ce qu’il voit et ce qu’il entend

L’écriture conjointe de la biographie
Photocopies du brouillon manuscrit original titré « Le Bain de Charles Maurras », écrit entre le 7 novembre 1931 et le 15 avril 1932
Adjugé : 1 500 €
Charles Maurras, ce fils de la Mer, 1931-1932

Réunion de manuscrits,...
Lot 91
Lot 94
Charles Maurras (1868-1952), écrivain et poète

Réunion de 17 publications, en majorité avec envois autographes signés

Pages littéraires choisies
Paris, Edouard Champion, 1922
Broché, 22,5 x 14,5 cm
Envoi autographe signé

Les nuits d’épreuve et la mémoire de l’Etat, chronique du bombardement de Paris
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1924
Broché, 20 x 13 cm
Envoi autographe signé

Anatole France, politique et poète
Paris, Plon-Nourrit & Cie, 1924
Edition originale
Broché, 17 x 12 cm
Envoi autographe signé

Enquête sur la monarchie
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1924
Edition originale, ex. presse
Broché, 23 x 14 cm
Envoi autographe signé

La musique intérieure
Paris, Bernard Grasset, Coll. les cahiers verts, 1925
Edition originale, ex. presse n°165
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Le chemin de Paradis
Aquarelles de Gernez
Paris, A la cité des livres, 1927
Edition originale sur vélin Arches
Broché, 33 x 25,5 cm
Sous chemise cartonnée et étui
Envoi autographe signé

Gaulois, germains, latins
Les cahiers d’Occident, n°1
Paris, Librairie de France, 1926
Broché, 24 x 19 cm

L’avenir de l’Intelligence
Paris, Ernest Flammarion, 1927
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Contes philosophiques
3 volumes
Paris, Editions du Capitole, 1928
Edition originale
Broché, 19 x 14,5 cm
Etui

Etc...

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Adjugé : 750 €
Charles Maurras (1868-1952), écrivain et poète

Réunion de 17 publications, en...
Lot 94
Lot 97
Pierre Varillon (1897-1960), écrivain, journaliste et militant royaliste

Lot de 35 L.A.S./P.A.S., 1922-1947, adressés à René Benjamin, dont :

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L.A.S., entête A la Cité des Livres , Paris, 20 février 1922 ; annonce de la publication d’une nouvelle version de Gaspard en papier de luxe, Pierre Varillon exerçait la fonction de codirecteur éditorial de la maison d’édition La Cité des Livres avec l’historien Jean Longnon et l’éditeur Pierre Castellan
L.A.S., entête La Revue Hebdomadaire , Paris, 26 juin 1922
L.A.S., Ventressac (Haute-Loire), 19 juillet 1926 ; au sujet de la censure subie de son ouvrage La Fausse Route
L.A.S., Paris, 1er décembre 1926 ; au sujet des violentes contre-manifestations subies par René Benjamin de la part des syndicats d'instituteurs et des mouvements de gauche lors de ses conférences
L.A.S., Villa Suzanne Saint Raphaël, 18 juillet 1927 ; lettre pleine d’ironie et verve se moquant de la vieille noblesse provinciale
L.A.S., entête La Revue Universelle, Paris, 6 octobre 1937 ; confidence intime de Pierre Varillon à René Benjamin sur sa dépression profonde, son passé difficile et le rôle quasi-sauveur qu'a joué Charles Maurras dans sa vie
P.A.S., Lyon, 19 août 1942 ; replié en zone Sud, entre détresse physique et résilience littéraire

Joint : Copie tapuscrite de la correspondance envoyée par René Benjamin à Pierre Varillon, du 11 avril 1924 au 27 avril 1948, 13 pp. in-4

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Estimation : 300 € ~ 600 €
Pierre Varillon (1897-1960), écrivain, journaliste et militant royaliste

Lot de 35...
Lot 97
Lot 99
Léon Daudet (1867-1942) et René Benjamin, une amitié fidèle et littéraire défiant l’ordre établi de la IIIe République

Lot de correspondances, coupures de presse et notes manuscrites

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25 L.A.S./P.A.S., 1927-1942, adressées à René Benjamin, dont :
L.A.S., jeudi, s.d. [1927]
Cher ami ( ) Je ne pourrai aller au banquet de demain soir. Madame Benjamin a du vous dire que je votais à tous les tours pour Maurice Brillant, auteur de L’amour sur les tréteaux ou la fidélité punie. C’est un brave homme, de beaucoup de talent, qui n’a jamais eu de veine, qui écrit au Correspondant (chichement payé) et qui a le sens de la langue française. Pesquidoux va avoir le prix de l’Académie et Rivoire est un auteur arien : arrivera à rien. Cependant que Brillant se balade dans l’escalier du Correspondant ( ) Cet argument n’est pas à faire valoir, mais entre nous deux, il n’est pas mauvais .
L.A.S., 20 juillet 1928, Le Zoute sur Mer
( ) on va réhabiliter le Bonnet Rouge et cela est grave. C’est aux yeux de l’Allemagne une pièce de Fournié comme l’acquittement de la Caillaux. Alors j’ai pensé à ceci : ne pourriez vous voir à ce sujet Clemenceau, ou au moins lui écrire une lettre pathétique, lui montrant le danger de la chose et lui demandant d’intervenir publiquement et de haut. C’est lui qui au Sénat le 22 juillet 1917 a attaché le grelot de Bonnet Rouge. C’est sous sa présidence que ces [ ] ont été condamnés. Poincaré a tout su et aujourd’hui il laisse agir Barthou et la chambre criminelle. C’est abominable. Une lettre publique de Clemenceau, comme il sait les écrire, aurait un immense effet et terrasserait ces ignobles ministre...
L.A.S., Saint Rémy de Provence, 18 octobre 1939
Cher ami je reçois votre lettre et j’apprends avec joie que votre cher garçon a quitté la ligne Maginot pour les « Maures ». En ce qui concerne Jean Rameau je pense que c’est à la Société des Gens de Lettres à s’occuper de lui. J’ai écrit à Jean Ajalbert que je votai pour Lebesgue (Philéas) dont je n’ai rien mais qu’il y a d’après nos amis enjeux à soutenir. Quant au prix, j’ai prévenu le même Ajalbert que je votai à tous les tours Simone (Me François Porché) et son dernier roman qui me paraît supérieur à tous les autres. Il serait absurde de ne pas donner le prix cette année. Là-dessus je suis d’accord avec Descaves. Vous savez ce que je pense sur Hitler, un détraqué et la guerre qui ne peut être qu’un désastre pour l’Allemagne et je crois prompte contrairement à l’opinion commune. Question de chefs militaires (Gamelin, Giraud, etc). Hitler a eu la bonne idée d’Escoffier Fritset. J’attends beaucoup de tes initiatives...

Notes manuscrites de René Benjamin, sur feuillets volants, + de 100 pp. in-12 et in-8 ; témoignages de rencontres, notes de lecture, brouillons pour des conférences et articles, 1923-1940
La première rencontre
Visite de Daudet à la prison de la Santé, 20 juin 1927
Propos tenus au cours de nombreux dîners chez Léon Daudet (Paris, Zoute sur Mer, Bruxelles, et chez Mme Ruxton, visites à l’Action Française, 1923-1940, dont 3 février 1936 chez Mme Ruxton

Brouillon pour une conférence sur Léon Daudet, 6 pp. in-8 : son catholicisme et son royalisme, la violence ; la joie au travail ; le don de conter ; les qualités personnelles (imagination, gaité)

Brouillon de la protestation contre l’emprisonnement de Léon Daudet signée par Anna de Noailles, André Antoine et Henry Bernstein

+ de 50 extraits d’articles de presse (en majorité L’Action Française) et de revues écrits par Léon Daudet Notes manuscrites de René Benjamin sur feuilles volantes in-8 et in-12, 1921-1942
+ coupures de presse sur Léon Daudet, 1925-1946 ; sur l’assassinat de Philippe Daudet et le procès Bajot-Daudet dont extraits de l’Action Française des n°300 (25 oct. 1925) au n°325 (21 novembre 1925)

26 L.A.S./P.A.S., 1926-1960, Marthe Allard-Daudet, seconde épouse de Léon Daudet, adressées à René Benjamin et à son épouse Elisabeth Lecoy
+ 6 L.A.S. Charles Daudet, François Daudet, et Edmée Daudet-Chauvelot

Etc...

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Adjugé : 400 €
Léon Daudet (1867-1942) et René Benjamin, une amitié fidèle et...
Lot 99
Lot 100
Julia Allard-Daudet (1844-1940) et Lucien Daudet (1878-1946)

Lot de correspondances

15 L.A.S./P.A.S., 1913-1936, Julia Allard-Daudet, adressées à René Benjamin et à son épouse, dont :

L.A.S., Paris, 18 novembre 1916
Monsieur mon appréciation pour Gaspard serait la même pour votre nouveau livre Sous le Ciel de France. C’est le même entrain, la même bonne humeur racontant une pitié humaine sans phrases mais si pénétrante ; et comme vous aimez notre beau pays, envahi et blessé mais où il se trouve (...) Vous avez bien fait monsieur de clore votre livre sur un sourire printanier, car l’hiver aux armées nous révèle toute la misère et l’horreur que nous devinons mal de loin et pourtant qu’il faut apprendre à connaître pour mieux maudire cette guerre insensée ! Lisant à votre page 90 vos lignes éloquentes sur la place de la Concorde je ne puis m’empêcher de vous envoyer ces vers qu’elle m’a inspirées cet été, heureuse d’une rencontre de votre impression avec la mienne... suivi d’un poème intitulé Place de la Concorde, pp. in-8

17 L.A.S./P.A.S., 1924-1944, Lucien Daudet, adressées à René Benjamin et à son épouse, dont :
+ L.A.S. Marie Thérèse Allard-Daudet, 1945
L.A.S., La Roche, Chargé, 2 juillet 1942, lendemain de la mort de Léon son frère
L.A.S., La Roche, Chargé, 18 décembre 1942, rumeur d’entrée à l’Académie Goncourt

Etc...

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Adjugé : 500 €
Julia Allard-Daudet (1844-1940) et Lucien Daudet (1878-1946)

Lot de correspondances

15 L.A.S./P.A.S.,...
Lot 100
Lot 101
Léon Daudet (1867-1942), écrivain et journaliste

Réunion de 21 publications, en majorité avec envois autographes signés

Fantômes et vivants
souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques, médicaux de 1880 à 1905
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1914
Edition originale
19 x 12,5 cm, reliure demi-chagrin à coins, dos à 4 nerfs, tête dorée, signée Grégoire Levitzky
Envoi autographe signé

L’entre-deux-guerres
souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques, médicaux de 1880 à 1905
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1915
Edition originale
19 x 12,5 cm, reliure demi-chagrin à coins, dos à 4 nerfs, tête dorée, signée Grégoire Levitzky
Envoi autographe signé

Devant le douleur
souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques, médicaux de 1880 à 1905
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1915
Edition originale
19 x 12,5 cm, reliure demi-chagrin à coins, dos à 4 nerfs, tête dorée, signée Grégoire Levitzky
Envoi autographe signé

Salons et journaux
souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques, médicaux de 1880 à 1905
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1917
Edition originale
19 x 12,5 cm, reliure demi-chagrin à coins, dos à 4 nerfs, tête dorée, signée Grégoire Levitzky
Envoi autographe signé

L’Hécatombe
Récits et souvenirs poitiques 1914-1918
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1923
Broché, 19 x 12 cm

La Chambre nationale du 16 Novembre
Dessins de Jehan Sennep
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1923
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Le Nappus fléau de l’an 2227
Paris, Ernest Flammarion, 1927
Broché, 19 x 12 cm
Edition originale
Envoi autographe signé

L’Action Française et le Vatican
Paris, Ernest Flammarion, 1927
Broché, 19 x 12 cm
Edition originale

L’homme et le Poison
Paris, Nouvelle librairie nationale, 1925
Edition originale n°7 sur pur fil Navarre
19 x 12,5 cm, reliure demi-chagrin à coins, dos à 4 nerfs, tête dorée, signée Grégoire Levitzky
Envoi autographe signé

Etc...

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Adjugé : 650 €
Léon Daudet (1867-1942), écrivain et journaliste

Réunion de 21 publications, en...
Lot 101
Lot 103
Georges Gaudy (1895-1987), écrivain, journaliste, conférencier et militant nationaliste à l’Action Française

Lot de correspondances

17 L.A.S., 1925-1948, adressées à René Benjamin, dont :

L.A.S., 26 janvier 1925
Monsieur je reviens de Clermont-Ferrand et je trouve votre aimable lettre. J’ai vu là-bas les étudiants d’Action Française et j’ai eu la joie de constater que la plupart connaissait au moins, votre dernier livre. C’était un réconfort que de les entendre parler de vous, et rire joyeusement dans un petit café, où 5 ou 6 ténébreux francs-maçons, à tête de fonctionnaires, nous épiaient de leur regard sombre, et grommelaient de leurs lèvres molles on ne sait quels obscurs propos. Il est stupéfiant que dans cette France si héroïque à la guerre, on soit si privé de courage dans les luttes civiques. S’il n’y avait pas cette magnifique Action française qui est ma raison d’espérer, je ferais miennes les conclusions désolées de Drumont. Aussi qu’un homme de votre talent dise tout haut ce qu’il pense, célèbre, sans se soucier de ce qu’en disent les salons, les vrais Français, (...) c’est un si rare spectacle, qu’il me plonge dans l’allégresse et dans l’admiration. (...) Il suffit de lire deux pages de vous pour voir que si vous ignorez les affres des ajusteurs et des tarabiscoteurs de mots, vous dites, dans un style immuable, de la façon la plus directe, ce que vous pensez, sans vous soucier de plaire ou de déplaire. En ce siècle de vains littérateurs, vous sauvez avec quelques autres qui sont des hommes notre honneur...

L.A.S., Saint-Junien, 24 octobre 1927
Cher monsieur Benjamin (...) j’ai repris les tournées de conférences pour l’Action Française. Hier, j’ai eu à Chasseneuil en Charente une controverse avec un pasteur protestant, fort honnête homme, mais lorsqu’on lui parle de politique, démontre ou essaie de démontrer la supériorité de l’eau sur le vin et se déclare partisan d’une théocratie. Vendredi j’irai à Châteauroux (...) Nous aurons là cent commissaires, car les communistes veulent parait-il renouveler leurs sanglants exploits du Blanc. Si les jours d’hôpital que nous avons dû infliger aux leurs dans cette ville ne leur suffisent pas, nous augmenterons la dose, même si les démocrates chrétiens doivent verser des pleurs. Depuis la Ville Rouge dont je suis fort mécontent, je n’ai rien publié (...) J’avais presque achevé un roman en trois ou quatre volumes (...) Il s’agit d’un problème passionnant : le petit nombre des Elus. J’ai connu pendant la guerre un voyou dangereux qui à la suite de magnifiques exploits avait été nommé caporal, ce qui le relevait à ses propres yeux. Un jour on le soupçonne d’avoir favorisé l’évasion de soldats prisonniers et on le casse. Désespoir. Cet homme voulut la réhabilitation ou la mort et se fit noblement tuer. Nul autre que moi n’a connu sa pensée profonde. Il a laissé à ses témoins une image dégradée. Vous comprendrez que j’ai réfléchi à la destinée de ce malheureux. Il était le produit de quelle hérédité, de quelle éducation ! Et ce sentiment de l’honneur qui jaillit comme un éclair d’une plaque de boue et le mène à la mort...

L.A.S., entête Camelots du Roi, 18 mai 1929
Cher monsieur (...) le monde est un beau ramassis de crétins et de forbans. On pense au mot du pauvre Hamlet ! Pourquoi vouloir donner le jour à une race de pécheurs ? J’ai connu des centaines d’hommes, et j’ai vécu quatre années de guerre, c’est à dire une vie qui vaut bien dix monotones existences de professeurs ou de boutiquiers, et parmi les gens de ma génération, je n’en ai vu que trois d’intéressants, d’assez intéressants pour qui on souhaite offrir sa peau pour sauver la leur. Il y en a malheureusement deux de morts. Tous les deux, circonstance étrange, se sont fait crever le ventre pour sauver le lot d’imbéciles et de gredins que nous cotoyons aujourd’hui. Heureusement la mort approche pour tous, chaque jour...

Joint : 6 L.A.S. dont 6 à entête L’Action Française journal quotidien , 1922-1944, adressées à René Benjamin : 3 L.A.S., 1922-1924, Lucien Dubech ; L.A.S., Lyon, 15 juillet 1944, Roger Joseph ; L.A.S., 29 décembre 1940, Charles Lesca administrateur de l’imprimerie du journal ; L.A.S., Paris, 24 novembre 1943, Noël Boyer, critique musical et secrétaire de rédaction

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Adjugé : 270 €
Georges Gaudy (1895-1987), écrivain, journaliste, conférencier et militant nationaliste à...
Lot 103
Lot 107
Sacha Guitry (1885-1957), dramaturge et acteur

Lot de correspondances, invitations, allocution, photographie et divers

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29 L.A.S./P.A.S./L.S., certaines avec enveloppes affranchies, et 16 télégrammes, 1918-1947, dont :

L.S., Paris, 38 rue Scheffer, s.d. [février 1918], deux places réservées au théâtre du Vaudeville pour la représentation de la pièce Deburau
L.A.S., Paris, 4 octobre 1926, remerciement pour la parution d’un article sur Sacha Guitry
L.A.S., Paris, 11 juin 1930, lettre de recommandation pour rencontrer le physicien et médecin Edouard Branly, avec enveloppe adressée
L.A.S., Paris, 28 juin 1939 ; élu à l’Académie Goncourt
L.A.S., 2 octobre 1939
Mon très cher ami vous êtes venu à Paris et je ne l’ai pas su, pourquoi ? Albert m’a dit : il va revenir la semaine prochaine. J’avais pris cela pour un rendez-vous ! Vous n’êtes pas revenu ? J’en suis désolé. Vos deux grands articles de Candide sont admirables. Ils sont écrits au rythme des battements de votre cœur. A la dernière ligne on est époumoné dame ça monte ! et ça remonte. Laissez-moi en ami fidèle et tendre partager votre émotion et votre angoisse. Et je ne veux pas attendre la fin de ma lettre pour vous embrasser tous les deux, elle et vous. Il se passe au front des horreurs, il se passe en Pologne des monstruosités. Et j’ai l’impression qu’il se passe à Paris des choses pas très belles. Oh ! Clemenceau !
J’organise depuis 15 jours une chose qui me tient à cœur. J’ai réuni : Victor Boucher, Max Dearly, Gaby Morlay, Elvire Popesco, Raimu, Mireille et nous, nous allons aller de ville en ville ; Orléans, Tours, Angers, Angoulême etc etc tous bénévolement à nos frais sans subvention et à chaque représentation pour compter offrir une ambulance à la Croix Rouge. Chaque ambulance portera le nom de la ville où la recette aura été réalisée. Nous devons faire une moyenne de 46000 fr. La recette intégrale sera versée et j’ai bon espoir. Ensuite j’irai chez les neutres sans doute dans le même but. Envoyez moi s’il vous plait quinze fois sur 15 feuilles de papier votre phrase : On ne peut pas vivre sous les Allemands. On peut mourir sous eux. Et signer. C’est pour une vente aux enchères au cours de la journée
L.S., Paris, 12 septembre 1940 + brouillon manuscrit d’une partie de la lettre au crayon bois signée
Voici la troisième lettre que je vous écris. Les deux premières me sont revenues et, de tout cœur, je souhaite que celle-ci vous parvienne enfin et dans cet espoir, je ne vois rien de mieux à faire que de recopier la première de ces lettres. Je vous disais :
Enfin ! Enfin, j’ai de vos nouvelles et avec quelle émotion et quelle joie, je viens de lire et de relire votre lettre !
Aussi, je vous embrasse tout de suite. Je recommencerai tout à l’heure en vous quittant mais je ne veux pas attendre davantage pour le faire, car je tremblais pour vous depuis des semaines et des semaines, depuis cette lettre où vous m’appreniez votre folle détermination de partir à bicyclette. Je vous imaginais sur les routes, éreinté, transpirant, et j’étais obsédé par la vision odieuse de votre cicatrice se rouvrant.
Ah ! Comme vous avez eu raison de rester chez vous restez-y.
Oui, nous sommes à Paris. Après cinq semaines de traitement à Dax, après la catastrophe, nous avons regagné nos "foyers". Nous l’avons fait sans trop de peine, grâce, il faut le dire, à l’obligeance de l’occupant. Si nous n’avions compté que sur les nôtres, nous serions sans doute encore dans quelque camp de réfugiés. A ce propos, je vous conterai plus tard mille détails qui vous amuseront et qui vous navreront. Entre autres, le départ de Bergson, négligé par les Français, hélas ! et salué par un peloton de soldats allemands.
(A ce sujet, j’aimerais savoir si Monsieur Bergson est en bonne santé et s’il a pu regagner sa maison de Saint-Cyr, sise en face de la Béchellerie, de France. Prenez de ses nouvelles et, s’il vous plaît, donnez-m’en)
Aussitôt rentré à Paris, j’ai mis Pasteur en répétitions... etc. etc.
Et, aujourd’hui, alors, voici de nos nouvelles. Nous avons joué Pasteur à deux reprises, devant des salles qui n’étaient pas pleines, mais qui étaient vibrantes. L’attitude des officiers allemands encourageait le public à ne pas dissimuler ses sentiments.

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Adjugé : 2 600 €
Sacha Guitry (1885-1957), dramaturge et acteur

Lot de correspondances, invitations, allocution,...
Lot 107
Lot 108
Sacha Guitry (1885-1957) et René Benjamin (1885-1948), une amitié indéfectible et profonde

Lot de manuscrits, notes, correspondances et coupures de presse

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Env. 280 pp. sur feuillets volants in-12 et in-8, prises de notes par René Benjamin, entre 1920 et 1933
Rare ensemble de notes manuscrites recueillies et compilées pendant près d’une décennie : anecdotes, conversations téléphoniques, témoignages, confidences recueillis lors de diners et entretiens accordés, des représentations théâtrales, tentant de cerner la personnalité et l’œuvre de Sacha Guitry. Sources de premières mains utilisées pour la rédaction de ses articles et publications. Dont :
vendredi 28 décembre 1928 dîner chez Sacha, 13 pp. narrant en détail la soirée
Chez Sacha, 8 novembre 1929 ; parle de son métier, de la critique, de ses ennemis, montre sa collection d’autographes, clame qu’il est réactionnaire...
Chez Sacha, 15 mars 1930 ; admiration pour René Benjamin le conférencier
Chez Sacha au Cap-d’Ail, 26 janvier 1931 ; confidences d’Yvonne Printemps, parle des infidélités d’Albert Willemetz, Sacha raconte des anecdotes sur Courteline, les derniers instants d’Edmond Rostand, Jules Renard, Anatole France, Capus, Bernstein, Mirbeau, Léon Daudet, Sarah Bernhardt, de son expérience au cinéma...
20 juin 1932 après la matinée de Désiré, chez Sacha
à Park Elysées Hôtel, dimanche 27 novembre 1932 ; Sacha se confie sur sa rupture avec Yvonne Printemps qui l’a trompée
Sacha et ses manuscrits

2 brouillons manuscrits écrits par René Benjamin :
Le théâtre fait homme, Sacha Guitry, 18 pp. in-4
A Château-Thierry, maison de La Fontaine, 4 pp. in-4

5 L.S., 1926-1927, Gustave Pigot, directeur des éditions Le Capitole qui publièrent l’oeuvre collective Sacha en 1926 + 2 brouillons de lettre de René Benjamin mécontent de cette collaboration

Sacha Guitry, roi du théâtre (1933)
Brouillon tapuscrit, Paris, juin 1933, avec ratures, corrections et ajouts, 176 pp.
+ notes manuscrites sur feuillets volants in-8 de René Benjamin
+ de 70 L.A.S./P.A.S. et L.S. reçues par René Benjamin, 1933-1934 ; félicitations et remerciements, dont
Julia Allard Daudet femme de lettres poétesse, épouse d’Alphonse Daudet - Gaston Bernheim de Villers marchand d’art - Georges Bernheim galeriste - Léon Chancerel auteur et metteur en scène - Suzanne Després actrice - général Henri Gouraud - Daniel Halévy historien et essayiste - Antoine de Lévis Mirepoix historien - Maréchal Lyautey - Pol Neveux, écrivain et membre de l’Académie Goncourt - Edmond poète et essayiste - René de Planhol critique littéraire - J.-H. Rosny l’aîné - Albert-Emile Sorel homme de lettres - Benjamin Vallotton écrivain
L.A.S., Paris, 27 décembre 1933, Lucien Daudet, écrivain et peintre
Joint : 2 L.A.S., abbé Jean Fontagnères, l’un des amis intimes de Sacha Guitry

Etc...

