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BLARENBERGHE PEINTRE DU ROI
(Paris 1716 - Fontainebleau 1794)

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            Connu surtout pour son travail de miniaturiste (nous avons tous en mémoire la célèbre tabatière du duc de Choiseul aujourd'hui dans une collection privée) Louis-Nicolas van Blarenberghe excella dans les petits formats dont chaque collectionneur respectable se devait d'avoir un exemplaire. Ses talents de peintre de batailles, moins connus, sont tout aussi remarquables. 

            Louis-Nicolas van Blarenberghe est issu d'une lignée de peintres lillois, dont l'activité des cinq membres les plus éminents couvre la totalité du XVIIIème siècle, laissant selon les termes du professeur François Pupil « un admirable et délectable album de la société française d'Ancien Régime», (voir M. Maillet - Chassagne, op . cit. supra, p. 8)
Les Blarenberghe trouvent leurs origines dans les Flandres. Selon l'attestation des registres du XVIème siècle, à Lierre au sud-ouest d'Anvers. A l'époque la région est dominée par les espagnols et les nombreuses guerres provoquent une migration vers Bailleul où nait en 1646, Hendrick, le premier à embrasser la carrière de peintre. Il s'installe ensuite à Lille qui deviendra le berceau de cette famille d'artistes francisés. Son fils Jacques-Guillaume y naît ainsi que ses petits enfants Louis-Nicolas et Henri-Désiré.  

            Louis-Nicolas van Blarenberghe est né à Lille en 1716. De même que son frère cadet Henri-Désiré, il suit l'enseignement de son père. Peu d'oeuvres datant de ces débuts, dans les années 1735-1745, peuvent lui être attribuées avec certitude.
            La guerre de succession d'Autriche éclate en 1743, et de 1744 à 1748, de nombreux combats se déroulent dans la région de Lille, sous le commandement du Maréchal de Saxe. C'est sans doute à cette occasion que Louis-Nicolas acquière la technique dont il fait montre dans ses ouvres d'inspiration militaire. C'est sans doute là également qu'il entre en relation avec les familles aristocratiques proches de la cour, tels les Choiseul, Richelieu, Ségur, qui deviendront ses principaux commanditaires plus tard. C'est pour eux qu'il réalisera ses plus belles miniatures ou projets de fêtes les plus célèbres. Durant cette période, il travaille également pour de riches lillois.
            En septembre 1751, sa présence à Versailles est attestée par la réalisation de deux tableaux représentant l'incendie des Grandes Écuries qui vient tout juste d'avoir lieu. Cependant, il demeurera sans doute toujours à Paris.
            De 1751 à 1768, n'ayant ni pension ni brevet, il vit uniquement de ses commandes. Il travaille pour de nombreux familiers de la cour dont le cardinal de Rohan. Sa notoriété dépasse bientôt le cadre de la France et s'étend à toute l'Europe. En 1761, il réalise pour le Tsar Pierre III de Russie, une tabatière montrant L'évolution du Régiment de Holstein. En 1763, il peint deux vues de fêtes pour la Marquise de Pompadour et en 1765, il est choisi par Cochin qui remplit auprès du Marquis de Marigny les fonctions d'une sorte de ministre des Beaux-Arts, pour immortaliser en trois gouaches, l'érection de la statue de Louis XV à Reims. Ses ouvres seront gravées par la suite.
            Cette sorte de « reportage » lui vaut de recevoir une commande de Catherine II de Russie, pour le même service. En 1769, il se rend donc en Russie afin d'immortaliser le transport de la statue dédiée à Pierre le Grand. Un tel voyage dans un pays aussi éloigné que la Russie n'est cependant pas une chose rare à l'époque. Ainsi Louis Tocqué ou bien Moreau le Jeune s'y sont rendus également. Six miniatures représentant le château royal de Fredensberg, nous laissent penser qu'en chemin, il s'est également arrêté au Danemark.            

            L'année 1769 marque un tournant important dans sa carrière. Grâce à la protection du duc de Choiseul ministre de la Guerre, il reçoit le titre de peintre de bataille. Il devient alors ce que nous pourrions appeler aujourd'hui une sorte de grand reporter de guerre, suivant les armées afin de réaliser des comptes-rendus précis et exacts. Cependant depuis la fin de la guerre de Sept Ans en 1765, il y a assez peu de batailles à immortaliser. Louis-Nicolas participe alors à la décoration de la Grande Galerie de l'Hôtel des Affaires Étrangères de Versailles. Son brevet de peintre de bataille lui est d'ailleurs retiré en 1770, suite à la disgrâce de Choiseul. Cependant la bienveillance de Madame Adélaïde, fille de Louis XV lui permet d'obtenir une autre commande officielle, les vues du port de Brest, où il se rend accompagné de son fils. En 1775 il reçoit le brevet de peintre des ports et des côtes.           

            Un second brevet de peintre des batailles lui est accordé en 1778, titre qu'il gardera jusqu'en 1792, ce qui lui vaudra une des plus importantes commandes de sa carrière . En effet, à la demande du roi Louis XVI, il peint vingt et un tableaux à la gloire de Louis XV, ayant pour sujet la guerre de succession d'Autriche où la France s'illustra. À cette commande, il nous faut ajouter celle des deux tableaux représentant le Siège et la prise de Yorktown qui nous intéressent.
            En 1790, suite aux débuts de la Révolution, sa pension de peintre de bataille est suspendue. Sur sa demande, le roi lui en accorde une autre à partir de 1791. Malheureusement, les évènements dramatiques de 1792 mettent définitivement fin à cette source de revenus. Il meurt le 1er mai 1794 à Fontainebleau où il s'est réfugié avec sa famille, qui prend soin de lui cacher, sur son lit de mort, l'arrestation de certain de ses proches. Son fils Henri-Joseph, peintre également, avait été très fortement lié à la famille royale. Nommé maître de dessins des Enfants de France, il eut Madame Elisabeth comme élève. Elle fut d'ailleurs la marraine d'une de ses filles. Un membre de sa belle-famille participa à la fuite de Varennes, et lui-même vécut les heures tragiques de la famille royale aux Tuileries. En 1794, Henri-Joseph retourne à Lille, berceau de la famille, où jusqu'à sa mort il se consacre à l'enseignement. Si nous avions à définir les van Blarenberghe nous pourrions dire qu'il s'agit là avant tout de l'histoire d'une famille, dont les membres sont indissociables les uns des autres s'inscrivant dans une longue continuité, mais aussi celle de la fidélité que ce soit à la profession de peintre, à l'amitié, à la famille royale et à une région d'origine.

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