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EXPERT PRÈS LA COUR D'APPEL
Résultats
ORANGERIE DE CHEVERNY POUR LA 19ème ANNÉE

en provenance de grandes demeures et châteaux privés du Val de Loire

ORDRE DE VENTE

BIJOUX                                                             1 - 22
d'écrins de qualité

TABLEAUX ANCIENS                                        30 - 83
de grandescollections privées

DRAPEAU, LIVRE                                                      84 - 89

EXTRÊME-ORIENT                                                  90 - 109
de collections orléanaises et tourangelles

OBJETS D’ART – AMEUBLEMENT                        110 - 166
de belles demeures et châteaux privés

TAPIS - TAPISSERIES                                            170 - 191
collection M. B.

HORS CATALOGUE

EXPOSITIONS PRIVÉES
à Vendôme et à Paris, chez les experts sur rendez-vous

EXPOSITIONS PUBLIQUES À CHEVERNY
Vendredi 8 juin de 15 heures à 20 heures
Samedi 9 juin de 10 heures à 17 heures
Dimanche 10 juin de 9 heures à 11 heures

Frais en sus : 17,94 % et 15,825 % pour les livres


Avec l'aimable concours
du Marquis et de la Marquise de Vibraye,
du Vicomte et de la Vicomtesse de Sigalas,
du Duc et de la Duchesse de Caraman,
du Marquis et de la Marquise de Brantes

Dimanche 10 Juin 2007 14:15
Orangerie de Cheverny
Château de Cheverny
41700 CHEVERNY

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LOT 75
École FRANÇAISE de la fin du XVIIIème siècle.
Les noces aldobrandines.

Gouache, papier marouflé sur toile.

85 x 270 cm.

Ce tableau est une reprise de la célèbre fresque exposée dans la salle dite Aldobrandine du Vatican.

Datant de l'époque d'Auguste (1er siècle avant Jésus Christ), Les noces aldobrandines sont le seul tableau romain qui soit parvenu jusqu'à nous. Cette fresque a été découverte à Rome vers 1604 - 1605 sur l'Esquilin, dans le périmètre sans doute occupé aujourd'hui par la place Vittorio Emanuele.

L'œuvre doit son nom à la famille qui en fut propriétaire. Jean Aldobrandini, son découvreur, qui la légua ensuite au cardinal Pietro Aldobrandini, neveu du Pape Clément VIII. Le Cardinal la conserva dans le célèbre palais Aldobrandini qu'il fit construire à Rome au début du XVIIème siècle, parmi sa collection d'antiques, de toiles de Véronèse et de Titien. Les noces aldobrandines y demeurèrent jusqu'en 1818, date à laquelle elles furent cédées au Pape Pie VII. Depuis lors, la fresque est exposée au Vatican, dans la salle qui lui doit son nom, et qui fut décorée, en son temps, par Guido Reni.

Comme souvent, l'art romain reprend un thème grec. La mythologie est appliquée à la représentation d'un mariage ordinaire, mêlant idéal et réel. Par sa technique et son iconographie, Les noces aldobrandines renvoient aux fresques de la Villa des Mystères. Certains ont cru y voir Thétis et Pelée, Alexandre et Roxane, ou bien un sujet tiré du théâtre d'Euripide. Il s'agit plus vraisemblablement d'une évocation du mariage que l'on peut mettre en correspondance avec le 61ème poème de Catulle, développant un thème similaire, le 1er siècle avant Jésus Christ étant l'âge d'or de la poésie latine.

Les noces aldobrandines, d'une dimension de 90 x 240 cm, ne sont en fait qu'un fragment d'une fresque beaucoup plus vaste. Le thème des noces est abordé en une succession d'images reprenant les différentes phases du cérémonial : Vénus apaise les craintes de la mariée assise, une femme verse les parfums rituels, un homme (Dionysos ou le marié ?) attend.

