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arts+design #5

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Lot 3
Jean Royère, (Français, 1902-1981)
Armoire Bensaude, 1934.

En placage de sycomore. De forme rectangulaire, la surface constituée de cinq bandes en relief sur trois côtés. Le meuble ouvre par trois portes dévoilant deux vestiaires sur les côtés et quatre tiroirs avec des rangements à chaussures au centre. Les charnières en métal parfaitement intégrées sont dissimulées lorsque le meuble est fermé.
Étiquette Bedel & Cie Le garde meuble public 17, rue Monsigny.

Haut. 162,5 Larg. 210, Prof. 55 cm.
(accidents et sauts de placage, en l’état).

Provenance :
- livré par Jean Royère au docteur Alfred Bensaude, pour meubler son appartement avenue Pierre Ier de Serbie, à l’occasion de son mariage, 1934,
- par descendance familiale.

Bibliographie :
- archives Jean Royère, conservées à la bibliothèque du Musée des arts décoratifs de Paris (MAD), album photographique n°3, reproduit sur les photos n° R41, R41bis, R42, R250.
- galerie Jacques Lacoste & Galerie Patrick Seguin "Jean Royère", 2012, deux volumes, p.74.

Images d'archives sur www.rouillac.com.

L'APPARTEMENT BENSAUDE PAR ROYÈRE

Artiste autodidacte, Jean Royère (1902-1981) abandonne sa situation confortable pour devenir décorateur à l’âge de vingt-neuf ans. Devenu l’un des designers les plus recherchés par les collectionneurs français et internationaux, plusieurs de ses modèles sont devenus des icônes. Le canapé ours polaire, le fauteuil éléphanteau ou le luminaire liane illustrent sa pratique originale, alliant matériaux précieux et formes organiques : le grand luxe et l’humour. Ne sacrifiant jamais le fonctionnel à l’esthétique, les discrètes charnières de notre Armoire Bensaude révèlent ainsi son art d’allier dessein et dessin.

Commandés lors de son mariage en 1934 par le docteur Alfred Bensaude (1908-1982), membre d’une importante dynastie de médecins qui deviendra cofondateur de la société française de proctologie, nos meubles s’intégraient à l’origine dans un ensemble complet de mobilier. La disposition de ces modèles uniques est conservée dans les archives de la bibliothèque du musée des arts décoratifs de la ville de Paris. Cette commande fait partie des trois commandes de l’année 1934, avec celle du propre appartement de Royère au 48, rue de Passy. Elle témoigne de la relation de complicité entre deux hommes de la même génération.

Dans cet appartement de l’avenue Pierre Ier de Serbie, chaque meuble du décorateur apparaît à sa place, sur mesure, pour l’entrée, le bureau, la chambre ou l’un des deux salons. Imaginés avant-guerre, notre armoire et ces commodes étaient destinés à garnir la chambre du couple Bensaude. Le choix du sycomore, un érable géant, pour cette pièce intime est un aussi un symbole d’élévation spirituelle. Devenu veuf prématurément, le docteur Bensaude se remarie et déménage avenue Bugeaud à Paris. Sauvegardé pendant la guerre, l’ensemble est progressivement dispersé. On retrouve certains artefacts sur le marché, à l’instar d’une armoire présentée par la galerie Jacques Lacoste. Nos meubles ont été conservés, pour leur part, dans la descendance du docteur Bensaude.

Le nombre important de photos de l’Armoire Bensaude dans le fonds d’archives Royère tend à prouver son importance dans le parcours de l’artiste. Elle incarne le génie créatif d’un esprit destiné à décorer les plus grands, après seulement quelques années de pratique. Son décor anticipe le minimalisme à venir. Épurée jusqu’à devenir des parallélépipèdes modulaires, l’armoire nous apparaît autant comme une sculpture que comme un meuble… trente-et-un an avant les Stacks de Donald Judd.

Aymeric Rouillac et Jacques Farran
Adjugé : 35 000 €
Jean Royère, (Français, 1902-1981)Armoire Bensaude, 1934.En placage de sycomore. De...
Lot 3
Lot 4
Jean Royère (Français, 1902-1981)
Paire de commodes Bensaude, 1934.

En placage de sycomore. De forme rectangulaire, la surface constituée de quatre bandes en relief sur la façade et un côté, dévoilant quatre tiroirs.
Originellement, les commodes reliées par un tiroir central, le tout surmonté de trois miroirs.

Haut. 94,5 et 90,5 Long. 105,5, Prof 44,5 cm.
(en l’état)

Provenance :
- livré par Jean Royère au docteur Alfred Bensaude pour meubler son appartement avenue Pierre Ier de Serbie, à l’occasion de son mariage, 1934,
- par descendance familiale.

Bibliographie : archives Jean Royère, conservées à la bibliothèque du Musée des arts décoratifs de Paris (MAD), album photographique n°3, reproduit sur les photos n° R27, R41.

Images d'archives et article détaillé sur www.rouillac.com.

