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PENDULE SQUELETTE




PENDULE BAROMÈTRE RÉGULATEUR, DITE SQUELETTE, À QUATRE CADRANS ET GRIFFONS en bronze doré, laiton, acier, émail et console de marbre noir posée sur quatre boules aplaties.
L'armature, soutenue par quatre griffons adossés, accueille, en enroulement, sur sa façade, deux serpents. Elle est fixée par de larges vis en acier bleuie.
Le balancier compensé est composé de neuf tubes alternant acier et laiton. Il tombe à l'aplomb des griffons, séparant leurs ailes. Formant baromètre, il reçoit une plaque émaillée graduée de trente degrés, variant de chaud à froid, en passant par tempéré.
Le cadran principal, de forme circulaire, est évidé, laissant apercevoir, en son centre, la complexité du mécanisme avec ses rouages dentelés ou étoilés. Il est cerclé de deux disques : à l'extérieur avec une frise de fleurs de lotus et guilloché à l'intérieur. Son décor est émaillé, indiquant les douze heures de la journée en chiffres romains, les 60 minutes de l'heure par une graduation 15/30/45/60, les sept jours de la semaine par leurs abréviations et, en regard, leurs divinités associées, et les 31 jours du mois en chiffres arabes. Il est décoré d'une fine guirlande stylisée et de rehauts d'or.
Le cadran supérieur, de forme circulaire, indique les phases de la Lune avec une graduation en chiffres arabes allant de 1 à 29 1/2. Il est cerclé par une frise de fleurs de lotus. Il présente en son centre un disque émaillé avec des représentations lunaires tournant au dessus d'une scène nocturne figurant un pêcheur dans un paysage de rivières et de moulin. Les astres sont rehaussés à l'or.
Deux plus petits cadrans de forme circulaire, de part et d'autre des deux premiers, présentent, à gauche, les solstices d'été et d'hiver et les équinoxes de printemps et d'automne et, à droite, les mois de l'année par leurs abréviations et le nombre de jours qui les composent. Ils sont évidés, montrant, en leur centre, une étoile à douze branches, et finement montés dans deux disques de frises d'oves et de lauriers.

Paris, circa 1795-1805. Directoire, Empire.

Haut. totale : 70,3, Larg. 40, Prof. 15,5 cm.

Provenance : collection orléanaise.

L'engouement pour les pendules squelettes apparaît dans la dernière décennie du XVIIIème siècle. Il procède du double mouvement de l'admiration pour les progrès technique et d'une volonté d'épure esthétique. Le rejet des pendules à sujets ornées de figures mythologiques trouve un écho dans la découverte de la beauté et de la complexité des mécanismes horlogers, avec leurs fines tiges et rouages, auxquels le roi Louis XVI lui même était sensible. Enfin, la pénurie de matières premières, liée aux troubles révolutionnaire, puis aux campagnes napoléoniennes, oblige les créateurs à concevoir des structures dépouillées de toute ornementation superflue. Ici, seuls les quatre profils de griffons en bronzes finement ciselés et dorés, et le cadran délicatement peint des phases de la lune, viennent en ornementation. Associé à de nombreuses divinités pendant l'antiquité, le griffon est réputé vivre dans un désert riche en or, dont il fait son nid. Il détiendrait la force de cent aigles ou de huit lions. Associé au serpent, ils se fait gardien farouche, du temps et de l'activité des hommes influencé par la Lune. Même non signés, les quatre cadrans émaillés de notre pendule, son balancier compensé de régulateur et la fonction de baromètre sont la marque d'un des horlogers les plus rares. Si des pendules signées de Boucher, de Ridel ou de Paratte, aux cadrans décorés pas Cotteau, sont déjà passées en vente publique, elles ne comportaient pas autant de combinaisons que la notre. L'anonymat de l'horloger n'est pas atypique. Ainsi, un modèle comparable, également anonyme, avec quatre cadrans mais sans fonction baromètre, d'époque et de style Louis XVI, est conservé dans les collections royales espagnoles.

Bibliographie :
- Pierre Kjellberg, Encyclopédie de la pendule française, éd. de l'Amateur, Paris, 1997. Une pendule squelette aux griffons à deux cadrans seulement, reproduite page 331.
- J. Ramon Colon de Carvajal, Catalogo de Relogjes del Patrimonio Nacional, ed. Patrimonio Nacional, Madrid, 1987. Une pendule à quatre cadrans disposés différemment, sans baromètre, reproduite page 95 sous le numéro 78.