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Adjugé : 2 000 €
Sacha Guitry (1885-1957) et René Benjamin (1885-1948), une amitié indéfectible...
Lot 108
Lot 112
Albert Willemetz (1887-1964), librettiste, lyriste et scénariste

Lot de 26 L.A.S./P.A.S., 1920-1949, adressées à René Benjamin, dont :

P.A.S., [1920] ; montage de la revue Paris qui jazz au Casino de Paris, au cours de laquelle la star Mistinguett a interprété pour la toute première fois la chanson mythique Mon homme, dont Albert Willemetz avait écrit les paroles
Non mon cher René je ne suis pas mort : je suis seulement abruti, ce qui est pire. Je passe une grande revue au Casino de Paris avec des costumes de Poiret, un bouge en feu, une locomotive, une danseuse espagnole, 12 hawaïens, 250 figurants.. et un âne délicieux... qui ne sait rien faire... Je compte partir me reposer la semaine prochaine et prendre enfin un bon petit mois de vacances. (...) et toi que deviens-tu ? "romanesquement et théâtralement". Dis-moi tes projets. Moi les miens sont très simples. Ramassez vite assez d’argent pour fiche mon petit camp et laisser la place à ceux qui m’énervent... C’est vraiment un métier trop fatigant et trop décevant ! Il y a trop de jalousies et pas assez de bonne volonté. Je ne crois pas que j’insiste mon fils à prendre ma suite. L’Intérieur ce n’était pas très lucratif mais c’était la petite vie calme et tranquille... vive le fonctionnariat ! Que diable ai-je été faire dans cette galère ??...
Plusieurs échanges, 1931, concernant l’écriture de la pièce de théâtre Paris créée par René Benjamin avec l’aide d’Albert Willemetz
L.A.S., Rosalba, Marnes-la-Coquette, [1931]
Mon cher René après bien du mal j’ai pu comme te le disant un télégramme voir Volterra. Il nous a fallu pour cela aller jusqu’à Bagdad, c’est à dire diner à 10 heures du soir à l’Exposition coloniale et lorsque le jazz voulait bien mettre une légère sourdine, j’ai réussi au milieu des nègres, des danseuses nues, des derviches tourneurs lui arracher bribe par bribe quelques réponses et quelques précisions. Voici la situation. Elle est exactement celle que je t’avais laissé prévoir. Pagnol lui a promis de lui livrer finie Fanny pour que la pièce entre en répétition premiers jours de septembre. Il ne lui reste plus qu’un tableau à mettre au point et quelques centaines de pages à couper. Léon compte énormément sur cette suite de Marius. Il m’a dit que c’était remarquable et même supérieur à Marius et qu’il comptait jouer cela toute l’année. Dans ces conditions, a t il ajouté, je n’ai pas le droit de stopper la pièce de Benjamin ! Il conserve d’autre part Marigny définitivement en cinéma. Il a obtenu l’autorisation de la ville de Paris ! Que désires-tu faire ? De quel côté préfères tu que je me tourne ? Porte Saint Martin où très vraisemblablement tu pourrais avoir le second tour (après la pièce de Rostand) ou Pigalle au cours de la saison...
P.A.S., Rosalba, Marnes-la-Coquette, 2 juillet 1932 ; soutien après l’échec de la représentation de Paris

3 L.A.S./P.A.S., 1931-1932, Ernest Willemetz, père d’Albert

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Adjugé : 200 €
Albert Willemetz (1887-1964), librettiste, lyriste et scénariste

Lot de 26 L.A.S./P.A.S.,...
Lot 112
Lot 117
Georges Bozonnat (1904-1960), homme de lettres et journaliste suisse

Réunion de correspondances et tapuscrits

32 L.A.S./P.A.S./L.S., 1932-1941, adressées à René Benjamin, dont

L.A.S., Paris, 2 mars 1932 + Paris, tapuscrit 7 pp. in-4 ; commentaire sur la pièce de théâtre écrite et jouée de René Benjamin
L.A.S., Rueil, 17 décembre 1935 ; longue critique contre le cinéma parlant et sur l’avenir du théâtre
L.A.S., Rueil, 6 avril 1938 + 2 chroniques Aspect du théâtre radiophonique et Grandeurs et misères d’une profession nouvelle , 4 pp. tapuscrites in-4w
L.S., Rueil, 29 juin 1938 ; commentaires du dernier livre de René Benjamin Chronique d’un temps troublé
L.A.S., Paris, 15 janvier 1940
Cher Monsieur Benjamin, (...) Vous me réclamez des nouvelles : rien de plus simple. Je suis, comme vous savez, engagé volontaire pour la durée des hostilités, selon la formule. Et j'ai connu deux ou trois conseils de révision. C'était vers la fin août - et puis ce fut septembre. Et commença cette drôle de guerre - où l'on n'a pas besoin d'hommes. Octobre, novembre : convocation. Je m'attendais chaque jour à partir. Renvoyé jusqu'en Janvier. Enfin le terme arrive et il est temps. Il est temps non par patriotisme seulement. C'est un sentiment plus profond, la sensation de devenir "normal", je veux dire encadré par la foi, l'espérance et la charité. De pouvoir tutoyer (à la condition que son grade ne soit pas trop vertigineux) un Jean-Loup de la ligne Maginot. De juger sereinement un franc-goujon - tous les franc-goujon de ce temps. Et qui sait ? J'aurai peut-être la veine de faire équipe avec Gaspard. Mon père qui fut 8 ou 9 ans soldat rêvait de la revanche probablement. C'est aussi une revanche qui m'est offerte et voilà pourquoi j'ai bondi sur l'occasion. Une belle revanche ! 20 ans de pourriture, de compromis, de pactes, de fallacieuses promesses, d'espérances trompées, un monde qui ne demandait qu'à être trompé - 20 ans effacés d'un seul coup. J'ai fait un doctorat à Genève, entendu Stresemann pérorant à la SDN, travaillé 1 mois à l'Union Interparlementaire, flâné avec Thibaudet dans les multiples organisations genevoises. Oui, comme tout le monde, j'ai subi ce temps de folie, ce "temps trouble", avez-vous dit, et qu'on peut comparer à une pièce dont le texte faux a toujours été récité à contretemps par des acteurs sans talent et qui étaient enrhumés. Voilà de quoi me débarrasse la cruelle guerre. Avouez que cette revanche qui nous est réservée n'est pas à dédaigner. Et Vive la Nation, ajouterait Gaspard. Sans compter que cette explication, tout à fait incomplète, n'est pas exacte. Ce que je voudrais au fond, c'est mériter la France. Lui rendre modestement les dons magnifiques qu'elle m'a faits à elle-même. Faut-il penser qu'entre elle et moi il y a un mariage de raison ? Même pas. J'avais 10 ans en 1914 : je n'ai jamais voulu de service militaire (ô profonde influence de l'adjudant Flick!) Et puis, les guerres - qui ne cessaient jamais d'ailleurs - étaient mortes pour nous. Il a fallu Maurras, vous, Dollfuss et cette amie en peine qu'est Schunnig, il a fallu le glacial Bainville pour nous réveiller. Lentement. Sûrement. La guerre sur l'Alsace et sur la Lorraine ? Tout change alors. Et je suis allé m'engager une semaine avant Munich. C'est alors que cette France magnifique - ce sont des traits comme celui-là qui m'enchantent - m'a refusé mes droits parce que je m'étais dérobé à mon devoir militaire. Tout cela c'est du passé. Mais vous comprendrez mieux peut-être le sentiment de délivrance que j'éprouve maintenant. Je vais à la guerre désintéressé et nu, lavé pour un temps de toute erreur. (...) Je voudrais que votre amitié sache certains faits qui peuvent s'évanouir. J'avais travaillé dur 5 ou 6 ans pour pouvoir vivre raisonnablement. C'est dur de couper provisoirement dans cette terrible solitude qu'est un homme à Paris, sans table de travail, sans livres - sans climat. Je travaillais pour gagner une fenêtre qui aurait eu le droit de voir le Boulevard Saint-Michel, par exemple et vous saurez très bien quelle pièce j'évoque quand vient me trouver la mélancolie. Eh! bien, tout cela, je l'avais gagné. Je l'avais, après avoir changé de vie. Ce qui est ma grande passion - la seule - le théâtre - je la
L.A.S., Paris, 6 août 1941 ; intègre l’équipe de rédaction de Je Suis Partout

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Estimation : 300 € ~ 600 €
Georges Bozonnat (1904-1960), homme de lettres et journaliste suisse

Réunion de...
Lot 117
Lot 118
René Benjamin en déplacement dans les Balkans, 1933-1938

Lot de correspondances, manuscrits, coupures de presse, médailles, cartons d’invitation et divers

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Avec l’aide de ses éditeurs et de ses contacts au sein des groupuscules royalistes ou nationalistes, René Benjamin organise une série de conférences (Molière ; Le visage de la France en 1934, son esprit et son cœur (essai d’esquisse) ; les lettres d’Amour de Balzac ; l’amour de la Grèce : de Clemenceau à Maurras ; Une fille d’Apollon : Mme de Noailles) en Turquie, Grèce et Roumanie entre 1933 et 1938.

Portrait photographique, 1934, avec signature autographe à l’encre bleu de la reine Marie de Roumanie (1875-1938), née Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, épouse du roi Ferdinand Ier et une héroïne nationale en Roumanie pour son rôle crucial durant la Première Guerre mondiale et lors de la Grande Union de 1918, 23 x 16 cm, contrecollé sur carton fort, marque en relief et signature au crayon du photographe, Studio Julietta (dirigé par Adolf Klingsberg) situé sur l’avenue Calea Victoriei à Bucarest, l'un des studios officiels de la Cour royale de Roumanie, spécialisé dans les portraits de la famille royale.
2 P.A.S., 1934, reine Marie de Roumanie, dont mot sur papier de deuil écrit au lendemain de l’assassinat de son beau-fils le roi Alexandre Ier tué Marseille le 9 octobre 1934. Cet assassinat est un terrible choc familial qui s'ajoute à une période déjà douloureuse pour elle. A cette époque, la reine Marie est profondément isolée et tenue à l'écart de la vie politique et publique par son propre fils aîné, le roi Carol II de Roumanie, avec qui elle entretient des relations très conflictuelles.
2 menus dont un portant la signature autographe de la reine Marie Amélie
4 cartes postales de la chambre à coucher et du bureau de la reine Marie de Roumanie au palais de Cotroceni
Brevet officiel du royaume de Roumanie, 12 juin 1933, Carol II roi de Roumanie nommant René Benjamin écrivain et journaliste au grade de Commandeur de l’Ordre de la Couronne de Roumanie
2 médailles en bronze, diam. 7 cm : médaille commémorative officielle de la Fondation Universitaire Carol I, et médaille commémorative officielle du cinquantenaire de la Société Royale Roumaine de Géographie (1925)
Notes manuscrites sur feuillets volants, + de 40 pp. in-8 et in-4 de René Benjamin sur ses diners, réceptions et rencontres, commentaires jour par jour, dont Promenade avec la Reine, 28 avril 1934
Discours manuscrit, 5 pp. in-4, écrit et signé par Paul Farca?anu dit Paul Zotta, jeune intellectuel, juriste et haut fonctionnaire roumain qui occupe un poste au sein du Cabinet du ministre des Finances Victor Slavescu
Discours manuscrit, 4 pp. in-4, écrit et signé par Mihail Farca?anu, jeune intellectuel, juriste et publiciste roumain, rédacteur pour Viitorul (« L'Avenir »), grand quotidien politique et l'organe de presse officiel du Parti National Libéral (PNL)
Tapuscrits, traductions d’articles parus dans la presse roumaine au sujet des conférences de René Benjamin

+ de 50 L.A.S./P.A.S. reçues par René Benjamin, dont
7 L.A.S. Cella Delavrancea (de son nom d'épouse Cella Lahovary) (1887-1991), célèbre pianiste concertiste, écrivaine et intellectuelle roumaine, fille de l’écrivain Barbu Delavrancea, épouse en troisièmes noces du diplomate aristocrate Philippe Lahovary, et amie intime et confidente de la reine Marie de Roumanie
2 L.A.S. Athanasios Philon, juriste et intellectuel grec membre du Parnassos, président du mouvement royaliste de la Société Politique Nationale, dont récit de la situation politique à la veille de l’abolition de la République (10 octobre 1935)
Atena Costaky Nicolau grande propriétaire terrienne, philanthrope roumaine - Grigore Filipescu directeur et propriétaire d'Epoca, l'un des quotidiens politiques les plus anciens et les plus respectés de Roumanie, fondateur mouvement politique conservateur, la Ligue « Vlad ?epe? » visant à assainir la corruption et à ramener le prince Carol sur le trône - Marie Nicolae Filipescu, amie intime de la reine Marie de Roumanie, mère de Grigori Filipescu - prince Vladimir Mavrocordato Grazziella Nicu Missir figure féminine de l'élite aristocratique et bourgeoise de Bucarest - Emanoil Hagi-Mosco, historien généalogiste et mémorialiste roumain - Mihail Sabini poète, essayiste et écrivain de l'avant-garde roumaine - Lily Teodoreanu, alias ?tefana Velisar Teodoreanu, femme de lettres, romancière, poétesse et traductrice roumaine - etc

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Adjugé : 1 700 €
René Benjamin en déplacement dans les Balkans, 1933-1938

Lot de correspondances,...
Lot 118
Lot 119
Le Duce Benito Mussolini et René Benjamin l’écrivain, 1935-1939

Lot de correspondances, brouillons manuscrits, carnets de notes, publications, coupures de presse, et divers

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Brouillon manuscrit avec ratures, Pâques 1935, 4 pp. in-4, du projet de lettre écrite par René Benjamin à l’attention de Mussolini, 4 pp. in-4

2 lettres/laissez-passer pour des audiences avec le Duce signées par Emanuele Grazzi directeur Général du Service de la Presse Etrangère au sein du sous-secrétariat d'Etat à la Presse et à la Propagande, prévues au Palazzio Venezia les 10 et 16 juillet 1935
L.A.S., Rome, 3 août 1935, Emmanuel Grazi, écrite en français

Brouillon de lettre, 29 octobre 1935, écrite par René Benjamin à l’ambassadeur d’Italie en France sollicitant une nouvelle rencontre avec Mussolini

Lettre/laissez-passer, Rome, 9 juin 1936, pour une audiences avec le Duce signée par Galeazzo Ciano ministre de la Presse et de la Propagande et gendre du Duce (le 10 juin 1936, Ciano sera nommé Ministre des Affaires étrangères), , prévue au Palazzio Venezia le 16 juin 1936

12 carnets de poche, 15 x 10 cm, contenant les notes manuscrites au crayon de bois de René Benjamin, y notifiant en détail ce qu’il voit, ses impressions personnelles et ses échanges dont ceux avec Benito Mussolini en juillet 1935 et en juin 1936 :
2 carnets titrés Mussolini consul de Rome (juillet 1935) 95 et 86 ff.
Carnet Deuxième voyage à Rome oct. nov. 1935 , 60 ff.
3 carnets Italie 1936 , 81, 85 et 43 ff.
Carnet Rome 1937" non paginé
2 carnets Rome-Florence, mai 1938 , 85 ff., et Rome (mai 1938), Allemagne (juillet 1938), Angleterre (juillet 1938) , non paginé
Carnet Rome nov. 1939", 70 ff.

Mussolini, un récit de sa vie , notes manuscrites sur feuilles volantes, env. 85 pp. in-8 ; René Benjamin, encore sous le charme après sa rencontre avec le Duce et sa visite à Rome, couche sur le papier ses impressions personnelles et se documente pour préparer une conférence sur la personnalité de Mussolini et son parcours

Notes manuscrites sur feuillets volants, 30 pp. in-8, sur des conversations et traits de caractères avec des personnalités rencontrées à Rome en 1935 : Charles de Chambrun, ambassadeur de France à Rome ; Sir Eric Drummond ambassadeur d’Angleterre à Rome et premier Secrétaire général de la Société des Nations ; Virginio Gayda directeur du journal Il Giornale d'Italia, porte-parole officieux de Mussolini et du ministère des Affaires étrangères ; baron Pompeo Aloisi chef de cabinet ; Fulvio Suvich secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères

Documents de propagande rapportés d’Italie
3 photographies de presse italiennes, 18 x 24 cm : machinario per la prozione del lanital : nuovo prodotto italiano (Machines de production Lanital : un nouveau produit italien) ; la propaganda del dopolav oro provinciale (la propagande du club provincial après le travail) ; la récolte des métaux précieux, 18 décembre 1935
2 bandeaux d’affiches de propagande en italien, 34 x 98 cm : unione fascita dei commercianti della provincia di bergamo Alle sanzioni economiche opporeme la nostra discipline la nostra solidarieta il nostro spirito di sacrifio
(Union fasciste des commerçants de la province de Bergame Nous nous opposons aux sanctions économiques par notre discipline, notre solidarité, notre esprit de sacrifice) ; Italia proletaria e fascista, Italia di Vittorio Veneto e della Rivoluzione, in Piedi ! (Italie prolétarienne et fasciste, Italie de Vittorio Veneto et de la Révolution, lève-toi !)
2 affiches, 68 x 49 et 99 x 69 cm A ricordo della piu iniqua delle ingiustizie, tutti gli italiani degni di questo nome lotteranno, organizzandosi nella piu accanita delle difese, distingueranno fra amici e nemici, ricorderanno lungamente, transmettendo il ricordore e l'insegnamento dai padri ai figli ai nipoti (En mémoire des injustices les plus iniques, Tous les Italiens dignes de ce nom combattront, s'organisant dans la défense la plus féroce, ils feront la distinction entre amis et ennemis, ils se souviendront longtemps, transmettant le souvenir et l'enseignement de père en fils et de petit-enfant) ; Notizie da Roma ve le manda federazione fascista dell'urbe supplément de la revue « Terra » dirigé par Umberto Bernasconi
6 prospectus de propagande luttant contre la pénurie d’essence, 15 x 25 cm au couleur du drapeau italien
4 photographies de l’Instituto Nazionale Luce, cartes postales, photographies d’œuvres conservées dans les musées à Rome

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Adjugé : 950 €
Le Duce Benito Mussolini et René Benjamin l’écrivain, 1935-1939

Lot de...
Lot 119
Lot 123
René Benjamin, une tournée en Europe (Italie, Allemagne, Espagne), la tentation de l’Homme providentiel, 1936-1939

Lot de manuscrits, correspondances, documents, coupures de presse et divers

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Voyage et conférences en Espagne, juin et octobre 1937, octobre 1938
Dossier contenant
coupures de presse, plaquettes, prospectus dont « Médiation en Espagne ? », Paris, 1938 ; « Rouge et Or (l’Espagne de Franco » par Georges Planes-Burgade ; « Ayuda a Madrid », ministerio de propaganda
Notes manuscrites sur feuillets volants de René Benjamin utiles à rédiger ses articles et conférences dont interview de René Casteran consul à Bilbao, 5 pages in-8 ; « Espagne, interroger aviateurs, essayer de comprendre l’utilité de ces affreux bombardements, puisqu’on vise à côté on détruit les biens des gens en premier, pourquoi être barbares ? »
Divers bulletins d’informations du camp républicain, tapuscrits, 1936
5 petits carnets in-12, + de 400 pp. de prises de notes au crayon bois de René Benjamin lors de ses voyages en Espagne en juin et octobre 1937, et en octobre 1938 ; dont récit de l’entrevue particulière avec le général Franco le 29 juin 1937
Sauf-conduit accordé à René benjamin, délivré à Salamanque, le 22 juin 1937 par le Grand Quartier Général du Generalísimo (Francisco Franco)
Correspondances passives des membres d'Acción Española, une revue culturelle et un mouvement politique de la droite monarchiste, catholique et contre-révolutionnaire des années 1930, dont 2 L.A.S. José Ignacio Escobar y Kirkpatrick VIe marquis de Las Marismas, l'un des membres fondateurs et piliers du mouvement ; 20 L.A.S. et cliché photographique, 1937-1948, Armand Magescas, militant royaliste maurassien, ami intime de grandes figures de la droite radicale espagnole comme Eugenio Vegas Latapié (fondateur de la revue Acción Española) ou l'homme politique José Calvo Sotelo, correspondant du journal conservateur espagnol ABC dans la zone de Guéthary, intermédiaire qui organisa les voyages de René Benjamin

L.A.S., entête Collège royal d’Espagne à Bologne (Italie), 3 août 1938, Juan de Borbon (Bourbon) y Battenberg (1913-1993), infant d’Espagne, 2 pages in-8
L.A.S., Séville, 25 novembre 1937, Juan Lafita y Diaz, directeur du musée archéologique de Séville, 2 pages in-8 ; relatif aux destructions subies des monuments et des églises « notre art détruite par les nouveaux barbares »
L.S., Talavera de la Reina, 2 septembre 1937, entête La Legion Bandera Juana de Arco, Jean Courcier capitaine commandant la XVIIe Bandera de la Légion étrangère espagnole ; appel à l'aide matérielle, le bataillon manquant cruellement de fournitures médicales + En Espagne nationale, Le bataillon Jeanne d’Arc, tapuscrit, 2 pages ½ in-4 + listes du matériel médical
Le « bataillon » Jeanne d'Arc, officiellement appelé la Bandera Jeanne d'Arc (la XVIIe Bandera de la Légion étrangère espagnole), est une unité militaire constituée de volontaires français partis combattre pour les nationalistes de Franco, formée en mai 1937 à Talavera de la Reina, qui a compté entre 300 et 500 hommes, la seule unité militaire francophone officiellement structurée au sein de l'armée de Franco

Le cœur de l’Espagne, 1938-1939, brouillon manuscrit écrit par René Benjamin, env. 65 pp. in-4 + 21 pp. in-8
Une visite au Prince des Asturies, héritier du trône d’Espagne ; Préface pour une histoire de la Révolution nationale espagnole, 1939 ; 2 brouillons manuscrits écrits par René Benjamin, 10 et 16 pp. in-4

15 petits tirages photographiques pris par René Benjamin lors de sa visite en Espagne (Bilbao), dont vue de René Benjamin entouré d’Escobar marquis de Las Marismas et du chauffeur

Brouillon de lettre, 28 avril 1939, au général Franco

Dossier Voyage à travers quelques pays et quelques cerveaux d’Europe, contenant
Coupures de presse et notes manuscrites sur feuillets volants in-8

L’Allemagne, brouillon manuscrit, 35 pages in-4 : l’extérieur l’ordre, la discipline amabilité absence totale de goût l’hitlérisme le régime Hitler Les résultats du régime Amour du travail Goût du travail l’organisation des loisirs ces régimes totalitaires la médiocrité forcée d’un tel régime Le racisme, les Juifs - les relations avec l’Eglise l’Anschluss l’antibolchevisme Le consentement la rancune allemande
L’opinion de l’Allemagne sur la France, brouillon manuscrit, 17 pages in-4
Victoire rouge à la S.D.N., tapuscrit, 5 pages in-4
L’enseignement hitlérien, brouillon manuscrit, 7 pages in-8

Petit carnet in-12, Allemagne nov. 1936, + de 80 pp. de prises de notes au crayon bois de René Benjamin lors de son voyage en Allemagne en novembre 1936

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Adjugé : 1 300 €
René Benjamin, une tournée en Europe (Italie, Allemagne, Espagne), la...
Lot 123
Lot 124
René Benjamin au Moyen-Orient (Liban Egypte, Syrie), 1937-1938

Lot de correspondances, notes manuscrites, photographies, coupres de presse et documentations

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Lot de + de 75 L.A.S./P.A.S., 1937-1938, adressées à René Benjamin, dont correspondance du baron Pierre de Lassus à Beyrouth ; Jacques Fumaroli, industriel à Alexandrie ; Jacques d’Aumale consul général de France en Palestine

2 L.A.S., Beyrouth (Quartier général), Alice Huntziger épouse du commandant supérieur des troupes du Levant
L.A.S., Lyon, 2 février 1937, Matthieu Varille, industriel mécène et écrivain + L.A.S. Alexandre Varille égyptologue, Medinet-Habou, 22 février 1937
2 L.S., Le Caire, Michel Boctor, secrétaire de rédaction du Journal du Caire
Copie de la lettre adressée à M. Umberto Jabès au Caire ; au sujet de l’accusation d’antisémitisme + brouillon de la lettre écrite par René Benjamin à Roger Garreau diplomate
L.A.S., Beyrouth, 1er mars 1937, Charles Corm, écrivain, poète et philanthrope libanais, considéré comme le chef de file du mouvement phénicien au Liban + photographie de la pétition adressée à l’ambassadeur de France
P.A.S., 16 mars 1937, Marie Hadad, peintre et écrivaine libanaise + invitation à l’exposition organisée par le cercle de la jeunesse catholique de Beyrouth
+ plaquette Marie Hadad, œuvres récentes, Georges Berheim & Cie
L.A.S., Beyrouth, 7 juin 1937, Joliot dit Jean Dobelle, rédacteur en chef du journal La Syrie
L.A.S., Paris (Hotels St James), 31 octobre 1937, Thérèse Barthas-Landrieu, docteresse en médecine, médecin du service sanitaire international d’Egypte (1911-1928) et secrétaire conseillère médicale du Croissant Rouge à Alexandrie (Egypte, 1930 à 1956)

3 petits carnets manuscrits, 14,5 x 9 cm, notes au crayon bois par René Benjamin lors de ses visites en Egypte, au Liban et en Syrie en 1937, + de 250 pp.

2 photographies, René Benjamin et son épouse accueillit en Egypte, février 1937
2 photographies déjeuner au cercle français à Ismaïlia, 4 mars 1937
2 photographies à Héliopolis, mars 1937

6 photographies de la basilique du Saint Sépulcre à Jérusalem montrant des échafaudages suite au tremblement de terre de 1927 + copie tapuscrite d’une lettre adressée au cardinal Verdier, écrite de Beyrouth le 7 mai 1935, dénonçant le mauvais état de la basilique

Etc...

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Adjugé : 950 €
René Benjamin au Moyen-Orient (Liban Egypte, Syrie), 1937-1938

Lot de correspondances,...
Lot 124
Lot 125
René Benjamin et les artistes peintres et illustrateurs

Lot de correspondances, estampes, notes manuscrites et coupres de presse

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Lot de + de 45 L.A.S./P.A.S., 1926-1968, adressées à René Benjamin et à sa famille, dont :

L.A.S., Les Colombières, Menton, 22 janvier 1926, Ferdinand Bac (1859-1952)
P.A.S., 22 octobre 1927, Jean-Louis Forain (1852-1931), peintre, illustrateur et graveur
3 L.A.S. et P.A.S. Maxime Réal del Sarte (1888-1954) sculpteur
Albert Besnard (1849-934) peintre et graveur : coupures de presse, plaquette exposition Albert Besnard, Galerie Marcel Guiot, Paris 1927 ; Comment fait-on un portrait, conférence d’Albert Besnard, n°6 du 1er mars 1927 Conferencia ; Albert Besnard peintre-roi, article de René Benjamin paru dans la Revue Universelle du 15 juillet 1929 + notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants, + de 50 pp. in-8 et in-4, sur la carrière et œuvres d’Albert Besnard

Albert Besnard (1849-1934) peintre et graveur
L’âne et le bateau
Burin
Signé en bas à droite
17 x 22,5 cm

23 L.A.S./P.A.S., 1927-1968, Philippe Besnard (1885-1971) sculpteur et sa femme Germaine Desgranges (1892-1974), sculptrice et artiste peintre + brochure Exposition Philippe Besnard sculptures, Galerie Ecalle, Paris, 1928

Charles Pinet (1867-1932) peintre et aquafortiste
Le Pont Neuf et la Cité
Les Ponts Couverts
2 eaux-fortes
15 x 22 et 9 x 14 cm (rousseurs)

Evan de Lapeyrière (1907-1994), peintre
Château de Fougères en Bretagne
Aquarelle sur papier
Signée en bas à gauche
26 x 36 cm (déchirures)

15 L.A.S./L.S., 1928-1947, en majorité sur entête Union Bibliophilique de France, Maximilien Vox, né Samuel William Théodore Monod (1894-1974), graveur, dessinateur, illustrateur, éditeur
2 L.A.S., Vaudéville (Vosges), 11 juillet et 3 août 1943, André Jacquemin (1904-1992), peintre, graveur et illustrateur + cliché photographique André Jacquemin, dessinant le Plessis pour « L’homme à la recherche de son âme », 16 juin 1943, 14,5 x 9 cm
2 L.A.S., 1943, Jean Picart Le Doux (1902-1982), peintre et tapissier + cliché photographique du portrait de René Benjamin peint par Picart Ledoux, 21 x 17,5 cm + notes manuscrites, lors de la confection de son portrait dans l’atelier de Picart Le Doux, 4 pp. in-8

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Estimation : 500 € ~ 800 €
René Benjamin et les artistes peintres et illustrateurs

Lot de correspondances,...
Lot 125
Lot 126
Fernand Maillaud (1862-1948), peintre et illustrateur berrichon

Lot de 29 L.A.S./P.A.S., 1916-1946, adressées à René Benjamin, dont :
L.A.S., Draguignan, 25 décembre 1916
Mon cher ami je viens de recevoir une lettre de notre Gabriel Nigond si enthousiaste de votre livre : Sous le Ciel de France !!! ( ) Vous êtes un écrivain extraordinaire, le plus émouvant qui soit, simplement par ce que vous avez un grand cœur qui sait voir. Je sais bien que votre métier est admirable. Mais ce n’est pas cela qui frappe chez vous. C’est autre chose d’indéfinissable et impérieux comme la vérité ( ) Ne vous est-il pas possible cher mi de faire que Gabriel Nigond soit protégé, pensez qu’il va être versé dans l’artillerie lourde, j’en ai le cœur oppressé. J’ai déjà perdu un ami, un être exquis et de grand talent. Et c’est irréparable pour la France, des pertes d’hommes de cette valeur ! L’égalité sans doute ! mais justement c’est l’inégalité de mettre les hommes sur le même plan ! Gabriel Nigond est un être de génie, vous le connaissez peu, moi je le connais bien. Tâchez donc de dénicher qq raisons pour l’empêcher d’aller au danger. Lui personnellement ne demandera jamais rien, pas la moindre faveur. Il suivra sans rien objecter. Il est cependant très malade. Pensez qu’il est à moitié sourd et qu’il a des écoulements dans les oreilles. Il maigrit beaucoup et je suis entièrement inquiet pour sa santé...