L'APPARTEMENT BENSAUDE PAR ROYÈRE

Artiste autodidacte, Jean Royère (1902-1981) abandonne sa situation confortable pour devenir décorateur à l’âge de vingt-neuf ans. Devenu l’un des designers les plus recherchés par les collectionneurs français et internationaux, plusieurs de ses modèles sont devenus des icônes. Le canapé ours polaire, le fauteuil éléphanteau ou le luminaire liane illustrent sa pratique originale, alliant matériaux précieux et formes organiques : le grand luxe et l’humour. Ne sacrifiant jamais le fonctionnel à l’esthétique, les discrètes charnières de notre Armoire Bensaude révèlent ainsi son art d’allier dessein et dessin.

Commandés lors de son mariage en 1934 par le docteur Alfred Bensaude (1908-1982), membre d’une importante dynastie de médecins qui deviendra cofondateur de la société française de proctologie, nos meubles s’intégraient à l’origine dans un ensemble complet de mobilier. La disposition de ces modèles uniques est conservée dans les archives de la bibliothèque du musée des arts décoratifs de la ville de Paris. Cette commande fait partie des trois commandes de l’année 1934, avec celle du propre appartement de Royère au 48, rue de Passy. Elle témoigne de la relation de complicité entre deux hommes de la même génération.

Dans cet appartement de l’avenue Pierre Ier de Serbie, chaque meuble du décorateur apparaît à sa place, sur mesure, pour l’entrée, le bureau, la chambre ou l’un des deux salons. Imaginés avant-guerre, notre armoire et ces commodes étaient destinés à garnir la chambre du couple Bensaude. Le choix du sycomore, un érable géant, pour cette pièce intime est un aussi un symbole d’élévation spirituelle. Devenu veuf prématurément, le docteur Bensaude se remarie et déménage avenue Bugeaud à Paris. Sauvegardé pendant la guerre, l’ensemble est progressivement dispersé. On retrouve certains artefacts sur le marché, à l’instar d’une armoire présentée par la galerie Jacques Lacoste. Nos meubles ont été conservés, pour leur part, dans la descendance du docteur Bensaude.

Le nombre important de photos de l’Armoire Bensaude dans le fonds d’archives Royère tend à prouver son importance dans le parcours de l’artiste. Elle incarne le génie créatif d’un esprit destiné à décorer les plus grands, après seulement quelques années de pratique. Son décor anticipe le minimalisme à venir. Épurée jusqu’à devenir des parallélépipèdes modulaires, l’armoire nous apparaît autant comme une sculpture que comme un meuble… trente-et-un an avant les Stacks de Donald Judd.

Aymeric Rouillac et Jacques Farran
Adjugé : 13 000 €
Jean Royère (Français, 1902-1981)Paire de commodes Bensaude, 1934. En placage...
Lot 4
Lot 9
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)
Planètes sur trois pieds

Métal.

Haut. 30,5, Long. maximale 69, Larg. 27,5 cm.

Provenance :
- maquette offerte par Alexander Calder à Christian Quenault, ouvrier à l'usine tourangelle Biémont entre 1969 et 1972.
- la fondation Calder, qui conteste l'authenticité de cette œuvre, a été déboutée dans ses prétentions par le Tribunal correctionnel de Paris (4 juin 2013), par la Cour d'Appel de Paris (4 mars 2015) et par la Cour de Cassation (9 juin 2015), plus haute juridiction française.

Bibliographie en rapport : "Les Calder de Quenault aux enchères", maison de ventes Rouillac, Tours, 2019 puis Vendôme, 2020.

A rapprocher des réalisations présentées dans l'exposition "Volumes, vecteurs, densités, dessins, portraits" à la galerie Percier en 1931.

LES DERNIERS CALDER QUENAULT

La vente de ces sculptures offertes par l’américain Alexander Calder à un jeune tourangeau de l’usine Biémont est le dernier acte d’une longue histoire qui démarre au début des années 1970. Prenant en sympathie Christian Quenault, tout juste âgé de vingt ans, qui l’assistait jusque dans son atelier de Saché, notamment pour souder et faire du rangement, Calder lui offre dans des caisses en bois ce qu’il présente alors comme « un vieux cadeau ». Le temps passant, les caisses aux fils de fers entortillés sont oubliées dans une cave familiale humide. Elles sont ressorties à l’occasion de la splendide exposition « Calder en Touraine », organisée par feu l’ami Alain Irlande au château de Tours en 2008.

Las… la Fondation Calder, qui réunit les intérêts des descendants du sculpteur, demande la saisie des œuvres et leur destruction pour contrefaçon. Le marathon judiciaire qui s’ensuit dure huit ans. Il se termine devant la Cour de Cassation, la plus haute juridiction française, laquelle déboute définitivement la Fondation en 2015. L’arrêt de la cour d’Appel de Paris est ainsi confirmé, lui qui concluait : « à l’issue d’une instruction particulièrement complète, tant préparatoire qu’à l’audience, rien ne permet d’établir sérieusement que les œuvres contestées seraient des contrefaçons et qu’elles n’auraient pas été remises à titre de libéralité par Alexander Calder à Christian Quenault ».

