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EXPERT PRÈS LA COUR D'APPEL
Henri Dasson pour Adolphe Akermann


PAIRE DE BUFFETS À HAUTEUR D'APPUI

en placage de loupe d'amboine et acajou, à façade et côtés à ressaut.


Ils ouvrent à un large tiroir en ceinture surmontant un vantail échancré orné d'une scène allégorique en vernis Martin. Montants en colonnes cannelées détachées. Pieds toupies. Dessus en placage de marbre brocatelle d'Espagne. Très riche ornementation de bronzes ciselés ajourés et dorés ornés de rinceaux, feuillages et cistres, inspirée des modèles de Riesener.

Sur l'un, la scène représente une allégorie de la Fécondité : " Elle tient près de fon fein vn nid de Chardonnerets; & à fes pieds fe voyent d'un côté des petits lapins qui se ioüent; comme auffi des poussins …"

Sur l'autre, il s'agit d'une allégorie du Désir d'Apprendre : " Le désir d'apprendre eftant proprement vne ardente passion… n'eft pas dénoté fans cause par vne Femme, à qui l'on fait tenir vn miroir d'vne main, & de l'autre vn petit Chien"

Estampillés au fer froid Henry Dasson 1877 pour l'un et 1878 pour l'autre.

Style Louis XVI.
Hauteur : 120 cm
Largeur : 126 cm
Profondeur : 45 cm

Bibliographie :
  • Camille Mestdagh "L'Ameublement d'art français ", Éditions de l'Amateur, Paris, 2010.
Un meuble semblable reproduit page 232.




IMPORTANT BUREAU À CYLINDRE

toutes faces en placage de palissandre marqueté d'encadrements mouvementés à grecques.


Il ouvre à un cylindre à lamelles découvrant quatre casiers, deux tiroirs avec trois tiroirs simulés en bois de rose, à trois tiroirs en ceinture dont deux en caissons, et à deux tirettes latérales. Pieds cambrés. Riche ornementation de bronzes dorés : ” Andromède enchaînée au rocher”, ” Vénus portée à côte par Zéphyr” et Amphitrite emmené sur son char marin par Poseïdon”feuillages, astragale et galerie ajourée. Signé henry Dasson et daté 1879 (signature cursive) et estampillé Henry Dasson 1879 (au fer froid).

Style Transition Louis XV - Louis XVI.

Haut. 116, Larg. 165, Prof. 91 cm.

Lors de sa nomination au VIIe siège en 1878, le régent Akermann commande à Henry DASSON une copie de son bureau à cylindre. Le meuble original, attribué à R.V.L.C. est toujours conservé dans les appartements d’apparat de la Banque de France. Il ne présente pas de bronze sur sa partie arrière. Nous remercions Régine Pierre-Chollet du Patrimoine Historique et Artistique de la Banque de France pour ces précisions.



Henri DASSON (1825-1896)


ébéniste successeur de Charles Guillaume Winckelsen, installé 106 rue Vieille du Temple à Paris, reçoît d'abord une formation de sculpteur bronzier ce qui explique la qualité des bronzes avec lesquels il orne sa production d'ébénisterie. Il se spécialise dans les répliques de meubles royaux du XVIIIe siècle et réalise quelques créations. Sa grande renommée est assurée par la qualité des meubles qu'il présente aux Expositions Universelles. Louis Gonse dira de lui qu'il " s'est très rapidement créé par la perfection de ses œuvres une très haute situation à laquelle nous applaudissons chaleureusement". Il obtint le Grand prix Artistique et fut décoré de la Légion d'Honneur.



François Adolphe AKERMANN (Paris, 1809 - 1890)

 
D'une famille de banquiers, originaire de Namur, il est formé à la comptabilité générale du ministère des Finances. Puis assistant de son père, François Adolphe Akermann, il devient Receveur Général des Finances du département de Dordogne en 1834 à l'âge de 25 ans. Habile financier, comme l'était son père selon le biographe Victor Lacaine, François Adolphe connaît un succès croissant et est rapidement muté dans la Sarthe (1838), département où est situé le domaine familial, qu'il fait entièrement reconstruire. Il est également maire de sa commune, après son père et ses frères Aimé-Bernard et Paul.

Receveur des finances du département de Dordogne de 1834 à 1838, de la Sarthe de 1838 à 1845, de la Meurthe de 1845 à 1858 et du Nord de 1858 à 1866, trésorier payeur général du Nord en 1866, Régent de la Banque de France de 1859 à 1890 (au VIe siège du 27 janvier 1859 au 31 janvier 1878 et au VIIe siège du 31 janvier 1878 à sa mort). Sous-gouverneur de la Banque de France par intérim à Bordeaux du 27 décembre 1870 au 4 janvier 1871 avec Legrand de Villiers et de Germiny.

Il épouse en 1836 Louise Marie Boquet de Saint Simon, fille du Caissier Général du Trésor. Chevalier de la Légion d'honneur le 7 novembre 1853, officier le 13 août 1861 et commandeur le 5 février 1878. À la mort de son frêre, Aimé Bernard Auguste Akermann, en 1855, il devient tuteur de ses neveux François Auguste(1850-1867) et Bernard François Eugène Akermann (1853-1938). Lors du mariage de l'une de ses filles, Henriette, en 1877, avec le Vicomte Henri de Bouillé, la fortune comme la renommée de François Adolphe Akermann sont à leur apogée. Il reçoit les éloges du Comte de Chambord, Henry V pour les légitimistes, dans une lettre écrite par ce dernier au père du marié (écrite à Frohsdorf le 25 juillet 1877).

Décède le 28 mars 1890 à Paris, 27 avenue Montaigne. Ses obsèques ont lieu le 31 mars 1890 en l'église Saint-Pierre-de-Chaillot, et il est inhumé dans le cimetière de son village de la Sarthe.

Remerciements à Mickaël Fauvinet pour ces recherches.