L.A.S., Paris, 26 janvier 1921
Mon cher ami je viens d’achever votre Amadou bolcheviste !! ( ) Comment se voir autrement que le soir, la lumière du jour est si rare aux peintres, qui ont tant à travailler, pour si peu se satisfaire ! J’ai vu hier votre ami Lefort qui m’a tenu des propos déconcertants sur la dignité d’un peintre ! A savoir que le jury des Artistes français, le pourrait humilier par le fait de se soumettre à son examen, et qu’il se sentait grandi subitement d’avoir franchi les portes arlequinesques de ce salon appelé les Indépendants ! Comme si les autres salons vous enlevaient toute indépendance !! Je lui ai soutenu la thèse opposée, que je me sentais grandi du fait d’abaisser mon orgueil ou ma vanité au contrôle de mes pairs !! L’ai-je offusqué et déconcerté !! Je ne sais mais je suis sûr que personne ne peut m’humilier ! C’est un pouvoir que je ne connais à personne et là-dessus je suis seul juge. Il n’aime pas les hiérarchies et les chefs, moi non plus mais ils ne sauraient en aucun cas m’humilier. Mais je n’aime pas davantage la canaille qui m’humilierait si elle en avait le pouvoir !!...

L.A.S., La Calabro à la Valette (Var), 16 mars 1929
Mon bien cher ami j’ai reçu votre livre ici au moment de notre arrivée dans des plâtras de démolition. J’ai trouvé une ruine que je fais arranger et je vous assure que je passe par de durs moments ( ) l’endroit est bien ce que je connais de plus latin, de plus grec, de plus antique ! C’est perdu dans un contrefort de l’irréel « Coudoü », trônant comme un dieu. Parfois je suis intimidé de le regarder. C’est comme quelqu’un d’éternel. Quant à la couleur, je ne connais rien qui puisse jamais en donner l’idée, c’est au vertige de nacres et d’air bleu et de légères rousseurs ! (et ces salauds de peintre qui font de la synthèse) et de l’autre face aux maisons la grande plaine qui barrent le mont des oiseaux ( ) et la mer au-dessus, tout ce bleu. Mais ce qui ne se décrit pas ce sont les vieux petits chemins tortueux bordés de pierres, d’oliviers et de chênes lièges et ces mille broussailles qui entent l’Afrique et la Corse, et je suis seul dans ce grand vallon, quelle paix ( ) Je ne vous ai pas encore remercié parce que je n’ai pu lire que depuis qq jours, un mois sans peindre, jamais pareille chose ne m’était arrivée...

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Adjugé : 400 €
Fernand Maillaud (1862-1948), peintre et illustrateur berrichon

Lot de 29 L.A.S./P.A.S.,...
Lot 126
Lot 130
Emmanuel Fougerat (1869-1958), artiste peintre et conservateur de musée breton

Lot de correspondances, un dessin original et notes manuscrites

19 L.A.S., 1915-1948, adressées à René Benjamin, dont :

P.A.S., Ker Guen, La Baule sur Mer, 2 février 1940
Ah ! vraiment je ne peux vous cacher mon admiration pour votre vitalité d’esprit et votre talent. Votre article sur les rayons et les ombres, celui sur la Parole sont admirables et celui d’aujourd’hui sur l’opinion des mobilisés est tordant. Et combien vrai ! Mais pourquoi diable vous a-t-on coupé 130 lignes ? Parce que votre portrait de la démocratie et de son intelligence des masses était sans doute trop exact. Votre intelligence à vous me plait tellement que vous n’y couperez pas, je suis obligé de faire de vous un jour ou l’autre un dessin senti de votre physionomie « décantée » en quelques traits éloquents...

L.A.S., Paris, 18 décembre 1940
Bien cher ami et conseiller je tiens à vous dire quelle dilatation de rate vous m’avez accordée comme conclusion au petit dîner d’hier au soir. En sortant de Versailles vous avez d’un seul mot (jaillit spontanément de votre esprit toujours si vivant) vous avez résumé complètement une de mes joies de vivre par son intérêt constant, mais vous avez dit : « vous vous croyez au jardin d’Acclimatation ! »
C’est tapé juste ! En effet je regarde toujours avec un étonnement admiratif mes frères les Hommes et j’essai de définir leur espèce et je leur laisserais quelque chose de moi si je puis arriver à exprimer (enfin) une classification la plus approfondie possible, d’après leur extérieur. Absorber la vie des autres ça fortifie. Vous en êtes l’exemple. C’est pourquoi vous pouvez tant me guider, c’est pourquoi je viens ici vous remercier d’avoir écouté si patiemment une de mes passions...

Notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants, 6 pp. in-8, dont :
Dim. 8 Fév. 42 Je le vois travailler pendant une heure. Il fait la tête d'un petit modèle méridional, un peu sensuel, joli, mais "une tête de cochon". Comme il lui dit avec cette familiarité brusque qui n'a pas l'air affectée. Il prépare sa demi-teinte. Cela, dit-il, c'est tout ! Il a fait un 1er dessin, puis un "1er torchis" puis maintenant : C'est le + important : trouver la demi-teinte sur laquelle s'établira le modelé. Regardez moi, mon cher, ce splendide Velasquez (un portrait d'homme au Prado) il l'a trouvée divinement la demi-teinte sur laquelle après il a mis ses grands traits d'audace géniale mais cela c'est la fin ! Et ce Goya ! Les voilà les maîtres ! Et il fume, écrase ses mégots se recule, s'avance, fait également tourner son modèle pour que le jour, lucide (il fait 12° au dessous de zéro !) l'éclaire d'un meilleur rayon. Il tient sa palette, essaye de faire du blond, du doré. Il me montre ce qu'il a fait huit jours avant par un mauvais jour : "C'était sale !" Le poêle ne chauffe pas. La pièce ne peut pas s'en occuper. Il a les mains très sales, mais... c'est forcé ! Il y a sous une table une sorte de valise crevée d'où s'échappent des manuscrits maculés, des photos jaunies : ça c'est mon livre, attention ! La réflexion de toute ma vie ! Grasset l'attend. Je travaille jusqu'à 11h. du soir. Sa femme, mince, maigre, petit oiseau, dévouée, lui cherche de la nourriture, sans en retenir beaucoup pour elle-même. Lui, il faut qu'il peigne ! Elle, elle oublie la misère avec son piano, de tps en tps. Il dîne souvent au restaurant. Ce n'est pas fameux à son âge. Elle le sait. Il mange tout de suite trop et boit de même. Mais le dilemme est là : ou pas, ou trop. Et il ne comprend rien aux tickets, M. [Monsieur] ! Il me dit : "Eh bien quoi, puisque j'ai mangé au restaurant, tu as les tickets de chez nous !" Je connais cette impossibilité de l'artiste passionné par son art de comprendre quoi que ce soit. Il ne peut pas y attacher sa pensée une seconde. Alors, il ne comprend jamais. Il a épinglé ici ou là sur les murs telle ou telle phrase de gd artiste (de Delacroix par ex.) qui lui plaît. C'est 1 grand passionné. Il fait de petits nus précieux, voluptueux par morceaux de tableaux. Il les vend bien. Mais Mme Fougerat dit : Ce n'est pas cela son oeuvre. Ce sont ses gds portraits. C'est le + qu'il est.

Portrait de René Benjamin
Pierre noire et crayons gras
Signé et daté Paris 1943 en bas à gauche
Envoi autographe A René Benjamin son admirateur et ami
33 x 28 cm

Etc...

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Estimation : 300 € ~ 600 €
Emmanuel Fougerat (1869-1958), artiste peintre et conservateur de musée breton

Lot...
Lot 130
Lot 131
René Morère (1907-1942) artiste peintre, le Castillonnais de Montmartre

Lot de correspondances de l’artiste, de sa soeur et d’un ami collectionneur

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8 L.A.S., années 1930,-1942 René Morère adressées à René Benjamin et à Raymond Ritter, dont :

L.A.S., 26 juillet
Cher René Benjamin Je vous demande de tout mon cœur de m’excuser si je vous ai laissé tant de temps sans nouvelles ( ) ça ne va pas très fort et que les maux tombent sur moi les uns après les autres, les plus graves comme les plus bénins et que ce concert où je suis bien malgré moi invité est un peu discordant et pénible. J’espère malgré tout que cette si méchante passe que je traverse depuis près de 8 mois cessera bien quelque jour et qu’au bout du compte quelque petite lumière se mettra à briller. Je suis très heureux que vous travailliez beaucoup, je voudrais pouvoir en dire autant ! Mais la campagne où je suis venu m’installer quelque temps, tout en devant revenir 3 fois par semaine à Paris pour des traitements, me semble infiniment triste et en tout cas incapable de me donner quelque heureuse fait. Vos tableaux sont chez moi, dites-moi si vous voulez que je les porte chez vous

L.A.S., s.d. [printemps 1933]
Cher monsieur Benjamin Voilà qui est fait mon exposition aura lieu chez Bernheim jeune du 27 mai au 9 juin dans une belle salle du premier. Je vous dois cela d’inespéré, à vous, à Guitry. Je ne l’oublierai jamais ( ) Croyez que je ne vois et ne cherche que la beauté, la féérie et qu’il n’y a pas tellement d’intentions satiriques ni laides dans mes toiles. Je m’en suis toujours défendu. Mais revenons à cette exposition. Je pourrai mettre une trentaine de toile mais que des toiles moyennes, pas de grandes, car le plafond est un peu bas et une vingtaine de dessins et gravures. Je veux évidemment frapper le plus que je pourrai et il faudrait rien négliger pour cela. ( ) je vous remercie d’avoir parlé de moi à Guitry avec la chaleur que vous avez du y mettre pour qu’il fasse tant pour moi !...

L.A.S., Paris, 30 mars 1934
Cher René Benjamin Je viens de rentrer depuis quelques jours à Paris. J’ai passé à Pau trois mois où ma santé s’est un retapé et où j’ai eu le grand plaisir de vendre une dizaine de toiles. Pau m’est vraiment un repos, par l’accueil que mes amis s’ingénient à me faire, par la raison d’être que j’ai, en vendant des toiles et cette illusion que j’ai aussi d’être attaché un peu, socialement, à quelque chose. Les quelques journées à Paris me replongent dans cette inquiétude, ces hantises dont je ne puis me défaire ici, qui deviennent de plus en plus tenaces et horribles. L’idée d’être noyé ou d’être ligoté au pied d’un mur. N’avoir pas d’amis, ne pas trouver une suite à ma peinture, une répercussion et l’isolement néfaste dans lequel je vis. Tout cela me paralyse vraiment. Je suis arrivé à ce tournant où les années de jeunesse passées et de bohème qui se contente d’elle. L’esprit a ce besoin absolu s’assises plus calmes, pour que la production se féconde un peu et s’enfièvre. Je sens cela depuis plus d’un an, je me tourne dans ce lit défait sans repos et je ne travaille pas. C’est ce qu’il y a là-dedans de plus terrible car c’est juste au moment où l’esprit se dégage des passions de la jeunesse et ne trouve e plus en plus comme vraie fin, comme la moins vaine des passions que tout précisément ce travail. C’est évidemment beau la solitude et juste, et utile mais j’ai fait des centaines de kilomètre à pied dans les rues de Paris, la nuit et refaire cela tous les soirs, ça ne me mène plus à grand-chose, je veux dire. Je veux faire mon métier de peintre, en ayant quelque repos et quelque distraction, et quelque « suite » qui ne vienne pas uniquement de moi. Je voudrais avoir à Paris, la vraie ville qui compte quand même, le même plaisir que j’ai à Pau. La même suite. Les macaronis sont faits pour qu’on les mange. La peinture pour qu’on la regarde et qu’on la discute ou qu’on l’aime, en tout cas pour qu’on s’occupe d’elle.
vie d’un artiste est faite de sa solitude et de son attachement, de son collage avec le monde et la société mais il faut les deux. La vie de rat que je mène ne peut pas durer parce qu’elle me paralyse. Je le sens trop. Comment en sortir ? Il faudrait qu’on m’aide tant soit peu, qu’on m’ouvre quelques portes. Rien ne vient à moi sur le boulevard de Clichy ou à Barbès, c’est toujours moi qui donne ! Et vous savez, malgré les guerres et les révolutions, et quels abominables temps nous vivons ! La vie d’un artiste se fait toujours. La résignation ne favorise pas les arts. Il faut lutter et conquérir, mais pour cela avoir quelques atouts dans la maison. Pour convaincre il me faut connaître un peu intimement qui convaincre.
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Adjugé : 100 €
René Morère (1907-1942) artiste peintre, le Castillonnais de Montmartre

Lot de...
Lot 131
Lot 132
Louis Icart (1888-1950) artiste peintre, graveur et illustrateur

Lot de 30 L.A.S., 1942-1948, adressées à René Benjamin

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Belle correspondance qui révèle une amitié profonde, née d’une admiration mutuelle. Louis Icart y dévoile ses sentiments d’artiste et d’homme inquiet, cherchant dans les livres de René Benjamin un guide spirituel. Il se confie sur son processus créatif, réfutant l'idée d'une "facilité" de travail, et décrit au contraire ses angoisses et sa quête de perfection. Les lettres détaillent l'intense activité d'Icart durant ces années de guerre, qui illustre de grands classiques (Don Quichotte, Faust, Les Fleurs du Mal) et travaille sur un projet titanesque : synthétiser en peinture les neuf symphonies de Beethoven. Il évoque également son installation à Montmartre, place du Calvaire, d'où il rêve de voir un jour "Paris se rallumer".

Itteville, 14 octobre 1942
Cher Grand Ami, Hé bien ! cette fois, je crois que je vous ai « laissé le temps de vous reprendre... » ? J'en ai du remords, d'ailleurs car, qu'avez vous dû penser de moi ?.. Etre demeuré trois semaines silencieux, après votre lettre si douce, si confiante, si « honorable » (dans le sens noble et médiéval du mot.) Oh ! quand je l'ai reçue, mon premier réflexe a été de vous répondre sur l'instant même, de vous crier, tout de suite, mon « merci » ! mon affection redoublée, ma Foi en vous... !.. Mais ma femme, vigilante, intuitive (et qui vous admire autant que moi-même !) m'a soufflé : « ... Tu vas devenir obsédant... Ne lasse pas Monsieur Benjamin... Tu vas le forcer à te répondre encore... Tu voles du temps à son œuvre .. etc.. etc... ! » Et alors, effectivement, j'ai pensé à cela... j'ai écouté ce sens que j'ai du respect dû devant l'enfantement de l'écrivain... J'ai voulu attendre.. je me suis puni. Oh ! pour ça, je ne vous ai pas oublié et je puis affirmer qu'il n'est pas de jour où je ne pense à vous, à ce que vous me dites de si vrai, de si émouvant dans vos lettres (car, moi aussi, je relis les vôtres...) où je n'ai parlé de vous...
« On ne peut pas vivre sans amour ! » dit une chanson populaire. Je crois qu'on ne peut pas : vivre sans amitié. Et puisque notre lamentable et dangereuse époque nous condamne à l'éloignement, au piétinement, à l'isolement il faut bien se résoudre à correspondre...
« Correspondre »... « Correspondance »... Vous ne trouvez pas que ce mot dit bien ce qu'il signifie ?.. Dans une amitié comme la nôtre, qui est neuve, qui est fraîche et qui durera ! nos lettres, réellement, ne peuvent qu'entretenir cette « correspondance » de nos âmes, pareillement éprises de Beauté, de Pureté, de Poésie, d'Art... .
Et, en définitif, peut-être, malgré les heures qu'elles nous auront coûté, apparemment en pure perte de temps, pour le charme peut-être dis-je, nous auront-elles aidés « à nous trouver... » ? C'est-à-dire à nous donner l'occasion... supplémentaire, de dépenser davantage notre cœur. Je parle évidemment surtout pour moi. Car vous, dans vos livres, vous le donnez tellement... ce « cœur innombrable »...
Et alors, comme vous voulez bien me le confier, je comprends que vous soyez, aussi, un homme heureux. J'avais peur, voyez-vous... Pardonnez-moi d'avoir douté... Vous m'avez rassuré, et, par cela, comblé mon propre bonheur... Je vous comprends si bien me trouvant moi-même, exactement comme vous, toutes les satisfactions que l'on trouve dans l'accomplissement de son métier. Passionnant comme le vôtre. Exclusif comme le vôtre.
Car, malgré l'attirance que vous avez vers la Peinture, comme je l'ai vers la Littérature, notre besoin d'exprimer des états d'âme, se rejoint. J'ai toujours pensé que la plume et le pinceau ne tendent qu'à un but identique : éclairer !
C'est pourquoi, comme peintre, je suis fou de lumière. Et ma manière de peindre actuelle (que j'ai mis quinze ans à « mettre au point ») le dit assez, puisque je me cantonne dans les harmonies les plus nuancées des blancs et des gris. Oui.. j'aimerais que vous connaissiez mes toiles.. oh ! pas par vanité, certes ! mais pour que vous me connaissiez mieux ! Tout homme est tellement nu dans son œuvre...

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Adjugé : 650 €
Louis Icart (1888-1950) artiste peintre, graveur et illustrateur

Lot de 30...
Lot 132
Lot 133
L’Académie Goncourt et René Benjamin, 1938-1948

Lot de correspondances, coupures de presse, documents, photographies et publications

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Société littéraire des Goncourt
Copie tapuscrite du testament d’Edmond de Goncourt daté du 17 juillet 1888, 5 pp. in-4
Copie manuscrite de la longue lettre écrite par Mme Pauline Zeller sur la mort d’Edmond de Goncourt, 22 août 1896, conservée à la bibliot. Primoli à Rome, 15 pp. in-8
Règlement intérieur, 7 pp. impr. in-4
Extraits du registre des délibérations, 1943
Copies tapuscrites de 2 lettres adressées aux ministres, 19 novembre et 18 décembre 1940, expliquant ne pouvoir remplir leurs obligations définies par les statuts en raison de la coupure de la France en deux zones
Restaurant Drouant, 11 menus, 1929-1940

Election et réception de René Benjamin en mai 1938
Discours de réception de René Benjamin à l’Académie Goncourt, juin 1938, brouillon manuscrit, avec corrections, ratures et ajouts, + de 55 pp. in-4 et in-8
Cahier in-4 relié, notes manuscrites de René Benjamin sur les 253e séance du 25 janvier 1939 jusqu’à la 261e séance du 13 mars 1940, 17 pp.

+ de 160 L.A.S./P.A.S., mai et juin 1938, de félicitations, dont :
L.A.S., 27 mai 1938, Tristan Bernard écrivain
L.A.S., 1er juin 1938, Paul Roque illustrateur et dessinateur, avec dessin humoristique à l’encre et à l’aquarelle titré « Le Parisien de Paris pouvait-il hésiter entre elles ? »
P.A.S. avec croquis à l’encre, 26 mai 1938, Jacques Simon, peintre et graveur illustré d’une gravure en taille-douce « Sous-bois »
Hugues de Beaumont peintre - André Bellesort poète et essayiste - Jean Jacques Bernard dramaturge et romancier - Georges Bonnamour écrivain - Henri Clouard journaliste et critique littéraire - Lucien Corpechot écrivain et journaliste - Maurice Delamain écrivain - Robert Denoël éditeur - maréchal Franchet d’Espérey - Charles Gos écrivain et journaliste suisse - Philippe Hériat acteur et écrivain - Louis Latzarus journaliste et romancier - Mary Marquet actrice et comédienne de la Comédie Française - Camille Mauclair poète et romancier - Max Maurey dramaturge et directeur du Théâtre des Variétés - Georges Oudard écrivain - Serge Rovinsky artiste décorateur - Maurice Rostand poète et romancier - Fabien Sollar dramaturge et librettiste - Georges Suarez écrivain et essayiste - Jérôme et Jean Tharaud écrivains - Hélène Vacaresco femme de lettres franco-roumaine - Jean des Vallières écrivain - Fernand Vandérem dramaturge et romancier - Noël Vesper écrivain royaliste

Léo Larguier, poète, nouvelliste, critique littéraire et essayiste, élu en juin 1936
32 L.A.S./P.A.S., 1939-1943, adressées à René Benjamin

André Billy, écrivain, élu en décembre 1943 au quatrième couvert pour succéder à l'historien Pierre Champion, mais bloquée par le clan Benjamin/Guitry, validée le 23 décembre 1944
2 L.A.S./L.S., 1945, adressées à René Benjamin, dont
Notes manuscrites sur feuillets volants in-8 de René Benjamin

Election de Pierre Champion, décembre 1941 à la place de J.-H. Rosny ainé
Coupures de presse, dépêche à la presse, fairepart de décès du 29 juin 1942

Lucien Descaves, membre fondateur de l’Académie Goncourt, président en 1945, surnommé Le Turc
3 L.A.S., 1937-1939, adressées à René Benjamin
Coupures de presse
Notes manuscrites sur feuillets volants in-8 de René Benjamin

Jean Ajalbert, écrivain et journaliste, élu en 1917
11 L.A.S./P.A.S., 1927-1939, adressées à René Benjamin

Le procès, 1947-1948
Deux convocations manuscrites écrites et signées par Alexandre Arnoux, secrétaire, du 20 décembre 1947 « pour fournir des explications sur les conditions dans lesquelles vous avez décerné un prix à Goncourt » et « proposition de radiation de deux membres »
P.A.S., 29 septembre 1948, Alexandre Arnoux, secrétaire, invitation pour procéder à l’élection de la succession de J.H. Rosny le jeune
Brouillon manuscrit, 52 pp. in-4, avec ratures, corrections et ajouts, écrit par René Benjamin, sur sa rencontre avec les académiciens du Goncourt, leur personnalité (Lucien Descaves, Elémir Bourges, Jules Renard, Rosny aîné, Léon Daudet, Barbentane, Ponchon et Courteline)
Déclaration et mémorandum écrits de la main de J.H. Rosny jeune, 2 pp. in-4
Copie de lettre tapuscrite écrite par J.H. Rosny jeune le 28 janvier 1948
Copie du jugement de demande d’irrecevabilité faite par René Benjamin et Sacha Guitry contre l’Académie Goncourt, tapuscrit 5 pp. in-4
Diverses pièces du procès : compte rendu d’audience, plaidoiries, conclusions, correspondances de Me Jean Dars avocat de René Benjamin, coupures de presse, notes manuscrites sur feuillets volants de René Benjamin, brouillon tapuscrit du déroulé des faits établis par Me Jean Dars, statut de la Société littéraire des Goncourt, copures de presse

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Adjugé : 3 000 €
L’Académie Goncourt et René Benjamin, 1938-1948

Lot de correspondances, coupures de...
Lot 133
Lot 134
Joseph-Henri Rosny l’aîné (1856-1940), écrivain et président de l’Académie Goncourt de 1926 à 1940

Lot de correspondances, coupures de presse et 7 publications

17 L.A.S. et P.A.S., 1909-1939, adressées à René Benjamin, dont
P.A.S., Paris, s.d. (1909/1910)
Monsieur, j’ai dit le plus grand bien de Madame Bonheur au comité de la Bourse de Voyage. Mais je dois vous faire l’aveu qu’aucun courant ne s’est encore dessiné en votre faveur. Tout va dépendre des événements : j’ai pour principe de ne pas « dissiper » mon vote. En tout cas, croyez à ma vive estime littéraire...
P.A.S., Paris, [10 avril 1913]
Cher confrère, Pas d’erreur, l’on dirait un justiciable populaire, votre livre est délicieux, plein d’esprit, de finesse, d’observation juste, de vie et si captivant ! Et si le temps ne me manquait pas si terriblement, ce n’est pas surtout un billet que je vous écrirais. Ma femme l’a admiré et aimé comme moi : elle vous envoie ses plus vives félicitations et ses remerciements pour les heures exquises passées à vous lire...
P.A.S., Paris, 1er juin 1917
Cher ami nous envoyons nos vœux les plus cordiaux pour ce nouveau petit Français [naissance de Jean-Loup] ; qu’il ignore les horreurs que nous avons connues... Et puis, je tarde bien à vous remercier de votre livre, qui est un instant des choses exquises, vivants, vibrants, spirituelles, humoristiques enfin tout votre admirable talent. Eh ! quoi, vous êtes si occupé de la mort ? (Interview Docqrois). Moi, depuis trente ans, je ne pense qu’à ça. Je ne passe pas deux minutes par jour sans y rêver et c’est un mal affreux. Tâchez de vous en guérir...

La Vague rouge
Paris, Plon-Nourrit & Cie, 1910
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

La Guerre du Feu
Paris, Eugène Fasquelle, 1911
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

La Mort de la Terre
Paris, Plon-Nourrit & Cie, 1912
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Nell Horn de L’armée du Salut
Paris, Ernest Flammarion, s.d.
Non coupé
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Les autres vies
Paris, Les Editions G. Grès et Cie, 1924
Edition originale sur Rives, n°583
Broché, 19,5 x 13,5 cm

Etc...

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Adjugé : 300 €
Joseph-Henri Rosny l’aîné (1856-1940), écrivain et président de l’Académie Goncourt...
Lot 134
Lot 135
J.-H. Rosny Jeune (1859-1948), écrivain, président de l’Académie Goncourt

Lot de correspondances et 4 publications

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+ de 170 L.A.S./P.A.S., 1925-1948, adressées à René Benjamin, concernant essentiellement la gouvernance et les querelles au sein du bureau de l’Académie Goncourt entre 1940 et 1945, dont :

L.A.S., Ploubazlanec, 7 juin 1939 ; candidature de Sacha Guitry
Note rédigée et lue par J.-H. Rosny jeune lors du déjeuner du 13 mars 1940, organisant la succession après le décès de son frère, J.-H. Rosny aîné (survenu le 15 février 1940)
L.A.S., Ploubazlanec, 18 mars 1940 ; marquée « Confidentiel », cette lettre montre l'escalade des tensions au sein de l'Académie Goncourt ; Rosny y fustige l'attitude de Lucien Descaves (qu'il surnomme ironiquement « le Procureur de la Commune ») concernant les règles de succession à la présidence et les fuites dans la presse.
L.A.S., Ploubazlanec, 25 mars 1940 ; propose une mesure radicale : l'exclusion de Jean Ajalbert et de Lucien Descaves des célèbres déjeuners mensuels chez Drouant
L.A.S., Ploubazlanec, 21 juillet 1940 ; y exprime son désarroi face à la défaite éclair de la France et à l'occupation de la Bretagne, sa terre d'adoption
L.A.S., Ploubazlanec, 24 juillet 1940 ; y décrit comment il tente de surmonter le traumatisme de la débâcle par le travail intellectuel
L.A.S., Ploubazlanec, 15 septembre 1940 ; raconte son premier voyage à Paris depuis l'invasion, décrivant la ville occupée, les difficultés de ravitaillement et l'impossibilité de réunir les membres de l'Académie Goncourt
L.A.S., Ploubazlanec, 26 juin 1941 ; montre la difficulté de la situation géographique et des membres de l'Académie Goncourt, alors séparés par la ligne de démarcation
L.A.S., Ploubazlanec, 6 janvier 1942 ; nouvelle crise provoquée par Jean Ajalbert, qui contestait la validité de l'élection de Pierre Champion
L.A.S., Ploubazlanec, 6 juillet 1942 ; mort de Léon Daudet et prévoir sa succession
L.A.S., Ploubazlanec, 11 avril 1943 ; la pénurie de papier sous l'Occupation, qui bloque l'édition de ses œuvres complètes et menace ses revenus
L.A.S., Ploubazlanec, 22 avril 1943 ; tensions et divisions dans le bureau Goncourt
L.A.S., Ploubazlanec, 28 septembre 1943 ; les coulisses de l'Académie Goncourt mêlant préoccupations personnelles et stratégies électorales littéraires
L.A.S., Ploubazlanec, 3 janvier 1944 ; évoque la stratégie juridique "secrète" utilisée par l'Académie Goncourt pour renouveler son bureau et maintenir son existence légale malgré la guerre et la dispersion de ses membres
L.A.S., Ploubazlanec, 14 mars 1944 ; l'attribution du Prix Goncourt 1943 (qui n'avait pas pu être décerné en décembre) et révélation des votes individuels des académiciens
L.A.S., Ploubazlanec, 21 mai 1944 ; montre un homme épuisé par les querelles internes de l'Académie Goncourt (nouvelle attaque de Jean Ajalbert) et par les ravages de la guerre qui touchent désormais directement sa propriété en Bretagne
L.A.S., Ploubazlanec, 8 novembre 1944 ; soutien à René Benjamin arrêté et interné, Rosny plaidant pour une distinction entre le "délit d'opinion" (l'écriture) et les actes de collaboration criminelle (spéculation, trahison)

La Carapace
Paris, Calmann-Lévy, 1914
Edition originale, l’un des 12 exemplaires sur papier vélin à la forme, n°2
Broché, non rogné
envoi autographe signé

Les furies
Paris, J. Ferenczi et fils, 1928
Edition originale sur vélin Alfa
Broché, 19 x 12,5 cm
envoi autographe signé

L’enlèvement
Paris, J. Ferenczi et fils, 1930
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm
envoi autographe signé

Les beaux yeux de Paris
Paris, Les éditions de France, 1926
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm
envoi autographe signé

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Adjugé : 800 €
J.-H. Rosny Jeune (1859-1948), écrivain, président de l’Académie Goncourt

Lot de...
Lot 135
Lot 136
Francis Carco (1886-1958), écrivain, poète et membre de l’Académie Goncourt

Réunion de correspodances, coupures de presse et 11 publications, certains avec envois autographes signés

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14 L.A.S. et P.A.S., 1929-1941, adressées à René Benjamin, dont

L.A.S., L’Isle-Adam, 23 septembre 1939
« Cher ami, je viens d’écrire au président à propos du déjeuner de l’Académie mais c’est à vous que j’aurais dû m’adresser. Qu’allons nous faire ? IL y a le fonds de secours à distribuer. Il y a des contacts à reprendre et le Prix que nous ne pouvons pas ne pas décerner. Y avez-vous songé ? IL ne faut pas que la guerre s’installe parmi nous. Pensez aux jeune qui nous ont envoyé leurs livres et qui pour la plupart attendent en première ligne un encouragement. Ce serait les trahir honteusement que ne pas couronner le meilleur ou les meilleurs d’entre eux. Votre dernier article de Candide est admirable. C’est d’un ton, d’une émotion, d’une gravité sans trémolo qui me fait vous aimer davantage. Bravo mon cher ami! Mais laissez-moi vous dire en même temps quelle part je prends à votre angoisse. Je n’ai qu’un frère au front. Et cependant je tremble pour lui comme s’il était mon fils...»