Après avoir présenté aux enchères cet ensemble de sculptures par groupes de trois depuis 2019, mais aussi lors de ventes privées, voici venu le moment de présenter les derniers témoignages de cette histoire étonnante. Le musée des Arts Forains, représenté par Jean-Paul Favand, a été le premier à acquérir des pièces du Cirque, montrant par là même que les arts circassiens participent pleinement de l’aventure de l’art moderne. Une collectionneuse privée tourangelle, mais aussi un marchand d’art londonien ou encore une collection d’entreprise lyonnaise lui ont à leur tour emboîté le pas. Reconnaissant le travail de l’artiste derrière la patine oxydée, ils ont pris le parti d’enchérir sur des sculptures « attribuées à » Calder, conformément à la réglementation, ce qui permet de tenir compte de la divergence d’opinion entre la justice française et une fondation américaine.

Les œuvres aujourd’hui offertes au feu des enchères sont les dernières que conservait Christian Quenault en Touraine. Deux acrobates rappellent les débuts de Calder, animant pour ses amis un fabuleux cirque au début de son séjour à Paris, dans les années 1920. Deux bougeoirs illustrent l’exercice d’entortillage de fils de fer qui marquait tant ceux qui ont côtoyé le sculpteur. Deux importantes sculptures, enfin, témoignent du travail commencé avec le groupe Abstraction-Création et montré en 1931 à la galerie Percier. Calder déclarait alors : « Devant ces nouvelles œuvres transparentes, objectives, exactes, je pense à Satie, Mondrian, Marcel Duchamp, Brancusi, Arp, ces maîtres incontestés du beau inexpressif et silencieux ».

Il n’y aura plus d’autres « Calder de Quenault » présentés pour la première fois aux enchères. C’est maintenant l’ultime occasion pour les amateurs d’acheter une œuvre de l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle blanchie par la plus haute juridiction française. Leur mise à prix symbolique s’élève à 10.000 euros. Gageons que l’intérêt dans l’avenir pour ces pièces historiques sera à leur image : mobile et aérien !

Aymeric Rouillac
Adjugé : 13 000 €
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)Planètes sur trois piedsMétal.Haut. 30,5,...
Lot 9
Lot 10
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)
La coupe aux cerceaux

Métal.

Haut. 33,5, Diam. 32,5 cm.

Provenance :
- maquette offerte par Alexander Calder à Christian Quenault, ouvrier à l'usine tourangelle Biémont entre 1969 et 1972.
- la fondation Calder, qui conteste l'authenticité de cette œuvre, a été déboutée dans ses prétentions par le Tribunal correctionnel de Paris (4 juin 2013), par la Cour d'Appel de Paris (4 mars 2015) et par la Cour de Cassation (9 juin 2015), plus haute juridiction française.

Bibliographie en rapport : "Les Calder de Quenault aux enchères", maison de ventes Rouillac, Tours, 2019 puis Vendôme, 2020.

A rapprocher des réalisations présentées dans l'exposition "Volumes, vecteurs, densités, dessins, portraits" à la galerie Percier en 1931.

LES DERNIERS CALDER QUENAULT

La vente de ces sculptures offertes par l’américain Alexander Calder à un jeune tourangeau de l’usine Biémont est le dernier acte d’une longue histoire qui démarre au début des années 1970. Prenant en sympathie Christian Quenault, tout juste âgé de vingt ans, qui l’assistait jusque dans son atelier de Saché, notamment pour souder et faire du rangement, Calder lui offre dans des caisses en bois ce qu’il présente alors comme « un vieux cadeau ». Le temps passant, les caisses aux fils de fers entortillés sont oubliées dans une cave familiale humide. Elles sont ressorties à l’occasion de la splendide exposition « Calder en Touraine », organisée par feu l’ami Alain Irlande au château de Tours en 2008.

Las… la Fondation Calder, qui réunit les intérêts des descendants du sculpteur, demande la saisie des œuvres et leur destruction pour contrefaçon. Le marathon judiciaire qui s’ensuit dure huit ans. Il se termine devant la Cour de Cassation, la plus haute juridiction française, laquelle déboute définitivement la Fondation en 2015. L’arrêt de la cour d’Appel de Paris est ainsi confirmé, lui qui concluait : « à l’issue d’une instruction particulièrement complète, tant préparatoire qu’à l’audience, rien ne permet d’établir sérieusement que les œuvres contestées seraient des contrefaçons et qu’elles n’auraient pas été remises à titre de libéralité par Alexander Calder à Christian Quenault ».

Après avoir présenté aux enchères cet ensemble de sculptures par groupes de trois depuis 2019, mais aussi lors de ventes privées, voici venu le moment de présenter les derniers témoignages de cette histoire étonnante. Le musée des Arts Forains, représenté par Jean-Paul Favand, a été le premier à acquérir des pièces du Cirque, montrant par là même que les arts circassiens participent pleinement de l’aventure de l’art moderne. Une collectionneuse privée tourangelle, mais aussi un marchand d’art londonien ou encore une collection d’entreprise lyonnaise lui ont à leur tour emboîté le pas. Reconnaissant le travail de l’artiste derrière la patine oxydée, ils ont pris le parti d’enchérir sur des sculptures « attribuées à » Calder, conformément à la réglementation, ce qui permet de tenir compte de la divergence d’opinion entre la justice française et une fondation américaine.