Il existe plusieurs reprises de cet unique tableau romain qui, de tout temps, devait susciter l'admiration des peintres. Ainsi, une toile, conservée aujourd'hui à la Galerie Doria Pamphili de Rome, fut longtemps attribuée à Poussin.
Prix : 14 000 €
Rouillac
LOT 79
École FRANÇAISE vers 1600.
Portrait de Henri IV et sa famille.

Marie de Médicis est assise sur une chaise à bras à côté du roi qui porte la croix du Saint-Esprit et un chapeau à plumet blanc. Son manteau est posé négligemment sur une table couverte d'un tapis. Au premier plan, on distingue deux enfants. Le plus jeune, vêtu de blanc, est assis sur les genoux de sa gouvernante et donne la main gauche au souverain. Le second, plus âgé, avec un chapeau dans sa main droite se tient debout devant Henri IV. Quatre grands seigneurs, chevaliers du Saint Esprit, entourent, au troisième plan, la famille royale.
Il s'agirait du jeune Louis (né en 1601), futur Louis XIII, sur les genoux de sa nourrice, Mme de Monglat. L'enfant plus âgé, figuré debout, est probablement César de Vendôme, fils du souverain et de Gabrielle d'Estrées, né sept ans plus tôt en 1594, et légitimé l'année suivante.

Gouache sur vélin.

20 x 30 cm.
Cadre du XVIIème siècle.

Oeuvre en rapport : tableau de Léonard Gaultier, d'après François Quesnel, "La Famille d'Henri IV", 1602, gravure au burin, publiée par Jean Leclerc. Paris, Bibliothèque nationale de France, département des estampes.

Un véritable message politique, destiné à asseoir la nouvelle dynastie, dans des temps encore très troublés, sous-tend cette représentation toute pacifique du Roi et de sa famille, où le Dauphin est figuré plus grand que César de Vendôme, pourtant plus âgé que lui.

Source : Les arts décoratifs sous Louis XIII et Anne d'Autiche, Paris, Grand Palais, catalogue RNM, 2002, p.342 reproduction de la gravure.
Prix : 6 300 €
Rouillac
LOT 80
Rosalba CARRIERA (Venise 1675 - 1757)
Portrait de Watteau dit Portrait à la chaise.

Pastel.

33 x 25 cm, bande de papier rajoutée en bas.

Usures et piqûres.

Provenance :
Vente La Live de Jully, Paris, 5 - 16 mars 1770, n° 129 (Portrait de Watteau en buste, on voit le haut d'une chaise sur laquelle il est supposé assis, pastel de 12 pouces sur 10) ;
Acquis 113 livres à cette vente par Rémy ;
Dans la même famille depuis 1930, collection tourangelle.

Bibliographie :
J. Wilhelm, "Le portrait de Watteau par Rosalba Carriera", Gazette des Beaux - Arts n° XLII, Paris, 1953, pp 235 à 246, reproduit fig. 3 ;
J. Cailleux, "Un portrait de Watteau par Rosalba Carriera", in Miscellanea J. Q. van Regteren, Amsterdam, 1969, pp. 174 à 177 ;
B. Sani, Rosalba Carriera, Turin, 1988, cité sous le n° 143.