Jésus-La-Caille
Paris, La Cité des Livres, 1926
Edition originale
Broché, 19,5 x 14 cm

Printemps d’Espagne
Paris, Albin Michel, 1929
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm

La Rue
Paris, Albin Michel, 1930
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Blümelein 35, confidences du lieutenant S. de Barrière officier de renseignements
Paris, Albin Michel, 1930
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Prisons de femmes
Paris, Les Editions de France, 1931
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Traduit de l’Escargot
Paris, Les Editions de France, 1932
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Pour faire suite à la bohème et mon coeur
Paris, 1933
Edition originale, exemplaire imprimé spécialement pour René Benjamin
Broché, 19,5 x 14,5 cm

Etc...

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Estimation : 300 € ~ 600 €
Francis Carco (1886-1958), écrivain, poète et membre de l’Académie Goncourt

Réunion...
Lot 136
Lot 138
Abel Bonnard (1883-1968), écrivain, poète, académicien et ministre sous le régime de Vichy

Réunion de correspondances, notes manuscrites et coupures de presse

15 L.A.S./P.A.S. et 7 enveloppes affranchies, 1924-1948, adressées à René Benjamin, dont :

L.A.S., Paris, 17 juin 1926
Mon cher ami, C’est avec émotion que je vous remercie de votre article. Ce que j’y vois tout d’abord, ce que j’y retrouve vous-même, c’est votre incomparable générosité toute mêlée à votre intelligence. Le spectacle est si magnifique que j’en jouis, en oubliant que j’en profite. Quelle clarté, et quelle ardeur ! Quelles ailes vous donnez au bon sens ! Comme on est heureux quand on retrouve ainsi dans ses amis les plus belles qualités de l’homme. Vous me donnez deux joies, mon cher Benjamin, chevalier de la grande cause. L’une c’est d’exister comme vous êtes, l’autre c’est que l’existant ainsi, vous soyez mon ami. Il m’est doux d’ajouter de la reconnaissance à l’admiration et à l’affection que j’ai pour vous.

L.A.S., Paris, 4 décembre 1926
Cher Ami, C’est toujours moi qui veux vous écrire et c’est toujours vous qui m’écrivez. Oui, je m’étais bien promis de vous dire combien j’avais aimé cette dernière nuit où s’exprime cette sensibilité si vive que vous avez, et que, de l’habitude, vous contenez si sévèrement. Je voulais vous dire aussi, après avoir relu votre Joffre et votre Barrès, que vous êtes un grand portraitiste, prompt à saisir ce qu’il y a dans un homme de plus personnel, en dédaignant tout ce qui n’est que particulier et accidentel. J’ai admiré une fois de plus quelle chaleur de l’âme soutient la rigueur de votre talent. Et voici qu’au moment où je vais vous dire tout cela je reçois votre lettre sur ma Rome. Alors je pense : quel plaisir si mes livres sont un peu pour lui ce que les siens sont pour moi...

2 L.A.S., Madrid, 20 novembre 1948
Mon cher Benjamin,
Votre lettre a été pour moi comme une grande lumière et comme un grand feu. Son arrivée m’a merveilleusement surpris, mais le témoignage de vous qu’elle m’apporte ne me surprend pas. Je retrouve sans le moindre étonnement votre générosité d’âme.
Je savais que votre fils aîné était mort vaillamment en Lorraine ; mais ce que vous ajoutez sur le sort des vôtres me navre le cœur. Quelle consolation nous reste-t-il s’il n’y a pas ailleurs, chez ceux que nous aimons le plus, un peu du bonheur que nous n’avons plus ?
Ma mère est morte très peu de temps avant mon arrivée ici. Mon frère est mort en août dernier, brusquement emporté par une maladie foudroyante. J’allais vous écrire que je suis maintenant parfaitement seul, mais je m’aperçois que je n’ai pas le droit de parler ainsi, quand je reçois un témoignage d’amitié comme celui que vous me donnez.
Mon cher Benjamin, que j’aperçois de loin comme « le Chevalier solitaire », quelle honte de ne rien pouvoir pour vous, quand je voudrais que mon affection marchât comme un archange à côté de vous ! Je lis beaucoup et tout ce que je recevrai de livres me fera grand plaisir, surtout s’il s’agit de livres de vous. Rien ne me rendra plus heureux que de pouvoir correspondre avec vous selon les indications que vous me donnerez, pourvu que cela ne présente pour vous aucune espèce d’inconvénient.
Je vous embrasse, mon cher Ami, qui êtes à la fois très loin et très près.
Votre A.B.
Je ne vais pas très bien, mon cœur se détraque ; mais je ne me fais pas d’illusions, je crois que cela peut durer encore longtemps.

Notes manuscrites de René Benjamin sur feuillets volants in-12 et in-8 et coupures de presse, dont :

Etc...

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Adjugé : 200 €
Abel Bonnard (1883-1968), écrivain, poète, académicien et ministre sous le...
Lot 138
Lot 142
Archives personnelles de René Benjamin, 1940-1948

6 carnets manuscrits, 21 x 13 cm, La guerre : carnet n°I 25 septembre 1939-avril 1941 ; n°II avril 1941-mars 1942 ; mars 1942-juin 1943 ; n°IV juin 1943-mars 1944 ; n°V mars 1944-septembre 1944 ; n°VI septembre 1944-juin 1946 [22 juillet 1948] , + de 870 pp. ; récits de ce qui se dit , notes journalières ou hebdomadaires de René Benjamin de ce qu’il a entendu, lu ou vécu

Lot de manuscrits et correspondances

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(...) 29 avril 1944 (...) Je ne suis jamais tranquille. Jamais. L’autre jour une auto allemande est arrivée contre la grille, une auto jaune. Quatre Allemands verts sont descendus. Mon coeur a battu. J’ai pensé tout de suite : ils viennent m’arrêter. Pourquoi pas ? Deux d’entre eux sortants sont entrés dans la cour. Je suis sorti. Je devais être pâle. J’avais des pansements aux jambes. J’ai eu le temps de penser : ça va être commode des abcès en prison ! C’était 2 très jeunes Allemands, 18 ans chacun, c’est vrai. Ils m’ont salué très timidement et ils m’ont demandé si j’’avais des oeufs !!
(...) C’est honteux, honteux ce vidage ce pillage complet des appartements et maisons de certains Juifs (ce que m’écrit des biens de Louis Schmoll, Melle Bogaval). Où vont toute ces richesses volées ? En Allemagne (...) Plein les douves à Villandry, il y a des tracts lancés par les Anglais, indiquant les prochains débarquements dans les Balkans, particulièrement d’Italie, avec des flèches sur la marche des troupes. Voilà ce que vous allez voir !
(...) 17 mai 1944 Hier chez les Métadier, le Préfet dit nettement : "Je ne crois pas à un débarquement. Je crois à la guerre civile. Ils l'ont voulue. Ils la font. Ils la réussissent. Ils peuvent faire l'économie du débarquement. Avant deux mois la situation sera impossible 1/ : En Dordogne, Corrèze, Jura, Savoie, le terrorisme augmente. Officiellement 1200 attentats par décade. 2/ Ns commençons à être devant des problèmes insolubles. Celui de gaz (charbon, transports). Celui de l'électricité. Qd la vie ne sera plus possible, les alliés ne pourront + vivre. Qu'est-ce qu'ils feront ? Les autres alors, ont-ils besoin de débarquer avant cette situation tragique ? Et ns sommes, et ils sont au bout de tout. Plus de matières premières. Tout usé. J'ai déjà 28.000 réfugiés ds mon département. Ce qui est admirable, ce sont les jeunes, des équipes sociales. Jeunes gens et jeunes filles !

Pour le Maréchal, il ne distingue pas très bien ce qui s'est passé. Qd le 28 avril il a dit dans son message : "Qd la tragédie actuelle aura pris fin et que grâce à la défense de notre continent par l'Allem. et aux efforts de l'Europe, notre civilisation sera définitivement à l'abri du danger que fait poser sur elle le bolchevisme, la France retrouvera et affirmera sa place. Cette place sera fonction de la discipline qu'elle aura montrée ds l'épreuve et de l'ordre qu'elle aura su maintenir chez elle..." il n'a pas écrit cela spontanément, de son plein gré. Ca a été la rançon du voyage à Paris, où les All. ont été furieux qu'il ait parlé... d'abord et qu'il ait parlé sans dire ce qu'eux voul.

Le Préfet se rappelle l'avoir entendu dire : "Je hais les Allemands." Le message lui semble exigé par eux. Et la montée à Voisin, également. Et la façon dont Brinon, 2 jours après, a dit aux journalistes : "Le Maréchal mène une vie identique à celle de Vichy" est bien la preuve qu'on voulait répondre à ts les bruits Tracou et autres : "Il est prisonnier des Allemands . Au fond, il ne peut pas ne pas l'être. Je l'étais à Vichy. Il l'est à Voisins.

Dans les clauses de l'armistice, dit le Préfet (qui sait tout, et avec précision), il y avait que ts les ponts dev. avoir 1 chambre de mine. Et c'est ns qui l'avons payée, pr ts les ponts.

Dezarrois me confirme le pillage honteux des Juifs français par les All. Tout a été vendu ou envoyé en Allem. au profit du Reich. Banditisme complet. Et qd fin 40, Dezarrois a vu que le jeu de Paume devenait l'exposition des chefs d'œuvre pillés (le passage là où on les estimait et on les répartissait. Le Maréchal Goering s'en octroyait) il a donné sa démission. Les Chardin d'Henri de Rothschild sont partis en Suisse à Frangins. Mais Edmond et Robert ont été totalement dépouillés. Autre honte. L'histoire du Van Eyck de St Bavon de Gand, réfugié à Pau enlevé par les All. dont le conservateur impuissant sans protestation de Bonnard !!

Les All. croient à des parachutistes dans la forêt d'Amboise et de Chinon et qu'on se battra entre Amboise et le Cher parce qu'il y a par là des réfractaires. Les parachutistes serviraient à lever la population et à la faire se battre..."

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Adjugé : 2 500 €
Archives personnelles de René Benjamin, 1940-1948

6 carnets manuscrits, 21 x...
Lot 142
Lot 143
Correspondances passives reçues par René Benjamin, 1940-1948

Lot de correspondances, notes manuscrites, coupures de presse et divers

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Importante réunion de + de 2200 L.A.S./P.A.S./L.S./cartes de visite reçues par René Benjamin entre 1940 et 1948, relatives à des remerciements et félicitations, demandes de prise de parole et rédactions d’articles, réactions à des parutions d’articles et de livres, et à des conférences, etc, dont :
11 L.A.S./P.A.S., 1943-1946, Alphonse Métérié, poète et écrivain + 9 pages in-4 tapuscrites de poèmes
L.A.S., Paris, 16 mai 1941, Pierre Barthélémy Gheusi (1865-1943), écrivain, journaliste et célèbre directeur de l'Opéra-Comique de Paris
Maurice Beau (1900-1980), poète, 6 poèmes manuscrits et tapuscrits signés, 1943-1946 : Paysage d’hiver (1943), Entre Christ et les fleurs (1944), Il n’y a pas de plus grand amour (1944), Pour une épitaphe au tombeau de ma mère (1944), Vieilles pierres (1945), Paraphrase du psaume LXII (1946)
3 L.A.S/P.A.S., Camille Mauclair, poète et romancier
L.A.S., Poitiers, 8 juin 1940, Paul Hymans, homme d’état belge (plusieurs fois ministre des Affaires étrangères et premier président de la Société des Nations) ; le gouvernement belge s’est réfugié en France, notamment à Poitiers, après l'invasion de la Belgique par l'Allemagne le 10 mai 1940
L.S., Clermont-Ferrand, 26 juillet 1940, entête Candide, Fernand Brouty, gendre de l'éditeur Arthème Fayard, il codirigeait avec son beau-frère Jean Fayard la célèbre maison d'édition Librairie Arthème Fayard et sa société de presse, et patron du grand hebdomadaire politique et littéraire Candide
L.A.S., 5 octobre 1940, Henri Troyat, écrivain
L.A.S., 29 décembre 1940, Maurice Delamain directeur des éditions Stock et écrivain
L.S., Paris, 14 juillet 1941, Madeleine Charnaux-Fontenoy, sculptrice et aviatrice, et L.S. de Jean Fontenoy, journaliste et écrivain collaborationniste, proche de Drieu de la Rochelle
L.A.S., Bréhat, 15 janvier 1941, Louis Dumont-Wilden écrivain et journaliste belge
L.S., Pau, 30 mai 1942, Raymond Ritter, collectionneur et historien, postulant à la fonction de conservateur du musée de Pau
L.A.S., 20 décembre 1942, Bertrand de Mun, homme d’affaires et ancien député, interné pendant deux semaines à la prison de Fresnes en 1941
L.A.S., Senneville, 6 septembre 1942, François Pierre-Alype, ancien préfet de Gironde remplacé par Laval en mai 1942
L.A.S., Gand, 9 juin 1944, Robert de Smet, magistrat, homme de lettres, critique dramatique et traducteur belge, narrant en détail l’exode subi en mai 1940
L.S., [château d'Essendiéras situé à Saint-Médard-d'Excideuil en Dordogne], 10 avril 1944, Jeanne Maurice Pouquet (1874-1961), grande figure de la vie littéraire et mondaine parisienne, connue pour avoir été dans sa jeunesse le principal modèle de Gilberte Swann dans l'œuvre de Marcel Proust, épouse de Maurice Pouquet et mère de Simone de Caillavet qui a épousé le célèbre écrivain André Maurois
Pendant que son mari Maurice est à l'hôpital, Jeanne Pouquet restée seule au château d'Essendiéras reçoit la visite de la redoutable Division allemande qui mène des opérations de répression féroces dans le secteur (ils brûleront le village voisin de Rouffignac)
L.A.S., Pontoise, 21 mai 1944, entête Latinité Association fondée le 8 septembre 1942 pour perpétuer et étendre l'influence de Frédéric Mistral et de sa doctrine, Jacques Reynaud (1894-1965), poète, journaliste, auteur dramatique et directeur de revue
2 L.A.S., 1944, Jean Variot homme de lettres
L.A.S., 5 avril 1947, Logis de Girac, La Couronne (Charente), Henri Lacombe, ingénieur ; longue lettre narrant les arrestations extrajudiciaires opérées par les lors de l'effondrement de Vichy. La Charente, et plus particulièrement le secteur d'Angoulême, a été le théâtre d'une épuration extralégale particulièrement vive, mêlant règlements de comptes de voisinage et justice de maquis. Les sévices décrits par Lacombe dans cette lettre correspondent aux dérives documentées de certains « maquis noirs » ou d'éléments incontrôlés s'improvisant justiciers avant que le Gouvernement Provisoire de De Gaulle ne parvienne à restaurer l'ordre légal
L.A.S., prison de Fresnes, 2 janvier 1948, Xavier Vallat ancien Commissaire général aux questions juives sous le régime de Vichy, jugé par la Haute Cour de justice en décembre 1947 (son procès s'est achevé le 10 décembre 1947 par une condamnation à dix ans de prison)

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Estimation : 1 500 € ~ 2 500 €
Correspondances passives reçues par René Benjamin, 1940-1948

Lot de correspondances, notes...
Lot 143
Lot 144
Jean Quirin (1913-1941), engagé comme aviateur dans le 62e groupe à Thiès au Sénégal, mort pour la France

Lot de correspondances, tapuscrit et photographies

Documents relatifs à la disparition de Jean Quirin (1913-1941), engagé comme aviateur dans le 62e groupe à Thiès au Sénégal, mort pour la France, tué le 25 octobre 1941 à M’Drabène Southe en Afrique Occidentale française, fils d’Albert Quirin général de brigade et neveu de René Benjamin, dont

Compte rendu tapuscrit des obsèques et honneurs rendus aux membres de l’équipage du Glenn-Martin 166, Thiès, 25 octobre 1941, 10 pp. in-4
8 L.A.S./P.A.S., 1941-1942, adressées à Jean-Loup Benjamin en poste à Rabat, dont
L.A.S., Thiès, 8 septembre 1941, Jean Quirin, adressée à Jean-Loup Benjamin son cousin germain
P.A.S., Reims, 29 janvier 1942, général Albert Quirin adressée à Jean-Loup Benjamin en poste à Rabat + portrait photographique du général de brigade Albert Quirin, 1923, 26 x 16 cm
L.A.S., Thiès, Sénégal, 12 novembre 1941, commandant Morgan commandant le groupe 2/62
L.A.S., Thiès, 19 novembre 1941, Pierre Hue lieutenant au groupe 2/62
L.A.S., Thiès, 19 novembre 1941, L. Hue épouse de Pierre Hue

10 clichés photographiques dont portrait de Jean Quirin, le couple Hue et Jean Quirin à Thiès en septembre 1941, vues de la tombe et de la maison à Thiès, vue du lieu du crash de l’avion + image pieuse mortuaire

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Adjugé : 100 €
Jean Quirin (1913-1941), engagé comme aviateur dans le 62e groupe...
Lot 144
Lot 147
Philippe Pétain (1856-1951), dit Maréchal Pétain, Chef du gouvernement de Vichy

Lot de correspondances, documents, publications

Carte de visite, Paris, 31 mars 1931, avec remerciement manuscrit pour l’envoi de son livre Barrès et Joffre
L.S., Paris, 12 juillet 1932, adressée à René Benjamin
P.A.S., Paris, 1er décembre 1932, Philippe Pétain, remerciement pour l’envoi du livre sur Charles Maurras
Carte de visite, Paris, 26 mars 1937, avec remerciement manuscrit pour l’envoi de son livre Mussolini et son peuple
L.S., Paris, 14 janvier 1938
Menu du diner du 21 novembre 1941 à Vichy, à la table du Maréchal Pétain, en présence de la Maréchale, docteur Ménétrel et autres
Carton d’invitation à diner avec le Maréchal Pétain le 17 février 1942
Carton d’invitation et de placement à la cérémonie de prestation de serment des préfets au maréchal Pétain à Vichy, 19 février 1942
Menu du diner du 11 décembre 1942 à Vichy, à la table du Maréchal Pétain
P.S., Vichy, 5 mai 1944
Copie manuscrite de l’ultime message du Maréchal Pétain chef de l’Etat aux Français, Vichy, 20 août 1944
P.A.S., Ile d’Yeu, Maréchale Pétain

Copie tapuscrite de la lettre du Maréchal Pétain, écrite à Sigmaringen le 5 avril 1945, adressée aux autorités allemandes, demandant à pouvoir rentrer en France pour répondre de ses actes
Copie tapuscrite de la lettre du Maréchal Pétain, écrite à Paris (fort de Montrouge), 25 mai 1945, adressée à l’amiral William D. Leahy, plaidoyer et une demande officielle de témoignage, sollicitant l'amiral Leahy, ancien ambassadeur des Etats-Unis en France en 1941-1942, pour qu'il témoigne en sa faveur afin de le disculper des accusations de trahison et de complicité avec l'Allemagne nazie ou avec la société secrète de la Cagoule

Copie tapuscrite de l’interrogatoire du Maréchal Pétain du 11 juin 1945

Discours prononcés dans la séance publique tenue par l’Académie française pour la réception de M. le Maréchal Pétain le 22 janvier 1931
Paris, Firmin Didot, 1931
Broché, 28,5 x 23 cm

Paluel-Marmont
Le Maréchal Pétain
Paris, Denoël et Steele, 1935
Broché, 23 x 17 cm
Envoi autographe signé

Henri Pourrat
Le chef d’état français
Marseille, Robert Laffont, 1942
Edition originale sur papier Auvergne au filigrane du sabot
Broché, 24 x 18 cm
Envoi autographe signé

Etc...

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Adjugé : 2 600 €
Philippe Pétain (1856-1951), dit Maréchal Pétain, Chef du gouvernement de...
Lot 147
Lot 150
Paris et le Maréchal Pétain

Paris au Maréchal
Paris, imprimé sur les presses de l’école Estienne, 1942
En feuilles in-4 raisin sur vélin teinté d’Arches
sous couverture rempliée, chemise et emboitage d’origine
Illustré de 10 gravures en taille douce in-texte et 10 gravures en taille douce hors-texte
Edition originale, n°85/200
Envoi autographe signé du Maréchal Pétain
Très bel état

Paris au Maréchal (1942) fait référence à une opération de propagande du régime de Vichy, déclinée à la fois sous la forme d'un livre de prestige et d'une série de manifestations symboliques visant à réaffirmer l'allégeance de la capitale au maréchal Pétain, malgré l'occupation allemande. L’ouvrage reprend toute la vie du Maréchal, depuis son passage chez les Dominicains d'Arcueil jusqu'à son rôle de Chef d'Etat. Ouvrage collectif commandé et imprimé par la Ville de Paris, avec un tirage total de 200 exemplaires. Il rassemble des textes d’un panel de contributeurs tels que Sertillanges, Henry Bordeaux, Champion, Duffieux, le général Serrigny, Bonnard, Vaudoyer, Chaumeix, Suarez et Paul Valéry sans son accord explicite, et des illustrations célébrant le "sauveur de la France". L’objectif est de montrer que Paris, bien que située en zone occupée, reste le cœur de la "Révolution Nationale" et demeure fidèle au chef de l'Etat basé à Vichy. Tous les exemplaires ont été remis au cabinet du Maréchal pour les distribuer en cadeau avec différentes qualités de reliures ou d'emboitages suivant l'importance ou le rang du récipiendaire.
Adjugé : 280 €
Paris et le Maréchal Pétain

Paris au Maréchal
Paris, imprimé sur les...
Lot 150
Lot 152
L’Imagerie du Maréchal Pétain, 1941-1942

2 publications

Philippe Pétain. Imagerie du Maréchal
Limoges, Ateliers François, 1941
En feuilles, sur papier d’Auvergne à la main, d’une cuvée spéciale au filigrane du Maréchal
[3] - frontispice J’ai été avec vous dans les jours glorieux. Je reste avec vous dans les jours sombres, 1918-1940 - Offrande - Suite de 12 planches avec la lettre coloriées au pochoir, et suite de 12 planches et frontispice avant la lettre en noir, illustrant les grandes étapes de la vie de Pétain, de son enfance à son rôle de "sauveur" en 1940
Sous cartonnage à ruban tricolore
43 x 52,5 cm
Edition originale de prestige, exemplaire n°43/100 offert par le Maréchal Pétain
(qqs rousseurs, pl. de titre insolée)

Philippe Pétain. Imagerie du Maréchal
Limoges, Ateliers François, 1942
En feuilles, sur papier vélin
Page de titre - frontispice J’ai été avec vous dans les jours glorieux. Je reste avec vous dans les jours sombres, 1918-1940 - Offrande - Suite de 12 planches avec la lettre coloriées au pochoir
Sous cartonnage
38 x 47,5 cm
(qqs rousseurs, petites déchirures en marge)

L'Imagerie du Maréchal, imprimée à Limoges en 1941 et 1942, est un ensemble de planches iconographiques emblématiques de la propagande du régime de Vichy. Cette série visait à instaurer un culte de la personnalité autour de Philippe Pétain en utilisant les codes de l'imagerie populaire traditionnelle, à l’instar de l’imagerie d’Epinal.
L’édition de 1941 grand format correspond à l'édition de tête ou de luxe. L'exemplaire de 1942 sur papier plus léger et de format plus petit correspond à une réédition destinée à une diffusion plus vaste ou à un coût de production réduit (pénuries de guerre obligent).
L'artiste principal derrière ces planches est Gérard Ambroselli (1906-2000). Il été officiellement nommé « Imagier du Maréchal ». Installé en zone libre après sa démobilisation en 1940, il a reçu pour mission de créer une iconographie hagiographique (une vie de "saint") pour Philippe Pétain. Il a volontairement adopté le style des images d'Epinal du XIXe siècle (contours noirs marqués, couleurs vives en aplats ou au pochoir) pour toucher la fibre populaire et traditionnelle française. Bien qu'ayant travaillé pour la propagande de Vichy, Ambroselli est entré en clandestinité fin 1942 après l'arrestation du général de Lattre de Tassigny. Il a rejoint la Résistance (sous le nom de "Capitaine Gérard") et a fini la guerre comme imagier de la 1ère Armée Française, dessinant même l'insigne "Rhin et Danube"
Estimation : 800 € ~ 1 200 €
L’Imagerie du Maréchal Pétain, 1941-1942

2 publications

Philippe Pétain. Imagerie du Maréchal
Limoges,...
Lot 152
Lot 153
Propagande officielle du régime de Vichy et de la Révolution Nationale, 1940-1944

Réunion d’env. 60 documents, 1940-1944

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Pages d’histoire
Les appels du Maréchal Pétain
juin 1940
s.l., août 1940
Edition originale sur pur fil à la main en Auvergne
Broché, 24 x 19 cm

Message du Maréchal Pétain chef de l’état français 11 octobre 1940
Grenoble, Daniel Jacomet impr.
Plaquette
18,5 x 13 cm
2 exemplaires

Le Maréchal de France Philippe Pétain Chef de l’Etat Français
1940/1941
Brochure, 15 x 24,5 cm

Le Maréchal Pétain
Appels aux Français, 1940
Paris, Librairie Plon, 1941
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm

L’Oeuvre du Maréchal
juillet 1940 - juillet 1941
Edition du secrétariat général de l’information, décembre 1941
Broché, 20,5 x 14 cm
2 exemplaires

Les messages du Maréchal
Edition du secrétariat général de l’information, décembre 1941
Broché, 21 x 15,5 cm

Noël d’Ornans
Les jeudis du Maréchal
Editions de la générale publicité, vers 1941
Broché, 18 x 13,5 cm

Le Maréchal Pétain
Paroles aux Français
Messages et écrits 1934-1941
H. Lardanchet, 1941
Broché, 19 x 12 cm

Nouveaux destins de l'intelligence française
Paris, Union Bibliophile de France/Ministère de l'Information, 1942
Broché, 31 x 23 cm, couvertures gaufrée bleue et or titre sur le premier plat et motif de francisque au dos
Edition originale, exemplaire offert par le maréchal Pétain à René Benjamin
Texte liminaire de Charles Maurras ("L'avenir de l'intelligence française") et contributions de Gustave Thibon, Alexis Carrel, Abel Bonnard (Ministre de l'Education nationale), Alfred Cortot, Jacques Copeau, Marcel Arland, Thierry Maulnier, Daniel Halévy, René Benjamin, Henri Gouhier, ainsi que de nombreuses citations du Maréchal Pétain.
Ill. d’environ deux cents photographies reproduites en héliogravure par Laure Albin Guillot, Sougez, Parry, Roubier, Robert Doisneau, Dumas, Bovis, Paris, Zuber, Vals, Pierre Jahan, Arthaud, Schall, etc
Ouvrage collectif de prestige publié sous le régime de Vichy, conçu comme une vitrine du "génie français" retrouvé sous l'égide du Maréchal Pétain, les thèmes couvrant la philosophie, la médecine, les arts du spectacle, la musique et l'éducation.