Les œuvres aujourd’hui offertes au feu des enchères sont les dernières que conservait Christian Quenault en Touraine. Deux acrobates rappellent les débuts de Calder, animant pour ses amis un fabuleux cirque au début de son séjour à Paris, dans les années 1920. Deux bougeoirs illustrent l’exercice d’entortillage de fils de fer qui marquait tant ceux qui ont côtoyé le sculpteur. Deux importantes sculptures, enfin, témoignent du travail commencé avec le groupe Abstraction-Création et montré en 1931 à la galerie Percier. Calder déclarait alors : « Devant ces nouvelles œuvres transparentes, objectives, exactes, je pense à Satie, Mondrian, Marcel Duchamp, Brancusi, Arp, ces maîtres incontestés du beau inexpressif et silencieux ».

Il n’y aura plus d’autres « Calder de Quenault » présentés pour la première fois aux enchères. C’est maintenant l’ultime occasion pour les amateurs d’acheter une œuvre de l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle blanchie par la plus haute juridiction française. Leur mise à prix symbolique s’élève à 10.000 euros. Gageons que l’intérêt dans l’avenir pour ces pièces historiques sera à leur image : mobile et aérien !

Aymeric Rouillac
Adjugé : 10 000 €
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)La coupe aux cerceauxMétal.Haut. 33,5,...
Lot 10
Lot 11
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)
Deux bougeoirs

Métal.

Haut. 6,5, Larg. 12 cm.
Haut. 5, Larg. 12 cm.

Provenance :
- maquette offerte par Alexander Calder à Christian Quenault, ouvrier à l'usine tourangelle Biémont entre 1969 et 1972.
- la fondation Calder, qui conteste l'authenticité, de ces œuvres, a été déboutée dans ses prétentions par le Tribunal correctionnel de Paris (4 juin 2013), par la Cour d' Appel de Paris (4 mars 2015) et par la Cour de Cassation (9 juin 2015), plus haute juridiction française.

Bibliographie en rapport : "Les Calder de Quenault aux enchères", maison de ventes Rouillac, Tours, 2019 puis Vendôme, 2020.

LES DERNIERS CALDER QUENAULT

La vente de ces sculptures offertes par l’américain Alexander Calder à un jeune tourangeau de l’usine Biémont est le dernier acte d’une longue histoire qui démarre au début des années 1970. Prenant en sympathie Christian Quenault, tout juste âgé de vingt ans, qui l’assistait jusque dans son atelier de Saché, notamment pour souder et faire du rangement, Calder lui offre dans des caisses en bois ce qu’il présente alors comme « un vieux cadeau ». Le temps passant, les caisses aux fils de fers entortillés sont oubliées dans une cave familiale humide. Elles sont ressorties à l’occasion de la splendide exposition « Calder en Touraine », organisée par feu l’ami Alain Irlande au château de Tours en 2008.

Las… la Fondation Calder, qui réunit les intérêts des descendants du sculpteur, demande la saisie des œuvres et leur destruction pour contrefaçon. Le marathon judiciaire qui s’ensuit dure huit ans. Il se termine devant la Cour de Cassation, la plus haute juridiction française, laquelle déboute définitivement la Fondation en 2015. L’arrêt de la cour d’Appel de Paris est ainsi confirmé, lui qui concluait : « à l’issue d’une instruction particulièrement complète, tant préparatoire qu’à l’audience, rien ne permet d’établir sérieusement que les œuvres contestées seraient des contrefaçons et qu’elles n’auraient pas été remises à titre de libéralité par Alexander Calder à Christian Quenault ».

Après avoir présenté aux enchères cet ensemble de sculptures par groupes de trois depuis 2019, mais aussi lors de ventes privées, voici venu le moment de présenter les derniers témoignages de cette histoire étonnante. Le musée des Arts Forains, représenté par Jean-Paul Favand, a été le premier à acquérir des pièces du Cirque, montrant par là même que les arts circassiens participent pleinement de l’aventure de l’art moderne. Une collectionneuse privée tourangelle, mais aussi un marchand d’art londonien ou encore une collection d’entreprise lyonnaise lui ont à leur tour emboîté le pas. Reconnaissant le travail de l’artiste derrière la patine oxydée, ils ont pris le parti d’enchérir sur des sculptures « attribuées à » Calder, conformément à la réglementation, ce qui permet de tenir compte de la divergence d’opinion entre la justice française et une fondation américaine.

Les œuvres aujourd’hui offertes au feu des enchères sont les dernières que conservait Christian Quenault en Touraine. Deux acrobates rappellent les débuts de Calder, animant pour ses amis un fabuleux cirque au début de son séjour à Paris, dans les années 1920. Deux bougeoirs illustrent l’exercice d’entortillage de fils de fer qui marquait tant ceux qui ont côtoyé le sculpteur. Deux importantes sculptures, enfin, témoignent du travail commencé avec le groupe Abstraction-Création et montré en 1931 à la galerie Percier. Calder déclarait alors : « Devant ces nouvelles œuvres transparentes, objectives, exactes, je pense à Satie, Mondrian, Marcel Duchamp, Brancusi, Arp, ces maîtres incontestés du beau inexpressif et silencieux ».