Dans le journal de son séjour parisien, Rosalba Carriera mentionne Antoine Watteau à trois reprises. Les deux artistes, qui évoluent dans le même milieu et qui sont protégés par le grand collectionneur Pierre Crozat, se rencontrent lors du retour de Watteau d'Angleterre, en août 1720. Très malade, il ne reste à ce dernier que quelques mois à vivre. Rosalba mentionne qu'elle entreprend un portrait de Watteau à la demande de Crozat le 11 février 1721. Le 15 mars, elle quitte définitivement la France.
Depuis sa commande, nous perdons la trace du pastel qui réapparaît dans la vente de La Live de Jully en 1770, alors grand amateur d'artistes contemporains français. Il est acquis par le marchand Rémy, qui servait souvent de prête-nom à d'importants collectionneurs. Le portrait disparaît à nouveau jusque dans les années 1950, où Jacques Wilhelm le redécouvre dans une collection particulière et lui consacre un article très complet.
Il existe suffisamment de portraits ou d'autoportraits de Watteau pour que l'identification du modèle puisse se faire aisément, bien que Rosalba Carriera ne soit pas réputée pour son art de la ressemblance. Les dimensions sont caractéristiques des formats adoptés par l'artiste lors de son séjour en France. Une longue inscription d'époque au verso reprend largement la notice que Dézallier d'Argenville a consacrée à Watteau, en 1745.
Nous pouvons rapprocher ce dessin du pastel conservé au Städelisches Institut de Francfort, connu depuis 1762 et qui en est l'étude préparatoire (voir B. Sani, Rosalba Carriera, Turin, 1988, n° 143, reproduit n° 118). Moins spontané que son ébauche, Watteau n'aurait posé qu'une seule fois, ce portrait offre cependant un charme particulier, dû au mouvement insufflé au modèle et souligné par l'emploi assez inhabituel chez Rosalba d'un élément de mobilier, le haut d'une chaise.
Jean Cailleux, a en 1969, proposé d'identifier le portrait de 1721 avec celui du Museo Civico de Trévise, et provenant de la descendance de la famille Gabrieli proche de la pastelliste (voir J. Cailleux, Op. cit. supra, reproduit p. 364).

Il nous semble que le charme extraordinaire de ce portrait, sa sensibilité presque wattesque, l'inscription ancienne au revers et la provenance La Live de Jully font largement pencher la balance en faveur de ce pastel.
Rouillac
LOT 83
John OPIE (Sainte Agnès 1761 - Londres 1807)
Portrait du marquis de Lafayette.

Sur sa toile d'origine, ovale.
Signé en bas à droite Opie / ...

63 x 54 cm.
Accidents.

Bien qu'il existe une importante iconographie concernant le marquis de La Fayette, et bien que le peintre John Opie eut conçu une grande admiration pour ce personnage, ce portrait est une œuvre originale restée inédite jusqu'à nos jours. En effet, on n'en trouve nulle mention dans le catalogue de l'oeuvre du peintre rédigé par John Jopes Rogers ( Opie and his works : being a catalogue of 760 pictures by John Opie, R. A., preceded by a Biographical Sketch, Londres, 1878). On n'en trouve également nulle trace dans les Mémoires de Madame Opie, pourtant très disserte sur les visites qu'elle rendit à La Fayette, des années après la mort de son mari, que ce soit dans son hôtel parisien ou bien en son château de la Grance.

Il est très probable que Opie a rencontré La Fayette avant la Révolution, peut - être au cours d'un voyage en Europe. C'est sans doute de cette époque que date une admiration réciproque, dont témoigne l'accueil fait à Amelia Opie durant ses visites. Ce portrait résulte peut-être de cette amitié à moins qu'il ne s'agisse là d'une commande, La Fayette étant perçu comme un véritable héros dans les milieux anglo-saxons et protestants.

La Fayette porte l'uniforme de simple officier, qui nous permet très vraisemblablement de dater ce portrait des années pré - révolutionnaires, sans doute même de 1788. L'uniforme, à épaulette à franges côté gauche, et à contre - épaulette sans franges côté droit, est similaire à celui porté sur le portrait attribué, autrefois, à Danloux et, aujourd'hui, à Boilly, daté de 1788 et conservé à Versailles (Catalogue du Musée National du Château de Versailles - Peinture - t. I, n° 582, reproduit). À partir de juillet 1789, le général portera un uniforme différent qui figure sur le portrait de Boze (G. Fabre, Boze, portraitiste de l'Ancien Régime, Paris, 2004, n° 59, reproduit).

Provenance : collection parisienne.

Prix : 30 000 €
Rouillac

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