150 ans de conquête des cœurs : L'œuvre généreuse et humaine de la France colonisatrice
Editions Maurice Devriès, vers 1942
32,5 x 23,5 cm

La Revue d’Arles
Arles, Académie d’Arles
n°1 de mars 1941
Epreuves d’imprimeur avec corrections manuscrites
Contient un hommage à Frédéric Mistral par le Maréchal Pétain, visite détaillée de sa venue à Arles, etc

Le Maréchal Pétain
La France Nouvelle
Appels et messages 8 juillet 1941 - 17 juin 1943
Tome II
Paris, impr. Draeger, 1943
Edition originale
Broché, 19 x 12 cm

Réunion de + de 50 documents de propagande éditées par le régime de Vichy : tracts, brocures, plaquettes, cartes postales, affiches, dont :
Abécédaire ; Les principes de la communauté ; Aux enfants de France ; portraits du maréchal Pétain ; Travail Famille Patrie ; Mardi 12 août 1941 le Maréchal Pétain décide ; Français venez à moi avec confiance ! ; Aux Français ! Paroles du chef ; Jeunes Français mes amis ; Loterie nationale, 10 août 1943 au profit du secours national ; Il vaincra souscrivez ; Comité national des bons d’armement, Français souscrivez aux bons d’armement ; Légion française des combattants, Clermont-Ferrand, programme-souvenir des manifestations organisées le 30 août 1942 à l’occasion du 2e anniversaire de la Légion ; Français, souviens toi ! distribué par le secours national ; etc

Etc...

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Adjugé : 700 €
Propagande officielle du régime de Vichy et de la Révolution...
Lot 153
Lot 154
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1940 et 1945

Lot de manuscrits, correspondances et éditions originales

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Le Printemps tragique
Brouillon manuscrit à l’encre avec ratures, ajouts et corrections, 107 pp. in-4
Brouillon manuscrit à l’encre, septembre 1940, avec ratures, ajouts et corrections, 286 pp. in-4

Le Printemps tragique
Paris, La Palatine, Plon, 1940
Edition originale sur papier de Hollande Van Gelder
Exemplaire H.C.
Reliure ½ maroquin à coins, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées, signée Grégoire Levitzky

Le Maréchal et son Peuple
Paris, Plon, 1941
Edition originale sur papier pur fil de Lafuma
Exemplaire imprimé spécialement pour madame Benjamin
Broché, 20 x 14 cm (non rogné)
Envoi autographe signé du Maréchal Pétain
32 L.A.S./P.A.S. reçues par René Benjamin, 1941, remerciements et félicitations pour la parution et l’envoi du livre

Vérités et rêveries sur l’éducation
Brouillon manuscrit avec ratures, ajouts et corrections, 120 pp. in-8
Manuscrit mis au propre avec ratures, 205 pp. in-4

Vérités et rêveries sur l’éducation
Paris, Plon, 1941
Edition originale sur papier de Hollande Van Gelder
Tirage spécial pour les Amis des Beaux Livres, n°3
Reliure ½ chagrin, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées
20 x 14 cm

Le Grand Homme seul
Brouillon manuscrit, env. 45 pp. in-4
Epreuves d’imprimeur avec corrections manuscrites, 54 pp.

Le Grand Homme seul
Paris, Plon, 1943
Edition originale sur papier pur fil Lafuma
Exemplaire n°23
Broché, 20 x 13,5 cm
Envoi autographe signé de l’auteur à son fils François

L’Homme à la recherche de son âme
Brouillon manuscrit, 1er essai, à l’encre, avec ratures, corrections et ajouts, 307 pp. in-8
Brouillon manuscrit à l’encre, avec ratures, ajouts et corrections, écrit du 6 aout au 8 octobre 1942 revu en octobre, recopié du 26 octobre à décembre, corrigé en déc. 42 et janvier 43, 297 pp. in-8
Manuscrit mis au propre à l’encre, Noël 1942, avec ratures, ajout et corrections, 422 pp. in-4
Première et seconde épreuves d’imprimeur

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Adjugé : 650 €
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1940 et 1945

Lot...
Lot 154
Lot 155
Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945), romancier, essayiste et journaliste

Une correspondance et une publication

L.A.S., 29 janvier 1940, adressée à René Benjamin, 5 pp. in-4 ; l'auteur discute de sa perception de Maurice Barrès et de l'expérience de la Grande Guerre, et de la position d'autres intellectuels de son temps comme Péguy, Maurras, Montherlant ou Malraux
Monsieur, Que d’ennuis. D’abord, moi qui achète assez régulièrement Candide, je ne l’avais pas fait par malchance cette semaine. Ensuite, je ne souhaitais pas qu’une lettre de vous soudain adressé à moi fit une rebuffade. Je ne puis vous répondre qu’une chose : je tombe des nues. Je n’avais nulle intention de jeter le moindre grain de cendre sur la mémoire de Barrès que j’ai toujours admiré et aimé. Il y a encore deux ans, j’avais écrit dans le journal de Doriot un long article où il n’y avait que du respect et de l’affection. Et j’aime parler de lui avec son fils.
Mais il me semble qu’un ancien combattant qui ne craint pas que le franc-parler soit moins riche en éloge profond que tout autre langage ne peut caractériser autrement que je fais le dévouement de Barrès. C’était ainsi qu’à lui-même je m’adressais. En dépit de tout son amour et de toute sa prudence, il lui manquait quelque chose : l’expérience de la guerre. Cela ne se remplace pas au regard de ceux qui la font longuement. Un homme qui est en pleine action ne peut sans doute pas, à ce moment, écrire un roman ou un poème qui parle de la passion.
Il y avait quelque chose d’impalpable et d’irréel qui enveloppait tout ce que disait Barrès sur la guerre et qui le rendait étranger, bien légèrement certes mais sensiblement, au combattant dans la tranchée. Combien depuis ai-je entendu des hommes qui étaient les nationalistes et ses admirateurs littéraires, le constater avec gêne et tristesse. Ils souffraient surtout de le voir par là prêter le flanc à des adversaires fort bas qui en abusaient, bien sûr, ignoblement.
Voilà ce que j’ai voulu dire par ces mots : "exquisément inadéquats" Il faisait tout ce qu’il pouvait, mais il ne pouvait pas plus. Je dois remarquer que d’autres qui n’avaient pas plus l’expérience de la guerre que lui montraient un instinct plus sûr de la familiarité militaire. Ils n’étaient pas nombreux : je n’en compte même que deux. Péguy était si engagé dans son action prochaine qu’il y trouvait un pressentiment exact. De là qu’on peut relire tout ce qu’il a écrit avant 14 sur la guerre avec une parfaite satisfaction.
Et Maurras, plus engagé quotidiennement que Barrès dans l’action politique s’est toujours exprimé avec un tact qui n’offensait le combattant. De là que tant de combattants sont venus vers lui après la guerre. Tandis que Barrès a connu un relatif isolement par rapport à la jeunesse, Montherlant, d’autres, moi, nous venions vers lui avec une pointe de mauvaise humeur emmêlée à tous nos ravissements. Montherlant a laissé éclater cette mauvaise humeur, depuis. Je me suis abstenu.
Quand je parle de silence, je veux dire sourdine, profonde sourdine. Mais remarquez le silence complet de Bernanos, de Montherlant, de Malraux (pourtant éloigné du communisme depuis deux ou trois ans). Ces hommes ont en eux une part de Barrès. Mauriac et Duhamel prennent la chose de biais, avec une certaine crainte.
Du reste, pourquoi considérer tout cela ? L’analyse délicate que vous faites dans le cours de votre article de l’attitude de Barrès marque toutes ces nuances que j’ai résumées avec la concision que comportait le sujet de mon article dans ces mots : "exquisément inadéquats"
votre plaidoyer est exquisément inquiet...

Gilles
Paris, Nrf, Gallimard, 1939
Edition originale, ex. presse
Broché, 21 x 14,5 cm
Adjugé : 800 €
Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945), romancier, essayiste et journaliste

Une correspondance...
Lot 155
Lot 156
René Benjamin, plume du Maréchal Pétain

Lot de manuscrits, tapuscrits, correspondances, éditions originales et documents divers

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Brouillons des messages écrits par René Benjamin

Message du Maréchal Pétain pour Noël 1942
Brouillon manuscrit écrit par René Benjamin, avec corrections et ratures, 5 pp. in-8
Note manuscrite, 1 page in-8
P.A.S., entête « Le Chef de l’Etat, Secrétaire général », 25 décembre 1942, Jean Jardel
L.S., entête « Le Maréchal Pétain Chef de l’Etat, secrétariat particulier », Vichy, 6 janvier 1943, Bernard Ménétrel
Message du Maréchal Pétain au peuple de France, 1er janvier 1942, tapuscrit 5 pp. in-4

Message pour l’année 1943
Projet de réponse à des prisonniers, 30 janvier 1943, donné à Racine, brouillon manuscrit avec corrections et ajouts, 1 page in-8
Projet de message pour le 1er mai 1943, Français au travail, ouvriers mes amis, brouillon manuscrit, avec corrections et ratures, 5 pp. in-4
Message de Noël 1943, brouillon manuscrit avec ratures et corrections, 3 pp. in-8

Messages pour l’année 1944
Réponse du maréchal aux vœux des prisonniers envoyés au nouvel an 1944, écrit par René Benjamin à Vichy le 20 mars 1944, brouillon manuscrit, avec corrections et ratures, 1 pp. in-8 + message officiel, 9 avril 1944, tapuscrit 1 page in-4

Notes manuscrites écrites par René Benjamin, 1940-1948
3 petits carnets de prises de notes manuscrites au crayon bois, 14,5 x 9 cm, chacun titré :
Vichy, juillet 1941, 154 pp. (chantier de jeunesse, école cadres Uriage, Darlan, diner Huntziger)
Vichy, nov. 1941, 134 pp. (Suisse, la retraite de Weygand, rencontre de Mme Carasso)
Vichy, février 1942, 117 pp. (ingéniosité des prisonniers, Urvoy, le Maréchal et le Vatican, Dr Leriche, la Maréchale), nov.-déc. 1942 (Maurras à Lyon, diner Pétain-Maurras, déjeuner chez Laval, le général Laporte du Theil, Fernet, arrestation d’Herriot, Lagardelle, Stucke)
Feuilles volantes, 55 pp. in-12 et in-8 ; anecdotes, confidences, souvenirs, faits concernant le Maréchal Pétain

Tapuscrits, manuscrits et documents divers
Note de presse « Le programme de Pétain : autorité, travail, famille » par Hermann Hönig, 22 octobre 1940, tapuscrit 6 pp. in-4
Pétain le Juste, Le Maréchal, Mercredi 26 et jeudi 27 février 1941, notes manuscrites sur plusieurs échanges privés entre le Maréchal Pétain, son épouse et René Benjamin, au cours de repas et promenades les 26 et 27 février 1941, 22 pp. in-8, suivi de multiples anecdotes et attitudes du maréchal Pétain, du projet de modifier la Constitution, etc
Discours du maréchal Pétain prononcé à Saint Etienne le 1er mars 1941 aux ouvriers, techniciens et patrons français, tapuscrit 5 pp. in-4 ; 3 laissez-passer délivrés à René Benjamin faisant partie du cortège officiel du voyage à Saint-Etienne
Allocution du 30 mars 1941, prononcée par le général Laure, devant la Légion française des Combattants de Lyon, tapuscrit 4 pp. in-4
Notes prises dans le journal personnel général Laure, secrétaire général du cabinet du maréchal Pétain, prêté par lui à Vichy en novembre 1941, manuscrit 8 pp. in-4, témoignages pris entre le 15 novembre 1940 et le 18 novembre 1941
Entrevue de Saint-Florentin [1er décembre 1941, entrevue entre le Maréchal Pétain et Goëring], tapuscrit 2 pp. in-4, déroulé de l’entrevue
Figures, analyse comportementale et psychologique par René Benjamin de l’entourage du maréchal Pétain, manuscrit, 6 pp. in-4
Message radiodiffusé par le Maréchal aux écoliers de France à l’occasion de la rentrée (octobre 1941), tapuscrit 3 pp. in-4 + L.A.S., 20 novembre 1941, Paul Racine, secrétaire particulier
P.A.S., 8 avril 1943, Paul Racine, secrétaire particulier du Maréchal Pétain ; laisser-passer délivré à René Benjamin pour monter au n°129 du 8 au 12 avril 1943
Message que le Maréchal devait prononcer le samedi 13 novembre 1943 à 19h30, interdit par les Allemands à 19h, tapuscrit 1 page in-4 concernant sa succession
Les chantiers de jeunesse et L’école de cadres, manuscrits de René Benjamin, 4 et 8 pp. in-4
L’amiral Darlan Un caractère voilà ce que finalement il se dégage, analyse comportementale, psychologique et témoignages, manuscrit 5 pp. in-4

Etc...

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Adjugé : 2 500 €
René Benjamin, plume du Maréchal Pétain

Lot de manuscrits, tapuscrits, correspondances,...
Lot 156
Lot 157
Bernard Ménétrel (1906-1947), médecin particulier et confident du Maréchal Pétain

Lot de correspondances, documents et photographies

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Rarissime réunion de 35 L.S./L.A.S./P.A.S., 1941-1945, adressées à René Benjamin, dont :

Lettre tapuscrite, Vichy, 1er octobre 1943, sur la situation politique nationale et internationale
Mon cher ami les langues vont leur train. Chacun a l’impression que, sur le plan international, des événements sensationnels sont imminents. Et chacun, selon ses préférences, ou les renseignements, de bonne source évidemment, qu’il détient, bâtit son petit plan de campagne, conduit ici ou là les troupes russes, allemandes ou britanniques, livre des combats décisifs, conclut des alliances, et surtout des renversements d’alliances, et signe une paix avantageuse à Londres, Berlin, Moscou, Genève, New York ou plus simplement encore à Paris. Evidemment j’ai aussi ma marmotte que je me garderai bien de vous faire connaître. Car à force d’être bien informé, je n’ai plus foi en aucun système, et la seule conviction qui me reste, mais celle-là bien solide, est que nous sommes engagés, et avec nous toute l’Europe, dans le conflit le plus absurde, le plus contraire à nos intérêts collectifs et particuliers que l’on puisse imaginer. Ceci dit, et puisque cela vous intéresse, passons en revue les éventualités considérées aujourd’hui dans les milieux vichyssois comme les plus vraisemblables. Notons en premier lieu que le sentiment général des gens informés, qu’ils appartiennent au gouvernement ou à la représentation étrangère, est que si l’Allemagne devait poursuivre en Europe la lutte contre ses adversaires actuels, même avec l’appui déclaré ou déguisé d’autres puissances européennes, le sort des armes lui serait contraire. On ajoute qu’il serait surprenant qu’elle soit à même de poursuivre le combat au-delà de l’automne 1944. Ceci explique les pourparlers dont on fait état sans en connaître grand-chose et qui sont incontestablement engagés dans plusieurs capitales européennes. ( ) on en parle beaucoup de cette trêve germano-russe. On en parle tellement que c’est peut-être précisément ce qui, en fin de compte, me porterait à la mettre en doute. On voit bien me direz-vous ce qu’un pareil événement apporterait à l’Allemagne. Mais quels avantages pour la Russie ? ( ) Curieuse libération que celle que nous proposent les Anglo-saxons. Nous sommes bien renseignés sur ce qui se passe en Afrique du Nord. Et il ne s’agit pas là de propagande allemande, croyez-le bien. Des fonctionnaires de premier plan, restés à leur poste jusqu’à ces dernières semaines, ont quitté volontairement la Tunisie, l’Algérie, le Maroc et sont venus à travers l’Espagne jeter au gouvernement leurs cris d’alarme. ( ) Que notre peuple, tristement fat, s’imagine encore que d’autres vont gagner la guerre pour lui est affligeant pour nous tous et peu digne de notre réputation d’intelligence. Dans notre détresse, quel que soit le cours que prendront les événements, nous avons cependant un atout pour nous, un seul, toujours le même : le MARECHAL. Lui seul détient la légitimité du pouvoir. Lui disparu, tout s’effondre. Notre patrie, notre empire seraient alors livrés à l’appétit de satrapes qui s’en disputeraient les débris sous l’œil intéressé de l’étranger dont l’agrément se paierait partout de l’abandon définitif d notre indépendance. Lui seul en cas de défaite allemande peut valablement imposer à nos alliés le respect des traités et faire entendre au monde la voix de la France
Mon cher AMI, je m’étais bien promis de ne plus rien écrire, mais malgré tout, puisque je suis engagé, lorsque vous avez quitté la France, à vous tenir au courant de ce que je savais afin de vous permettre de rester dans la ligne droite, je vais essayer aussi brièvement que possible, de vous donner quelques aperçus de ce que semble être, parmi nos amis, la vraie doctrine à travers ce que nous savons. Excusez le décousu de ma lettre, vous savez que je tape moi-même à la machine, les idées viendront au petit bonheur. J’ai revu au cours d’un voyage à Vichy quelques amis qui sont restés encore dans des postes intéressants, mais il est bien difficile de leur faire dire le fond de leur pensée. Ils m’ont cependant confirmé ce que j’avais appris de ci de là. Tout ne va pas pour le mieux chez les Algérois ( ) ..."

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Adjugé : 2 700 €
Bernard Ménétrel (1906-1947), médecin particulier et confident du Maréchal Pétain

Lot...
Lot 157
Lot 158
Le cabinet du Maréchal Pétain et des propagandistes de Vichy

Lot de correspondances et documents divers

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Paul Racine, secrétaire particulier du Maréchal Pétain
28 L.A.S./P.A.S., 1942-1947, certaines à entête Le Maréchal Pétain, chef de l’Etat Secrétariat particulier , dont
12 mai 1944 « ( ) Lui [maréchal Pétain] il a conservé dans ces jours de tristesse, la grandeur, la force sereine et le calme que n’ont troublés que quelques instants les cris de ferveurs et d’attachement de Paris qui le revoyait pour la première fois depuis quatre ans, ceux de la foule qui s’était massée, dense, serrée, houleuse, devant le Parc le dimanche 7 jour de son départ, et enfin de la population des différentes provinces traversées pour se rendre « dans la nouvelle résidence ». Le matin de son départ, après une retentissante hissée des couleurs, il nous a réunis pour nous dire qu’il partait « provisoirement ». Il nous disait « au revoir » (et pourquoi pas ?) (j’allais me laisser aller à vous dire autre chose mais je m’arrête : tout cela je vous le raconterai quelques jours) L’ont accompagné : votre ancien préfet, le toubib, un officier d’ordonnance, le chef du secrétariat particulier et Gondard. Je devais initialement en être, mais le toubib a préféré me laisser ici pour assurer le secrétariat particulier, parce que Gondard est plus son secrétaire à lui, connait mieux que moi ses affaires, et plus que moi a la tête sur les épaules. (tant pis ça viendra avec l’âge). J’aurais éprouvé une joie certaine à associer mon pauvre sort au sien. Je suis heureux qu’on me confie l’intérim qui est le seul à en valoir la peine dans ces temps d’inaction ; celui qui le touche, Lui

Jean Fernet, contre-amiral et secrétaire général de la présidence du Conseil national
3 L.A.S./P.A.S., 1941-1943, dont
L.A.S., Vichy, 19 juillet 1943, témoignage d’une certaine lucidité sur le divorce consommé entre Pétain et les Français (isolement et fin du mythe du Maréchal bouclier ) ainsi que l’échec des réformes de Vichy
Mon cher maître et ami (...) vous avez profondéement ressenti et vous avez raison d’expliquer aux jeunes gens, en particulier, le terrible fardeau de cette solitude qui devient chaque jour plus lourde. Le peuple avait cru que le miracle de pacification qui avait suivi les horreurs de l’exode se prolongerait tout au long de l’occupation étrangère. Toute la confiance affectueuse qu’il avait d’un coup donnée à M. le Maréchal escomptait un prolongement de cette immunité provisoire, une confirmation de l’étonnant privilège qui semblait écarter de nous les dures conséquences de la défaite. Et puis les souffrances sont venues. Et comme vous l’avez si bien dit, les extravagants propos de bassesse et d’ignorance se sont déchainés : Faut-il que nous souffrions pour errer à ce point là ! La solitude est dure à la fois, parce que le peuple a lâché, et parce que l’adminitration routinière, bureaucratique, poursuit son oeuvre néfaste sur les errements d’autrefois, n’ayant rien compris ou rien voulu comprendre au grand souffle d’air pur que le maréchal voulait faire passer sur toutes nos institutions. C’eut été trop beau, si cela vait été au moins amorcé en trois ans. Comme vous le penez et vous le dites, c’est dans la jeunesse qu’il faut avoir confiance : elle seule saura, sans doute, avec le temps, retrouver la voie de la grandeur...

Jean Jardel, secrétaire général auprès du Chef de l’Etat
3 L.A.S./P.A.S., 1943, dont
L.A.S., Vichy, 4 mai 1943
Mon cher Maître j’ai reçu à la fois votre projet [de message] et votre lettre. Au premier il n’a pu être retenu qu’une fort belle image, car on a dû donner une forme plus technique au message. Le Maréchal ne vous remercie pas moins de votre beau papier qui sera utilisé un jour ou l’autre. (...) Venez nous voir de temps en temps à Vichy. Nous sommes heureux de vous entendre et de respirer par vous l’air du dehors. Les contacts nous sont très utiles et j’espère qu’ils ne vous sont pas trop désagréables. Bien sur je parle pour nous modestes collaborateurs du Maréchal. Le Maréchal va bien dans des temps difficiles : nous prenons chaque jour exemple sur son calme et son courage...

Commandant Guy Féat, l'officier d'ordonnance et d'escorte attitré d'Annie Pétain, épouse du Maréchal
4 L.A.S./P.A.S., 1941-1944 + Note tapuscrite du 29 septembre 1943 sur la situation politique générale, communiquée par le commandant Féat, 4 pp. in-4

Général Jacques Campet, chef du cabinet militaire du maréchal Pétain
2 L.S./P.A.S., 1942-1943

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Adjugé : 2 800 €
Le cabinet du Maréchal Pétain et des propagandistes de Vichy

Lot...
Lot 158
Lot 159
Henri Massis (1886-1970), critique littéraire et essayiste nationaliste

Lot de correspondances et 1 publication

26 L.A.S./P.A.S., 1921-1947, adressées à René Benjamin, dont :

L.A.S., Vieux Moulin (Oise), s.d. [1927]
Mon cher ami ( ) quant à moi je noircis du papier avec de l’encre violette d’ailleurs. L’Occident me vaut d’innombrables polémiques ; les uns me reprochent d’être trop « spirituels » ; les autres d’être trop « politiques » Ah ! nos contemporains n’ont plus la notion des « ordres » comme disait Pascal. L’Europe a perdu la tête, et Rome est sans cesse invoquée par les ennemis de l’Occident. Quel effroyable gâchis ! Pourtant quand on lit un bouquin comme celui de Siegfried sur les Etats-Unis d’aujourd’hui (je vous le recommande) on se sent plein de tendresse et d’amour pour cette vieille et absurde Europe. Ah ! mon ami quelle humanité les « cent pour cent » puritains de la Virginie ou du Texas nous préparent, avec leurs balls, leurs prohibitions, leur « eugénisme » et la « stérilisation » des hommes de couleur ! Oui ils ont trouvé cela dans leur Bible, le moyen de rendre inféconds les nègres et les jaunes, tout en leur laissant la possibilité de faire l’amour ! Admirez, Benjamin, admirez le nouveau monde. Et dites moi si vos Bretons, dans leur délire, iront jamais jusque là. Renan, Châteaubriand, Lamennais ne deviennent-ils pas bien « sympathiques » comme dit M. Bourget. Pailleron, quand on songe à ces Yankees taylorisateurs ! Mais je ne sais pourquoi je vous dis tout cela ( ) vous ne me demandiez que des nouvelles de l’affaire Daudet (je n’en ai point) et de Bernanos l’errant Soyez rassuré : il est populaire (ah ! ces romanciers). Il vient d’acheter à Clermont (Oise) une magnifique vieille maison où il est en train de s’installer

L.A.S., Le Mayet de Montagne (Allier), 6 août 1947
(...) Je pense bien souvent à vous. Faut-il vous l'écrire ? Sur les uns et sur les autres, ne savons-nous pas à peu près la seule chose qui importe de savoir aujourd'hui : si tel ou tel d'entre nous vit encore. Pour le reste trop de choses à se dire que vient arrêter ce mouvement de pitié ou de dégoût où l'âme ne cesse d'osciller au milieu de ce monde affreux. Alors quand on sait que Benjamin est toujours là quelque part, c'est-à-dire que quelque chose de solide existe, sur quoi l'on peut compter ! Inutile de l'embêter : on se dit : tout va bien, car on sait que le jour venu, où l'on pourra refaire ce qui est à refaire, il sera là. Nul besoin de le lui dire, ni de le lui demander. (...) De moi, que vous dire ? Je suis parti pour le Bourbonnais vers le 15 juin : j'y resterai jusqu'à la fin de septembre. Nous avons pu louer au Mayet-de-Montagne la maison que mon fils habitait pendant l'occupation ; et nous y sommes avec ses deux aînés. Ma pauvre femme qui a passé un affreux hiver (quatre mois au lit, pyélonéphrite, ébouillantée ensuite) connaît comme repos l'ilot de femme de cuisine et de bonne d'enfants dont la persévérance et la force pourrait être puisée... Pour moi, je vis de ma force avec Pascal (un bouquin pour la collection Fayard) et ça me dégoûte de répéter sur sa vie (après tant d'autres) ce qu’ils ont dit bien mieux que je ne saurais le dire ; ces travaux de librairie sont la chose la plus assommante du monde et frappent l'esprit d'une sorte d'engourdissement épouvantable... Je viens de finir une soixantaine de pages pour une réimpression de mes bouquins de critique : quelle folie ! qui tout cela peut-il intéresser encore ? Quand pourrai-je refaire une Revue. C'est la seule chose qui me redonnerait du goût à l'existence. Cela me manque terriblement. On me citait, l'autre jour, un bien joli mot de Paulhan : "C'est très dangereux d'être directeur d'une Revue : on se croit l'auteur des articles que l'on publie..." Très vrai ; et j'en parle d'expérience : combien de fois, les avoir publiés ne m'a-t-il pas suffi... L'important, c'est que les choses soient dites... même si cela ne doit servir à rien...