Il n’y aura plus d’autres « Calder de Quenault » présentés pour la première fois aux enchères. C’est maintenant l’ultime occasion pour les amateurs d’acheter une œuvre de l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle blanchie par la plus haute juridiction française. Leur mise à prix symbolique s’élève à 10.000 euros. Gageons que l’intérêt dans l’avenir pour ces pièces historiques sera à leur image : mobile et aérien !

Aymeric Rouillac
Adjugé : 700 €
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)Deux bougeoirsMétal.Haut. 6,5, Larg. 12...
Lot 11
Lot 12
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)
Le cirque, acrobate

Cuivre torsadé.

Haut. 12,5 cm.

Provenance :
- maquette offerte par Alexander Calder à Christian Quenault, ouvrier à l'usine tourangelle Biémont entre 1969 et 1972.
- la fondation Calder, qui conteste l'authenticité de cette œuvre, a été déboutée dans ses prétentions par le Tribunal correctionnel de Paris (4 juin 2013), par la Cour d'Appel de Paris (4 mars 2015) et par la Cour de Cassation (9 juin 2015), plus haute juridiction française.

Bibliographie en rapport : "Les Calder de Quenault aux enchères", maison de ventes Rouillac, Tours, 2019 puis Vendôme, 2020.

A rapprocher du travail de Calder dans "Le Cirque" réalisé entre 1926 et 1931 et illustré par la "Famille de cuivre, The Brass Family".

LES DERNIERS CALDER QUENAULT

La vente de ces sculptures offertes par l’américain Alexander Calder à un jeune tourangeau de l’usine Biémont est le dernier acte d’une longue histoire qui démarre au début des années 1970. Prenant en sympathie Christian Quenault, tout juste âgé de vingt ans, qui l’assistait jusque dans son atelier de Saché, notamment pour souder et faire du rangement, Calder lui offre dans des caisses en bois ce qu’il présente alors comme « un vieux cadeau ». Le temps passant, les caisses aux fils de fers entortillés sont oubliées dans une cave familiale humide. Elles sont ressorties à l’occasion de la splendide exposition « Calder en Touraine », organisée par feu l’ami Alain Irlande au château de Tours en 2008.

Las… la Fondation Calder, qui réunit les intérêts des descendants du sculpteur, demande la saisie des œuvres et leur destruction pour contrefaçon. Le marathon judiciaire qui s’ensuit dure huit ans. Il se termine devant la Cour de Cassation, la plus haute juridiction française, laquelle déboute définitivement la Fondation en 2015. L’arrêt de la cour d’Appel de Paris est ainsi confirmé, lui qui concluait : « à l’issue d’une instruction particulièrement complète, tant préparatoire qu’à l’audience, rien ne permet d’établir sérieusement que les œuvres contestées seraient des contrefaçons et qu’elles n’auraient pas été remises à titre de libéralité par Alexander Calder à Christian Quenault ».

Après avoir présenté aux enchères cet ensemble de sculptures par groupes de trois depuis 2019, mais aussi lors de ventes privées, voici venu le moment de présenter les derniers témoignages de cette histoire étonnante. Le musée des Arts Forains, représenté par Jean-Paul Favand, a été le premier à acquérir des pièces du Cirque, montrant par là même que les arts circassiens participent pleinement de l’aventure de l’art moderne. Une collectionneuse privée tourangelle, mais aussi un marchand d’art londonien ou encore une collection d’entreprise lyonnaise lui ont à leur tour emboîté le pas. Reconnaissant le travail de l’artiste derrière la patine oxydée, ils ont pris le parti d’enchérir sur des sculptures « attribuées à » Calder, conformément à la réglementation, ce qui permet de tenir compte de la divergence d’opinion entre la justice française et une fondation américaine.

Les œuvres aujourd’hui offertes au feu des enchères sont les dernières que conservait Christian Quenault en Touraine. Deux acrobates rappellent les débuts de Calder, animant pour ses amis un fabuleux cirque au début de son séjour à Paris, dans les années 1920. Deux bougeoirs illustrent l’exercice d’entortillage de fils de fer qui marquait tant ceux qui ont côtoyé le sculpteur. Deux importantes sculptures, enfin, témoignent du travail commencé avec le groupe Abstraction-Création et montré en 1931 à la galerie Percier. Calder déclarait alors : « Devant ces nouvelles œuvres transparentes, objectives, exactes, je pense à Satie, Mondrian, Marcel Duchamp, Brancusi, Arp, ces maîtres incontestés du beau inexpressif et silencieux ».

Il n’y aura plus d’autres « Calder de Quenault » présentés pour la première fois aux enchères. C’est maintenant l’ultime occasion pour les amateurs d’acheter une œuvre de l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle blanchie par la plus haute juridiction française. Leur mise à prix symbolique s’élève à 10.000 euros. Gageons que l’intérêt dans l’avenir pour ces pièces historiques sera à leur image : mobile et aérien !