Avant-Postes (chronique d’un redressement) - Les cahiers de l’Occident
Paris, Librairie de France, n°4 (2e série)
Edition originale sur Alfa Navarre
24 x 19 cm, envoi autographe signé

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Adjugé : 250 €
Henri Massis (1886-1970), critique littéraire et essayiste nationaliste

Lot de correspondances...
Lot 159
Lot 160
Jean Chevrier dit Herbert (1908-2004), directeur de théâtre à Lyon puis à Paris, prisonnier de guerre de 1940 à 1944

Lot de correspondances

28 L.A.S./P.A.S., 1939-1947, adressées à René Benjamin, dont :

L.A.S., P.C. 29 septembre 1939
Cher Monsieur et ami, Permettez-moi de me présenter : Jean Herbert ex-administrateur des Célestins, actuellement 2e classe, en congé payé dans un petit village de la Meuse. Je passe sans transition du théâtre des Célestins au théâtre des opérations. Après un court séjour en Savoie, où nous avons groupé la division, nous nous sommes installés ici, avant de monter en ligne. Le froid commence à se faire sentir assez durement, l'hiver sera rude je crois, mais j'aurais tort de me plaindre, car il en est de plus malheureux que moi. Je suis secrétaire et chauffeur du commandant de l'Unité où je suis incorporé, un homme charmant et bon, il a fait toute la guerre de 14/18 (10 citations)
Vous devez vous demander pourquoi je vous écris ? Eh bien voilà : tout d'abord, parce que dans l'isolement on pense aux gens que l'on aime bien, et à ceux qu'on admire, ensuite je n'ai pu résister au désir de vous dire combien j'apprécie votre article qui vient de paraître dans le dernier numéro de "Candide" que j'ai pu trouver hier à Bar-le-Duc où je suis allé en mission -
Comme vous voyez juste ! la guerre n'est pas encore commencée pour les populations civiles, et, nous-mêmes, allons bientôt en connaître les horreurs. Dire qu'il y a encore des Français qui croient à la bonne foi des Allemands ! j'étais à Berlin en Juillet dernier j'ai pu me rendre compte de leur mentalité. Lorsque la guerre sera gagnée (car nous la gagnerons) nous devrons nous montrer impitoyables envers ces barbares. Nos politiciens auront le devoir de faire une paix durable, étayée par des garanties solides et inexpugnables, sans quoi c'est à désespérer de se battre, et à quoi serviraient les sacrifices ? Nous aurons droit après la guerre à passer notre courte vie dans le calme et le travail, le sang versé devra nous laver de la honte de 1936, et nous pourrons enfin montrer au monde ce qu'est la véritable France. J'ai confiance, et puis, si nos représentants ne sont pas à la hauteur de leur tâche, nous aurons peut-être un mot à dire...

14 P.A.S., 1940-1943, écrites depuis l’Oflag IV camp de prisonniers situés en Allemagne près de Dresde
30 septembre 1940 (...) comme vous seriez heureux si vous pouviez voir notre camp, sentir la vie intense qui y règne. C’est une petite ville de six mille âmes. La jeunesse domine, heureusement ! Nous avons constitué une université avec facultés de droit, lettres, sciences, médecine. Chaque faculté à son doyen, choisi parmi les prof. agrégés. Des examens sont passés, des certificats délivrés. 2500 étudiants assistent aux cours donnés par des prof. qu’aucune université de France ne pourrait réunir. Nous avons créé un théâtre. Jouons Molière, Corneille, Jules romains. Les acteurs portent des masques qui sont des chefs-d'œuvre d’expression. Costumes et décors sont en papier mais ravissants. Des conférences ont lieu chaque jour, tous les sujets sont traités, même le surréalisme et l’anti-poésie ! Tous les soirs à 20h. Causeries religieuses, prières en commun. Messes dans chaque block tous les matins de 6h à 8h. Le dimanche grand’messe chantée en plein air face au ciel de France...
2 octobre 1940 (...) Actuellement exposition d’oeuvres d’artistes du camp (Max Ingrand, Pierre Marquet, noms à retenir) y figurent 300 dessins qui illustreront romans et poèmes écrits ici. Art moderne remarquable. Un autel réalisé avec des choses à jeter. Travail étonnant : chandeliers, encensoirs, tabernacle et divers objets du culte faits avec des boites de conserves vides sont admirables. Un christ en fer blanc rayonne sur tout cela, on dirait qu’il sourit à ce témoignage d’amour. Sculpture sur bois, arts ménagers, broderie, tout est représenté dans une ambiance parisienne ! Un miracle vous dis-je. Quand l’homme veut créer même s’il est en déficience physique (c’est notre cas) rien ne le rebute (...) Sont ici dans le camp J. C. Legrand, Paul Colline, Patrice de la Tour du Pin, etc...
1er juillet 1941 (...) je commence mon 13e mois de captivité et je cherche vainement l’indice qui m’indiquerait le terme de l’exil (...) Je travaille énormément, c’est la seule façon de vivre ici. Je monte au théâtre La 1ère légion créée en 1938 au Vieux-Colombier, ensuite j’ai l’intention de faire jouer Le Faiseur de Balzac. A cette occasion j’aimerais en lever de rideau rendre hommage à Antoine, expliquer ce qu’il fût, ce qu’il apporta au théâtre français...

L.A.S., Paris, entête Les Deux Anes, le théâtre le plus gai de Paris , 15 juin 1947

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Estimation : 200 € ~ 400 €
Jean Chevrier dit Herbert (1908-2004), directeur de théâtre à Lyon...
Lot 160
Lot 161
Jacques Visseaux (1872-1952), grand industriel lyonnais

Lot de correspondances et documents

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37 L.S./P.A.S., 1936-1950, adressées à René Benjamin et à son fils François, dont

Copie tapuscrite de la lettre, 27 novembre 1941, adressée au général Weygand, lui offrant 2 ouvrages écrits par René Benjamin
L.S., Lyon, 4 mars 1943 ; soutien vibrant et passionné aux travaux scientifiques d'Auguste Lumière. Visseaux s'appuie sur des articles du célèbre criminologue lyonnais, le Dr Edmond Locard, et du journaliste Alexis Soulignac pour défendre les théories hétérodoxes de Lumière
Duplicata confidentielle de la lettre du 29 juin 1943 adressée au docteur Ménétrel, conseiller particulier du Maréchal Pétain, dans laquelle Visseaux veut s’impliquer plus dans la Révolution nationale
L.S., Lyon, 17 mai 1944 ; longue lettre est le témoignage d'un basculement idéologique radical. Elle révèle l'alignement total de Jacques Visseaux sur la frange la plus dure et la plus extrémiste de la collaboration française à la veille de la Libération.
Il réagit aux confidences de René Benjamin, revenu de Vichy ému d'avoir trouvé un Maréchal Pétain « affaissé, triste » et évoquant sa propre mort. Pour surmonter ce désarroi, l'industriel se raccroche aux figures extrémistes intégrées au gouvernement : Philippe Henriot (secrétaire d'Etat à l'Information et à la Propagande) et Joseph Darnand (secrétaire d'Etat à l'Intérieur et chef de la Milice). Visseaux loue leur courage et encourage Benjamin à devenir leur « héraut spirituel » par la plume. Il adopte la rhétorique de la Milice française et qualifie l'action de Darnand de nécessaire pour « brider l'activité des malfaiteurs et des assassins » (visant la Résistance) et fustige les « attentats terroristes ». Il oppose la propagande radiophonique d'Henriot (jugée d'une « qualité incomparable ») aux « insanités » et aux « cris de haine » venus de la dissidence. Il insulte « les Juifs de Londres et d'Alger » qui dénigrent Pétain et présente la Résistance intérieure (« Honneur et Patrie ») comme un simple paravent de mensonges piloté par le « Communisme russe ».
L.S., Palais Beauséjour, Cannes, 3 novembre 1946 ; âgé de 74 ans, l'industriel lyonnais panse ses plaies matérielles et judiciaires après avoir traversé la tempête de l'Epuration

Paroles du Maréchal
Syndicat des Fabricants de Soieries de Lyon, juin 1941
Tirage de luxe
5 pp., 24 x 18,5 cm
Portrait du maréchal Pétain tissé en fils de soie grâce à un métier Jacquard
Couverture avec titre imprimé en lettres dorées ; au centre figure la Francisque avec la devise officielle Travail, Famille, Patrie
Offert par Jacques Visseaux le 7 décembre 1941

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Estimation : 200 € ~ 400 €
Jacques Visseaux (1872-1952), grand industriel lyonnais

Lot de correspondances et documents

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Lot 161
Lot 163
Francisque Girard, artisan bressan, militant d’Action française et milicien en 1943-1944

Lot de correspondances et photographies

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26 L.A.S./P.A.S./L.S., 1927-1944, adressées à René Benjamin, rarissimes témoignages d’un milicien de Bourg-en-Bresse en 1943-1944, dont

L.A.S., Brou, 10 février 1942 ; fait part de la détresse morale physique et matérielle des Compagnons de France avec des exemples, et propose de revoir son organisation
L.A.S., Bourg, 20 septembre 1942 ; narre la visite du maréchal Pétain, la fête privée organisée à la préfecture, la chance de mettre par deux fois ma main dans celle que me tendit le Maréchal...
L.A.S., Bourg, 21 décembre 1942 ; témoignage sur la situation explosive dans l'Ain, un département clé de la Résistance (Maquis de l'Ain et du Haut-Jura dirigés par Romans-Petit)
L.A.S., Bourg, 16 juin 1943 ; victime d’un attentat à la bombe + 4 clichés photographiques du magasin saccagé par l’attentat à la bombe + copies tapuscrites des deux lettres adressées au Maréchal Pétain et à Laval
L.A.S., Bourg, 13 juillet 1943 ; discours radical contre la Résistance
Copie tapuscrite, Grenoble, 12 août 1943, d’une mère d’un milicien assassiné, elle-même engagée dans la Milice grenobloise
L.A.S., Bourg, 6 octobre 1943 ; témoigne de son amertume grandissante face à ce qu'il perçoit comme l'inefficacité ou la complicité des forces de l'ordre locales vis-à-vis de la Résistance ; il multiplie les exemples d’événements survenus à Bourg + cliché photographique du tract

L.A.S., Bourg, 18 avril 1944
Mon bien cher Ami, (...) Je voulais vous dire ce qui m'avait empêché de vous écrire plus tôt : mille tracas, vous le devinez. Un jour c'était la garde des voies, une autre fois une alerte. Puis les complications des affaires : nouveau prélèvement de personnel, etc, pour cette raison et pour d'autres, départs de plusieurs ouvriers. Suppression du courant aux ateliers 4 jours sur sept ; fermeture de la gare de Bourg aux expéditions .... la plupart du temps. Enfin, conséquence de tout cela, beaucoup de fatigue qui m'empêchait de veiller comme je l'aurais voulu quand la "besogne" était terminée.
Je ne sais si vous savez, par Vichy ou par la Radio ou encore les journaux que la région de l'Ain, après la Haute Savoie a été le théâtre d'opérations de police dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles furent sévères.
Les exploits des maquisards ont provoqué de la part des occupants des expéditions punitives qui ont en certains points atteint une rigueur terrible. Vous ne sauriez imaginer la bêtise des maquisards à exciter nos occupants. C'est une guérilla qui n'a pour résultat certain que de faire sauter des voies, dérailler des trains, tuer par ci par là un ou deux soldats allemands, mais qui en même temps nous prive de communications avec une partie du département, fait réduire les transports et surtout entraîne des représailles épouvantables au cours desquelles beaucoup de bons Français paient pour les mauvais.
Depuis quelques jours certaines arrestations ont été opérées qui montrent avec quel cynisme des jeunes gens qui se donnent comme superpatriotes sont prêts à tous les crimes.
La semaine dernière c'était une bande dont le chef est le fils du Greffier du Tribunal de Commerce, d'une famille honorable et des plus anciennes de notre ville. Avec lui, huit autres maquisards, (deux de nos poseurs de bombes de juin dernier, échappés de la prison de Neufchâteau environ, au su et au vu de tout le monde, dans une auto volée, avec mitraillettes, grenades et pistolets automatiques.
Presque chaque jour des arrestations ou "découvertes" de gens qui préparent les bombes et font sauter les voies, qui pillent les garages, les bureaux de tabac, les fermes, rançonnent les paysans, terrorisent toute une région. Là c'est un ingénieur agronome fils d'ingénieur ; ici un étudiant de Grenoble fils d'un percepteur, qui est chef de bande.
Ou bien c'est un gamin de 18 ans qui portait sur lui 8000 francs, reliquat des dix mille francs qu'il a reçus du maquis pour passer sa "permission". Ou encore c'est un autre gamin qui a la charge de "distribuer" quelques dizaines de milliers de francs !
Quand ces jeunes gens, si sympathiques aux gaullistes en viennent aux aveux plus graves et il faut dire qu'en général ils se "mettent à table" assez vite car ils savent qu'ils ne seront pas relâchés de sitôt, leurs indications corroborent et montrent le danger qu'ont ces messieurs du maquis de supprimer ceux qui passent pour être des forces de résistance ou des personnes en vue pour que leur assassinat soit marquant. Pas beaucoup de variantes dans ces listes de gens à supprimer : après le Chef de la Milice c'est mon nom et celui de mon fils qu'on lit immédiatement..."
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Adjugé : 3 500 €
Francisque Girard, artisan bressan, militant d’Action française et milicien en...
Lot 163
Lot 164
La Cité Saint-Bernard à Paris, un projet inachevé au service de la Jeunesse de France, 1936-1944

Lot de correspondances, documents et photographies

30 L.A.S./P.S., 1941-1944, Fernand Geslin, adressées à René Benjamin, dont :

L.A.S., Paris, 15 novembre 1941
Cher monsieur Benjamin (...) je vous transmets également un travail fait par M. Drouet en 1936. C’est un homme de valeur à tous points de vue et la Providence qui l’a mis sur mon chemin m’a comblé en me donnant un homme capable de traduire dans la pierre la mystique que je porte en mon âme. C’est une très belle âme qui rêve de préparer avec ceux qui travailleront à construire la cité, la corporation du moyen-âge adaptée à notre temps. Je crois qu’il se prépare là une grande oeuvre et dans son édification matérielle aussi bien que dans sa réalisation spirituelle et qui est appelée à jouer dans l’avenir du pays un rôle prépondérant. Je vous adresse aussi trois vues de la Cité pour remettre au Maréchal. Il avait trouvé bien la vue donnée par l’imprimé que lui remit M. de Châteaubriant (...) En même temps que commenceront les travaux d’achèvement de l’hôtellerie on terminera la partie du bâtiment communautaire destinée à recevoir environ douze jeunes gens qui seront les premiers disciples. Au cours de la première année d’expérience avec eux, bien des détails du programme seront mis au point d’après la pratique. (...) J’ai commencé à rédiger un plan de la vie à mener dans notre maison de Paris

L.A.S., Paris, 5 août 1943 + 2 cartons d’invitation
Cette lettre a mission de vous inviter à honorer de votre présence la cérémonie qui aura lieu le 20 août prochain, fête de S^t Bernard au 8 de la Rue Campagne-Première. La communauté naissante va s'installer dans le bâtiment que vous connaissez et commence d'y vivre son programme. Depuis deux mois les travaux sont exécutés, on aménage 10 cellules dont trois seront habitées le 20 au soir. Elles seront bénies par le Révérendissime Abbé cistercien de Pont-Colbert près Versailles assisté du Révérendissime abbé bénédictin de la Source à Paris en même temps que notre oratoire. Seront présents à cette cérémonie M. le Dr Ménétrel, le conseiller Féat, M. Cognacq, (...) Je n'ai pas besoin de vous dire combien votre présence est désirée. Personne ici n'ignore ce que la Cité Saint Bernard vous doit. Grâce à vous l'œuvre a pu se réaliser, nous ne l'avons pas oublié. Nous avons vu longuement le Maréchal le jeudi 15 juillet Paul Hibout, Bernard et moi, d'une part, accompagnés du Révérend Père Abbé de Boquen notre mentor spirituel. Cet entretien avec le Chef de famille qu’est le Maréchal a fait grand bien. Nous sommes allés lui dire que nous commencions à vivre sur les lieux. Monsieur Cognacq nous est acquis maintenant à fond - Je l'ai vu plusieurs fois ces temps-ci. C'est notre meilleur ambassadeur, il est allé lui-même voir le Maréchal pour nous et ce n'est pas le Banquier qui va nous aider financièrement mais le Secours National par M. Cognacq (...) Les résultats dépassent nos prévisions. Dieu y met visiblement la main. Je suis confiant par tout cela...
+ copies tapuscrites des correspondances adressées par Fernand Geslin au Maréchal Pétain, aux autorités ministérielles, à Gabriel Cognacq, etc

3 L.A.S./L.S., 1941-1942, Albert Drouet, architecte + 5 clichés photographiques des coupes et plans de la cité projetée et dessinée + Cité Saint-Bernard, note sur l’organisation corporative du chantier, tapuscrit 5 pp. in-4

La Cité Saint-Bernard, prospectus de 1936, 4 pp. in-4
Notes sur la Cité Saint-Bernard, additif au programme de 1936, 1er novembre 1940, tapuscrit 3 pp. in-4
La Cité Saint-Bernard, projet du programme, 6 novembre 1941, tapuscrit 4 pp. in-4
Brochure Les chevaliers de Saint-Bernard/La Cité Saint-Bernard, 8 rue Campagne-Première, 20 août 1943, 22 pp. in-4

L'instauration du régime de Vichy en juin 1940 a profondément altéré les structures sociales, politiques et spirituelles de la France occupée. Sous la bannière de la « Révolution nationale », le gouvernement de l'Etat français a cherché à remodeler la société autour de valeurs corporatistes, traditionalistes et catholiques, rompant de manière radicale avec le modèle républicain laïque. Dans ce dessein de régénération morale, Fernand Geslin, avec l’aide de René Benjamin et l’appui financier du gouvernement de Vichy, le banquier Robert Le Hideux et de Gabriel Cognacq gérant des grands magasins La Samaritaine, lance un projet d’envergure, la construction d’une cité destinée à l'éducation et à l'hébergement d'une jeunesse masculine d'élite, combinant l’esprit de chevalerie et l’esprit monastique. Pour donner corps à ce programme ambitieux, Fernand Geslin fit appel à l'architecte Albert Drouet.

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Adjugé : 300 €
La Cité Saint-Bernard à Paris, un projet inachevé au service...
Lot 164
Lot 165
Auguste Lumière (1862-1954), ingénieur, industriel, biologiste, pionnier de la médecine humorale, illusionniste et coinventeur avec son frère Louis Lumière du Cinématographe

Réunion de correspondances, tapuscrits et 15 publications

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L.A.S., Lyon, 22 novembre 1943
Mon cher monsieur Benjamin et ami, ma confusion est extrême quand je vois l’éminentionisme homme de lettres que vous êtes s intéresser à ma misérable vieille carcasse ! Certes, je serais très heureux de recevoir votre visite les 3 et 4 décembre prochain et je resterais entièrement à votre disposition pendant votre séjour à Lyon ; mais ma matinée du vendredi 3 sera seulement consacrée à nos malades de la clinique ; l’accomplissement de ma mission habituelle auprès d’eux ne m’empêchera d’ailleurs pas de demeurer auprès de vous si vous le désirez (...) En ce qui concerne mon ami Léon Bérard (...) je m’informerai de sa venue à Lyon, afin de répondre à votre désir ; il passe la plus grande partie de son temps à Hyères où il crée une oeuvre admirable à laquelle il est profondément attaché et qui lui cause de vives préoccupations dans la situation difficile actuelle. (...) Je viens d’avoir le grand chagrin de perdre mon cher Paul Vigne, mon collaborateur dont le dévouement incomparable ne s’est jamais démenti pendant plus de 40 ans !! Quelles douloureuses tristesses pour l’homme qui devient bien vieux, de voir ainsi disparaître ceux qu’il a aimés !...

Copie tapuscrite de la lettre, du 26 décembre 1941, 3 pp. in-4, adressée au speaker de Radio-Santé à Vichy ; attaque véhémente contre les autorités médicales officielles du régime qui prônent la prévention de la contagion de la tuberculose. Pour contrer l'accusation de n'être pas médecin (« sans parchemin »), il brandit ses adoubements institutionnels passés (Académie de Médecine, Académie des Sciences) et écrase son interlocuteur sous des chiffres colossaux : 30 ouvrages, 760 mémoires scientifiques, des « milliers de malades » guéris et de « multiples médicaments » universels. Sur le fond du débat tuberculeux, Lumière persiste dans son dogme de l’hérédité, qualifiant les médecins officiels de « conformistes », de « sectaires », de « Fossoyeurs du Progrès », et va jusqu'à les appeler « les bourreaux des phtisiques ». Il affirme ne rien demander car il a le soutien du "vrai" peuple (les praticiens de terrain et les malades) et se compare aux plus grands génies incompris de l'Histoire en citant un quatrain tragique sur le « redoutable poids de l'Immortalité ». Il s'identifie à un géant ployant sous le fardeau de sa propre grandeur. Il conclut par une tirade triviale du "poilu" de 14-18 : « on n'a jamais pu empêcher un roquet de faire pipi contre une cathédrale. »

Extraits des lettres de quelques malades guéris , copie tapuscrite, 76 pp. in-4, d’extraits de + de 300 lettres reçues par Auguste Lumière le remerciant et témoignant de l’efficacité de sa méthode contre la tuberculose.

Réunion de 15 publications, certaines avec envois autographes signés

Les Slogans de la médecine
Lyon, Léon Suzanne, 1941
Edition originale
22,5 x 14 cm, broché
Envoi autographe signé

Les fossoyeurs du progrès
Les mandarins contre les pionniers de la science
Lyon, Léon Suzanne, 1942
Edition originale
Broché, 22,5 x 14 cm
Envoi autographe signé

Quelques travaux complémentaires relatifs à la propagation de la tuberculose
6e, 7e et 8e fascicule (3 vol.)
Lyon, Léon Suzanne, 1938, 1939 et 1940
Broché, 21,5 x 13,5 cm

Notice sur les titres et les travaux de Auguste Lumière
Lyon, Léon Suzanne, 1935
Broché, 27 x 22 cm
Envoi autographe signé

Nomenclature des principaux travaux scientifiques publiés par Auguste Lumière
1887-1940
Lyon, Léon Suzanne, 1940
Broché, 27 x 20 cm

Quelques opinions sur le livre d’Auguste Lumière
Tuberculose, hérédité et contagion
6 fascicules, n°1 au 6
354 pp. au total
Broché, 27 x 22 cm

L’Avenir médical, revue mensuelle
Lyon, janvier et février 1943, n°1 et 2, contenant 2 articles d’Auguste Lumière dont Notre campagne contre le contagionnisme, son histoire et ses résultats
Agrafés, 26 x 18 cm

Paul Vigne
La vie laborieuse et féconde d’Auguste Lumière
Lyon, Durand-Girard, 1942
Broché, 27 x 22 cm

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Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
Auguste Lumière (1862-1954), ingénieur, industriel, biologiste, pionnier de la médecine...
Lot 165
Lot 166
Louis Thomas (1885-1962), écrivain, poète, journaliste et essayiste

Lot de correspondances et 1 publication

21 L.A.S./L.S., 1940-1948, adressées à René Benjamin, dont :

L.S., 21 février 1940, lieutenant commandant la 3e Cie du 43e bataillon de pionniers nords-africains
Cher Ami
Faut-il vous avouer que j'ai une prédilection pour les deux derniers quatrains de la série que voici ?
J'ai 200 Tirailleurs sous mes ordres : c'est plus qu'intéressant, et par moments remuant, comme lorsque mon cycliste m'a dit, à Aix-en-Provence, avant que nous ne venions ici :
Quand on est Tirailleur, c'est pour aller jusqu'au bout.
Et si vous voyez ces guerriers soigner leur fusil...
Mais le voyage pour venir ici a été glacial, et le pays dans lequel nous travaillons, est pauvre, crasseux et glacé, avec des tas de fumier laissant couler leur purin dès qu'il pleut : ces ruisseaux couleur bronze de Corinthe sont à vomir.
Quelle curieuse époque que la nôtre !...

L.S., 10 juin 1940, sur le front
Cher Ami Votre lettre m'est arrivée une heure avant l'annonce de l'entrée en guerre de l'Italie. Nous pensons de même, sur ce point encore : Mussolini n'a jamais digéré les sanctions... Il ne nous reste qu'à courir nos chances. Mon point de vue est que nous ne pouvons espérer la victoire que de l'entrée en jeu des Etats-Unis. Ayant cette idée depuis novembre dernier, je me suis acharné à la faire entrer dans la tête d'un certain nombre de personnages consulaires. La période somnifère de cet hiver, où ils étaient en proie à l'opium de la nonchalance, m'a laissé en proie à une fureur que je contenais à peine. Les événements ont parlé : on m'écrit de Paris (Ministère de l'Information) : "On va appliquer votre programme". Ce qui m'abasourdit toujours dans notre curieux pays, c'est que l'on fasse appliquer les idées et programmes à ceux qui ne les ont pas eus... On enverra là-bas des gens qui ignorent les Etats-Unis, et on laissera faire le contremaître en terrassements à ce pauvre couillon de Louis Thomas, classé parmi les irrespectueux qui, que, quoi, dont, etc... Du coup, je demande un corps plus actif que le mien. Ma colère est trop forte pour que je l'endure plus longtemps.
Ici, mon secteur s'est apaisé, après quelques bombarderies et avionnades. Cependant, comme ils nous règlent dessus des 105, on peut toujours se demander si... Mais ce n'est pas cela qui m'empêche de dormir : ce qui me réveille, c'est l'angoisse. J'ai le "grand sympathique" d'une émotivité de modiste : c'est étouffant. L'autre guerre, j'étais plus calme. On vieillit, quoique lieutenant. Je pourrais écrire : L'ANGOISSE ET LA RAGE. Je ne m'évade pas de ma fureur contre les idiots.
Je rougis de vous entretenir de moi, alors que vous trainez à vous retaper. Vous devez être comme moi : une vieille sentimentale, qui se cache... Comme l'on pense, réfléchit et tremble vite, des soirs comme celui-ci !
Je ne puis plus lire, sauf les quotidiens... ou taper des projets, que j'envoie à Paris, à propos de certaines choses, qui nous manquent, et que les événements semblent imposer. Dites à votre fils qu'il a de la chance, de faire la guerre comme Aspirant : nous autres, à quoi pouvons-nous aspirer ? C'est un bien joli grade. On est jeune. On souffre moins de tout. (...) (Vous ne sauriez croire combien je trouve idiot le crétin de canon qui ébranle la maison de carton où je gite, chaque fois qu'il tire, dans la nuit. Je l'injurie, sans me lasser : preuve d'une invincible jeunesse de caractère, qui confine à la bêtise du caoutchouc... Je veux dire que je rebondis, malgré moi... Ce qui m'enrage, au fond, c'est, sans me battre, de faire un métier d'adjudant : on a de ces prétentions...) Je ne suis pas un résigné. Il faut, toujours, agir. Guérissez-vous !
11 juin : Vous avouerai-je une folie, qui fut toujours la mienne ? Je suis persuadé que, si j'étais au plus fort de l'affaire, nous gagnerions. J'ai, en effet, toujours fait partie de l'équipe victorieuse, au rugby. Et, à la guerre, mon Bataillon ne perdit jamais un pouce de terrain. Puis je finir la guerre avec la 66éme Division de Chasseurs, toujours victorieuse. Je me demande si je n'apporterai pas la même chance avec moi. (Et dire que je déconseillais la guerre... J'aurais beaucoup à dire, dans ce domaine...)...

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Adjugé : 300 €
Louis Thomas (1885-1962), écrivain, poète, journaliste et essayiste

Lot de correspondances...
Lot 166
Lot 167
Jean-Loup Benjamin (1917-1945 Mort pour la France), le destin sacrifié de l’Enfant Prodigue

Réunion de manuscrits, correspondances, coupures de presse, photographies et divers

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Importante réunion de correspondances écrites et reçues par Jean-Loup Benjamin, d’abord comme étudiant, puis comme conscrit, soldat mobilisé et engagé. Un riche ensemble épistolaire qui permet de retracer le parcours et les émois d’un jeune homme pris dans la tourmente de la Guerre.

La formation scolaire (1932-1937) et l’enrôlement militaire (1937-1940)
Env. 70 L.A.S./P.A.S., école abbatiale Sainte Marie de la Pierre Qui Vire à Saint Léger-Vauban (Yonne), 1932-1934, adressées à ses parents, + bulletins de notes, 5 cartes postales du monastère
Env. 215 L.A.S./P.A.S., pensionnaire à Versailles puis en Angleterre, conscrit puis soldat mobilisé sur la ligne Maginot, 1935-1940, adressées à ses parents et amis

Correspondance passive
Env. 235 L.A.S./P.A.S. reçues, 1937-1940, son père, sa mère, famille et amis

13 tirages photographies : Jean-Loup Benjamin enfant ; Groupes de classe dont à l’école Bossuet à Paris, classe de 9e (1926) jusqu’à 5e (1930), clichés David & Vallois, 24 x 30 cm ; fêtes à l’école Bossuet, 1927, 4 tirages argentiques « Photo A. Bienvenu », 16 x 23 cm ; au lycée Louis le Grand, classe de 4e (1931) ; groupe dont lauréats du tournoi de l’éloquence, finale nationale (avril 1936) ; Jean-Loup Benjamin et son père René Benjamin interviewés, 18 x 24 cm

Papiers et effets personnels
Carte d’identité scolaire ; carte de membre de la Ligue des droits religieux Ancien combattant ; carte de sociétaire de la Société de Tir et de préparation militaire ; carte d’identité de l’union des sociétés d’équitation militaire
Livret militaire
Insigne du 4e régiment des tirailleurs marocains ; Croix de la Légion d’honneur ; Croix de guerre


Attaché au cabinet civil du Résident général de France au Maroc (1941-1942)

Correspondance active, env. 45 L.A.S./P.A.S., 1941-1942
Bulletin d’informations et de documentation du Maroc, Résidence générale de France au Maroc, numéros du 15 septembre, 1er novembre 1941 et du 15 avril 1942
Télégramme de remerciements de l’académicien Louis Gillet, pétainiste, venu de Vichy jusqu’à Casablanca pour l’inauguration du collège impérial
Articles écrits par Jean-Loup Benjamin : La fête arabe, 2 pp. in-4 (3 ex.) + autre ex. tapuscrit avec corrections manuscrites
L’épopée marocaine, 5 pp. in-4 + manuscrit, 10 octobre 1941, avec corrections, 6 pp. in-4
Les noces de trois filles de grande tente devant les murs de Khenifra [tribu des Zaïans], 5 pp. in-4 (2 exemplaires) + autre tapuscrit, 7 pp.in-4, avec corrections et annotations manuscrites dont de la main du général Noguès
La fête des moissons et de l’amour en pays berbère, avec corrections manuscrites, 7 pp. in-4 (3 exemplaires) + autre tapuscrit, 7 pp. in-4, avec corrections manuscrites
Les moussems d’état au Maroc, 4 pp. in-4 (2 exemplaires)
Le Sultan du Maroc fait circonscrire ses Fils, 2 pp. in-4 avec corrections manuscrites
Moulay Idriss, ville sainte, 5 pp. in-4, avec corrections manuscrites et ratures en rouge du service de la censure, accompagnée d’une lettre du service de la censure du 5 septembre 1942, article pour le journal Jeunesse
Sidi Ali Bouchales ou la légende des orangers et des citronniers, le jour des circoncisions à Fès, 3 pp. in-4 avec corrections manuscrites
Rayonnement de Lyautey, 3 pp. in-4 (2 ex.)
Un rêve de roi, 5 pp. in-4 avec corrections manuscrites (2 ex.)
La Heydia, 2 pp. in-4
Notes et brouillons manuscrits au crayon et à la plume sur feuilles volantes
Dont « Yom Kippour Le Mellah de Rabat » (septembre 1942), 3 pp. in-4
Copie tapuscrite d’une lettre, 22 juillet 1942, écrite par Abdelahmid Sefrioui Jaza Ben Ameur au résident général Noguès, concernant la création d’un journal arabe à Fès, 2 pp. in-4
3 copies de lettres tapuscrites, août-octobre 1942, adressées à la rédaction du journal TAM à Alger + L.S., 19 août 1942, Marcel Sauvage rédacteur en chef du TAM à Alger

L.S., 30 mai 1942, Jean-Loup Benjamin adressée à Robert Brasillach, rédacteur du journal « Je Suis Partout », faisant part de son mécontentement au sujet d’un article publié par Michel Clerc sur l’Afrique du Nord
L.A.S., entête Je suis Partout , Vichy, 12 juin 1942, Robert Brasillach ; en réponse à a lettre de Jean-Loup Benjamin

Divers cartons d’invitations aux fêtes de la Hedya tenues au Palais à Rabat ; invitation au palais impérial de Rabat pour prendre le thé avec Sa Majesté Chérifienne ; Fête de El-Aïd-El-Kébir, carte d’entrée personnelle au palais de Sa Majesté, décembre 1941 ; Carton invitation à déjeuner du général Noguès résident général de France au Maroc
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Adjugé : 1 600 €
Jean-Loup Benjamin (1917-1945 Mort pour la France), le destin sacrifié...
Lot 167
Lot 168
Jean-Loup Benjamin (1917-1945 Mort pour la France), L’Enfant tué

Réunion de manuscrit, correspondances, notes manuscrites, coupures de presse, et divers

L’enfant tué, brouillon manuscrit avec ratures et corrections, Tours, 30 juin-11 août 1945, 287 pp. in-4

10 clichés photographiques ayant servi à l’illustration : Jean-Loup enfant, en tenue de soldat ; sa tombe près de Mulhouse ; le Plessis à Savonnières

Réunion de + de 400 L.A.S./P.A.S., L.S. et cartes de visite, 1946-1948, reçues par René Benjamin, après la parution de son livre, dont
Copie tapuscrite, Prison de Riom, 18 décembre 1946, Charles Maurras
Mon Cher Ami Vous avez fait un très beau livre avec votre coeur. On a presque honte de vous en parler ; tant il est intime et profond. On craint de violer vos mystères, auxquels vous avez su toucher avec une merveilleuse pudeur, et de manière à faire que tout ce qui fut vôtre fût au moins entrevu de votre lecteur. Et (laissez un confrère vous parler de notre art commun) comme tout cela est solide autant que fluide, ferme autant qu'émouvant ! Lamartine le disait bien : le pathétique est éternel ; il vit, est emprunté à la plus pure région de l'âme. Je l'ai lu, relu, et fait lire à mes compagnons de chambrée, qui en ont été touchés de la même manière. Ils ont aussi jugé magistrale votre fière façonde fixer vos et nos bourreaux. Quelle honte pour notre France si elle devait être éclaboussée de cette écume et de cette lie, et [de] ces prétentions à l'héroïsme ! Mais ce qu'ils ont ajouté d'eux-mêmes et gratuitement, aux dégâts causés par leur déclaration de guerre contient déjà le verdict de l'histoire. Il est rendu. Il [nous] reste à mettre en vigueur. Patience ! Confiance ! Le jour de justice viendra pour le Maréchal et pour ceux qui, comme nous, l'avons écouté, servi et suivi sans le dépasser. Mes respectueux hommages à Madame René Benjamin. Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire tristement, de loin, à votre évocation de Madame Ruxton et de ses femmes de Shakespeare, que j'ai tant querellées !! Ainsi vont la vie et la mort. De tout coeur, votre ami : Charles MAURRAS
P.S. Et j'oubliais de vous dire merci de me l'avoir envoyé, ce beau livre de sang et de larmes ! J'ai été bien heureux de revoir
votre écriture, et de vous savoir sauf !

14 L.A.S., 1946, des éditeurs de Les Editions Nouvelles à Paris et de Les Editions du Cheval Ailé à Genève
A René Benjamin après la lecture de l’Enfant tué, poème d’Alfred Droin, 1 page manuscrite in-8
Louis Barot médecin et écrivain - Henriette Célarié romancière Maurice Clavière écrivain Paul Creyssel avocat, homme politique et propagandiste sous Vichy - Délia Col actrice Jean d’Elbée historien et essayiste - Charles Gos écrivain et journaliste suisse (2) Roger Joseph journaliste François Le Grix journaliste Alphonse Métérié poète - Elie Moroy poète et critique d’art suisse (2) - Giovanni Papini écrivain italien Henry Planche écrivain - Raymond Ritter avocat et collectionneur Maurice Storez architecte - Jean des Vallières écrivain Maximilien Vox graveur illustrateur éditeur journaliste

Nombreux témoignages de personnes qui ont été internées au moment de l’Epuration ou qui ont subi la perte d’un proche dont
2 L.A.S., Angers, 15 novembre 1947 et 9 janvier 1948, Yvonne Lange
L.S., château de Corbiac, Lombras (Dordogne), 17 novembre 1947, Louis Durand de Corbiac, ancien colonel de cavalerie
L.A.S., 30 avril 1947, Clermont-Ferrand, Maurice Bertin
L.A.S., 11 décembre 1946, château de Wardrecques, Magdeleine Bommier ; témoignage poignant de la perte d’une petite fille à Ravensbruck

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Adjugé : 550 €
Jean-Loup Benjamin (1917-1945 Mort pour la France),  L’Enfant tué...
Lot 168
Lot 169
Jacques Belin (1910-1974) photographe officiel de la Résidence Générale française au Maroc, 1940-1942

Importante réunion de 190 clichés photographiques

190 épreuves argentiques d’époque, 1940-1942, tampons du photographe Jacques Belin au verso, certaines légendées, env. 18 x 24 cm ; en majorité, chaque photo porte un numéro d’inventaire manuscrit, attribué par Jacques Belin.
Le Centre des Archives Diplomatiques de Nantes (CADN) conserve un fonds Jacques Belin constitué de près de 100 000 clichés sous forme de plaques, négatifs et planches-contacts (cote 21MA), 1941 à 1961. A l’aide du numéro d’inventaire de la photographie, il est possible de retrouver la légende précise de l’image à partir de la planche-contact, classée numériquement, et consultable sur le site internet des archives diplomatiques.

Ce rare ensemble documentaire photographique, offert par Jacque Belin à Jean-Loup Benjamin en poste à Rabat en 1942, retrace les tournées de la Résidence Générale et les rituels du pouvoir sous le régime de Vichy. Les photographies documentent avec précision les inspections officielles du général Charles Noguès à travers le Dadès, le Tafilalet ou le Draa, ou des visites officielles comme celle de l’amiral Darlan en octobre 1942. Les photographies illustrent également les fastes des voyages officiels du Sultan du Maroc, immortalisant de spectaculaires fantasias de cavaliers Zemmour ou Zaïan, notamment lors de la grande réception d'Ajdir en juillet 1941. De précieux clichés témoignent enfin de la vie dans les camps militaires, montrant l'entraînement du 41ème Goum de marche à Aïn Leuh au printemps 1940.

La collection offre une plongée d'une rare vérité documentaire au cœur de l'économie rurale et des traditions agropastorales des communautés berbères du Moyen et du Haut Atlas. Plusieurs tirages sont consacrés aux activités pastorales traditionnelles, à l'instar des bergers veillant sur leurs troupeaux de moutons à Khénifra, le long de l'Oued Oum er Rbia, ou guidant des troupeaux de chèvres sur les reliefs escarpés de l'Atlas. Le cycle de la vie agricole y est minutieusement retracé, depuis le labour des sols au moyen de charrues primitives tirées par des mulets à Aït Taddert, jusqu'à la préparation de l'aire de battage à Imilchil. Le spectateur découvre également des scènes de dépiquage d'une grande dynamique visuelle, où les sabots des ânes et des mulets foulent les gerbes de blé et d'orge à Rissani et dans le Tafilalet.
La vie économique locale s'incarne aussi à travers le commerce de la laine sur les marchés d'altitude, le dépeçage rituel du mouton pour les célébrations rituelles à Aïn Leuh, et le travail physique des bûcherons exploitant les forêts de cèdres près du plateau d'Ajdir.
Jacques Belin a su également capter la dimension sacrée, mystique et festive de la culture marocaine, faisant de ses tirages des documents ethnographiques de premier ordre. La danse traditionnelle y occupe une place de choix, qu'il s'agisse des mouvements gracieux des danseuses Chikkhats à El Ksiba, de la danse guerrière Taskiwin à Amizmiz, ou encore des fêtes nocturnes de l'Ahouach. Les clichés pris en avril 1941 lors des tournées dans le Dadès immortalisent la ferveur des tribus exécutant l'Ahouach à la lueur des feux de palmes, au cœur même de la Kasbah de Taourirt à Ouarzazate.
Les rituels religieux et populaires des villes impériales et côtières sont également représentés avec faste. On distingue ainsi plusieurs tirages documentant la procession des cierges à Salé à la veille du Mouloud, montrant de jeunes filles en costumes de fête défilant le long des remparts. De même, les reportages consacrés au moussem de Sidi Mohammed ben Lhassen ou à la fête annuelle des Aïssaouas à Aïn Leuh révèlent la piété populaire à travers le défilé des offrandes, les campements de pèlerins sur les collines et le sacrifice traditionnel du taureau.
Enfin, de nombreux tirages sont dédiés à l'architecture, aux paysages et aux scènes de genre urbaines. A Fès, Jacques Belin explore les ruelles étroites de la médina, ses cimetières anciens et le travail graphique et brut des ouvriers au sein des tanneries traditionnelles. A Marrakech, il saisit l'effervescence de la place Djemaa el-Fna avec ses conteurs, ses marchands de tissus et ses potiers, ainsi que l'atmosphère nocturne d'un fondouk traditionnel.
Le raffinement des autochtones est mis en valeur par des beaux portraits intimistes, comme celui d'une jeune fille des Oudayas absorbée par le tissage d'une tapisserie traditionnelle, ou celui de nombreuses femmes et danseuses berbères.

Joint : Le général Noguès en visite, photogravure d’après cliché Jacques Belin, 23,5 x 30 cm, avec envoi manuscrit signé et daté du 25 mai 1942 Au jeune Benjamin / très amicalement
Maroc, terre de soleil, terre de volonté , impr. réunies, Casablanca, clichés Jacques Belin, plaquette 24 x 18 cm

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Adjugé : 4 800 €
Jacques Belin (1910-1974) photographe officiel de la Résidence Générale française...
Lot 169
Lot 170
Marguerite Deville Chabrol (1881-1959), femme de lettres et épouse du célèbre sculpteur moderniste américain John Storrs

Lot de 42 L.A.S./L.S., 1937-1949, adressées à René Benjamin et à son fils François, dont :

L.A.S., Chantecaille, Mer (Loir-et-Cher), 22 février [1942], arrestation de John Storrs
Cher ami.. Ne voyez. je vous en prie. dans mon long silence ni un oubli. ni une indifférence mais au contraire... une preuve de toute l'amitié que nous vous portons. Et une crainte de vous rendre malheureux... de notre malheur... Depuis le 24 Décembre. veille de Noël. mon John bien-aimé est dans le camp de concentration pour Américains à Compiègne ! Tout était arrangé avec la Kommandantur d'Orléans et celle de Blois avec lesquelles nous sommes dans les meilleurs termes. Puis une déplorable mesure de Washington internent trois cent mille Allemands (...) Les 25 ou 30 ressortissants nés aux Etats-Unis sans compter 2 ou 300 autres prétendus naturalisés citoyens d'occasion juifs ou étrangers ayant pris des passeports (...) ce fut une émotion horrible d’autant que mon mari très déprimé depuis 1939, la guerre, maigri de 25 kg, et nerveusement ébranlé commençait seulement à remonter la pente grâce à nos soins et un régime reconstituant. Je n’insisterai pas sur tout le détail de cette souffrance pour ne pas vous faire partir (...) Le premier mois surtout fut terrible car John "assommé" par cette surprise était retombé malade, enrhumé, frappé, puis depuis trois semaines il est admirablement soigné. Les cinq docteurs,, des plus compétents, 1 Allemand, 2 Russes blancs et 2 Américains (internationalement connus et aussi internés) lui ont fait passer un examen complet (qu'aucun des docteurs français qui le soignent depuis 30 mois n’avait même suggéré !) et le diagnostic de simple "dépression nerveuse" sans aucune complication organique, a rassuré mon pauvre prisonnier qui a maintenant un excellent moral. Il est très bien traité avec beaucoup d'égards. Je dirai même de vénération. On le laisse à l'infirmerie car il y fait très chaud et qu'on y a des remèdes, des suppléments qu’on ne peut plus trouver tels du lait concentré, des spécialités pharmaceutiques. Enfin peut-être un jour me le rendra-t-on ? Je peux aller le voir tous les quinze jours, un long coûteux et pénible voyage à Compiègne (...) je peux le voir par faveur une demi-heure, seule au lieu des 10 minutes de règle (...) Il était entouré d’un nègre, d’un fou qui hurlait, et d’un faible d’esprit qui hochait la tête et John m’a dit : Voilà mes amis ! Il rayonnait d’amour (...) Les Allemands m’ont dit Oh madame on n’aurait jamais dû arrêter quelqu’un comme lui La loi des représailles, l’oeil pour oeil, dent pour dent de la guerre (...) Voici donc pourquoi je ne vous ai pas écrit depuis trois ou quatre mois. Je suis avec notre adorable Monique. Le mot admirable n’est pas trop fort. Elle continue son oeuvre de charité, soignant, visitant, pansant, consolant par ces temps inimaginables de gel, verglas. Hier elle a fait 50 km à bicyclette, seule, en Beauce. Puis elle s’occupe de la propriété en l’absence du maître...

L.A.S., Chantecaille, Mer, 29 juin [1942], libération de John Storrs sous un régime de liberté surveillée
Analyse numérologique de la personnalité et du destin de Jean-Loup Benjamin, avril 1943, 7 pp. in-4
L.S., Chantecaille, Mer, 17 avril 1943 ; Blessure et opération de John Storrs
L.S., Chantecaille, Mer, 14 mai 1944 ; avion allié abattu près de la propriété

Etc...

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Adjugé : 300 €
Marguerite Deville Chabrol (1881-1959), femme de lettres et épouse du...
Lot 170
Lot 171
Henri Poulain (1912-1987), journaliste et écrivain

Réunion de + de 200 lettres échangées et divers

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57 L.A.S./P.A.S., 1933-1948, adressées à René Benjamin, dont :

L.A.S., Metz, 16 juin 1935 ; en pleine préparation militaire
L.A.S., Metz, 15 mai 1936 ; service militaire
L.A.S., Paris, 25 mai 1937 ; pigiste pour plusieurs journaux
L.A.S., Paris, 3 août 1937 ; le parcours sinueux d’un chroniqueur journaliste à Paris
L.A.S., Paris, 9 février 1941, entête Je Suis Partout
Transcription du pneumatique recommandé, 16 septembre 1943, de Charles Lesca directeur de Je Suis Partout formalisant le licenciement d'Henri Poulain de ses fonctions de gérant et secrétaire de rédaction de l'hebdomadaire, et de la réponse d’Henri Poulain qui conteste le licenciement pour motif d’abandon de poste.
Durant l’été 1943, Robert Brasillach, rédacteur en chef historique du journal, décide de démissionner. Désabusé par les crimes allemands et l'issue prévisible de la guerre, il souhaite prendre ses distances. Henri Poulain est historiquement le bras droit de Brasillach à la rédaction (en tant que secrétaire de rédaction). Le départ de Brasillach entraîne mécaniquement la mise à l'écart de ses fidèles.
L.A.S., 13 novembre 1945 ; lettre clandestine évoquant la recherche d’un exil
L.A.S., 5 décembre 1945 ; lettre clandestine
L.A.S., Genève, 2 août 1947 ; Henri Poulain écrit sous le pseudo François Laurence dans laquelle il se livre à une auto-analyse de la dépression d'exil, la séparation avec sa première femme. En août 1947, Poulain est sous le coup d’une condamnation à mort par contumace en France pour sa participation active au journal collaborationniste Je suis partout.
L.A.S., Genève, 31 août 1947 ; nouveau départ en Suisse

100 L.A.S./P.A.S., 1934-1948, écrites par René Benjamin et adressées à Henri Poulain ; Benjamin suit pas à pas le parcours du jeune Poulain, devenant son mentor, le correcteur et conseiller de ses chroniques et articles écrits en vue d’être possiblement publiés par la presse parisienne, dont :
L.A.S., Paris, 1er janvier 1937 ; conseils pour écrire des articles pour la presse
L.A.S., le Plessis, Savonnières, 24 août 1938 ; la méthode de travail expliquée de René Benjamin lorsqu’il prépare une biographie
L.A.S., le Plessis, Savonnières, 2 septembre 1939 ; déclaration de guerre
L.A.S., le Plessis, Savonnières, 22 juillet 1940 ; l’arrivée des Allemands

31 L.A.S., 1949-1973, écrites par Henri Poulain installé à Genève et adressées à Henriette et à François Benjamin, enfants de René Benjamin, dont :

Dossier Etude par Henri Poulain de la vie et l’oeuvre de René Benjamin pour conférence à Genève le 24 mai 1955 , notes et brouillon manuscrit

Portrait photographique de René Benjamin, sous verre, avec envoi autographe signé Mon cher Poulain, je vouis regarde et je me dis que c’est bon l’amitié ! Juin 1938

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Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
Henri Poulain (1912-1987), journaliste et écrivain

Réunion de + de 200...
Lot 171
Lot 172
L’arrestation et l’internement de René Benjamin, et ses procès, 1944-1947

Lot de manuscrits, correspondances et photographies

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L internement, 1944-1945

Arrêté du préfet d’Indre-et-Loire, 19 septembre 1944, René Benjamin astreint à résidence surveillée à Savonnières « a par ses écrits fait preuve d’activité antinationale »
Arrêté du préfet d’Indre-et-Loire, 4 novembre 1944, René benjamin est interné provisoirement par mesure administrative au centre d’internement Lassale, « continue à faire preuve d’activité verbale susceptible de troubler l’ordre public »
Lettre/questionnaire de la commission d’Epuration de l’Association des écrivains combattants, 6 novembre 1944
Arrêté du préfet d’Indre-et-Loire, 23 décembre 1944, astreint à résidence surveillée à Amboise
Convocations du juge d’instruction, avril-juillet 1945
Arrêté du préfet d’Indre-et-Loire, 9 mars 1945, détention administrative à la clinique Saint Grégoire
Arrêté du préfet d’Indre-et-Loire, 27 septembre 1945, astreinte à résidence surveillée à Paris dans son appartement au 111 boulevard Saint Michel (Ve)
Arrêté du préfet d’Indre-et-Loire, 21 janvier 1946, levée et annulation de la résidence à surveiller, fin de la mesure administrative, autorisation de quitter Paris et renter dansa sa demeure en Touraine
Ordre de réquisition par la préfecture de Seine, 9 septembre 1946, de l’appartement parisien au profit de l’écrivain et poète roumain Tristan Tzara

Journal manuscrit, 126 pp. sur feuillets volants in-8, écrit par René Benjamin, 18 novembre 1944 au 15 février 1945 ; récit du quotidien vécu par René Benjamin, du 1er jour de son internement au camp du quartier Lasalle à Tours, puis son transfert sous mise en résidence surveillée à l’hôpital d’Amboise

Journal manuscrit, Au jour le jour , + de 100 pp. in-4, écrit par René Benjamin, du 11 février au 16 juin 1945 ; récit détaillé de son vécu tout au long de son internement à Amboise, puis à Saint Symphorien, sa souffrance et sa résignation au quotidien d’un père ayant perdu son fils, ses réflexions sur la vie, etc

55 L.A.S., 2 octobre 1944 - 24 septembre 1946, René Benjamin adressées à Me Jean Dars avocat et à son épouse, dont
Tours camp d’internement quartier Lasalle 23 novembre 1944
Copie tapuscrite, 2 octobre 1944, de la lettre écrite à François Mauriac qui révèle l'intensité des fractures qui traversaient le monde littéraire français à la Libération, et pose les fondements de sa ligne de défense ; René Benjamin accuse Claude Morgan le fils de Georges Leconte et non de François Mauriac
Hôpital d’Amboise 7 janvier 1945
Amboise 21 février 1945 ; lettre très émouvante René Benjamin vient d'apprendre la mort au front de son fils Jean-Loup
Saint Symphorien clinique Saint Grégoire 15 mars 1945
Copie tapuscrite, Le Plessis, Savonnières, 24 septembre 1946

L.A.S., 18 décembre 1944, Jean-Loup Benjamin sous-lieutenant au 4e régiment de tirailleurs marocains adressée au commissaire de la République d’Angers
Copie de la lettre écrite par Jean-Loup Benjamin, 21 décembre 1944
Copie tapuscrite de la lettre écrite par Jean-Loup Benjamin sur le front, 20 janvier 1945 ; lettre bouleversante d’un fils à son père

32 L.A.S., 1944-1953, Me Jean Dars avocat de René Benjamin


L'instruction judiciaire, la résidence surveillée à Paris et la réquisition immobilière (1945-1948)

Mon procès, brouillon manuscrit de la plaidoirie de défense de René Benjamin, avec ratures, corrections et ajouts, 26 pp. in-4
Brouillon manuscrit de la plaidoirie de défense de René Benjamin, 31 mai 1945, avec ratures, corrections et ajouts, 19 pp. in-4
Dossier contenant coupures de presse, notes manuscrites sur feuillets volants in-8 de René Benjamin, correspondances, 1946-1947, concernant la réquisition de son appartement parisien et du blocage de son compte bancaire, notes de frais à payer pour l’internement à l’hôpital d’Amboise et à la clinique Saint Grégoire, brouillons de lettres écrits par René Benjamin, copies d’ordonnances médicales
2 clichés photographiques : René Benjamin à la clinique Saint-Grégoire à Saint-Symphorien, posant dans le jardin, et à la fenêtre de ce qu’il appelait l’hermitage (son lieu de détention) été 1945

Etc...

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Estimation : 2 000 € ~ 4 000 €
L’arrestation et l’internement de René Benjamin, et ses procès, 1944-1947

Lot...
Lot 172
Lot 173
Aristide Cormier (1902-1975), chanoine et directeur spirituel de Charles Maurras et de René Benjamin

Lot de correspondances échangées entre René Benjamin et l’abbé Cormier

Lot de + de 35 L.A.S., 1941-1948, chanoine Aristide Cormier adressées à René Benjamin et à son épouse, dont :
L.A.S., Saint Paterne, 28 décembre 1943 ; hommage à Joachim Carvallo
L.A.S., Tours, 27 novembre 1944 ; à René Benjamin interné

Mes entretiens de prêtre avec Charles Maurras mars-novembre 1952
Paris, Plon, 1953
Broché, 20,5 x 14,5 cm
Envoi autographe signé

La vie intérieure de Charles Maurras
A la recherche d’une âme
Paris, Plon, 1955
Broché, 19 x 13 cm
2 exemplaires dont un avec envoi autographe signé

30 L.A.S., 1941-1947, René Benjamin adressées à l’abbé Cormier ; un témoignage intime et sans fard à travers ces échanges épistolaires avec son confesseur et ami, dans lesquels René Benjamin livre ses réflexions sur le pouvoir, la création littéraire et sa propre chute.
Une partie de la correspondance évoque ses tournées de conférences, ses rencontres avec le maréchal Pétain, son travail d’écriture, notamment sa biographie de Joachim Carvallo. Interné à Tours, Benjamin devient le témoin acide de la Libération, fustigeant le Général de Gaulle, qualifié de « maladroit morose », et dénonce ce qu'il nomme la « bêtise » du nouveau régime. Il y évoque les derniers instants de Pétain face à ses juges, les nouvelles de Charles Maurras emprisonné, et son propre conflit avec les autorités locales, à l'instar de son opposition frontale avec Jean Meunier, maire de Tours. Ces échanges révèlent aussi la face plus intime de l'écrivain.