Aymeric Rouillac
Adjugé : 1 000 €
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)Le cirque, acrobateCuivre torsadé.Haut. 12,5...
Lot 12
Lot 13
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)
Le cirque, acrobate

Cuivre torsadé.

Haut. 14,2 cm.

Provenance :
- maquette offerte par Alexander Calder à Christian Quenault, ouvrier à l'usine tourangelle Biémont entre 1969 et 1972.
- la fondation Calder, qui conteste l'authenticité de cette œuvre, a été déboutée dans ses prétentions par le Tribunal correctionnel de Paris (4 juin 2013), par la Cour d' Appel de Paris (4 mars 2015) et par la Cour de Cassation (9 juin 2015), plus haute juridiction française.

Bibliographie en rapport : "Les Calder de Quenault aux enchères", maison de ventes Rouillac, Tours, 2019 puis Vendôme, 2020.

A rapprocher du travail de Calder dans "Le Cirque" réalisé entre 1926 et 1931 et illustré par la "Famille de cuivre, The Brass Family".

LES DERNIERS CALDER QUENAULT

La vente de ces sculptures offertes par l’américain Alexander Calder à un jeune tourangeau de l’usine Biémont est le dernier acte d’une longue histoire qui démarre au début des années 1970. Prenant en sympathie Christian Quenault, tout juste âgé de vingt ans, qui l’assistait jusque dans son atelier de Saché, notamment pour souder et faire du rangement, Calder lui offre dans des caisses en bois ce qu’il présente alors comme « un vieux cadeau ». Le temps passant, les caisses aux fils de fers entortillés sont oubliées dans une cave familiale humide. Elles sont ressorties à l’occasion de la splendide exposition « Calder en Touraine », organisée par feu l’ami Alain Irlande au château de Tours en 2008.

Las… la Fondation Calder, qui réunit les intérêts des descendants du sculpteur, demande la saisie des œuvres et leur destruction pour contrefaçon. Le marathon judiciaire qui s’ensuit dure huit ans. Il se termine devant la Cour de Cassation, la plus haute juridiction française, laquelle déboute définitivement la Fondation en 2015. L’arrêt de la cour d’Appel de Paris est ainsi confirmé, lui qui concluait : « à l’issue d’une instruction particulièrement complète, tant préparatoire qu’à l’audience, rien ne permet d’établir sérieusement que les œuvres contestées seraient des contrefaçons et qu’elles n’auraient pas été remises à titre de libéralité par Alexander Calder à Christian Quenault ».

Après avoir présenté aux enchères cet ensemble de sculptures par groupes de trois depuis 2019, mais aussi lors de ventes privées, voici venu le moment de présenter les derniers témoignages de cette histoire étonnante. Le musée des Arts Forains, représenté par Jean-Paul Favand, a été le premier à acquérir des pièces du Cirque, montrant par là même que les arts circassiens participent pleinement de l’aventure de l’art moderne. Une collectionneuse privée tourangelle, mais aussi un marchand d’art londonien ou encore une collection d’entreprise lyonnaise lui ont à leur tour emboîté le pas. Reconnaissant le travail de l’artiste derrière la patine oxydée, ils ont pris le parti d’enchérir sur des sculptures « attribuées à » Calder, conformément à la réglementation, ce qui permet de tenir compte de la divergence d’opinion entre la justice française et une fondation américaine.

Les œuvres aujourd’hui offertes au feu des enchères sont les dernières que conservait Christian Quenault en Touraine. Deux acrobates rappellent les débuts de Calder, animant pour ses amis un fabuleux cirque au début de son séjour à Paris, dans les années 1920. Deux bougeoirs illustrent l’exercice d’entortillage de fils de fer qui marquait tant ceux qui ont côtoyé le sculpteur. Deux importantes sculptures, enfin, témoignent du travail commencé avec le groupe Abstraction-Création et montré en 1931 à la galerie Percier. Calder déclarait alors : « Devant ces nouvelles œuvres transparentes, objectives, exactes, je pense à Satie, Mondrian, Marcel Duchamp, Brancusi, Arp, ces maîtres incontestés du beau inexpressif et silencieux ».

Il n’y aura plus d’autres « Calder de Quenault » présentés pour la première fois aux enchères. C’est maintenant l’ultime occasion pour les amateurs d’acheter une œuvre de l’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle blanchie par la plus haute juridiction française. Leur mise à prix symbolique s’élève à 10.000 euros. Gageons que l’intérêt dans l’avenir pour ces pièces historiques sera à leur image : mobile et aérien !

Aymeric Rouillac
Adjugé : 1 000 €
attribué à Alexander Calder (Américain, 1898-1976)Le cirque, acrobateCuivre torsadé.Haut. 14,2...
Lot 13
Lot 15
Mai-Thu (Vietnamien, 1906-1980), Trung Thu Mai dit
"La sieste", 1942

Encre et couleurs sur soie.
Signature et cachet, datée 1942, titrée au dos.

Haut. 26, Larg. 36 cm (en l'état).

Provenance :
- offert par Monsieur René Tarrin, dirigeant d'une société d'import/export avec l'Indochine et en Extrême Orient à son jeune collaborateur Guy Jouanneau, cadre entre 1947 et 1966.
- conservé dans la famille depuis lors.

Certificat d'authenticité en date du 10 mai 2021, par Madame Mai Lan Phuong, fille de l’artiste, que nous remercions de ses précieuses informations et de son aimable expertise.
Ce lot sera inclus dans son catalogue raisonné en préparation.

LA SIESTE RÊVÉE DE MAI THU

Fils d'un vice-roi à la cour de Hué, Mai Trung Thu (1906-1980), dit Mai-Thu, intègre en 1925 la première promotion de l'École des beaux-arts de l'Indochine, fondée par Victor Tardieu à Hanoï. Recevant un enseignement artistique exigeant et novateur, Mai-Thu développe un style propre, inspiré par une culture millénaire, qu'il transforme par la modernité de sujets inédits magnifiant la femme vietnamienne.

Exposant en Europe et en Extrême-Orient, il enseigne le dessin à Hué avant de s'installer à Paris à l'occasion de l'Exposition universelle de 1937. Le peintre ne quittera plus son pays d'adoption, s’engageant volontairement sous les drapeaux à l’occasion du second conflit mondial. Libéré en 1941 des geôles allemandes, Mai-Thu se détourne alors de la peinture à l'huile apprise en Indochine pour renouveler en France la pratique ancestrale de la peinture sur soie. Avec audace, il transforme ainsi la tradition en innovation.

Technique extrêmement ardue qui ne tolère aucun repentir, la peinture sur soie réponds à un protocole précis. Sur un support très mince et sans mélange, l'artiste applique une préparation de colle, de farine, de riz ou d’amidon, ajoutée à de l'alun, qui rend la surface plus lisse. Le dessin peut-être ensuite esquissé au fusain ou aux crayons, tandis que les couleurs, aquarelle, détrempe ou gouache sont appliquées avec force afin que les fibres de l'étoffe en soit imprégnées. Si le tableau est réalisé avec un pinceau pour peinture à l'huile, il est ensuite lavé à l'eau afin d'atténuer les couleurs et leur permettre de mieux s'harmoniser. Le peintre signe ensuite de son nom, avec son idéogramme, et date l'œuvre.

Réalisée dans cette année féconde de 1942 où Mai-Thu tout juste libéré s’engage dans une nouvelle aventure artistique, notre peinture sur soie représente une jeune femme vêtue d'une veste traditionnelle blanche, dite "ao dai", portée sur un pantalon noir. Les cheveux dénoués, elle est allongée sur un lit en bois sculpté et laqué rouge. Assoupie, elle tient un éventail alors qu'un livre retourné sur la page délaissée repose à ses côtés. Le peintre réalise ici la synthèse entre l'Orient et l'Occident, puisant son inspiration dans les Vénus européennes des 17e au 19e siècle, appliquée à la beauté retenue et idéalisée d'une jeune annamite. Le savant jeu de rideaux et de tentures de couleur à l'arrière plan conforte la mise en scène tout en laissant passer la douceur et les bruits de l'après-midi.

Probablement exposée à Alger, à Paris ou en province dès cette année 1942, La sieste est achetée par un entrepreneur parisien, René Tarrin, associé en 1950 à Gaston Meritte, domicilié 48 rue de l'aviateur Roland Garros à Saigon. Il l’offrira à un jeune collaborateur, dans la descendance duquel elle est restée jusqu'à aujourd'hui. Des indications manuscrites précises quant à l’exigence de l'encadrement portées au dos de la soie, achèvent de conférer à cette image, toujours dans son cadre d’origine, le caractère de l'un des chef-d'œuvres intemporels de l'art de Mai-Thu.

Aymeric Rouillac
Adjugé : 175 000 €
Mai-Thu (Vietnamien, 1906-1980), Trung Thu Mai dit"La sieste", 1942Encre et...
Lot 15
Lot 21
Charles-Hossein Zenderoudi (Perse, né en 1937)
"Lettre", 1967

Toile signée et datée, titrée au dos.

Haut. 80, Larg. 65 cm.
(très légers sauts)

Provenance :
- ancienne collection Camille Renault (1904-1984). La toile porte au dos le taureau dessiné par le mécène sur certaines œuvres de sa collection,
- galerie C.H. Le Chanjour, 11, quai des Deux-Emmanuel, 06300 Nice. Étiquette au dos.
- collection d'un couple d'amateurs héraultais ayant acquis l'œuvre auprès de la Galerie.

Certificat des Archives Zenderoudi datant du 28 avril 2021.
L'œuvre "Lettre" est citée à l'inventaire du Catalogue raisonné Zenderoudi.

Nous remercions Madame Marie Zenderoudi, Spécialiste d’Art contemporain, d’avoir aimablement partagé ses notices scientifiques concernant les œuvres de ZENDEROUDI.