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Adjugé : 500 €
Aristide Cormier (1902-1975), chanoine et directeur spirituel de Charles Maurras...
Lot 173
Lot 174
François Mauriac (1885-1970), écrivain, académicien et prix Nobel de littérature

Réunion de correspondances, coupures de presse, 1 portrait, et 4 publications, certaines avec envois autographes signés

4 L.A.S. et P.A.S., 1932-1946, adressées à René Benjamin, dont

P.A.S., Paris, 10 octobre 1944
« Mon cher confrère, Claude Morgan est le fils de mon confrère Georges Lecomte. Je suis impatient de vous détromper. Oui, nous avons beaucoup souffert, c’est pourquoi je m’efforce aujourd’hui de ne pas pécher contre la justice. Je souhaite de tout mon coeur que votre fils vous revienne sain et sauf et que la Paix réunisse entre tous les français de bonne volonté » Claude Morgan est secrétaire du comité national des écrivains et directeur des Lettres Françaises dans lesquelles il publie des listes noires d’écrivains ayant collaboré.

L.A.S., 22 octobre 1946
« Cher René Benjamin A travers tout ce qui nous sépare, je tiens à vous remercier d’avoir compris que je lirais votre livre, et que je le lirais comme il doit l’être avec un respect et toute l’émotion pour l’admirable enfant que vous avez perdu. Les pères se comprennent... Mon fils cadet a été porté disparu pendant vingt-quatre heures, et l’angoisse (rétrospective) que j’en ai ressenti m’a rendu plus proche de cette douleur qui est vôtre, que je vous admire de supporter avec tant de foi. Oui, nous saurons, nous comprendrons un jour, ce que votre Jean-Loup sait et comprend aujourd’hui. Nous verrons ce qu'il voit. Tous ces brouillards se déchireront qui nous ont empêché, ici-bas, de nous connaître et de nous aimer. Que le sang répandu de votre enfant aide un jour à la réconciliation de ceux qui aujourd’hui se haïssent...
Ma femme se joint à moi pour vous dire à tous deux nos sentiments émus et, si vous le permettez, fraternels... »

Portrait de François Mauriac, cliché photogravure, 23,5 x 16 cm

Joint : 2 L.A.S., Bordeaux, juin 1929, Pierre Mauriac, médecin et frère de l’écrivain

Le Désert de l’Amour
Paris, Calmann-Lévy, 1926
Edition originale sur vélin du Marais
Exemplaire imprimé spécialement pour l’auteur
Broché, 20 x 14 cm
Envoi autographe signé

Ce qui était perdu
Paris, Les Cahiers Verts, Bernard Grasset, 1930
Edition originale, exemplaire presse n°CXCI
Broché, 19 x 12 cm (rousseurs)
Envoi autographe signé

Blaise Pascal et sa soeur Jacqueline
Paris, Hachette, 1931
Broché, 19 x 12 cm

Les Anges Noirs
Paris, Bernard Grasset, 1936
Edition originale sur Alfa
Exemplaire presse n°CCXIX
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

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Adjugé : 500 €
François Mauriac (1885-1970), écrivain, académicien et prix Nobel de littérature

Réunion...
Lot 174
Lot 175
Georges Duhamel (1884-1966), médecin, écrivain et poète

Lot de correspondances, coupures de presse et 2 publications

13 L.A.S., P.A.S. et P.S., 1914-1946, adressées à René Benjamin, dont

L.A.S., Paris, 30 décembre 1914
Non, mon cher Benjamin, je ne suis pas mort. Revenu de ce qu'on appelle vaguement « le front » depuis quatre ou cinq jours, j'ai passé chez Lefèvre qui m'a montré votre mot inquiet et affectueux. Cela m'a beaucoup touché, et je vous remercie bien sincèrement de votre sollicitude. On pouvait s'y tromper : voici le second Georges Duhamel dont on annonce la mort depuis le début de la guerre. Si ça ne vous fait rien, on s'en tiendra là ; deux, cela est suffisant...
J'ai su que vous aviez été blessé, et que cette blessure ne vous mettait pas en danger. J'espère que vous êtes maintenant tout à fait guéri, et fort, et spirituellement courageux, comme me l'a montré certaine lettre à notre vieux Lefèvre.
Pour moi, nommé aide-major au début de la guerre, j'ai successivement exercé mes fonctions au fort de Champigny, puis à l'hôpital Bégin, puis en ambulance, près d'Arras. Ma formation, revenue au bercail pour s'y faire remanier, et moi, je vais sans doute retourner à l'hôpital militaire de St-Mandé. Que ferai-je encore ? Je ne sais. Je commence à comprendre que le devoir est de rester où on nous place et de ne pas chercher à faire mieux que ce qu'on vous ordonne de faire...

L.A.S., Château-Thierry (Marne), hôpital Corbineau, 20 décembre 1916 + L.A.S. Blanche Albane Duhamel, 14 mars 1916
L.A.S., Chez Madame Huquet à Maurepas par Pontchartrain (Seine-et-Oise), 14 mai 1918
L.A.S., Chez Madame Huquet à Maurepas par Pontchartrain (Seine-et-Oise), 24 mai 1918

P.A.S., 10 octobre 1944
Mon cher Benjamin, J'ai bien reçu votre lettre du 2 octobre. Vous êtes mal renseigné, Claude Morgan est le fils de Georges Lecomte et c'est probablement cela qui est la cause de votre erreur. En second lieu, sachez que je ne fais partie d'aucune commission d'épuration, ni dans les Lettres ni en Médecine, ni en quelque endroit que ce soit. S'il est en mon pouvoir de faire quelque chose pour empêcher une injustice, je le ferai ; mais le moment que nous vivons et qui devrait être complètement heureux, est, il faut bien l'avouer, confus et, somme toute, amer. La France vient de subir un horrible supplice, elle cherche à tâtons son chemin. Ne vous tourmentez pas trop, patientez quelque temps et nous verrons, sous peu, un peu plus clair. Moi aussi j'ai un fils aux armées, à l'heure actuelle, c'est-à-dire que je comprends votre inquiétude. Allons, bon courage ! Et croyez que je n'oublie pas nos commencements côte à côte...

P.S., Paris, 26 septembre 1946
Mon cher Ami, (...) nous avons lu votre lettre à haute voix, ma femme et moi ; nous l’avons lue avec consternation, avec douleur. De vous je ne sais plus rien depuis deux ans. Je me rappelle seulement un entretien à votre sujet avec un personnage que je n’ai vraiment pas lieu de nommer ici et que j’ai adjuré de se tenir tranquille. Je n’ai su ni la mort au front de votre fils aîné, ni la maladie de votre fils cadet, ni vraiment rien des difficultés que vous pouviez avoir. Quelqu’un que j’ai interrogé un jour m’a affirmé que vous étiez passé en Suisse, et je le croyais. Pourquoi ne m’avez-vous pas écrit ? Vous savez bien que s’il est en mon pouvoir de vous seconder d’une manière quelconque je le ferai, et du fond du cœur.
Je vais écrire à l’instant même au nouveau Préfet de la Seine. Je ne le connais pas. Je connaissais assez bien M. Flouret, son prédécesseur, qui était un homme courtois et humain. Le nouveau Préfet je ne le connais pas mais je vais quand même lui écrire et lui demander d’intervenir pour que la paix vous soit laissée dans votre maison. Je ne vous dis rien de plus pour l’instant, mais vous savez bien que je suis toujours votre ami...

Georges Duhamel
Le Combat
Paris, Mercure de France, 1913
Edition originale, n°782
Broché, 18,5 x 12 cm
Envoi autographe signé

Georges Duhamel
L’Oeuvre des athlétes, comédie en quatre actes... suivie de Lapointe et Ropiteau, comédie en un acte
Paris, Editions de la Nouvelle Revue Française, 1920
Broché, 19,5 x 13 cm
Envoi autographe signé

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Adjugé : 400 €
Georges Duhamel (1884-1966), médecin, écrivain et poète

Lot de correspondances, coupures...
Lot 175
Lot 176
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1946 et 1949

Lot de manuscrits, correspondances et éditions originales

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La table et le verre d’eau
Brouillon manuscrit à l’encre, août 1944, avec ratures, ajouts et corrections, 154 pp. in-4
110 L.A..S/P.A.S., 1946-1947, reçues par René Benjamin, suite à la parution et l’envoi du livre, remerciements et félicitations
Coupures de presse

Les innocents dans la tempête
Brouillon manuscrit, 1er essai, avec ratures, corrctions et ajouts, env. 135 pp. in-4
Brouillon manuscrit à l’encre, 1er juin - 1er juillet 1944, avec ratures, ajouts et corrections, 273 pp. in-4
env. 85 L.A..S/P.A.S., 1947-1948, reçues par René Benjamin, suite à la parution et l’envoi du livre, remerciements et félicitations
Coupures de presse

Les innocents dans la tempête
Paris, Plon, 1947
Edition originale sur papier pur fil de Lafuma
Exemplaire n°1 tête de série
Reliure plein veau velours, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées

La visite angélique
Brouillon manuscrit, 1er essai, printemps 1948, composé en grande partie à Monaco du 1er au 12 décembre 1947, travaillé au Plessis du 25 décembre 1947 au 10 janvier 1948, écrit au Plessis du 11 au 18 janvier 1948, recopié au Plessis du 9 au 12 février , 68 pp. in-8
Brouillon manuscrit mis au propre, avec ractures, corrections et ajouts, 86 pp. in-4

La visite angélique
Paris, Editions de l’Elan, 1948
Edition originale
Exemplaire imprimé spécialement pour François Benjamin
Broché, 19 x 12 cm, avec étui
Envoi autographe signé

Le divin visage
Brouillon manuscrit, 1er essai, 16 mai 1947, avec ratures, corrections et ajouts, 223 pp. in-4
Histoire du livre , 5 pp. in-4 manuscrites + correspondances de son éditeur
Brouillon manuscrit mis au propre, avec ractures, corrections et ajouts, 247 pp. in-4

Le divin visage
Paris, Editions de l’Elan, 1948
Edition originale sur papier pur chiffon de Lafuma
Exemplaire H.C. n°1
Reliure plein veau velours, dos à 4 nerfs, lettres et tête dorées

1 manuscrit complet et 3 ébauches de manuscrits inédits
L’amour de la vie, notes manuscrites, + de 150 pp. in-4
Mes amis, le silence et l’ombre, notes manuscrites dans un cahier d’écolier, 35 pp. in-4
L’histoire d’un homme, notes manuscrites, + de 25 pp. in-4
Passion française (non publié), brouillon manuscrit avec ratures, corrections et ajouts, env. 270 pp. in-4 + notes manuscrites + manuscrit mis au propre avec ratures, corrections et ajouts, 573 pp. in-4

Joint :
Collectif
Hommage à René Benjamin
Paris, Pierre Lanauve de Tartas, 1949
En feuillets sous chemise et cartonnage d’éditeur
Avec étui
Edition originale
Exemplaire H.C. pour Simon Arbellot

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Estimation : 800 € ~ 1 200 €
Les publications littéraires de René Benjamin entre 1946 et 1949

Lot...
Lot 176
Lot 177
Léon Basile Guerdan (1886-1949), écrivain arménien

Lot de correspondances et 1 publication

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30 L.A.S., 1934-1948, adressées à René Benjamin, demandant régulièrement des conseils d’écrivain, dont :

L.A.S., Paris, 17 juillet 1935 ; organisation de la programmation des Grandes Conférences des Ambassadeurs, l'un des cercles de réflexion et de diplomatie publique, fondé par l'écrivain et journaliste André David, la toute première séance ayant eu lieu le 21 octobre 1933 à Paris au Théâtre des Ambassadeurs, au rythme très soutenu de 8 à 10 sessions par mois. Le concept : une tribune de haute tenue où des personnalités décodaient les enjeux du monde contemporain
L.A.S., Paris, 18 octobre 1938, entête Les Grandes Conférences des Ambassadeurs
L.A.S., Biarritz, Majestic, 12 octobre 1939
L.A.S., Cannes, Hôtel Miramar, 25 juillet 1940 ; en exode
L.A.S., New York, Hôtel Madison, 27 février 1947 ; amitié renouvelée malgré un parcours divergent au lendemain de la défaite de 1940
L.A.S., New York, 10 avril 1948 ; émouvante lettre sur la fracture de la France d’après-guerre et le fait de ne pas détourner le regard de l’horreur absolue cautionnée par Vichy
Mon cher ami Laissez-moi vous dire pour commencer que votre prose ailée m'a enchanté et consolé de tant de lectures indigestes et lourdes qu'on nous sert comme produits de la renaissance littéraire française. J'ai retrouvé dans "Le Divin Visage" tout ce que j'admire depuis longtemps dans votre talent : l'ironie, la sensibilité à fleur de peau, la haine du médiocre et du vulgaire, le culte du grand et du beau, des paysages de la Loire et des vieilles pierres de Paris (quel chef-d'œuvre que le passage sur Rubens !), mais aussi quelque chose de nouveau : un désespoir qui prouve combien vous avez souffert et souffrez encore.
Moi qui ai vécu depuis sept ans loin de France, j'ai entendu les deux sons de cloche et souffert des épreuves des uns et des autres résultat d'une guerre qui, au fond, n'a été qu'une révolution qui, pour le malheur du monde, se poursuit sans qu'on en voie encore la fin. Le fait de vivre à l'étranger n'a diminué en rien mon amour pour la France. J'avais choisi votre pays pour patrie, parce que je le considérais comme le plus humain, le plus beau et le plus cultivé du monde ; j'y avais trouvé le climat de liberté auquel j'aspirais, dès l'âge de raison, après une enfance malheureuse sur les bords du Bosphore, où sévissait le plus abominable des régimes. Mais l'expérience surtout depuis la guerre m'a enseigné qu'entre la France de Molière, de Pascal, des Croisades et des principes de 1789, et les Français, il y avait une différence énorme ! A vous, qui êtes l'indulgence même pour ceux que vous aimez (et je crois que vous m'aimez un peu), je vais essayer de dire franchement, au risque de vous choquer, ce que je pense. J'ai quitté la France, un an après nos désastres, parce que je n'avais nulle confiance en ses gouvernants et que l'atmosphère antisémite et xénophobe qui s'y développait, sous l'œil paternel de Vichy, m'épouvantait. Ma décision de partir fut prise à la suite d'un meeting d'anciens combattants à Cannes, auquel j'eus le malheur d'assister. Les discours de haine ne le cédaient en rien à ceux de Nuremberg ou de Berlin. Je vous avais fait part de mes craintes. Dans une lettre charmante que j'ai conservée, vous essayiez de me prouver que des naturalisés de mon espèce ne sauraient être inquiétés. Malheureusement, les propos entendus à Vichy ne confirmaient guère votre optimisme.
A New York, dans les milieux de l'émigration, ce fut la contrepartie, à peine moins laide, mais peut-être plus excusable, puisque les 7/8 des émigrés étaient des Juifs, dénationalisés et spoliés, bien qu'ils fussent, pour la plupart, d'excellents Français, ayant fait leur devoir sur les champs de bataille. Je fus en butte à leurs attaques, dès la parution de "Je les ai tous connus". Je fus accusé d'être un agent de Vichy, parce que je voulais simplement unir les Français d'ici contre l'Allemagne. Mais comprenant leur état d'âme, je les excusai. Depuis la Libération, j'ai eu l'occasion de voir un grand nombre de nos compatriotes hommes politiques, diplomates, militaires, industriels, écrivains, journalistes, commerçants, étudiants, simples matelots et j'ai .constater avec douleur que les ressentiments, de part et d'autre, étaient demeurés aussi vifs. Plus d'une fois, j'ai eu l'impression de ne plus parler la même langue qu'eux. Sans doute, parce que demeuré en dehors des épreuves, je pouvais me permettre encore le luxe de l'impartialité..."

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Estimation : 300 € ~ 600 €
Léon Basile Guerdan (1886-1949), écrivain arménien

Lot de correspondances et 1...
Lot 177
Lot 178
Roland Engerand (1892-1951) écrivain et poète tourangeau par adoption

5 L.A.S., 1948-1949, adressées à René Benjamin et à son fils François, et tapuscrit d’un conte de Noël, dont

L.A.S., Saint-Cyr-sur-Loire, 27 septembre 1948
Cher Monsieur,
Ce bienfaiteur dont vous m'avez demandé le nom samedi dernier, c'est un médecin américain, le docteur Jackson, qui, en 1846, eut l'idée de se servir de l'éther en inhalations, pour endormir la souffrance. Et c'est le Tourangeau Velpeau qui introduisit en France cette pratique anesthésique. Avant Jackson, l'on se bornait, pour supprimer la douleur, à des produits soporifiques de basse envergure. Dans l'antiquité, Dioscoride utilisait un extrait de racines de mandragore. Au Moyen-Age, Guy de Chauliac perfectionna quelque peu ce procédé. Plus tard, mon compatriote le Caennais Liégeard recommanda la compression du corps au dessus du point malade. Un an après la découverte de Jackson, un Ecossais d'Edimbourg : Simpson, révéla le chloroforme. Puis Wells le protoxyde d'azote, Snow l'amylène, et l'Autrichien Koller la cocaïne, en 1884.
Là s'arrêtent mes connaissances... Quel ultra-bienfaiteur découvrira le produit capable d'anesthésier durablement la sottise humaine .. et aussi les douleurs morales !..
Je voudrais, avant de clore cette réponse, vous dire l'émotion que j'ai ressentie l'autre jour - au cours d'une visite que j'ai souffert d'abréger pour ne pas vous fatiguer - en vous retrouvant dans cette maison de santé, et en vous entendant m'exprimer des sentiments qui, en me bouleversant et en paralysant mes lèvres - car j'étais loin de penser que vous jugiez digne d'une telle récompense mes obscures œuvres -, ont, en même temps, déchaîné en moi une joie si suave.. Vivant en solitaire, je n'aurais jamais osé espérer que j'atteindrais, de façon si inattendue, votre estime et votre affection littéraires.. Les mots si chaleureux - et si rares dans votre bouche - que vous m'avez offerts ont été pour moi le plus magnifique et le plus précieux des encouragements. Je tenterai de les mériter..
Et puisque vous avez été jusqu'à me remercier du plaisir que certaines de mes pages ont eu la faveur de vous inspirer, permettez-moi de vous remettre - afin que vous le parcouriez lorsque vous serez délivré de vos maux actuels - le manuscrit d'un roman qui vous est dédié .. et que, malgré ses imperfections dont je ressens très vivement l'ampleur, j'avais songé à présenter au Hors-Goncourt, s'il avait eu lieu l'an prochain.. J'aimerais savoir votre opinion à son sujet.. car aucun avis ne peut m'intéresser autant que le vôtre .. Je m'excuse d'avoir associé à votre nom une œuvre dont je déplore les insuffisances. Mais il y a là-dedans, en certains alinéas, un état d'esprit qui me semble pouvoir s'adapter humblement au vôtre..
Samedi prochain, je reviendrai vous entrevoir.. Et j'espère de tout cœur vous retrouver plus prêt à regagner Savonnières et tout à fait éloigné des pénibles suites d'opérations que vous avez subies. Mes vœux et mes prières les plus fervents vous accompagnent dans cette injuste et nouvelle épreuve qui, j'en suis persuadé, sera maintenant brève.. La vie vous doit de si hautes revanches. Et elle sait, plus souvent qu'on ne le croit, reconnaître ses erreurs passées....

L.A.S., Saint-Cyr-sur-Loire, 27 septembre 1948
Cher Monsieur et Ami, Quand nous nous sommes rencontrés hier, j'étais - selon mon habitude - dans un autre monde que le nôtre. Et, en pareil cas, je mets toujours un assez long temps à reprendre contact avec la réalité .. si agréable et attirante qu'elle puisse être .. J'atterrissais au moment où nous nous sommes quittés .. Et j'ai regretté bien vivement, tandis que je m'éloignais de vous, de n'avoir pas saisi l'heureuse occasion qui m'était offerte de m'entretenir un peu plus intimement avec l'un des humains qui me sont chers, et avec lequel je me sens en véritable communion d'âme .. J'ai pourtant bien des choses à vous dire ; et, surtout, je désire vous entendre dire bien des choses. Il faudra nous retrouver durant votre séjour au Plessis .. Lorsque vous viendrez à Tours, dites le moi, pour que nous puissions nous joindre en quelque lieu dans cette ville.
Quand vous m'avez demandé ce que j'écrivais, je vous ai répondu que l'ombre de la guerre me hantait en ce moment très particulièrement. Vraisemblablement parce que mes fils sont maintenant en âge de porter les armes. Je ne puis accepter sans révolte de les voir souffrir ce que j'ai souffert. Nous avons combattu, de 1914 à 1918, pour que vous et eux n'ayez plus à combattre .. Et puis, Mais en attendant, j'ai besoin de me libérer de cette révolte, et de mettre à nu ma blessure, à travers certains souvenirs que j'aimerais vous présenter quand ils seront totalement décantés..."
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Adjugé : 100 €
Roland Engerand (1892-1951) écrivain et poète tourangeau par adoption

5 L.A.S.,...
Lot 178
Lot 179
Les derniers instants de René Benjamin, hommages littéraires et artistiques, 1948-1949

Lot de correspondances, éditions originales, masque mortuaire et divers

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+ de 260 L.A.S./P.A.S./L.S., 1948-1949, adressées à Elisabeth Lecoy veuve de René Benjamin et à sa famille au lendemain du décès de René benjamin, dont lettres de nombreux écrivain.es, artistes, journalistes, dont :
Simon Arbellot - Marcel Bouteron - Roger Deleplanque directeur des éditions de l’Elan - Emmanuel Fougerat - Antoine de Lévis-Mirepoix - Robert Milliat - Henri Pourrat - Marguerite Storrs - Jean des Vallières - Pierre Varillon - etc

L.A.S., Tours, 21 octobre 1948, chanoine Aristide Cormier, récit des derniers instants de René Benjamin
Derniers moments de René Benjamin : lundi 4 octobre à 12h30, je fus appelé par téléphone de la clinique auprès de René Benjamin. Venez tout de suite le malade est très mal. J’arrivai cinq minutes après à la clinique. Le médecin m’attendait dans le couloir à la porte de la chambre : Dépêchez-vous me dit-il. J’entrai très ému et mes yeux rencontrèrent aussitôt les yeux de mon ami. Son visage s’éclaira et il me dit : Enfin vous voilà ! Je vous attends pour mourir. Je le confessai et lui donnai l’absolution et lui-même aussitôt après me demanda l’extrême-onction. Alors commença l’agonie la plus bouleversante à laquelle il m’a été donné d’assister. Haletant, car il étouffait, le mourant fit face à la mort en pleine lucidité. Il ne l’a pas défiée car il l’avait d’avance acceptée mais je puis dire qu’il l’a regardée sans faiblesse m’assurant et comptant pour ainsi dire les pas qu’elle faisait vers lui. Qu’elle grande chose que la mort mais que c’est difficile de mourir. Mon Dieu ! Quand est-ce que ce sera fini ? La pensée de Dieu ne le quittait pas. Il me dit encore : Toute ma vie j’ai cherché Dieu. Que je suis en paix maintenant que je l’ai trouvé ! Je l’ai toujours aimé sans le connaître. Je vais le voir enfin.
Quelques instants après : La mort est tout près, je ne vous vois plus. Joignant les mains il me dit encore : Dans quelques minutes vous me les joindrez ainsi. Je sens mon cœur faiblir. C’est la fin. Mes enfants, mes enfants, vous tous que j’ai aimés adieu ! adieu !
Il se tut. Ce fut ces dernières paroles. Quelques minutes après ce fut la fin. Il était environ 1h15. Son agonie a duré un peu plus d’une heure...

L.A.S., Paris, 5 octobre 1948, René Fauchois écrivain et dramaturge
L.A.S., Paris, 5 octobre 1948, Marthe Allard veuve de Léon Daudet
L.A.S., Paris, 5 octobre 1948, Maxime Weygand, général et écrivain, académicien
L.A.S., 17 octobre 1948, Jean Tharaud écrivain
L.A.S., 19 octobre 1948, Alfred Droin romancier et poète
L.A.S., infirmerie de la prison, Fresnes, 5 novembre 1948, Louis Thomas écrivain romancier et polémiste
2 L.A.S. Roland Engerand poète et écrivain
La Fabrice, Saint-Cyr-sur-Loire, 21 jnvier 1949
( ) L’enthousiasme, la révolte : ces deux vertus si introuvables en notre époque, tout au moins dans leur noble sens ! Il n’y a plus que de faux enthousiasmes dirigés, des pseudo-enthousiasmes dont le ressort est l’intérêt, et dont le but est de sembler témoigner une vive ardeur envers un sujet qui permet, ceci fait, de passer à la caisse. Il n’y a plus que de viles révoltes contre les nobles valeurs qui s’entêtent à gêner la veulerie ambiante et à compromettre la médiocrité courante, la médiocrité érigée en raison d’Etat. Tout cet échafaudage d’hypocrites calculs, votre père les balaie impérieusement, une fois de plus, dans ses ultimes verbes, tantôt à coup de mots incisifs et profonds, tantôt en empoignant à bras le corps quelques-uns de ces fantoches qui, malgré son mépris pour eux, lui ont fait, tout de même, tant de mal. Ce Descaves, type du « pense-petit », ce cynique et mauvais garçons. Mais comme il se repose, entre temps, dans la joie d’aimer un Léon Daudet, un Sacha Guitry ! Dévoré par son besoin d’admirer et de chérir, par son culte de la grandeur, il s’exulte lorsqu’il peut ceindre un homme de lauriers. Il double même les couronnes ( )

Mon ami Benjamin, tapuscrit unique écrit par son ami pyrénéiste Raymond Ritter (1894-1974) après la mort de René Benjamin, 89 pp. in-4 ; récit de moments de vie partagés avec l’écrivain (conférences, visite d’exposition, excursion, etc), un témoignage unique qui dessine les traits principaux de la personnalité de René Benjamin

Masque mortuaire de René Benjamin réalisé par Marie-Thérèse Mabille, artiste tourangelle
Croquis à l’encre signé, 24,5 x 29 cm
Moulage en plâtre du masque, 24,5 x 15 cm
Cliché photographique du masque par le Studio des Cèdres à Tours, 2 exemplaires

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Estimation : 1 000 € ~ 2 000 €
Les derniers instants de René Benjamin, hommages littéraires et artistiques,...
Lot 179
Lot 180
Romans et théâtre

Lot de 41 publications, certaines éditions originales et dédicacées

Guy de Pourtalès
Deux contes de fées pour les grandes personnes
Paris, Société littéraire de France, 1917
Ill. de bois gravés par Louis Jou
Edition originale, n°143
Broché, 16,5 x 12,5 cm
Envoi autographe signé

Henriette Célarié
Monique la Romanesque
Paris, Plon, 1921
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Pierre Custot
Sturly
Paris, Bernard Grasset, 1923
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autgraphe signé

Henri Lavedan
La puce et gredine, ou les petits locatis
Paris, Editions Pierre Lafitte, 1926
Broché, 17,5 x 13 cm
Envoi autographe signé

Jacques Roujon
Un homme si riche...
Paris, Nouvelle Librairie nationale, 1926
Edition originale sur Alfa Navarre
Broché, 20,5 x 13,5 cm
Envoi autographe signé

Joseph Kessel
Nuit des princes
Paris, Les éditions de France, 1927
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

André Maurois
Le cercle de famille
Paris, Bernard Grasset, 1932
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Jean Cocteau
Les monstres sacrés
Paris, Gallimard, 1940
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm

Ann Bridge
Pique-Nique à Pékin
Paris, Gallimard, 1940
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm

Henri Troyat
Le jugement de Dieu
Paris, Plon, 1941
Edition originale, ex. presse
Broché, 19 x 12 cm
Envoi autographe signé

Marius Richard
La rapée
Paris, Editions du Pavois, 1944
Broché, 18,5 x 12 cm
Envoi autographe signé + L.A.S., 26 juillet 1944

Etc...

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Estimation : 150 € ~ 300 €
Romans et théâtre

Lot de 41 publications, certaines éditions originales et...
Lot 180
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