LA LETTRE DE ZENDEROUDI

Né en 1937 à Téhéran, Charles-Hossein Zenderoudi est probablement l’artiste contemporain originaire de Perse le plus exposé dans les grandes institutions internationales. Présenté en 1970 par la revue Connaissances des Arts comme l’un des dix artistes vivants les plus importants du monde, le MoMA de New York, le British Museum de Londres ou encore le Centre Georges Pompidou de Paris ont fait entrer son œuvre dans leurs collections.

Exposé dès l’âge de dix-neuf ans, Zenderoudi fonde en 1958, le mouvement Saqqa-Khaneh qui impose une relecture contemporaine d’emprunts iconographiques et conceptuels à la culture perse. En 1960, il s’installe à Paris où il rencontre Giacometti, Fontana, Dubuffet et les écrivains Ionesco et Restany.

« Lettre » a été peinte à trente ans par un génie précoce, déjà lauréat de la Biennale de Venise six ans plus tôt. L’artiste y déploie son abstraction si particulière dans un style parfaitement maîtrisé. La lettre-signe devient un élément formel non signifiant, organisé de manière structurée et puissante pour scander la surface du support aux coloris frais et lumineux.

Redécouverte à Montpellier, l’œuvre « Lettre » est passée entre les mains des amateurs les plus éclairés, de la très pointue Galerie C.H. le Chanjour à la collection personnelle de Camille Renault. Ce mécène, propriétaire d’un célèbre restaurant à Puteaux, offre aux artistes tels Kupka, Léger, Villon, etc. la possibilité d’inviter critiques d’art et galeristes, à cette table prestigieuse contre des toiles. « Big Boy » Renault rassemble ainsi une très importante collection, se liant d’amitié par la suite avec Sartre, Camus, Le Corbusier ou Picasso. Le restaurateur sensible à la diversité picturale de Zenderoudi, fait entrer cette toile dans sa collection et y appose au revers sa marque, un taureau représentant son signe astrologique.

Grand admirateur de la littérature comparée de René Étiemble, Zenderoudi illustre avec "Lettre" sa pensée et sa pratique universalistes, synthétisant ici Orient et abstraction lyrique. L'artiste explique : « Je suis expert en calligraphie, mais je ne suis pas un calligraphe. Je peins, je ne calligraphie pas des lettres. A l’instar d’un architecte qui utilise des pierres ou des briques pour construire un bâtiment, j’utilise l’écriture pour construire ma peinture ».

Jacques Farran
Adjugé : 45 000 €
Lot 21
Lot 25
Baltasar Lobo (Espagnol, 1910-1993)
À la source, 1982-1989

Épreuve en bronze à patine brune nuancée, signée et justifiée n°3/8, fondue en 1990.
Marque de fondeur : "Susse frères Paris".

Haut. 55,5 Long. 127,5, Larg. 48,5 cm.

Bibliographie :
- Kosme de Barano, Maria Jaume et Maria Luz Cardenas, "Baltaza Lobo, catalogo razonada de esculturas, vol.1", éditions Turner, 2021, n°8904.
- Joseph Emile Müller, « Baltasar Lobo, Catalogue raisonné de l’œuvre sculptée », La bibliothèque des Arts Paris, 1985, le même modèle dans des dimensions différentes reproduit sous les numéros 517, 518 et 520.

LA SOURCE DE LOBO

Né en 1910 près de Zamora en Castille, Lobo fait partie des artistes ayant fait de Paris le berceau des avant-gardes. Son apprentissage de la taille directe, dans ses jeunes années madrilènes, se voit compromis par la guerre d’Espagne. Républicain engagé - son père meurt touché par un obus alors qu’il creusait des tranchées – Baltasar Lobo fuit le franquisme et arrive en France. Il se lie alors avec l’artiste Henri Laurens et simplifie sa sculpture au contact de Brancusi, Arp et Henry Moore.

Faisant du Nu son sujet de prédilection, il est plus facilement classé parmi les poétiques et les sensuels qu’avec les naturalistes. Son immense adoration pour Henri Laurens le conduit à envisager le corps féminin comme des modules abstraits. Cette simplification des membres, presque cézanienne, est contrebalancée par leur sensualité érotique. Le corps se fait forme sans jamais perdre de sa féminité. S’il opère la réduction à son paroxysme, avec la suppression de la tête, des bras et des jambes, elle ne l’empêche pas de multiplier les variations. La texture, sans aspérité, douce et qui invite la caresse de la main, rappelle celle des idoles cycladiques.

Notre version de « À la source » surprend par ses dimensions muséales. Le sujet se pare ici de tous ses attributs ; à l’exception des pieds, le corps de la femme est traité dans son intégralité. Trois versions, de 36, 42 et 52 centimètres de long illustrent ce modèle en marbre et en bronze à partir de 1982. Notre version, remarquablement fondue par Susse à Paris, explore le thème grandeur nature. Aussi synthétiques et primitives que les sculptures d’Henry Moore et aussi sensuelles que celles d’Aristide Maillol, Lobo réussit miraculeusement à préserver la beauté de la femme de sa déchirante modernité.

Jacques Farran
Adjugé : 150 000 €
Baltasar Lobo (Espagnol, 1910-1993) À la source, 1982-1989 Épreuve en...
Lot 25
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